Bonjour tous le monde! Voici donc ce chapitre 6 :)
J'ai cru comprendre que la plupart d'entre vous sont partis se pendre après avoir lu le 5ème chapitre.
Je m'excuse donc d'avance pour le suivant! ^^
Merci à ma béta, Brookey30, et également à toutes les personnes qui laissent des reviews, qui m'ajoute en favoris ou qui me suivent! Je ne serai rien sans vous. Vous êtes tous des amours 3
Bisous et bonne lecture!
Réponses aux guest reviews:
Amande: Je suis heureuse que les passages de scarification t'aient plut! C'était un vrai défi, donc merci :) Pour ce qui es de Brittany et de Santana, eh bien, je pense que Brittany restera telle qu'elle est! Cependant je vais creuser le personnage de Santana! Je suis contente que ma San' te plaise :) Et la fin eh bien... Eh bien je te laisse lire ce chapitre pour en apprendre plus sur l'avenir de notre Blaine! Merci encore pour ta review :)
Nemaja: Merci encore pour ta review! Elles sont toujours adorables :)
Chapitre 6
Lorsque Kurt tourna dans un petit quartier de la ville inconnu à Santana, elle réalisa qu'elle n'avait jamais su où Kurt habitait. En réalité, avant leur colocation à New-York, ils ne se parlaient pas vraiment ou seulement dans le cadre du Glee Club.
Il se gara et descendit sans adresser une seule parole aux deux filles. En fait, il n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient quittés McKinley.
La Latina fronça les sourcils. Ce n'était pas le genre de Kurt d'être renfermé. Il était plutôt semblable à Rachel sur ce point de vue-là, bien que son trait de caractère ne soit pas aussi poussé que chez la petite diva.
Même Brittany n'avait pas compris pourquoi, lorsqu'elle avait raconté comment Lord Tublington avait réussi à se battre contre deux chats de la mafia, Kurt n'avait pas réagi.
Santana se demandait si cette attitude n'était pas de leurs fautes. En effet, elles s'étaient invitées et la brune avait remarqué qu'il n'avait pas l'air enchanté. Mais tout de même, de là à ne plus leur parler... Ça serait exagéré.
En tous cas, elle ne dit rien de ce qui lui passait par la tête et prit la main de Brittany. Les deux fiancées se regardèrent avec une douce tendresse qui provoqua un frisson délicieux dans tout le corps de Santana.
Ne voulant pas se laisser distraire par la beauté qui lui tenait la main, elle détourna les yeux et croisa les prunelles vides de Kurt.
En avançant vers lui, toujours la main dans celle de Brittany, elle examina le visage de son ami. Il était plus pâle qu'à l'ordinaire, ses traits plus tirés et le vide dans ses yeux laissa place à une ombre. Une ombre d'appréhension, de peur presque...
Santana ne comprit pas. Qu'est-ce que Kurt pouvait bien redouter ? Ce n'était pas comme s'il cachait quelque chose dans sa maison...
C'est alors que Santana comprit. Lorsqu'elle monta l'ultime marche du perron.
Kurt ne voulait pas d'elles chez lui. Mais pas parce qu'il ne voulait pas les voir.
A cause de Blaine.
Santana n'avait pas oublié cet ex-taulard qui représentait la raison principale de sa venue à Lima. Chaque fois qu'elle voyait les cernes, la peau pale et les traits fatigués de son ami, le nom de Blaine dansait derrière ses paupières. Parce que tout ça était de sa faute.
Elle regarda une nouvelle fois le visage de Kurt et ressentit quelque chose qu'elle n'avait plus ressentit depuis longtemps. Cette envie de frapper, de descendre quelqu'un.
Toute sa jeunesse elle avait été une salope avec les gens, autant pour se protéger elle-même que pour protéger ses amis ou Brittany. Mais lorsqu'elle avait retrouvé l'amour de sa vie, cette part d'elle s'était enfouie. Parce qu'elle n'avait plus besoin de la protéger, parce que la blondinette était toujours à ses côtés. Et ce, à jamais.
Son dernier coup d'éclat devait remonter à la fois où elle avait chanté à la NYADA, quand elle avait découvert le petit job de Brody.
Mais après, tout avait roulé comme sur des roulettes. Brittany était venue la rejoindre, Rachel n'avait plus fait de malheureuse rencontre, elle avait trouvé ce travail de danseuse... Tout allait pour le mieux. La seule bête noire de ses quatre années à New-York était le départ de Kurt, juste un an après leur emménagement. Mais elle ne pouvait rien faire, elle ne pouvait pas tabasser quelqu'un pour faire revenir Burt et guérir ceux qui l'aimait.
Alors Snixx s'était endormie, elle s'était roulée en boule tout au fond de Santana et avait hiberné toutes ses années.
Mais Santana sentait que l'hibernation était fini, elle la sentait déployer ses ailes dans son corps, elle la sentait se glisser dans ses membres, dans son cerveau et reprendre le contrôle, elle sentait cette part de haine, de peur et d'insécurité avec laquelle elle avait vécu durant toute sa jeunesse. Snixx revenait, plus forte que jamais.
Rebonjour ma vieille.
Santana sourit tristement quand elle pénétra dans l'entrée. Ce simple petit couloir résumait à lui tout seul l'histoire Hummel-Hudson.
Des photos. Juste des petites images figées dans le temps qui semblent ne rien dire quand on appuie sur le bouton de l'appareil. Le petit flash qui aveugle un peu et qui capture l'instant unique. Un petit instant qui parait banal sur le moment.
Mais en regardant toutes les photos, Santana devinait que tous ces clichés valaient plus que tout ce qu'elle aurait pu imaginer.
Dans un coin, on voyait un grand homme en uniforme qui ressemblait énormément à Finn. Son père.
A côté, Carole beaucoup plus jeune, souriante, entourée d'un homme et d'un nouveau-né. Tous les trois étaient assis dans un fauteuil beaucoup trop étroit pour les accueillir tous les trois. La famille Hudson au complet. Carole, Finn, son père.
Sur le mur d'en face, une très belle jeune femme, les cheveux dans le vent dans un champs de blé qui souriait à se fissurer les zygomatiques. Ses yeux... Le même bleu que Kurt. En regardant bien, on retrouvait aussi le même nez et la même forme de menton. Sa mère.
À droite, un anniversaire. Kurt soufflait ses six bougies entouré de Burt et de sa mère. Les visages étaient transfigurés de bonheur, les yeux pétillaient, et même les années n'avaient pu altérer l'éclat de joie qui se dégageait de la photographie.
Un peu plus loin, un mariage. Celui d'une Carole plus vieille que les précédentes et d'un Burt plus âgé que lorsque son fils avait six ans. L'amour. C'était tout ce qu'il y avait à dire sur le cliché. L'amour.
Et puis tout au fond, Burt, seul. Le regard un peu fuyant, une clé à molette dans ses mains pleines de cambouis.
Le regard de Santana glissa sur une multitude d'autres photos. Finn avec Kurt. Finn et sa mère. Kurt et son père. Carole et Kurt. Burt et Finn. Tous les quatre ensembles.
Santana s'attarda sur la dernière photographie. Carole, Burt, Finn et Kurt. La famille Hummel-Hudson.
Au final, ils avaient souffert plus qu'on ne l'aurait cru de prime abord. Les cadavres s'entassaient, les uns après les autres.
La jeune femme ignorait complètement comment ils avaient tous pu survivre à la mort. Chacun d'entre eux avait perdu un être cher. Kurt, sa mère et son père. Carole, ses deux maris. Finn son père et son beau-père... Santana les admirait tous d'une certaine façon. Parce qu'ils avaient eu le courage de surmonter tout ça et d'avancer, de continuer à vivre même avec les fantômes qu'ils devaient traîner.
Santana n'en aurait surement pas été capable.
Elle sera un peu plus fort les doigts de sa petite amie, comme si, par cette simple pression, elle empêchait la faucheuse de s'approcher d'elle. Comme si en lui tenant la main, elle la garderait auprès d'elle pour toujours.
"Bon, vous venez ?"
La voix de Kurt tira Santana de ses pensées plutôt sombres et porta son regard sur le garçon. C'était la première fois depuis qu'ils avaient quitté McKinley que Kurt disait quelque chose.
Santana traina Brittany par la main et suivi Kurt dans son salon. Elle s'assit et regarda autour d'elle. Étrangement, toutes les photos avaient été bannies de ces murs. Le temps qu'elle réalise que Kurt était parti, Brittany avait déjà commencé à monologuer sans que la Latina s'en soit aperçut.
"Je trouve que Kurt est bizarre, chuchota finalement Brittany à la brune."
Cette dernière ne releva pas. Kurt était parti, c'était maintenant ou jamais.
Elle délassa ses doigts de ceux de sa petite amie qui fit la moue. Santana lui adressa son sourire le plus réconfortant, pour que Brittany ne soupçonne rien.
"Toilettes, expliqua-t-elle."
Enfin... Ce n'était pas vraiment une explication. Plutôt un mensonge.
Encore un, Santana. Ton karma te rattrapera un jour.
En tous cas, elle se leva et s'éloigna à petits pas pour éviter tout bruit. Elle ne savait pas où Kurt était et elle ne voulait pas avoir à justifier sa petite fouille de la maison.
Elle passa devant la porte de ce qu'elle devina être la cuisine et entendit des bruits de casseroles et de verres qui s'entrechoquaient.
Au moins, tu ne risques pas de le croiser par surprise.
Elle s'éloigna de la porte encore plus précautionneusement et tomba devant un escalier de bois qui menait à l'étage.
Santana n'avait aucune idée de la géographie des lieux. Elle savait que Blaine dormait dans la même chambre que Kurt mais elle ne savait pas du tout où cette foutue chambre pouvait se trouver...
Surement à l'étage. Toutes les chambres sont toujours à l'étage.
Elle posa son pied sur la première marche et grimaça quand le bois craqua. Elle s'immobilisa et tendit l'oreille. Les bruits venant de la cuisine ne s'étaient pas arrêtés et elle entendait Brittany se parler toute seule. Aucune alerte pour le moment, donc.
Elle prit une grande inspiration avant de poser son deuxième pied à côté du premier. Cette fois-ci, le bois ne fit aucun bruit et Santana entama l'ascension de chacune des marches.
Heureusement, elle était forte pour ces jeux-là. Elle fut en haut en quelques secondes.
Elle se retrouva dans un nouveau couloir, sans vraiment savoir où aller. Prendre à droite, à gauche. Le temps était compté, Santana n'avait pas le droit à l'erreur. Kurt pouvait se rendre compte de son absence à tous moment.
Une affiche sur une porte blanche attira son attention. Une affiche pleine de couleur. La comédie musicale "Funny Girl". Plus de doutes possibles.
Elle s'approcha et posa sa main sur la poignée de la porte, en tendant l'oreille. Elle n'entendait plus rien. Pas de bruit venant du bas, pas de bruit venant de l'intérieur de la chambre. Elle colla tout de même son oreille contre le bois. Si elle n'avait pas su que Blaine y dormait, elle l'aurait cru vide.
Elle enclencha la poignée et poussa la porte qui fit un petit grincement sinistre. Mais elle n'y fit pas attention.
La pièce était vide, un peu en bazar, ce qui ne ressemblait pas à Kurt. Le lit était défait mais il n'y avait personne à l'intérieur.
Santana referma la porte derrière elle et examina chaque recoin en un regard.
Rien. Il n'y avait rien. Pas de Blaine.
Elle fronça les sourcils. Kurt lui avait bien dit qu'il avait accueilli le garçon dans sa chambre, il ne pouvait se trouver qu'ici.
Les prunelles brunes de la Latina accrochèrent un pantalon de jogging noir qui de toute évidence ne pouvait pas appartenir à Kurt. Il était complètement délavé et troué. Jamais son ami ne pourrait porter quelque chose comme ça. Santana était même sure qu'il préférerait ne rien porter du tout.
Elle avança dans la pièce et tendit l'oreille. Le silence régnait.
Se concentrant, elle essaya d'aiguiser son ouïe, comme lorsqu'elle était petite et qu'elle avait peur des monstres dans le noir.
Ploc, ploc, ploc.
Des gouttes d'eau. Cet endroit n'était pas aussi vide qu'il y paraissait.
Ses yeux se posèrent sur la porte à côté du bureau. Elle ne savait pas ce qu'il pouvait y avoir derrière. Une salle de bain, un placard... Elle se rapprocha et se concentra sur les gouttes régulières. Arrivée devant, elle sut qu'elle avait raison : le bruit venait de l'intérieur.
Elle agrippa la poignée et ouvrit très doucement. A chaque millimètre de plus, Santana sentait son cœur battre.
En fait, elle avait peur. Pas vraiment de Blaine, Kurt lui avait dit que le garçon n'était plus qu'un déchet humain. Non. C'était plus l'ambiance du lieu qui l'angoissait. Le silence troué seulement par ces oppressantes gouttes.
Elle prit une grande inspiration et poussa la porte d'un seul coup.
Tout ce qu'elle put faire, c'est de mettre la main devant sa bouche pour étouffer un cri quand elle aperçut ce qui se cachait réellement derrière la petite porte blanche de la chambre de Kurt..
Brittany était toujours en bas et jouait avec ses doigts. Elle s'ennuyait. Santana était partie aux toilettes, Kurt les avait laissé et elle ne savait pas quoi faire... Sa seule occupation était donc de se tourner les pouces.
Elle sifflotait quand Kurt entra dans la pièce, poussant la porte d'un coup de rein puisque ses mains étaient encombrées d'un plateau contenant trois grands verres.
"Je vous ai fait un petit cocktail maison que Carole m'a appris, déclara-t-il en posant la plateau sur la table."
Brittany regarda les trois verres remplis de liquide rose. Elle n'y connaissait vraiment rien en cocktail mais ceux-là ne l'attirait pas, mais alors là, pas du tout !
"Où est San ? demanda Kurt quand il remarqua l'absence de la brune."
"Partie aux toilettes, répondit simplement Brittany en fixant toujours les boissons avec un air suspicieux."
"Depuis combien de temps ? fit le garçon"
"Depuis qu'on est arrivé.. Enfin, depuis que je suis assise en tous cas."
Le cœur de Kurt lui tomba dans l'estomac.
Mais quel imbécile ! Mais à quoi pensait-il ? Il la connaissait pourtant ! Il aurait dû se douter que le fait que Santana ne l'inonde pas de question à propos de Blaine n'était pas normal ! Mais où avait-il la tête ? S'il s'était moins inquiété du fait que Blaine et les deux femmes puissent se retrouver dans la même pièce, peut-être qu'il se serait rendu compte du manège de Santana.
Espèce d'imbécile, tu la connais pourtant !
Bien sûr que Santana n'était pas aux toilettes. Elle était partie chercher Blaine.
Il tourna rapidement les talons et partit en courant sous les yeux effarés de Brittany qui se demanda si, au final, les cocktails n'étaient pas explosifs.
Kurt monta les marches de l'escalier quatre à quatre et se précipita dans sa chambre. Il remarqua la porte de la salle de bain ouverte et s'y engouffra.
Avant de glisser dans une flaque rouge.
Et de lâcher le hurlement le plus affreux de tous ceux qu'il avait déjà eu l'occasion de pousser.
Brittany était en train de vider les verres dans un pot de fleur quand elle entendit le cri de Kurt, qui la fit lâcher un verre par terre. Les éclats se dispersèrent dans toute la pièce et elle se félicita d'avoir mis des chaussures. Elle qui avait failli venir pieds nus...
Elle posa les deux verres intacts sur la table.
Son petit cœur battait à tout rompre. Elle n'était pas habituée à avoir peur, normalement il y avait toujours Santana pour la protéger et la prendre dans ses bras pour lui souffler dans l'oreille que tout irait bien. Mais la brune n'était pas là et Brittany se retrouvait toute seule, dans cette grande maison dont elle ne se souvenait plus grand chose.
La curiosité l'emporta sur sa peur et elle suivit le chemin que Kurt avait déjà emprunté.
Au pied de l'escalier, elle regarda l'étage. Elle ignorait si Kurt y était monté, mais les bruits qu'elle entendait, principalement des paroles précipitées qu'elle ne pouvait pas comprendre, la fit gravir chaque marche.
Plus elle montait, plus les voix devenaient claires. Elle reconnaissait clairement celle de Santana et celle de Kurt, mais les deux jeunes gens parlaient trop vite pour qu'elle comprenne quoi que ce soit.
Elle se dirigea vers la porte ouverte et passa son visage à l'intérieur. Elle se souvenait de cette pièce, elle y était déjà venue auparavant.
Elle rentra et poussa la porte de la salle bain. Le spectacle qui s'offrit à elle lui rappela vaguement un film d'horreur qu'elle avait regardé il n'y avait pas si longtemps.
D'abord, elle vit le rouge. Du rouge, partout. Partout, partout, partout. Et dans ce rouge, deux corps. D'abord celui de Kurt, trempé de sang, qui était penché sur un autre qu'elle ne connaissait pas. D'ailleurs, elle se demanda si ce n'était pas un mannequin de plastique, il était trop pâle pour être un vrai être humain. En voyant les poignets lacérés, elle comprit que la flaque de sang venait de là et que Kurt avait dû l'étaler en tombant dedans, éclaboussant les murs. Mais un mannequin ne saignait pas, si ?
Elle regardait avec attention ce qui se passait sous ses yeux quand elle sentir deux bras enlacer sa taille.
"Ne reste pas ici, Britt."
Elle se dégagea de l'étreinte de Santana pour se retourner vers elle. La jeune femme avait du sang sur sa joue mais la blondinette ne trouva pas de trace de coupure. Elle en conclue que ce n'était pas le sien.
"Je ne veux pas que tu aies peur, d'accord ? Murmura Santana"
"Mais je n'ai pas peur !"
Et c'était vrai. Brittany ne ressentait aucune peur.
Ce spectacle n'était même pas réel pour elle. Elle n'avait jamais vu le garçon de plastique allongé dans le sang, Kurt semblait aller bien, Santana aussi. Et puis, ce n'était pas la première fois qu'elle voyait quelque chose comme ça. On en voyait souvent à la télé.
La blonde se retourna pour regarder Kurt. Il murmurait toujours la même chose, le même prénom. Il avait pris une serviette de bain et la pressait contre les blessures du corps.
"Ne meurs pas, Blaine. Ne meurt pas. Pas toi. Pas encore."
Brittany aurait bien aimé faire quelque chose pour son ami mais sa petite-amie la prit par le bras et l'emmena dans le couloir, pour l'éloigner de tout ce sang, toute cette horreur.
"Ne t'inquiète pas, j'ai déjà appelé les secours."
Non. Non pas encore. Pas encore.
Kurt appuyait comme un forcené contre les plaies de Blaine, gardant un doigt sur sa nuque, cherchant inlassablement un pouls qu'il n'arrivait pas à trouver. Ses doigts s'activaient, tâtant chaque parcelle de peau avec désespoir. Un pouls. Il devait y avoir un pouls.
Non, Blaine ne pouvait pas mourir. Il n'avait pas le droit.
En dix-neuf ans, Kurt avait rencontré la mort plus d'une fois. Elle hantait sa vie, planait toujours et toujours autour de lui. Les fantômes de ses parents le suivaient nuit et jour, lui rappelant l'importance de la vie et sa chance de pouvoir respirer.
Il avait appris à vivre avec, à profiter de l'instant présent et à surmonter sa douleur. Mais il ne survivrait pas à un troisième décès.
Même s'il ne connaissait pas beaucoup Blaine, Kurt s'était pris d'affection pour lui. Il voulait l'aider à surmonter le décès de Sébastian. Peut-être parce que lui-même était déjà passé par là.
Je t'en prie Blaine, ne meure pas.
Mais l'ombre de la mort planait, tournoyant autour de cette flaque de sang tel un vautour prêt à fondre sur sa proie.
Les larmes dégringolaient de ses yeux, trempant ses joues, son T-shirt pour finalement se mélanger au sang de Blaine.
Blaine, vis. S'il te plait...
Et il y avait ce pouls que Kurt ne trouvait pas. Pourtant il tâtait sa nuque sans relâche, cherchant un quelconque soubresaut sous sa peau.
En vain.
Le poids sur ses épaules lui rappelait inlassablement la présence invisible du charognard qui attendait de fondre sur Blaine.
Dehors, il entendit la sirène de l'ambulance que Santana avait appelé.
Le vautour. Le vautour qui tournait encore et toujours. Juste au-dessus d'eux.
Je t'en prie, Blaine.
Il fixa le visage blême du bouclé à travers ses larmes. Blême comme la mort
Il souleva la serviette poisseuse de sang pour regarder les entailles. Trois entailles qui ne saignaient presque plus.
Mais était-ce trop tard ?
À la vue des plaies boursouflées, les larmes de Kurt redoublèrent.
Mais pourquoi as-tu fais ça ?
Kurt s'effondra sur le torse trempé. Comme pour empêcher le vautour de s'approcher...
Nuage. Plénitude. Déconnexion.
Un doux vent qui le portait, qui l'emmenait loin, loin, loin. Loin de tout ce monde pourri qui s'évertuait à l'anéantir petit à petit. Loin de toute cette peine, cette douleur, ce manque, cet amour. Loin de tout ce qui faisait mal. Plus de souffrance. Physique, morale. Peu importe. Il n'y avait plus de souffrance dans sa tête, dans son corps.
Mais avait-il seulement encore un corps ?
Il se sentait flotter, sans rien voir autour de lui. Il n'essaya pas de sentir ses doigts ou ses jambes : il savait qu'il n'en avait plus.
Il n'était plus dans la même dimension.
C'était donc ça ? La mort ? Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Tout devenait tellement simple. Plus de sentiments, plus de corps, plus de cerveau. Il n'y avait plus à réfléchir, plus à penser, juste à se laisser emporter par ce doux vent.
Autour de lui, des couleurs. Un mélange de couleurs qui se mélangeaient entre elles, qui semblaient danser au rythme de ses battements de cœur éteints. Du rouge, du jaune, du bleu. Et d'autres pigments qu'il n'avait encore jamais vus. La lumière, pourtant intensive, ne l'aveuglait pas. Elle se contentait de rentrer dans la danse des couleurs et créait de nouveaux mélanges encore plus déroutants et splendides.
Bip.
Le vent se transforma en spirale, en un ouragan féroce qui éloignait les couleurs et la lumière. Il se sentit aspirer vers l'arrière, sans pouvoir rien faire puisqu'il n'était plus rien. Il ne pouvait pas lutter puisqu'il n'était plus qu'une âme sans corps.
Les couleurs et la lumière s'éloignaient, toujours et encore, comme avalées par l'ouragan qui balayait tout sur son passage.
Bip.
Toute trace des magnifiques pigments disparut et il se retrouva dans un noir absolu, sans fin. Lui avait-on refusé l'accès au paradis ?
Bip.
Mais qu'était-ce ces bips incessants ? Un moyen de mesurer le temps en enfer ? Pour qu'il puisse comprendre qu'il en avait pour longtemps, coincé dans ce trou noir ? Pour le faire souffrir ? N'avait-il pas souffert assez de son vivant ?
Bip.
Quelque chose le secoua. Pas un vent, plutôt une décharge électrique qui le fit s'élever encore plus, s'éloignant de la masse d'air sombre impénétrable. Il s'élevait, encore et toujours. S'il avait été sur Terre, il aurait déjà atteint les étoiles.
Qui sait, peut-être qu'il montait finalement au paradis.
"Blaine..."
Il écouta. Avait-il rêvé, ou quelqu'un venait-il de murmurer son prénom ?
Il tendit l'oreille mais se heurta à l'implacable silence qui régnait dans ce nouvel univers. Il s'était trompé, il était seul. Et le resterait certainement.
Sa soudaine ascension s'était arrêtée aussi brutalement qu'elle avait commencé. Mais c'était toujours ce même noir qui l'entourait. Au final, il ne rejoindrait surement jamais les étoiles.
Une autre bourrasque souffla, portant avec elle des effluves de vanille et de cannelle.
De vanille et de cannelle.
Quelque chose se débloqua en lui. L'essence s'empara de son âme et remplit chaque parcelle de son être. Il n'était même plus lui, juste un petit bout d'âme rempli de vanille et de cannelle. Mais bon dieu, qu'est-ce qu'il se sentait bien comme ça. Il s'enroulait autour d'elle, autour de l'odeur persistante. Il se faisait un petit bout de paradis dans son enfer. Il reconnaissait l'odeur, elle la faisait avancée, elle l'empêchait de sombrer.
"Blaine..."
L'odeur s'intensifia et son cœur fit un bon.
Attendez... Son cœur ?
Bip.
Il reprit son ascension, encore plus haut, toujours plus haut. Il avait presque peur de ce qu'il pourrait trouver tout en haut de ce noir. La lumière peut-être ?
Bip.
Sans qu'il comprenne comment, son âme sembla traverser une épaisse couche de neige. Son esprit se glaça et il se figea pendant toute la traversée. Des milliers de picotements le traversèrent de part en part, le nombre intensifiant la douleur.
Mais pourtant, il n'était pas censé avoir mal.
Il sortit de cette couche de neige et le noir autour de lui changea. Il n'était plus profond. C'était seulement du noir, comme s'il avait seulement fermé les paupières.
Bip bip bip.
Les bruits autour de lui étaient de plus en plus distincts.
Il entendait le bruit régulier d'une machine, ce bip bip qui l'avait tiré de son univers de couleurs. Et puis, son oreille capta des respirations. Deux en tout.
"Blaine. Blaine, ouvre les yeux."
Il reconnaissait cette voix, bien qu'il fût incapable de poser un nom dessus.
Ses yeux ? Il avait des yeux ?
Il se concentra comme il l'avait déjà fait auparavant, pour reconnaître tous les endroits de son corps.
Il se sentit plonger dans ses bras, dans ses jambes et dans son tronc. Il avait tout récupéré. Il sentait mêmes les paupières fermées sur ses pupilles.
Son âme investie ses mains et une féroce douleur se fit ressentir du côté gauche.
Bi-Bip.
"Je vais rajouter une dose de morphine, dit une voix qu'il ne connaissait pas."
La deuxième respiration renifla sans rien répondre.
Il entendit un petit cliquetis puis un liquide chaud coula dans ses veines. Il tenta de lutter contre cette intrusion, jusqu'à ce que le liquide trouva son bras et fit disparaître petit à petit la douleur.
"Quand va-t-il se réveiller ? demanda la voix connue."
"Honnêtement, je ne sais pas. Tout son corps est prêt à fonctionner, son cerveau est éveillé, il n'est même pas réellement dans le coma. Il devrait se réveiller."
"Pourquoi ne le fait-il pas ?"
"Parce qu'il n'est pas encore prêt je suppose."
Bip bip bip.
Kurt s'était assoupi au son de ce bip régulier qui apaisait toutes ses inquiétudes.
Parce que ce simple petit son, c'était le cœur de Blaine qui battait. C'était son pouls qui fonctionnait. C'était son cœur qui pompait le sang. C'était la vie qui coulait dans ses veines.
Le dossier du siège lui faisait mal. Il sentait son dos qui se plaignait de la torture qu'il subissait, le tirant du sommeil. Les fauteuils de l'hôpital ne seraient surement jamais confortables.
Il ouvrit les yeux, priant pour que ceux de Blaine fassent la même chose.
Malheureusement, quand ses prunelles encore endormies se posèrent sur le bouclé, elles constatèrent que le garçon dormait toujours.
Les médecins disaient qu'il n'était pas dans le coma, qu'il avait seulement perdu beaucoup de sang et que son corps avait besoin de repos. Ils lui avaient même dit qu'il était prêt à se réveiller, que toute la machinerie humaine fonctionnait et que c'était maintenant à Blaine de prendre la décision.
En clair, il n'y avait rien à faire à par attendre.
Mais Kurt avait du mal à leur faire confiance. Il était déjà passé par là, par ces sourires réconfortant qui disaient que tout allait pour le mieux, qu'il fallait seulement attendre. Seulement, à chaque fois, la personne était morte.
Blaine se sentait enfermé à l'intérieur de lui-même, son corps faisant de lui son prisonnier. Pourtant, tous ses sens étaient en éveil. Ouïe, odorat, touché. Ne lui manquait que la vue qu'il pourrait recouvrir dès que son esprit aura investi tous ses muscles. Malheureusement, il était bloqué, enclavé, museler. Il ressentait toutes les parties de son corps, même la fine couche de peau qui recouvrait ses paupières. Sans pouvoir les actionner.
Ses yeux bleus fixaient l'écran du moniteur avec lassitude. Blaine aurait déjà dû se réveiller, même les médecins ne comprenaient pas.
Il avait entendu deux chirurgiens parler dans le couloir. La conversation le hantait.
"Tu as bien tous vérifié ?"
"Oui, oui. Je ne comprends pas pourquoi il n'est pas revenu à lui."
"Des scans ?"
"J'en ai fait faire dans la matinée puisque j'ai vu qu'il ne se réveillait pas."
"Alors ?"
"Parfaits. Activité cérébrale normale, pas de caillots de sang qui pourrait faire blocage sur des nerfs. Je ne comprends vraiment pas..."
"Il a fait un arrêt tout de même, comme il n'y avait plus beaucoup de sang dans l'organisme. Tu crois qu'il y aurait pu avoir des dégâts sur le cerveau ? "
"Non. Pas assez long comme arrêt. Et les scans nous l'aurait dit."
"Ça m'inquiète ce n'est pas normal."
"IRM ?"
"IRM, écho, scintigraphie…On peut toujours essayer…"
Ce n'est pas normal.
L'hôpital n'avait jamais été clément pour Kurt. Et de toute façon comme on dit, jamais deux sans trois.
Son cœur battait dans sa poitrine, il sentait son rythme cardiaque autant qu'il l'entendait grâce à la machine qui lui agaçait les tympans.
Un petit pois. Blaine avait l'impression d'être reléguer a l'état de petit pois enfermé dans une boite de conserve.
Est ce qu'il était mort ?
Bip bip
Non, définitivement il n'était pas mort. Son cœur battait, son esprit pensait. Mort physique, mort cérébrale. Aucune de ces expressions s'appliquaient à lui. Il vivait et ça, il en était certain.
C'est un autre combat, Blaine. Un autre. Et tu le gagneras. Encore.
Alors il s'agita. Un petit pois sauteur dans sa boite de conserve.
Il commença le combat le plus féroce de toute sa misérable vie. Un combat contre lui-même.
Carole l'avait forcé à quitter l'hôpital. Soit disant que son visage se décomposait d'heure en heure au chevet de Blaine et que l'air frais lui ferait du bien.
Mais l'argument qui l'avait convaincu avait été le Glee Club. Il ne pouvait pas les abandonner encore une fois.
Les visages déçus que les gamins avaient levés vers lui quand il leur avait annoncé qu'ils allaient devoir abandonner la chanson originale lui avaient pincé le cœur. Tous comptaient énormément sur cette chanson que Kurt leur avait promise. Mais ce n'était plus possible.
Il n'en avait plus le temps.
Il n'en avait plus l'envie.
Comment écrire une chanson sur un retour en force alors que Blaine s'enfonçait ?
Le bouclé était bien incapable de dire depuis combien de temps il était là, depuis combien de temps il se battait contre son propre corps pour récupérer ses muscles. Si seulement il pouvait au moins ouvrir les yeux...
Il se demanda si, au final, il n'était pas paralysé. Ça serait du déjà-vu dans le milieu médical.
Il préférait mourir pour de bon plutôt que de rester dans cet état. Il ne valait pas grand-chose mais il pensait quand même mérité mieux.
Il se concentra sur les odeurs, cherchant avidement la vanille-cannelle qui lui était devenu indispensable. Un ancrage pour ne pas tomber dans la folie.
Mais il ne la trouvait pas. Il sentait seulement toutes ces odeurs de médicaments.
Aucune trace de vanille.
Aucune trace de la cannelle.
Aucune trace de Sebastian.
Logique. C'est toi qui l'as tué.
Bip b-biiip-bip'
Après tout, il ne méritait peut-être que ça. De mourir.
"Carole ?"
Kurt sortait de McKinley, les cours étaient finis et il avait passé les deux heures les plus inutiles de sa vie. Les élèves, souhaitant quand même une chanson originale avaient voulu en composer une eux-mêmes. Un désastre. Leurs paroles n'avaient ni queue ni tête, et Kurt n'était pas d'humeur à les aider. Tout le cours, il était resté assis dans le fond de la salle à penser à Blaine, qui n'était toujours pas réveiller. Il le savait parce que sa belle-mère lui avait promis de l'appeler dès que le brun aurait ouvert les yeux.
C'est pourquoi il avait décroché avec empressement en voyant le nom de Carole s'afficher sur son écran.
"Salut Kurt."
Le garçon fronça les sourcils. Il connaissait Carole depuis quelques années maintenant et il savait quand quelque chose n'allait pas. Il connaissait le ton qu'elle employait.
"Qu'est-ce qui se passe ?"
"Je pense que tu devrais venir à l'hôpital voir Blaine."
"Il s'est réveillé ?"
"Non. Mais viens. S'il te plait."
Sans plus de cérémonie, elle raccrocha, laissant Kurt complètement interdit en face de son téléphone.
Le cœur battant à tout rompre, il fourra l'appareil dans sa poche et fonça à sa voiture. Il claqua la porte et mis les deux mains sur le volant.
Et resta là, incapable de bouger, fixant la voiture verte garée en face de la sienne sans vraiment la voir.
En fait, sa vision ne lui montrait même pas des images du présent. Plutôt celles du passé. Celles de quand il avait appris pour la mort de son père. Il se souvenait que la voix de Carole avait les mêmes intonations.
Il tourna la clé et le ronronnement du moteur le ramena dans le présent. Peut-être s'emballait-il. Peut-être que Blaine allait tout à fait bien.
Pendant tout le chemin, les méninges de Kurt n'avaient pas arrêtés de tourner. Alors il avait chanté. Come What May. Cette chanson lui faisait toujours mal, mais elle le calmait aussi d'une manière tout à fait ahurissante.
Il gara la voiture sur le parking de l'hôpital. Dehors, il regarda ce grand édifice, imposant, magnifique d'une certaine façon, de par sa majesté. Certain voyant en ce grand monstre de béton un espoir. Celui de la dernière chance. Kurt n'y voyait que le reflet de la mort, le purgatoire des âmes avant le paradis ou l'enfer.
Il secoua la tête pour chasser ses pensées noires. Ce n'est pas parce que son père et sa mère y étaient morts que tout le monde succombaient entre ses murs. Les hôpitaux soignaient les gens, pas le contraire.
Courage Kurt.
A l'entrée de la chambre de Blaine, il trouva Carole, en grande discussion avec les deux médecins dont Kurt avait déjà surpris la conversation. Ils semblaient parler énergiquement. Une main sur l'épaule de Carole indiqua à Kurt que les nouvelles n'étaient pas bonnes. Il s'avança et toussota légèrement pour signaler sa présence. Les deux hommes en blouse se retournèrent et leurs visages se fermèrent lorsqu'ils le virent.
"Oh. Monsieur Hummel..."
"Hummel-Hudson, corrigea-t-il"
Le plus petit des deux continua sans tenir compte de sa remarque.
"Nous avons demandé à votre belle-mère de vous appeler parce que nous pensons qu'il est nécessaire que vous soyez au courant le plus vite possible."
Le cœur du châtain battait très fort dans sa poitrine, à l'étroit dans sa cage thoracique. Quelque chose chez Blaine ne tournait pas rond. Quelque chose qui faisait qu'il dormait toujours, dans la pièce d'à côté.
Mais bon sang, il a seulement perdu du sang. Pourquoi est-ce qu'il resterait dans le coma pour ça ?
"En réalité, nous avons deux nouvelles à vous dire monsieur Hummel-Hudson, fit l'autre médecin qui monta dans l'estime du garçon juste pour avoir utilisé son véritable nom de famille. La première, est une bonne. La deuxième est une mauvaise."
Tellement cliché...
"Commencez par la bonne."
Le gentil médecin toussota.
"Eh bien, nous avons examiné les blessures de Blaine. Les emplacements des coupures, la profondeur... Et nos analyses ont révélé que Blaine n'a pas voulu se suicider. Ce n'était qu'une séance de scarification qui a mal tournée."
Un poids s'envola de l'estomac du châtain. Un poids dont il avait ignoré l'existence jusque-là mais qui était toujours enfoncé en lui. Savoir que Blaine avait voulu en finir avec sa vie l'avait en réalité rongé de l'intérieur plus qu'il ne l'aurait cru. L'incompréhension, l'impuissance d'avoir pu le retenir. Tout ça l'avait bouffé.
Mais en fait, il n'en était rien. Blaine n'avait pas voulu la mort. D'accord, il s'était tout de même coupé intentionnellement, il avait tenté de se faire du mal. Mais il n'avait pas voulu en finir. Et rien que cette petite nuance soulageait Kurt.
"La mauvaise ? demanda-t-il."
Le grand médecin, le plus antipathique prit alors la parole. Kurt aurait voulu l'envoyer balader pour que ce soit le gentil qui lui dit mais il pensa qu'il devait quand même respecter une certaine éthique.
"Puisque le patient ne se réveillait pas, nous avons fait des examens plus approfondis. Une simple scarification ne pose pas ce genre de problèmes postérieurs. Nous avons donc fait une IRM de son cerveau pour tenter de comprendre ce qui pouvait bien clocher, puisque les autres scans, moins poussés, ne donnaient rien. L'IRM n'a rien révélé, on a donc effectué une scintigraphie pour étudier tous les organes et tenter de comprendre le problème."
Kurt avait grimacé au mot "patient". La compassion semblait impossible à ce médecin, qui préférait visiblement voir les gens qu'il soignait comme des patients et non pas comme des personnes à part entière.
"Cependant, ça n'a rien donné. On a alors fait des recherches, pour savoir si un cas comme celui-là c'était déjà déclaré."
La respiration de Kurt s'accéléra. Kurt n'y connaissait rien en médecine, ses connaissances s'arrêtaient au peu d'épisode de Grey's Anatomy qu'il avait regardé. C'est-à-dire à quasiment rien.
Et l'ignorance rendant la situation encore plus éprouvante.
"Et alors ?"
"On ne sait pas trop, répondit le gentil médecin. On sait qu'il y a eu un cas semblable au Tennessee. La jeune fille était blessée superficiellement mais elle est tombée dans le coma. Les médecins ont décelé bien plus tard, après qu'elle se soit finalement réveillée, un trouble bipolaire. Ce ne serait qu'une hypothèse cependant. Avez-vous déjà remarqué des comportements étranges chez Blaine ? Perte de mémoire, changement de personnalité, effacement, grande violence, propos incohérent, délires paranoïaques ?"
Kurt resta la bouche ouverte. Tous ces mots étaient trop pour lui, il ne les comprenait pas. Délires paranoïaques ? Non, non Blaine n'était pas fou. Fou de chagrin peut-être, mais sa santé mentale se portait parfaitement bien. Kurt ne pouvait tout simplement pas imaginer Blaine malade. Parce que des malades, de quelque maladie que ce soit, il en avait déjà vu passer. Et tous avaient fini enterré.
Pourtant, il ne pouvait nier la vérité. Parce qu'elle lui avait toujours sautée aux yeux, même dès leurs premières rencontres.
Changement de personnalité, violence injustifiée... Et ce trou de mémoire après avoir frappé Josh.
Non. Non, ce n'était pas possible. Pas encore. Pas lui. Pourquoi ?
Pourquoi ?
Le sort semblait s'acharner sur Kurt. Comme s'il frappait toutes les personnes de son entourage. Mais dans ce cas-là, quand viendrait le tour de Carole ? Et celui de Finn ? Santana ? Brittany ?
Et pour finir, lui-même ?
Il ressenti les battements d'ailes du vautour secouer l'air. Il entendit le souffle de la mort caresser sa joue, comme pour le narguer. Il aurait voulu l'arrêter, pouvoir faire quelque chose pour la retenir. Mais c'était encore plus difficile, encore plus impossible, que d'attraper de la fumée entre ses doigts.
"Monsieur Hummel ? demanda le médecin antipathique."
Kurt ne prit même pas la peine de le corriger une seconde fois. De toute façon, il était presque certain que le mec s'en fichait comme de sa première cravate de son nom de famille. C'était déjà beau qu'il en connaisse la moitié.
"Violences, changements de personnalité, perte de mémoire. C'est tout ce que j'ai pu remarquer chez lui."
Les deux médecins se regardèrent avec une expression étrange.
"Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Carole qui s'était faite tellement discrète que Kurt avait presque oublié sa présence."
"Ces signaux ne sont pas bon. Parce que ça veut dire que nous avions vu juste. Il faudra attendre que Blaine se réveille, pour savoir à quoi on a réellement affaire. Peut-être une schizophrénie ou un trouble bipolaire… Si Blaine se réveille."
"Ce sont des trous de mémoire, pas une tumeur ! s'écria Kurt."
Le gentil médecin posa sa main sur son épaule et Carole enroula un bras autour de sa taille pour le calmer. Jusque-là, il avait toujours cru que ce qu'on disait à propos des contacts physiques dans les moments difficiles étaient faux. Pourtant, il devait bien reconnaître l'exactitude de cette soi-disant légende. Le bras de Carole et la main du médecin lui apportait un soutient, un bien dont il n'aurait pas soupçonné l'existence.
"Les trous de mémoire sont seulement un symptôme, expliqua le médecin. L'anomalie est d'ordre psychologique. Et il est tout à fait possible que Blaine n'ouvre plus jamais les yeux. Parce que, selon nos expériences, il serait enfermé à l'intérieur de lui-même. Un peu comme s'il n'avait pas accès à son corps. Il faut vous préparer à cette éventualité."
Les larmes coulèrent sur les joues pâles de Kurt. Encore.
L'hôpital, le vautour allait lui enlever quelqu'un. Encore.
"Qu'est-ce que vous comptez faire ? demanda Carole."
"Attendre. Peut-être qu'il reviendra à lui. Nous l'espérons. Nous savons qu'il n'est pas mort. Son corps fonctionne normalement, son activité cérébrale est normale. En réalité, il dort seulement. Mais s'il vient à ne jamais se réveiller, il nous faudra prendre des mesures exceptionnelles."
"Qu'est-ce que vous entendez par mesures exceptionnelles ?"
"Nous aviserons en temps voulu."
Kurt avait quitté Carole et les deux médecins. Tous les trois étaient en service et malgré l'horreur de la situation, la vie continuait et le travail les attendait. Sinon, ils pourraient ne pas finir leur mois, ils n'auraient pas assez d'argent. Ou seulement en mangeant des pommes de terre.
Penser à des choses aussi normales, aussi rationnelles, qui lui rappelaient que le monde tournait toujours, paraissait irréel à Kurt. Il ne pouvait concevoir que des gens sur cette planète pouvaient toujours être plongés dans leurs routines quotidiennes, s'occupant des corvées de la journée, pensant peut-être au repas du soir. Des personnes dont la plus grande question de leur existence serait "Je mange des carottes ou du cèleri, ce soir ?".
Eh oui. Même si Blaine dormait sous ses yeux, toute sorte de tuyaux relié à lui pour ses besoins vitaux, la vie continuait. Même s'il était comme mort, la Terre continuait de tourner.
Et le vautour, de tournoyer.
Lui était là, assis sur la chaise inconfortable, les deux coudes sur le lit immaculé, fixant les paupières du bouclé, attendant qu'un soubresaut de vie vienne lui prouver que l'hôpital n'était pas le trou noir qu'il avait cru. Pourtant, les secondes, les minutes, les heures passaient. Et toujours rien. Juste cette impression de regarder un cadavre sans vie.
Le garçon pensa que si Blaine n'avait pas été branché, s'il n'y avait pas ce bip régulier, il serait devenu fou. A ne pas savoir si Blaine vivait ou non. Parce que de l'extérieur, il paraissait mort.
Les médecins lui avaient dit que parler au malade dans ces conditions pouvaient se révéler favorable. Mais Kurt ne savait pas quoi lui dire. Il ne lui avait jamais vraiment parler, ne connaissait aucun de ses centres d'intérêts. En fait, tout ce qu'il connaissait de Blaine était sa maladie et son amour pour Sebastian. Rien d'autre. Alors que pouvait-il lui dire ?
"Salut..."
Il regarda le visage pâle, comme s'il s'attendait à ce que Blaine réagisse au son de sa voix. Pourtant, il aurait dû deviner que ce n'était pas un simple "salut' qui allait tirer Blaine du sommeil.
"Je sais qu'on se connait pas beaucoup toi et moi. Qu'on ne se connait en fait pas du tout. Tu dois juste savoir que je suis un chieur qui te veut absolument dans sa chorale... Je te rassure, quand tu te réveilleras, et que tu te seras remis de tout ça, je reviendrai à la charge !... Non, je rigole. Bien sûr que je rigole. Je te laisserai vivre ta vie quand même. Mais je voulais que tu saches que tu pourras rester à la maison. Peut-être qu'on rangera la chambre de Finn, pour que tu puisses t'y installer. Pas que je n'aime pas partager mon lit avec toi, mais sur du long terme, ça sera juste pas possible. Tu fous trop le bordel ! Et je crois qu'on a tous les deux besoin de notre intimité."
Il sourit, cherchant toujours un quelconque mouvement sur son visage. Juste une ombre de mouvement. Quelque chose qui lui prouverait qu'il y avait toujours quelqu'un à l'intérieur.
"Tu fous trop le bordel ! Et je crois qu'on a tous les deux besoin de notre intimité."
Blaine avait envie de se battre, de frapper, de détruire, d'exterminer. Putain d'impuissance. La boite de conserve se resserrait autour de lui, il se sentait de plus en plus prisonnier. Et le petit pois sauteur avait de moins en moins la force de sauter.
Entendre Kurt l'avait complètement démoralisé. Parce qu'il entendait de la tristesse dans sa voix. Et il ne pouvait tout simplement pas le supporter.
Premièrement parce que Kurt, même s'il était un emmerdeur né, borné et collant à souhait, ne méritait pas d'être triste. Il l'avait recueilli chez lui, et voilà qu'il restait à son chevet. C'était une personne tellement gentille que la tristesse ne devrait même pas exister dans son univers.
Deuxièmement parce que personne ne devait jamais être triste pour Blaine. Il était l'une des personnes les plus horribles de la galaxie, capable de tuer quelqu'un de sang-froid, à main nue, et de l'oublier après. Quelqu'un sans humanité, qui était devenue une machine sans âme derrière les barreaux.
Troisièmement parce que Blaine était déjà assez triste pour deux. Il était même assez triste pour une armée toute entière. Parce sa vie, sans se mentir, c'était de la merde.
De la merde à l'état pur. Il avait tout bousillé. A partir du moment où il était devenu gay, tout avait été envoyé en l'air. Et comme il était né gay, sa vie avait toujours été vouée à l'échec.
"Tu sais, continua Kurt, j'aimerai vraiment que tu te réveilles. Ici à Lima, je n'ai pas vraiment d'ami. San', Britt', Rach' et tous les autres. Lima est devenue trop petite, trop insignifiante pour eux. Il n'y a que moi pour rester ici. Et je me sens un peu tout seul. D'accord il y a Carole, mais quand on y pense, c'est comme si je restais vivre chez ma mère toute ma vie. Tu sais, un peu comme dans ses mauvais films ou le héros à 40 ans et vit toujours chez ses parents qui n'en peuvent plus de lui... Sauf que Carole ne me mettra jamais dehors. Et que je ne pourrai pas partir comme ça. Enfin bref. Si tu te réveilles, et que tu restes à Lima, on pourrait devenir amis ? Très sincèrement, je te trouve un peu bizarre (voir beaucoup même), mais mon petit doigt me dit qu'on pourrait bien s'entendre toi et moi. Mais pour ça, il faudrait que tu te réveilles."
Blaine sentit son cœur se serrer et entendit la machine avoir un léger soubresaut. Mais Kurt ne s'en était pas rendu compte.
Comment pouvait-il le toucher à ce point ? Lui. Lui, qui avait toujours érigé un mur autour de lui, pour se protéger des autres. Pour se protéger des émotions. Pourquoi ne pouvait-il pas s'en foutre comme de l'an quarante de ce petit monologue de Kurt ? Ce garçon avait quelque chose qui abaissait toutes ses défenses. Une seule personne avait réussi à faire ça en dix-neuf ans d'existence. Elle en était morte.
Blaine avait envie de crier, de dire à Kurt de se barrer, de l'oublier, de ne pas faire attention à lui parce qu'il ne lui apporterait rien. Il n'avait jamais réussi à être un bon ami. Les gens ne le supportaient pas. Pas étonnant puisqu'il ne se supportait pas lui-même.
"S'il te plait, j'aimerai tellement que tu réveilles. J'ai déjà perdu tellement de gens dans cet hôpital."
Kurt regardait toujours le visage tranquille de Blaine, plongé dans les bras de Morphée.
Il n'arrivait pas à s'imaginer que derrière toute cette peau, dans sa tête, son cerveau ne fonctionnait pas normalement. Il n'arrivait pas à croire que Blaine était malade, réellement.
Il ne pouvait pas nier la réalité. Parce que ce diagnostic expliquait bien des choses. Les trous de mémoire, la violence, les changements d'humeur, cette scarification…
Schizophrénie, trouble bipolaire. Il n'y connaissait rien, ne connaissait même pas la différence entre les deux. Les médecins avaient voulu lui expliquer mais il ne voulait pas entendre toutes les choses que ces maladies impliquaient. Encore une fois, ces connaissances se limitaient à la télévision.
Les médecins lui avaient dit qu'ils ne pouvaient pas encore savoir ce qu'avait réellement Blaine, ni le degré du problème. Tant que Blaine dormait, il gardait son secret avec lui.
Kurt prit son téléphone. S'il n'avait pas voulu savoir sur le moment en quoi consistaient ces troubles, il était mu d'une curiosité, d'un besoin de savoir, puissant à présent. Il ouvrit internet et tapa « Schizophrénie » dans Wikipédia.
La schizophrénie est une maladie mentale se développant généralement au début de la vie adulte.
Elle se manifeste principalement par un sentiment d'étrangeté, une bizarrerie, des intérêts étranges, ésotériques, voire un sentiment de persécution. Ceci peut aboutir au développement d'un délire paranoïde. On retrouve une désorganisation de la pensée et du discours.
Un frémissement glacial agita Kurt. Sentiment de persécution, délire paranoïde. Toutes ses expressions lui faisaient froid dans le dos.
La personne peut avoir des hallucinations, surtout auditives. Ces voix imaginaires (souvent les mêmes), parlent au malade pour commenter ses actes et ses choix.
Il n'avait jamais rien remarqué qui aurait pu lui indiquer que Blaine n'était pas seul dans sa tête. Il lui avait toujours semblé normal. Mais peut-être que le terme d'hallucination couvrait aussi les pertes de mémoire.
Cependant, les patients atteints de schizophrénie souffrent souvent d'autres maladies psychiatriques : dépression, troubles anxieux, addictions.
L'espérance de vie des personnes touchées est ainsi estimée inférieure de 12 à 15 ans à l'espérance de vie moyenne, à cause du risque plus élevé de problèmes de santé (lié à la pathologie et/ou à son traitement) et d'un plus fort taux de suicide.
Suicide. Ce mot qui hantait Kurt. Parce qu'il le mettait en parallèle avec la scarification.
Dans les cas les plus sévères – lorsque l'individu présente un risque pour lui-même ou pour les autres –, une hospitalisation sans consentement peut être nécessaire.
Kurt avait l'impression d'avoir été projeté dans un film d'horreur ou d'angoisse, où le patient fou se retrouvait en pyjama blanc, sanglé aux barreaux de son lit. Normalement, ce genre de film l'ennuyait royalement. Mais là, le patient, c'était Blaine.
Handicap psychique.
Blaine. Handicap. Relier ces deux mots ensembles semblait être en dehors de la réalité.
Les doigts tremblants, il tapa « trouble bipolaire » dans le moteur de recherche, priant pour que cette maladie ne soit pas aussi terrible que la schizophrénie.
Le trouble bipolaire (ou trouble maniaco-dépressif anciennement classifié sous les termes de psychose maniaco-dépressive ou maladie maniaco-dépressive est un diagnostic psychiatrique décrivant une catégorie de troubles de l'humeur définie par la fluctuation anormale de l'humeur, oscillant de périodes d'euphorie marquée (manie) à des périodes de dépression ou caractérisé par un état maniaque sans alternance de phases.
Kurt s'était trompé. Rien qu'à cette première phrase, il avait compris que le trouble bipolaire ne serait pas un soulagement.
Épisodes dépressifs durant lesquels l'excitation et la dépression sont ressenties en même temps. Ces événements sont souvent entrecoupés par des périodes de stabilité.
Encore une fois, il retrouvait Blaine dans cette description. Et ça ne lui plaisait pas du tout.
Un état maniaque très intense peut conduire à des symptômes psychotiques tels que les délires et les hallucinations.
Kurt frissonna quand son regard azur ce posa sur les mots « délires » et « hallucinations ». Il les retrouvait dans les deux maladies, ce qui ne pouvait dire qu'une chose : Blaine était bel et bien atteint de ses deux symptômes terrifiants.
Les individus atteints de trouble bipolaire montrent des symptômes psychotiques qui peuvent être confondus avec ceux de la schizophrénie, un trouble mental grave.
En effet, plus Kurt lisait, plus il se perdait, ne voyant pas vraiment la différence entre les deux maladies. Seules les voix hypothétiques semblaient n'être présentes que dans la schizophrénie.
Des cas sévères peuvent inclure généralement de sévères épisodes maniaques impliquant un comportement dangereux du patient ou des épisodes dépressifs impliquant des idées suicidaires.
Encore cette idée de suicide….
Les troubles bipolaires peuvent donner lieu à la reconnaissance du handicap. Il est alors question de handicap psychique.
Alors voilà. Voilà la conclusion de ses brèves recherches. Handicapé. Blaine était un handicapé mental, atteint d'une maladie terrifiante, aussi dangereuse pour les autres que pour lui-même.
Blaine sentait toujours l'odeur proche de lui, et la présence de Kurt. Il en conclue qu'en fait, cette vanille-cannelle était celle de Kurt, que c'était à l'odeur de Kurt à laquelle il s'était tant accroché.
Depuis plusieurs minutes, il ne l'entendait plus, bien qu'il savait qu'il était toujours là. Il entendait sa respiration.
Blaine en avait vraiment marre de cet enfermement, il devait se réveiller. Il ne pouvait décemment pas rester dans cet état toute sa vie.
Il se battu, encore plus férocement qu'avant. Il repoussa les limites de son esprit, frappant contre les parois pour trouver une fissure, une faiblesse où il pourrait se glisser. Il examina chaque recoin, explorant même des endroits inconnus.
Et puis il la trouva, la faiblesse.
Il entendit son cœur battre plus fort sur le moniteur et c'est avec une joie sans égale qu'il se faufila dans la très petite fissure, plongeant dans ses membres avec une euphorie sans égale.
Kurt releva la tête quand les Bip du moniteur s'emballèrent. Il verrouilla précipitamment son téléphone et appuya sur le bouton rouge pour appeler l'infirmière.
Une fois fait, il se pencha sur le visage de Blaine, toujours sans vie. Il examina tous les traits de son visage, sa bouche, ses yeux, les traits de son front, cherchant un quelconque mouvement.
Puis, une des paupières de Blaine sursauta.
Kurt n'en était pas sûr, et il avait peur de se faire des idées mais la joie inonda son corps.
Sa paupière sursauta de nouveau.
Cette fois-ci plus de doute.
Le vautour battit des ailes et sortit de la chambre d'hôpital.
"Aller Blaine, tu vas y arriver. Ouvres les yeux."
Les deux paupières s'actionnèrent cette fois-ci, et Blaine laissa échapper un gémissement guttural du fond de sa gorge. Kurt sautait de joie.
Puis, une paupière se souleva avec difficulté.
Blaine dû s'y reprendre à plusieurs fois, mais au final, il réussit à faire apparaître à la lumière ses paupières vert-noisettes.
Note d'auteur:
Nous voici donc à la fin de ce 6ème chapitre qui dévoile ce sur quoi j'ai construit la fiction. Sur la maladie de Blaine.
C'est vrai que ce chapitre ne contient pas beaucoup d'action ou quoi, mais c'est un chapitre indispensable. Et le petite partie théorique me semblait indispensable pour la compréhension de l'histoire.
Pour ce qui concerne cette dernière, toutes mes infos proviennent de Wikipédia, et, étant donné que je ne suis pas en fac de médecine (enfin pas encore :p) il est plus que possible que j'ai fait quelques incohérences. Donc merci d'être tolérant par rapport à ça :) Dîtes vous que ça sert ma fiction :)
Merci énormément d'avoir lu! J'attends vos avis avec impatience! Et j'espère que le prochain chapitre arrivera vite. Les publications risquent d'être un peu plus irrégulières étant donné que je suis en vacances dans une semaine et que je part en Angleterre trois semaines. Je laisserai surement des nouvelles sur l'avancé de mon chapitre sur mon Twitter: JJoke .N'hésitez pas à me suivre :)
Gros bibi à tous et à bientôt pour la suite!
