Hello tout le monde!

bon je sais je suis genre vraiment a la bourre ! J'ai été juste débordée après la rentrée et je profite des vacances. A croire que les profs pensent que nous sommes des robots!

Sur ce, je ne vais pas m'etaler!

merci comme toujours a ma super bêta et a vous tous de continuer a lire et a reviewer cette histoire.

enjoy!


Chapitre 11

"Kurt, je te jure tu vas me payer ça!"

Kurt rit et s'installa à coté de Blaine dans l'avion.

"Si tu veux, je peux prendre le hublot, ça te fera peut-être moins peur, proposa-t-il"

Blaine lui jeta un regard noir mais se leva pour que Kurt prenne sa place. Sans se départir de son sourire, le châtain s'assit sur le siège et regarda par la fenêtre. Il pleuvait doucement et on pouvait voir les gouttes d'eau tomber sur l'aile avant de couler pour rejoindre le sol. Il détestait la pluie mais il était trop heureux pour grogner à ce moment-là. Dans quelques heures, ce ne serait plus de la pluie sur leur tête, mais de la neige, tombant sur l'aéroport Charles-De-Gaulle où ils allaient atterrir.

"Je n'ai pas peur de l'avion! se défendit Blaine."

Kurt laissa échapper un franc éclat de rire.

"Tu m'expliques pourquoi tu es complètement paniqué alors?"

Blaine se laissa tomber sur le siège bleu inconfortable et boucla sa ceinture .

"Je ne suis pas paniqué, grogna-t-il entre ses dents. Je n'aime juste pas savoir que c'est un pilote qui a ma vie entre ses mains. Ça se trouve il a baisé toute la nuit et il est crevé. S'il s'endort, on est tous foutus!"

Kurt lui jeta un regard amusé et remarqua ses mains crispées sur les accoudoirs, les doigts enserrés autour comme si sa vie en dépendait. Oui bien sûr, il n'avait pas peur du tout...

Mais Kurt nageait dans un bonheur trop important pour s'en préoccuper. Il préférait en rire.

Depuis une semaine, sa vision de sa propre vie avait changée.

Le Glee Club se portait à merveille, la chorégraphie mise au point sur Shut up était phénoménale. Il était tellement fier de leur programme qu'il avait filmé les élèves vendredi soir, avant les vacances. Ça avait été un cours extraordinaire.

L'esprit de Noël avait régné sur le lycée toute la journée, les élèves portaient des bonnets de père Noël, ils avaient décoré le lycée et la salle de chant. Kurt n'avait jamais vu un sapin de Noël aussi grand!
Blaine n'avait pas fait de crises en une semaine! Aucune! Noël l'avait même rendu plus joyeux que d'habitude. C'est lui qui avait descendu le sapin du grenier parce que Carole et Kurt n'avaient pas les muscles pour et Kurt l'avait surpris à fredonner une chanson de Noël quand Carole avait mis le CD ce jour-là. Blaine, fredonner une chanson. Kurt avait voulu faire une danse de la joie tellement il avait été heureux. Et il aurait voulu continuer les jours suivants, quand Blaine descendait plus souvent de sa chambre, quand cette lueur de désespoir permanent disparaissait. La magie de Noël...

Et Paris. Paris! C'était un de ses rêves qui se réalisait. C'était même la première fois qu'il réalisait un de ses rêves. La vie s'était toujours amusée à le persécuter, mais il semblait que Noël lui apportait un temps de repos.

Blaine aussi avait eu l'air heureux de ce voyage. Peut-être était-ce aussi pour cette raison que Kurt le sentait plus ouvert, plus heureux. Il sourit, se revoyant tendre les billets d'avion au brun.

FLASH BACK
Kurt rentra chez lui en trombe, les cheveux dégoulinants de pluie froide. Ses cheveux ne ressemblaient plus à rien, mais ce n'était pas ce qui le préoccupait le plus.

Refermant la porte derrière lui, il ouvrit son manteau et vérifia que les deux billets d'avion qu'il venait de recevoir étaient intacts. A son grand soulagement, aucun des deux n'avaient été abîmé par l'eau.
Il soupira et posa sa parka rayée sur le porte-manteau. Il s'apprêtait à appeler Carole avant de se raviser. Il avait reçu un message de sa belle-mère dans la journée qui l'informait qu'elle serait retenue plus longtemps à l'hôpital et qu'il y avait un poulet dans le four et des haricots vert dans le frigo.

La télé tournait dans le salon, lui indiquant que Blaine devait sûrement être avachi sur le canapé, comme souvent. Il cacha les deux billets dans son dos, et passa la porte.

Il avait eu raison. Blaine était totalement amorphe sur le canapé marron, les jambes repliées sous lui, un de ses bras sur le dessus du dossier et l'autre sur l'accoudoir. Au vue de son expression, Kurt devina que son programme télévisé
n'était pas très passionnant.

"Blaine? Appela-t-il"

L'interpelé tourna la tête et croisa le regard océan. Il ne sourit pas mais fut content de voir Kurt. Il n'était pas souvent à la maison en ce moment, et Blaine se sentait un peu seul. Oui, seul. Il n'était plus surveillé nuit et jour, tenu loin de la cuisine comme un pestiféré. Carole avait décidé de lui laisser sa liberté. Pourquoi, le garçon n'en avait aucune idée.

Il avait été tenté d'aller chercher un couteau. Il en avait même pris un la veille, qu'il avait désinfecté. Et au moment fatidique, en approchant la lame de son poignet, sa vision s'était emplie d'un bleu que Blaine connaissait bien. D'un bleu océan. Une odeur avait flotté jusqu'à lui. De la vanille et de la cannelle.

Il s'était retourné pour savoir si Kurt était rentré, mais non. Il était bel et bien seul dans cette grande maison. Il aurait pu faire ce qu'il voulait, comme il le voulait. Il aurait pu partir. Il le pouvait.

Mais il ne l'avait pas fait. Parce que le bleu océan et l'odeur ne partaient pas, le collant comme une sangsue s'accrochant à sa proie.

Agacé et frustré, il avait remis le couteau à sa place et s'était encore mis devant un programme télé pourri. Parce qu'il ne pouvait juste pas le faire. Il ne pouvait pas.

"Bonjour, le salua Kurt en s'approchant de lui avec un sourire."

"Bonjour, le salua Kurt en s'approchant de lui avec un sourire."

Blaine fronça les sourcils. Le châtain était étrange et il aurait fallu être aveugle pour ne pas remarquer qu'il cachait quelque chose dans son dos.

"Qu'est-ce que t'as foutu dans ton dos? demanda-t-il."

La sourire de Kurt s'agrandit et il s'assit à côté de Blaine sur le canapé

"Ton cadeau de Noël!"

Blaine ouvrit grand les yeux.

Premièrement, parce que Noël était dans plus d'une semaine et demie.

Deuxièmement parce que, sincèrement, il n'aurait jamais pensé que Kurt puisse lui offrir un cadeau. Lui-même n'avait pas pensé à offrir un cadeau à Kurt ou à Carole. Il fallait dire qu'il n'avait pas vraiment eu le temps de penser à ça... Il ne pensait pas être là pour Noël, il pensait être avec Sebastian.

Il se retint de grimacer à la pensée de ce nom. Depuis quelques jours, il ressentait une drôle d'impression quand il pensait à lui, une sorte de répulsion, de dégoût et de colère. Il ne comprenait pas mais pourtant, ces sentiments étaient bien là.
Il préférait ne pas s'en préoccuper. Sa vie était déjà bien assez compliquée comme ça. S'il devait ajouter toutes ses impressions étranges sur la liste, il ne s'en sortirait plus.

"Tadam! s'écria le châtain"

Avec un grand sourire aux lèvres, il tendit une enveloppe à Blaine qui lui jeta un regard consterné. Kurt lui avait vraiment fait un cadeau? Réellement? Mais il n'avait rien lui...

"Kurt, tu n'as pas à m'offrir de cadeau, je n'en veux pas!"

Le garçon leva les yeux au ciel.

"Ouvre-le et on va voir si tu n'en veux vraiment pas."

Il agita l'enveloppe devant le nez de Blaine qui se recula légèrement en fronçant les narines avant de l'arracher des mains de Kurt. Il ne supporterait pas longtemps que Kurt le nargue comme ça.

Et comme de toute façon, Kurt n'arrêterait pas avant d'être arrivé à ses fins, autant l'ouvrir le plus vite possible. Il pourrait lui rendre plus facilement de cette façon...

En jetant un regard qui se voulait noir à Kurt, Blaine décrocheta l'enveloppe.
Il ne savait pas à quoi s'attendre. Des billets? C'était souvent ce que les gens offraient à Noël quand ils ne savaient pas quoi acheter. Et l'enveloppe était l'emballage parfait.

Pourtant, en tâtant, Blaine sentit que son cadeau ressemblait plus à un morceau de carton souple qu'à un billet de banque.
Kurt trépignait d'impatience à l'autre bout du canapé, tordant ses doigts dans tout les sens. Il n'en pouvait plus, il avait besoin de savoir si Blaine appréciait.
Il en était presque certain. Personne ne pouvait bouder un voyage à Paris, surtout à Noël. Ce n'était juste pas concevable. Pourtant, une part de lui avait tout de même peur que le brun refuse. Il avait fait beaucoup de choses pour pouvoir se procurer l'argent, des choses qui ne quittaient pas sa tête de la journée.

Blaine devait aimer ce voyage. C'était primordial.

Et le médecin l'avait dit: s'il voulait guérir, il fallait qu'il voit autre chose que la petite ville de Lima.

Blaine plongea deux doigts dans l'enveloppe et en ressorti ce qui ressemblait à un billet d'avion.
Ils veulent m'envoyer à l'autre bout de la Terre, pour être débarrasser de moi.

C'était à prévoir, mais je ne pensais pas qu'ils prendraient la peine d'acheter un billet d'avion pour ça...

Ses yeux faillirent sortir de ses orbites quand il découvrit la destination. Ça ne pouvait pas être réel, c'était forcément une blague.

Paris.

Qui envoie quelqu'un à Paris juste pour se débarrasser de lui?

"Ça te plaît? demanda Kurt avec des étoiles dans les yeux"

Il avait le cœur qui battait très vite. Il comptait énormément sur ce voyage, et devoir traîner Blaine de force en France n'était pas ce qu'il voulait. Il voulait que Blaine soit aussi excité que lui à l'idée de partir.

Mais il n'arrivait pas à lire son visage. Ses yeux semblaient attirés comme des aimants par le billet et sa bouche était entrouverte. Son expression ne trahissait rien, à part une surprise totale.

Blaine sentait ses mains devenir moites. Comment devait-il réagir? Il avait envie de pleurer... De pleurer parce que Kurt voulait le mettre à la porte alors qu'il se sentait bien ici... Enfin... Bien n'était peut-être pas le bon mot. Disons simplement qu'il avait un toit au-dessus de sa tête. Et que ce toit, il l'appréciait finalement...

Mais pourquoi était-il surpris? Il le savait. Malgré toutes ses bonnes paroles, Kurt ne pouvait pas le supporter indéfiniment. Bien sûr qu'il aurait fini par le mettre à la porte, c'était inévitable. Qu'était-il ici? A part un squatteur qui profitait des autres? Qui profitait de se sentir un peu entourer...
Sa tête lui faisait mal. Il tournait la situation dans sa tête, encore et encore. Pour trouver un moyen, une solution. Il ne voulait pas partir. Bon Dieu, il était bien ici! C'était l'endroit où il vivait! Ses draps portaient son odeur, le placard était rempli de ses affaires... Il y avait cru. Il avait cru qu'il avait une maison. Il avait cru qu'il comptait un petit peu pour des gens...

Et tout ça, il ne s'en rendait compte que maintenant.

Il releva les yeux vers Kurt et plongea ses yeux dans le bleu océan.

Un électrochoc.

Il ne survivrait pas si ces yeux ne l'entouraient plus.

"Tu... tu me mets dehors?"

La joie de Kurt disparut instantanément pour faire place à de l'incompréhension.

"Mais... De quoi tu parles? demanda Kurt"

"Tu me mets dehors? répéta seulement Blaine."

Alors Kurt comprit. Il fit un sourire.

"Blaine! Je pars avec toi!"

Il sortit de sa poche le second billet et l'agita devant les yeux du brun.

"Hein? Tu pars avec moi... Attends, je comprends pas..."

Kurt leva les yeux au ciel.

"Bien sûr! On va tout les deux à Paris pour Noël! Les champs Élysées sous la neige, la tour Eiffel... Tu y a déjà été?"

Blaine regarda les yeux de Kurt qui brillaient. On aurait dit un petit garçon parlant d'un de ses rêves.

Alors Blaine sourit. Sensation un peu étrange. Tiraillement sur ses joues, ses lèvres. Il avait oublié ce que ça faisait. Il avait oublié que certains muscles de son visage existaient.

Kurt fixa ce sourire. Timide, certes, mais présent tout de même. Un petit sourire de rien du tout. Mais pourtant le premier sincère venant de lui.

"Pourquoi? demanda Blaine."

Oui, Pourquoi? Qu'ai-je fais pour mériter ça? Qu'elle est l'entourloupe là-dessous? Qu'est-ce qui va me retomber sur le dos?

"Ne pose pas de question Blaine... Accepte seulement."

FIN FLASH BACK

"Tu ne vas pas me dire que tu n'es pas content d'aller à Paris pour Noël, Blaine! Sinon, je penserai que tu es insolent"

Le brun lui lança un regard en coin dans lequel il lut de l'amusement.

"Je pensais que tu le pensais déjà."

Les portes de l'avion se refermèrent, et les hôtesses de l'air se placèrent pour faire le débriefe d'avant-décollage.

Les hôtesses de l'air commencèrent leur démonstration. Kurt vit que Blaine n'en perdait pas une miette. Il devait sûrement penser que si l'avion se crachait, il aurait besoin de connaître sur le bout des doigts les consignes de sécurité.

Kurt lui, ne pensait pas vraiment à ça. Il se concentrait plutôt sur ce que le pilote disait, d'abord en anglais puis en français. Il avait étudié cette langue pendant quatre ans au lycée, mais il se rendit compte qui ne lui restait plus grand chose. Même en ayant eu la traduction au préalable, il ne comprenait rien.

Il espérait que les français savaient parler anglais. Sinon, Blaine et lui étaient dans de beaux draps.

Il se pencha vers le brun et chuchota:

"Dis Blaine, est-ce que tu sais parler français?"

Le brun lui jeta un regard noir.

"Pour l'instant tu vois je suis plutôt concentré à suivre la démonstration. Alors tu peux aller te brosser avec ton français à la con."

Kurt pouffa et s'allongea sur son siège. Le voyage allait être long, autant être bien installé.

Il jeta un nouveau coup d'œil à Blaine et ses yeux s'attardèrent sur les courbes de sa mâchoire crispée, ses sourcils froncés, ses grandes mains entourant l'accoudoir comme une ancre, ses boucles qui tombaient un peu sur son front.

Il n'avait jamais remarqué que Blaine était beau.

Sur cette pensée, il boucla la ceinture de sécurité et sorti son Ipod. Il se doutait que Blaine ne lui ferait pas la causette vu l'état d'anxiété dans lequel il était. En fouillant dans son sac, il tomba sur une plaquette de médicaments. Il ne se souvenait pas de les avoir mis là... C'étaient des somnifères, ceux qu'utilisait Carole pour dormir après le décès de son père.

C'était sûrement elle qui les avaient mis là.

Décidément, elle pense à tout.

Il prit la plaquette, sorti un cachet et le présenta à Blaine.

"Tu devrais en prendre un."

Le brun tourna la tête et ses yeux mordorés se posèrent sur Kurt.

"Prendre quoi?"

Kurt montra sa main où reposait la petite pilule blanche et Blaine se tendit. Un médicament...

"C'est pour quoi ces trucs? lança Blaine hargneusement."

"Somnifère. Pour que l'avion passe plus vite. Tu devrais dormir pendant cinq heures d'affilée avec ça."

Blaine sembla hésiter avant de s'emparer du médicament. Il plaça la pilule dans sa bouche et l'avala.

Kurt lui donnait moins de cinq minutes avant qu'il ne plonge dans les bras de Morphée.

Il sourit lorsqu'il entendit la respiration de Blaine qui s'allongeait. Il ne s'était pas trompé.


Kurt regardait à travers le hublot. Ils survolaient l'Atlantique, les gouttes de pluies s'étaient lentement transformées en flocons de neige qui s'écrasaient contre la vitre. Le cœur du garçon battait.

A chaque minute, chaque seconde, il se rapprochait de la France, il se rapprochait de Paris. Et la sensation était magnifique.
Il détacha son regard de la vitre pour regarder Blaine qui s'était endormit.

Il le trouvait beau. Vraiment. Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte avant? Il l'ignorait. Mais le voir là, le visage tranquille, sans peur, sans haine, les boucles chatouillant ses paupières fermées, ses lèvres légèrement entrouvertes... Il avait été aveugle, c'était la seule explication qu'il pouvait donner.

Il le fixa longtemps, détaillant sans cesse chaque courbe de son visage, chaque nuance, chaque mouvement de sa respiration...

Il sentit un immense sentiment de protection l'envahir. Un sentiment dont il avait conscience avant, mais pas à ce point-là. Il savait qu'il avait envie de protéger Blaine du monde extérieur, de lui-même. Il savait qu'il ferait tout pour que Blaine guérisse, ou en tout cas aille mieux. Mais il ne se doutait pas que ce sentiment pouvait avoir cette puissance-là.

Réellement, il l'ignorait.

Il détourna les yeux et fixa le hublot une fois encore.

Les gouttes de pluies s'étaient définitivement transformées en flocons immaculés.


Santana devait trouver un moyen. Elle devait comprendre. Sans ça, elle ne trouverait plus le sommeil.

Depuis que Blaine et Kurt s'étaient envolés pour Paris, la vérité était devenue une obsession. Elle ne dormait plus, respirait que par cette histoire. Quand elle fermait les paupières, elle imaginait les pires scénarios. Blaine égorgeant Kurt dans les toilettes de l'avion. Blaine écrasant délibérément Kurt au volant d'un taxi parisien.

Oui, elle en faisait trop. Mais ses recherches avaient pris une ampleur phénoménale. Alors ses soupçons aussi.

Elle marchait dans Lima, les mains dans les poches de son manteau. La droite était serrée sur une feuille de papier qu'elle avait roulée en boule.

L'article sur la mort de Sebastian.

Elle ne reliait pas la mort du Warbler avec Blaine. Elle avait compris à quel point le bouclé était amoureux de lui et elle le savait d'une violence limitée. Mais cette idée ne quittait pas sa tête.

Qui sait?

Elle pensa à Brittany. La pauvre, elle préparait toute seule leur mariage pendant que Santana déambulait dans les rues. La Latina se sentait mal par rapport à ça. Elle avait essayé de mettre son enquête de côté, sans succès. Son esprit ne tournait plus qu'autour de ça.

Et puis, elle ne déambulait pas.

Elle était en route vers la prison où avait séjourné Blaine.

Elle avait déjà tout épluché. Les archives de faits divers, les informations qu'elle pouvait trouver sur Blaine...

Elle avait appris beaucoup de choses sur le passé de Blaine. Il avait toujours habité Westerville et avait grandi dans un milieu favorisé. Fils d'avocat, il avait vécu une enfance heureuse auprès de sa mère, femme au foyer et son frère, Cooper. Ce dernier était drogué jusqu'à la moelle et était à présent en cure de désintoxication.
Mais rien sur Blaine. En tous cas, rien sur les raisons de son emprisonnement. Rien.
Et Santana devenait folle.

Les mains dans les poches, elle s'arrêta devant la prison. C'était un bâtiment froid, fait de murs gris. L'enfer sur Terre.

Santana n'aimait pas cet endroit. Elle en avait toujours eu une peur bleue. Peut-être parce qu'elle-même avait fréquenté ce monde quelques années plus tôt.

Pourtant, ignorant les frissons qui la traversaient, elle s'engagea dans l'entrée et poussa la lourde porte.

Elle rentra dans une grande salle grise, meublée seulement d'un grand bureau et quelques chaises. Sur le bureau trônait un ordinateur qui paraissait aussi vieux que sa grand-mère. Elle s'approcha et toussa légèrement, pour attirer l'attention de la personne qui semblait chercher quelque chose dans les placards du bureau.

Surprise, la personne sursauta, se cognant bruyamment la tête.

"Oh, je suis désolée, s'excusa Santana."

Une jeune blonde aux yeux bleus leva la tête vers elle. La Latina fut surprise. Ce n'était pas l'idée qu'elle se faisait de quelqu'un travaillant dans une prison. La fille était bien trop jeune et bien trop jolie pour correspondre au stéréotype.

"Ce n'est rien, fit-elle. Je m'appelle Samantha. Qu'est-ce que je peux faire pour vous?"

Santana tira la chaise devant le bureau et s'y assis en remettant ses cheveux en arrière.

"Je m'appelle Santana Lopez et je viens chercher quelques renseignements sur un de vos anciens détenus."

Samantha fit la moue.

"Je ne peux rien divulguer. A moins que vous ayez un courrier officiel qui justifierai votre demande."

Santana hocha négativement la tête.

"Alors, je crains que je ne puisse rien faire pour vous..."

Santana prit sa tête entre ses mains et posa ses coudes sur la table. Elle soupira et ferma les yeux. La fatigue la guettait, son inquiétude grandissait de jour en jour. Elle allait vraiment de devenir folle, à force de tout dramatiser. Mais dans sa tête, cette histoire prenait une telle ampleur qu'elle avait l'impression qu'elle n'allait pas tarder à exploser. Elle ne supporterait plus ça.

"Je vous en supplie..."

Supplier. Santana Lopez suppliante. On aura tout vu.

"Je suis vraiment désolée mais je ne peux pas..."

"Écoutez... Je suis vraiment désespérée! Vous voyez, ce putain de Blaine Anderson a débarqué dans la vie de mon ami Kurt comme ça, sans raison apparente et pouf, tout tourne autour de lui. Sauf qu'il est potentiellement dangereux! Déjà qu'avec sa maladie il m'inquiète, mais en sachant qu'il a fait de la prison... Je ne sais même pas pourquoi il a été enfermé! Ça se trouve c'est rien. Un peu de détention de drogues, ou je ne sais pas. Mais si c'est un tueur? Hein? Bah ça ferait que ce tueur serait à ce moment même avec Kurt à Paris. Vous savez ce que ça fait de se demander si votre ami à toujours la tête sur les épaules ou si un malade la lui a coupé? Croyez-moi, c'est assez éprouvant."

La jeune femme la regarda fixement, plongeant ses yeux bleus dans ceux chocolat de Santana. Elle semblait la juger, pesant le pour et le contre.

Finalement, elle tapa quelque chose sur son clavier et regarda Santana avec empathie.

"Écoutez... Je ne peux vraiment rien divulguer. Cependant, je peux vous donner un nom."

Elle sortit un papier et s'empara d'un crayon dans le pot. Elle jeta un coup d'œil rapide à l'écran de son ordinateur et griffonna quelques mots.

"Tenez, dit-elle en lui tendant le post-it. C'est le nom et l'adresse d'un ancien détenu qui côtoyait Anderson. J'espère que ça vous aidera."

Santana ouvrit grand les yeux de surprise et regarda le papier.

Une piste. Elle avait une piste.


Kurt entra dans un taxi, suivi de Blaine. Émerveillé, il regardait autour de lui comme un petit garçon découvrant Noël pour la première fois. En fait, c'était un peu le cas.

Autour de lui, tout n'était plus que blanc, couleur rouge et vert, lumières. Tout n'était que Noël.

Et derrière lui, c'était l'aéroport Charles-De-Gaulle.

En France. Il était en France.

Le taxi démarra et il attacha son regard à la vitre, cherchant entre les gouttes d'eau glacées à voir le paysage.

Les voitures, les rues, les lumières défilaient. Il n'apercevait pas beaucoup de chose, seulement des lumières fugaces qui disparaissaient rapidement.

Mais ça lui suffisait. Parce que c'étaient les lumières de France.

Il ignorait totalement Blaine à côté de lui qui regardait également par la vitre. Mais ce n'était pas le paysage parisien que le bouclé tentait d'apercevoir. Il fixait seulement son reflet dans la vitre.

Après une bonne heure de taxi, le chauffeur s'arrêta dans une rue peu éclairée. La pancarte devant eux indiquait "hôtel", le seul mot que Kurt reconnaissait. Les suivants n'étaient pour lui qu'un peu de charabia. Oui, les années de français étaient rendues très très très loin.

Le chauffeur baragouina quelques mots en français que ni Blaine, ni Kurt ne comprirent. Le châtain tenta de puiser dans sa mémoire les maigres brides qu'il lui restait de ses classes de français.

Sans grand succès.

"Mon ami et moi... parler hm... Anglais. Non, Français."

Le chauffeur se retourna vers eux et lança une phrase. Kurt reconnut que le son était plutôt mélodieux et chantant... Mais totalement incompréhensible.

"Non, français, répéta-t-il avec son accent anglais très prononcé."

Le chauffeur roula des yeux et sortit un calepin de sa poche avant d'écrire deux chiffres dessus. Kurt comprit rapidement qu'il s'agissait de la somme qu'ils lui devaient pour le trajet. Il sortit de son portefeuille quelques billets en euros qu'il avait échangé en sortant de l'aéroport et fit le compte tout en s'émerveillant devant les couleurs des différents billets. Les dollars étaient tellement tristes par rapport à ce billet rouge! Ou encore celui-ci, violet!

Il tendit la somme et le chauffeur lui sourit, découvrant ses dents déchaussées par la nicotine.

Blaine termina la conversation silencieuse en balançant un "au revoir" en français et en ouvrant la porte pour sortir.

Kurt leva les yeux au ciel. Ils étaient à Paris! Il pouvait concevoir que Blaine ne soit pas vraiment doué en matière de politesse, et qu'il avait des problèmes et une maladie mais tout de même! Il pourrait rester poli!

Le châtain ouvrit la portière et manqua de glisser sur une plaque de verglas. Heureusement, il se raccrocha à la poignée avant que son fessier ne touche le sol.

"Eh merde! jura-t-il."

"Bah alors Hummel, on jure maintenant? Je croyais que monsieur Porcelaine était un modèle de politesse. , se moqua Blaine en refermant le coffre du taxi où il avait récupérer les trois valises."

Une pour lui, deux pour Kurt.

Kurt ferma la porte et la voiture démarra.

Il se tourna alors vers Blaine qui commençait à avoir les cheveux recouvert d'une fine pellicule de neige.
Kurt trouva que Blaine était mignon ainsi...

"C'est quoi ce surnom, hein?, dit-il en ignorant la moquerie du brun. Porcelaine? Sérieusement? Heureusement que Santana n'est pas là, elle a déjà déposé un copyright dessus."

Blaine haussa les épaules en s'emparant de deux valises.

"J'ai entendu Satan t'appeler comme ça... J'ai trouvé que ça te correspondait pas trop mal."

Kurt le rejoignit et attrapa la dernière valise qu'il restait. Il aurait pu prendre ses deux valises mais Blaine ne lui aurait pas laissé le choix. Ils avaient déjà bataillé à ce sujet à l'aéroport. Ils traversèrent la chaussée sous la neige et rentrèrent dans le hall de l'hôtel.

"Je ne sais pas si je suis sensé le prendre bien ou mal, déclara Kurt.."

Blaine ricana.

"Je ne sais pas non plus!"

Ils s'arrêtèrent tout les deux à la réception et une jeune femme blonde, les cheveux relevé en un chignon serré se présenta à eux.

Encore une fois, les garçons ne comprirent pas un traître mot de français..

"Anglais? demanda Kurt en fronçant les sourcils."

La femme sourit alors et recommença son discours dans un anglais parfait.

"Excusez-moi, j'avais oublié que nous avions des clients anglophones cette semaine! Je me présente, je m'appelle Juliette. Vous aviez réservé une chambre pour la semaine n'est-ce pas?"

"A vrai dire, j'ai réservé deux chambres communicantes au nom de Hummel."

Juliette s'empara de la souris de son ordinateur et lui demanda d'épeler son nom de famille. Après quelques clics, elle sourit et lui annonça qu'en effet, deux chambres étaient prêtes à les accueillir au premier étage. Elle leur tendit un jeu de clés et les invita à prendre l'ascenseur.

Ce n'était pas un hôtel très luxueux.
L'ascenseur était petit, grinçait un peu et les murs étaient recouverts d'une vieille tapisserie verte qui manquait cruellement de style. Le parquet du premier étage grinçait à chaque pas et les murs semblaient plutôt fins. Kurt arrivait à entendre la télévision tournée dans une des chambres.

Blaine et lui regardaient tous les numéros, cherchant les chambres 11 et 12. Au bout d'une minute, Blaine s'arrêta devant une porte de bois à qui un coup de vernis ne ferait pas de mal.

"C'est la chambre 11. Je pense que la 12 est la suivante. Tu veux laquelle ?"

Kurt haussa les épaules en se rapprochant de Blaine.

"Je m'en fiche, c'est comme tu veux."

"Bon, bah je prends celle-là alors, trancha Blaine en mettant une clé dans la serrure."

Il donna ensuite le reste du jeu de clé à Kurt et s'empara de son unique valise. Kurt traîna ses bagages devant la chambre numéro 12 et l'ouvrit.

En poussant la porte il découvrit une chambre assez simple, bleu pâle. Le lit simple semblait être un peu petit et le couvre-lit rouge n'était définitivement pas accordé avec le reste de la chambre. Kurt s'avança jusqu'à l'unique fenêtre et regarda à l'extérieur. Il faisait nuit et les flocons tombaient toujours sur la chaussée, la recouvrant d'un doux manteau d'hivers. Il fallait avouer que la vue n'était pas superbe. Quelques vieilles maisons, une route, un supermarché dont l'enseigne clignotait mal…

Oui, l'hôtel n'était pas l'hôtel des rêves de Kurt. Mais il était à Paris, il neigeait, c'était Noël dans trois jours. Alors oui, tout était parfait

"Alors Porcelaine, elle te plaît ta chambre ?"

Kurt se retourna. Blaine s'était adossé au cadran de la porte qu'il avait laissé ouverte sans qu'il s'en aperçoive.

" Elle est parfaite, je trouve. Murmura Kurt."

Blaine haussa un sourcil en s'approchant de lui.

" Je pensais que tu avais plus des goûts de luxe."

Kurt ricana.

" Il y a du luxe partout quand on sait bien regarder. Ici, le luxe, c'est la ville, pas la chambre. "

Kurt regarda une nouvelle fois dehors.
Jamais je ne me lasserai de cette vue.
Sans rien ajouter, Blaine tourna les talons et sorti de la chambre en balançant une bonne nuit.

Kurt ne prit même pas la peine de lui répondre. Les flocons étaient bien plus captivant.


Kurt ouvrit les yeux le lendemain matin. Ne reconnaissant pas sa chambre, il se leva brusquement et examina l'endroit.

Puis, la mémoire lui revint.

Il était à Paris. Avec Blaine.

Il se leva et enfila rapidement un pantalon rouge moulant avant de se précipiter dans la chambre de Blaine.

"Blaine! Blaine, debout marmotte! On n'a pas de temps à perdre"

Blaine se retourna dans son lit, enfonçant la tête dans l'oreiller.

"Qu'est-ce que tu fous Porcelaine, il est super tôt!"

Kurt leva les yeux au ciel et entreprit de découvrir Blaine. Mais le brun était rusé. Il se roula dans le couverture, faisant en sorte de la maintenir sous son corps. Et Kurt ne pouvait évidemment pas faire le poids.

"S'il te plaît! Supplia-t-il. C'est Paris, il y a tant de choses à voir, on va pas passer notre vie à dormir!"

Blaine s'assit dans son lit et passa la main sur ses yeux. Kurt ne put s'empêcher de fixer la poitrine musclée du brun, recouverte d'un fin duvet de poils noirs.

"Ok, ok, capitula Blaine distrayant Kurt, je me lève. Juste le temps que j'enfile des fringues, que toi tu te coiffe, trouve un t-shirt et on est bon."

Kurt arqua un sourcil et baissa les yeux sur son propre torse imberbe et blanc qu'il avait oublié de couvrir.

Il pensa à ses cheveux et à quoi ils ressemblaient le matin.

Il rougit en pensant qu'il ne devait pas ressembler à grand-chose.

Il bredouilla deux ou trois mots incompréhensibles et sortit à reculons de la chambre pour se préparer au moins le minimum.

Enfin... Le minimum de Kurt Hummel, bien entendu.

Une bonne vingtaine de minutes plus tard, Kurt sortit de sa chambre d'hôtel, parfaitement propre et apprêté. Il frappa a la porte de Blaine et, n'obtenant pas de réponse, décida de descendre à la réception.

En effet, Blaine l'y attendait, avec ce qui semblait être un paquet de papier carton débordant de beurre qui transperçait l'emballage. Il pointa le doigt sur le sac

"C'est quoi cet amas de graisse, Anderson?"

Blaine leva les yeux au ciel.

"Ton petit déjeuner. Des croissants. Tu vas pas me dire que t'en veux pas."

Kurt ouvrit le sachet avec deux doigts et jeta un coup d'œil a l'intérieur. Deux énormes croissants tout chauds attendaient d'être mangés.

"T'a pas pensé à ma ligne toi, grommela Kurt."

Blaine fit un petit sourire en coin.

"T'es pas à Paris pour faire un régime hein! "

Kurt plongea sa main dans le sachet et en ressorti une viennoiserie brillante.

"Je sais... Bah, j'irai faire des joggings quand on retournera à Lima."

Sur ce, il mordit dans le croissant. Le goût était extraordinaire, bien plus radine que tous les gâteaux américains qu'il connaissait. C'était léger, tout en étant consistant. Sucré sans trop l'être.

C'était la France. Tout en raffinement.
Blaine avala le sien, sous les réprimandes de Kurt qui trouvait qu'il ne savourait pas assez. Blaine lui répondit qu'il avait encore une semaine pour savourer.

"Bon, tu veux aller où? Demanda Kurt en se léchant les doigts."

"Ou tu veux..."

"Tour Eiffel?"


Blaine et Kurt étaient complètement perdus. Ayant habité à New-York Kurt savait prendre le métro mais le métro parisien était une autre affaire. Les numéros de lignes se mélangeaient, les noms d'arrêts étaient tous plus long les uns que les autres et aussi incompréhensibles. Les couloirs se ressemblaient tous, les gens s'y bousculaient, Kurt n'arrivait pas à voir les panneaux...

"On cherche comment aller à BIR-HAKEIM, répétait Blaine. On prend n'importe lequel et c'est bon"

Et Kurt leva les yeux au ciel.

"Et si on le prend pas dans le bon sens? Ça serait malin de se retrouver à la défense tiens."

Et Blaine demandait.

"C'est quoi la Défense? Ils ont des mots bizarres les français... Et totalement imprononçables. Bref on s'en fou. C'est pas sur la même ligne de toute façon."

Voilà ce à quoi ressemblait leur déambulation dans le métro. Kurt aurait bien arrêté un passant pour lui demander de l'aide mais il se savait incapable de faire une phrase en français et il doutait que les hommes en costumes lui indiqueraient quoi que ce soit. Ils étaient bien trop pressés.

Kurt s'arrêta devant une carte de métro et soupira en constatant que la carte était exactement la même que celle qu'il tenait dans les mains.

" J'y comprends rien Blaine ! "

Le brun s'approcha et posa son doigt sur la carte.

"Bon, on est ici…"

"Attends, comment tu sais, le coupa Kurt."

Blaine tourna la tête vers lui.

"C'est marqué gros débile. Même en Français, je pense que tout le monde est capable de comprendre « vous êtes ici. ». T'es pas sensé avoir fait du Français au lycée ?"

"Tais-toi et dis-moi comment on va à la Tour Eiffel ! "

Blaine ricana et entraîna Kurt par le bras à travers le dédale de couloir avant de finalement se retrouver sur un quai, à attendre le métro.

"Tu es sur que c'est le bon ? demanda Kurt."

Blaine hocha la tête. Kurt décida de lui faire confiance. De toute façon, il n'avait pas vraiment d'autre choix, il n'avait vraiment aucune idée de comment faire ne serait-ce que pour sortir d'ici.

Encore heureux tu n'es pas claustrophobe.

Le métro ne tarda pas à arriver et les garçons tentèrent de se faire une place parmi la foule de gens. Il était neuf heures, heure française, un lundi. A croire qu'ils n'avaient pas vraiment choisi leur moment pour faire leurs premiers pas dans un métro.

Mais qu'importe. A Paris rien n'avait d'importance.

Pressés l'un contre l'autre, Kurt et Blaine ne bougeaient pas, tentant de ne pas se laisser emporter par les mouvements du métro qui les déséquilibraient.

Chacun sentait le parfum de l'autre. Menthe poivrée. Kurt ne sentait plus que ça. Les cheveux du brun frôlaient sa joue droite et il sentait son cœur battre un peu plus vite.

Le métro fit un arrêt un peu plus brusque que les autres. Blaine perdit l'équilibre et se rattrapa les deux mains sur le torse de Kurt. Ce dernier ne réagit pas. En réalité, c'était plutôt agréable.

Pourtant, Blaine se recula et attrapa tant bien que mal la barre d'aluminium au-dessus de sa tête pour garder son équilibre. Sentant la chaleur de Blaine quitter son torse, Kurt se surpris à être déçu…

Quelques arrêts de métro plus loin, les deux garçons descendirent.

Le froid saisit Kurt. La température dans le métro était bonne, voir presque chaude quand on comptait la chaleur des corps pressés les uns contre les autres. Mais dehors, c'était une autre histoire. La neige tombait toujours en léger flocons, le vent s'infiltrait dans les vêtements, les gens passaient enroulés dans leurs écharpes et manteaux et les nez étaient rougis par le froid.

Çà et là, des guirlandes de Noël qui scintillaient. Vert, rouges, bleus, jaunes.
Kurt et Blaine marchèrent un moment puis les prunelles de Kurt se posèrent sur ce qu'ils étaient venus chercher.

La Dame de Fer

Kurt s'empara de la main de Blaine sans réfléchir et le traîna un peu plus vite à travers les gens qui arrivaient à sens inverse. Ils en bousculèrent quelques-uns qui les insultèrent en français mais Kurt s'en fichait. Tout ce qu'il voulait, c'était la Tour Eiffel.

Blaine le suivait. De toute façon, vu la façon dont Kurt le tenait, il ne pouvait pas vraiment faire autrement.

Enfin, ils arrivèrent tout les deux devant la Tour Eiffel.

Le cadre était splendide.

Kurt s'avança vers un immense manège d'où il entendait de la musique. Quelques accords d'harmonica.

Il se tourna ensuite vers la Tour Eiffel, tenant toujours Blaine par la main qui ne se débattait pas.

Il ne pouvait pas détacher ses yeux de ce qu'il voyait. Enfin. Enfin elle était là. La Tour Eiffel. Une foule de gens se pressaient à ses pieds, colonies de fourmis qui cherchaient à accéder au sommet.

Majestuosité. Kurt n'avait pas d'autres mots pour décrire ce qu'il voyait. Les mètres de métal devant lui semblaient sans fin, comme s'il voulait manger le ciel.

Il pensa aux immeubles. Skyscrapers. Ce que les américains étaient stupides. Le vrai skyscraper, il était devant ses yeux.

Comment expliquer ça ? Comment expliquer que toute la vie de Kurt semblait prendre son sens à cet instant ? Devant cette magnifique Tour qui semblait avoir sa propre âme. Il se sentait chez lui, il savait que cet instant était écrit depuis le jour de sa naissance. Il devait se trouver à cet instant devant la Tour Eiffel, la main dans celle de Blaine, des gamins criant et chantant derrière lui, avec la musique d'harmonica qui accompagnait le manège tournant. Tout ça était écrit. Depuis toujours.

Il se tourna vers Blaine. Le brun semblait ne pas pouvoir détacher ses yeux de l'immensité de fer devant lui. La bouche ouverte, il fixait encore et encore ce qu'il avait devant lui. Un flocon tomba sur ses lèvres entrouvertes et Kurt sourit en voyant son absence de réaction.
Il revit en pensée le Blaine assit à la fenêtre, regardant les voitures passer. Il fixa ensuite le Blaine devant lui.

L'air parisien lui avait fait du bien. En seulement quelques heures, sa personnalité avait évoluée. En quelques heures, ses parties noires s'étaient enfouies, ou du moins faîtes oublier. Le passé restait dans les pages tournées.
Bien sûr, les pages ne resteraient pas tournées éternellement. Ce n'était qu'un peu de répit. Mais Kurt le bénissait, ce répit.

Blaine tourna la tête vers Kurt et lui fit un sourire. Un magnifique sourire, dévoilant toutes ses dents. Un enfant qui voyait le père Noël pour la première fois. Ses yeux étaient radieux, le vert en sortait plus que d'habitude, éclairé par des petites étincelles qui semblaient sortir du plus profond du brun.

Il rayonnait. Et il était beau comme ça.

" Kurt ? On va en haut ?"

Le châtain sourit. Un enfant ? Non, Blaine ressemblait à un bébé en fait.

Le brun récupéra sa main et s'avança vers la Tour. Kurt le suivit et tout deux s'avancèrent jusqu'à la queue phénoménale qui les attendait.

Trois bon quarts d'heure plus tard, les deux garçons prirent enfin leurs tickets pour les escaliers. Au vue de la queue qui les attendait pour l'ascenseur, ils avaient tout les deux décidés que deux étages ne les tueraient pas. C'est ainsi qu'ils entamèrent l'ascension.

"T'ai-je déjà dis que je n'étais pas sportif ? fit Kurt. "

Blaine, cinq marches au-dessus de Kurt, se retourna.

"Non, mais tu n'as pas besoin de me le dire. Rien qu'en te voyant galérer comme ça, on le devine."

Kurt lança un regard mauvais à Blaine qui rit de bon cœur avant de recommencer son ascension.

Une fois arrivés au premier étage, Kurt s'adossa contre une barrière. Monter les marches s'était révélé plus difficile que prévu, mais rien ne l'empêcherait de voir Paris du haut de la Tour Eiffel.

Une fois son souffle reprit, il chercha Blaine des yeux. Il ne mit pas longtemps à le trouver. Le brun était déjà devant une vitre à surplomber tout Paris. Kurt ne s'approcha pas tout de suite.

Blaine portait un gros manteau noir qu'il avait fermé jusqu'à son écharpe rouge qui lui cachait presque les oreilles. Il avait enfilé des moufles noires avec lesquelles il avait du mal à se servir de ses mains et son bout du nez avait légèrement rougit à cause de froid. Quant à ses boucles, elles étaient saupoudrées d'un peu de neige immaculée.

Oui, Kurt trouva Blaine craquant.

Il chassa bien vite cette pensée de son esprit et entreprit de faire son chemin entre les touristes qui s'agglutinaient un peu partout. Enfin, il parvint à rejoindre le brun.

La vue était splendide. Devant lui s'étendait le champ de Mars, suivi des Invalides. L'herbe était totalement blanche, les gens déambulaient dans tous les sens, réduits à la taille de petites fourmis. Les voitures ressemblaient même à celles qu'il avait étant enfant.

"C'est splendide, murmura-t-il."

Blaine se tourna vers lui.

"La vue sera encore mieux de tout en haut."

Il attrapa le bras de Kurt et le traîna jusqu'aux cages d'escaliers.

Ainsi, ils montèrent tout les deux au deuxième étage avant de prendre l'ascenseur. Au top de la Tour Eiffel, Kurt eut le souffle coupé. Il s'était attendu à une telle vision, il savait qu'il allait être émerveillé.

Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il aurait l'impression d'être au paradis.


Santana arpentait la rue, vérifiant chaque numéro et chaque boite aux lettres.

Drake Tobs. Elle ne devait pas le laisser passer.

Le vent jouait avec ses cheveux, jetant quelques mèches brunes sur son visage. Elle n'avait de cesse de les remettre en arrière, ce qui l'agaçait légèrement. Et la froideur du temps n'arrangeait pas son humeur.

Pourtant, elle avait une piste. Drake Tobs allait peut-être lui révéler ce qu'elle cherchait. Il allait peut-être lui avouer pourquoi Blaine avait été rangé dans la catégorie "criminel".

La rue était déserte. Elle pouvait entendre les feuilles balayée par le vent. De temps en temps, un chien aboyait, une voiture passait. Mais la rue restait sordide.

Pourtant, la jeune femme n'avait pas peur. Elle avait le sentiment qu'elle approchait du but.

Elle poussa une exclamation de joie quand elle tomba sur le boite aux lettres au nom de Tobs.

Une goutte de pluie tomba sur son front.
Elle jeta un regard à la maison, la scrutant.

L'endroit se fondait dans le décor sordide. Les murs auraient eu besoin d'un bon ravalement de façade, les fissures serpentaient telles des lézards. Les vitres des fenêtres étaient opaques, délaissées par le moindre chiffon. Çà et là, il manquait quelques tuiles.

Santana poussa le portillon rouillé qui émit un grincement. Anciennement, il devait sûrement être bleu. Comme les volets, probablement. Mais le bois était tellement abîmé qu'il était dur de l'assurer.

Le jardin ressemblait plus à un champ qu'à autre chose. Les brins d'herbe lui arrivaient à la cheville et tout ce qui restait du chemin était quelques dalles par ci par là.

Santana ne se laissa pas démonter et avança jusqu'à la porte d'entrée, dans un état aussi minable que le reste de la maison. Elle enfonça le bouton de la sonnette mais, constatant qu'elle était cassée, décida de frapper trois coups contre le bois. Quelques secondes plus tard, des bruits de pas lui parvinrent et un homme lui ouvrit.

"Ouaip?"

Tobs était un homme grand et gras, qui ne devait probablement pas prendre de douches régulièrement et qui sentait le tabac froid. Ses dents déchaussées étaient grises et sa peau suintait le sébum.

"Bonjour, je m'appelle Santana. Je voudrais vous parler."

"Oublie l'vouvoiement p'tite. Après on verra."

Santana tiqua. Elle n'était sûrement pas petite et l'homme devant elle ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elle.

"Ok... fit-elle. Bon, je suis là pour parler d'un certain Blaine Anderson. Ça te parle?"

Le visage de l'homme se durcit.

"C'est lui qui t'envoie?"

Santana lui assura que non d'un hochement de tête. Dans ses yeux, elle remarqua de la rage, du ressentiment et un peu de peur aussi.

"Qu'est'c'que t'veux alors?"

"Juste parler."

Tobs fronça les sourcils et hésita pendant quelques secondes. Il semblait la juger, comme pour savoir s'il pouvait ou non lui accorder sa confiance. Enfin, elle lui fit un signe de la tête et ouvrit sa porte en grand pour la laisser passer.

A peine avait-elle mis les pieds dans l'entrée qu'elle fronça le nez. L'odeur était totalement infecte. Un mélange de chien mouillé, de tabac froid et d'urine.

Tobs la mena jusqu'au salon, petite pièce meublée d'un grand canapé de tissus troué où il lui fit signe de s'asseoir. A peine s'était-elle assise qu'elle nota mentalement de prendre une douche dès qu'elle rentrerait chez elle.

"Bon, pourquoi t'veux m'parler d'Anderson?"

Santana fit abstraction de la saleté ambiante et commença à parler.

"J'ai besoin de renseignement sur lui. Sur comment il était en prison, pourquoi il y était... Tout ce que tu sais quoi."

Tobs renifla.

"Jamais aimé Anderson. C'connard m'a pris ma place dans la prison, t'sais. Avant qu'il arrive, j'tais le maitre. Tout l'monde avait peur de moi, c'tait le pied total. Au départ, il'tait bizarre. Timide, renfermé. Alors t'comprends, moi j'tais obligé d'le décoincer un peu. Du coup, j'en ai fait mon souffre-douleur. Ah, y jouait la victime. C'tait bien drôle quand même. Les gens avaient peur d'lui. J'comprenais pas. Juste parce qu'il'tait enfermé dans une cellule à l'écart et qu'sa gardienne le laissait jamais. Les gens disaient qu'c'tait parce qu'il'tait dangereux. Moi j'pense juste qu'il baisait sa gardienne. En tous cas, ça m'a pas empêché d'le frapper. Pis un jour, t'sais pas pourquoi, l'mec s'est rebellé. Mais vraiment. J'tais en train d'le frapper, normal. Et ses yeux ont changés, son expression aussi. Il f'sait peur. Il m'a frappé, alors qu'normalement il ratait tout l'temps sa cible. J'avoue que j'ai pris une belle raclée c'jour là. Il a été emmené dans sa cellule menotté. Le lendemain, sa gardienne avait un coquard et j'ai jamais pu avoir l'dessus sur lui. Il s'est mis à frapper tout c'qui bougeait, tout c'qui lui plaisait pas. Peut-être que sa gardienne voulait plus faire sa pute, ou j'sais pas... En tous cas, j'ai été transféré pas longtemps après. Aucune idée de c'qu'il est devenu."

Santana fronça les sourcils. Cette description ne tenait pas la route, ce n'était plus du tout le même Blaine. Elle qui l'avait cru inoffensif...

Mais pourtant, il ne l'avait pas frappé quand il avait eu l'occasion... Et il était plus amorphe que violent.. Peut-être la maladie...

"Personne ne savait qu'il était malade?"

"Malade? demanda Tobs en haussant un sourcil. J'vois pas d'quoi tu parles, il était très bien."

Santana secoua la tête.

"Je veux dire, personne ne savait qu'il est bipolaire. Qu'il est malade psychologiquement parlant?"

Tobs semblait tomber des nues.

"Ah nope. Il'tait sûrement pas malade à l'époque. Sinon, il aurait pas été dans c'te prison-là. Y'a des hôpitaux pour les prisonniers comme ça."

"Ça aurait peut-être pu échapper à la justice?"

"Pas possible. Y'a des tests."

Santana fronça les sourcils. Cette histoire était bizarre. Elle était persuadée que Blaine était malade au moment de son enfermement. La justice aurait pu passer sous silence sa maladie? Mais dans quel but? Pourquoi? Et surtout, qui?

Son père? Il était avocat, il aurait sûrement eu les moyens. Mais pourquoi faire enfermer son fils malade?

"Sinon, est-ce que tu sais pourquoi il a été envoyé en prison?"

Drake secoua la tête.

"Nope. Y'avait quelques rumeurs, mais rien d'concret. J'me demande même si c'tait pas lui qui les lançait, histoire de foutre encore plus la frousse aux gens."

"C'étaient quels genres de rumeurs?"

"Des trucs genre meurtres, souvent."

"Un nom de victime potentielle?"

"Que dalle."

Santana soupira. Ce n'était pas Tobs qui lui dirait ce qu'elle cherchait. Cependant, elle était contente d'être venue. Elle avait tout de même appris beaucoup de choses sur Blaine aujourd'hui. Si elle parlait du comportement qu'il avait eu en prison à Kurt, peut-être que le châtain accepterait de prendre ses distances avec le brun.

"Par contre, reprit Tobs. Peut-être qu'Haley sait quelque chose."

"Haley? demanda Santana soudainement très intéressée."

"La gardienne. Celle qu'se tapait Anderson."

"Tu sais où je peux la trouver?"

"J'crois qu'elle bosse toujours à la prison. Demande à la voir, y'a pas d'raisons qu'on t'empêche de lui parler."

Santana se leva, suivie de Tobs et se dirigea vers la porte. Tobs lui ouvrit et elle le remercia. Maintenant, elle devait trouver cette Haley.


Les deux garçons marchaient dans les rues de Paris, longeant la Seine.
Aucun d'eux ne parlait. C'était leur premier jour, ils préféraient savourer l'ambiance de la ville plutôt que de gaspiller leur salive.

Kurt était heureux. Encore. Cette ville le rendait fou de bonheur, elle lui donnait envie de sauter, de voler, de chanter, de danser. Elle lui donnait envie d'arracher la lune, de tourner le dos à son monde et vivre là, sous l'ombre de Notre-Dame, protégé par la Tour Eiffel. Oui, il avait envie. Comme si la ville était une de ses vieilles amies.

Les gens étaient surprenants. Le châtain ne comprenait pas un traître mot de français, mais les intonations, tout ces sons qu'il était incapable de prononcer... Ça lui rappelait pourquoi il aimait la langue française. Parce qu'elle était belle, mélodieuse, mais surtout hors du commun. Comme les gens d'ailleurs. Il croisait tous les styles différents. La jeune fille en jupe et collant, emmitouflée dans une grosse écharpe noire et un manteau de cuir. Le vieil homme avec sa canne et ses chaussures usées. L'homme d'affaire en costume, pressé et portant sa petite malle noire comme si c'était la vie qu'il tenait entre ses mains. La dame enroulée dans son manteau de fourrure, portant un sac Louis Vuitton et sortant sûrement d'un des grands magasins de Paris.

Blaine s'arrêta et s'assit sur un banc. Kurt l'imita.

"Tu aimes? demanda Kurt."

Blaine tourna la tête vers lui et leurs yeux se rencontrèrent.

"Oui... C'est surprenant, mais j'aime bien."

Kurt fronça les sourcils.

"Qu'est-ce que tu entends par surprenant?"

Blaine haussa les épaules.

"Je ne sais pas... Tout est tellement différent de l'Amérique. Je veux dire... Je n'ai jamais été à New-York, ou dans une réelle grande ville. En fait, je n'ai jamais quitté l'Ohio. Mais même avec ma maigre expérience de la vie américaine, je peux dire qu'ici, c'est différent. Mais dans un bon sens."

Kurt sourit. Il était content que tout cela plaise à Blaine. D'une certaine façon, il était content que Blaine soit normal. Il était ouvert, il parlait. Il n'était plus assis sur le bord d'une fenêtre à regarder les oiseaux passer en ressassant ses souvenirs. Sa maladie n'était pas là, elle était enfouie. Comme restée à Lima.
Comme si la France l'avait chassée.

Un vent froid s'engouffra dans la parka de Kurt qui resserra ses bras autour de lui-même en soufflant dans ses moufles rouges. Le ciel était toujours blanc, la température toujours négative mais il avait arrêté de neiger. Noël était dans trois jours. Kurt espérait que maintenant, la neige resterait dans les nuages encore trois jours pour ne tomber que le 25. Un Noël blanc, il avait envie d'un Noël blanc.

"Où est-ce que tu veux aller? demanda-t-il à Blaine qui fixait l'eau de la Seine s'écoulant"

"Je ne sais pas... répondit le brun sans quitter le fleuve des yeux. Nous sommes tout près de Notre-Dame, pourquoi ne pas nous y arrêter? Je ne suis pas forcément très croyant, mais nous ne pouvons pas la manquer."

Le sourire de Kurt semblait ne plus pouvoir disparaître de son visage. Si on lui avait dit une semaine plus tôt que Blaine serait capable d'un tel revirement de comportement, il ne l'aurait pas cru. Et pourtant...

"Je suis d'accord! Je ne suis pas du tout croyant pour ma part, mais je pense qu'on devrait y aller. En plus, avec un peu de chance, il fera chaud dans la cathédrale."

Blaine tourna la tête vers lui pour constater ses tremblements.

"Allons-y alors..."

Tout deux se levèrent et recommencèrent à marcher. La cathédrale n'était pas loin, à dix minutes de marche environ. Ils longèrent encore la Seine avant de traverser un pont voisin de Notre-Dame.
Les représentations que Kurt avait déjà vues la cathédrale ne mentaient pas. Au contraire.

Jamais une simple photo ou une image télévisée n'aurait pu restituer la splendeur du bâtiment. S'élevant sur des dizaines de mètres, elle semblait reine de Paris, sœur de la Dame de fer. Immuable, elle imposait le respect, le silence. Elle subjuguait par sa hauteur, par son raffinement, par le silence de ses pierres qui avaient pourtant vues tant de choses. Kurt se sentait tout petit à côté d'elle, tel un moustique à côté d'un immeuble.

Il y avait une foule de gens devant l'entrée, faisant la queue en zigzag, attendant leur tour pour entrer. A croire que le froid n'avait pas découragé les touristes.

Kurt entendait plusieurs langues, plusieurs nationalités qui se mêlaient. Mais tous les yeux étaient tournés vers les sculptures de pierre, vers cette grandeur, vers cette Reine du temps. Les bouches bougeaient, formant des mots qu'il ne comprenait pas. Pourtant, il savait ce que tout le monde ressentait.

Il se tourna vers Blaine. Son expression paraissait triste.

"Blaine? demanda-t-il."

Le bouclé tourna la tête vers lui, et il eut peur. Dans ses yeux, il lut de la tristesse, de la peur, du manque, de la douleur. Tout ce qu'il avait voulu que Blaine oublie pendant ce voyage.

Il eut peur que tout ça ne serve à rien. Il eut peur que les démons n'en aient rien à faire de la beauté de Paris. Il eut peur que la maladie ne le lâche pas.

Il eut peur de devoir supporter une autre crise.

Il eut peur de Blaine

Le garçon ouvrit la bouche pour parler, puis la referma.

"Qu'est-ce qui ne va pas Blaine?"

Le brun baissa les yeux au sol, avant de parler doucement.

"Je ne suis pas croyant mais... Qui sait? Peut-être que tout ce que les autres pensent est vrai. Peut-être qu'il y a quelqu'un là-haut qui veille sur les vivants. Peut-être que cette grande cathédrale est sa maison et peut-être que..."

Sa voix se tue, refoulant un sanglot. Kurt s'approcha et posa une main sur son épaule, pour lui faire sentir qu'il n'était pas seul et lui intimer de continuer.

"Je me dis que... continua difficilement Blaine. Que peut-être... Eh bien peut-être que cette cathédrale est sa nouvelle maison. A Sebastian..."

Le cœur de Kurt se brisa un peu. Petit cassement qui faisait mal.

Les larmes lui montèrent aux yeux. En cet instant, il se sentait lié à Blaine d'une façon qu'il n'aurait jamais crue possible, qu'il n'aurait même jamais envisagé.

Il pensa à son père et sa mère, tous deux disparus. Les deux êtres qui lui avaient donné la vie, à qui il devait tout ce qu'il avait. Chaque respiration, chaque mouvement, il les leur devait.

Il leva la tête vers le bâtiment de pierre. Peut-être que Blaine avait raison. Peut-être que c'était leur nouvelle maison.

La raison de sa présence ici changea. Il n'était plus là pour une simple visite de monument. Il venait voir ses parents.

Et accessoirement, il venait aussi voir Sebastian. Il ne l'aimait pas mais respectait l'amour que Blaine lui avait porté.

Prit d'une soudaine inspiration, il enroula ses bras autour de la nuque du bouclé et le prit dans ses bras. Au début, il le sentit tendu contre sa poitrine. Blaine voulait le repousser, il en était certain. Puis, le corps contre lui se détendit. Petit à petit, Blaine acceptait cette étreinte, sûrement la première qu'il avait connue depuis longtemps.

Kurt enfoui son nez dans les boucles brunes et resserra son étreinte quand il sentit les bras de Blaine lui entourer la taille.

Deux jeunes hommes partageant leur deuil. Se donnant mutuellement la force de rendre visite aux défunts qui leur manquaient.

Menthe poivrée. Blaine sentait la menthe poivrée.


Le lendemain, les deux garçons décidèrent de faire une marche le long des Champs Élysées. Kurt était aux anges. Il regardait autour de lui, comme si toutes les boutiques allaient finir par disparaître. Mais elles restaient là, ce n'était pas un rêve.

La tentation étant forte, il entraîna Blaine à le suivre dans certaines boutiques. Il ne comprenait rien à tous ce qui était écrit sur les panneaux mais il s'en fichait. Les boutiques de luxes étaient toutes simplement splendides

Il ignorait aussi les regards interrogatifs que les gens lui lançaient. Il était vrai qu'il détonait un peu dans ce monde, et Blaine encore plus. Mais quoi ? S'il ne pouvait même plus vivre son rêve tranquille…

Ils remontèrent toute la rue, jusqu'à l'arche de triomphe. Là-bas, la queue semblait interminable pour accéder au sommet mais bon, ils avaient survécus à la Tour Eiffel, ils vaincraient l'arche de Triomphe. Mais avant, ils s'arrêtèrent devant le mémorial. Kurt raconta rapidement l'histoire du soldat inconnu à Blaine. Il trouvait important que Blaine sache quelque chose comme ça.

Puis enfin, ils accédèrent au sommeil de l'arche. Ils avaient une vue imprenable sur les champs.

"C'est magnifique n'est-ce pas ? fit Blaine en arrivant derrière Kurt."

Le châtain ne répondit pas. Il n'y avait tout simplement pas de mots.

" J'aimerai rester là toute ma vie… murmura Blaine. "

Kurt se tourna vers lui.

" Vraiment ? "

"Oui… J'aimerai vivre ici. Pour toujours. Loin de l'Amérique, des souvenirs, de tout… Je voudrais recommencer ma vie, et je voudrais la recommencer ici et comme ça."

Kurt se demanda s'il était inclus dans la vie à laquelle rêvait Blaine. Il se rendit compte que s'il ne l'était pas, ça lui ferait mal. Pourquoi il l'ignorait. Mais il le savait au plus profond de lui.

"Tu te vois recommencer ta vie tout seul ici ? Loin de ceux qui compte pour toi ? Loin de ceux pour qui tu comptes ?"

Loin de moi ?...

"Et toi Kurt. Tu aimerais vivre ici ? répondit simplement Blaine, esquivant la question."

Kurt décida qu'il ne servait à rien d'insister. Alors, il répondit simplement :

"Oui. Oui j'aimerai vivre ici."

Et tout deux regardèrent ensemble les Champs, animés de mille couleurs, perdus dans leurs pensées.


Blaine et Kurt étaient assis dans le métro vide. Il était huit heures du soir et étrangement, tout le monde semblait avoir déserté le métro parisien. Parfois, Kurt se demandait si les gens ne se passaient pas le mot.

"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Blaine"

Kurt haussa les épaules. Ils avaient pas mal marché aujourd'hui, Paris était vraiment une grande ville. Entre les champs Elysées et la Défense, en passant par la Concorde… Ils avaient fait beaucoup de kilomètres et Kurt avait un peu mal aux pieds. Le métro était plutôt soulageant pour lui.

Le ventre de Blaine gargouilla.

"Tu as faim ? Demanda-t-il."

Le brun hocha la tête en baillant.

Alors, Kurt eut une idée.

"On va aller manger ! Qu'est-ce que tu dirais d'un dîner sur un bateau-mouche ?"

Blaine haussa les sourcils.

"Tu rigoles ? Ça coûte un bras, Porcelaine ! "

"Qui s'en soucie ?"

Ils réussirent à trouver leur chemin à travers tous les dédales de métro et débouchèrent finalement sur la Tour Eiffel. Il faisait nuit, et la Tour scintillait. Mais Kurt savait que ce n'était pas le scintillement auquel ils auraient droit le lendemain. Pour Noël, la Tour devenait encore plus féerique.

Ils longèrent la Seine, achevant de se torturer les doigts de pieds. Enfin, ils arrivèrent devant une agence de bateaux-mouches qui faisaient également restaurant. Dans un français rudimentaire, Kurt tenta d'expliquer à un homme en costume pourquoi ils étaient là. L'homme lui répondit dans un anglais impeccable qu'ils avaient besoin d'une réservation s'ils voulaient monter à bord.

" S'il vous plaît Monsieur… Nous partons demain, mentit Kurt. "

L'homme fronça les sourcils. Il ne semblait pas beaucoup y croire.

"Nous sommes jeunes mariés, rajouta Blaine. Nous sommes venus à Paris pour notre voyage de noces mais voyez… Nous n'avons pas eu l'occasion de voir énormément de choses de la ville, à notre grand regret. Nous n'avons pas fait de tourisme, seulement des galipettes si vous voyez ce que je veux dire. Mais je voudrais vraiment que mon amour et moi puissions avoir droit à un dîner aux chandelles sur un bateau-mouche… "

L'homme regarda Blaine qui fit la moue.

Kurt rougit en pensant que l'homme était peut-être en train de les imaginer dans un lit à faire ce que tout les jeunes mariés font.

Puis, c'est dans sa tête à lui que des images se formèrent.

Hop, Kurt. On oublie ça tout de suite.

Finalement, l'homme les laissa monter dans le bateau, en précisant bien qu'ils devraient payer une taxe supplémentaire.

Mais ça, Kurt s'en fichait.

L'homme les mena jusqu'à une table où ils prirent place. Les couverts étaient disposés symétriquement, un bouquet de fleur avait été mis dans un vase. Kurt n'osait même pas toucher tellement tout semblait parfait.

"Porcelaine ? L'appela Blaine. "

Le châtain leva les yeux vers lui.

" Nous devrions jouer les jeunes mariés si nous ne voulons pas qu'ils ne nous jettent par-dessus bord. "

Kurt jeta un coup d'œil à l'homme en costume qui les observait toujours avec un regard suspicieux.

"Tu crois ? "

" Ouais, je crois. Pas besoin de se rouler des pelles. Si on se tient la main ça devrait le faire."

Kurt fixa le vert noisette devant lui.

Comme était-il possible que Blaine ait autant changé en deux jours ? Comment un voyage avait-il pu le guérir à ce point ? Il se sentait dépassé mais heureux. Il n'avait plus à gérer, il n'avait plus à avoir peur. Seulement profiter.

Kurt avança sa main vers celle de Blaine, qui était posée sur la table. Il jeta un coup d'œil à Blaine, comme s'il attendait son accord. Voyant que le brun comprenait ce qu'il s'apprêtait à faire, il posa sa main sur celle fraîche du garçon.

Fraîche. Mais pourquoi sentait-il tous ces petits picotements qui remontaient le long de son bras ?

Blaine attrapa sa main et glissa ses doigts entre les siens.

"C'est plutôt bizarre comme situation, n'est-ce pas ? Chuchota Kurt. "

"Je te le fais pas dire… "

Ils restèrent pourtant une bonne partie du dîner la main dans celle de l'autre, ce qui ne les empêcha de manger et de plaisanter sur l'allure des cuisses de grenouilles qu'on leur servait. Kurt avait d'ailleurs eut un peu de mal à les manger, l'aspect était vraiment répugnant. Mais bon, quand on a un Blaine qui nous menace de nous arracher les yeux si on ne mange pas notre assiette, on n'a pas vraiment le choix.

Ce fut sûrement une des soirées les plus agréables que Kurt avait jamais passées. Paris de nuit était aussi splendide que de jour et la nourriture était délicieuse. Blaine semblait content d'être là, il plaisantait, discutait… Et ça, ça rendait Kurt heureux.

Même cette main dans la sienne le rendait heureux finalement.


Le réveil sonna. Kurt grogna et se tourna dans son lit d'hôtel afin d'atteindre son téléphone. Il appuya sur la touche « snooze », s'accordant encore quelques minutes de sommeil.

Ça faisait deux jours qu'il était à Paris mais il se sentait exténué. Blaine et lui ne faisait que marcher, visiter, prendre le métro, marcher, se perdre, manger un peu, visiter. De plus, ils s'étaient couchés plutôt tard hier, la balade en bateau-mouche s'étant fini vraiment très tard. Mais le châtain ne regrettait pas. La nourriture était vraiment savoureuse et il avait passé une très bonne soirée.

Plus il passait du temps avec Blaine, plus il trouvait qu'il était de bonne compagnie. Voir de très bonne compagnie.

Ce voyage était définitivement la meilleure idée que le docteur avait jamais eu. Kurt sourit en pensant à lui. Il se demanda s'il avait enfin oser inviter Carole à sortir. Vu comment il la regardait, c'était flagrant qu'elle lui plaisait.

Puis, il pensa à Santana et Brittany. Elles devaient sûrement être en plein préparatifs pour leur mariage. Il faudrait qu'il pense à dessiner les robes d'ailleurs.

Puis, il prit son téléphone, pour consulter ses mails.

Il allait déverrouiller quand son regard se posa sur la date.

25 décembre.

Il repoussa les couvertures et se leva précipitamment. Il allait pousser la porte mitoyenne quand il se souvint d'attraper un T-shirt et de remettre en ordre ses cheveux. Quand ce fut fait, il déboula dans la chambre de Blaine.

" Joyeux Noël ! hurla Kurt en sautant sur le lit "

Blaine grogna et donna un coup de pied.

"Porcelaine, tu rigoles j'espère. "

"Oh arrête de grogner, rigola Kurt. C'est Noël et figure toi que j'ai prévu une liste des choses à faire. D'abord, il faut absolument qu'on aille faire les magasins, faut que je t'achète un truc quand même ! Et j'adorerai tomber sur un père Noël français ! Ça serait génial ! "

"J'ai pas d'argent Kurt…. Soupira Blaine"

"On s'en fiche ! Ensuite, on ira à la Défense. Le marché de Noël est immense là-bas. Et je ne sais pas pourquoi j'ai envie d'y aller. Ensuite, je veux qu'on aille manger un truc au quartier latin. Après, on se payera un chocolat chaud tout bouillant et on ira se promener dans les rues en attendant que la neige se mette à tomber. On bousculera les gens, on se brûlera la langue avec le chocolat. Et le soir, on sera à la Tour Eiffel pour la voir s'illuminer. Là, je t'offrirai le cadeau que j'aurai acheté et on se souhaitera un joyeux Noël. Ce soir on rentrera ici, et on boira pour fêter tout ça en chantant des chansons de Noël. Partant ?"

"C'est pas la veille de Noël que les gens normaux s'offrent des cadeaux?"

"Qui a dit que nous étions normaux?"

Blaine s'assit sur son lit. Encore une fois, Kurt sentit ses yeux se poser sur son torse et une bouffée de chaleur inexplicable lui monta aux joues.

"Porcelaine, qu'est-ce qu'on va faire de toi?"

Kurt rit et s'assit a côté de Blaine sur le lit.

"Je ne sais pas. Tu as toute une vie pour trouver la réponse. Mais pour l'instant tu t'habilles et on part faire les boutiques. On grignotera un truc en route!"

La journée fut magnifique. Tout se passa comme Kurt l'avait dit. A quelques détails prêts.

Les rues de Paris étaient bondées, les magasins également. Kurt et Blaine décidèrent de se séparer pour pouvoir acheter un cadeau à l'autre. Blaine était parti en boudant, n'acceptant pas vraiment le fait que Kurt lui "prête" de l'argent pour qu'il puisse acheter son cadeau. Il avait promis qu'un jour il lui rembourserait tout ça. Kurt s'était retenu de lui mettre une claque pour la forme.
Kurt avait déambulé de magasins en magasins, marchant sur une trentaine de pieds au passage. Les prix étaient exorbitants et il ne trouvait pas grand-lchose à acheter. Il était intimement persuadé que Blaine ne voulait pas de parfum coûtant un bras. De toute façon, il n'en avait pas besoin il sentait bien assez bon comme ça. Il craqua finalement pour un petit béret marin. Il était sûr que Blaine serait à croquer avec ça.

Ils prirent ensuite le métro jusqu'à la défense. Kurt avait eu raison, le marché de Noël était magnifique. Les cabanes en bois étaient magnifiquement décorées et illuminées, les gens souriant et toutes les petites babioles à vendre étaient adorables. Le châtain appréciait aussi beaucoup l'odeur de vin chaud qui flottait dans l'air. Curieux, il paya une tasse que Blaine et lui se partagèrent. Kurt trouva que c'était délicieux, mais Blaine n'était pas de son avis, qualifiant le breuvage de "pisse de yéti" ce qui avait bien fait rire le châtain.

Les premiers flocons de neige étaient tombés vers midi, quand les deux garçons faisaient la queue devant un stand de restauration rapide au quartier avait sauté de joie et même Blaine n'avait pu retenir son sourire. Un Noël blanc à Paris, que vouloir de plus? Le châtain s'était alors mis à fredonner "White Christmas" avec joie. Il fut surpris lorsque Blaine se mêla a lui. A en croire la tête du bouclé, il se surprenait lui aussi. Dans la rue, les gens se retournaient pour les regarder. Deux jeunes gens chantant des chansons de Noëls américaines avec des paninis qui se recouvraient de neige dans les mains. Oui, il y avait de quoi les prendre pour des fous.

Ils avaient marchés tout l'après-midi, sans vraiment avoir de but. Ils croisaient dans la rue des gens qui leur souhaitaient un "Joyeux Noël" en français. Kurt se faisait une joie de leur répondre dans la langue de Molière. Blaine se moquait de lui, disant ironiquement que son accent s'améliorait. A chaque fois, Kurt lui mettait un petit coup entre les côtes, disant qu'un Hobbit n'avait rien à dire devant la perfection Hummel. Blaine se moquait de Kurt. Kurt se moquait de Blaine.

C'était Noël, les flocons tombaient. Les garçons se brûlèrent la langue en buvant un chocolat trop chaud, frissonnèrent en sentant un flocon s'infiltrer dans leurs vêtements, glissèrent sur des dalles gelées.

C'était Noël, les flocons tombaient et ils étaient heureux.,


Ce matin-là, Santana se leva difficilement. Ses yeux picotaient, sa gorge était sèche et ses jambes raides. Elle n'osait même pas imaginer les cernes bleus qui devaient ornés ses yeux.

Super. C'est ce qui s'appelle de l'entretient avant un mariage.

Santana s'assit sur le lit et tira les couvertures sur sa poitrine en prenant soin de ne pas recouvrir Brittany. La blonde dormait toujours à ses côtés, ses cheveux blonds formant une auréole dorée autour de son visage. Elle ressemblait à un ange ainsi. Et c'était son ange, son ange à elle. A Santana. Bientôt, elle porterait un anneau à son doigt qui scellerait leur engagement pour toujours.
Et un jour, ces cheveux blonds deviendraient des cheveux blancs.

Santana posa doucement sa main sur le visage de poupée et sourit. Cette magnifique jeune femme était à elle. Rien qu'à elle. Elle avait accepté toutes les parties sombres de Santana, son passé, ses démons. Elle avait tout pris à bras ouvert, lui donnant son amour et sa confiance en retour.

Jamais la brune n'aurait pu trouver un amour équivalent. Et ça, jamais elle ne l'oublierait.

C'est en grognant qu'elle repoussa les couvertures et se sépara de son lit encore chaud. Elle avait du pain sur la planche pour la journée.

Haley. C'était tout ce qu'elle possédait.
Son plan était simple. Elle allait aller jusqu'à la prison, prier pour que Samantha soit toujours à l'accueil et demander à voir une gardienne de prison nommée Haley. Si Drake Tobs avait eu raison, elle devrait lui dire ce qu'Anderson avait fait pour se faire enfermer.

Elle se prépara donc en vitesse, avala un bol de céréales au chocolat, passa un coup de brosse dans ses longs cheveux et traça un trait d'eye liner sur ses paupière. En moins d'une demi-heure, elle était prête.

Avant de partir, elle retourna dans sa chambre où Brittany dormait toujours à point fermés et lui déposa un tendre baiser sur ses lèvres entrouvertes.
Enfin, elle sortit, attrapa son blouson et son écharpe dans l'entrée avant d'enfiler ses immenses bottes à talons noirs.

Quand elle ouvrit la porte, une bourrasque de vent lui envoya un pan de son écharpe dans la figure. Bien vite, elle s'en débarrassa et monta dans sa voiture. Elle aurait pu faire le chemin à pied mais il faisait bien trop froid.

Un quart d'heure plus tard elle se gara devant la prison.

En jetant un regard à la prison, elle se dit qu'elle n'aimait définitivement pas cet endroit. Mais qu'importe. Elle faisait ça pour le bien de Kurt.

Elle grimpa les marches et, comme la vieille, poussa la porte. Une part d'elle fut soulagée lorsqu'elle reconnut Samantha derrière le comptoir. Elle ne voulait pas ré-expliquer encore une fois pourquoi elle était là et la blonde semblait compatissante.

"Santana, c'est encore vous ? fit-elle surprise."

Santana s'approcha et prit place sur la chaise en face d'elle.

"Oui. Je voulais vous remercier de l'adresse que vous m'avez donnée avant hier. Je suis passé voir Tobs et nous avons un peu discuté. J'ai appris beaucoup de choses mais il ne savait pas ce que je voulais savoir… Cependant, il m'a donné un autre nom."

"Vous savez que je suis assez limitée en terme de données. Je ne peux pas vous être d'une grande aide, je suis tenue au secret."

Santana hocha la tête en signe de compréhension.

"Je sais bien. Mais je ne viens pas pour vous parler à vous. En réalité, c'est le nom d'une certaine Haley qu'il m'a donné. Une gardienne de prison. Je souhaiterai lui parler."

Samantha fronça les sourcils.

"Vous êtes vraiment certaine de vouloir faire ça ? Je ne suis pas sûre à 100% que ce soit vraiment légal."

"Je n'ai pas le choix, soupira Santana."

Samantha la regarda avec empathie, encore une fois. Elle semblait comprendre ce pour quoi Santana se battait, elle semblait vouloir vraiment l'aider. Mais malheureusement, elle avait les mains liées. Organiser une entrevue entre Santana et la gardienne lui était interdit.

Qui le saura ? Pas ton boss en tous cas, tout ce qu'il l'intéresse, c'est la taille de tes nichons.

Alors, elle se leva et pria Santana de l'attendre. Elle savait où trouver Haley.

Santana resta alors un moment toute seule, à se ronger les ongles. Elle avait peur de découvrir la vérité, mais elle la sentait se rapprocher. Elle était proche de son but. Et oui, c'était plutôt angoissant.
Au bout de quelques minutes, Samantha revint, suivi d'une femme assez carrée, portant l'uniforme de la prison. Elle avait les cheveux courts qui frisottaient légèrement sur ses tempes. A croire que la prison lui avait enlevé toute féminité.

" Haley, je te présente Santana. Santana, Haley. "

Santana serra la main d'Haley. Sa poigne était ferme et déterminée, son regard franc. Ce n'était pas le genre de femme qui se laissait faire.

"Je voudrais vous parler d'un ancien détenu dont vous avez eu la charge, déclara Santana."

Haley parut surprise mais ne répondit rien. Elle se tourna vers Samantha qui lui fit un signe approbatif de la tête. Alors, la femme se tourna vers la Latina.

" Très bien, mais pas ici. Sortons prendre un café à la place. Samantha, je peux prendre ma pause plus tôt ? Je ne la prendrais pas à onze heures. "

Samantha acquiesça.

"Au fait, joyeux Noël! Lança-t-elle avant que Santana et Haley ne passe la porte"

A ce moment-là, Santana se détesta. Et elle détesta Blaine encore plus.

Elle était tellement absorbée par son enquête qu'elle en avait perdu le décompte des jours. Elle avait oublié. Elle n'avait rien pour Brittany, même pas un sapin.

C'était Noël et elle avait oublié.,


Kurt leva la tête. La Tour Eiffel. Jamais il n'aurai cru pouvoir la voir un jour. C'était un rêve, son rêve de petit garçon. Et voilà qu'il le réalisait, enfin. Grâce à ce voyage.
Il tourna la tête vers Blaine, qui fixait la Dame de fer avec autant d'émerveillement que lui. Sa bouche était entrouverte, ses cheveux mouillés lui tombaient devant les yeux et les lumières se reflétaient dans ses yeux, changeant la couleur.

Le cœur de Kurt battit un peu plus vite. Un peu plus fort.

Et puis, les couleurs changèrent. Ce n'était plus seulement les lampadaires qui éclairaient la Seine, mais la Tour Eiffel, illuminée de toute part. Du bleu, du vert, du rouge. Kurt détacha son regard du brun pour accrocher ses prunelles à la beauté qui s'offrait à lui. A cette majestuosité qu'il avait la chance de voir.


Dix minutes plus tard, Santana et Haley étaient assises à la terrasse d'un café, attendant qu'on leur serve leur commande.

"Alors comme ça, vous étiez la gardienne de Blaine Anderson ? "

Haley hocha la tête.

"Effectivement. Il n'est pas resté longtemps à la prison mais je pense qu'il fait partie de la catégorie des prisonniers qu'on n'oublie jamais."

"Pourquoi ça ? demanda Santana, soudainement très intéressée."


Kurt sentit un frisson le parcourir. Un petit frisson qui n'avait rien à voir avec le froid.

C'était l'émotion. C'était un rêve qui devenait réalité.

Les gens autour d'eux grouillaient, tournaient, marchaient, chantaient, riaient. Emmitouflés dans leurs blousons d'hivers et leurs écharpes, ils se serraient les uns contre les autres, profitant de la petite part de magie que Paris leur offrait. Cette petite part d'elle que la ville leur offrait en cadeau de Noël.

Blaine s'assit dans l'herbe, et Kurt en fit de même. Tous deux s'allongèrent, sans pouvoir détacher leurs yeux de ces folles lumières.


" Eh bien, commença Haley, quand il est arrivé, il était doux comme un agneau. C'était un jeune homme brisé. Je me suis même demandée s'il ne faisait pas une dépression. C'est courant dans les prisons. Il n'avait jamais de visite, pas d'amis, on l'avait isolé dans une cellule… A sa place, j'aurai pété un câble."

"Vous savez pourquoi on l'a isolé ainsi ?"

"Non, mais j'ai pu le deviner. C'est vrai qu'au début je n'ai pas compris. Il était docile, mangeait, dormait. Je l'entendais parfois parler dans son sommeil, appeler dans gens mais je ne m'en préoccupais pas. Quand on a travaillé à la prison aussi longtemps que moi, certaines choses vous passent au-dessus de la tête. Et puis un jour tout à changer. Il y avait dans la prison un certain Drake, un prisonnier qui s'amusait à taper sur les autres. Il avait fait de Blaine son souffre-douleur. Puis Blaine s'est rebellé, il est devenu violent. Il faisait de drôles de crises de démences. Il parlait à quelqu'un d'imaginaire, un certain Sebastian il me semble. Il lui hurlait dessus, lui disait qu'il le dégoûtait, qu'il se sentait trahi. J'étais obligée de l'attacher pour ne pas qu'il se fasse du mal à lui-même. C'était comme s'il reproduisait une scène, encore et encore… Puis les crises se terminaient et il redevenait normal. Le Blaine du début, avec une dose de violence en plus. Je pense qu'il était dérangé."

" Il est bipolaire, assura Santana. Vous avez dit qu'il reproduisait une scène ? Vous avez plus de détails ? "


"Joyeux Noël, Kurt. murmura Blaine."

Le châtain tourna la tête vers lui. Le bouclé le regardait, son visage transfiguré par cette magie qui dansait autour d'eux.
Kurt ne pouvait plus nier ce qu'il se passait à présent.

Il était là, assis sur l'herbe du champs de Mars avec Blaine. Son cœur battait, comme s'il faisait la course avec la vie elle-même, comme s'il essayait de s'envoler, ou d'exploser en un millier d'étoiles. Il se sentait fort, puissant. Il se sentait gonflé d'un sentiment qui le prenait à la gorge, qui l'empêchait de respirer tout en lui offrant une nouvelle bouffée d'oxygène.

Non. C'était fini de nier, de chercher des explications, d'avoir peur. Terminé.

Il était amoureux. C'était fini, il était tombé. Il avait perdu ses repères, il avait fait tomber ses maigres barrières. Il s'était ouvert. Et c'était fini.

Il regarda ce jeune homme qui avait totalement changer sa vie. Il l'avait rendu fou. Il lui avait fait traversé tout les sentiments possibles. La peur, la tristesse, la joie et maintenant quoi?

L'amour? Était-ce réellement de l'amour? Son cœur aurait dit oui, sa tête non. On ne pouvait pas tomber amoureux de quelqu'un aussi rapidement, d'un seul coup, sans prévenir.

Sauf si on est à Paris. Paris. La ville des amoureux.

Un autre cliché qui se réalisait pour Kurt.


"Pas vraiment… Il passait le plus clair de son temps à crier des insanités à ce Sebastian et à frapper… Quelque chose me dit que ce Sebastian a quelque chose à voir avec son placement en prison. Mais je ne peux pas le prouver. Je ne sais même pas si Sebastian est réel."

Santana sortit de sa poche l'article de faits divers qu'elle avait gardé concernant la mort de Sebastian et la posa à plat sur la table.

"Vous pensez que Blaine pourrait avoir un rapport avec ça ? "

Haley s'en empara et parcourut l'article.
Santana ne savait pas vraiment quoi penser. Si Blaine était réellement le tueur… Non, ça ne collait. Pourquoi aurait-il tué Sebastian ? Il semblait tellement l'aimer… Et puis, il avait beau être médisant et totalement dérangé, il n'avait pas le profil d'un tueur. Elle ne l'imaginait pas frapper sur un homme jusqu'à ce qu'il meurt.


"Joyeux Noël Blaine, chuchota Kurt"

Le brun tourna la tête vers lui et lui sourit. Vraiment. Un sourire sincère, sans peur, sans retenu, sans démons.

C'était bien la première fois.

Un petit flocon de Noël se déposa sur le nez de Blaine, qui loucha légèrement. Kurt rit doucement et passa son doigt pour chasser le petit point blanc. De sa moufle, il effleura la peau mate de Blaine, qui ne recula pas.

Il avait l'impression que son cœur courrait un marathon. Il avait l'impression qu'il allait exploser.

Et pourtant, il restait de glace à l'extérieur. Parce que c'était tout nouveau pour lui, et qu'il ne voulait pas gâcher tout ça. Il ne voulait pas tout foutre en l'air.

La vie lui offrait sa chance, celle d'aimer. Pour la première fois, la vie lui avait fait un cadeau en lui envoyant Blaine. Il n'allait pas tout gâcher.

"Merci Kurt, fit Blaine."

"De quoi?"

Le brun pointa du doigt la Tour Eiffel toujours illuminée.

"De ça. De cette semaine. Avec toi. Tu n'aurais pas pu m'offrir mieux, c'est magnifique. Le Noël le plus beau de toute ma vie."

Kurt sourit.

"Vraiment?"

Blaine hocha la tête.

"Je n'arriverai pas à t'expliquer combien ce voyage est merveilleux. C'est... Comme un oasis dans un désert. Un bout de paradis dans mon enfer. Tu m'as permis de voir autre chose que cette chambre, tu m'as permis d'oublier les couteaux, d'oublier tout ce qui fait mal. Peut-être que ça ne durera pas, c'est certain même. Je suis bipolaire. Peut-être même que c'est la maladie qui me fait parler ainsi, qui me rend heureux. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que là maintenant, je suis bien. Et que c'est grâce à toi."


Et si c'était vrai ? Et si Blaine avait vraiment du sang sur les mains ? Ça signifiait que Santana avait raison, que Kurt était en danger.

Et puis, était-ce tellement surprenant ? Blaine Anderson ne pouvait pas être un saint s'il était sorti avec Sebastian Smythe.

Le mal attirait le mal.

"Eh bien, commença Haley… Je pense que je sais moi, qui est le tueur de ce pauvre garçon."

Santana fixa la gardienne. Son cœur battait un peu trop vite, ses mains étaient un peu trop moites.

"Vous pensez que Blaine a fait ça ?"


Autour d'eux, le monde tournait. Continuait à vivre à cent à l'heure, à chanter, danser, rire. La Terre tournait, les étoiles brillaient. Et eux étaient là, à côté de cette Dame de fer illuminée, assis sur l'herbe, devant les Invalides.

Et ils étaient bien. Ils se suffisaient à eux-mêmes, hors du monde.


Haley secoua la tête en redonnant l'article à la Latina.

"Je ne pense pas. J'en suis sûre. "


Une petite bulle de bonheur.
Quoi qu'il arrive.


Note de l'auteur

eh bien voilà nous voilà au bout de ce chapitre . J'ai mis un aprèm a le poster. Je vous conseille de ne jamais poster d'un téléphone c'est tout simplement l'horreur.

j'espère que ça vous a plus. Les bébés se rapprochent !

le prochain chapitre sera également a Paris

j'espère prendre moins de temps avec le prochain chapitre mais avec les cours je je peux rien assurer .

j'ai hâte de savoir vos avis :)

bisous!