Bonjour à tous ! Comme promis, je livre ce chapitre final assez vite pour vous rassasier. Je vous avais promis une surprise mais en fait vous en aurez plusieurs : ces surprises se situent tout le long de ce dernier chapitre. J'ai fait d'innombrables recherches pour parvenir à écrire la deuxième partie de ce chapitre final et ainsi vous créer la surprise. La dernière surprise se trouve après la fin du chapitre (une note d'auteur pour être exacte), et je pense que vous allez adorer.
J'espère que vous avez aimé suivre cette histoire, que j'ai écrite au fur et à mesure en fonction de vos commentaires (et de ceux de la version anglaise) et de vos envies (envoyées en message privée ou lors de discussion avec certains d'entre vous).
Merci beaucoup de m'avoir lue ! Cela m'a fait drôlement plaisir:)
Appréciez cette fin !
Chapitre 18 : Plus unie que jamais
Tous les pompiers étaient réunis dans la salle. Comme prévu, tous étaient en tenue. Il ne manquait plus que les pompiers de la caserne 51. Chaque année, ils arrivaient ensemble, telle une famille au grand complet. À l'extérieur du bâtiment, tous étaient là autour de Matt. Il était anxieux, et ne le cachait pas.
« Angoissé ? »
« Je dirai plutôt que... Que je ne vais pas aimer leur regard ».
« Et est-ce qu'on a ce regard nous ? »
Il tourna la tête vers toute sa seconde famille.
« Non ».
« Alors ne t'occupe pas des autres. Profite simplement de la fête ».
Kelly apposa sa main sur l'épaule droite de Matt en guise de soutien. Il posa aussi la sienne, remerciant son meilleur ami de ce soutien.
« Allez... On y va ? »
Ils attendirent que Matt acquiesce pour commencer à avancer vers cette entrée. Une fois fait, ils rentrèrent tous. Malgré la musique et le brouhaha des pompiers qui discutaient, à mesure qu'ils avançaient dans la salle bondée, les regards se posaient sur lui, sur Matt. Comme prévu, ils avaient tous ce même regard de pitié que Matt détestait tant. Gabby, qui poussait la chaise roulante se sentait mal pour lui. C'était une épreuve très difficile pour lui. Ils s'arrêtèrent au niveau d'une table, prirent des chaises autour d'eux afin de s'asseoir avec Matt, telle une famille.
« Je sais que tu es encore sous médicaments, mais tu veux boire quelque chose Matt ? Ou manger quelque chose ? »
« Non, ça va aller ».
Sa réponse était assez froide, mais les pompiers restaient compréhensibles. Tous ces regards posés sur eux, et plus particulièrement sur Matt les mettaient mal à l'aise.
« Bonsoir lieutenant ! »
Surpris, il sursauta et regarda ce pompier qui l'avait salué. Il ne le connaissait pas.
« Vlad ! » s'écria Boden.
« Bonjour chef ».
Matt l'observait attentivement, ne reconnaissant toujours pas cet homme.
« Matt, je te présente Vlad. C'est lui qui a nous a permis de vous retrouver dans les décombres. Avec le système de balises et leurs codes, on n'aurait jamais pu vous trouver à temps pour vous sortir de là vivant ».
Matt ouvrit la bouche, mais il était incapable de parler. Cet homme devant lui, il ne le connaissait pas, mais il lui avait en quelques sortes sauvé la vie. Mais surtout, ce Vlad ne le regardait pas comme les autres pompiers. Il le regardait... Avec admiration.
« Je suis très heureux de pouvoir enfin vous rencontrer ».
Il lui tendit sa main, et Matt la lui serra, toujours incapable de parler.
« Excusez son comportement Vlad, disons que... Les autres le regardent avec pitié, et il déteste ça », expliqua Kelly.
« Ah, je comprends. Je dirais qu'ils sont tous jaloux de vous, car vous, vous avez une seconde famille très unie », dit-il en pointant chacune des personnes autour de lui.
Matt sourit enfin. Ce pompier qu'il ne connaissait pas lui remontait le moral, et ne le regardait qu'avec des yeux remplis d'ondes positives.
« Je suis content de les avoir avec moi », finit-il par dire.
« Mais mon Dieu... Il parle ! » plaisanta Vlad, faisant rire toute la caserne 51.
« JE VOUS DEMANDERAI VOTRE ATTENTION S'IL VOUS PLAÎT ! »
La salle entière se tut, et tous posèrent le regard sur l'estrade.
« Hermann, comment ça se fait que le maire soit là ? » lui lança discrètement Otis.
« Je ne sais pas », lui dit-il en retour en murmurant.
Le maire se tenait en effet devant toute l'audience, prêt à commencer un discours.
« Bonsoir à tous et bienvenue au bal annuel des pompiers », commença-t-il. « Ce bal est aujourd'hui marqué par un hommage important, que tous autant que vous êtes ici présent devez commémorer ».
Les pompiers se regardaient sans un mot. Un hommage important ?
« Il y a deux mois presque jour pour jour, la caserne 51a failli perdre une partie de ses pompiers qui font sa force dans l'explosion et l'effondrement d'une maison sur Humboldt Park. Quatre pompiers expérimentés se sont retrouvés piégés dans les gravats, sans espoir de remonter à la surface. Le courage, la volonté de cette famille qu'est la caserne 51 ont permis de les extraire des décombres sans qu'il y ait de victimes, et ce grâce à l'aide des casernes 41, 57 et 95, de l'équipe de déminage et des deux équipes d'extraction ».
Les pompiers de sa caserne 51 se regardèrent, incrédules.
« Avec l'accord de l'Etat de l'Illinois, du quartier général des pompiers et du conseil municipal de Chicago, nous aimerions rendre hommage à certaines personnes ».
Tous les pompiers se regardaient totalement bouches bées.
« J'invite donc la nouvelle recrue Jimmy Borelly à monter ».
Surpris, il regarda le maire intensément. Celui-ci acquiesça très légèrement. Jimmy se leva, et monta sur l'estrade, apeuré.
« En vous portant volontaire pour descendre dans les décombres de cette maison malgré le fait que ce soit l'une de vos premières interventions, vous avez fait preuve de courage, d'abnégation et de vaillance envers vos frères ensevelis. Vous avez fait parlé votre ingéniosité et votre intelligence pour communiquer avec le monde extérieur afin d'organiser les secours et le sauvetage de vos frères blessés, et vous avez réussi votre mission en faisant face au danger et à la mort. Vous avez mis en jeu votre vie pour sauver quatre membres de votre seconde famille ».
Les pompiers du 51 le regardaient avec fierté.
« Tu l'as bien formé Matt », glissa Kelly dans son oreille.
« On dirait toi quand tu étais jeune », lança Hermann ironiquement.
« Je me sens vieux maintenant... », laissa échapper Matt, faisant rire discrètement une bonne partie de la caserne 51.
« De ce fait », continua le maire en demandant à l'un des députés de district qui était sur l'estrade d'avancer. « pour votre acte héroïque, de bravoure, de courage et de dévouement face au danger dans l'exercice de vos fonctions, l'Etat de l'Illinois est fier de vous décorer de la médaille de la bravoure des pompiers ».
Toujours incrédule, la salle commença à applaudir très discrètement, avant de s'enflammer grâce à la caserne 51.
« Bravo Jimmy ! » lança même Hermann et Otis tout en sifflant.
Le maire prit la médaille de l'écrin que lui tendait le chef de district et l'accrocha sur l'uniforme de Jimmy. C'était une médaille ronde représentant l'Illinois avec un V gravé à l'intérieur, et le ruban était coloré de cinq bandes : deux bandes blanches aux extérieurs, une bande bleue au milieu et une bande rouge au milieu des bandes blanche et bleue. Il accrocha aussi une petite bande au niveau gauche de sa poitrine, reprenant les bandes de couleurs du ruban. Ensuite, le chef de district le salua, et Jimmy fit de même avant de retrouver les siens et d'être de nouveau acclamé par sa seconde famille.
« J'invite à présent le pompier Gabriela Dawson à monter ».
Elle avala sa salive nerveusement, puis regarda Matt. Il souriait et lui tenait la main en la caressant tendrement.
« Vas-y », lui murmura-t-il.
Elle acquiesça et se leva, montant sur l'estrade et se mettant à la même place que Jimmy. Les pompiers de la salle commencèrent à parler discrètement et cela la mit mal à l'aise.
« En vous portant vous aussi volontaires pour descendre dans les décombres, et ce malgré votre grossesse et votre claustrophobie, vous avez fait preuve de courage, de vaillance, de sacrifice envers vos frères. Je sais aussi que l'un de vos frères d'armes ensevelis était votre fiancé et qu'il est le père de votre enfant à naître ».
Cette fois, l'audience ne put se résoudre à se taire. Tout le monde parlait, incrédule devant cette scène.
« Grâce à votre expérience paramédicale, vous avez maintenu le groupe en vie pendant quatre heures avant d'être secouru, réussissant votre mission en faisant face au danger et à la mort, que ce soit pour vous, comme pour votre bébé. C'est pourquoi », dit-il en refaisant ce même geste pour le chef de district, « pour votre acte d'héroïsme, de bravoure, de courage et de dévouement face au danger dans l'exercice de vos fonctions, l'Etat de l'Illinois est fier de vous décorer de la médaille de la bravoure des pompiers ».
La totalité de la caserne 51 se mit à crier et à applaudir bruyamment, couvrant le brouhaha des autres pompiers.
« Ça c'est notre fille ! » s'écria Hermann.
Matt tapait dans ses mains, sifflant et souriant, fier de Gabby. Elle fut décorée au même titre que Jimmy, descendit de l'estrade, et se rassit, embrassant Matt par la même occasion sur la bouche.
« Je suis fier de toi », dit Matt entre deux baisers.
« J'ai été très bien formée ».
Elle reprit sa main, la serrant fort contre elle, contre son ventre.
« Je demanderais au chef de bataillon Wallace Boden de venir à son tour ».
Malgré son habitude de monter sur l'estrade, il ne savait pas vraiment ce qui l'attendait aujourd'hui. Il se leva, réajusta sa tenue et commença à monter.
« Allez chef », lança Kelly.
Il se plaça à l'endroit où précédemment se tenaient deux des membres de sa caserne.
« Vos trente-trois ans d'ancienneté dans les forces des pompiers vous ont permis de gérer cette crise avec un sang-froid exemplaire. Vous avez dirigé vos hommes et ceux d'autres casernes et d'autres équipes comme s'ils étaient vos propres hommes, et cela a permis le sauvetage de vos hommes dans un délai plus qu'optimal. Après le second effondrement, vous vous êtes mis vous-même en danger en descendant dans les décombres pour aller chercher vos hommes. C'est pourquoi, pour votre acte de bravoure, d'héroïsme, de courage et de dévouement malgré le danger, dans l'exercice de vos fonctions, l'Etat de l'Illinois est fier de vous décorer de la médaille de la bravoure des pompiers ».
Encore une fois, ce fut la même cacophonie d'applaudissement et de sifflement de la part de la caserne 51 et de discussion entre les autres pompiers.
« Aussi », continua le maire, « en démontrant qu'être chef n'est pas que le fait de diriger une caserne mais aussi le fait d'être écouté par tous et de réunir les hommes autour d'une seule et même mission, vous avez montré votre capacité de leader respecté par toute la communauté des pompiers ».
Cette fois l'audience se tut presque. Il était vrai que Boden était respecté de tous. Il dirigeait la caserne 51 de manière exemplaire, se battant pour la garder ouverte alors qu'elle devait fermer, réunissant toute une communauté derrière lui.
« De ce fait, et si vous êtes d'accord, je souhaiterais vous promouvoir au poste de chef de district à la place du l'ancien chef ».
Surpris, abasourdi. Il n'y avait pas de mots pour décrire l'étonnement de Boden, mais aussi de sa caserne. Mais après plusieurs secondes de calme, toute la salle applaudit.
« J'en serai très honoré, mais qui prendra la tête de ma caserne ? » lança le chef Boden au maire.
« Je vais m'en occuper, attendez encore quelques minutes », dit-il en retour.
Le chef de district s'avança, ouvrant la boîte et laissant apparaître les nouveaux clairons pour les épaulettes. Le maire enleva ses clairons et mit en place les nouveaux. En descendant, il fut acclamé par sa caserne plus que jamais.
« Chef, qui va diriger la caserne maintenant ? » demanda Hermann.
« Je n'en sais rien. Le maire m'a dit qu'il allait s'en occuper ».
Après plusieurs minutes d'applaudissement, le maire demanda le calme pour qu'il puisse continuer.
« Je vais à présent demander à ce que quelqu'un aide le lieutenant Matthew Casey à venir sur scène ».
Regardant Gabby avec admiration, il sortit de ses pensées, surpris d'être appelé. Il commença à se lever de sa chaise avant de sentir plusieurs mains sur ses épaules.
« Hey, tu comptes faire quoi là ?! »
« Monter sur scène. Sans chaise ».
« Non, non, non. Hors de question ».
« Kelly. Je t'en supplie... », dit-il les yeux fermés.
Kelly soupira, enlevant ses mains de sur ses épaules.
« Très bien tête de mule. Ne vient pas te plaindre plus tard que tu as mal. Je t'accompagne ».
Kelly aida Matt à se lever, et malgré la douleur, Matt commença son périple pour monter. Le maire vint l'aider et demanda une chaise pour le faire asseoir, mais Matt refusa. Il voulait se tenir debout. Kelly était là à le tenir devant tout le monde, tout ce monde qui continuait à parler, étonné.
« En découvrant cette bombe dans cette maison, vous avez tout de suite ordonné l'évacuation des lieux, prenant la totale responsabilité de l'explosion imminente de l'engin. Vous avez mis en jeu votre vie, avez fait preuve de sang-froid, de courage et de bravoure quand vous avez su que l'engin allait exploser, en vous ruant sur vos hommes pour les protéger, prenant la majorité des dégâts de l'explosion par la même occasion. Et je sais aussi que ce n'est pas la première fois que vous mettez ainsi votre vie en jeu. Vous l'avez fait pour sauver plusieurs fois vos hommes ou pour sauver des habitants de la ville, que ce soit dans de simples incidents que dans des attentats perpétrés sur nos sols. Vous avez fait preuve d'altruisme quand vous avez compris que votre fiancée qui portait votre enfant était venue vous sauver en lui demandant de sortir des décombres malgré votre état critique, vous préserver sa vie et celle de votre enfant ».
Matt était prêt à s'effondrer au sol, tant à cause de la douleur que de la fatigue. Mais Kelly le tenait fermement, caressant par la même occasion son dos pour l'encourager à tenir.
« Pour votre acte de bravoure remarquable et votre héroïsme, démontrant votre altruisme, votre courage au-delà de l'appel du devoir, dans des conditions défavorables et avec un risque personnel extrême, l'Etat de l'Illinois est fier de vous décorer de la médaille du mérite des pompiers ».
Cette fois, les pompiers du 51 sautèrent presque de joie, applaudissant, sifflant, criant.
« Bravo Casey ! »
« Tu la mérite cette médaille ! »
Kelly voulait applaudir, mais supportant à présent le poids de Casey sur lui, il ne pouvait pas.
« Félicitations frangin ! » dit-il malgré tout.
Matt ne réagit pas, concentré sur la douleur qui lui lançait son bas du dos et sa hanche. Kelly pouvait lire la douleur sur son visage, tout comme le maire quand celui-ci accrocha la médaille et le ruban sur sa tenue.
« Aussi, en servant chez les pompiers, vous aviez décidé de sacrifier votre vie sur cet incident, vous avez fait preuve d'un jugement exceptionnel et remarquable, faisant passer la vie de vos hommes avant la vôtre. Pour ces raisons particulières que vous avez mis en œuvre sur cet appel, mais aussi sur tous les autres que vous avez eu au cours de vos dix-spet précédentes années de carrière, l'Etat de l'Illinois est fier de vous accorder, et de vous décorer pour votre service distingué ».
Encore une fois, la foule applaudit, siffla. Les pompiers étaient fiers d'avoir un de ses hommes autant décoré. Le maire prit le ruban pour le placer à côté de celui qu'il venait d'apposer quelques minutes avant.
« Et enfin, vous avez démontré un esprit de commandant sur cette intervention et sur toutes les autres. Vous êtes écouté et respecté au sein de ce service, et plus particulièrement par les hommes sous vos ordres ou qui vous côtoient tous les jours, y compris les pompiers étant officiellement plus haut gradés que vous. De ce fait, et si vous l'approuver, le quartier général des pompiers de Chicago serait fier de vous monter en grade et de faire de vous le nouveau chef de bataillon de la caserne 51 ».
Matt ouvrit la bouche, tout aussi incapable de parler que Boden quelques minutes avant lui.
« Je crois qu'il est ému », affirma Kelly au maire. « Mais je crois qu'il veut dire oui ».
Matt était incapable de parler, mais il acquiesça finalement après quelques minutes. Le chef de district retira ses galons de lieutenant pour poser ceux de chef de bataillons, c'est à dire deux clairons qui se croisent. En quittant la scène, très fatigué et pris d'une grande douleur, il fut applaudit par tous les pompiers. Kelly le fit se rasseoir dans le fauteuil, le soulageant comme jamais. Matt versa une larme pendant que ses frères regardaient les nouvelles médailles sur sa tenue : un ruban avec cinq bandes : rouges aux extrémités, bleue au milieu et blanches entre les deux. Un autre ruban se tenait fièrement à côté, jaune sur les côtés et bleu au centre. Et les clairons bien en vue sur ses épaules.
« Je suis fière de toi moi aussi », murmura Gabby dans son oreille tout en séchant les larmes coulant sur ses joues.
Elle l'embrassa, fière.
« Je voudrais annoncer une dernière chose avant de laisser place à la fête ».
Tous les regards se posèrent à nouveau sur l'estrade, et tout le monde se tut.
« Comme vous le savez, il est interdit pour deux personnes de la même caserne de se marier », annonça le maire.
Gabby et Matt se tendirent.
« Mais cet incident a réussi à vous ouvrir les yeux messieurs et mesdames. Malgré le fait de ne pas être marié, Gabriela Dawson et Matt Casey forment un couple depuis trois ans à la ville, et un duo qui fonctionnent sur l'échelle 81 depuis un an et demi. Ils ont réussi à séparer leur vie privée et leur vie professionnelle pour réussir leur carrière et confirmer leur couple, et ce malgré les obstacles. Ils ont sacrifié leur mariage, et ont lu entre les lignes de la loi pour ne pas être séparés ».
Matt et Gabby ne savaient pas s'ils devaient être fiers d'eux, ou s'ils devaient avoir peur des représailles. Ils étaient effrayés, l'un comme l'autre.
« Le quartier général du département des pompiers de Chicago, avec l'appui du conseil municipal, a rendu son jugement ».
La tension grandit au sein des membres de la caserne 51. Tous redoutaient le pire.
« Si un couple travaillant dans la même caserne est capable de réaliser cette même distinction entre vie privée et vie professionnelle, alors ce couple n'aura pas à se cacher. Les couples sont officiellement autorisés au sein d'une même caserne ! »
La tension se libéra d'un coup au sein du groupe, chacun s'embrassant et se félicitant. Gabby et Matt se regardaient, totalement étonnés par cette décision. Mais finalement, ils décidèrent de s'embrasser comme jamais. Plusieurs minutes plus tard, le maire s'aperçut de l'impact de cette décision : plusieurs couples s'étaient formés, s'embrassant amoureusement. Des hommes, des femmes. Même les chefs de districts étaient étonnés de voir tant de couples se former. Il y en avait un vingtaine si on ne comptait pas le couple que formait Casey et Dawson.
« Tu te rends compte qu'officiellement, on n'a plus à se cacher ! »
« C'est une des plus belles journées de ma vie. Pouvoir montrer aux gens à quel point je t'aime ».
C'était des phrases que le maire et les chefs de districts pouvaient entendre depuis l'estrade.
« Espérons que cela n'ait pas de conséquences », lança discrètement l'un des chefs au maire.
« Aviez-vous entendu parlé du couple formé par Casey et Dawson pendant ces deux dernières années ? Et des autres couples que vous voyez dans la salle ? » lui demanda le maire.
« Non monsieur », répondit le chef de district.
« Alors les couples n'auront aucune incidence dans leurs performances au travail ».
Après de nombreuses minutes à se remettre de leurs émotions, les autres pompiers de la salle vinrent saluer les pompiers ayant été distingués aujourd'hui. Au bout de trente minutes de salutations, Matt ne pouvait plus tenir. Il avait terriblement mal et il était physiquement exténué. Gabby fit du coude à Kelly pour lui montrer que Matt ne pouvait pas rester à la soirée.
« Hey Matt... »
Kelly s'accroupit en face de Matt, relevant sa tête. Il avait les larmes prêtes à couler sur ses joues à cause de la douleur.
« Tu veux rentrer ? »
Après plusieurs secondes de réflexion, Matt acquiesça.
« Allez Matt on rentre. Enfin je veux dire... Chef ».
Matt soupira, souriant par la même occasion malgré la douleur, et faisant rire le reste de la caserne.
« Je vous préviens, le premier qui m'appelle chef à la caserne... Je lui refait le portrait. C'est bien clair ? ».
« Oui chef ! » lancèrent alors en cœur les pompiers avant d'éclater de rire.
Matt secoua sa tête de gauche à droite en fermant les yeux.
« Qu'est-ce que je vais faire de vous... », murmura-t-il sans être entendu.
« Allez les gars, profitez de la soirée ! Gabby, Matt et moi on rentre à la maison ».
Le retour fut très long et douloureux pour Matt. Et se déshabiller pour se mettre en tenue pour dormir ne fut pas facile du tout. La douleur lacérait les jambes et le dos de Matt, qui se retenait de crier de douleur. Kelly partit chercher ses médicaments pour l'aider à gérer la douleur avant de ressortir de la chambre pour laisser Matt et Gabby seuls. Les deux tourtereaux s'allongèrent, et Gabby se mit à caresser le torse de Matt, quelque chose qu'elle aimait pour s'endormir et l'endormir.
« Tu te rends compte ? Grâce à nous, les couples ne se cacheront plus », finit-elle par dire après cinq minutes.
Mais en n'ayant aucune réponse, elle tourna sa tête et vit que Matt s'était déjà endormi, la main posée sur son ventre bien formé. Elle savoura ce moment, continuant à passer ses doigts sur son torse avant de s'endormir elle aussi...
3 mois plus tard...
Gabby était en sueur, fatiguée. Cela faisait près de cinq heures qu'elle était entrée en salle de travail accompagnée de Matt.
« Je n'en peux plus... Je peux plus... »
« Hey hey... »
Matt lui prit la main, caressant son front et l'embrassant en même temps.
« Tu t'en sors bien pour le moment. Notre petit bout va bientôt être là d'accord ? Encore un effort ».
Elle ferma les yeux, totalement épuisée, et acquiesça. Une nouvelle forte contraction vint l'interrompre.
« Allez Gabby, une dernière fois, poussez ! »
Elle serra la main de Matt très fort, se redressa et poussa le plus fort qu'elle pouvait, criant comme jamais de douleur, voulant que tout cela se finisse. Elle retomba sur le matelas, haletante et en sueur. Elle arrêta de respirer en entendant un bruit très distinct. Un bruit qui la rendit heureuse, un bruit qui rendit tout aussi heureux Matt. Ils rirent, lui embrassant Gabby intensément. Leur enfant venait de naître, pleurant pour la toute première fois après avoir rempli ses petits poumons. La sage-femme l'enveloppa tendrement et posa l'enfant sur la poitrine de Gabby.
« Je vous présente votre premier enfant ».
Matt apposa son front sur celui de Gabby, admirant la beauté de cet enfant qu'ils avaient conçu. Il avait les cheveux légèrement noir, des yeux bleus perçants. Il s'était calmé presque instantanément en ressentant la présence de ses parents.
« On a conçu un être magnifique », murmura Matt.
La sage-femme repris l'enfant pour les tests et voir s'il était en parfaite santé.
Plusieurs dizaines de minutes plus tard, Gabby se reposait dans sa chambre, reprenant des forces après un accouchement difficile, long et douloureux. La sage-femme rentra avec un berceau où était endormi leur enfant.
« Salut mon petit ange... », murmura Matt.
Il passa un de ses doigts dans sa main, celui-ci le serrant par instinct. Cela le fit sourire.
« Votre petit ange est en parfait santé malgré ses deux semaines d'avance. 3,1 kilos pour 44 centimètres. Tout va parfaitement bien ».
Gabby se réveilla, observant cette minuscule forme dans ce berceau, enveloppé d'un drap vert très pâle, le drap que Matt et elle avaient jugé tellement magnifique qu'ils s'étaient promis que leur enfant serait dedans pour sa première journée dans ce monde.
« On peut ? »
« Bien sûr ! »
Matt prit l'enfant dans ses bras, tout doucement pour ne pas le réveiller et le tendit à Gabby. Matt l'embrassa et s'assit sur la chaise à côté d'elle.
« Je vais les chercher ? »
« Oui, vas-y ».
Matt se releva et partit pour la salle d'attente. Il s'arrêta devant les deux personnes qu'il était venu chercher.
« Gabby souhaite vous voir ».
Il se retourna et reprit la route inverse, suivi cette fois-ci par les deux personnes. Il rentra de nouveau dans la chambre, très calmement et sans bruit.
« Hey Gabby ».
Gabby leva les yeux et sourit à Sylvie et Kelly. Ils avaient le sourire jusqu'aux oreilles. Ils s'avancèrent vers Gabby, qui berçait tendrement son enfant.
« Oh mon Dieu... Elle est magnifique ! »
Brett était vraiment très émue, passant sa main sur sa bouche et versant quelques larmes. Quant à Kelly, il n'avait pas les mots. Matt tapa amicalement son dos pour le ramener dans le monde réel.
« Je... Je n'ai pas de mots... Félicitations ! »
Matt se rassit près de Gabby.
« Et... Comment s'appelle ce petit bout ? » demanda Brett.
Gabby et Matt échangèrent un regard plein de passion et d'amour.
« On a décidé de l'appeler Eliza Andréa Casey », annonça fièrement Gabby.
« En hommage à Shay et Darden », continua Matt.
Kelly ouvrit la bouche, mais était incapable de parler.
« Qui est Darden ? »
Brett ne le connaissait pas, et ni Matt ni Kelly n'allaient la blâmer pour avoir posé la question.
« Andy Darden était notre troisième frère à Matt et moi. Il est mort en service en octobre 2012 ».
« Oh... Je suis désolée, je n'aurais pas dû... »
« Ce n'est pas grave », coupa Matt en espérant la rassurer. « Tu ne pouvais pas savoir, tu ne l'as jamais connu ».
« Mais j'aurais dû savoir qu'il était... Vous savez ».
« Ce n'est rien Brett. Je t'assure », confirma Kelly.
« On voulait aussi vous demander quelque chose ».
Kelly et Sylvie redevinrent sérieux un instant, faisant face au couple et à l'enfant.
« On aimerait savoir si vous accepteriez d'être le parrain et la marraine d'Eliza ».
Brett rompit le silence qui s'était installé en se mettant à rire et en enlaçant gentiment Gabby, faisant attention de ne pas réveiller leur petite fille.
« J'en serais très honorée ! Oh mon Dieu... »
Brett s'était mise à pleurer de joie. Et Kelly la rejoignit peu après en enlaçant Matt.
« J'en serais aussi très honoré. Merci frangin », assura-t-il en lui tapant en retour dans le dos. « Je veux dire... Chef ».
Matt le frappa sur sa poitrine, lui lançant un regard narquois. Kelly savait que Matt détestait qu'on l'appelle comme ça, mais il le faisait pour l'embêter.
« Kelly... »
« Quoi ! Il est mon chef maintenant ! »
« Au travail Kelly, pas en dehors de la caserne », confirma Gabby.
« Écoute la dame, tu veux bien ? » se mit à ironiser Matt.
Depuis environ deux semaines, Matt avait pris son poste de chef de bataillon, permettant ainsi au chef Boden de prendre sa place de chef de district au quartier général. Cela lui faisait drôle de ne pas commander qu'une équipe, mais une caserne entière, voire plus quand plusieurs équipes d'autres casernes venaient en renfort sur des interventions. Mais tout le monde le respectaient et respectaient ses ordres. Avoir un pompier avec la médaille d'honneur de l'Illinois était déjà rare, mais travailler avec lui était un véritable honneur pour les pompiers de Chicago. Il en rêvait certes, mais aujourd'hui il était devenu le plus heureux des hommes : devenir père pour la première fois, d'une petite fille qui était le parfait mélange de Gabby et lui. Eliza était hâlée, mais moins que sa mère et plus que Matt, elle avait des yeux bleus à faire tomber les hommes qui la regardaient dans les yeux, et des cheveux d'un brun assez clair. Mais elle était encore bébé, et cela pouvait vite changer. Tous espéraient que non, qu'elle allait rester la beauté qu'elle était déjà. Cet incident aurait pu tous les séparer, mais avoir été enterrés vivants les avait rendu plus fort, plus uni. C'était une famille, une grande famille. Plus unie que jamais.
Alors? Vous en avez pensé quoi? Comme je le disais, la dernière surprise est cette note d'auteur: je suis en train de préparer une séquelle (une suite) à cette histoire. Elle se passera environ cinq ans après cette fanfiction. Je cherche encore des noms sympas, mais je pense que je vais garder le titre que j'ai en ce moment: 'rester vivant'. Je ne peux pas vous en dire plus malheureusement, mais vous en saurez davantage plus tard, quand je commencerai à la publier. En attendant, vous pouvez suivre mes autres histoires (la plupart sont en anglais mais si vous la demandez en français, JE PEUX les publier dans notre langue de Molière :)
