Bonsoir à tous! Encore deux ou trois chapitres (je vais sans doute couper le chapitre final en deux parties) et cette histoire sera finie. J'espère qu'en attendant vous allez apprécier ce nouveau chapitre :)


Chapitre 15 : Et on respire

« Pompier de quarante-deux ans, enseveli sous les décombres de la maison. Brûlure profonde de second degré dans le dos et il a inhalé de la fumée. Pouls à 96, tension à 11/7 ».

En entendant cela, les femmes du groupe avaient tourné la tête, tous sauf Christie, et l'une d'elle se leva pour courir vers ce pompier sur ce brancard.

« Tony ! »

Il tourna la tête, apercevant une femme qui courait. Sa femme.

« Jenny... »

Elle ne put s'empêcher de pleurer tout en lui tenant la main, plongeant son regard dans celui qui était toute sa vie.

« Je vais bien, ne t'inquiète pas. Ou est Ella ? »

« Ta mère la garde. Mon Dieu, à la télé ils ne disent rien. J'ai cru que... Que... »

Elle ne pouvait même pas finir sa phrase, tellement elle était sous le choc. Le brancard continuait sa route et elle le suivait, mais elle fut arrêtée par Natalie.

« Je suis désolée mais vous ne pouvez pas entrer pour le moment. Je viendrai vous voir quand j'aurai fini les examens. C'est promis ».

Natalie lui adressa un sourire après que Jenny ait acquiescé. Elle tourna les talons, passant son regard dans la salle d'attente, où au fur et à mesure, elle se remplissait de femmes pompiers ou des proches. Elle arrêta son regard sur Christie, la sœur de Matt. Le docteur Rhodes avait toujours les mains dans les siennes, et Jenny pouvait voir qu'elle retenait ses larmes. Elle se rapprocha, pour avoir elle aussi des nouvelles de Casey.

« Votre frère n'est pas encore tiré d'affaire mais nous avons gagné du temps. Beaucoup de temps. Les deux endoprothèses sont en place et tiennent leurs rôles comme prévu ».

Il s'arrêta un moment, levant son regard sur cette femme qui avait remis la vie de son frère entre ses mains.

« Mais ? »

Christie savait qu'il y avait un mais quelque part. Il y en avait toujours un avec les médecins.

« Mais le flux sanguin dans la jambe droite n'est pas rétabli à cause de la fracture du fémur. Je ne peux pas la réduire car cela causerait plus de dégâts qu'autre chose ».

« Donc, il... Mon frère est... Enfin... »

« Votre frère est de nouveau stable. Et comme il est passé prioritaire avec l'anévrisme il peut monter au bloc tout de suite. Pour subir la deuxième partie de l'opération ».

« D-deuxième partie ? »

Christie s'interrogeait fortement. Qu'est-ce que c'était cette deuxième partie ?

« Ne vous inquiétez, il s'agira de réparer les os fracturés. Rien d'autres. Je dois juste vous dire que sa convalescence va être longue et douloureuse. Les deux os fracturés à cause l'explosion sont les deux os les plus difficiles à briser ».

« Mais il pourra continuer à être pompier. N'est-ce pas ? I-il pourra reprendre le travail ? »

« Après une longue période de repos et de rééducation oui, sans aucun problème. Mais je crois savoir que votre frère est assez... têtu ».

Christie et le reste du groupe, qui connaissaient parfaitement Matt, se mirent à rire légèrement.

« C'est un manuel. S'il ne peut rien faire, il devient fou. C'est mon frère quoi ».

« Alors je suis désolé de vous apprendre qu'il va le devenir, et qu'il va vous faire tourner en bourrique. Avec une fracture du sacrum, la partie du bassin brisée, il faut compter six à huit semaines alité, voire allongé ».

Les femmes froncèrent les sourcils, rien qu'en visualisant Casey dans un lit à ne pas bouger pendant près de deux mois. Christie comprenait ce que voulait faire le docteur Rhodes. Il voulait que malgré l'état de son petit frère, elle ait le sourire aux lèvres. Il voulait la rassurer, et rassurer le groupe par la même occasion.

« On sera là pour aider Christie. Casey fait aussi partie de notre famille », assura Cindy.

Et tous affirmèrent.

« Il est temps de l'emmener au bloc. Je sais que cela peut être dur pour vous, mais vous voulez lui dire 'à bientôt' ? »

« J-je... Je peux le voir ? »

« On est obligé de sortir le brancard pour l'emmener en salle d'opération, mais normalement vous n'avez pas le droit », commença-t-il discrètement et en murmurant. « Si vous faites comme si je ne vous avais rien dit et que quand on sort, vous venez près du brancard pour le voir, le chirurgien vous laissera le voir quelques secondes. Mais faites vraiment comme si je ne vous avais rien dit. Sinon cela va me retomber dessus et je vais prendre un blâme ».

« Merci... Merci beaucoup docteur ».

Connor se leva et rentra à nouveau dans la salle d'examen numéro 1, tandis que Christie se préparait mentalement à voir son petit frère. Elles virent passer un médecin, qui rentra dans la salle, puis quelques minutes plus tard, sortit avec un lit. C'était Matt. Christie fit comme si Connor ne lui avait rien dit : elle se leva, se rua les larmes aux yeux pour atteindre le brancard. Celui-ci arrêta sa course et Christie put prendre sa main et caresser son front.

« Je t'aime petit frère. Tout va bien se passer... »

Elle continua à le rassurer pendant quelques secondes avant de l'embrasser sur le front et laisser le chirurgien l'emmener. Connor resta là lui aussi : son travail était terminé.

« Merci ».

Malgré le choc, Christie était heureuse d'avoir pu voir son frère avant l'opération.

« C'est mon travail Madame ».

« Non, je veux dire... Merci d'avoir enfreint le protocole pour que je puisse le voir. Je crois que... Que j'en avais besoin ».

Il tourna la tête vers une Christie très émue. Il sourit.

« Comme je le disais, c'est mon travail ».


« Ils se rapprochent encore un peu plus des quatre balises », confirma Vlad au maire et au chef de Bataillon.

« Quelle distance ? »

« Quelques mètres pour le groupe de Paterson, plusieurs dizaines pour celui du chef Boden. Mais cela semble plus facile pour lui que pour le capitaine. Il pourrait arriver avant auprès du groupe ».

« S'ils peuvent les atteindre sans forer davantage dans le béton et risquer un nouvel effondrement, ce serait une meilleure option. On peut les contacter ? » demanda Kenny.

« Peut-être le groupe du capitaine, mais pas celui du chef. On peut essayer ».

Kenny acquiesça et agrippa sa radio.

« Ici Kenny, vous me recevez ? »

Plusieurs secondes passèrent sans aucun bruit dans la tente, mais avec le bruit des K12 en arrière fond.

« Ici Paterson, on vous reçoit difficilement, mais on vous entend ».

« Paterson, vous n'êtes plus très loin du groupe. Boden essaie de vous contourner pour voir si un chemin moins dangereux peut être pris ».

« Moins dangereux ? »

« Sans percer le béton, risquant de faire effondrer davantage la structure ».

« Compris. On continue pour le moment. Tenez-nous informé de la situation car nous n'avons pas de contact avec Boden, la couche de béton est trop épaisse entre nos deux équipes ».

« On vous tiendra informé du moindre changement ».


Dans les tunnels, Boden était toujours en tête de son groupe, à se frayer un chemin à quatre pattes dans les décombres fumantes. Cela devenait de plus en plus dur de respirer, la fumée devenait de plus en plus présente et opaque. Et puis d'un coup, ils entendirent quelque chose qui sonnait. C'était presque imperceptible au début mais à mesure que le groupe avançait, les pompiers entendaient ce signal.

« C'est... C'est le signal des détecteurs d'immobilité ? »

« Alors il faut faire vite, s'ils les ont activé et qu'ils ne bougent pas, c'est qu'ils sont inconscients. On se dépêche allez ! »

Le dernier du groupe, Silven, prit une balise et alluma le signal de détresse classique puis le signal d'urgence et repassa le signal en mode classique. Il savait que son collègue Vlad avait les yeux rivés sur son écran et il savait aussi ce que voulait dire ce signal. Puis il rejoignit Hernandez et le chef Boden. Ceux-ci continuaient leur chemin, s'approchant toujours plus du signal des détecteurs d'immobilité. Le tunnel devint moins étroit, mais par précaution, ils continuaient leur chemin à quatre pattes. La fumée les faisait à présent tousser.

« On met nos masques, et on fait vite. On a environ une demi-heure d'autonomie. On a donc moins d'une demi-heure pour les trouver ».

Hernandez et Silven acquiescèrent et suivirent le chef.

Quant à Paterson, Cruz et Debra, ils continuaient de percer la dalle de béton en face d'eux. S'ils réussissaient à la faire tomber et à la stabiliser, alors ils arriveraient au niveau du groupe et ils les sauveraient. La radio du capitaine crissa, et celui-ci l'alluma.

« Capitaine Paterson, ici Vlad. Le chef Boden n'est plus très loin du groupe. Il les entend mais le groupe n'est pas encore arrivé sur eux ».

« Comment vous pouvez en être si sûr ? »

« On a un code dans l'équipe d'extraction, quand on alterne sur une balise le signal classique et le signal d'urgence : une alternance veut dire que l'équipe entend quelqu'un, deux alternances veut dire 'besoin de renfort' ».

« Donc selon votre code, il n'y a eu qu'une alternance ? »

« Négatif. Il y a eu deux signaux classiques et un d'urgence. Cela veut dire que le groupe entend quelque chose ET qu'ils ont besoin de renfort. Les pompiers ont creusé un plus grand trou pour pouvoir descendre dans la poche. On vous envoie une équipe de six autre pompiers, des bonbonnes d'oxygène et du matériel supplémentaire pour déblayer ainsi que pour le sauvetage ».

« Compris ».

Pour le groupe de Boden, la situation devenait plus tendue. Ils entendaient les signaux de détresse mais ne savaient pas d'où cela venait. En face d'eux, ils y avaient un énorme trou où du béton continuaient de tomber petit à petit.

« Ils ne doivent pas être loin... DAWSON ! BORELLI ! »

Mais personne ne répondait, mise à part de signal qui les appelait.

« On essaie de repérer le groupe de Paterson creusant à travers la couche de béton. On saura que nous ne sommes pas loin d'eux ».

Le groupe de trois se sépara, empruntant différentes galeries tout en posant leurs mains sur les murs de béton pour trouver où Paterson creusait. Après plusieurs minutes sans presque aucun bruit, Silven se mit à crier.

« J'AI TROUVÉ ! »

Boden et Hernandez coururent vers lui, et s'arrêtèrent juste à côté.

« Le mur vibre. On ne doit pas être loin. Si on continue dans cette galerie, il se peut qu'on les trouve. Elle est assez large pour y passer accroupis ».

« Beau travail Silven. Allumez une balise pour que Vlad nous envoie des renforts ».

« C'est déjà fait chef. Nous avons un code dans l'équipe, pour pouvoir communiquer avec les balises si on ne peut pas le faire par radio », expliqua Silven.

Boden était impressionné par l'efficacité de l'équipe d'extraction. Il comprenait maintenant pourquoi on la considérait comme l'équipe d'extraction d'élite.

« Il y a un signal pour dire qu'on les entend et qu'on les a peut-être trouvé ? »

« Oui. Trois alternatives. Vlad comprendra ce que cela veut dire et préviendra le capitaine Paterson ».

« Alors donnez le signal ».

Il acquiesça, sortit une balise et alterna trois signaux classiques et trois signaux d'urgence. Il savait que Vlad allait forcément comprendre que cela voulait dire qu'ils étaient proches du groupe.


Dans la tente, la tension était à son comble. Personne n'osait parler, mais Will avait appelé Connor pour avoir des nouvelles des deux blessés déjà emmenés à Chicago Med.

« Casey est au bloc. Le chirurgien orthopédique est en train de réduire et réparer les fractures. Ferraris est aussi parti au bloc : la brûlure dans le dos est très profonde et commençait à s'infecter. Le chirurgien doit enlever les parties infectées et faire une greffe de peau pour soigner la brûlure. C'est tout ce qu'on m'a dit pour le moment ».

Vlad éclaircit sa voix, s'interposant entre le médecin et le chef de bataillon.

« Le groupe du chef Boden a repéré le groupe enseveli ».

Incapables de parler à cause du choc, ils restèrent là, sans bouger, sans rien faire.

« C'est euh... C'est une bonne nouvelle ! »

Le chef Kenny serra la main de Vlad et lui tapa à l'épaule pendant que Will prenait les dispositions pour que les ambulanciers puissent accueillir un blessé chacun. Tous se hâtèrent pour préparer les brancards les uns après les autres près du trou, préparèrent aussi leurs ambulances avec tout le matériel nécessaire, et Will appela les urgences de l'hôpital pour leur dire que les blessés allaient arriver d'ici une demi-heure, pas plus. Et les journalistes aussi s'affolèrent : ils voyaient toutes la scène et retransmettaient en direct.


Dans la salle d'attente, c'était la cohue. Antonio venait d'arriver après une enquête difficile et avait enfin lu le message que Cindy lui avait laissé, et il était venu tout de suite après accompagné de son équipe au complète. Il ne manquait plus que le père de Kelly, mais il était toujours sur la route et n'allait pas tarder à arriver lui aussi. Tous étaient les yeux rivés sur l'écran de télévision, prêts à avoir ne serait-ce que la moindre nouvelle. À la télé, la caméra montrait deux pompiers se serrer la main, l'un tapant tout de suite après son épaule et commencer à s'activer tandis que le médecin courait vers les ambulanciers et ceux-ci aussi se préparaient au plus vite.

« C'est incroyable ! » lança le journaliste. « Nous n'avions pas encore vu les pompiers aussi actifs depuis que nous sommes arrivés. Il a dû sûrement se passer quelque chose. Nous allons essayer d'en savoir plus tout en les laissant travailler ».

Les filles retenaient leur souffle : qu'est-ce qui avait bien pu se passer... Le maire, contre toute attente, s'avança vers les caméras, avec un visage fermé. Les journalistes ne parlèrent pas, légèrement effrayé de le faire à cause de leur dernière interview.

« Je ne vais pas obligatoirement parler à tous les habitants pour les tenir informés de la situation. Je vais parler majoritairement aux proches des pompiers ensevelis qui sont en train de vous écouter actuellement à l'hôpital de Chicago Med ».

Surpris, les proches se redressèrent, voire se levèrent, regardant cet écran comme s'il s'agissait d'une personne qui s'adressait directement à eux.

« Le groupe de sauvetage a repéré vos proches. Nous sommes en train actuellement d'envoyer une deuxième équipe dans les tunnels pour leur venir en renfort et les aider à les remonter. D'ici une demi-heure environ, ils seront envoyés auprès de vous ».

La salle d'attente sauta de joie : les pompiers allaient bientôt arriver, et c'était une bonne chose.

« Monsieur le maire, est-ce que les pompiers sont encore en vie ? »

Il y eut un silence, que ce soit auprès des journalistes avec le maire que dans la salle d'attente. Tous inquiets, pétrifiés par cette question. Leurs proches étaient-ils encore en vie ? C'était une question totalement pertinente.

« Malheureusement nous n'en savons pas plus. Il nous est impossible de communiquer avec le groupe de sauvetage à cause de l'épaisseur du béton, mais grâce aux balises de détresse de l'équipe d'extraction et à leurs codes, nous suivons leur évolution à la trace. Nous savons que le groupe est proche du groupe enseveli, qu'il les entende et que les pompiers ont besoin de renfort, mais nous n'en savons pas plus. Merci de bien vouloir respecter le travail des pompiers ».

Après cela, le maire retourna sous la tente pour rejoindre les deux pompiers et le médecin. Cindy était à la fois soulagée et inquiète, comme tout le monde dans la salle d'attente. Tous savaient que leurs proches avaient été repérés mais ne savait pas dans quel état ils étaient. D'un seul coup, la porte s'ouvrit, laissant apparaître un homme ayant la cinquantaine, courant et essoufflé, tournant la tête de droite à gauche. Il s'approcha de l'accueil, tapant presque du poing sur la table.

« Je veux savoir où est mon fils ! »

Maggie se retourna en sursautant, regardant cet homme, puis le groupe derrière lui. Cindy s'était levée et s'était approchée de cet homme.

« Je m'en occupe si vous le voulez bien ».

L'homme se tourna et fit face à Cindy. Surpris, il ne l'avait presque pas reconnu.

« Cindy ? C'est bien toi ? »

« Bonjour Benny. Venez vous asseoir, on va vous expliquer ».

Il la suivit et s'assit au milieu du groupe.

« J'ai été très approximative au téléphone car je ne connaissais pas tous les détails. Mais maintenant que j'en sais plus, je vais vous raconter ».

Pour l'une des toutes premières fois, Benny restait plus ou moins calme, mais avait tout de même les poings serrés.

« La caserne a été pris dans l'explosion d'une maison et quatre d'entre eux ont été ensevelis dans les gravats. Casey, Ferraris, mon mari et votre fils. Deux pompiers sont entrés dans les décombres pour aller les secourir de l'intérieur : Dawson, la sœur d'Antonio ici présent, et Borelli, le frère de Danny », dit-elle en pointant Danny. « Ils ont réussi à extraire Casey mais très vite après, le chemin s'est effondré et depuis on n'a plus de nouvelles d'eux ».

« QUOI ? Non, c'est impossible ils sont encore en vie ! Ils continuent les recherches au moins ! »

« Ne t'inquiète pas Benny. Tu les connais : jamais ils n'abandonneront l'un des leurs. Une équipe est descendue et ont retrouvé leur trace. Mais nous n'en savons pas plus. On suit l'évolution depuis notre arrivée à la télévision ».

Benny se calma tout doucement, inquiet pour son fils.

« Nous n'en savons pas plus, mais le maire a expliqué que d'ici une demi-heure, le groupe devrait être dehors et emmené ici, à Chicago Med ».

« Le maire ? Le maire est sur place ? »

« Oui, c'est lui qui assure la liaison entre les pompiers et les journalistes ».

Il acquiesça, desserrant très légèrement les poings.

« Donc, pour le moment, on... On ne sait pas s'ils sont encore en vie ? »

« Non, mais je garde espoir. Et je prie. Je prie que tout le monde soit encore en vie ».

Le regard baissé, Benny était presque au bord des larmes. C'était bien la première fois qu'il était proche de perdre son fils et cela le terrifiait, le faisait trembler de peur.

« Attention, revoilà monsieur le maire ! » s'écria Danny.

Tous se levèrent à nouveau, Benny aussi. Les yeux rivés sur l'écran, ils attendaient tous avec impatience ce qu'allait dire le maire.

« Le groupe de sauvetage a atteint le groupe de pompiers enseveli ».

Un énorme soupir de soulagement s'empara de l'ensemble des personnes de la salle d'attente et des médecins et infirmiers d'urgence qui s'étaient agglomérés près de la télévision.

« Il faut être cependant très prudent. On va envoyer les barquettes les unes après les autres pour éviter trop de poids dans les tunnels et risque d'autres éboulements. On va remonter les pompiers du plus blessé au moins touché. Nous savons qu'ils sont tous en vie, et nous avons rétabli les communications avec le groupe ».

La plupart des femmes en pleurs, Cindy les firent asseoir les unes après les autres pour éviter qu'elles ne tombent ou fassent un malaise.

« Je vais autoriser une caméra et un journaliste seulement, à venir près des pompiers pour prendre des images de l'extraction. À condition de ne pas les gêner ».

La caméra principale suivit alors le maire, qui passa sous la tente, puis s'avança vers le groupe de pompiers. Ceux-ci regardaient la caméra assez bizarrement.

« Pas d'inquiétude, ils vont rester en dehors de vos pieds ».

Les pompiers se remirent au travail, le maire se tournant et arrêtant le cadreur et le journaliste.

« Vous n'allez pas plus loin. C'est trop dangereux d'avancer plus loin. Pour vous comme pour les pompiers encore là-dessous ».

Ne pouvant plus avancer, le cadreur zooma sur le trou d'entrée où s'engouffra une barquette de sauvetage. La tension était partout à son comble, à son maximum.

« On vous envoie le premier pompier. Emmenez-le d'urgence à l'hôpital compris ? »

« Compris, la première ambulance se tient prête ».

Le médecin sur place fit avancer le premier brancard et les deux premiers ambulanciers pour qu'ils puissent partir le plus vite possible. Dans la salle d'attente, tous se tenaient la main, attendant de savoir qui allait sortir en premier.

« Tirez sur la corde », avaient-ils pu entendre.

Les pompiers tiraient dessus, remontant la barquette de sauvetage, et enfin, l'un des pompiers ensevelis était à l'air libre. Ils le mirent sur le brancard, Will l'auscultant rapidement.

« Mettez-le sous oxygène et prévenez les urgences. Dites leur de préparer un bloc en urgence ».

Les ambulanciers acquiescèrent et partirent en courant avec le brancard pour le mettre dans l'ambulance. Benny se sentait la fois soulagé et apeuré : son fils venait de sortir des décombres, inconscient et gravement blessé. Il était soulagé qu'il soit sorti, apeuré de savoir que c'était le premier donc, le pire des blessés. Cela soulageait aussi les autres femmes et Danny car cela voulait dire que leurs proches étaient moins touchés. Cindy serra la main de Benny, le réconfortant.

« Kelly va bientôt arriver, vous pourrez le voir quand il sera ici ».

Il se rendit compte que malgré toute cette inquiétude qui régnait, Cindy gardait le sourire, réconfortant tout le monde, tenant bon pour tout le monde. Il acquiesça, se concentrant à nouveau sur ce qu'il se passait à l télévision.

« On vous envoie le second pompier ».

Une fois encore, les pompiers tirèrent sur la corde, laissant apparaître Hermann, aussitôt ausculté par Will.

« Pareil que le premier pompier. Foncez ! »

Et les deux ambulancières prirent le route de leur ambulances pour amener Hermann à Chicago Med. Tous se tournèrent vers Cindy. Elle avait les larmes au coin des yeux : elle s'autorisait enfin à souffler et à s'effondrer. Enfin. Elle s'assit, soutenue par Benny. Tous comprenaient la réaction de Cindy : cela faisait plus d'une heure qu'elle continuait de sourire à tout le monde, à remonter le moral des troupes, alors il fallait bien qu'à un moment, elle craque. Et elle craquait au moment où son mari était sorti des décombres. Christie s'approcha, s'assit à côté d'elle et l'enlaça. C'était maintenant à eux de s'occuper de Cindy.

« Il va bientôt arriver aussi. Il est sorti des décombres, il est vivant, c'est ce qui compte le plus pour l'instant. Tout va bien maintenant ».

Christie avait raison après tout. Son mari était en vie, et allait bientôt arriver. Les yeux retournèrent sur l'écran, Antonio passant sa main sur sa bouche.

« Oh mon Dieu... Gabby ».

Les pompiers avaient maintenant remonté Gabby. Elle était inconsciente, comme Severide et Hermann, mais avant tout, elle avait du sang plein les jambes.

« Emmenez-la le plus vite possible et prévenez l'obstétrique. Elle est enceinte ! »

Et le brancard partit aussi vite qu'il était arrivé.

« Il ne manque plus qu'un pompier et l'équipe de secours aura fait son travail à merveilles », expliqua le journaliste qui avait autorisé à filmer la scène.

Danny était tout aussi inquiet que soulagé, lui aussi. Inquiet de ne pas voir son frère à l'écran, soulagé de savoir qu'en sortant le dernier, c'était le moins blessé d'entre eux. Mais après quelques minutes, le dernier brancard sortit, le soulageant davantage. Les pompiers sur le site étaient en train d'applaudir de toutes leurs forces en voyant remonter les uns après les autres les pompiers ayant réalisé le sauvetage. Ils étaient félicités, acclamés, enlacés. Leur travail étaient fini, il n'y avait plus qu'à déblayer et à comprendre ce qu'il s'était passé. Les quatre pompiers allaient bientôt arriver dans les urgences de Chicago Med. Tous les médecins et infirmières reprirent leur travail pour les accueillir. Et leurs proches aussi.