Voici donc le chapitre 3. Je dois avouer que j'ai galéééééré pour l'écrire! J'espère que vous ne le ressentirez pas trop dans la lecture.
Quelques révélations dans ce chapitre, où en tous cas beaucoup d'indices :)
Petite surprise en toute fin!
Breeef, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira! Bonne lecture!

Un grand merci à mes followers, ainsi qu'à tous ceux qui laissent des reviews! Je suis heureuse que ma fiction plaise. :)
Mention spéciale pour Luper et Nemaja!


Chapitre 3

La montre de Blaine sonna. Enfin... Plutôt la montre qu'il avait volée à une femme qui avait posé son sac à côté d'elle, sur un banc, alors que lui était juste à côté. Heureusement pour le bouclé, il avait pu trouver un peu d'argent et cette fameuse montre, qui lui permettait de se lever tous les matins à 6 heures pétantes.

Il avait fait besoin de ça, de se lever plus tôt pour éviter de croiser quelqu'un en sortant du lycée. Il avait déjà vécu une malencontreuse aventure en début de semaine, pas besoin de renouveler l'expérience. Surtout avec ce Hummel qui lui tapait sur les nerfs. En réalité, c'était surtout à cause de lui que l'ex-prisonnier se levait tous les matins de bonne heure. Il ne voulait surtout pas entendre l'autre lui dire à quel point sa voix était magique, exceptionnelle et toutes les conneries du genre.

Il se leva donc et ramassa la couverture qu'il avait achetée trois jours plus tôt avec l'argent volé. Il avait aussi pu se trouver un nouveau T-shirt plus frais, et avait été contraint de payer une entrée à la piscine municipale pour pouvoir se laver.

Une fois ses bagages faits, il sortit de la salle de classe, devenue son hôtel de nuit et partit piquer deux ou trois trucs à manger dans les cuisines.

Même en étant SDF, Blaine réussissait à instaurer une routine dans sa journée.

Après avoir volé, il sortirait de là et irait se poser sur un banc, pas trop loin pour manger. Bien que sa cheville aille beaucoup mieux, Blaine avait toujours un peu mal et ne voulait pas faire trop d'efforts pour la laisser se reposer.

Non, sa vie n'était pas si horrible que ça. Il avait un toit pour dormir chaque nuit, sa réserve de nourriture à porter de main et encore un peu d'argent de côté, bien que la somme ne cessait de diminuer, inquiétant vaguement le bouclé. Il faudra qu'il en vole encore, il ne lui en restait plus beaucoup et il avait besoin de se payer une autre entrée à la piscine pour se laver, et peut-être une autre tenue...

Oui, il avait sa vie en main. Blaine connaissait d'autres SDF beaucoup plus malheureux que lui.

Mais ce qui l'inquiétait réellement, c'étaient les trous de mémoires répétitifs qu'il avait. En une semaine, il en avait eu trois d'assez conséquents. Il ignorait totalement ce qu'il faisait pendant ses périodes là, surtout que lorsqu'il revenait à lui, il n'était plus à l'endroit où il s'était posé avant...

Blaine souffrait de trous de mémoire depuis l'âge de 13 ans, mais ils ne l'avaient jamais vraiment inquiété. Le plus souvent, il changeait juste de pièce sans s'en rendre compte. Mais tout avait commencé à déraper juste avant son entrée en prison. Sa première vraie absence était celle où sa vie avait dérapée. Celle à cause de laquelle il avait été enfermé.

Derrière les barreaux, il ne s'en était pas préoccupé. De toute façon, il ne pouvait pas bouger de sa cellule, alors savoir ce qu'il faisait pendant qu'il était "parti" ne l'intéressait pas particulièrement.

Mais maintenant qu'il était sorti de prison et lâché en pleine nature, ça lui faisait un peu peur.

Anderson, tu te racontes des conneries. Tu n'as plus peur de rien. Au pire, tu déambules dans les rues. Et alors? Tu ne tues personne.

Il se revu alors sur cette vidéo surveillance. Il revit son visage déchiré par la haine. Frappant sur l'homme qu'il ne pouvait pas reconnaitre à cause de la mauvaise qualité de la vidéo, et l'angle dans lequel avait pris la caméra. Le frappant jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle...

Blaine prit sa tête entre ses mains. Ça faisait trois ans qu'il n'y avait plus pensé. Qu'il ne voulait plus y pensé. De toute façon, il ne s'était rendu compte de rien cette nuit-là.

Ce n'était pas vraiment de sa faute, il n'était pas conscient de ses actes... N'est-ce pas?


Kurt Hummel sortait de son dernier cours Glee de la semaine. La leçon des règlements de compte avait plutôt bien marché, Gladys et Joy leur avait donné un show totalement époustouflant et Kurt avait senti que leur haine l'une pour l'autre s'était un peu calmée. Pour la semaine suivante, il comptait se pencher sur les régionales. Il avait réduit le choix des chansons, mais voulait quand même que la décision finale revienne aux élèves, bien qu'il ait déjà une idée pour la première qu'ils devraient chanter. Skyscraper de Demi Lovato.

Ces régionales, Kurt les voyait comme une renaissance, le retour en force des New Directions. Alors, ils avaient besoin d'une chanson d'entrée qui reste dans les esprits, mais surtout qui leur corresponde. Cette chanson, cette hymne à la force morale, au retour triomphal était ce dont ils avaient besoin. Ils avaient tous été tellement rabaissés depuis trois ans. Chacun d'eux avaient reçu des slushies à la figure, chacun avait souffert et s'était retrouvé au plus bas. Mais rien ne les avait arrêtés, ils étaient toujours debout.

De plus, Kurt voyait une magnifique mise en scène, de longue robes blanches flottantes, un éclairage clair, une chorégraphie mimant les mouvements d'un oiseau en vol... Peut-être même un peu de brume. En tous cas, quelque chose de pur et de vrai.

Tout ça serait tellement parfait comme solo d'entrée. Il voyait bien Joy ou Gladys dessus. Mais de toute évidence, il aurait besoin de faire des auditions pour trouver sa soliste...

Mais d'abord, il faudra que les New Direction soient d'accord.

T'en fais pas Kurt, tu as un don pour persuader les gens. Ils iront dans ton sens!

En tous cas, Kurt l'espérait.

Il jeta un regard autour de lui. Dans cette salle de chant où il avait passé tant de bons moments. Il avait 19 ans, et ce n'était pas la vie dont il avait rêvé, mais il se rendit compte qu'il n'était pas si mal à Lima, avec les élèves du Glee Club. Ces rêves avaient peut-être été trop grands par rapport à son talent.
Malgré ces belles paroles, le jeune châtain savait qu'il se mentait à lui-même. Son cœur appartenait toujours à New-York et à la scène.

Son téléphone vibra dans sa poche, ce qui le tira de ses rêveries.

Message de: San'

Hi Kurt! Tu me manques mon petit gay. Si tu savais ce que je dois supporter ici. Little Berry est insupportable. Enfin, quand je la voie, ce qui n'est pas souvent puisqu'elle est complètement overbookée!... Et comme elle chante tout le temps, c'est difficile de se parler. En plus, je la soupçonne de revoir Finnocent... Et Brody dans tout ça? Hein?

Bon, en tous cas, appelle. Ça fait longtemps que j'ai pas eu de tes nouvelles. Tes messages se font rares. En plus, j'ai une grande nouvelle à t'annoncer...

Bisous. S.

Message à: San'

Coucou San'. Tu me manques aussi ma belle, j'espère te voir bientôt. Ne t'en fais pas pour Rach', je suis sûre que c'est la pression qui pèse sur ses épaules qui la rend comme ça. Mais elle est forte, c'est une star. Ne le prends surtout pas pour toi. En ce qui concerne Finn, tu dois te tromper... Il est en Afghanistan.

Appelle-moi dans un peu plus d'une heure, pour l'instant, je suis à la recherche d'un nouveau talent qui ne se laisse pas facilement attrapé... Un garçon vraiment très étrange mais complètement hors du commun. Je l'ai entendu chanter et, mon Dieu, ce mec est un génie des cordes vocales. Je t'en parlerai d'avantage ce soir.

En tous cas, je suis heureux que tu m'envoies ce message. Et j'ai hâte de savoir quelle grande nouvelle tu as à m'annoncer... Je préfère ne pas m'avancer mais quelque chose me dit qu'elle concerne Britt'. Mais je ne m'avance pas, hein! :)

Gros bisous! J'ai hâte de te parler. K.

Kurt remit son téléphone dans sa poche et rangea les partitions dans un tiroir de la salle de chant, le sourire aux lèvres. Il était heureux que Santana lui envoie un message. Le dernier devait remonter à plusieurs semaines, si ce n'est plusieurs mois. Il attendait d'entendre une nouvelle fois la voix de la petite Latina avec impatience.
Son téléphone vibra et il le sortit une nouvelle fois de sa poche. C'était la réponse de Santana, qui lui disait qu'elle l'appellerait bientôt et qu'elle avait hâte d'entendre la voix de son petit Porcelaine.
Kurt sourit quand il vit le surnom. Santana avait piqué la vanne du coach Sylvester!

Mais pour le moment, il avait d'autres problèmes à régler.

Chaque soir de la semaine, après les heures de cours, il arpentait Lima dans l'espoir de tomber face à un jeune homme nommé Blaine, qui savait très bien se cacher. Bien qu'il fût arrivé beaucoup plus tôt au lycée tous les matins, Kurt ne l'avait pas croisé.
En tous cas, il avait encore du pain sur la planche. Kurt ne voulait pas lâcher le morceau Blaine, il le voulait absolument dans sa chorale. L'heure de reprendre les recherches avait donc sonnée.

Il sortit du lycée, faisant quelques saluts aux professeurs qu'il croisait et qui le considéraient presque comme leur collègue à présent... Il était vrai que Monsieur Schuester n'était pas venu en cours de la semaine. Ce n'était pas ce que le garçon avait prévu en arrivant au Glee Club, il n'avait jamais voulu prendre la place de son professeur mais Kurt ne pouvait tout simplement pas le laisser faire cours dans l'état dans lequel il était arrivé le mardi matin.

Flash-Back

"Eh! Kurt! Fit une voix nasillarde venant de la porte de la salle de chant dans laquelle se tenait Kurt"

Ce dernier se retourna et reconnu Monsieur Schuester, adossé à l'encadrement de la porte qu'il avait laissé ouverte. Celui-ci avait le visage rouge, un sourire béat aux lèvres, des cernes bleues sous les yeux, les cheveux en bataille et son veston de travers.

Il s'approcha de Kurt en zigzaguant légèrement. Le jeune homme fronça les sourcils. Monsieur Schuester ne serait quand même pas venu au lycée en étant...

"Mon ami! s'exclama Monsieur Schuester en posant sa main sur l'épaule avant de se lancer dans un grand éclat de rire. Ah la la, c'est tellement bien que tu... Tu, euh, sois là!"

Il gloussa bruyamment et Kurt ne put qu'admettre la triste vérité.

Son ancien professeur était complètement ivre.

"Monsieur Schuester! s'indigna Kurt"

"Appelle-moi Will!"

Kurt soupira, et se dégagea de l'étreinte du professeur. Il lui avait pourtant dit d'arrêter l'alcool, il lui avait dit qu'il le fallait s'il voulait remonter la pente! S'il voulait gagner les régionales! Et n'avait-il plus aucune estime de lui-même pour se mettre dans des états pareils? Au lycée en plus...

Schuester gloussa une nouvelle fois et sorti une petite fiole argentée de la poche de son veston. Sans avoir eu le temps de réfléchir, Kurt se rua dessus et l'arracha de la main tremblante et mal habile de Will.

"Mais... Mais qu'est-ce que tu fais? s'indigna le professeur"

Kurt jeta la fiole d'alcool dans la poubelle la plus proche, prenant bien soin de la vider auparavant pour ne pas que le pauvre homme soit tenté d'aller la récupérer après.

"Vous? Qu'est-ce que vous faîtes?"

La voix de Kurt partait dans les aigües. Il avait rarement été aussi en colère, il sentait la rage bouillir à l'intérieur de lui, son sang s'échauffait. C'était comme s'il avait été trahi.

Le visage de Monsieur Schuester se fit penaud, ce qui eut le don d'énerver encore plus Kurt.

"Je viens vous aider, Monsieur Schuester! J'ai promis que j'aiderai cette chorale à décoller et à retrouver la gloire qu'elle a connue! Mais comment voulez-vous que j'y arrive si vous, le directeur de cette chorale, n'êtes pas là! Ce n'est pas vous, ça, Monsieur. Ça ne vous ressemble pas! Vous étiez tellement... Tellement amoureux de la chorale avant... Le Glee Club vous admirait pour cette passion que vous suiviez avec autant d'ardeur! Où est le vrai Will Schuester? Hein? Où est-il"

Monsieur Schuester le regardait, silencieux, faire les cent pas dans la pièce en se frottant énergiquement les mains d'agacement.

Chaque parole qu'avait prononcée Kurt s'était introduite jusqu'à l'endroit le plus profond de son cœur, celui où il pouvait être le plus blessé. Pourtant, derrière le voile merveilleux que créait l'alcool, le professeur savait que son ancien élève avait raison.

Il n'était plus rien. A peine une loque humaine. Mais il avait tellement mal !

Emma l'avait détruit, elle était l'amour de sa vie et elle l'avait abandonné. Il lui avait tout donné. Il avait quitté sa femme pour elle, il avait supporté ses TOC, il l'avait aidée à surmonter toutes les épreuves qui s'étaient imposées à eux. Quand elle avait voulu se marier, Will l'avait demandée en mariage. Quand elle avait parlé d'enfant, Will s'était déclaré prêt à la suivre. Mais pour quoi? Elle était partie, sans un mot, du jour au lendemain. Le professeur n'avait rien compris, un matin elle était là, en bas de l'escalier, un tas de valises à ses pieds qu'elle avait faites pendant la nuit. La voiture de Carl était garée devant la maison et Emma lui avait demandé de ne pas la forcer à rester. Elle avait pris sa décision et rien ne pourrait plus lui faire changer d'avis. Will avait fait ce qu'elle lui demandait, comme toujours. Il n'avait rien dit, et l'avait regardée partir, sans même essayer de la retenir, sans lui dire qu'il l'aimait tellement que ça lui faisait mal à en crever.

Quand la voiture avait tourné à l'angle de la rue, Will s'était éloigné de la fenêtre. Il avait besoin de quelque chose sur quoi s'asseoir. Sa tête tournait et son cœur mourrait à petit feu. Il avait porté la main à sa chemise, s'attendant à la trouver poisseuse de sang. Ce fut une surprise pour lui lorsqu'il la trouva seulement mouillée de larmes. Il n'y avait pas de sang. Pourtant il avait tellement mal. Pourquoi ne saignait-il pas? Emma lui avait planté un couteau dans le cœur, il ne pouvait qu'attendre et mourir de sa blessure. C'était comme une piqûre, qui durait, durait. Comme si du feu le dévorait à l'intérieur. Comme si on lui avait arraché le cœur sans ménagement, à main nue. Vu le mal que ça faisait, la plaie devait être profonde. Will avait baissé les yeux vers sa chemise et avait remarqué, malgré les larmes qui brouillaient sa vue, qu'elle était toujours immaculée. Il avait porté sa main jusqu'à son cœur, cherchant le trou béant qu'il ressentait. Mais il n'y avait rien, il avait juste effleuré son torse, toujours aussi lisse que la veille.

Il s'était alors levé, comprenant qu'il n'était pas blessé physiquement. Il avait le cœur en morceau, mais de l'intérieur. Il n'allait pas mourir. Pourtant, il aimerait. Comment vivre avec cette douleur? Comme survivre sans Emma? Sa vie n'avait plus de sens, mourir après tout ça ne serait pas si mal.

Tout à coup, il avait ressenti un énorme besoin de remplir sa plaie dans la poitrine, d'essayer de la combler avec quelque chose. L'image d'April s'était alors imposée à son esprit. Elle buvait pour surmonter les épreuves de la vie qu'elle n'arrivait pas supportées. Will avait alors ouvert le bar et contemplé les bouteilles qui s'alignaient parfaitement, rangées avec soin par Emma. Le simple fait de voir cette organisation, la signature de son ex-compagne, blessa son cœur plus qu'il ne l'était déjà. Un sanglot sonore lui avait échappé et il s'était emparé d'une bouteille de Scotch qui devait trainer là depuis de longs mois. Il l'avait longuement regardée. Voulait-il vraiment faire ça? Et puis, après quelques secondes passées à se torturer l'esprit, il l'avait ouverte, et bu. C'était comme s'il avait avalé du feu par de longues gorgées généreuses. Mais chaque brûlure le guérissait, elle léchait son cœur en miettes et restructurait tous les morceaux. Il guérissait le feu par le feu. Le mal par le mal.

Au fur et à mesure, Will avait senti le rouge lui monter aux joues, et puis son esprit s'était embrumé. Pourquoi n'avait-il jamais fait ça avant? On se sentait tellement mieux…

Et puis, il avait continué. D'abord tous les soirs, après ses journées de cours. Puis le matin, un peu dans son café. Et un petit verre le midi aussi... Avant qu'il ne s'en rende compte, il était devenu alcoolique, dépendant à cette merde liquide qui lui pourrissait l'existence, et qui détruisait les rêves des gamins qui avaient confiance en lui, au Glee Club.

"Où est-il? répéta Kurt un peu plus doucement. Où est le véritable Monsieur Schuester?"

Les larmes commencèrent à dégringoler sur les joues du professeur. Il aurait bien besoin d'un autre verre pour se soigner...

"Il est avec Emma, lâcha-t-il"

Kurt se recula, ne s'étant pas attendu à cette réponse. Et puis enfin, il ouvrit les yeux.

Il avait en face de lui un homme qui n'en était plus vraiment un. C'était un fantôme. Ce n'était pas le sang circulant dans ses veines qui lui permettait de survivre, c'était sa douleur. Plus rien d'autre ne comptait. La douleur était ce à quoi se résumait à présent sa vie. Il ne vivait plus, il survivait à peine.

Will renifla bruyamment et passa une main sur son visage pour chasser les larmes. Un de ses doigts rentra dans son œil droit.

D'abord, il gloussa. Puis, son rire s'intensifia, se transformant petit à petit en un fou rire incontrôlable dont Kurt ne comprenait rien. Il savait que c'était l'œuvre de l'alcool et il ressentit une pique de pitié dans son cœur. Il détestait tellement le voir comme ça. Mais il savait qu'il ne pourrait rien faire, en tous cas pas pour aujourd'hui. Tout ce qu'il restait à faire, c'était ramener Will chez lui, pour le coucher et le laisser cuver avec une bassine au cas où il aurait envie de vomir.

"Vous devriez demander à quelqu'un de vous ramener chez vous, Monsieur..."

Monsieur Schuester cessa de rire et regarda son ancien élève dans les yeux. Il était tellement ivre que, sur le coup, il eut du mal à se rappeler son nom.

"Aller, venez, chuchota Kurt en passant un bras sous son épaule, portant ainsi les trois quart du poids de Will sur son épaule. Tout ira mieux, je vous le promets. Je ne vous laisserai pas comme ça. Vous avez ma parole."

Will ne se débattit pas. Il avait l'habitude qu'on le sorte de cette façon des bars où il avait passé la nuit. Souvent, il ne pouvait pas en sortir par ses propres moyens.

Fin du Flash-Back

Après ça, Kurt avait attendu chez Monsieur Schuester que l'alcool s'échappe de son organisme et que le professeur soit assez sobre pour comprendre ce que Kurt allait lui dire.

Puis, le jeune homme lui avait interdit de revenir en cours dans cet état, lui avait demandé de se respecter lui-même. Kurt avait laissé sur la table de nuit, à côté du lit dans lequel le professeur était allongé, l'adresse d'un centre de désintoxication qu'il avait recherchée pendant que Will se remettait.

"Vous devriez y penser, avait-il alors dit avant de partir et de laisser Monsieur Schuester seul dans sa honte"

Kurt soupira. Après cette fois-ci, il n'avait plus revu son ancien professeur, n'avait plus du tout eu de ses nouvelles. Il espérait qu'il était revenu à la raison et avait pris la seule décision possible: aller dans cette cure de désintoxication que son ancien élève lui avait proposée.

Il poussa la porte et se retrouva dehors, le soleil dans les yeux. Kurt mit sa main pour se protéger les yeux et descendit les marches. Les recherches reprenaient.

Il devait retrouver Blaine, il ne pensait plus qu'à ça. A sa voix. Il ne comprenait pas pourquoi Blaine refusait de rejoindre les New Direction. Il savait que le bouclé avait adoré jouer sur ce piano, pourquoi avait-il refusé ? Et, de toute évidence, il était complètement perdu. Avec le Glee Club, Kurt lui offrait une opportunité de faire quelque chose de sa vie, de retrouver un but. Alors qu'est-ce qui n'allait pas ?

Kurt se retrouva alors au point de départ, devant les feux tricolores du centre-ville, d'où partaient toutes les routes, tous les chemins, toutes les directions que Blaine aurait pues prendre. Comme à chaque fois, il s'adossait au poteau, ne faisant même pas attention aux voitures qui passaient juste devant lui.

Il avait déjà écumé la moitié de la ville, il ne lui restait plus que quelques quartiers qu'il connaissait mal. Il n'était pas vraiment enchanté d'y aller, les endroits inconnus lui avaient toujours fait peur. Il angoissait rien qu'à l'idée de se retrouver dans ses lieux qu'il n'avait jamais visités.

Il regarda autour de lui, dans l'espoir de croiser le regard de Blaine qui serait peut-être déjà là. Mais comme il s'y attendait, il ne croisa aucun regard venant d'un jeune homme brun. Il était obligé d'y aller, d'aller le chercher dans les fins fonds de Lima. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas juste pour trouver Blaine et sa voix d'or ?

Il traversa la route, sans prendre garde aux voitures qui passaient et fut accueilli avec une avalanche de klaxons. D'un geste de la main, il s'excusa et finit de traverser la chaussée en courant. Il était dans ses rêves, il devrait faire plus attention.

Concentre-toi, Kurt. Blaine n'est peut-être pas loin et si tu continues de penser plus que tu ne regardes ou écoutes, tu le rateras.

Il tourna à l'angle d'une rue, sans grand espoir de le trouver cependant. Il avait déjà fouillé toute la ville depuis le début de la semaine. Peut-être que Blaine avait même quitté Lima…

Kurt s'était promis que c'était la dernière fois cherchait Blaine. De toute façon, s'il ne le trouvait pas en ville, la seule alternative que Kurt avait trouvée était de camper toute la nuit au lycée et attendre que Blaine montre le bout de son nez pour aller dormir. Mais il n'en était pas encore rendu à ce point.

Kurt regarda autour de lui. Il se trouvait dans un quartier plutôt mal famé, celui où, toute sa vie, son père lui avait interdit d'aller. Pourtant, c'était le quartier idéal pour quelqu'un comme Blaine, quelqu'un qui voulait se cacher et passer inaperçu.

Les gens ici le dévisageaient pendant qu'il marchait sur le trottoir abîmé. C'était vrai que le jeune homme dépareillait. Il était habillé avec un jean slim rouge, une chemise immaculée et une veste crocodile ornée d'une broche représentant un hippopotame. Dans ce quartier, les gens portaient plutôt des joggings usés et de vieux T-shirt tachés.

C'est un peu le même style de vêtements que ceux que portaient Blaine, pensa-t-il.

Kurt reprit alors courage, malgré les regards venimeux qu'il recevait. S'il y avait bien un endroit où il pourrait le trouver, c'était ici. De toute façon, c'était ici ou nulle part.

Cependant, il n'était pas très rassuré. Il avait peur que quelqu'un lui tombe dessus... Peut-être l'homme couché par terre à une dizaine de mètre de lui. Ou peut-être un des garçons qui étaient adossés à un grillage vert, fumant ce qui ressemblaient à des joins. Ou l'autre, assis dans l'herbe, regardant les nuages, en train de planer complètement.

Le taux de criminalité n'était pas élevé à Lima, voir même inexistant. Ici, les gens étaient presque tous des cons ou des paumés, mais pas des criminels.

Bien sûr, les agressions n'étaient pas si rares que ça mais les meurtres, si. Kurt se rappelait encore du dernier. Surement parce que la mort du leader des Warblers avait eu une importance capitale pour lui à ce moment-là… Il avait eu peur que cette mort puisse remettre en doute la victoire des New Direction aux régionales. Le meurtre avait eu lieu après, les Warblers avaient déjà été raillés de la compétition. Mais tous de même... Kurt n'était pas un insensible et il avait connu le garçon, lui avait parlé, s'était même dit qu'il était un concurrent de taille. Même s'il ne l'appréciait pas beaucoup...

Kurt n'avait jamais connu l'identité du tueur. Beaucoup de bruits avaient courus mais son nom avait été gardé secret. Étant mineur, le criminel était protégé.

Bon, Kurt n'avait pas tellement peur de se faire assassiné à Lima... Mais on ne savait jamais... Suffit qu'un nouveau fou à lier traîne dans les parages et s'attaque à sa broche hippo...

"Eh toi!"

Kurt sentit son sang se glacer dans ses veines. Il avait peut-être pensé trop vite.

Il baissa la tête, fermant les poings et se mordant la lèvre inférieure avec nervosité continuant de marcher comme s'il n'avait rien entendu. Puis, l'homme le héla de nouveau.

Kurt se retourna, le cœur battant.

Un homme, ressemblant d'ailleurs plus à un gorille qu'à un homme, s'approcha de lui en titubant légèrement. Kurt remarqua ses avants bras, piqué de toute part. Un drogué...

Kurt savait à quel point les drogués étaient dangereux. Il devait partir d'ici, et au plus vite.

Il tourna les talons, et continua sa marche comme s'il n'avait rien remarqué...

"Oh, Darlin', attends-moi! L'appela l'autre d'une voix rauque."

Kurt accéléra un peu l'allure, sentant une pellicule de sueur recouvrir ses mains. Il comprenait à présent pourquoi son père refusait qu'il aille dans ce quartier... Mais qu'est-ce qu'il était venu faire ici?

Il entendait les pas de l'autre, marchant toujours derrière lui. Il tenta d'accélérer encore un peu plus mais il ne fut pas assez rapide. Le gorille posa sa main graisseuse sur son épaule et Kurt hoqueta de surprise et de peur. La pression sur son épaule le força à se retourner violemment.

Il se retrouva en face de l'homme le plus laid qu'il avait jamais vu. Ses cheveux tombaient sur ses épaules, comme tartinés d'huile tellement ils étaient gras. Et Kurt ne savait même pas que des yeux aussi petits pouvaient exister, il avait même du mal à deviner leur couleur. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était le rouge qui explosait ses yeux sous l'effet de la drogue. De plus, l'homme avait un embonpoint très poussé, qui rendait son visage rond, orné d'un double menton, perdant encore plus ses yeux dans la masse graisseuse de son visage.

En fait, Kurt s'était trompé. Il avait affaire à un cochon, pas à un gorille.

Kurt, tu es dans le pétrin là, on en a rien à fiche de si c'est un cochon ou un gorille.

"T'es PD, hein? Rigola l'autre en manquant de tomber tellement il était défoncé."

Kurt recula un peu quand il sentit l'haleine qu'avait l'homme.

Oh mon Dieu, est-ce qu'il sait au moins ce que c'est qu'une brosse à dent?

Mais son haleine ne préoccupait que peu le jeune homme. Il pensait plutôt à sa propre sécurité. Qui savait ce donc était capable un drogué, surement alcoolique aussi vu les tâches d'alcool sur son T-shirt ?

Le jeune homme tremblait légèrement, et le gorille le remarqua.

"Bah alors? Tu trembles? Tu as peur? Quoique, tu peux, parce que ma bite dans ton cul te fera pleurer."

Kurt frissonna alors que l'autre partit d'un grand éclat de rire. Il commençait à sentir des larmes s'accumuler dans ses yeux. Mais il ne voulait pas pleurer, pas devant une ordure comme ça.

"Je déconnais mon mignon, reprit-il ensuite. Je suis pas un putain de gay, moi. Les tapettes, c'est juste de la bonne merde. Ça finit au fond du trou avec oncle Josh!"

Kurt ne disait rien, incapable d'articuler un mot tant la peur le clouait sur place. Mais qu'est-ce qu'il faisait ici? Qu'est-ce qu'il en avait à faire de Blaine au final? Il avait bien d'autre talent dans son Glee Club. Courir après un inconnu, mais qu'est-ce qui lui était donc passé par la tête?

Josh se rapprocha de Kurt en lui souriant, dévoilant ses dents entartrées. Son haleine frôla les narines de Kurt, qui plissa du nez. Le drogué parut s'en apercevoir et il souffla plus fort sur son visage et le jeune homme eut un haut le cœur.

Le gorille enserra le bras du châtain et serra, serra, jusqu'à ce que Kurt laisse échapper un petit gémissement.

"Tous les mêmes! Rien dans les couilles! T'es un déchet, tu le sais ça? Ta mère te l'as dit ou elle t'a abandonné quand elle a appris que tu avais un vagin à la place du trou de balle?"

S'en fut trop pour Kurt qui laissa les larmes ruisselées sur le visage. Son corps était traversé de tremblements violents qui le clouaient sur place, faisant de ses jambes deux bandes de coton.

Alors c'est comme ça qu'il allait finir? Dans les mains d'un homophobe drogué, alcoolique et complètement paumé. Même si Kurt avait perdu beaucoup de choses en l'espace de trois ans, il ne pensait tout de même pas mériter une fin comme ça.

Ça faisait trois ans. Le dernier meurtre remontait à trois ans. Pourquoi fallait-il que ça tombe sur lui? Pourquoi?

Et Carole? Que dirait Carole? Comment arriverait-elle à survivre à son décès, elle qui était déjà tellement malade. Elle serait capable du pire, Kurt le savait.

"Bon, qu'est-ce que je vais faire de toi? Marmonna l'autre en lui souriant lui envoyant un autre nuage de son odeur putride."

Kurt pleurait. Il ne savait pas quoi faire d'autre. La main sur son bras lui faisait horriblement mal, il n'arriverait pas à s'en dégager. Quant à se battre, il en était incapable.

"Déjà, continua Josh, commençons par enlever cette broche de pédale."

Josh pris la tête d'hippopotame entre deux doigts et tira avec force dessus, jusqu'à ce qu'un craquement se fit entendre et que la petite tête se détacha lentement. Il gloussa, fixant la tête de l'animal avec insistance. Les sanglots de Kurt redoublèrent.

"Eh, gros balourd, qu'est-ce que tu fou?"

Josh releva la tête vers la voix inconnue, ainsi que Kurt qui n'en crut pas ses yeux.

Blaine.

Il était là, debout, les bras croisés sur la poitrine, comme une mère réprimandant son enfant après que celui-ci ait fait une bêtise.

"Qu'est-ce que tu me veux, toi? demanda Josh"

"Lâche-le, fit calmement Blaine."

Kurt n'en croyait pas ses oreilles. Ça faisait une semaine qu'il le cherchait partout et c'était maintenant qu'il lui tombait dessus. Alors qu'il allait probablement mourir !

Kurt, tu en rajoutes un peu tu n'es pas encore mort…

"C'est un PD, ria Josh. Qu'est-ce que t'en a à branler? Mec, c'est une petite pédale. Laisse-moi lui faire sa fête et on pourra aller boire un verre après."

Kurt regarda Blaine. Ce dernier ne laissait rien transparaitre, son visage était de glace, son regard vert noisette allant de Kurt à Josh. Il ne bougea pas, garda les bras croisés et reprit d'une voix calme:

"Juste, lâche-le."

Le visage de Josh s'éclaira.

"Oh! J'ai compris! C'est ton copain n'est-ce pas? Toi aussi t'es un petit gay, c'est ça?"

Blaine fixa son regard sur l'homme et Kurt eut peur. Dans ce regard, on lisait la haine. La haine pure. La vraie, celle que seules les personnes refermant une colère accumulée en elles depuis de nombreuses années pouvaient ressentir.

Josh ria, et prit le poignet de Kurt qu'il tordit, fixant toujours Blaine, qui ne bougeait pas, se contentant de tuer du regard son bourreau. Kurt cria. Il avait l'impression que tous les os de son bras allaient éclatés, que son sang allait sortir par ses ongles et que tous ses tendons allaient faire des nœuds entre eux. Le rire de Josh s'intensifia.

Blaine regardait, toujours et encore, sans réagir.

Mais qu'est-ce qu'il attend? se demanda Kurt.

La douleur résonna dans sa tête quand Josh tordit son poignet dans un nouvel angle. Il ne voyait plus rien, à part les yeux de Blaine, qui regardaient son poignet se faire réduire en morceau.

Le coup partit alors, sans que Kurt ne l'ait soupçonné avant.

Blaine frappa la mâchoire de Josh d'un coup sec, rapide et violent qu'il savait si bien faire.

L'homme lâcha Kurt et prit sa mâchoire dans les mains.

Blaine en profita pour mettre Kurt derrière lui, le prenant par le bras pour le mettre dans son dos. Pour ne pas qu'il soit entre lui et Josh.

Ce dernier ria, en regardant Blaine avec une rage folle.

"Tu vas le regretter espèce de PD de merde."

Il s'élança sur Blaine qui l'accueillit avec un coup de poing dans le ventre. En réalité, Josh était trop défoncé pour être en état de se battre correctement. Blaine n'en ferait qu'une bouchée.

Après le coup de poing dans l'estomac, Josh se plia en deux, tentant de retrouver son souffle. Mais Blaine n'attendit pas qu'il se remette de ses émotions, il lui flanqua un coup de pied dans les côtes. Josh laissa échapper un "Outch" sonore et releva la tête. Grosse erreur. Blaine en profita pour lui donner un coup de pied dans le nez, et le sang commença à couler. Sous le coup de la douleur, Josh tomba à genoux et Blaine s'avança vers lui, froid, calculateur. Il n'y avait aucune émotion sur son visage, seulement un calme extrême et une haine flamboyante dans les yeux. Seule la légère rougeur sur ses joues indiquait que Blaine était bel et bien un être humain et non pas un robot.

Josh releva les yeux une nouvelle fois. Lorsqu'il croisa les yeux du bouclé, son cœur s'emballa. Dans quelle merde s'était-il fourré? Il avait devant lui une machine de guerre sans sentiments, sans rien d'autre que sa froideur pour le guider.

"Qui es-tu? Essaya-t-il d'articuler tant bien que mal avec le sang qui lui emplissait la bouche."

Blaine lui redonna un coup de pied et il tomba à terre.

"Blaine Anderson. Ex-taulard, roi de la prison, passé maître dans l'art de foutre une raclée au gens."

Nouveau coup de pied. Dans la tête cette fois-ci.

L'homme tomba inconscient sur le goudron déjà taché de son sang.

Blaine se recula et regarda sa victime sur le sol. Les mouvements de son dos lui indiquaient qu'il respirait toujours.

Kurt regardait l'homme, étendu par terre, sans réagir. Toute cette scène l'avait énormément choqué, il ne savait plus quoi penser.

C'était Blaine qui l'avait mis par terre, c'était à cause de Blaine que Josh était inconscient.

Kurt regarda la tignasse brune devant lui. Le garçon ne bougeait pas, ne se retournait pas, fixant sa victime. Kurt ne savait pas quoi faire. Reculer, partir en courant, le remercier, le prendre dans ses bras, pleurer, crier, s'évanouir. Il respirait difficilement et son cœur battait la chamade. Son poignet le lançait mais il ne le sentait pas vraiment. Son choc, sa peur. Il ne pouvait penser qu'à ça. A rien d'autre.

Si, à Blaine aussi.

Alors comme ça, c'était un ex-prisonnier. Pas n'importe quel prisonnier.

Le roi de la prison.

Oh mon Dieu!

La vérité sauta aux yeux de Kurt. Comment avait-il pu être autant aveugle. Dire qu'il lui avait couru après, avait passé des heures et des heures à le chercher dans la rue.

Blaine était dangereux.

Il commença à partir à reculons, tentant de faire le moins de bruit possible. Seulement, ce fut ce moment que choisi Blaine pour se retourner vers lui.

Alors, Kurt s'arrêta.

Les deux garçons se regardaient, face à face.

Dans les yeux de Blaine, Kurt ne voyait plus rien. Plus de sentiments. Rien. Même pas cette haine féroce qui l'avait envahi. Tout était parti. C'était le vide dans ses yeux.

Dans ceux de Kurt, Blaine voyait de la peur. Du choc, de la peur, des questions.

Ils restèrent à se regarder pendant ce qui leur parurent de longues secondes, sans qu'aucun des deux ne bougent.

Kurt avait abandonné l'espoir de s'enfuir. Il avait vu Blaine à l'œuvre maintenant et ses jambes courraient surement beaucoup plus vite que les siennes.

Devant le regard vide de Blaine, Kurt ressenti un frisson partir de sa nuque pour courir jusqu'à son bas du dos. Il ouvrit la bouche pour parler, dire quelque chose mais aucun mot ne lui venait. Il bafouilla, cherchant une phrase, tentant de mettre de l'ordre dans sa tête. Mais rien n'y faisait. Il était trop secoué. La présence de Blaine le terrifiait. C'était comme s'il avait un robot en face de lui, il n'y avait rien d'humain dans le regard que le garçon bouclé fixait sur lui.

Un son étranglé sortit de sa gorge et Kurt préféra fermer la bouche.

Puis soudain, alors qu'il s'y attendait le moins, son téléphone sonna. Il sursauta et regarda Blaine, s'attendant à ce que cette sonnerie déclenche quelque chose chez l'ex-prisonnier.

Les yeux de Blaine quittèrent Kurt un instant pour regarder autour d'eux, comme s'il avait peur que quelqu'un ne les découvre.

Santana. Kurt savait que c'était elle. Ça ne pouvait être personne d'autre. Ses mains tremblèrent. Il avait peur que cette interruption mette Blaine dans une colère folle.

Au contraire, le bouclé reporta son attention sur lui.

"Bah vas-y, réponds, lui dit-il toujours aussi froidement."

Kurt sursauta et s'empressa de chercher son portable dans ses poches. Où était-il rendu?

Le pied de Blaine frappait sur le sol à intervalles réguliers et Kurt eut peur. Blaine s'impatientait, et il ne savait pas de quoi était capable un Blaine impatient.

Enfin, il sortit son portable de la poche de son blazer.

"Allô San'? fit-il d'une voix tremblante."

Blaine lui lança un regard dur et Kurt comprit qu'il devrait mieux contrôler sa voix. Il ne fallait pas que Santana se rende compte qu'il se passait quelque chose.

"Kurt? fit celle-ci au téléphone, visiblement inquiète. Ça vas?"

"Oui, oui, répondit-il. Tu tombes juste plutôt mal..."

"Ah bon, pourquoi?"

Kurt se mordit la lèvre. Il lui fallait un mensonge convainquant... Quelque chose de plausible. Et puis, il eut une illumination.

"Je... Je fais les boutiques. Avec Carole. Elle n'avait plus rien à se mettre et... Et je lui fais un relooking! Tu sais à quel point je déteste le style country dépassé."

Kurt s'attendait à une remarque cinglante de Blaine, à l'ironie dont le garçon avait déjà fait preuve lors des rares fois où ils s'étaient parlé, mais rien ne vint.

"Ah ah, ria Santana. Je comprends mieux! Bon, bah rappelle moi dès que tu as fini d'accord?"

"D'accord, murmura doucement Kurt."

"Tu es bizarre tu sais, remarqua-t-elle"

Kurt se tendit.

"Mais non San'! Tu t'inquiètes pour rien!"

"C'est ce garçon dont tu m'as parlé par message?"

Kurt releva les yeux pour regarder Blaine qui fixait le corps évanouit derrière lui.

"Non... Enfin oui. Enfin, je te raconte ce soir!"

"Kurty est amoureux! Chantonna Santana"

Kurt leva les yeux au ciel et raffermit sa poigne sur son téléphone. Si seulement elle savait...

"Ne raconte pas de bêtises! Bon, je dois vraiment te laisser là, Carole m'appelle et je crois qu'elle m'a dégoté une veste totalement affreuse..."

"Très bien, à ce soir Kurt!"

"A ce soir, San'."

Enfin, Kurt raccrocha.

Blaine se retourna et le regarda.

"Alors, demanda-t-il, comment on fait maintenant?"

"Comment ça? Articula tant bien que mal Kurt avec une voix de nouveau tremblante."

"Eh bien, tu comprends que maintenant que tu as vu ça…"

Blaine montra du doigt le corps de Josh avant de continuer:

"Je ne peux pas te laisser partir comme ça. Je ne veux pas retourner en prison. Alors tu ne m'y enverras pas."

De l'autre côté du pays, Santana Lopez raccrochait son téléphone en fixant étrangement l'écran, où figurait toujours la photo de contact de Kurt.

Kurt avait des problèmes, Santana le savait. Quelque chose ne tournait pas rond. Elle connaissait bien son ami, elle avait même vécu une année entière avec lui dans l'appartement de New-York. Elle connaissait toutes ses réactions par cœur.

De plus, la jeune Latina était intelligente. Il ne se trouvait pas dans un magasin lorsqu'elle l'avait appelé, elle aurait entendu des bruits de fond. De la musique, des gens qui parlaient… Or, là, elle n'avait rien entendu du tout, à part la voix que Kurt essayait tant bien que mal de maitriser. Enfin… Plus mal que bien.

"Ça ne va pas San'?"

Santana sentit deux bras se poser sur ses hanches et l'encercler. Elle regarda les mains jointes sur son ventre parfaitement plat. Les mains de l'amour de sa vie.

"Je crois que Kurt a des problèmes, expliqua-t-elle en se retournant vers Brittany."

Comme à chaque fois, et malgré son inquiétude, le cœur de Santana s'arrêta lorsqu'elle croisa les yeux azur de sa petite amie.

De ta fiancée, Lopez. Ta fiancée!

"Tu l'as dit à Kurt pour nos fiançailles et il a pas aimer parce qu'il est amoureux de toi?"

Santana sourit devant l'innocence de sa petite amie et posa un léger baiser sur les lèvres sucrées de la blondinette.

"Non Britt'. Je n'ai même pas eu le temps de lui dire. Je crois qu'il est temps que nous retournions à Lima…"

Brittany la regarda, surprise.

"Pourquoi ? demanda-t-elle."

"Parce que Kurt est notre ami et qu'il a besoin de nous… Et je dois aller voir mes parents de toute façon… Ça fait trois ans que je ne leur ai pas parlé, tu ne crois pas que j'ai des comptes à régler avec eux?"

Santana sentit son cœur se serrer lorsque qu'elle repensa à ses parents qui l'avaient mise dehors sans plus de ménagement et qui avaient coupé les ponts avec elle depuis.

"Je ne savais pas que tes parents étaient banquier, fit remarquer Brittany."

Santana ria et pris la blonde dans ses bras. Elle posa sa tête sur son épaule et laissa sa main courir dans son dos.

De toute façon, avant d'aller voir ses parents, elle devait aider Kurt. Son troisième œil mexicain en était sûr: il avait besoin d'elle. Elle fronça les sourcils en se demandant bien dans quoi Kurt pourrait encore s'être fourré.


Note de l'auteur:

Voilà ce chapitre 3.. Je sais, je sais, il suit le même schéma que les chapitres précédents mais c'est le dernier, je vous promets, il fallait juste mettre en ordre le début de la fiction :) C'est donc à partir de là que les choses vont bouger.
J'espère que vous avez aimé le passage Brittana final. Je ne pouvais pas faire une fiction sans mes petites chouchoutes :). Est-ce que vous voulez que j'approfondisse un peu leur relation ou pas?
On en apprend un peu plus sur Lui... J'ai laissé pas mal d'indices danc ce chapitre. Est-ce que vous avez réussi à rassembler les pièces du puzzle?
Je voulais aussi savoir si vous souhaitez que je parle plus du Glee Club et des régionales. J'ai pour l'instant mis en avant la relation Klaine, laissant un peu le Glee Club de côté. Donc laissez moi votre avis dans une review!

Et même si vous n'avez pas d'avis bah.. Laissez une review quand même ^^ Ca motive et ça fait énormément plaisir! Même si c'est pour dire des trucs négatifs: je prends tout ce qui est constructif!

Sur ce petit pavé de "note d'auteur", je vous laisse, en espérant que ce chapitre vous ait plu!