Merci à celles qui me laissent leur avis, à toutes les nouvelles qui rejoignent le clan de mes lectrices.

Voici une première réponse à quelques propositions et à certains spéculations. Je vois que vous avez bien suivi ma façon de relier les évènements entre eux et surtout, je ne pouvais vous faire languir plus longtemps sur ce que vous vous demandiez toutes.

Voici donc un chapitre qui remportera sans doute votre adhésion mais qui sera suivi d'un autre plus passionnant encore.

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Chapitre 6 : Consternation

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Le lendemain matin, toute l'équipe se retrouva dans la salle de restaurant de l'hôtel pour le petit déjeuner mais aussi pour discuter de leur prochain hébergement car un congrès prévu de longue date avait overbooké les réservations des hôtels de toute la ville. En dernier ressort, il leur serait sans doute possible de trouver quelques lits sur la base navale mais Gibbs ne souhaitait pas, pour l'instant, retenir cette solution. Leur liberté de mouvement et de paroles serait plus facile s'ils restaient près de la scène de crime et à portée de ravitaillement en café potable.

Lorsque la collation fut terminée pour lui, Gibbs donna le signal du départ emportant un gobelet de l'excellent café avec lui. L'ancien marine avait décidé qu'il lui faudrait avoir une entrevue avec le propriétaire de l'hôtel, il attendait donc de pouvoir fixer le rendez-vous avec le gérant de l'établissement, un certain Ben Richardson comme le mentionnait son badge, qui avait contacté son patron et lui avait indiqué que les agents du NCIS avaient quelques questions à lui poser.

Gibbs souhaitait le rencontrer à Dallas mais l'homme lui fit répondre qu'il ne se déplacerait pas de nouveau en ville avant plusieurs jours, si l'agent voulait le voir, à lui de se rendre à son domicile. Richardson fut gêné de rapporter la conversation qu'il avait eue avec son employeur, ce dernier ne laissait pas d'autre choix aux fédéraux que de se rendre au ranch de M. Paddington où ils seraient reçus pour l'entretien sollicité.

Gibbs ne paraissait pas vraiment enchanté de cette solution mais il fit contre mauvaise fortune bon cœur et accepta le rendez-vous proposé. Il s'enquit de leur lieu de destination et Richardson s'empressa de leur donner les indications nécessaires à leur périple. L'équipe au complet, Abby compris, reprit donc place dans les véhicules que les marines engagèrent dans la circulation fluide de cette fin de matinée.

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- Nous devons aller à Benbrook Lake, Sergent annonça Gibbs à son chauffeur.

- Bien, Agent Gibbs opina le marine. Ce ne sera pas très long. Où devez-vous vous rendre exactement ?

- Sur la propriété d'un certain Paddington, « Ultima Fortuna Ranch » le renseigna l'agent fédéral en donnant le nom que Richardson lui avait indiqué. Vous connaissez ?

- Qui ne connaît pas le « Ranch de la Dernière Chance » n'est pas du coin, Agent Gibbs sourit son interlocuteur. Même si le nom a été modifié, il reste que c'est le plus populaire des haras du coin. Eh, oui, je connais l'endroit.

- Dites-moi, Sergent, combien de temps jusqu'à notre destination ?

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Le Sergent sourit légèrement et pensa, à part lui, que l'agent fédéral ne devait pas être un homme patient, il lui avait déjà posé cette même question hier au sujet du trajet de la base à Dallas. Sans rien montrer, il répondit simplement à la demande de l'ancien marine.

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- Le trajet n'est pas long, une cinquantaine de miles donc nous en avons pour une bonne heure si nous pouvons sortir rapidement de la ville.

- L'homme semble être quelqu'un qui compte par ici nota l'agent senior.

- Eh bien, en fait, même si son installation dans notre canton est assez récente, un an approximativement, et qu'il est anglais, il a réussi le pari de remettre sur pied l'hôtel en peu de temps indiqua le sergent. Ce dont je lui suis reconnaissant en fait parce que ma fiancée, Mina, y travaille, elle a pu garder son emploi, a même reçu une augmentation et de meilleures conditions de travail.

- Vous semblez l'apprécier, Sergent. Comment est-il ? A quoi devons-nous nous attendre ?

- A vrai dire, je ne l'ai jamais personnellement rencontré, Monsieur concéda le marine. Je ne sais que ce que ma fiancée m'en dit.

- Et que vous dit votre fiancée au sujet de son patron ? sollicita l'ancien marine dans l'espoir de se faire une idée sur leur prochaine rencontre.

- C'est un homme juste, ouvert à la discussion, qui aime plaisanter mais s'est aussi être très sérieux indiqua le chauffeur. Il n'hésite jamais à prendre le temps d'écouter si c'est important, il connaît son affaire et sait de quoi il parle. Il sait désamorcer une situation ou un conflit en un rien de temps.

- Un homme d'affaires compétent, en somme résuma le leader de l'équipe du NCIS.

- Tout à fait d'après les propos de Mina approuva le marine.

- Un homme aussi bien doit certainement être marié, avoir des enfants, Sergent dit Abby. Personne ne l'a mentionné pourtant.

- Sans doute parce qu'il est célibataire répondit le Sergent. Pas faute cependant d'être poursuivi par pas mal de jeunes filles et de femmes en mal d'un mari, faut dire qu'il est bel homme, un charme qui ne laisse pas indifférent selon Mina. C'est un beau parti par ici, sa fortune en fait un mari potentiel très acceptable pour beaucoup de veuves ou de femmes intéressées.

- Vous écoutez les cancans, Sergent ? s'étonna Gibbs en entendant ses propos.

- Oh, non, pas du tout, Agent Gibbs s'écria aussitôt l'homme. Il a fait la une de certains journaux locaux et comme Mina travaille pour lui, j'avoue que j'ai cherché à savoir qui était son patron. Comprenez que son ancien employeur était un… sale type qui la harcelait, elle et presque toutes les femmes qui travaillaient pour lui. Je ne voulais pas qu'elle soit dans une situation identique avec le nouveau propriétaire.

- Donc, c'est un homme riche ! conclut Abby.

- Certainement bien que personne ne sache exactement à combien se monte sa fortune et ne connaisse toutes ses possessions souligna le Sergent. C'est un homme assez secret et discret à ce sujet, il ne parle pas volontiers de sa vie privée, vous ne connaissez de lui que ce qu'il veut bien vous dire selon certains journalistes qui ont tenté de passer outre l'image qu'il donnait.

- Ca me rappelle quelqu'un gloussa la gothique en tapotant légèrement l'épaule de son mentor.

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Gibbs ne saisit pas la perche tendue, il ne voulait pas s'égarer dans des spéculations hasardeuses et pour l'instant, il préférait se concentrer sur l'enquête en cours avant de se laisser à songer à ce qu'il avait perdu depuis bientôt un an. Trop de choses avaient découlé de son erreur et avaient coûté trop à trop de monde selon lui. Il n'avait pu faire l'impasse sur ça et tant qu'il ne pourrait s'excuser auprès de l'intéressé, il ne pensait pas pouvoir réussir à libérer son esprit.

Abby échangea un rapide regard navré avec Ducky qui était resté silencieux durant la conversation sans pour autant en perdre une miette. Son esprit vagabondait pourtant parfois vers d'autres pensées, vers quelqu'un en fait, un homme qui lui manquait. Il lui semblait que parfois, c'est comme s'il savait qu'il ne reverrait pas Tony. Le jeune homme ne l'avait pas contacté souvent depuis son départ et le petit message qu'il lui avait laissé. Ce fait indiquait à lui seul que l'italien était plutôt bouleversé et que seul un temps considérable pourrait l'aider à oublier sinon à pardonner.

La jeune femme savait que son mentor avait découvert que son ancien agent n'avait jamais trahi sa confiance et comprit qu'il s'en voulait toujours d'avoir douté de lui. Tony avait été le seul agent fédéral qui ait réussi à tenir tête à Gibbs, à le faire rire ou du moins sourire la plupart du temps, à apprendre vite et bien à ses côtés, à le supporter dans toutes ses humeurs, à surveiller et protéger ses arrières. Il avait peu à peu fait son chemin dans la vie de l'ancien marine qui se comportait en véritable bouledogue chaque fois que le jeune agent était blessé.

Elle n'avait jamais cherché à savoir quels étaient les sentiments de l'homme par rapport au jeune italien mais elle savait pour l'avoir observé qu'il tenait beaucoup à son agent senior. Et Tony n'avait jamais été aussi proche d'un autre homme que de Gibbs, elle connaissait très peu les rapports particuliers qu'il entretenait avec son père mais savait qu'ils étaient plutôt éloignés sans savoir à quel point. DiNozzo était définitivement muet dès qu'il s'agissait de son enfance, de sa vie privée tout autant que l'était Gibbs. Il pouvait se vanter de ses conquêtes mais n'abordait jamais de sujets trop personnels.

Elle fut rappelée au présent lorsque leur chauffeur indiqua qu'il approchait de leur destination. Le sergent vérifia que le second véhicule les suivait toujours avant de prendre la bretelle de sortie. Les deux voitures suivirent ensuite une route qui, durant quelques miles, longea une zone pratiquement déserte. Puis, les eaux miroitantes d'un lac apparurent et le sergent annonça que le ranch n'était plus très loin.

Gibbs soupira, il allait pouvoir se dégourdir et reprendre en main son enquête dès le pied posé sur le sol. La jeep fit son chemin en suivant les barrières délimitant des enclos où quelques chevaux galopaient librement. Gibbs apprécia la beauté des bêtes alors que s'élevait au loin la forme distincte d'une maison. Au fur et à mesure que la voiture se rapprochait, les visiteurs rencontrèrent quelques ouvriers qui les regardèrent curieusement.

Le sergent amena la voiture à quelques mètres d'une vaste demeure à un étage, magnifique maison surmontée d'un balcon parcourant, semblait-il, tout le périmètre de l'habitation. Une allée goudronnée menait jusqu'au porche, elle était agrémentée en son centre d'une jolie fontaine dont les statues principales étaient, comme il se devait, des chevaux. Etait-ce du marbre ou du tuc ? Gibbs n'aurait su le dire mais elle avait de l'allure.

Abby avait sifflé son étonnement à la vue de la demeure et Ducky avait lui aussi indiqué sa surprise en émettant un commentaire. Seul Gibbs ne dit rien mais il contempla l'habitation et opina mentalement comme pour approuver l'aspect de la bâtisse. Elle n'était pas ostentatoire, ni déplacée, elle convenait parfaitement au décor qui l'environnait. Il espérait que le propriétaire était aussi assorti à la maison.

Un cavalier venait à leur rencontre et une discussion rapide s'engagea entre lui et le chauffeur.

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- Vous vous êtes égarés ? s'enquit-il.

- Nous sommes bien au « Ultima Fortuna Ranch » ? demanda le sergent.

- En effet, vous y êtes. Puis-je connaître la raison de votre visite ?

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Gibbs prit alors le relais pour se présenter et indiquer l'objet de leur démarche.

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- Je suis l'Agent Gibbs du NCIS, nous venons voir M. Paddington au sujet du meurtre d'un marine à l'Hôtel des Glycines de Dallas.

- Vous avez rendez-vous avec lui ?

- Non mais il semblait disposer à nous recevoir si nous avions besoin de le rencontrer indiqua Gibbs.

- Bien, je vais vous conduire à lui mais vous allez devoir patienter sans doute un peu qu'il ait terminé sa tâche les avertit le rancher.

- Pas de problème, nous attendrons qu'il puisse nous accorder quelques minutes concéda l'ancien marine qui s'apprêtait à descendre du véhicule.

- Alors suivez-moi en voiture, nous allons à sa rencontre les pria le cow-boy.

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Le trajet jusqu'au lieu de rendez-vous ne prit que quelques minutes, le cavalier et les deux voitures parcoururent une courte distance avant de parvenir à proximité d'un vaste enclos. Plusieurs personnes étaient agglutinées sur les barrières, en silence, tandis qu'un homme se tenait au milieu du paddock avec un superbe cheval noir visiblement indompté qu'il tenait à la longe. L'inconnu leur tournait le dos et laissait le cheval s'ébrouer devant lui, tendant d'intimider son futur cavalier.

L'équipe du NCIS mit pied à terre et s'avança vers la clôture prête à assister en direct à un spectacle qui promettait d'être à la fois intéressant et certainement dangereux. Leur approche fit tourner quelques têtes, des sourcils se haussèrent mais personne ne songea à poser une question. Le cavalier les pria de rester aussi silencieux que possible avant de rejoindre le groupe de ranchers.

Des chuchotements et quelques brides de conversation émanèrent du groupe et l'équipe fédérale entendit nettement les hommes faire quelques paris sur la réussite du domptage. Du coin de l'œil, Gibbs vit Abby s'avancer vers le groupe et demander à participer au pari surprenant les cow-boys. Elle misa vingt dollars sur la capitulation du cheval sans hésitation. Elle reprit ensuite sa place auprès de son mentor tandis que celui-ci secouait la tête en souriant, Abby ne résistait que rarement à un pari.

Soudain, l'action commença lorsque le cow-boy passa la longe autour du cou du cheval qui renâcla un peu, recula et se cabra sur ses pattes arrières. L'homme tira sur la corde d'un coup sec obligeant l'animal à retomber sur ses pattes, raccourcit le licol et d'un bond, sauta à cru sur le dos du cheval, serra immédiatement les genoux autour du poitrail et agrippa d'une main la crinière. Surpris par le poids soudain du cavalier, l'alezan tenta de s'en débarrasser en sautant et se cabrant.

Le cavalier tenait bon laissant l'animal s'épuiser, il usait de toutes ses forces pour rester sur le dos du cheval. Les encouragements des cow-boys trouèrent soudain le silence qui régnait près de l'enclos, quelques plaisanteries fusèrent également qui déclenchèrent quelques rires.

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- Allez, boss, faites le plier lança un homme.

- C'est un vrai démon mais vous êtes plus têtu que lui, patron cria un autre.

- Faites-lui mordre la poussière hurla une Abby enthousiaste.

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Gibbs observa attentivement la séance de domptage et nota la dextérité du dresseur qui tantôt relâchait la pression sur la bête et tantôt resserrait son emprise. Il devait admettre que l'homme connaissait son affaire car, au bout d'une demi-heure, l'animal commença à montrer des signes évidents de fatigue avant finalement de s'ébrouer et de gratter le sol d'une patte comme pour signifier qu'il abandonnait et reconnaissait la victoire de son cavalier.

Ce dernier se pencha sur l'encolure du cheval et murmura quelque chose à l'animal qui dressa l'oreille comme pour l'écouter. Le cavalier mit pied à terre et se posta devant l'animal qui plia une patte avant puis l'autre et s'inclina en signe de soumission avant de se relever.

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- Ben, merde alors fusa soudain parmi les cow-boys, jamais vu un cheval faire ça.

- Oh, boss… félicitations lancèrent plusieurs voix.

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Puis des applaudissements crépitèrent tandis que le dompteur faisait faire le tour de l'enclos au cheval désormais maté. L'homme et l'animal faisaient leur approche vers eux lorsque soudain l'alezan se cabra tout en hennissant et en battant des pattes. Surpris, le dompteur réagit cependant promptement en s'écartant vivement pour éviter les coups de sabot et en sifflant pour calmer la bête. Des exclamations s'élevèrent parmi le groupe tandis que certains cow-boys sautaient dans l'enclos mais un ordre sec les arrêta.

A peine deux minutes plus tard, le cheval fut calmé et piaffa un peu avant de laisser son maître le maîtriser à nouveau totalement. Il hennit et quémanda même une caresse avant de donner un petit coup de tête à l'épaule de son cavalier. L'homme sortit quelque chose d'une poche qu'il offrit à l'animal qui le prit délicatement de la main tendue avant de hennir de plaisir tout en secouant la tête. Des rires s'élevèrent du groupe d'hommes massés devant l'équipe du NCIS et qui ne prêtaient même pas attention à elle.

Pourtant, les agents ne perdirent pas une miette du spectacle et des échanges qui s'ensuivirent, curieux de voir et apprendre le maximum avant de faire face à leur principal témoin, ou peut-être suspect, dans leur enquête.

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- Ben, merde, le boss a vraiment le don avec ces bêtes grimaça l'un des cow-boys.

- Ouais assura un autre. Il a encore réussi à faire plier un diable de cheval, pour sûr le plus difficile qu'on a jamais vu.

- Il est né avec un don, Cole approuva un troisième. Il sait comment obtenir le meilleur des bêtes comme des gens, peu de personnes peuvent prétendre parvenir à ce résultat, surtout sans se forcer ou même menacer.

- Pour sûr que le patron est plus un homme de cœur que de raison parfois affirma un autre homme. Faudrait d'ailleurs lui en toucher un mot.

- Si tu es prêt à le lui dire toi-même, Jack suggéra Cole. J'suis pas certain qu'il consentira à t'écouter déblatérer à ce sujet. Il est…

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Il ne put finir sa phrase car l'homme et le cheval avaient parcouru la courte distance qui les séparait encore du groupe tandis que le cavalier continuait de parler à l'animal à moitié tourné vers lui. Son visage était donc toujours invisible des agents dont certains commençaient à s'impatienter, pourtant l'ex marine qui n'aimait pas du tout perdre son temps ne disait rien. Sans doute quelque chose devait perturber Gibbs car il ne montrait actuellement aucune véritable impatience à devoir attendre pour interroger le propriétaire de l'hôtel.

Enfin, l'homme fut suffisamment proche pour que l'équipe puisse enfin découvrir celui qui était le but de leur visite dans ce lieu. Et lorsque le rancher se tourna vers ses hommes, et donc vers les agents fédéraux, la plus totale surprise et même la stupéfaction s'inscrivit sur presque tous les visages des visiteurs. Durant quelques minutes, aucun des fédéraux ne put émettre la moindre parole, ce fut même tout le contraire.

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- Eh bien, quel honneur ironisa l'homme, tout le gratin du NCIS à ma porte. On dirait que le temps et la distance a fini par me rattraper.

- DiNozzo !

- Tony !

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Les deux exclamations fusèrent simultanément de la part de Gibbs et Abby qui ne purent ajouter autre chose tant l'ébahissement les prenait encore. Puis soudain, une tornade gothique se détacha du groupe et vint presque percuter le rancher qui réussit à préserver son équilibre avant d'étreindre la jeune femme et de l'embrasser sur la joue.

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- Salut, Abs dit-il ensuite doucement. Heureux de te revoir.

- Oh ! fit-elle tout en le bombardant soudain de légers coups de poing dans le bras. Comment as-tu pu… ?

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Mais son interlocuteur lui posa doucement un doigt sur la bouche lui intimant ainsi explicitement l'ordre de ne pas poser de questions. Puis, Ducky se reprit suffisamment pour s'avancer à son tour et venir enlacer sans façon leur ancien collègue qui répondit de même à l'accueil de l'écossais. L'italien osa même déposer un baiser sur la joue du vieil homme avant de le fixer dans les yeux et de lui sourire.

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- Mon cher garçon commença le médecin, c'est bon de te revoir. Tu as l'air en pleine forme, un peu plus mince que dans mon souvenir, il me semble pointa t-il quand même en regardant attentivement l'ancien agent.

- Oh, quelques kilos en moins, Duck minimisa Tony. Je suis content de te voir aussi, tu as finalement fait le voyage même si ce n'était pas comme ça que tu envisageais de me revoir.

- Oui, eh bien parfois on prend les choses comme elles viennent, n'est-ce pas ! répondit doctement le légiste.

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Soudain, une gorge qui s'éclaircit attira leur attention vers le leader du NCIS qui regardait les trois compagnons avec curiosité. Les quelques paroles échangées entre Tony et Ducky laissaient entendre bien plus qu'elles ne disaient réellement et il aurait grand plaisir à creuser la question avec l'un ou l'autre à un moment donné ou un autre.

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- Agent Gibbs ! dit simplement Tony d'un ton neutre sans chaleur.

- DiNozzo, je ne m'attendais pas à te rencontrer ici remarqua l'agent.

- J'imagine, en effet nota l'italien sans s'offusquer.

- Paddington, c'est quoi ce nom ridicule ? intervint alors l'israélienne pour bien marquer sa présence.

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Tony lui lança un regard froid et méprisant avant finalement de répliquer.

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- C'est mon nom, Officier David cracha l'italien d'un ton brusque et plutôt froid. Si vos services étaient si performants, vous le sauriez à l'heure actuelle, Mlle la fouineuse. Je suppose qu'il s'agit de votre enquête en cours à l'hôtel qui vous amène jusqu'ici ? demanda t-il en se tournant vers Gibbs.

- En effet, nous aurions quelques questions à te poser confirma l'ancien marine.

- Dans ce cas, je vais vous accorder quelques minutes annonça Tony mais avant ça, j'ai une exigence.

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Il regarda fixement David, McGee et l'inconnu avant de revenir fixer Gibbs qui lui rendit son regard sans ciller.

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- Cole ! lança t-il soudain.

- Oui, patron répondit aussitôt le cow-boy.

- Escorte ces trois-là hors d'ici et veuille à ce qu'ils quittent la propriété ordonna l'italien en désignant d'un geste vague les agents en question.

- Sans problème, patron dit le cow-boy en s'avançant.

- Gibbs ! fit Ziva outrée d'être traitée comme quantité négligeable et indésirable.

- Faites ce qu'on vous dit, Officier David commanda Gibbs d'un ton ferme qui n'admettait pas de réplique.

- Attendez, vous n'allez pas laisser ce civil nous donner des ordres…

- Ce civil est chez lui, Officier David la coupa l'italien et je peux faire ce que je veux, je suis le maître ici. Vous n'avez aucun mandat d'arrêt que je sache et aucun droit sur ma propriété donc hors d'ici avant que j'appelle la police.

- Tu ne… s'étouffa l'israélienne qui ne savait comment exprimer sa fureur avant que Gibbs ne lui lance un regard cinglant la dissuadant de continuer.

- Vous regagnez notre point de chute avec McGee et Jameson et je ne veux pas entendre quoi que ce soit d'autre ordonna t-il. McGee, veuillez à ce qu'elle reste avec vous, continuez les recherches habituelles sur notre victime et son entourage. Je veux un rapport dès mon retour. Ah, demandez à Stewart de vous indiquer un bon hôtel pour toute l'équipe.

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McGee opina aux instructions de son patron avant de jeter un rapide regard vers son ancien collègue, il soupira de dépit avant de prendre le chemin du véhicule garé plus loin. Comprenant qu'elle n'obtiendrait pas d'aide de sa part et capitulant de mauvaise grâce, l'israélienne retourna vers la voiture, suivant silencieusement ses collègues tandis que le cow-boy les escortait à cheval vers la sortie. Elle était humiliée d'être traitée de la sorte et se jura de faire payer celui qui l'avait insultée ainsi en public.

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- Jack ! interpella ensuite DiNozzo, conduis Tornado à l'écurie, panse le et donne lui à manger.

- Hum, boss, je ne sais pas s'il me laissera faire, vous venez juste de le mater et il n'obéira qu'à vous nota l'homme un brin nerveux.

- Eh, c'est un agneau à présent ! objecta l'italien. Il a besoin de soins, de nourriture et de tranquillité, il ne causera aucun problème, n'est-ce pas, mon vieux dit Tony en caressant le flanc du cheval avant de tendre la longe à son employé.

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Puis Tony passa un bras autour de la taille d'Abby avant de faire de même pour Ducky et de les entraîner avec lui vers la maison. Il ne se préoccupa pas de jeter un œil pour voir si Gibbs suivait, il savait sans l'ombre d'un doute que l'homme leur avait emboîté le pas. Même sans invitation explicite, l'ancien marine n'aurait pas laissé passer une occasion de comprendre comment DiNozzo se retrouvait ici et de quelle façon il pouvait bien être impliqué dans son enquête.

Gibbs suivit le trio avant d'accélérer le pas pour n'être pas distancé. Il ne pouvait suivre la conversation qui s'était instaurée entre les trois compagnons et il n'aimait pas ça, rester dans le noir ne lui plaisait décidément pas du tout. Il avait une sainte horreur des secrets et ceux de DiNozzo semblaient des plus épais et il était bien décidé à les exhumer au grand jour, les exposer en pleine lumière afin d'y voir plus clair et de comprendre l'homme complexe qu'était son ancien bras droit.

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Qu'en avez-vous pensé ? Heureuses d'avoir des nouvelles de votre italien préféré ?

Dans ce cas, ne manquez pas le prochain chapitre qui est certainement l'un des plus attendus.

A bientôt.