Coucou tous le monde!

Je vous ai encore fait attendre, pardonnez moi, je suis incorrigible!

Je n'ai pas énormément de choses à dire, pour une fois. Donc je vous épargne mes paragraphes de débuts de chapitres :)

Merci beaucoup cependant à tous ceux qui laissent des reviews, qui suivent cette fiction et qui la mette en favori. Ça compte énormément pour moi, ce petit monde que je construis n'existerait pas sans vous.

Merci à tous ceux qui me soutienne aussi sur Twitter. J'ai rencontré des gens incroyables. Ils se reconnaîtront :)

Merci à ma bêta, Brookey20! Elle a fait un super travail mais en raison de son emploi du temps chargé, elle rend son tablier! Merci à elle d'avoir eu le courage de corriger mes interminables chapitres!

Cependant, si quelqu'un est intéressé par ce rôle de bêta, la porte est ouverte!

ENJOY!


Chapitre 9

Blaine était assis dans le canapé, zappant les chaines sans vraiment faire attention aux programmes. Une façon d'occuper ses mains.

On ne se doute pas de la sensation que ça fait d'avoir ses mains pour soi, de savoir ce qu'on fait, de savoir qu'on contrôle. Qu'on se contrôle soi-même. Blaine savait ça. Et il en profitait. Il savait qu'il pouvait repartir à tout moment et devenir quelqu'un qu'il ne connaissait pas, qui n'était pas lui.

Les crises commençaient à s'espacer. Ça faisait maintenant deux semaines qu'il était dans cette maison, à suivre un traitement intensif, autant psychologique que médicamenteux. Un psychiatre venait trois fois par semaine, pour "parler" soi-disant. Tout ce que Blaine savait, c'est qu'il lui aurait bien mis son poing dans la figure.

Si les séances ne l'aidaient pas, les médicaments commençaient à faire effet. Selon le docteur, leurs rôles étaient de réduire les crises, mais aussi d'éviter la perte de mémoire. Ce n'était pas courant qu'un bipolaire ne se souvienne de rien.

Blaine n'avait pas encore expérimenté les médicaments en pleine crise. Sa dernière remontait à une semaine, avant qu'il ait commencé le traitement. Mais des brides de mémoires lui revenaient. Par exemple, ce qui s'était passé avant que Kurt et lui ne se retrouve dans cette cabane, avec un homme - Josh, lui semblait-il - à terre.

Il avait beau se souvenir de tous ce qui s'était passé ce jour-là, ça restait dur à encaisser. Ses souvenirs restaient brumeux, voilés, comme si ce n'étaient pas les siens. Il ne parvenait pas à se reconnaître. Cet homme en frappant un autre, allant même jusqu'à menacer Kurt de... Oui, presque de mort... Ce n'était pas lui tout ça.

D'autres brides lui revenaient. Quelques souvenirs de sa crise à l'hôpital, une autre qu'il n'arriverait pas à dater mais qui s'était passée chez Kurt...

A chaque fois, Blaine avait peur. Il ne parvenait pas à se placer en tant qu'acteur, seulement spectateur. Il se sentait faible, incapable de prendre le contrôle de son propre corps. Il aurait presque préféré être possédé. Au moins, il aurait su que le problème était extérieur. Dans le cas actuel le problème, c'était lui.

Il zappa une nouvelle fois, tombant sur la BBC.

Politique, scandale financier, mort de quelques personnalités d'Amérique, people...

Il soupira. Un jour il comprendrait pourquoi le monde ne tournait pas rond... Un jour...

Il éteignit la télévision, préférant faire face à un écran noir plutôt qu'à tout ce lot de conneries. Les gens n'étaient-ils pas assez malheureux? Avaient-ils vraiment besoin de connaitre les malheurs des autres?

En tous cas, la question ne se posait même pas pour lui.

Carole entra dans la pièce, un grand sourire aux lèvres, un plateau dans les mains. Grand verre de jus d'orange, quelques tranches de cake aux fruits et un petit carré de chocolat pour finir. Blaine savait pourquoi elle garnissait autant son plateau: pour tenter de cacher les deux petites pilules orange, coincées entre le chocolat et le cake.

Il ne s'en plaignait pas. C'était toujours mieux qu'un verre d'eau.

"Tu ne trouves rien à la télévision? demanda Carole."

Blaine haussa les épaules.

"Ils ne passent vraiment que de le merde, c'est affligeant à voir..."

Carole tiqua face au vocabulaire du brun, mais ne dit rien. Elle commençait à être habituée.

Au moins, Blaine avait abandonné les insultes. Deux semaines qu'il était ici maintenant, et une semaine et demie que Kurt était rentré. Ils commençaient tous les trois à trouver un équilibre, fragile, mais un équilibre tout de même. Blaine semblait mieux supporter leur présence, même s'il préférait rester seul la moitié du temps. L'autre moitié, il la passait avec Kurt. D'après ce que Carole avait vu, les deux garçons s'entendaient bien. Enfin, bien... Disons que Blaine supportait Kurt mieux qu'il la supportait elle.

Cependant, elle voyait des améliorations de ce côté-là. Blaine était plus présent dans la maison. Le seul endroit où Carole pouvait lui concéder un peu de solitude était sa chambre. Elle avait consciencieusement tout rangé, nettoyé, prenant bien soin de ne laisser aucun objet dangereux dans le peu de mètres carrés où Blaine dormait. Elle n'avait pas oublié ses tendances suicidaires.. C'est pourquoi elle gardait un œil sur lui lorsqu'il était en dehors de la chambre et quelques pièces, dont la cuisine, lui étaient interdites d'accès.

C'était d'ailleurs une situation dure à gérer pour Carole. Elle travaillait et, depuis quelque temps, Kurt s'investissait corps et âme dans le Glee Club. Leurs emplois du temps à tous les deux étaient remplis et il arrivait parfois qu'aucun des deux ne puissent rester à la maison avec Blaine. Auquel cas, ils l'enfermaient dans sa chambre, le seul endroit vraiment sûr pour lui. Carole se souvenait de ses hurlements les premières fois, de ses insultes... Elle avait eu tellement, tellement de mal. Son cœur se brisait à chaque cri et aucun d'eux ne pouvaient sortir de sa tête pendant la journée.

Séquestration. Elle détestait ce mot, mais il fallait se rendre à l'évidence.

C'est pour son bien.

"Bon, c'est l'heure de prendre ton traitement..."

Blaine grogna mais s'empara tout de même du verre de jus d'orange et des médicaments. Il fourra les pilules dans sa bouche, prit une gorgée de jus et avala le tout.

Comme à chaque fois, Carole était surprise. Elle s'attendait à plus de rébellion venant du garçon. Mais il commençait à se calmer. Les premiers jours dans la maison avaient été durs. Il ne sortait presque jamais, refusait catégoriquement de voir Carole et, bien que Kurt était le seul à pouvoir mettre un pied dans sa chambre, il le renvoyait balader.

Mais tout ça se calmait... Même lorsqu'ils l'enfermaient, il ne hurlait plus.

C'est pour son bien, se répéta Carole.

"Tu sais que ce soir on a des invités? demanda-t-elle."

"Hein, de quoi? Articula le bouclé avec une part de cake dans la bouche."

"Santana et Brittany. Tu ne les as jamais vues, il me semble. A votre seule rencontre tu étais... inconscient."

Le garçon ricana avant de fourrer une autre part de cake dans sa bouche sans rien dire.

"En tous cas, elles viennent manger. J'espère que... enfin que tu.. Que ça se passera bien..."

"Que je resterai civilisé, c'est ça? Railla Blaine"

Carole ne répondit pas. Parce qu'il avait touché dans le mille.

Une clé tourna dans la serrure de la porte d'entrée et la tête de Kurt ne tarda pas à faire son apparition dans l'encadrement de la porte. Carole soupira. Au moins, elle n'aurait pas à répondre à la question.

"Bonjour tout le monde, lança Kurt en balançant son sac sur un canapé libre, avant de finalement le reprendre et de s'asseoir à sa place."

Il paraissait renfrogné.

"Ta journée s'est mal passée? demanda Carole pendant que Blaine avalait toutes les parts de cake une par une."

Kurt soupira.

"Si. Si, bien. Mais les gamins du Glee Club sont pas croyables. Tu sais que j'ai fini par donner Keep Holding on à Gladys? Eh bien Joy fait la tête. Je pense que je vais lui offrir la troisième chanson mais encore faut-il qu'on la trouve! Je leur ai dit qu'on abandonnait l'idée de faire une chanson originale pour les Régionales mais ils s'entêtent! On se retrouve avec des trucs complètement loufoques! Encore plus que Trouty Mouth de Santana à l'époque..."

Blaine écoutait toujours les comptes rendus des journées de Kurt avec attention. Il les considérait un peu comme l'animation de sa journée.

"Vous ne devez pas avancer, alors? demanda Carole."

Kurt haussa les épaules.

"Comme on n'est plus qu'à un mois du concours, on commence les chorégraphies. Merci, ils sont doués en dance... En tous cas, meilleurs que Finn avec ses deux pieds gauches palmés! Mais sans une troisième chanson on n'y arrivera jamais"

"Ne t'en fais pas, tu vas y arriver, le rassura Carole. Tu y arrives toujours!"

Kurt grogna.

"J'espère..."

Sa belle-mère se leva.

"Bon, je vais commencer à faire le dîner Tu n'as pas oublié que Santana et Brittany venaient ce soir, Kurt? Très bien... J'ai pensé qu'en attendant, toi et Blaine vous pourriez sortir. Ça te dirait Blaine?"

L'interpellé avala une bouchée de cake de travers.

On ne l'avait jamais laissé sortir de la maison depuis qu'il était arrivé, même en compagnie de quelqu'un. Il était soi-disant, "trop instable".

"Tu es sûre que c'est une bonne idée, Carole? demanda Kurt en fronçant les sourcils."

"Bien sûr! Allez-vous amuser un peu, le pauvre il va finir par perdre sa peau mate s'il ne voit pas le soleil."

Elle sourit à Blaine, qui ne lui rendit pas. Elle ne s'en préoccupa pas: un sourire sincère venant de Blaine, c'était demander la lune à un lutin du Père Noël.

Cette proposition de sortie était mûrement réfléchie. Cette culpabilité qui la rongeait a chaque fois qu'elle voyait Blaine, enfermé dans cette maison comme dans une cage, devenait impossible à gérer. Elle avait autant besoin que Blaine de cette sortie.

"Bon... Capitula Kurt. Tu viens? dit-il à Blaine. Je pense que tu n'as pas besoin de ton manteau, il fait encore chaud dehors."

Le bouclé s'empara du verre de jus d'orange qu'il vida d'un trait avant de rejoindre Kurt qui s'était déjà levé de son fauteuil et avait récupéré les clés de sa voiture dans la coupelle à côté de la porte d'entrée.

"A tout à l'heure Carole! fit Kurt"

"A tout à l'heure, les garçons."

Ils passèrent tous les deux la porte et se dirigèrent en silence vers la voiture. Blaine s'installa, regardant autour de lui.

Ça faisait du bien de sortir un peu de la prison douillette que représentait la maison des Hummel-Hudson pour lui. Il avait peur de devenir finalement fou en restant enfermé. Enfin... Plus fou qu'il ne l'était déjà.

Kurt et lui s'était déjà entrepris avec ça. Une dispute de courte durée, mais qui avait marquée leurs deux esprits... Sous un accès de rage inexplicable, Blaine avait hurlé qu'il était fou, que rien ne le changerait et que Kurt ne pourrait rien y faire. Il pourrait essayer de le coucouner comme il le voulait, c'était fini pour lui! Que de toute façon, ce qu'il voulait, c'était en finir avec la vie et ne plus voir son visage. Kurt avait répondu en claquant la porte en sortant de la chambre...

Le jour suivant, Carole et Kurt avaient ratissés tous les coins de la maison où Blaine avait accès pour enlever tout objet qu'il pourrait détourner en arme contre lui-même.

Blaine soupira et regarda son poignet. Malgré tout, il la sentait, l'énergie qui pulsait inlassablement contre ses fines veines, demandant à être libérée. Elle était tellement violente que ça lui faisait presque mal. Malheureusement, il ne pouvait rien faire pour se soulager...

Il avait toujours l'intention de quitter cette vie, de rejoindre Sebastian dans le néant. A moins que lui soit relégué aux enfers.

C'était pour ça. Toute cette immense mascarade. Blaine savait que Carole pensait qu'il s'adaptait, que son état mental se stabilisait, qu'il reprenait goût à la vie avec ses cookies, ses cakes et ses verres de jus d'orange. Elle pensait que Blaine allait mieux. Qu'il y avait un espoir pour lui.

Seulement voilà. La prison façonne les gens, comme elle l'avait façonné, lui. Elle lui avait appris à mentir, à jouer la comédie, à savoir se faire discret et malin pour arriver à ses fins. C'était ce qu'il faisait. Il se faisait discret.

Pourquoi? Parce que Carole lâcherait la bride si elle pensait qu'il allait mieux, elle ferait moins attention.

Il ne supportait pas de sentir tous ces sentiments. Manque, culpabilité, honte. Cette impression de ne plus s'appartenir. C'était trop pour lui, il avait dépassé son quota de souffrances.

Alors peut-être que s'il jouait le bon rôle, il parviendrait à mettre un pied dans la cuisine pour voler un couteau.

Et en finir avec tout ça.

"Où est-ce que tu veux aller? demanda Kurt en mettant le contact."

Blaine ne répondit pas.

"Je pensais... commença Kurt, hésitant. Je pensais que... Que peut-être tu aimerais faire un tour à la... Dalton académie...?"

Le cœur de Blaine manqua un battement.

La Dalton Academie. Son ancien lycée, le berceau de sa jeunesse, de son histoire avec Sebastian. Était-il vraiment prêt à y retourner? En avait-il seulement envie?

Qu'y aurait-il là-bas? Des gens qui se souviendraient de lui? Il en doutait, trop d'années étaient passées. Par contre, il était prêt à mettre sa main au feu qu'il y avait un nom qui n'avait pas été oublié. Un nom qui avait marqué toutes les mémoires.

Surtout celle de la chorale.

Celle de son charismatique leader regretté.

Sebastian Smythe.

Accessoirement assassiné par son petit copain de l'époque, Blaine Anderson.

Des frissons lui parcoururent le dos, partant de la nuque jusqu'à la chute de ses reins. Les gens connaissaient-ils le responsable de ce crime? Savait-il que c'était lui qui l'avait tué? Et si c'était le cas, connaissaient-ils seulement toute l'histoire?

"Pourquoi tu penses que je voudrai aller là-bas? demanda Blaine."

Kurt se tortilla sur son siège, mal à l'aise.

"Eh bien... Je sais que tu as été là-bas et puis... Tu sais. Il y avait Sebastian aussi et je pensais que... Enfin que tu préférerai te rendre là-bas plutôt que sur sa tombe."

Kurt se serait donné des baffes.

Mais quel idiot, mais quel idiot! Ton tact tu l'as gagné dans une pochette surprise à Pâques ou quoi?

Blaine frissonna encore. Tombe. Sebastian. Dire que c'était à cause de lui que Kurt pouvait mettre ces deux mots dans la même phrase.

Il se sentait comme de la merde quand il pensait à ça. Son estomac se tordait dans tous les sens et son cœur battait la chamade. Tout ce qu'il voulait, c'était planter ses doigts dans son torse pour en extirper son cœur déchiqueté. Il aurait aimé pouvoir le donner à Sebastian, échanger sa vie contre la sienne.

Mais voilà. C'était impossible.

"Tu veux y aller alors? demanda Kurt, le sortant de ses pensées morbides."

"Pourquoi pas? fit Blaine, qui regretta ses paroles à la seconde même où elles étaient sorties de sa bouche."

Kurt sourit. Il était content que Blaine accepte. Ça faisait un moment que cette idée lui trottait dans la tête et à vrai dire, ça lui tenait vraiment à cœur.

Il n'arriverait pas à expliquer pourquoi il le voulait tellement. C'était comme si une petite voix lui soufflait à l'oreille que Blaine avait besoin de ça, de relier avec son passé pour pouvoir avancer. Quoi de mieux que de relier avec Sebastian pour pouvoir aller de l'avant? Il avait peut-être seulement besoin de faire son deuil...

Dans la voiture, aucun des deux ne parla. Blaine sentait son estomac se serrer à chaque mètre que la voiture parcourait. Parce qu'à chaque mètre, il se rapprochait de la Dalton académie. Et de Sebastian, d'une certaine façon.

Kurt ne pouvait pas se douter de ce qu'il se passait dans la tête du brun. Il pensait simplement que c'était la tristesse qui mettait Blaine dans cet état, le faisant se ronger les ongles en se tortillant sur son siège.

Il ne se doutait pas qu'il y avait un autre sentiment là-dedans.

La culpabilité.

Après plus d'une demi-heure de trajet silencieux, Kurt gara la voiture sur le parking de la Dalton Academie, coupa le contact et regarda Blaine.

Ce dernier était totalement tétanisé. Il regardait les bâtiments familiers devant lui, les élèves qui passaient dans leurs blazers marines et pantalons marron que Blaine avait si souvent portés.

Ses mains tremblaient, il sentait sa peau se recouvrir d'une pellicule de sueur. Était il vraiment prêt pour ça? Était il vraiment prêt à faire face à son passé, son histoire avec Sebastian, son crime? Pouvait-il seulement le supporter?

Une partie de lui ne voulait qu'une seule chose: partir, courir, s'enfuir. Loin d'ici, loin de ce monde, de cette vie, de cette putain de culpabilité qui lui enserrait les entrailles. Son sang pulsa dans ses veines et il jeta un coup d'œil aux cicatrices sur son poignet. Si seulement...

Anderson, tu es lâche.

Cette pensée lui brisa le cœur, et il regarda les petites veines bleues courir sous sa peau. Était ce de la lâcheté de vouloir s'en aller? De vouloir partir retrouver Sebastian?

C'est de la lâcheté de vouloir mourir pour ne pas faire face à son passé et à ses erreurs. Je te croyais plus fort que ça...

Blaine releva la tête et fixa encore une fois la lourde porte de son ancienne école, celle qu'il avait poussée tant de fois. En prison, il avait appris à ne pas être lâche, à toujours faire face aux autres. Aux autres, mais à lui-même?

"On y va, chuchota-t-il, à peine assez fort pour que Kurt l'entende."

Le châtain sourit. Il savait que Blaine ne reculerait pas à la dernière seconde. C'était encore la petite voix qui lui avait dit.

Tu tournes schizo, fait gaffe.

Il s'empara des clés sur le contact et ouvrit la portière. Il se retourna, pour voir si Blaine suivait le mouvement. Le garçon était déjà dehors.

Kurt n'avait jamais mis les pieds à la Dalton Academie, ou presque. Une seule fois, en fait. Il en gardait un souvenir horrible.

C'était sa première rencontre avec Sebastian, d'ailleurs.

Ça remontait à la période qui suivait son coming out, quand tout McKinley semblait le détester, quand Rachel avait tous les solos à la chorale et que son père semblait plus proche de Finn que de lui. Kurt avait voulu changer, il avait voulu repartir sur de nouvelles bases. Il avait besoin d'un endroit où on le comprendrait, où personne ne le jugerait. D'après ce qu'il avait entendu, la Dalton Academie remplissait les critères.

Il s'en souvenait comme si c'était hier...

FLASH BACK

Kurt poussa la porte de la Dalton Academie. L'édifice était splendide, rien à voir avec McKinley. Les plafonds étaient hauts, les sols faits de parquet, les portes sculptées.

C'est ton chez-toi ça, Kurt. Ça te ressemble.

Un grand sourire aux lèvres, le châtain rentra dans l'école.

Les garçons passaient à côté de lui, lui adressant un sourire ou un bonjour. Personne ne le méprisait ou le jetait contre les casiers. D'ailleurs, Kurt ne voyait pas de casiers... Cette école était définitivement parfaite.

A part peut-être cet affreux uniforme qu'ils portaient tous. Enfin, avec un peu d'accessoires, Kurt pourrait en faire quelque chose de potable.

Il monta un escalier de pierres en colimaçons, aussi impressionnant que magnifique. Décidément, il en prenait plein les yeux.

Mais pourquoi est-ce que tu as perdu ton temps à McKinley?

Il avait monté une dizaine de marches quand quelqu'un le héla.

"Eh, toi!"

Il se retourna et se retrouva face à un garçon, un peu plus grand que lui, les cheveux châtains relevés de façon désinvolte à l'aide d'un peu de gel et un sourire craquant aux lèvres.

Kurt.. Aurais-tu dit craquant?

"Bonjour, je m'appelle Sebastian Smythe, fit le garçon avant de tendre la main vers Kurt"

Une main que Kurt s'empressa de serrer.

"Kurt Hummel, déclara-t-il avec son plus beau sourire"

Dieu, que ce mec est canon dans son uniforme!

"Kurt Hummel? J'ai entendu parler de toi!"

"Ah.. Euh.. Vraiment?"

Sebastian acquiesça d'un signe de tête.

"Oui. Tu fais parti des New Direction de McKinley, non?"

Kurt fit oui de la tête et Sebastian parti dans un grand rire.

"Qu'est-ce que tu fais ici? Tu cherches le grand amour parmi la multitude de gays qui étudient ici ou tu espionnes?"

"Oh non non, je n'espionne pas! S'empressa d'assurer Kurt. Je viens voir si cette école est faîte pour moi."

Sebastian continuait de sourire, avec une lueur étrange dans les yeux.

Envie, désir, amusement.

Kurt était finalement mal à l'aise sous ce regard insistant. Il avait l'impression d'être un bout de viande que le garçon voulait dévorer.

"Je vois... fit Sebastian. Je pourrai te présenter les Warblers mais en fait, je ne le ferai pas!"

Son grand sourire commençait sérieusement à effrayer Kurt. Ce n'était plus un sourire poli, ou même amical. C'était autre chose, quelque chose de malsain, quelque chose que Kurt ne comprenait pas.

Et la lueur dans ses yeux ne changeait toujours pas...

"Euh... Pourquoi? demanda-t-il"

Sebastian ria.

"Tout simplement parce que tu es bien trop sexy pour que je prenne le risque de t'approcher des autres! Qui sait, il y en aurait peut-être un que tu préférerais à moi!"

Ok, cette conversation est carrément bizarre...

"Oh, eh bien..."

Mais qu'est-ce que Kurt pouvait bien répondre à ça? Il avait en face de lui un des mecs les plus sexy de la planète, apparemment gay, et qui semblait vouloir lui sauter dessus. Sauf que toute cette situation le mettait mal à l'aise. Tout ce qu'il souhaitait, c'était se cacher dans un trou de souris pour n'en sortir que quand Sebastian serait parti bien loin.

"D'accord je comprends, fit Sebastian qui partit dans un grand éclat de rire. Tu as déjà un copain, et tu te sens mal de le tromper!"

"Oh non, non, je n'ai pas de copain, je suis..."

"C'est bon Kurt, le rassura Sebastian en montant une marche vers lui. J'ai un copain moi aussi, mais qui s'en préoccupe? Pas moi en tout cas, ce gars est un boulet. Rien ne nous empêche de nous amuser. Tu sais, deux mecs sexy comme nous peuvent faire des étincelles si on les met tous les deux dans un lit..."

Kurt, il est temps de partir, ce mec est malade.

"Euh vraiment, je ne suis pas intéressé."

"Tu ne dirais pas ça si tu avais vu mon... Engin, déclara Sebastian en montant encore une fois une marche vers Kurt"

"Je dois y aller désolé"

Kurt tourna les talons et continua à monter les marches sans prêter attention aux ricanements de Sebastian dans son dos. De toute façon, Kurt n'en avait que faire des ricanements d'un mec pareil. Premièrement, il traitait son copain de boulet. Deuxièmement, il le trompait sans aucune honte. Troisièmement, il n'avait aucun scrupule à avoir des relations avec un garçon déjà pris.

Kurt ne comprendrait jamais les gens pareils. Le véritable amour avait-il vraiment disparu de la surface de la Terre?

FIN DU FLASH BACK.

Kurt regarda Blaine, toujours en admiration devant les bâtiments. Était il avec Sebastian à l'époque? Est-ce que c'était de lui dont Sebastian parlait en disant "ce gars est un boulet"? Kurt ne l'espérait pas. De ce qu'il avait pu voir de Blaine, lorsqu'il lui avait appris pour la mort du Warbler ou pendant ses crises, Sebastian comptait énormément pour lui. Souvent, il l'appelait dans son sommeil, ou il parlait de lui lorsqu'il faisait une crise.

Kurt n'en avait jamais parlé à Blaine. Il sentait bien que cette histoire était quelque chose de tabou pour le bouclé.

Kurt savait que Sebastian était un vrai connard, mais imaginer qu'il avait pu traiter Blaine de cette façon le révoltait.

"On rentre? demanda le bouclé avec une voix qu'il tentait malgré tout de maîtriser"

Pourtant, il n'arrivait pas à arrêter les tremblements dans sa voix. A chaque fois qu'il s'agissait de Sebastian, son corps se révoltait contre lui-même. Des émotions plus fortes les unes que les autres s'entrechoquaient dans sa tête et il se savait plus ce qu'il se passait.

Amour, culpabilité, désespoir, haine.

Haine?

D'où venait ce sentiment? Blaine avait l'impression qu'il était là depuis longtemps, sans qu'il s'en rende compte. Parce que ce n'était pas de la haine contre lui-même. C'était de la haine contre Sebastian.

Comment était-ce possible?

Blaine se souvenait parfaitement de la relation qu'il entretenait avec le Warbler. Une relation cachée, parce qu'il ne voulait pas que les gens soient au courant. Sebastian avait été d'accord avec ça, bien qu'il lui avait avoué que ça lui faisait mal de se cacher...

Mais malgré ça, il y avait tout cet amour entre eux, ses baisers secrets, ses étreintes dans une salle de classe vide, des moments un peu trop intimes sous la douche... Ils étaient fusionnels, Sebastian était l'homme parfait. Attentif, toujours à l'écoute, avec un humour sans pareil.

Alors, d'où venait cette haine?

Blaine avait beau fouiller, il ne comprenait pas.

Ce sont les médicaments qui te font perdre la tête.

Oui.. C'était surement ça.

Il pénétra, suivi de Kurt, dans le grand hall du bâtiment.

Tout était comme dans son souvenir. Les murs, les décorations, les chaises, les élèves en uniformes qui passaient inlassablement. Rien n'avait changé. Blaine regardait comme un enfant qui rentre dans un parc d'attraction.

Kurt, quant à lui, ne pouvait pas quitter Blaine des yeux. Il le voyait s'émerveillé, regarder autour de lui comme si tout était nouveau. Il avait l'impression de lui avoir offert sans le savoir le plus beau des cadeaux. Ses yeux vert-noisettes brillaient, et un sourire illuminait son visage. Un sourire... Kurt en voyait si rarement.

Le châtain souriait lui aussi. Parce qu'il avait rendu Blaine heureux.

Pendant plus d'une demi-heure, ils déambulèrent dans toute l'école. Ils ne se parlaient pas. Kurt sentait que c'était un moment que Blaine devait partager avec lui-même. Mais il était content d'être là, en tant que spectateur. Ce visage émerveillé faisait naître de magnifiques choses en lui, qui le faisait sourire comme jamais. Il ressentait une joie sans égale, une envie de ne jamais voir ce sourire se faner et un besoin d'avoir ses yeux constamment posés sur Blaine.

Son petit cœur battait à la vitesse de l'éclair tellement la joie était forte.

Puis, Blaine arriva devant une porte en bois. Son sourire disparut et ses yeux se voilèrent. Un voile que Kurt avait déjà vu des millions de fois sur son visage, celui qu'il portait presque en permanence. De la tristesse, du manque, de la mélancolie, de la douleur.

Le bouclé posa sa main sur la porte, et celle-ci s'ouvrit. Elle n'avait jamais fermée correctement.

Alors, la salle de chant apparut.

Il ne venait presque jamais ici pendant sa scolarité. C'était Sebastian le Warbler, pas lui. Mais cette pièce respirait son ancien petit ami comme s'il y était encore. Blaine pouvait le sentir, comme si son fantôme tournoyait autour de lui. Il sentait sa présence, comme une ombre de sentiment, un vent qui soufflait tout autour de lui, portant ressentiment, haine, tristesse. Ce n'était pas ce qu'il ressentait lui. C'était les sentiments de Sebastian.

La salle était vide. Blaine en était heureux. Il n'aurait pas voulu avoir à faire face à un Warbler. Surtout si le Warbler en question l'avait reconnu. Que ce serait-il passé si ça avait été le cas?

Que savaient les gens au juste? Savaient-ils que c'était lui l'assassin?

Surement pas.. Tu ne le savais pas toi-même. Kurt est au courant de la mort de Seb, mais pas de l'identité du meurtrier. Personne ne sait...

Kurt...

Blaine se retourna vers lui. Il n'était pas encore rentré avec lui, et ses yeux océans semblaient le sonder, comme pour comprendre ce qu'il se passait dans sa tête. Mais il ne disait rien, et Blaine l'en remerciait.

Pourtant, il était content qu'il soit là. Il n'aurait jamais voulu se retrouver totalement seul dans cette pièce, comme si la présence d'une autre personne pouvait éloigner les fantômes qu'il sentait flotter autour de lui. Enfin... Surtout un en particulier.

Le bouclé se détourna de Kurt et ses yeux balayèrent la pièce...

...Avant de tomber sur une photo encadrée.

Son cœur cessa de battre. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vu?

Sebastian.

Son visage était exactement le même que dans ses souvenirs. Un petit sourire malicieux au coin des lèvres, une lueur cachotière dans le regard, ses cheveux châtains toujours impeccablement mis...

Autour du portait, plein de petits mots avaient été accrochés. Des amis étaient venus le remercier, lui dire qu'ils l'aimaient et qu'il allait leur manquer.

Son cœur saignait. Ce n'était pas de la même façon que ses poignets, ce n'était pas la même douleur. Il n'y avait pas cette délivrance que Blaine recherchait tant. Il n'y avait que de la douleur, à chaque battement. Il n'y avait pas de contrôle. Il ne pouvait rien faire contre ça. Il subissait, c'était tout.

Pourtant, malgré la douleur, malgré tout le sang qui s'écoulait à l'intérieur de son corps, il ne pouvait pas détourner les yeux du visage de Sebastian. C'était tout ce qu'il restait. Des photos. Ses yeux ne s'animeraient plus jamais, il ne sourirait plus. Et tout ça à cause de lui.

Le fantôme tournait autour de lui. Encore et toujours, semblant vouloir le faire culpabiliser encore plus qu'il ne le faisait déjà. Comme s'il lui soufflait "regarde ce que tu as fait", à l'oreille.

Un liquide chaud coula de ses yeux. Blaine se demanda si c'était le sang qui sortait enfin de son corps. Quand la première goutte tomba sur ses lèvres, un gout de sel emplit sa bouche.

Il ne saignait pas, il pleurait.

Kurt restait en retrait, regardant Blaine pleurer son petit ami en silence, tout en caressant la photo des doigts. Une partie de lui voulait partir, laisser Blaine seul pour qu'il puisse pleurer Sebastian. L'autre lui disait que le bouclé avait besoin de lui, qu'il était fragile derrière ses allures de gros dur et qu'il devait rester là. Même si c'était à 5 mètres. Même s'il ne disait rien.

Kurt croyait cette seconde partie.

En voyant Blaine dans cet état, il pria pour que Sebastian ait joué franc jeu avec lui. Qu'il ne l'ait pas trompé. Ce garçon ne méritait pas ça...

"Je veux partir... murmura Blaine"

Kurt s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule.

Le bouclé ne réagit pas à ce contact alors que pourtant, il réchauffait son cœur douloureux. Et chassait le fantôme de Sebastian qui tournoyait.

"Alors on y va, chuchota Kurt"

Blaine se retourna et ses yeux larmoyant rencontrèrent les océans de Kurt. L'odeur vanille-cannelle vint lui chatouiller les narines. Et il eut envie de pleurer encore plus.

Kurt ne savait plus quoi faire. Il n'avait jamais vu Blaine dans cet état, il ne l'avait jamais vraiment vu pleurer en dehors de ses crises. Or, il savait que Blaine était parfaitement lucide. Et il n'était pas habitué à ça.

Il s'était rendu compte que Blaine se "civilisait", qu'il acceptait sa présence et que ça commençait à aller mieux. Mais jamais il n'aurait pensé que le garçon pourrait se laisser aller à pleurer devant lui.

Blaine ne se préoccupait plus de savoir que Kurt le voyait dans cet état. A ce moment, il en avait juste de marre de cette carapace, de refouler sans cesse ses sentiments. Il n'en pouvait plus, c'était plus qu'il pouvait en supporter. Le sang battait contre ses veines et il eut presque envie de se les ouvrir avec les dents.

Le fantôme de Sebastian revenait, encore et toujours, malgré la présence des océans et de la vanille-cannelle. Rien ne changeait, rien ne changerais jamais. Qu'il soit à la Dalton Academie ou pas, ce fantôme le suivrait partout, lui rappelant à tout heure son crime. Il ne supporterait pas ça, il se supporterait pas ça...

Kurt cherchait quelque chose à dire, quelque chose à faire. Il avait envie de prendre Blaine dans ses bras mais il avait trop peur de sa réaction.

Il n'eut pas le choix.

Le visage de Blaine se ferma, devint dur comme du roc, et ses larmes arrêtèrent d'un coup de couler. Ses yeux se cadenassèrent de l'intérieur, devenant seulement deux miroirs de haine et de colère.

"Blaine? Blaine ça vas?"

Kurt posa ses deux mains sur les épaules de Blaine et ce dernier eut un bond en arrière. Son visage se teinta d'une cruauté que Kurt n'avait encore jamais vue. Une cruauté, une colère, une haine.

"CASSE-TOI, CONNARD! JE NE VEUX PLUS TE VOIR! hurla Blaine"

Kurt sursauta.

Et il comprit.

Une nouvelle crise...

"Blaine, Blaine écoute-moi, c'est Kurt."

"Casse-toi. Tu ne comprends donc pas? Casse-toi où je te jure que je vais te faire du mal."

Son expression était glaciale et ses yeux voilés se posèrent sur Kurt. Le châtain eut froid dans le dos.

Blaine était dangereux. C'était une certitude, ce n'était pas une petite crise comme les autres. Celle-ci était beaucoup plus féroce, beaucoup plus violente que les autres.

Il sentait son cœur battre dans sa poitrine. Quoi faire? Se défendre? Les muscles saillant sous les bras du brun lui indiquaient qu'il n'était pas de taille. Fuir? Il ne pouvait pas laisser Blaine seul dans un lycée et surtout dans cet état. Il pouvait frapper sur n'importe qui...

"Blaine, c'est Kurt. Kurt."

Tout à coup, Blaine prit sa tête dans ses mains et se la frappa contre les murs. Il parlait, murmurait des choses que Kurt ne comprenait pas.

Puis, il l'entendit pleurer.

Blaine pleurait en se frappant la tête contre les murs.

Kurt s'approcha, espérant que de violent et dangereux il était passé à déprimé et inoffensif.

"Blaine?"

Le bouclé tourna la tête vers lui et Kurt eut peur une nouvelle fois. Parce que ce qu'il voyait dans les prunelles vert-noisettes, ce n'était plus de la haine, c'était du désespoir.

"Kurt, Kurt, murmura Blaine en se rapprochant du châtain qui n'osait plus bouger."

Ses yeux étaient fous, regardaient partout, comme s'il cherchait quelque chose. Quelque chose qui le terrifiait.

Puis, il se jeta sur Kurt, l'enserrant dans ses bras, comme un enfant se blottissant dans les bras de sa mère après un cauchemar.

Le châtain ne respirait plus. Il ne savait pas comment réagir. Mais en entendant les pleurs de Blaine contre sa nuque, il sut ce qu'il lui restait à faire.

Il enroula ses bras autour de Blaine et le serra contre lui. Pour le protéger. De quoi, il n'en était pas sûr. De ses crises, de sa maladie, de ses démons qui le dévoraient.

Ses démons... Kurt savait ce que c'était d'avoir des démons. Il avait les siens. Mais ceux de Blaine lui faisaient peur. Il craignait qu'ils lui fassent faire des choses terribles. Il aurait tellement aimé pouvoir les effacer de l'esprit du bouclé, pouvoir l'exorciser.

Parce qu'il savait que si la maladie y était pour beaucoup, ce qui effrayait Blaine était d'un tout autre niveau. Quelque chose que Kurt ignorait. Mais quelque chose assez horrible pour le mettre dans cet état.

"Fait le partir, Kurt... Je ne veux plus de lui avec moi. Ca fait mal..."

Le médecin l'avait prévenu. Que Blaine pourrait délirer, mais ça n'était qu'à un certain stade de la maladie. Est-ce que ça s'empirait? Ou est-ce que ça avait toujours été comme ça?

"Qui veux-tu que je fasse partir, Blaine?... chuchota-t-il en passant sa main dans les boucles brunes."

"Sebastian, murmura-t-il à son oreille. Sebastian, fait le partir..."

Kurt réveilla Blaine, assoupis sur le siège passager.

Il avait réussi à trainer le brun jusque dans la voiture, où il s'était endormi. Heureusement pour Kurt... Le garçon ne se serait pas vu gérer cette crise tout en conduisant.

"Mh.. Mh? grommela Blaine"

"Blaine, fit Kurt en le secouant une nouvelle fois. On est arrivé, il faut descendre maintenant. Tu sais bien qu'on a Santana et Brittany ce soir."

Kurt avait remarqué que parler du présent avec Blaine, faire comme si de rien ne c'était passé, l'aidait à revenir à la réalité après une crise.

"Ah merde, c'est vrai..."

Blaine s'étira et tenta de retrouver ses esprits. Il reconnut la brume familière dans son esprit, et le léger mal de crâne... Il avait encore fait une crise.

Il soupira tout en s'extirpant de la voiture. Il pensait que ça allait mieux, que les crises commençaient à disparaitre. De toute évidence, il s'était trompé.

Fait chier.

Il voyait cependant une amélioration à tout ça. Il ne perdait plus la mémoire.

Oui, il se revoyait dire à Kurt de foutre le camp. Il se revoyait le menacer. Il se revoyait pleurer. Il se revoyait dans ses bras. Il se revoyait lui dire de chasser Sebastian.

Sauf qu'encore une fois, il n'était pas l'acteur de tout ça. Il n'était que le spectateur.

Tout cela n'avait aucun sens. Pourquoi hurler contre Kurt comme il l'avait fait? Pourquoi vouloir faire partir Sebastian de sa tête?

Blaine secoua la tête. Ce n'était que la maladie.

Il s'arrêta cependant sur une image. Celle de Kurt, l'entourant de ses bras et passant une main dans ses cheveux. La scène le déroutait. Il savait que s'il avait été vraiment lui-même, rien de tout ça ne se serait passer. Jamais il n'aurait laissé Kurt l'approcher, surtout pas mettre sa main dans ses cheveux. Mais au final, regrettait-il vraiment cet élan de faiblesse? Même s'il ne se rappelait pas des sensations, des odeurs, il pouvait facilement les imaginer. Son nez plongé dans la vanille-cannelle, comme s'entourant d'une carapace pour se protéger du monde extérieur. Il savait qu'il devait surement ressentir la même sensation que lorsqu'il était encore allongé dans le lit de Kurt, comateux, juste avant de se couper les veines. Protection. Sécurité.

Parfois, ça faisait du bien de se sentir en sécurité.

Blaine secoua la tête. Mais à quoi pensait-il? C'était du grand n'importe quoi. Tout ça, ce n'était pas lui, c'était l'œuvre de la maladie. Jamais il n'aurait voulu se protéger de Sebastian, jamais il n'aurait recherché de protection.

Parce que Blaine Anderson n'avait jamais besoin d'être protégé.

Il rejoignit Kurt à la porte d'entrée de la maison. Il était content que le garçon ne lui parle pas de sa crise. C'était comme une sorte de pacte silencieux entre eux. Ils n'en parlaient jamais, et c'était bien mieux comme ça.

Surtout que Kurt ne savait pas que Blaine retrouvait la mémoire. Le bouclé était persuadé que si jamais il l'apprenait, il voudrait lui aussi jouer au psy.

Merci, mais non merci.

Santana gara la voiture devant la maison des Hummel-Hudson et retira la clé du contact.

"On y va? demanda-t-elle à sa fiancée."

Brittany était magnifique. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon lâché, qui laissait s'échapper quelques mèches blondes qu'elle avait bouclées. Ses yeux bleus étaient rehaussés d'un peu de maquillage et ses lèvres rendues brillantes par le gloss qu'elle y avait mis.

Santana n'avait envie que d'une chose: de la renverser sur la banquette arrière et saccager ce maquillage par des millions de baisers fiévreux.

"Bien sûr qu'on y va, répondit Brittany en sortant de la voiture."

Santana l'imita, et c'est toutes les deux qu'elles sonnèrent à la porte de leur ami. Kurt vint leur ouvrir, les prit dans ses bras et les invita à entrer.

La latina était toute excitée d'être là. Elle allait annoncer son mariage avec Brittany à Carole. Oh, elle ne doutait pas que Kurt lui avait déjà dit, mais elle voulait vraiment lui annoncer elle-même. Même si elle le savait déjà. Elle avait tellement d'estime pour cette femme...

"Entrez! Carole est dans la cuisine. Je dis à Blaine de descendre et on pourra commencer."

Ah oui... Blaine. Je l'avais oublié celui-là.

Elle ne savait pas pourquoi, mais elle ne pouvait pas le supporter. Pourtant, elle ne l'avait jamais vu. Enfin, jamais vu vivant...

En tous cas, elle sentait qu'il y avait quelque chose de pas net chez ce garçon. Kurt lui avait dit qu'il avait fait de la prison, qu'il était bipolaire, qu'il sortait avec Sebastian avant que ce dernier meurt...

Peut-être était-ce à cause de ce dernier point que Snixx grondait. Santana connaissait Sebastian. Et elle ne l'aimait pas. Ce n'était pour elle qu'un simple oiseau chanteur égoïste et malhonnête. Alors elle s'imaginait que Blaine était de la même trempe pour pouvoir tomber amoureux d'une telle personne...

Elle suivit Brittany dans le salon pendant que Kurt montait à l'étage. Carole s'avança vers elles et prit Brittany dans ses bras. La Latina elle, restait là à sourire devant ce tableau si attendrissant. Puis, Carole se détacha de la blondinette et prit la brune dans ses bras. Santana serra Carole contre elle, tentant par ce geste de lui faire passer toute l'admiration qu'elle ressentait pour elle. Pour avoir survécu à la mort de ses deux maris. Pour avoir réussi à supporter le départ de son fils. Pour accepter Kurt pour son toit et ne pas devenir folle à cause des manies du garçon. Pour recueillir un demeuré ex-taulard chez elle...

Tiens, quand on a parle du loup...

Kurt franchit la porte du salon, un grand sourire aux lèvres. Derrière lui, Blaine. C'est sûr qu'il avait meilleur allure que lorsque Santana l'avait retrouvé dans une mare de sang. Ses boucles étaient soigneusement coiffées et il était habillé d'un jean et d'un t-shirt blanc immaculé qui moulait son corps musclé.

"Blaine, fit Kurt, je te présente Santana et Brittany. Ce sont des amies de lycée."

Blaine s'avança vers les deux jeunes filles.

La blondinette avait l'air gentille. Gentille ou peut-être un peu niaise, il n'était pas encore bien décidé. Mais il aimait bien ce petit sourire qui flottait sur ses lèvres.

Quant à la brune, elle paraissait être d'une autre trempe. Ses yeux noirs lançaient des éclairs et elle avait les lèvres légèrement pincées.

C'est vers elle que Blaine se tourna en premier.

Santana lui tendit la main. Il lui fallait une certaine dose de confiance pour faire la bise aux gens. Et cette confiance, elle ne l'avait pas en Blaine.

"Santana, se présenta-t-elle sèchement"

Blaine fronça les sourcils. Il n'avait pas besoin d'être devin pour comprendre que la jeune femme ne le portait pas dans son cœur.

"Blaine, répondit-il en lui serrant la main"

La poigne de la jeune Latine était ferme, plus que ce à quoi il s'attendait. Son visage était fermé et froid. Elle avait un peu la même expression que Blaine avait expérimentée en prison. Celle qui puait la méfiance à plein nez.

Au moins, je sais à quoi m'en tenir...

Il lâcha la main de la brune et se tourna vers la blonde. Cette dernière ne lui tendit pas la main, ni la joue, mais le prit dans ses bras.

Blaine s'apprêtait à la repousser quand il croisa le regard de Kurt qui semblait lui dire "s'il te plaît, prends sur toi."

Un regard vers Carole lui apprit qu'elle était dans le même état d'esprit que le châtain.

Sebastian. Couteau. Mort.

Blaine devait faire profil bas pour tromper leur vigilance. Et cela semblait dire qu'il devait supporter l'étreinte de cette jeune blonde.

"Je suis contente de te rencontrer Blaine, Kurt nous a beaucoup parler de toi quand il était chez nous! Mais il ne nous avait pas dit que tu ressemblais à ce mannequin rouge qu'on a retrouvé avec San' dans la salle de bain... En tous cas, tu es son portrait craché!"

Blaine n'en croyait pas ses oreilles. Cette fille était vraiment, mais alors la vraiment stupide! Kurt aurait pu lui dire quand même, histoire qu'il se prépare, mentalement parlant...

"Euh ouais... Fit-il. Cool de te rencontrer aussi"

Heureusement pour lui, Blaine savait mentir.

Mais il y en avait une qui connaissait encore mieux l'art du mensonge. Santana. Le ton badin du bouclé ne la trompait pas. Et elle n'aimait pas ce qu'il signifiait. Jamais elle ne cautionnerait que quelqu'un se paie la tête de Brittany. Surtout un ex petit ami de ce connard de Smythe.

Mais elle décida de ne rien dire... Pour l'instant.

Kurt ne remarqua rien, et sourit en voyant le comportement de Blaine. Il avait clairement demandé au bouclé de faire des efforts pour cette soirée et il était heureux de voir que Blaine prenait sur soi.

Car oui, prendre Brittany dans ses bras devait certainement être une épreuve pour lui, qui détestait tout contact avec tout le monde.

"Bon! S'exclama Kurt. On peut passer à table!"

Blaine posa sa fourchette et s'avachit dans sa chaise. Il croisa le regard réprobateur de Carole mais il ne s'en préoccupait pas. Déjà qu'il passait le repas le plus ennuyant qu'il avait jamais connu, il n'allait pas en plus se tenir comme à la table de la reine d'Angleterre.

Faire des efforts d'accord, mais il y avait des limites.

Santana parlait, parlait et parlait... Et Blaine n'écoutait pas un mot de ce que disait la Latina. Son mariage, il n'en avait vraiment rien à foutre. Il ne connaissait rien de cette grande brune avec ses grands airs qui semblait se prendre pour la première dame des Etats-Unis.

Anderson, arrête de regarder la BBC, la politique commence à s'incruster dans ton esprit.

En réalité, les seules personnes qu'il prenait le temps d'écouter étaient Brittany et Kurt.

La première parce que les conneries qu'elles sortaient le faisaient bien rire. Lui qui ne se pensait pas vraiment intelligent devenait un petit génie à côté d'elle! Elle avait quand même demandé si le cocktail de Carole n'était pas explosif!

Le second parce que simplement il aimait le son de sa voix. Elle le calmait, lui permettait de rester sur sa chaise sans envoyer tout le monde balader à chaque phrase stupide.

Mais ça, jamais il ne l'admettrait.

"Mais arrêtons de parler de moi! Fit Santana, le tirant de ses rêveries"

Eh bah, il était temps...

"Parle-nous un peu de toi Blaine!"

Le bouclé se tendit sur sa chaise. Santana qui voulait en savoir un peu plus sur lui... Quelque chose clochait... Premièrement, elle ne semblait s'intéresser à personne d'autre qu'à elle et sa blonde de fiancée, et deuxièmement tout simplement parce que c'était clair qu'elle ne pouvait pas le voir en peinture.

Quand il croisa les yeux de la brune, le malaise se confirma. Il y lisait cette méfiance dans ses yeux et... Du ressentiment?

"Y'a pas grand-chose a dire, fit sèchement Blaine, sur ses gardes"

Santana secoua la tête.

"Non, non. Parle-nous de toi! Tu en as vécu des choses dans ta vie, d'après ce que Kurt m'a dit!"

Blaine lui jeta un regard noir. Il avait raison, Santana ne voulait pas parler avec lui amicalement. Elle voulait qu'il parle de tout ce qu'il enterrait au fond de lui. La prison, Sebastian, sa maladie.

Satan, tu peux aller te brosser pour que je t'en parle.

"Y'a rien à dire"

"Tu n'es pas très bavard. Ce n'est pas grave, tâta Snixx sait faire parler les gens"

Snixx? Mais cette fille est schizo en fait...

"J'ai pas vraiment envie de parler, Satan. Donc continue à bavarder sur ton mariage et je ferai semblant de m'y intéresser"

Kurt se tendit. En fait, il était tendu depuis que son amie avait commencé à questionner Blaine. Mais à quoi jouait-elle? Le bouclé se tenait depuis le début du repas, il avait accepté que Brittany le prenne dans ses bras, il acceptait cette soirée qui l'ennuyait profondément. Et Kurt n'aurait pas pu attendre mieux. Mais si la Latina commençait à le pousser à bout, Kurt doutait que Blaine puisse se contrôler...

Quant à Carole, ce n'était pas vraiment mieux. Elle avait peur que Blaine dérape si Santana continuait. Elle était pourtant tellement fière du comportement du garçon. La seule chose sur laquelle elle aurait pu dire quelque chose était sa tenue sur sa chaise mais sincèrement, elle n'aurait pas pensé avoir seulement ça à lui reprocher. Le garçon faisait des efforts considérables.

Santana sourit. Elle ne s'était pas trompée, ce taulard était exactement le même que Smythe! Cependant, même si elle était heureuse d'avoir raison, il y avait une chose qu'elle ne pouvait pas cautionner.

"Premièrement petit Blainou, tu ne critiques pas mon mariage, ok? S'il y a bien une chose dont je suis fière, c'est ça. Tu n'as pas idée de combien on s'est battu Brittany et moi pour en arriver là, d'accord?"

Blaine leva les yeux au ciel. Mais qu'est-ce qu'il en avait à faire lui?

"Deuxièmement, quand je te demande de parler de toi, tu le fais. Tu vis sous le toit de Kurt, mon ami et accessoirement, tu sors de prison. Donc je m'inquiète tu vois? Qu'est-ce qui me dit que tu n'es pas un dangereux criminel."

Kurt sentait l'orage venir. Il connaissait assez Santana pour savoir qu'elle ne lâcherait plus l'affaire maintenant que Blaine l'avait provoquée. Et de ce qu'il connaissait du bouclé, il ne se laisserait pas marcher dessus.

"Je sais pas ce que tu as contre moi, Satan, mais va falloir te calmer, d'accord? Depuis que tu es rentrée ici je me bats contre moi même pour pas t'envoyer balader à chaque phrases inutile que tu sors, c'est a dire a quasiment tout ce que tu dis. Tu pourrais me remercier. Et je pense pas avoir à me justifier en ce qui concerne mon séjour en prison. J'en suis sorti, j'ai purgé ma peine."

Santana claqua la langue et le cerveau de Kurt se mit à marcher à cent à l'heure. Il connaissait ce petit claquement, il savait parfaitement ce que ça voulait dire. Santana avait laissé la place à Snixx, et Blaine était dans le pétrin.

"Les gens ne changent pas. Ils sont soit bon, soit foncièrement mauvais. Il y a pas d'entre deux. Et toi, t'as fait de la taule. Tu sais ce que ça veut dire? Ça veut dire que les gens ont jugé que tu étais assez dangereux pour la société pour t'y enfermer. Les gens ne changent pas, le Hobbit. Alors toi non plus"

Blaine se leva brusquement, renversant son verre d'eau sur la nappe. Elle n'avait pas le droit de dire tout ça. Elle ne savait rien de lui, elle ne connaissait rien.

Kurt prit sa tête dans ses mains. Il avait deux options: s'interposer ou laisser faire.

Il connaissait Santana et avait toujours préféré la laisser régler ses affaires toutes seules. Parce qu'une fois qu'elle était partie, personne ne l'arrêtait,

Quand a Blaine, il connaissait son caractère bien trempé... Mais peut-être qu'il arriverait à le calmer...

"Blaine, rassis-toi, s'il te plaît, demanda calmement Carole qui semblait être la seule à garder son sang-froid."

Même Birttany n'en menait pas large...

Le brun tourna la tête vers elle, furieux.

"Pardon? Vous voulez que je me calme? Mais vous avez vu ce que Satan dit de moi? Elle parle de moi comme si elle me connaissait, comme si elle connaissait mon passé. Mais pour qui elle se prend?"

Il se tourna vers Santana.

"Tu ne sais rien de moi. Rien de me moi, de mon passé. Rien. Alors, la ferme. S'il te plaît la ferme. Tu as vu, je le dis gentiment. Alors, la ferme."

Santana se leva elle aussi et Kurt s'enfonça dans son siège. Quand Snixx s'y mettait, il n'y avait plus rien à faire. A part attendre que ça passe.

Tu es lâche, Hummel.

Que veux-tu que je fasse?

Je ne sais pas, bouge-toi les fesses avant que tout dégénère!

"Tu crois que je ne sais pas pour Sebastian et toi? Cracha-t-elle. Tu crois que je ne sais pas que tu es fou amoureux de ce putain de fantôme de Smythe? D'un mec égoïste, sans cœur et sans scrupule? Eh bien si mon grand, je suis au courant. Ah, tu fais moins la tête brûlée maintenant, n'est-ce pas? Je te sens pas. Je peux te le dire, même si j'imagine que tu es assez intelligent pour comprendre ça tout seul. Tu es tombé amoureux de Smythe. Tu sais ce que ça veut dire? Que tu es comme lui, un connard. Qui sait ce que tu viens foutre dans cette maison? T'a besoin de fric alors tu viens plumer Kurt? "

Blaine palissait à vue d'œil et il sentait ses jambes tremblées. Cette pétasse était au courant pour Sebastian et lui. Elle savait.

Blaine se sentait souillé. Sebastian, c'était son secret, personne ne devait être au courant. Kurt le savait, et Carole aussi surement. Mais par accident. Les autres n'avaient pas le droit de savoir. Pas le droit. C'était à lui, ça lui appartenait.

Sebastian lui appartenait encore.

"Ne parle pas comme ça de Sebastian, chuchota Blaine. Tu ne le connaissais pas."

Santana rit.

"Oh ne t'inquiète pas que je le connaissais. Je ne sais pas qui a tué cette crapule mais je lui dis merci. Il a débarrassé la Terre d'un con."

S'en fut trop pour Blaine. Il contourna la table, frappant sur la chaise de Kurt au passage.

Le châtain était totalement dépassé. La conversation avait pris une direction qu'il ne pouvait plus suivre. Comment en étaient-ils arrivés à parler de Sebastian? Et pourquoi Santana l'attaquait sur ça? Elle n'avait jamais rien dit a Kurt par rapport à tout ça, elle ne lui avait jamais fait part de ses craintes.

Mais de toute façon, est-ce qu'il les aurait écoutées?

Certainement pas. On ne juge pas quelqu'un sur ses fréquentations.

Même s'il savait que Blaine sortait de prison, même s'il ignorait le crime pour lequel on l'y avait envoyé, il savait que le garçon était quelqu'un de bien. Il n'avait rien à voir avec Sebastian, rien. Sebastian n'avait pas de cœur, pas de valeur. Blaine était son contraire. Il avait beau se cacher derrière des faux semblants, Kurt voyait sa sensibilité, sa fragilité. Même si ce n'était que pendant ses crises, il savait que ces traits de sa personnalité existaient. Et ça lui suffisait.

Blaine état complètement hors de lui. Comment cette pauvre fille osait parler de sa vie, de son passé, de Sebastian sans même savoir de quoi elle parlait?

Il arriva à la hauteur de Santana. Les deux se toisèrent, sans rien dire.

"Il serait peut-être temps d'y aller... Murmura Brittany"

Blaine ricana sans quitter la Latina des yeux.

"Tiens, pour une fois que la blondasse a une bonne idée, tu devrais l'écouter"

"Blaine! s'indigna Carole"

Santana explosa. Blaine avait franchi la ligne. Personne n'avait le droit de s'attaquer à Brittany.

Elle lui envoya son poing dans la figure, frappant la mâchoire comme elle avait appris à le faire pendant sa jeunesse. Puis, son pied vont frapper la cuisse du bouclé, sur le nerf.

Personne ne touche à un cheveux de Brittany. Personne.

Mais qui était ce mec pour juger ainsi? Comment osait-il? Brittany était l'innocence incarnée, le contraire de ce faux jeton d'Anderson. Ce mec ne valait rien, rien! Il aurait presque mérité de mourir avec Smythe.

Blaine ne réagit pas, se battant contre son corps pour ne pas rendre les coups. Santana avait de la force, il ne pouvait pas le nier. Sa mâchoire lui faisait mal, il se demanda même si elle n'était pas déboîtée. De la force, mais aussi de la précision. Elle avait parfaitement frappé, sur le nerf de la cuisse. IL avait du mal à rester debout sur les deux jambes. Mais il ne pouvait pas la frapper. C'était une femme en face de lui, une femme. Il en avait déjà frappé, mais c'était finit. Cette période de sa vie était derrière lui.

Il revit le visage tuméfié de la gardienne de prison. Tous ces bleus, c'était lui qui les avait causés.

Kurt se jeta entre les deux, face à Blaine, les bras écartés en signe de paix. Il avait su dès le début que cette conversation était malsaine. Conversation? Un affrontement plutôt. Ca ne pouvait se finir que comme ça...

"Personne ne se bat sous ce toit! S'exclama Carole qui s'était mise debout à son tour. Alors Santana, tu te calmes tout de suite. Ça vaut aussi pour toi Blaine!"

Mais le bouclé ne l'écoutait pas.

"Tu peux me frapper, Satan. Je ne répondrai pas. Je n'en suis pas encore à frapper les femmes."

"Blaine, s'il te plait arrête, lui demanda Kurt en serrant les dents."

Santana haussa un sourcil et lança par-dessus l'épaule du châtain.

"Ah oui? Peut-être n'es-tu pas tombé aussi bas que ce que je pensais..."

"Santana, arrête. Tu me fais peur..."

La brune rompit le contact visuel avec son adversaire pour baisser les yeux vers Brittany. La blonde était toujours assise sur sa chaise mais la regardait avec une lueur de peur dans le regard.

Cette vision calma instantanément la grande brune. Jamais elle n'avait voulu effrayer sa fiancée.

"Je suis désolée, s'excusa-t-elle en se mettant à genou devant elle"

Elle lui prit les mains et déposa un doux baiser dans la paume. Brittany adorait les bisous dans le creux de la main.

"Je veux partir, San..."

"Décidément, elle est pas si débile que ça celle-là, déclara Blaine en ricanant"

Kurt, toujours debout en face de lui, lui intima de se taire avant que les choses ne dégénèrent encore plus. Le brun le regarda avec un air exaspéré mais n'ajouta rien.

Santana allait se relever pour donner une bonne correction à ce petit insolent mais Brittany lui enserra les mains.

"Aller, on y va, chuchota-t-elle en plantant ses yeux azurs dans le caramel des siens."

Santana ne pouvait pas résister devant cet air-là.

Elle sentit Snixx rentrer une bonne fois pour toute dans sa cage et s'y rendormir, attendant le prochain coup d'éclat...

Blaine mit deux doigts dans sa bouche pour simuler un vomissement devant ce spectacle. Kurt lui attrapa la main.

Les deux garçons se faisaient face, à seulement quelques mètres l'un de l'autre. Blaine sentait le souffle de Kurt sur son visage, cette vanille-cannelle qui lui caressait doucement la peau. Il avait les yeux plongés dans les océans, noyés parmi les flots qui le suppliait de se calmer. Sa main était enserrée dans celle de Kurt, comme dans une étreinte brulante qui se resserrait toujours un peu plus.

Cette étreinte, il la retrouvait à l'intérieur de lui...

Menthe et poivre. Pourquoi Kurt ne l'avait-il jamais remarquée? L'odeur de Blaine? Son haleine, sa peau... Et ses yeux, avaient-ils toujours été aussi brillants et toujours aussi beaux?

"Nous allons partir, déclara Santana en brisant l'atmosphère que la proximité des garçons avait créée."

Kurt lâcha Blaine et se tourna vers ses deux amies.

"Je crois qu'il est temps... dit-il à Santana."

Cette dernière se tourna vers Carole, toujours debout, les sourcils froncés. Une onde de remords la parcourut. Elle aurait peut-être dû attendre d'autres circonstances avant d'attaquer Blaine si brutalement. Carole ne méritait pas de voir sa soirée saccagée par des stupidités pareil.

Ce ne sont pas des stupidités. Kurt est peut-être vraiment en danger...

Pour l'instant, Santana ne pouvait rien y faire, à son plus grand regret.

"Je suis désolée pour tout ça, Carole.. murmura la Latina."

Elle savait que c'était simplet comme excuse, mais elle ne savait pas quoi dire d'autre. Qu'elle regrettait? Elle aurait pu. Mais ça aurait été mentir et jamais, au grand jamais, Santana ne mentirait à une femme aussi adorable que Carole.

La femme lui fit un sourire, acceptant par ce geste ses excuses. Elle s'approcha d'elle, et la prit dans ses bras.

"Je suis contente de t'avoir vue Santana. Et toi aussi Brittany."

Elle se détacha des jeunes filles et balaya la table d'un regard. Avec toutes ces animations, elle ressemblait à un champ de bataille. Les verres étaient renversés, la nourriture sortie des assiettes et le plat complètement fichu.

"J'ai de la vaisselle, déclara-t-elle. Kurt, raccompagne Santana et Brittany. Et Blaine... Je ne sais pas. Occupe-toi. Tu trouveras peut-être quelque chose de sympa à la télévision à cette heure-là."

Le bouclé se dégagea de derrière Kurt.

A vrai dire, il n'avait pas envie de regarder la télé, ni de quoi que ce soit d'autre. Tout ce qu'il voulait, c'était dormir et oublier cette horrible soirée.

Et il avait mal. A la cuisse et à la mâchoire, mais pas seulement. Il avait mal à cause des paroles de Santana à propos Sebastian. Qu'on l'attaque lui, ne l'atteignait pas. Il avait l'habitude et pour tout dire, il s'en foutait. Mais Sebastian était son point faible, son talon d'Achille, au même titre que cette bipolarité qui lui avait gâché la vie.

Sa culpabilité, voilà ce que Santana avait touchée.

Bien sûr, toutes les insultes de Santana à l'encontre de son ex petit-ami l'avaient beaucoup touchées. Mais à chaque fois, ce qui le faisait combattre, ce n'était pas une envie de défendre Sebastian. C'était sa culpabilité, encore et toujours. Il avait raillé le Warbler de la surface de la Terre. Tout ce qui restait, c'était son souvenir. Et il ne devait pas être entaché. Blaine avait fait assez de mal comme ça.

Sans un mot, il sortit de la pièce et monta les escaliers.

Avant, il jeta un coup d'œil dans la cuisine, et son regard tomba sur l'étalage de couteau de cuisine...

Il en aurait bien besoin d'un.

Kurt fit un timide sourire a Santana et la menait elle et sa fiancée vers la porte d'entrée. Comme a chaque fois, la Latina ne put s'empêcher d'admirer les photos sur les murs. Celles d'une famille unie.

Elle grinçant des dents en repensant à celui qui venait de monter les escaliers. Blaine. Il n'avait aucun droit d'être là, aucun.

"Britt' chérie, demanda-t-elle, ça te dérange de m'attendre dans la voiture?"

"Pas du tout"

Elle déposa un baiser sur les lèvres de sa fiancée et la regarda faire son chemin jusqu'à l'auto.

"Qu'est-ce qui t'est passé par la tête Santana? Demanda Kurt une fois que la portière fut fermée sur la chevelure blonde"

Santana haussa les épaules.

"Je ne sais pas Kurt, je le sens pas..."

"Tu avais besoin de l'attaquer comme ça?"

Dans les yeux de Kurt, elle lût de la colère. Ce qui ne lui plut pas du tout.

"Tu le protèges maintenant? Tu ignores presque tout de lui et tu le protèges? S'indigna-t-elle"

Kurt balaya ses questions d'un geste de la main.

"Il n'est pas comme tu crois..."

"Ah oui? Qu'est-ce que tu crois qu'il est? Un petit garçon mal élevé qui demande seulement une éducation? Mais Kurt, ouvre les yeux! Ce gars est mauvais. Il était le petit ami de Smythe!"

"On ne juge pas les gens sur qui ils ont aimés. Ce n'est pas un choix qu'ils ont fait"

Santana balaya son argument d'un signe de la tête.

"Qu'importe! Il sort de prison, Kurt. De prison. Tu sais ce que ça veut dire? Qu'on l'a enfermé parce qu'il représentait un danger."

"Les gens ne vont pas tous le temps en prison parce qu'ils sont dangereux."

"Ils vont en prison parce qu'ils ont bafoué les lois. Kurt, tu es intelligent... Tu n'as aucune idée de ce qu'a fait Anderson pour se retrouver derrière les barreaux! Personne ne le sait! Il a peut-être violé une fille ou..."

"Blaine est gay, la coupa Kurt"

"Qu'importe. C'est peut-être un assassin. Tu crois que psychologiquement perdre son petit ami ne cause pas des dégâts? Peut-être que cette tragédie l'a forgé et qu'il s'est mis à tuer lui aussi!"

"Santana, arrête de regarder la télévision!"

Kurt commençait à en avoir marre. Blaine un assassin? Il y avait autant de chance que ce soit la vérité qu'il y ait des petits bonhommes verts sur Mars.

"Tu ne sais rien de lui, Kurt..."

"Toi non plus!"

Santana fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas l'entêtement de son ami. C'était lui normalement le plus réfléchis des deux, c'était lui le garçon prudent. Et maintenant, il hébergeait un étranger sous son toit, qui plus est tout juste sorti de prison. Ça ne ressemblait pas à Kurt de s'aveugler à ce point...

Et alors elle comprit.

Mais bien sûr, c'était tellement évident, pourquoi ne l'avait-elle pas compris avant?

"Kurt, dit-elle plus doucement. Ce n'est pas un mec pour toi."

"Hein? Quoi? Mais qu'est-ce que tu racontes?"

Santana leva les yeux au ciel.

"Je sais pourquoi tu défends Anderson. Il te plaît. Je peux te comprendre, objectivement il a des beaux yeux, des beaux cheveux et il n'a pas l'air d'être trop mal foutu mais..."

"Santana, arrête, la coupa Kurt qui commençait à piquer un fard. Il n'y a rien entre Blaine et moi. Absolument rien. Si je l'aide, ce n'est pas parce qu'il me plaît, ou autre bêtises du genre, c'est parce qu'il le mérite. "

"A d'autre Hummel"

"Je te jure que c'est vrai."

Santana rit doucement, d'un rire jaune sans aucune joie.

"Qui essaies-tu de convaincre? Moi, ou toi-même?"

Sur ce, elle tourna les talons et rejoint la voiture en quelques foulées.

Kurt, lui, était toujours planté sur le perron.

Santana se retourna une dernière fois avant d'ouvrir la portière.

"Méfie-toi Kurt. Méfie-toi de lui et ne t'arrache pas trop. Je vais trouver ce qu'il a fait. Et à ce moment-là, je ne voudrai pas que tu tombes de trop haut."

Elle rentra dans la voiture, laissant Kurt interdit.

Lui et Blaine ? Non, ce n'était pas possible, ni même envisageable. Il ne ressentait rien pour le brun, absolument rien à part ce besoin de l'aider et de le protéger. Comme le font les amis. Voilà, c'était ça, ils étaient amis.

Bien sûr Blaine était beau. Personne ne pouvait le nier. Mais c'était aussi possible d'avoir des amis beaux et de ne pas s'en enticher.

Il ferma la porte derrière lui, doucement. Pour ne pas faire de bruit, comme s'il ne voulait réveiller personne. Aller savoir pourquoi.

Il passa devant la cuisine, balança un "bonne nuit" à Carole et monta à l'étage. Son esprit était dans le vague, ressassant encore et encore les paroles de Santana.

Il se sentait complètement paumé. Il ne savait pas quoi faire. Et si son amie avait raison? Et si Blaine était dangereux?

Non, non il ne l'est pas. Ce n'est pas possible qu'il le soit.

Il avait beau tourner encore et toujours cette phrase dans sa tête, le doute s'insinuait. Et on ne se doute pas de ce qu'un doute peut engendrer.

Qu'est-ce qui avait mené Blaine à tout ça ? Pourquoi l'avoir enfermé derrière les barreaux ? D'accord, son vocabulaire laissait à désirer et il avait parfois des accès de violence mais Kurt était intimement persuadé que c'était la prison qui l'avait transformé comme ça. Ce n'était pas lui ça. Blaine était quelqu'un de doux, et de sensible au fond. En dehors de ses crises.

A vrai dire, il ne s'était jamais vraiment posé la question. Enfin si, au début. Mais avec la maladie, les crises, son départ, Kurt avait eu autre chose à penser.

« Il sort de prison, Kurt. De prison. Tu sais ce que ça veut dire? Qu'on l'a enfermé parce qu'il représentait un danger." Le phrase ne voulait plus sortir de sa tête, elle tournait en boucle sans pouvoir s'arrêter.

Quel crime Blaine avait-il commis ? Etait-il dangereux, finalement ?

Il passa devant la chambre du bouclé et colla son oreille à la porte. Il n'entendait rien, tout était calme. Comme toujours.

Ouvrir ou non?

Sans vraiment attendre d'avoir sa propre réponse, il tourna la poignée.

Blaine était allongé en travers de son lit, regardant le plafond. Kurt entra et referma derrière lui, constatant l'immobilité du garçon. Pendant quelques secondes, il eut peur. Un battement de cil vint calmer ses craintes.

Il s'approcha et s''assit le lit, à la hauteur du bouclé.

Quoi faire? Quoi dire? Rester là? Partir?

Blaine ne bougeait toujours pas, n'avait même pas semblé remarquer la présence du châtain.

Ce dernier fixa le corps étendu devant lui. En d'autres circonstances, il aurait pensé qu'il était magnifique. Mais ce n'était pas le moment et il n'était pas cet état d'esprit. Tout ce qu'il se demanda, c'est si les muscles de Blaine arrivaient à supporter toute la douleur qu'il portait.

Ses yeux remontèrent jusqu'à son visage et il eut la réponse. Apparemment pas.

Il retrouvait ce visage défait des débuts. Pourquoi rien n'y faisait? Pourquoi n'arrivait-il pas à le soigner, à le rendre heureux? Quel genre de démons pouvait ronger un être à ce point?

Pris d'une soudaine inspiration, Kurt s'allongea face à Blaine. Alors enfin, le bouclé sembla remarquer sa présence et tourna son corps face au sien.

Ils étaient là, deux corps allongés l'un en face de l'autre, se regardant dans les yeux sans rien dire. Parce qu'il n'y avait plus de mot. Parce que Blaine ne pouvait pas expliquer, ne pouvait pas dire quel secret le tuait à petit feu. Parce que Kurt avait peur de demander, et qu'il savait qu'il n'obtiendrait pas de réponse.

Parce que tous les deux sentaient Blaine mourir et qu'aucun ne savait quoi faire.

Les océans s'ancrèrent dans le vert-noisette.

La vanille-cannelle se mélangea à la menthe poivrée.

C'était tout ce qui importait sur le moment.

Une unique larme roula sur la joue de Blaine. Kurt leva sa main et récupéra la petite perle salée sans que le bouclé ne réagisse. Il était bien trop fatigué pour cela.

Kurt détacha son regard des prunelles vert-noisette pour fixer la minuscule goutte d'eau sur son doigt. Comme s'il lui demandait de lui livrer ses secrets, de lui dire quelle douleur elle renfermait.

La larme roula autour de son doigt et tomba.

Le châtain baissa sa main et replongea son regard dans celui de Blaine, qui n'avait pas cessé de le fixer. Il le sonda, il se noya dans toute cette tristesse, cette douleur qu'il y lisait. Des vagues de souffrances qui déferlaient dans des iris.

"Livre-moi tes secrets, murmura Kurt qui ne se rendit pas compte qu'il avait parlé à voix haute."

Mais il était trop tard, les mots étaient dits.

Rompant le charme, Blaine se releva et quitta le lit.

"Blaine... commença Kurt qui s'assit en tailleur"

"Pars. Fit simplement Blaine d'une voix dénuée de sentiments"

Le châtain se releva. Il ne pouvait pas partir, pas comme ça. Pas après avoir dit ça.

"Blaine, je... Je suis désolé, je.."

Le bouclé se retourna vers lui. Il se serait attendu à lire de la colère dans ses yeux, ou de la souffrance. Ce qu'il y vu le dérangea encore plus.

De la peur.

"S'il te plait, Kurt."

Le ton de Blaine, pourtant sans équivoque, restait calme, posé. Il se renfermait encore une fois de plus dans cette carapace que Kurt avait du mal à briser.

Kurt s'approcha de Blaine, qui ne recula pas. Il se planta à seulement quelques centimètres de lui.

Le visage du brun était indéfinissable. D'une froideur extrême qui trahissait pourtant une terrible peur.

La carapace se fissurerait-elle?

Kurt leva la main vers Blaine. Il avait besoin de le toucher, de lui montrer qu'il ne devait pas avoir peur, de personne. Parce que lui, Kurt, il veillait sur lui à présent.

Le brun se recula avant que la main n'ait fini son chemin.

Kurt laissa mollement retombé son bras le long de son corps.

"Bonne nuit, Kurt."

Le mot de la fin. Kurt avait tout foutu en l'air, encore une fois.

"Bonne nuit, Blaine, répondit-il simplement."

Il tourna les talons, ouvrit la porte et se retourna. Blaine était toujours debout, à le regarder, attendant surement d'être seul.

Kurt soupira. Après tout, il lui devait bien ça.

Il ferma la porte derrière lui.

Blaine Anderson, quel secret emportes-tu avec toi ?


Note de l'auteur:

Voilà pour ce chapitre! Je suis désolée s'il y a plus de fautes d'orthographes que d'habitude. Comme je l'ai dit plus haut, ma bêta n'est pas passée par là!

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? La bataille Blaintana? J'ai adoré l'écrire! Et Sebastian?... Si vous avez réellement compris ce chapitre, il devrait y avoir quelque chose qui vous a parut étrange... Dîtes moi tout!

Comme promis, Blaine et Kurt se rapprochent. Je sais que vous commencez à vous impatientez mais il faut comprendre que je travaille avec deux personnages brisés. Donnez leur le temps de se réparer en douceur... Le Klaine n'en sera que meilleur.

J'espère que le prochain chapitre arrivera avant la rentrée! Je sais déjà tout ce que je vais y mettre, ça devrait donc être plus rapide :)

Deux mots pour le chapitre suivant:

Santana, Sebastian. (Non, oubliez tout de suite de Sebtana en romance, c'est pas option xD )

Laissez des revieeeeeeews!

(PS pour Higu: Ma vengeance bouillonne... Elle est en marche! xD)