Bonjour tout le monde.

Non, je suis ne suis pas morte. Comme mes followers sur Twitter l'ont surement remarquer, j'ai eu un très grand passage à vide concernant cette fiction. Beaucoup de choses à faire, un peu moins d'intérêt aussi. Concernant la fiction et la série en générale qui m'a pas mal déçue. Mais Ryan commence à se rattraper, j'adore totalement New-York et le nouveau Klaine :D

Je dois avouer aussi que je ne savais plus quelle direction donner à cette histoire. Je manquais pas mal d'idées. Ce qui n'arrivera plus puisque j'ai pris le temps d'écrire CWM du début jusqu'à la fin. Enfin, d'en écrire la trame :) Maintenant, je sais ou je vais et croyez-moi, ça me facilite la vie.

J'espère que malgré le temps vous ne serez pas trop paumés dans le chapitre, ce que je pourrai comprendre. J'ai donc écrit un petit récap' qui suit, résumé des chapitres précédents.

Ne me boudez pas, je vous en supplie.

Je réponds aux reviews directement sur le chapitre. Ca me permet de pas en oublier et d'en faire profiter tout le monde (Et oui je copie sur l'auteure de Fix You mais chut :D)

Et un grand merci à ma bêta qui m'a énormément aidée, qui m'a poussée à écrire et a grandement participer à l'élaboration de la trame totale de la fiction.

Un énorme merci aussi à toutes les personnes sur Twitter qui continuent toujours à prendre des nouvelles de CWM

Et merci à vous de ne pas m'abandonner et de toujours prendre la peine de lire cette histoire

Sur ce, bonne lecture à tous ! ! :)


Réponses au reviews:

I'm a dinosaur:

Effectivement, Blaine est bien responsable de la mort de Seb xD Je ne pensais pas qu'il restait des lecteurs qui en doutaient encore, mais il faut croire que si :D Mais il a une bonne raison que vous saurez... Plus tard! Mais surtout, pas de conclusions hatives. Seb est un personnage trèèès compliqué qui réserve encore beaucoup beaucoup de surprises.
Blaine ira mieux... Un jour :) Au terme de ce chapitre il ira mieux. Tu comprendras mieux pourquoi en lisant :)
Merci beaucoup pour ta review!

ListenUpDar:

Oui, enfin un Kliss xD Il était temps, au douzième chapitre, c'est vrai que j'ai bien fais durer l'attente!
Seb a été salop avec Blaine.. Très très salop. Et je ne peux absolument rien dire pour le rattraper, c'est absolument affreux ce qu'il lui a fait. Ca explique pourquoi Blaine est aussi meurtri :/ Je pense que Seb est une des raisons de la maladie de Blaine...
Je peux te dire que San réagira mal à leur couple xD C'est prévisible elle déteste Blaine, elle ne lui sautera pas dans les bras. Pour Carole, je pense que c'est prévisible aussi :)
Merci énormément pour ta review.. Et aussi pour suivre l'avancée de CWM comme tu le fais sur Twitter, ça fait chaud au coeur :)

The Nymph'ChrisDRENVY:

Je suis très contente que ma fic' te plaise! Merci d'avoir laissé une review :)

KlissKlexeKlove:

Ahah, crois-moi, le mystère Sebastian est très très très loin d'être levé. Vous ne savez pas grand chose sur lui en fait xD
Oui, ils s'embrasssent enfin... Il étaient grand temps que mes bébés s'embrassent xD
Contente que ça t'ai plus et merci de ta review!

Lymea:

Merci beaucoup, je suis contente que ça te plaise, ça me touche énormément. Et merci d'avoir laissé une review :)

CyBiLe:

Merci beaucoup, et merci pour ta review :)

Luper:

Mouaha j'aime te faire sourire comme une conne ma Lu'. Je n'écrirai presque que pour te mettre dans tes états comme ça xD Ca ne m'étonne pas que le passage de Your Song soit ton fav. Premièrement parce que Your Song est la meilleure chanson du monde, et deuxièmement parce que tu aimes la guimauve xD (Bah oui, faut arrêter de se mentir darling !). Sinon merci beaucoup pour le reste. Tu sais que ton avis est très très important pour moi et je sais que Klaine n'est pas ton OTP mais je suis contente d'arriver à te faire aimer cette fiction tout de même.
(Non, tu ne saura pas tout de suite l'histoire entre Blaine et Seb. Je fais durer le plaisir, voyons!)

Joycecasey39 :

Ouah. Si j'ai réussi à te faire croire que cette fiction était presque réelle alors... Ouah je sais pas quoi dire xD C'est adorable en tous cas. C'est que tout auteur recherche aussi, faire oublier à ses lecteurs que les personnages sont des personnages fictifs xD
Désolé pour le retard... Tu voulais la suite rapidement mais malheureusement je suis plus qu'à la bourre.
Bref, merci beaucoup ta review!

fandelavi:

Ahah, je ne pense pas que ce soit à toi de t'excuser pour ton retard xD
Santana est une petite vermine dans cette fiction, qui sait ce qu'elle va faire xD
En tous cas, merci pour ta review :)

charming29:

Santana est une fouineuse xD Et en plus, elle veut rapporter à Kurt xD Je peux te dire que tu as raison de penser qu'elle va foutre la merde xD
Je ne pense pas que Blaine racontera tout à Kurt avant que San le fasse... Il a déjà du mal à le vivre, il ne partagera pas avec Kurt... Désolé :/
Blaine fait de la peine à tout le monde, le pauvre garçon xD
Merci pour ta review!


Dans les chapitres précédents:

En raison d'un conseil donné par le docteur de Blaine, Mr Asher, Kurt à organiser un voyage à Paris pour Blaine et lui. Malgré son salaire pauvre et celui à peine plus élevé de Carole, Kurt a réussi à trouver un stratagème pour gagner de l'argent facilement et rapidement. Un stratagème encore inconnu.

Ainsi, les deux garçons se sont envolés pour la ville des amoureux, malgré la phobie de Blaine pour les avions. Une fois dans la capitale française, les deux garçons jouent les touristes. Blaine commence à sourire, Kurt est aux anges. Il découvre alors les sentiments qu'il ressent pour le brun mais décide de les taire. Il ne veut pas effrayer Blaine qui commencent à peine à s'ouvrir à lui.

Ils fêtent Noël ensemble, lors d'une soirée un peu trop arrosée où Blaine est ivre et trouve Kurt un peu trop désirable. Les choses s'enflamment mais Kurt stoppe tout au dernier moment. Il ne veut pas que sa première fois avec Blaine se passe de cette façon. Il veut que Blaine soit amoureux de lui et sobre.

Le lendemain Blaine ne se souvient de rien. Cependant, des brides de la soirée lui reviennent tout au long de la journée. Il arrive alors à reconstruire la situation de la veille, dont il préfère ne pas parler. Il ne sait pas pourquoi il a agit ainsi et ce qu'il ressent pour Kurt.

Lors d'une crise assez violente devant le musée Gralin, Blaine s'effondre et revoit en flash-back la nuit où il a tué Sebastian. Tout lui revient en mémoire. En proie à la détresse, il cherche réconfort auprès de Kurt qui lui chante "Your song" à l'oreille. C'est là que les garçons échangent leur premier baiser.

A Lima, Santana, qui a découvert la vérité à propos de Blaine, cherche à prévenir Kurt, sans parvenir à le joindre. Elle bouillonne et passe le clair de son temps à faire des recherches sur Blaine, jusqu'à en délaissé sa fiancée à qui elle ne dit rien. Ce n'est pas un secret qui lui appartient mais plus que ça, il y a un autre secret, le reliant à Sebastian, qu'elle n'est pas prête à dévoiler.

De leur côté, les New Directions répètent pendant ces vacances de Noël avec acharnement pour préparer les régionales qui se feront à la rentrée.


Chapitre 13

De mémoire, Kurt pouvait facilement dire qu'on n'avait jamais connu un hiver aussi froid à Lima. Les flocons de neige virevoltaient sous l'influence du vent glacé avant de tomber sur les pavés gelés qui commençaient à être recouverts d'une fine couche de neige. Sur les routes, les véhicules circulaient difficilement, voulant éviter le dérapage. Dans la ville, les rares passants qui osaient mettre le bout de leur nez dehors étaient emmitouflés dans d'impressionnants manteaux qui parvenaient à peine à les protéger du froid.

Oui. Kurt n'avait jamais connu un hiver aussi froid à Lima. Pourtant, il aurait donné n'importe quoi pour être l'une de ses personnes dehors, le bout du nez rouge et les cheveux parsemés de flocons qui ne fondaient pas.

Tout, sauf cette voiture. L'extérieur ne pouvait pas être plus glacé qui l'ambiance qui régnait dans l'habitacle.

Assis sur le siège passager, il jeta un coup d'œil à Santana qui conduisait. Elle avait les yeux au loin, et regardaitla route sans peut-être vraiment la voir. Ses mains étaient serrées autour du volant comme si sa vie en dépendait.

Le châtain ne se retourna pas, mais il pouvait facilement imaginer l'allure de Blaine sur la banquette arrière. Couché peut-être, les baskets mouillés sur le cuir des sièges, la tête contre la vitre. Désinvolte et pourtant tendu.

Seul le bruit du moteur rythmait les minutes. Kurt osait à peine respirer de peur de briser ce silence presque religieux. Aucun d'eux n'avait dit un mot après que Santana soit venu les chercher à l'aéroport. Kurt était pourtant heureux de revoir Santana, il voulait lui raconter tout son séjour, il voulait partager avec elle son bonheur d'être avec quelqu'un comme Blaine. Mais au premier regard, la brune avait donné le ton de ses retrouvailles. Si ses iris avaient pues envoyer des raisons lasers, Blaine serait déjà probablement mort.

Kurt savait que Santana n'appréciait pas Blaine. A vrai dire, le sentiment avait l'air réciproque. Mais ce qu'il avait vu dans ce regard n'était pas seulement de l'animosité. C'était de la haine. De la haine pure, teintée d'un soupçon de peur et de méfiance.

Et pourtant, Santana Lopez n'a jamais peur de rien.

Alors, il avait gardé profil, n'ouvrant la bouche que pour quelques formalités. Formalités que Santana avait presque ignorées.

La voiture tourna dans son quartier. Les illuminations de Noël brillaient toujours dans les arbres et en haut des lampadaires. Les maisons étaient un peu moins décorées que les autres années, une autre conséquence de la crise économique récente. Néanmoins, l'esprit des fêtes était toujours présent, ce qui fit sourire Kurt.

Santana rangea la voiture dans l'allée et coupa le moteur. Sans le ronron incessant de la machine, Kurt se sentit mal à l'aise.

La brune sortit rapidement de la voiture en claquant la portière. Kurt soupira.

Il se retourna pour regarder Blaine. Le garçon s'était endormi sur la banquette arrière, le visage collé à la vitre. Il faut dire que le retour en avion avait été compliqué. Ils avaient oublié les somnifères et Blaine n'était pas passé loin de la crise de panique. Il avait le droit de se reposer.

Kurt sortit à son tour de l'engin, prenant soin de ne pas claquer la porte trop brutalement et de rallumer le chauffage de l'habitacle. Il n'allait pas réveiller Blaine tout de suite, il préférait défaire leurs bagages avant.

"Kurt, il faut qu'on parle."

Le châtain sursauta. Il pensait que Santana était déjà rentrée dans la maison.

"Qu'est-ce que tu as San'? demanda-t-il à la jeune femme adossée contre la boite aux lettres recouverte de neige."

"C'est à propos de Blaine"

Elle enserra ses bras autour de son abdomen

"Qu'est-ce qu'il se passe San?"

Elle s'adossa à la boîte aux lettres enneigée, une expression indécise sur le visage. Kurt n'arrivait pas à savoir si elle avait peur ou si elle était en colère.

"C'est à propos d'Anderson. Tu dois le faire sortir de ta vie."

Kurt leva les yeux au ciel. Il aurait dû s'y attendre.

"San', je sais que tu ne l'apprécies pas, bien que je ne comprenne pas pourquoi. Mais ne me dit pas quoi faire de ma vie sentimentale. Blaine et moi c'est tous nouveau. Tout neuf. Nous en sommes encore au stade embryonnaire alors s'il te plaît, ne gâche pas tout."

Cette fois-ci, ce fut au tour de Santana de lever les yeux au ciel.

"Tu ne comprends rien, ce mec est dangereux !"

"Être malade ne signifie pas être dangereux. Il suit un traitement, il se soigne, il va mieux. Jamais il ne me fera de mal."

Santana décroisa les bras et s'avança vers lui. Sa chevelure brune était maculée de neige et les illuminations de Noël donnaient à sa peau un teint blafard qui fit battre son cœur un peu plus vite.

"T'es-tu seulement demandé pourquoi il a été mis en prison? Pourquoi la justice a décidé que ce garçon devait être éloigné du reste de la population?"

Kurt s'apprêtait à lui lancer une remarque cinglante au visage lorsqu'une portière de la voiture claqua. Santana recula et Kurt se retourna pour voir Blaine s'extirper de la voiture, encore à moitié endormi.

"Merci Satan pour la portière claquée, dit-il. Je crois que je n'ai jamais connu un aussi doux réveil."

La brune lui lança un regard rempli de haine, les lèvres pincées. Elle ressemblait à un volcan avant une éruption. Avant une très violente éruption.

D'un geste de la main, elle chassa les flocons de ses cheveux d'ébène et lança un regard suppliant à Kurt. Le garçon y fit abstraction et la Latina tourna les talons pour remonter l'allée avant de claquer la porte d'entrée.

"Décidément, cette malade a vraiment un problème pour fermer les portes, remarqua Blaine, agacé. Quelqu'un lui a déjà dit que les poignées n'étaient pas seulement décoratives?"

Kurt sourit et s'approcha de Blaine. Il avait le nez qui rougissait à vue d'œil et des flocons se perdaient dans sa chevelure de jais, coulant dans ses boucles comme dans un grand toboggan.

"Ne soit pas trop dur avec elle. Elle n'a pas toujours eu une vie facile."

"On en parle de ma vie à moi?"

Kurt fronça les sourcils. Ce n'était pas le genre de Blaine de parler de sa vie, de son passé. Il s'était habitué aux excès de colère mais Blaine avait toujours pris soin de ne jamais parler de lui.

Kurt le contourna et ouvrit le coffre d'où il sortit leurs bagages.

"Tu sais, déclara-t-il en refermant le coffre alors que Blaine s'emparait de deux des valises, on pourrait. Parler de ta vie je veux dire. Je ne sais pas beaucoup de choses sur toi après tout."

Il observa la réaction de Blaine. Ou plutôt son absence de réaction. Le brun restait stoïque, comme s'il ne l'avait pas entendu.

"Blaine?"

"Tu sais tous ce qu'i savoir sur moi, lâcha finalement son ami."

Kurt soupira. Il n'était pas d'accord. Il ne savait absolument rien de Blaine, si ce n'est sa maladie, sa relation avec Sebastian et son appartenance à la Dalton Académie.

Blaine s'éloigna et disparut lui aussi derrière la porte d'entrée de la maison.

Kurt s'empara des derniers bagages et ferma la voiture. Il savait que Blaine était secret. Il savait qu'il ne s'ouvrirait pas facilement. Mais il avait pensé que leur rapprochement à Paris changerait la donne.

A présent, il était plutôt évident qu'il s'était fourré le doigt dans l'œil.

C'est avec soulagement qu'il passa le pas de la porte. S'il n'aimait pas la chaleur, il n'appréciait pas non plus le froid et la température extérieure dépassait de loin son quota. Une fois à l'intérieur, il retira son manteau et son écharpe qu'il accrocha au porte-manteau tout en regardant les vieilles photos accrochées aux murs. Il s'arrêta sur un portrait de son père et la tristesse l'envahi. Encore une autre année passée sans lui. Encore un autre Noël où il manquait une paire de chaussons au pied du sapin.

Dans la cuisine, il entendait les voix de Santana, Carole et Brittany. Il aurait dû se douter que la blonde serait là. Elle et Santana n'était jamais vraiment séparée. Il ôta ses chaussures pleines de neige et rentra dans la cuisine.

En le voyant, l'expression de Carole s'illumina et elle ouvrit ses bras. Kurt s'empressa de s'y blottir. Elle lui avait manquée mine de rien.

"Où est Blaine? Demanda-t-il en rompant l'étreinte"

"Je lui ai dit d'aller se coucher. Il avait l'air exténué et pour tout te dire il ne s'est pas fait prier"

Kurt acquiesça d'un signe de la tête. Il comprenait.

"Bon aller, déclara Carole en se frottant les mains, parle-moi de ce voyage! Comment c'était Paris?"

Kurt s'empressa de faire un résumé détaillé de la semaine passée. Il détailla chaque monument, chaque rue, chaque pont, chaque nuance de couleur dans les eaux de la Seine pour que Carole puisse en profiter aussi. Il parla aussi de Blaine, du baiser qu'ils avaient partagé et de leur situation depuis.

"Vous êtes en couple? Demanda Brittany, excitée"

Kurt haussa les épaules.

"Je ne sais pas... C'est trop tôt pour le dire. Ce n'était qu'un baiser après tout mais c'est vrai que... Que le reste du voyage était différent après ça. Nous étions peut-être un peu plus proche, un peu plus complice. Mais pas le genre de complicité qui se remarque, vous comprenez? Plus comme... Comme quelque chose qu'on ressent au fond de soi-même, même si extérieurement il n'y a absolument rien de différent."

"Donc vous n'êtes pas encore officiels? Demanda Carole."

"Non. Tu sais, nous n'avons pas vraiment eu le temps d'en parler. C'était notre dernier jour à Paris. Le lendemain nous avons fait nos valises, avons mangé dans un petit restaurant bondé le midi et pris l'avion à 14 heures. Et comme Blaine a une peur bleue de l'avion, non nous n'avons pas eu le temps de parler."

"Ne t'en fais pas Kurt. Tu es sa licorne tout comme il est la tienne."

Carole et Brittany partirent dans une grande discussion, émettant des hypothèses sur l'avenir de possible couple. Kurt souriait, content de voir Carole aussi heureuse. Il retrouvait un peu de la femme qui avait épousé son père.

Seul Santana restait silencieuse, assise dans le canapé à regarder les images muettes de la télévision. Ses doigts dansaient sur l'accoudoir et son pied était agité de spasme frénétique que personne ne semblait remarqué...

En haut des escaliers, Blaine s'était accroupi, le regard dans le vide. Il avait accepté de monter dans la chambre plus pour échapper aux retrouvailles familiales que pour rattraper un manque de sommeil. Seulement, incapable de dormir, il s'était installé là, sur la dernière marche de l'escalier pour écouter ce que Kurt disait. A propos de Paris, à propos de lui.

Peut-être n'aurait-il pas dû finalement. Peut-être aurait-il dû continuer à faire comme s'il n'avait pas remarqué le changement dont avait parlé Kurt.

Ce baiser. Il avait embrassé Kurt dans un moment de détresse, de faiblesse totale. Ce baiser voulait-il vraiment dire quelque chose? En tous cas, Kurt semblait le penser...

Quelque chose se referma dans le cœur de Blaine et il se leva pour retourner se coucher. Il construisait une nouvelle fois ses murs autour de lui, sa carapace. Il ne voulait pas penser au goût des lèvres de Kurt sur les siennes. Il ne voulait pas penser aux paroles de Kurt sur leur possible couple. La dernière fois que Blaine avait voulu jouer à ce jeu-là, deux personnes étaient mortes. Une sur un parking de grande surface, une autre ravagée par le parfum de la trahison.

Ne me dit pas que tu y as cru


Santana et Brittany descendirent toutes les deux de la voiture en claquant les portières. Les mauvaises habitudes avaient la vie dure.

Santana n'avait toujours pas décroché un mot, malgré les tentatives de sa fiancée pour engager la conversation. Mais la Latina restait murée dans son silence.

Depuis quelque temps. Brittany ne reconnaissait plus sa compagne. Elle était toujours partie ou alors passait des heures devant l'ordinateur à faire des recherches. La blonde avait bien essayé de regarder l'historique de navigation mais elle avait été incapable de mettre la main dessus.

La blonde retira sa parka et ses talons avant de prendre la direction de la chambre. Elle invita la brune à la suivre.

"Je vais rester un peu ici Britt'. J'ai besoin de faire deux trois recherches sur Internet. Je te rejoins après."

Brittany, déjà à mi-chemin de la chambre à coucher, fit demi-tour sur ses talons, les mains sur les hanches.

"Pardon? Dit-elle hargneusement"

"Je reste dans le salon travailler. Je te rejoins dans une demi-heure, va dormir, répondit la Latina en ôtant à son tour ses escarpins."

"Je ne crois pas non."

Santana leva les yeux vers sa fiancée, perplexe.

"Quoi?"

"J'ai dit: je ne crois pas non, répéta la blonde en s'approchant de Santana."

La Latina fronça les sourcils. Il était deux heures du matin. Brittany allait-elle vraiment lui faire une scène à deux heures du matin?

"Écoute chérie, il est tard. Tu devrais aller te coucher, je te rejoins dans..."

"Et tu vas faire quoi, hein? La coupa Brittany. Pianoter sur l'ordi toute la nuit comme tu le fais tous les soirs? Je commence à considérer cette machine comme une rivale tu sais!"

"Brittany ne soit pas ridicule, je ne fais absolument rien de spécial sur..."

"Si ce n'est rien de spécial pourquoi ne viens-tu pas te coucher alors?"

Santana ouvrit la bouche avant de la refermer. Que pouvait-elle répondre à ça? Qu'elle était complètement obsédée par Anderson, par Sebastian, par le meurtre, le motif du meurtre, le passé du tueur? Qu'elle avait commencé à noter sur un cahier toutes les informations qu'elle récoltait un peu partout pour ne rien oublier? Qu'elle n'arrivait plus à dormir sans voir la tête du bouclé derrière ses paupières?

"Écoute Britt'... Je ne peux pas t'en parler."

"Bah tient, railla la blonde, le contraire m'aurait étonné. Es-tu seulement au courant qu'on est censée se marier bientôt?"

Santana acquiesça, bien que le mariage soit loin sur la liste de ses préoccupations.

"Connais-tu le nom du traiteur que j'ai embauché? La couleur des fleurs et des ballons? La liste des invités?"

Santana baissa la tête. Non, elle ne savait rien de tout ça. Elle avait laissé Brittany gérer leur mariage pendant qu'elle menait son enquête.

Elle voulait parler mais rien ne sortait de sa bouche, comme si son cerveau refusait de fonctionner. Devant Brittany S Pierce, Santana Lopez n'avait jamais eu de défense.

"Répond à une question, ordonna Brittany."

Santana leva les yeux vers elle.

"Sur quoi fais-tu tant de recherches? Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps?"

"R... Rien."

S'en fut trop pour la blonde. Elle laissa tomber sa façade angélique et laissa sortir tout ce qu'elle ressentait depuis plusieurs semaines.

""Rien"? Alors c'est pour "rien" que je ne te vois presque plus? Que tu passes tout ton temps dehors ou devant ce fichu ordi? C'est pour "rien" que tu ne me regarde plus? Depuis combien de temps avons-nous fais l'amour? Et depuis combien de temps nous sommes nous embrassées? Tu ne me regardes plus. Et tout ça pour quoi? Pour "rien"? Je m'attendais mieux à ça de ta part Lopez. J'aurai cru que si un jour j'aurai à me battre contre quelque chose, ça serait contre une femme type mannequin, pas contre "rien""

"Brittany, je ne peux pas t'en parler."

"L'amour repose sur la confiance Santana. Si tu n'es pas capable de le faire, je ne sais même pas pourquoi tu es encore dans cette maison."

Le cœur de Santana s'affola.

"Tu me mets dehors?"

Brittany croisa les bras sur sa poitrine. Était-elle vraiment capable de dire à Santana de partir? De se séparer de sa licorne?

Elle devait être forte. Elle devait le faire, elle devait pousser Santana dans ses retranchements si elle voulait obtenir quelque chose d'elle. La situation ne pouvait plus durer. Elle ne supportait plus de passer en deuxième position après un secret.

"Je te laisse le choix. Tu prends la porte ou tu me dis ce qu'il se passe."

Un ultimatum. Santana pensait être celle qui les posait. Apparemment, elle avait tort.

"Ce n'est pas ma liberté. Ce n'est pas mon secret."

"Et pourtant c'est toi que ce secret ronge."

Santana baissa la tête. Brittany avait raison. Elle ne vivait plus que par ce secret.

"Britt´... Ça ne te concerne pas. Je ne suis moi-même pas concernée. C'est Kurt et Anderson. Enfin... C'est Anderson... Mais je ne peux pas te le dire, je ne peux pas. Cette vérité ne m'appartient pas. Elle appartient à Anderson."

"Si elle ne t'appartient même pas, pourquoi te donnes-tu le droit de la dire à Kurt?"

"Je..."

Brittany s'approcha de sa fiancée et pris son visage en coupe.

"Maintenant Santana, tu vas tous me dire. Et tu n'oublieras rien. D'accord? Tu vas te ruiner la santé avec ce secret. Partage."

Santana secoua la tête. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait tout simplement pas.

"Ça ne peut pas continuer ainsi, continua la blonde. Alors tu choisis. Notre couple ou ton secret."

Une larme roula le long de sa joue.

Elle n'avait plus le choix. Elle aimait trop Brittany pour risquer de la perdre.

Elle tira une chaise et s'y assis.

"Je te préviens, dit-elle, ça risque d'être long."

Brittany s'assit en tailleur sur le sol en paille tressée et posa son menton sur ses mains. L'heure tardive ne semblait pas être un problème.

"Je ne dormirai pas de la nuit s'il le faut."

Santana inspira alors et commença à raconter toute la vérité.

Sauf la partie qui l'incluait, elle. Personne ne devait jamais être au courant. Pas même Brittany.


Kurt monta les marches des escaliers. Il était totalement exténué, le décalage horaire lui menait la vie dure. Il n'avait même pas eu la force de monter les valises à l'étage.

Ca attendra demain.

Il bailla en passant devant la chambre de Blaine. Il s'arrêta, ayant très envie d'entrer, pour savoir comment allait Blaine, s'il s'était remis du trajet en avion.

De l'autre côté de la porte, sur le lit, Blaine était roulé en boule. Il avait entendu les pas de Kurt dans le couloir. Il savait qu'il était arrêté sur le pas de la porte. Voulait-il qu'il rentre? Voulait-il le voir? Le bouclé n'en était pas sûr.

Finalement, Kurt s'éloigna, décidant que le brun devait surement être en train de dormir et qu'il n'avait pas à le réveiller simplement parce qu'il avait envie de le voir.

Il repensa à leur baiser et soupira. Il avait peur que ce premier baiser soit le dernier. Ils avaient eu un moment, un moment très fort. Mais ça n'avait rien concrétisé. Seulement rendu les choses plus compliquées. Parce que Kurt était encore plus amoureux de ce garçon mystérieux rencontré au détour d'un couloir, qui était entré dans sa vie comme une météorite. Une météorite que Kurt avait prise en plein cœur. Une météorite qu'il ne voulait jamais voir disparaître.

La chanson trotta encore une fois dans la tête de Kurt. Cette chanson qu'il chérissait plus que tout et dont il avait peur. Peur de ce qu'elle représentait.

Come what may

I will love you

Until my dying day


"Santana m'a tout avouée. Je sais maintenant ce qu'elle me cachait. Je ne sais pas quoi dire. Est-ce que je dois la croire où non? Je sais qu'elle ne me mentirait pas mais son histoire me parait tellement incroyable. Elle en parle comme une fiction, elle a les yeux qui brillent, les mains qui s'agitent. Je n'aime pas ça. Même si tout est vrai, même si Blaine a vraiment fait ce que San' croit, elle ne devrait pas être mêlée à ça.

Journal, je sens que quelque chose de mauvais se prépare. Quand j'étais petite, maman disait que j'avais un don de voyance. Papa disait que c'était seulement des bêtises, que les voyantes n'existaient pas et que les licornes non plus. J'ai su qu'il se trompait quand j'ai rencontré Santana. Les licornes existent. Santana est la mienne. Qu'en est-il de mon don de voyance ? J'espère que Papa avait raison. J'espère ne pas pouvoir pressentir l'avenir. Parce que, si jamais c'était le cas, l'avenir serait très inquiétant.

Vraiment très inquiétant.

J'ai peur. J'ai peur pour Kurt, pour Santana, même pour Blaine. J'ai peur que le fantôme de Sebastian ne revienne nous hanter.

Si les licornes existent, pourquoi pas les fantômes ?"


Le noir l'entourait. Il était seul, allongé dans cette grande chambre qui n'était pas la sienne. Sur les murs, des posters de football, de basketball, de quelques chanteurs connus dont Blaine ne connaissait pas les noms.

Mais ce n'était pas ça le pire. Pas cette timide touche de personnalité à travers la mise en avant de quelques hobbies communs. Non. Ce que Blaine avait le plus de mal à supporter, c'était les photos.

Des dizaines. Partout. A droite, à gauche, derrière, devant, sur le plafond. Des photos d'un jeune garçon, tantôt avec sa famille, tantôt avec des amis, tantôt avec sa petite amie. Finn. Le déserteur que tout le monde semblait regretté à Lima.

Tout dans cette chambre était fait pour lui rappeler que ce n'était pas la sienne. Que la maison dans laquelle il vivait à présent n'était pas son foyer mais un lieu où séjourné quelque temps.

Blaine se retourna, cherchant désespérément le sommeil qui lui échappait depuis deux bonnes heures. Il soupira. Son esprit bouillonnait, ses pensées se mélangeaient dans son cerveau. Et cette impression de ne pas appartenir à cet endroit ne le quittait pas.

Qui était-il pour vivre ici? Qui? Le petit ami de Kurt? Non. Non, Kurt et lui n'étaient rien. C'était trop dangereux pour le châtain, Blaine devait le protéger. Le protéger de lui.

Sebastian était mort sous ses coups. Il était malade, incontrôlable, fou. Il n'avait pas le droit de laisser les gens s'approcher de lui. Il devait rester à l'écart pour les mettre en sécurité. Kurt était un des meilleurs êtres humains jamais engendrés sur cette terre. Blaine se devait de ne pas gâcher sa vie.

D'après ce que Le brun avait entendu, Kurt attendait quelque chose de sa part. Le baiser signifiait quelque chose.

Pour Blaine, et il en était certain à présent, il signifiait l'heure du départ.

D'un mouvement rapide, il se débarrassa de sa couette et se leva. Il attrapa dans le coin de la pièce son sac a doc noir en entreprit de fourrer ses maigres affaires personnelles à l'intérieur.

Alors qu'il s'acharnait à y faire passer un vieux T-shirt gris chiné, il rencontra une surface métallique.

Sa boîte. Sa boîte verte en métal.

Il hésita avant de la sortir du sac. Cette boîte, c'était un morceau de sa vie. Le morceau qu'il avait cru le plus heureux et qui ne s'était révélé n'être que des mensonges. Il y lisait encore tout ce qu'il y avait écrit au marqueur pendant plusieurs années. L'inscription la plus récente, "Hurt", scintillait encore comme s'il venait seulement de la tracer.

Il hésita à ouvrir la boîte. Il savait ce qu'il y avait à l'intérieur. Des photos, des lettres. Des traces d'un amour qui n'avait en fait jamais existé.

Ne me dit pas que tu y as cru.

Il regarda la boîte, se demandant quoi faire. Devait-il la laisser ici ? S'enfuir sans pour pouvoir oublier ?

Non. Cette boîte était une part de lui. Elle était devenue sa personne entière. Tout ce qu'il était, c'était Sebastian qui l'avait bâti. A coup de baisers et de mensonges. Même par-delà la mort, le Warbler continuerai à le hanter. Il ne pourrait jamais s'en débarrasser. Jamais.

Il glissa la boîte dans le sac et referma la fermeture éclair. Il avait choisi la vie qu'il voulait mener à présent.

Il était Blaine Anderson, un meurtrier meurtri. Mort à l'intérieur, malade, sans espoir d'avenir. Il était le garçon qui errait dans les rues comme il errait dans ses propres pensées contrôlées par une maladie qui le détruisait.

Finalement, il n'était personne. Une épave peut-être. Un déchet, un reste dont personne ne voulait. Mais sûrement pas un être humain.

Ce n'est pas l'avis de Kurt.

Kurt ? Kurt était un fou. Il était fou de l'avoir laisser entrer dans sa vie. Il avait ouvert sa porte et son cœur à une tornade qui finirait par tout détruire. Il finirait par en mourir. Littéralement ou non.

C'était à Blaine de réparer cette erreur. Chacun devait retourner à sa place. Chacun devait vivre sa propre vie.

Ils étaient incompatibles.

Le brun se leva, enfila des vêtements et sa paire de chaussures usée avant de refermer la porte derrière lui. Il descendit les escaliers, prenant garde à ne pas faire de bruit. Dans la cuisine, il hésita à prendre une pomme dans la corbeille de fruits, avant de passer son chemin. Carole et Kurt avaient déjà fait assez pour lui.

Dehors, le temps était glacial. Le vent s'était levé, caressant son visage, lui gelant chaque parcelle de peau. Par chance, il neigeait très peu.

Blaine s'aventura dans les rues, tournant à droite ou à gauche au gré de ses envies. Il avait froid, il grelottait mais continuait à marcher. Le vent fouettait sa peau, chaque flocon de neige s'infiltrait dans son cou. Ses lèvres ne bougeaient presque plus.

Le ciel était sombre. Le sol blanc. Les lumières de Noël continuaient de briller, aveuglant Blaine.

Il tourna dans le parc silencieux. Les branches des arbres s'agitaient sous les caprices du vent, délestant les branches des tas de neiges qui s'y amoncelaient. La nature était silencieuse. Les oiseaux ne chantaient pas. Il devait être presque quatre heures du matin, et Blaine était dans le parc, presque aussi gelé que le sentier sur lequel il marchait.

Il avait envie de dormir. Tout son être était bouillant. Bouillant de froid. Jamais il ne s'expliquerait cette sensation, celle de brûler de froid.

Il pensa à la chambre de Finn, dans la maison des Hummel-Hudson. Au lit dans lequel il était presque une heure auparavant. Pendant un quart de seconde, il eut envie de faire demi-tour. Puis, le visage de Kurt s'imposa à lui, ainsi que celui de Sebastian après qu'il l'ait battu à mort. Cela ne devait jamais arriver à Kurt. Jamais.

Alors, il chassa de son esprit l'idée d'un bon lit douillet et s'assit sur un banc. Il ramena ses jambes vers lui, tentant de se protéger du froid comme il le pouvait. Il rentra sa tête. Ses mains. Il ne ressemblait plus qu'à une boule humaine, attendant que le froid hivernal lui ôte la vie.

Il ne devait pas rester sur ce banc. Ses membres s'engourdissaient, son sang circulait de moins en moins vite dans ses veines. Il était en train de geler. S'il ne faisait rien, il mourrait sur ce banc, seul, dans le noir.

A quoi bon.

Il ne bougeait pas, attendant la mort comme un enfant attend que sa mère vienne le chercher de l'école. La faucheuse était son échappatoire. Il n'avait aucun avenir. Il était dangereux. Il n'était rien. Rester en vie ne ferait que retarder l'inéluctable. Combien de jours lui restaient à vivre? Dans la rue, pas plus d'une semaine. Sûrement pas avec ce froid. Alors autant en finir dès à présent.

Ses paupières étaient lourdes. Il avait envie de dormir.

Il pensa à sa vie avant. Quand tout était merveilleux. Son enfance.

Sa mère était la personne la plus gentille qu'il avait jamais connue. C'était elle qui lui avait appris à jouer du piano, dès qu'il avait eu l'âge de maîtriser ses propres doigts. Avec patience et amour, elle lui avait enseigné le solfège et la joie de sentir ses doigts parcourir les touches bicolores pour former une symphonie.

Son père était avocat. Blaine le connaissait peu. Peu présent, il était toujours parti en voyage d'affaire pour défendre des affaires à l'autre bout du pays. Puis, il avait fini par se faire embaucher dans un cabinet d'avocat réputé à New-York. Cette embauche avait marqué une rupture entre lui et sa famille. Blaine ne le voyait plus que le week-end où il passait le plus clair de son temps à travailler dans son bureau, à grogner sous les monceaux de dossiers qu'il devait traiter. Blaine se souvenait qu'à l'âge de huit ans, il était entré dans son bureau. Fier de lui, le petit garçon voulait absolument faire écouter à son père le nouveau morceau qu'il arrivait à jouer au piano. Son père l'avait seulement envoyé paître.

A douze ans, Blaine avait compris que son père menait une double-vie à New-York. Il y avait une petite-amie, des enfants...

Sa mère s'était renfermée sur elle-même. Elle acceptait la situation sans pourtant pouvoir la surmonter. Elle se lassa sombrer dans la spirale infernale de la dépression, et Blaine ne l'avait plus jamais revu sourire.

Son frère, Cooper, avait compris la cruauté de leur père bien avant lui. Auparavant bon élève, ses notes avaient brusquement chuté. Il avait laissé tomber l'école, s'était mis à fréquenter une bande de junkie. Comme on pouvait s'y attendre, Cooper était devenu un drogué fini, qui ne vivait plus que pour fumer sa pipe à crack et prendre sa dose de cocaïne.

Voyant le chaos dans lequel sa famille était plongée, Blaine avait tenté de faire face. Il était devenu l'adulte de la maison. Grâce à ses excellentes notes et à l'argent que son père amassait depuis bien des années, il était parvenu à rentrer à la Dalton académie.

La pension lui avait changé la vie. Il pouvait enfin vivre pleinement, comme n'importe quel ado de son âge. Il avait des amis, il étudiait, l'avenir semblait radieux.

Puis, il avait eu le béguin pour un garçon qu'il avait rencontré alors qu'il travaillait comme pianiste dans un bar de la ville. Kyle. A l'âge de quatorze ans, Blaine avait découvert son homosexualité.

Il avait attendu une année de plus pour le dire à sa mère. Il n'aurait jamais cru se faire rejeter par la femme qu'il aimait le plus au monde. Mais, au fond du trou, la mère de Blaine l'avait maudit, lui avait dit d'aller brûler en enfer. Au début, Blaine avait cherché à l'excuser. C'était sa mère et il l'aimait. Mais plus le temps passait plus la femme devenait hargneuse, jusqu'à ne plus le considérer comme son fils. Blaine avait fini par la haïr en retour.

Son père l'avait frappé. Il l'avait déshérité.

A quinze ans, Blaine n'avait plus de parents. Seulement des géniteurs qui acceptaient à peine qu'il vive sous leur toit.

Il était devenu un con. Pensant être l'atrocité décrite par ses parents, il avait caché sa sexualité et multiplié les relations avec des filles. Il était beau, sexy. Comble de la virilité, il avait intégré l'équipe de foot. Chez lui, son piano commençait à se recouvrir d'une couche de poussière qui ne cessait de s'épaissir.

Puis, il avait rencontré Sebastian. Dans la même année que lui, le garçon était une star. Capitaine des Warblers, la chorale du lycée, il était l'un des plus beaux garçons du campus. Beaucoup de filles avaient tenté leur chance, mais Sebastian ne cachait pas son homosexualité. Bien au contraire, il draguait tout ce qui bougeait et qui produisait un tant soit peu de testostérone.

Blaine était fasciné par ce gay assumé, qui ne cachait pas qui il était. Tout le monde semblait l'apprécier, personne ne le jugeait. Sauf Blaine, qui prenait plaisir à le jeter contre les murs ou à lui balancer des insultes à la figure. Seulement un jour, au détour d'un couloir, Sebastian lui avait attrapé le bras et l'avaittraîné dans la salle de classe la plus proche. Il avait fermé la porte, s'était approché de lui et l'avait fougueusement embrassé.

Ils avaient gardés leur relation secrète un bon bout de temps, Blaine n'étant pas prêt pour sortir du placard dans lequel il s'était si longtemps enfermé. Mais les rumeurs avaient commencées à courir et, à force de baisers et de supplices, Sebastian l'avait finalement persuadé de tout révéler. Ils étaient alors devenus le couple le plus sexy, le plus populaire et le plus heureux de tout le lycée. Enfin, c'est que Blaine avait cru.

Ne me dit pas que tu y as cru.

Un bruit le fit sursauter, le sortant de sa léthargie. Il releva la tête avec difficulté et regarda autour de lui. Personne. Toujours ce noir oppressant.

C'est rien qu'une bestiole.

Il reposa sa tête sur ses jambes et ferma les yeux. Il se sentait fiévreux, le froid ne l'attaquait même plus. La fatigue le submergeait. Il était tellement, tellement fatigué. Il voulait dormir et ne plus jamais se réveiller.

Il s'allongea totalement sur le banc, la tête dans la neige. Ses cheveux étaient mouillés à présent, et ses vêtements également. Plus rien ne le protégeait du froid. De toute façon, il n'avait plus besoin d'être protégé. Il était devenu le froid.

Derrière ses paupières closes, Blaine aperçut une timide lumière qui bougeait. Il ouvrit les yeux et se releva.

Son cœur recommençait à battre, le sang circulait dans ses veines. C'était une lampe-torche. Il en était certain. La lumière qu'il avait vue provenait d'une lampe-torche.

Il chasse le froid de son esprit et réfléchit à cent à l'heure. Il ne fallait pas que quelqu'un le trouve ici. Il voulait être seul, il ne voulait pas être sauvé.

Il tendit l'oreille.

Le bruit d'une branche cassée lui glaça le sang.

Il n'était pas seul dans ce parc.

Et l'autre était tout prêt.

Il se leva tant bien que mal. Il devait s'éloigner. Il ne savait pas sur qui il pouvait tomber. Un fou sûrement, un psychopathe qui l'avait pris pour cible. Pourquoi avoir éteint la lampe torche ? Pourquoi se cacher ?

Blaine tituba, mais progressa tout de même sur le chemin. Il fallait s'éloigner. Il le devait. Il ne nourrirait pas assassiner.

Il tomba. Ses jambes étaient trop faibles, trop engourdies par le froid. Il lui était impossible d'avancer.

Il essaya de se relever sans succès.

Derrière lui, il entendit un clic et la lumière inonda l'arrière de sa tête. Il roula sur le côté et fut aveuglé par le faisceau lumineux braqué sur lui.

Il était incapable de dire qui était là. Un homme, une femme. Grand, petit.

La lumière, trop agressive, lui força à fermer les yeux.

"Eh bien Blaine. Tu ne dis pas bonjour ?"

Le cœur du brun s'arrêta.

Non non non non non non non!

Cette voix. Il la reconnaîtrait entre mille.

Ne me dis pas que tu y as cru.

Ce n'était pas possible. Il était en train de délirer. La mort le faisait délirer. Il était en enfer. C'était le moment de payer pour ses crimes.

Oui, voilà. Il était mort.

La lumière dévia sa trajectoire. Blaine se frotta les yeux.

"La dernière fois que je t'ai vu, tu étais en meilleure forme. Meilleure forme que moi d'ailleurs, si je me souviens bien."

Tout le corps de Blaine était douloureux. Il faisait froid, ses yeux piquaient, son cœur palpitait.

Il ne pouvait pas être mort. Il avait déjà failli mourir, et il savait que ça ne ressemblait pas à ça.

Son cœur tomba dans sa poitrine. Il savait ce que c'était. Il savait ce qu'il lui arrivait. La maladie reprenait le dessus sur lui. Il allait bien pourtant. Il allait mieux.

Il leva les yeux.

Visage fin, yeux rieurs, sourire en coin. Il n'y avait pas de doutes possibles. C'était bien lui. Ou en tous cas c'était bien lui que fabriquait son esprit.

"Je ne peux même pas mourir en paix, grogna Blaine. Il faut que tu viennes me hanter jusqu'à mon dernier souffle."

Sa voix était rauque, éteinte.

Sebastian rit. Le son de clochette. Blaine ne l'avait pas oublié.

"Eh bien j'imagine que c'est ce qui arrive quand on tue quelqu'un, lança Sebastian en s'agenouillant devant lui."

Blaine recula. Il savait qu'il était en train de faire une crise et pourtant, sa raison lui disait que tout ça était bien trop réel. Il n'avait jamais connu de crise pareille. Il n'avait jamais eu aussi mal, ses visions n'étaient jamais aussi nettes.

Et pourtant, Sebastian était là, devant lui. Comme s'il était bien vivant. C'était de loin la pire crise que Blaine n'avait jamais connu.

Il se frappa. Il se frappa pour se ramener à la réalité. Une claque. Deux. Pourquoi ne revenait-il pas ? Pourquoi la brûlure sur sa joue lui paraissait si réelle ?

Il se sentait fiévreux. Il était fiévreux.

Il regarda à droite, à gauche. Cherchant un signe qui lui prouverait qu'il était bien dans un délire. Puis ses yeux se posèrent sur Sebastian.

Le garçon était resplendissant.

Pas de doute, il délirait. Il était dans la pire crise qu'il n'avait jamais connue.

Il eut peur. Il savait à quoi il ressemblait pendant ses crises, il savait ce qu'il était capable de faire. Pendant qu'il évoluait dans ce monde étrange que la maladie avait créé pour lui, son vrai lui pouvait être en train de tuer quelqu'un dans la vraie vie.

Il fallait qu'il se réveille. Il fallait qu'il revienne. Il fallait qu'il revienne à lui avant qu'il ne fasse une bêtise. Son cœur s'emballa, réveillant les muscles engourdis de son corps.

Une autre claque.

Rien. Rien n'y faisait. Il était coincé ici, dans cet état, avec le fantôme de Sebastian qui le regardait avec un sourire en coin.

"Tu m'expliques ce que tu fais? Je sais que tu as certaines envies particulières au lit mais je te connaissais pas masochiste."

Des larmes se formèrent dans les yeux noisette du brun. Il avait compris. Il avait compris qu'il ne se réveillerait jamais. Il avait besoin d'une ancre pour revenir. Il avait besoin de s'accrocher à quelque chose.

Son ancre, c'était Kurt. Et Kurt n'était pas là. Blaine était parti, il avait abandonné la seule chose de bien qui lui était arrivé dans sa vie.

Il aurait tout donné, absolument tout pour pouvoir retourner en arrière. Il avait besoin de Kurt. Il avait besoin de lui.

Il se savait dangereux. Mais s'il avait blessé Sebastian, c'était parce qu'il avait été trahi. Jamais Kurt ne le trahirait, jamais le châtain ne lui ferait de mal. Il était l'homme le plus merveilleux de la terre.

Il était l'homme dont Blaine était amoureux.

"Bon Blaine. Tu ne vas pas rester par terre à attendre de mourir de froid tout de même? Debout."

Sebastian lui prit le bras et le leva. Le bouclé n'eut pas le cœur de se défendre. Il avait tout gâché. Il avait gâché son passé, son présent, et voilà qu'en s'enfuyant il avait gâché son futur. Il avait gâché sa chance d'être heureux.

Sebastian lui passa un bras autour de ses épaules et souffla sur ses oreilles. Il avait l'habitude de faire ça quand ils étaient encore tous les deux.

Blaine ne réagit pas. A quoi bon? Rien de tout cela n'était réel.

"Oh aller Blainou! Sois au moins un peu content de me voir quand même, ça fait un bail!"

Blaine tourna la tête.

"Je te haie Sebastian. Tu as fait de ma vie un enfer, j'ai été en prison, je suis totalement détruit et je viens de perdre ce que j'avais de plus cher. Et tu veux que je réagisse?"

Sebastian fit la moue.

"Tu pourraisau moins faire semblant pour me faire plaisir."

"Tu n'es même pas réel... soupira Blaine."

Sebastian ricana et lâcha Blaine. Il fit trois pas en avant, avant de se retourner vers le bouclé qui regardait dans le lointain. Il voulait se réveiller. Il ne voulait pas mourir. Ou plutôt il ne voulait plus. Il devait retrouver Kurt, il devait lui dire que le baiser à Paris était réel. Que ses sentiments étaient réels.

"Qu'est-ce qui te fais dire que je ne suis pas réel? demanda Sebastian."

Blaine soupira. Cette crise était probablement la dernière qu'il ne connaîtrait jamais. Il ne se réveilleraitsûrement pas etallait mourir dans cet univers qu'il haïssait. Il fallait que sa dernière crise mette en scène Sebastian. Non seulement Sebastian, mais un Sebastian insupportable qui posait des questions stupides.

"Tu es mort."

Sebastian se frotta le menton. Il souriait et ses yeux brillaient d'une lueur malicieuse.

"Effectivement... Je suis mort."

Le garçon se rapprocha de lui et posa sa main sur sa joue. Blaine se dégagea, ce qui élargit son sourire.

"Mais il existe plusieurs façon de mourir Blaine... Et l'une d'entre elle inclue le fait d'être toujours réel."

"Je ne suis pas d'humeur pour tes devinettes."

Blaine s'assit sur le banc où il était couché quelques instant auparavant et se frotta le visage. Ce n'était pas comme ça qu'il avait imaginé un face à face avec son ex petit-ami. Il se serait cru en colère, plein de haine. Il se serait vu le frapper. Pourtant, rien de tout cela n'était présent. Son être était seulement rempli de dégoût pour l'homme en face de lui. De dégoût et d'acceptation. Il faisait une crise qui le mènerait probablement à la mort. Pas la peine de se fatiguer à haïr Sebastian plus qu'il ne le faisait déjà.

"Blaine voyons, fait un effort."

Sebastian s'approcha et tenta de s'asseoir sur les genoux de brun. Blaine le repoussa violemment.

"Tu te prends pour qui, Seb ? Tu n'es rien pour moi, d'accord ? Tu es l'erreur qui m'a coûté la vie. Tu es content ? Je suis malheureux à cause de toi. Une vraie loque. J'imagine que tu aimes ce que tu vois, n'est-ce pas? Tu jubiles. Tu jubiles de me voir si mal. Tu es vengé. Eh bien oui. Tu es vengé. Alors maintenant part, et laisse-moi mourir en paix !"

Sebastian leva les yeux au ciel.

"Mourir, mourir. Encore et toujours cette obsession de la mort, faut que tu te calmes. Personne ne va mourir aujourd'hui, ok?"

"Je suis en train de vivre le délire le moins agréable de toute ma vie. Je suis sûrement en ce moment même allongé sur le banc dans le parc à me transformer en glaçon et un jogger metrouvera probablement demain matin."

Sebastian parut surpris.

"N'importe quoi. D'accord tu es sur le banc mais tu es assis dessus, pas allongé. Deuxièmement, tu n'es certainement pas en train de te transformer en glaçon, mais si tu as froid, je connais une boîte pas loin. C'est chauffé, on pourra prendre quelques verres et j'ai encore mes réserves de..."

Blaine se leva. C'en était trop. La situation devenait trop absurde pour lui. Il avait envie d'étranglerSebastian, de le faire taire. Il avait envie de le tuer une deuxième fois.

Pourquoi ? Pourquoi devait-il supporter ça ?

"Où est-ce que tu vas ? demanda Sebastian."

"Loin de toi, susurra Blaine entre ses dents."

Sebastian le rattrapa.

"Ok, ok, je pars."

Blaine s'arrêta.

"Vraiment?"

"Oui, assura Sebastian. Je pars. Je te laisse tranquille. Tu veux dormir sur ce banc ? Très bien, à ta guise. Par contre..."

Il retira la doudoune qu'il portait et la tendit à Blaine.

"Enfile ça. Je ne veux pas que tu meurs. J'espère bien te revoir vivant."

Blaine s'empara de la doudoune avant de la laisser tomber par terre, fixant Sebastian dans les yeux.

"Je n'ai pas besoin de toi."

Sebastian se pencha et ramassa le blouson, avant de le tendre une nouvelle fois à Blaine.

"Tu n'as peut-être pas besoin de moi, mais tu as besoin du manteau. Alors tu l'enfiles."

"Je ne t'obéirai pas Seb."

"Ce n'est pas m'obéir, c'est te rendre service à toi-même."

Blaine le toisa. Il avait froid, il était désespéré et Sebastian - ou plutôt l'apparition de Sebastian - lui tendait un manteau qui le protégerait du froid. Il savait que dans la vraie vie ce manteau ne lui servirait à rien, puisque toute la scène n'était que le fruit de son imagination. Mais après tout, il doutait de retourner un jour vers la vie.

Il s'empara du blouson, l'arrachant de la poigne du Warbler et l'enfila. Le vêtement avait gardé la chaleur corporelle de son ancien propriétaire.

"Bon. Au moins avec ça, tu ne devrais pasmourir de froid."

Sebastian posa ses deux mains sur les joues de Blaine et déposa un rapide baisé sur ses lèvres bleues. Si rapide que Blaine n'eut même pas le temps de réagir.

"On se reverra, chuchota Sebastian."

Le garçon s'éloigna, jusqu'à finalement disparaître dans la noirceur de la forêt.

Déboussolé, Blaine restait là, planté debout. Si on lui avait dit que la mort viendrait de cette façon, il n'y aurait pas cru.

Finalement, il s'allongea sur le banc duquel il avait fini par chasser la neige et ferma les yeux


Nous voilà à la fin du chapitre.

A vrai dire j'ai dû le couper, il était bien trop long. Ce qui signifie que le prochain chapitre ne devrait pas être trop long à arriver, puisque je sais déjà ce que je vais écrire.

Vos impressions ? J'y tiens beaucoup, ça permet d'avancer dans la rédaction..

En bref, reviewer ! Je répondrai au début du chapitre prochain :D