Voici enfin un chapitre tant attendu, j'espère que l'attente n'aura pas été trop stressante pour vous. Toutes mes excuses pour avoir tardé mais je n'avais pas accès à Internet durant ma semaine de repos.
Alors, des explications et quelques réponses… enfin, direz-vous ! Il était temps, c'est sûr. Mais les 4 chapitres suivants voudront eux aussi le détour. Alors, accrochez-vous et suivez-moi encore un peu. L'histoire est loin d'être terminée.
Bonne lecture et n'oubliez pas votre petit mot, je suis friande de vos coms.
.
.
.
.
.
.
Chapitre 7 : Récréation
.
Les trois amis stoppèrent un instant dans l'entrée pour visiblement… se déchausser ! Il entendit Abby rire et obtempérer sans protester, Ducky fit de même en arguant qu'il devait se plier aux usages de la maison. Gibbs ne savait quel parti prendre, les trois regards qui se tournèrent vers lui, l'un amusé et les deux autres interrogateurs lui firent hausser les sourcils.
- DiNozzo, tu te moques de moi ! Je n'ai pas pour habitude de me déchausser à tout va grommela t-il.
- Gibbs, arrête de faire ta mauvaise tête et fais comme nous lui conseilla Abby avant d'enfiler des chaussons. Tu trouveras sûrement une paire à ta pointure lui dit-elle en pointant le doigt vers une armoire à chaussures qu'il n'avait pas vu.
- Ca va, je me plie aux usages de la maison capitula l'ancien marine en regardant Ducky qui fronçait les sourcils de contrariété devant son attitude.
.
Une fois chacun paré de chaussons, le groupe gagna l'autre pièce. Si l'extérieur de la demeure était déjà imposant, l'intérieur était tout aussi impressionnant. L'entrée était vaste et donnait directement sur une très grande salle grâce à une entrée voûtée et qui devait servir de salon puisque plusieurs sièges, fauteuils et un canapé confortables y étaient disséminés, de petites tables les flanquaient. Le bois se mélangeait harmonieusement avec le fer forgé. Deux grandes baies vitrées donnaient sur un patio et… une piscine.
Tony les invita à s'asseoir tandis qu'il s'approchait d'un téléphone dont il se saisit. Il commanda une collation pour quatre personnes avec thé, café et soda. Il revint prendre place près d'Abby sur le canapé et la gothique aussitôt se colla à lui et entama la conversation que tous souhaitaient avoir.
.
- Alors, dis-moi comment DiNozzo est devenu Paddington ?
- Oui, j'aimerais bien savoir comment un agent fédéral comme toi a pu et surtout oser utiliser un faux nom ? lâcha Gibbs sans ménagement.
.
Le regard que lui lança Tony en retour lui fit comprendre qu'il avait certainement dépassé les bornes et assumer à tort quelque chose. Ducky grimaça et Abby fronça les sourcils alors que sa bouche se pinçait, signe évident chez elle de contrariété.
.
- Et voilà l'agent spécial Gibbs dans toute sa splendeur ironisa l'italien en représailles. « Toujours vérifier, ne jamais assumer », il me semble bien me souvenir que c'était une de vos règles n'est-ce pas ? Apparemment, tout comme l'Officier David, vous ne connaissez rien de moi, Agent Gibbs jeta t-il en se levant brusquement.
.
La porte dans leur dos venait de s'ouvrir et Tony, qui lui faisait face, s'était levé pour soulager la bonne du lourd plateau qu'elle portait.
.
- Grazie, Maria dit-il en prenant la charge et en souriant à la femme, potete disporre. Farei il servizio.
(Merci – Vous pouvez disposer - Je ferais le service)
- Si, signore répondit-elle. Se avete bisogno… dit-elle en partant.
(Oui, Monsieur – si vous avez besoin)
.
Il revint vers eux et déposa le plateau sur la table basse avant de reprendre place auprès d'Abby qui le regardait en souriant.
.
- Quoi ! fit-il en la regardant.
- Rien, j'adore t'entendre parler italien, je trouve que ça te va bien.
- Très bien dit, ma chère Abigail renchérit Ducky. J'ai toujours apprécié, moi aussi, nos conversations en français.
- En français, Ducky ! s'étonna aussitôt Gibbs qui ne connaissait pas cette information.
- Oui et en plus, Tony le parle très bien, et bien mieux que moi ajouta l'écossais.
- Encore un autre secret, DiNozzo grogna l'ancien marine.
.
Décidément, plus il pensait connaître l'homme et plus il s'apercevait qu'il ne savait, en définitive, que bien peu sur celui qu'il avait côtoyé durant plusieurs années.
.
- Jethro ! s'exclama Ducky. Le cher garçon n'en a jamais fait un mystère, il se trouve simplement que tu n'as jamais été témoin d'une de nos conversations badines et c'est tant mieux.
- Parce qu'il aurait été choqué, Duck ! demanda Abby dans l'espoir de détendre l'atmosphère.
- Pas du tout, ma chère enfant gloussa le légiste. Tony et moi en avions aussi de très sérieuses, surtout sur la littérature française. Je me souviens de cette fois où il m'a fait un exposé sur Victor Hugo, un auteur français bien connu…
- Ducky le coupa soudain Tony dont les joues avaient viré au rouge. Je ne pense pas que Gibbs soit ici pour entendre ce récit.
- Eh bien, c'est très dommage, Anthony parce qu'il comprendrait ainsi que tu étais bien plus que ce que tu laissais paraître argua le médecin qui entendait faire comprendre à son vieil ami toute l'estime qu'il gardait au jeune homme.
- Ce sera pour une autre fois, Duckyman assura la gothique. Tony allait nous expliquer comment il pouvait être à la fois DiNozzo et Paddington.
- Je suppose que tu as cherché à retrouver ma trace après mon départ, Abs ? demanda l'italien.
- Bien sûr ! assura t-elle avec force. J'ai tenté de retrouver ta voiture sans succès, j'ai surveillé tes comptes bancaires mais ils étaient gérés par un avocat du JAG et pas n'importe lequel en plus, le Capitaine Harmon Rabb en personne. J'ignorais que vous étiez en contact ou était-ce parce que c'était le seul que tu connaissais ?
- C'est un ami, Abby et je savais que, grâce à lui, je pouvais partir l'esprit tranquille révéla le brun. C'est lui qui s'est chargé de faire établir mes nouveaux papiers d'identité, de prendre soin de ma voiture, de faire transporter les quelques affaires que je souhaitais garder, de gérer mes comptes à distance.
- Donc, tu avais planifié ton départ depuis un bon moment, n'est-ce pas, DiNozzo ? remarqua Gibbs. Tout ça ne pouvait se faire en 24 heures.
Tony regarda Gibbs droit dans les yeux tout en se mordant la lèvre inférieure. Il s'interrogeait : devait-il tout avouer maintenant ou garder encore quelques secrets ? La main d'Abby vint se glisser dans la sienne qui reposait sur sa cuisse et la pression l'encouragea à faire table rase de rancœurs qui l'avaient poussé à partir.
- Tu tiens vraiment à savoir, Gibbs ? demanda agressivement Tony tout en revenant brusquement au tutoiement.
- Oui, ça fait un an que je cherche à comprendre ce qui t'a pris de filer en douce avoua Gibbs d'une voix mesurée.
.
Il savait que s'il jouait le jeu de Tony en lui aboyant dessus, il ne récolterait rien de ce qu'il espérait en conservant son calme. Il estimait que cette attitude exaspérerait tellement l'italien qu'il déballerait tout. Tony sourit avant de prendre le temps de servir à chacun sa boisson, le thé pour Ducky, le coca pour Abby et un café noir bien fort pour l'ancien marine. Il ne prit rien pour lui-même. Il se leva, se posta devant l'une des baies vitrées et leur tourna le dos.
.
- Lorsque j'ai compris ton manège avec la nouvelle venue au sein de l'équipe débuta Tony d'un ton neutre, j'ai cherché à savoir quelles étaient les raisons qui te poussaient à agir ainsi. Je savais que quelque chose, qui ne figurait pas dans le rapport officiel, s'était passé dans ton sous-sol ce jour-là, celui où tu étais sensé avoir tué Ari, certaines coordonnées ne concordaient pas notamment la trajectoire de la balle et ta position. En bon investigateur, j'ai cherché, j'y ai mis le temps mais j'ai fini par obtenir les infos en laissant traîner mes oreilles et en captant quelques bribes de conversation par-ci, par-là. Shepard et David ne sont pas toujours discrètes lorsqu'elles parlent et tout officier du Mossad qu'elle soit, ton israélienne ne sait pas toujours utilisé au mieux ses capacités.
- Donc, tu savais ? nota simplement Gibbs qui se souvenait que son bras droit l'avait jeté à la figure de McGee juste avant son départ. Depuis combien de temps ?
- Quelques semaines après l'évènement avoua Tony en se retournant. J'ai alors supposé que la place de Kate lui avait été attribuée en remerciement et sur les ordres de ton ancienne maîtresse sourit-il en voyant Gibbs lui jeter un regard acéré. Eh oui, je savais pour ça aussi, vos attitudes étaient suffisamment explicites pour quelqu'un comme moi qui connaît bien les femmes. Elle voulait renouer avec toi tout en récompensant David, jouer sur les deux tableaux. Elle a encouragé largement ton management de ta nouvelle équipe, elle y voyait une opportunité de se débarrasser d'un gêneur devenu par trop encombrant, moi en l'occurrence.
- Tony, jamais je ne l'aurais laissé t'écarter de mon équipe protesta Gibbs. Tu étais mon bras droit et mon agent senior depuis plusieurs années, elle ne pouvait te transférer sans une bonne raison.
- Tu t'es chargé tout seul de m'écarter de l'équipe, Gibbs s'écria un Tony en colère. Tu as entendu ce que j'ai dit ce jour-là, tu sais à quoi je fais référence. Tu n'as même pas tenté de me contredire, de faire taire tes agents, de réparer les dégâts que ton obsession avait engendrés. Tu nous as utilisés comme des pions dans le jeu de la directrice. Tu m'as accusé sans aucune preuve que les dires de ta brunette, des suppositions que tu ne t'es même pas données la peine de vérifier.
- Je sais et je m'en excuse clama soudain Gibbs en se levant et en s'approchant de Tony qui recula par réflexe. J'ai découvert le fin mot de l'histoire quelques semaines plus tard et pris les dispositions qui s'imposaient pour le coupable.
- Oh non, tu n'as pas appréhendé le bon coupable soupira le brun, elle fait toujours partie de ton équipe.
- Je n'ai rien pu faire pour ça, Tony avoua Gibbs un peu honteux. J'avais les mains liées et je devais suivre les ordres. Si tu n'avais pas fui de cette façon, tu serais encore aujourd'hui mon agent senior et mon second. J'aurais résonné la directrice et remis David à sa place.
.
Tony le scruta avant de secouer la tête.
.
- J'aurais fait cesser ce jeu stupide, annuler cette rivalité qui servait nos affaires…
- Non, c'était trop tard, tu avais laissé les choses aller trop loin. Ils ne cessaient de remettre mon autorité en question, ils me volaient mes recherches, bon sang et tu as fini par enfouir tout ça sans rien régler.
- Tony… tenta l'ancien marine tout en voulant poser une main apaisante sur le bras de l'italien.
- Tu m'as laissé tomber, Gibbs hurla soudain Tony avant de repartir vers la fenêtre tout en se passant une main dans les cheveux.
.
Ducky comprit en un instant que l'italien s'était détourné pour cacher non seulement sa colère mais certainement aussi ses larmes. Il savait que Gibbs était pour beaucoup dans la décision du jeune homme de quitter un job qu'il aimait, un homme qu'il appréciait plus qu'il n'avait jamais pu le faire avec son propre père, des amis qui comptaient pour lui comme une famille.
Le silence qui suivit la tirade de leur hôte s'étira durant quelques minutes avant qu'Abby ne se décide à faire un mouvement en allant réconforter son ami. Elle passa un bras sur ses épaules avant d'y poser sa tête et de lui murmurer quelques mots. Gibbs la regarda et se trouva soudain jaloux de la voir faire ce qu'il aurait souhaité faire lui-même et qu'il ne pouvait pas. L'ancien marine comprit aussi que l'explosion de Tony était due en grande partie à une frustration ancienne, le fait qu'il n'avait jamais pu discuter sérieusement avec son mentor des problèmes causés par l'arrivée puis l'attitude inadmissible de l'israélienne avait sans doute été en grande partie la cause du départ de son agent. Il ne pouvait cependant pas en vouloir à son ancien bras droit d'avoir cru être supplanté par la nouvelle venue alors qu'il avait lui-même fait en sorte que la compétition règne dans leur équipe.
Gibbs savait également que Tony n'avait jamais discuté de ça ni avec Abby qui lui en aurait touché deux mots plutôt que de se taire, ni avec Ducky qui, lui non plus, ne se serait pas privé de lui faire savoir qu'il désapprouvait son attitude envers le jeune homme. Il était coincé entre deux femmes qui ne voulaient pas voir l'italien en vainqueur mais plutôt en vaincu, elles avaient bien comploté pour arriver à le déstabiliser suffisamment pour l'obliger à réagir.
Il connaissait pourtant le sentiment d'insécurité de son subordonné et il n'avait pas pris la peine de le rassurer, de lui prouver qu'il comptait sur lui et qu'il se battrait pour lui. Comment avait-il pu laisser les choses déraper à ce point ? Il ne savait pas et se posait la question depuis le départ de son second. Sans doute la mort de l'agent Todd avait-elle été plus douloureuse pour lui qu'il n'avait bien voulu le reconnaître et s'était-il laissé influencé par son ancienne maîtresse.
Il sortit de ses pensées lorsque la porte du salon s'ouvrit après avoir reçu plusieurs coups signalant l'arrivée d'un visiteur. L'un des cow-boys entra sans attendre de permission, pieds nus et s'arrêta lorsqu'il se rendit compte que son patron n'était pas seul. Tony se retourna et le sourire qu'il adressa à son homme rendit jaloux Gibbs, un sourire chaleureux qui étirait ses lèvres et montait jusqu'à ses yeux et qui avait gommé la colère précédente.
.
- Patron, votre étalon est un peu nerveux et renâcle sans cesse dans sa stalle annonça tout de go l'homme. Faudrait peut-être que vous lui fassiez une petite visite et le calmer, il risque de se blesser.
- Hum… je passerai dans un moment, Cole approuva Tony, je suis encore occupé pour l'instant.
- Oh, Tony, non le coupa alors Abby. Tu dois aller le voir maintenant, nous pouvons parfaitement attendre quelques minutes ou t'accompagner ajouta t-elle tout en lançant un regard sévère à son mentor pour l'avertir de ne pas la contredire.
- Je pense que c'est une bonne idée, une petite pause ne serait pas inutile assura Ducky d'un ton tranquille. Je ne refuserais pas non plus d'admirer ce superbe spécimen de plus près si tu n'y vois aucun inconvénient, mon cher Anthony. J'avoue que j'ai rarement vu un cheval dompté de façon aussi spectaculaire et rapide. J'ignorais que tu étais un expert dans ce domaine nota le légiste tout en pivotant vers l'ancien marine comme pour l'encourager à accepter cette brève trêve.
- Vas-y consentit alors son ancien boss comprenant qu'il n'aurait pas la victoire. Et, si tu le permets, je serais également partant pour me joindre à vous.
- Ok fut la brève réponse de son hôte.
.
Tous les quatre rejoignirent alors le cow-boy qui attendait sagement dans l'entrée, bottes aux pieds cette fois. Chacun se rechaussa et ils franchirent la porte avant de prendre la direction des écuries. La fin d'après-midi était chaude sans être étouffante et Gibbs fut remercié de son geste par Ducky qui lui serra le bras en signe de remerciement.
.
- Le pauvre garçon avait bien besoin de laisser sortir toute sa rancœur murmura le légiste.
- Je sais, Duck et je comprends le rassura son ami. Je n'ai pas été des plus diplomates et des plus compréhensifs, je n'ai même pas pris sa défense ou réprimandé les coupables soupira t-il. Je l'ai vraiment laissé tomber, n'est-ce pas ?
- Ma foi, je crois bien que c'est ce que tu as fait de pire à ton meilleur agent, Jethro résuma le médecin. Anthony t'a toujours été loyal, fidèle sans aucune condition, il n'a eu de cesse de prendre ta défense quand il le fallait. Il n'a pas su faire face à ta complète indifférence envers lui, tu l'as pratiquement renié du moment où Ziva a été intégrée à ton équipe.
- Je vais devoir me racheter à ses yeux, d'une manière ou d'une autre soupira Gibbs.
- Tu comptes donc le revoir ? s'étonna l'écossais.
- Bien sûr, je lui prouverai qu'il compte toujours pour moi affirma l'ancien marine.
- Eh bien, je te souhaite bon courage, mon ami répliqua le vieil homme en lui tapotant le bras. La partie n'est pas gagnée, tu devras certainement lutter pour reconquérir son amitié, il ne te facilitera pas la tâche. Attends-toi à devoir batailler pour ça. Et songe également que la distance ne sera pas en ta faveur, lui ici et toi à Washington !
- Je sais, Ducky mais je ne laisserai pas ces quelques inconvénients m'arrêter maintenant que nous l'avons retrouvé affirma Gibbs. Allez, allons admirer la bête déclara t-il ensuite pour couper court à toute question de la part de son ami, si curieux ami parfois.
.
Les deux hommes avaient fait leur chemin en suivant le trio tout en conversant et ils pénétrèrent dans l'écurie à la suite du groupe de tête. La bâtisse était vaste, propre et bien éclairée. Les stalles étaient plus grandes que bien des stalles que Gibbs avait pu voir dans d'autres écuries. Ils y furent accueillis par un homme d'une soixantaine d'années qui gratifia l'italien d'un grand sourire alors qu'ils stoppaient devant la stalle de l'étalon noir qui renâclait dans son box en hennissant et en secouant la tête violemment.
.
- Eh, Harvey, ton charme n'est plus efficace s'exclama Tony en lui tapotant le dos.
- Semblerait bien que celui-là y soit hermétique grogna l'homme. Cet animal a bien trouvé son maître et il ne se laissera pas approcher par quelqu'un d'autre fut la sentence du vieil homme.
- Tornado te fait juste la tête, Harvey répondit doucement DiNozzo. Demain, il te mangera dans la main.
- Ouais, pas si sûr de ça, moi soupira l'employé. Tiens, gamin dit-il en lui tendant une brosse, à toi l'honneur. Va donc faire ta magie avec ce diable d'étalon avant qu'il ne démolisse tout.
.
Tony prit l'objet, ouvrit la porte qu'il referma aussitôt derrière lui, attendit quelques instants avant de faire deux pas tout en parlant doucement dans un langage que les autres ne reconnurent pas. A la surprise des spectateurs, dès que Tony pénétra dans le box, le cheval cessa tout mouvement pour se concentrer sur l'intrus et finalement, ce ne fut pas l'italien qui bougea mais bien le cheval qui s'avança vers lui et posa son museau contre la poitrine de son maître.
Tony entreprit de le caresser tout en lui murmurant à l'oreille avant de plonger la main dans une poche de son jean et d'en sortir quelques morceaux de sucre qu'il offrit à l'étalon. Puis, il fit bouger l'animal et commença à le brosser sans plus se préoccuper de ceux qui regardaient, les yeux grand ouverts. L'homme et l'animal semblaient indifférents à ce qui les entourait, le cheval surveillait parfois son soigneur mais ne broncha pas une seule fois.
Harvey renifla et gloussa doucement tout en secouant la tête.
.
- Bon, encore un qui n'a pas pu résister au charme et à la magie du patron souligna t-il à l'intention des visiteurs. Cole, tu me dois 20 billets ajouta t-il aussitôt en tendant la main vers le cow-boy.
- Eh, tu ne lui as pas encore appris pour le véto s'indigna Cole. Tu auras ton argent une fois que le boss aura fait le nécessaire.
- T'as perdu d'avance, mon gars parce que vu la façon dont ces deux-là s'entendent, tu peux manger ton chapeau que le canasson ne laissera personne d'autre l'approcher ou le monter assura Harvey.
- N'empêche, le pari ne sera gagné qu'une fois que le patron aura joué les vétos.
.
Abby regardait, fascinée, son ami prodiguer les soins à l'étalon. Elle remarqua combien Tony semblait calme à présent et soupira de contentement. Elle ne l'avait pas vu aussi détendu depuis bien longtemps. Se tournant vers ses compagnons, elle croisa le regard du légiste qui lui sourit tout en opinant de la tête, il semblait qu'il approuvait l'ancien agent. Quant à Gibbs, il était rivé sur l'italien et son expression était songeuse mais avec quelque chose de plus que la gothique ne put définir.
.
- On dirait qu'il aime ça souffla t-elle aussi bien pour Ducky que pour Gibbs. Il a oublié sa colère, il est si…
- Patient proposa Ducky.
- Oui mais aussi si…
- Détendu et concentré nota Gibbs. DiNozzo ne l'est que lorsque quelque chose lui importe beaucoup.
- C'est tout à fait ça, bossman approuva la gothique. Je crois que finalement, il a trouvé la paix ici, la paix et la sérénité constata Abby dans un souffle.
.
Gibbs devait admettre que la jeune femme avait raison, Tony paraissait dans son élément dans ce ranch, il était apprécié par ses employés et ceux-ci le lui rendaient bien. Son attitude envers McGee et David un peu plus tôt était compréhensible mais indiquait aussi qu'il ne voulait pas revenir sur le passé, leur présence dans son domaine aurait sans doute ravivé trop de rancœur. Il avait déjà fait un effort en accueillant son ancien patron et l'explosion de colère avait bien marqué qu'une simple remarque pouvait mettre le feu aux poudres.
Soudain, un hennissement ramena son attention vers le box et il réalisa que le brossage avait pris fin, l'italien caressait l'animal, un sourire heureux sur les lèvres. L'animal avait posé sa tête sur l'épaule de son maître et se laissait faire sans plus montrer le moindre énervement. Les deux formaient un tableau des plus charmants et donnaient l'envie de les laisser tranquilles. Pourtant, Harvey vint interrompre l'idylle.
.
- Hum… maintenant que tu l'as apprivoisé et calmé, gamin, il reste une chose à faire l'apostropha t-il en tendant la main qui tenait une seringue.
.
Tony releva la tête, s'approcha et fronça les sourcils à la vue de l'objet avant d'éclater de rire, un rire franc et sonore, un rire que ses anciens coéquipiers n'avaient pas entendu depuis bien longtemps de sa part.
.
- Ne me dis pas que le toubib n'a pas réussi à lui faire son vaccin ironisa t-il.
- M'est avis que tu aurais dû l'appeler Diablo et pas Tornado marmonna le vieil homme. Correspond plus à son caractère bougonna t-il avant de repartir sans façon.
- Bon, quand il faut y aller… capitula l'italien.
- Besoin d'aide, DiNozzo proposa Gibbs qui savait qu'un cheval pouvait ruer rien qu'à la vue d'une seringue.
- Je vais me débrouiller, il risquerait de blesser quiconque voudrait l'approcher indiqua Tony. N'est-ce pas, mon beau que tu vas me laisser faire, c'est pour ton bien.
.
Et tandis que Tony lui parlait pour retenir son attention, il pinça adroitement la peau du cou avant de planter l'aiguille et de faire l'injection. Le tout ne prit qu'à peine quelques secondes et l'animal ne broncha pas, il s'ébroua juste un peu lorsque son maître le félicita.
.
- On dirait que notre italien sait s'y prendre remarqua Ducky.
- Ce n'est pas la première fois que le patron se charge des vaccins indiqua Cole qui était resté auprès d'eux après le départ d'Harvey. Il a secondé le doc l'automne dernier lorsqu'un virus intestinal a failli ravagé le haras, il a passé des heures à soigner les bêtes, il a dormi avec elles. C'est un sacré bonhomme, pas connu un seul patron comme lui avant de venir travailler ici.
- Bon, il reste à lui donner à manger et nous pourrons regagner la maison conclut Tony en prenant un seau d'avoine, quelques pommes, de l'eau avant de déposer le tout dans le box.
.
Il caressa une dernière fois la robe soyeuse de l'animal avant de sortir et de pousser le verrou. Il fit un rapide tour dans l'écurie avant d'inviter ses visiteurs à le suivre.
.
- A ce soir au dîner, Cole rappela t-il avant de partir.
- Euh, patron, je crois que je vais vous laisser entre vous tenta le cow-boy.
- Pas question, mon vieux, tu viens comme prévu ordonna Tony d'un ton ferme.
- Bien, patron, comme vous voulez capitula l'homme avant de les laisser.
- Ca veut dire que tu nous invites à ta table ce soir, Anthony malgré… spécula le légiste.
- Si vous n'êtes pas pressés, je serais heureux que vous partagiez mon repas affirma le jeune homme en croisant le regard de son ancien patron.
.
La lueur d'espoir qui traversa rapidement les yeux de l'italien alla droit au cœur de Gibbs qui ne prit même pas le temps d'analyser ses raisons, il approuva de la tête indiquant qu'il acceptait l'invitation. Tony paraissait avoir oublié l'incident et lui tendait un rameau d'olivier lui semblait-il. Il était prêt à reconnaître ses propres erreurs et à s'excuser s'il pouvait ainsi renouer des liens avec lui. Ce qu'il avait dit plus tôt à Ducky n'était pas des paroles en l'air, il ferait tout pour retrouver leur amitié passée.
Pour l'heure, il ferait la première entorse à ses règles en ne privilégiant pas l'enquête, il allait laisser McGee se faire les dents sur ce cas pour tester ses capacités d'agent senior pour la première fois depuis qu'il avait succédé à l'italien. Il pourrait ainsi évaluer plus facilement ses compétences, voire au besoin les orienter ou les corriger, le conseiller. Avec le projet qu'il avait en tête, il allait devoir lâcher la bride à son bras droit actuel.
C'est avec cette pensée qu'il suivit allégrement ses compagnons qui regagnaient la demeure devisant gaiement. Les quelques heures qui venaient de s'écouler avaient été à la fois stressantes et décontractées, l'ancien marine devait s'avouer qu'il était détendu comme ça ne lui était pas arrivé depuis des mois et tout ça grâce à la présence de Tony. Il sourit et pénétra à son tour dans la maison. Il avait encore à poser les questions qui lui permettraient de lever un voile sur le départ de son ancien subordonné.
.
.
.
.
.
.
Comme d'habitude, les conversations en italien sont sorties tout droit d'un traducteur Internet. Aussi, ne m'en veuillez pas si elles ne sont pas correctes, je ne parle pas italien.
A plus pour la suite.
