Hola la gente
Je sais ça fait longtemps... J'ai passé mon bac de français, je suis partie en vacances, j'ai un peu oublié aussi... Pardon.
Bon sans plus attendre, le prochain chapitre. Qui devrait répondre à pas mal de vos questions.
Oh, et un gros coucou à ma bêta Higu qui a corrigé ce chapitre en une journée (si si je vous jure) et à qui nous devons la dernière réplique de Rachel dans le dialogue Pezberry. Je t'aime fort.
Sinon, enjoy !
Réponse aux reviews :
Lyméa:
Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente d'avoir réussi à faire passer les émotions que je voulais. C'était important pour moi.
Eh bien.. La suite arrive toujours un jour xD Tôt ou tard.. Plutôt tard dans le cas présent...
Klaiindy:
Merci pour ta review!
Oui, tout finira par s'arranger. Mais Blaine et Kurt avait besoin d'être séparé un petit moment...
Je suis contente que CWM te plaise :)
Amande:
Merci pour ta review!
Ahaha, désolé de te faire souffrir, mais il le fallait bien xD Un chapitre où tout est tout rose et tout beau, ce n'est pas drôle voyons !
Il n'y pas vraiment de camp à choisir... Santana a ses raisons d'agir comme elle l'a fait... Je ne dis pas qu'elle n'a pas tout foirer, parce que c'est bien évidemment le cas mais elle est blessée et elle a peur. Le chapitre t'expliquera tout en détail :)
Don't worry, le happy ending arrive xD
Oui, je n'y avais pas pensé mais tu as raison. Santana et Blaine se ressemblent d'un certain point de vue... ( Ne t'en fais pas pour les secrets, tout arrive un peu plus bas xD )
Merci énormément pour ton soutient et tes reviews à chaques chapitres. Elles m'aident à continuer :)
Behh:
Merci pour ta review ! :)
Ne t'en fais pas, Klaine finira ensemble :)
KlissKlexeKlove
Merci pour ta review!
Oui, on peut dire que le chapitre d'avant passait par toutes les émotions possibles aussi..
Et patience, les réponses à tes questions arrivent :)
CheesyKitten:
Merci pour ta review petit lecteur fantôme ! ;)
Tout sera fait selon ta demande, je te le promets :)
darecrisp:
Merci pour ta review xD Elle m'a bien fait rire, j'ai eu l'impression que tu agonisais, c'était fun xD (j'suis pas sadique... Pas trop. Je me fais soigner)
Seb n'est ni un mort-vivant (quoique ça serait marrant tient... J'imagine Seb dans The Walking Dead.. Non là je m'égare pardon. Ahem) ni un dieu (pourtant je suis sûre qu'il aimerait bien xD).
Les couples s'arrangeront, pas de panique xD Et Santana a ses raisons xD
Depuis le temps que j'attendais de faire un lemon dans CWM xD ( Instant pub : Si celui-là t'a plus, j'ai écrit un OS lemon "I really hate you my love" !)
Ah bah oui Blaine fuit quand Kurt lui dit qu'il l' classique quand même xD C'est le meilleur moyen de briser le coeur des lecteurs. (J'avoue j'ai un livre où je répertorie les moyens les plus efficaces...)
Un grand merci pour ta review encore une fois !
Deux mois plus tard.
« - Monsieur Hummel, si vous voulez bien signer ces papiers. Ce ne sont que quelques formulaires mais nous en avons besoin pour construire votre dossier, et comme vous le savez, pas de dossier, pas de défense. En tout cas, il ne faut pas vous inquiéter, je vais tout faire pour..."
Kurt décrocha. Ce bonhomme en costume noir devant lui parlait beaucoup. Beaucoup trop même. C'est Carole qui avait choisi le cabinet d'avocats mais peut-être aurait-il dû le faire... Peu importe. De toute façon, il était là à présent, assis sur une chaise de bureau inconfortable à écouter les bavardages incessants de son avocat.
« - Je vais vous parler de la procédure à suivre. Il a beaucoup de choses que vous devez savoir. Des choses très importantes. Alors j'ai besoin que vous m'écoutiez très attentivement. Tout d'abord, il faut savoir que... »
Kurt soupira. Ce n'était que du jargon d'avocat et il n'en avait rien à faire. Il pensa à son lit, à sa couette, à la fissure dans son plafond en forme de Z qu'il se plaisait à contempler toute la journée. Elle était marrante cette fissure. Elle partait à droite d'une façon plutôt étrange, comme l'armature d'une plume qu'on aurait brisée en 5 zébrures. Elle descendait ensuite d'une façon plus subtile, plus gracieuse. Kurt aimait vraiment cette partie de la fissure parce que...
« - Monsieur Hummel, est-ce que vous m'écoutez ? »
Kurt leva les yeux vers l'homme en face de lui. Il ne connaissait même pas son nom. Il était dans cette pièce depuis une heure et demie et il ne connaissait même pas son nom. Il était l'avocat. Il allait juste l'appeler Monsieur Avocat.
« - Bien sûr que je vous écoute ! Mentit-il »
Il se redressa dans son siège et planta son regard dans le sien. Il paraîtrait plus attentif comme ça.
Monsieur Avocat parla pendant encore une demi-heure. Kurt eut l'impression qu'il s'agissait d'une éternité.
« - Ne vous inquiétez pas Monsieur Hummel, nous allons vous tirer de là. »
Pas de risque. Vous ne connaissez même pas mon vrai nom de famille.
Mais Kurt était mal placé pour le réprimander. Il l'appelait Monsieur Avocat. Alors Monsieur Avocat avait le droit de l'appeler Monsieur Hummel au lieu d'Hummel-Hudson.
Il fut content de se retrouver dehors, même s'il faisait très froid. Il aimait le froid maintenant. Il avait changé, il aimait le froid.
Tout de même, il boutonna les boutons de son manteau et se dirigea vers sa voiture. En mettant le contact, il abaissa la vitre. Le vent glacé fouetta ses joues, le brûlant un peu.
Il n'alluma pas la musique. C'était bien le silence aussi. Ça reposait ses tympans.
Il s'apprêtait à passer la première lorsqu'il décida d'enlever son manteau. Ce n'est pas qu'il avait chaud, non il avait même froid. Très froid à cause de cette vitre ouverte. Mais il avait envie de l'enlever.
Sur la quatre voie qui le reconduisait chez lui, à Lima, il passa son bras nu dehors.
Il avait froid. Mais il aimait le froid.
Une fois chez lui, il gara la voiture et s'empressa de rentrer. Il n'aimait pas être dehors comme ça, sans toit sur sa tête. Il se sentait vulnérable maintenant.
En enlevant ses chaussures dans le hall d'entrée, il entendit deux voix en provenance du salon, ainsi que la télévision qui tournait. Il s'agissait de Carole et Monsieur Asher, le psychiatre qui s'occupait de B... Monsieur Mal. Monsieur Mal. C'était plus facile de l'appeler comme ça.
« - Kurt, est-ce que c'est toi ? L'appela Carole
- Oui oui c'est moi. J'enlève mes chaussures, j'arrive. »
Il se regarda dans la glace accrochée à la porte. Il avait les joues rouges, les cheveux dans le désordre et le regard triste. Il essaya de sourire. Non, ce sourire-là était trop forcé. Montrer les dents, ne pas montrer les dents... Les commissures peut-être un peu plus hautes. Oh non non, trop forcé.
« - Kurt ? »
Kurt soupira avant de finalement adresser un dernier sourire au miroir. Sans franc succès.
Il traversa la cuisine et progressa jusqu'au salon où Carole et Monsieur Asher profitaient de leur nouvelle vie en tant que couple. Kurt voulait que Carole retrouve quelqu'un, il voulait qu'elle soit heureuse. Mais en voyant le bonheur et l'amour sur le visage des deux adultes, il eut juste envie de vomir.
« - Alors, comment s'est passé ton rendez-vous avec l'avocat ? Je sais que tu ne voulais pas que je vienne mais maintenant je pense, je sais ! que j'aurais dû être là-bas avec toi, et ça me tue de... »
Asher posa sa main sur le bras de Carole qui cessa de parler instantanément. Kurt l'en aurait remercié s'il n'avait pas été Monsieur Asher, alias le nouveau petit ami de sa belle-mère, alias l'ancien psychiatre de Monsieur Mal, alias celui qui n'avait pas réussi à sauver Monsieur Mal.
Kurt sourit. Un faux sourire. Trop de dents peut-être. Les commissures étaient sûrement trop hautes... Beaucoup trop hautes même...
« - Il est gentil, annonça Kurt.
- Qui ? Demanda Carole.
- Monsieur Avoc... Euh je veux dire l'avocat. Il est gentil. Il fera tout pour m'aider, pour que je me sorte de là.
- Mais il t'a dit ce qu'il comptait faire ? Il va parler avec le lycée ? Je pense qu'il devrait parler avec le lycée, tu en penses quoi Thomas, tu penses qu'il devrait parler avec le lycée ?"
Elle tourna la tête vers Asher qui semblait un peu désemparé.
« - Euh... Je ne sais pas je... Il... C'est son boulot, il doit être confiant dans ce qu'il fait et euh.. »
Kurt leva les yeux au ciel. Pour un psychiatre, il maniait bien mal l'art du langage.
« - Je monte dans ma chambre, déclara Kurt en se retournant.
- Quoi ? Quoi ? Non Kurt, reste ici, on n'a pas fini de parler, il t'a bien dit autre chose, non ? »
Mais Kurt était loin à ce moment-là. Mentalement loin.
Il se jeta sur son lit et accrocha son regard à la fissure sur son plafond. Décidément fascinante cette fissure...
Il la fixa pendant environ deux heures, la détaillant sous toutes ses formes. Il avait un peu mal aux jambes, l'angle qu'elles formaient était un peu étrange mais il s'était jeté sur le lit, il n'avait pas fait attention. Maintenant qu'il y pensait, son bras aussi le faisait souffrir. Il était coincé sous sa tête.
Pourtant il ne bougea pas et continua à fixer le petit Z du plafond comme s'il s'agissait d'un message codé à décrypter.
Quelqu'un frappa à la porte. Kurt ne répondit pas. Qu'il le fasse ou non, la personne entrerait.
« - Eh, c'est moi, Thomas. »
Kurt soupira. Asher ne lâchait jamais le morceau.
« - Tu sais... Commença-t-il, je sais que tu ne vas pas bien. Et Carole aussi le voit. Blaine est parti, le lycée te poursuit et la chorale a lamentablement échoué aux régionales et tu n'as plus de travail. C'est normal de ne pas être bien. »
Kurt ne répondit pas. Que répondre à cela ? Il ne savait pas mentir mais il n'avait pas envie de répondre. Le silence restait sa meilleure option.
"- Kurt je veux t'aider. Je peux t'aider. Je suis là. Quand tu voudras parler je serai là."
Kurt leva les yeux au ciel. Ce psy était agaçant bon sang !
Blaine ne savait pas ce qu'il faisait. Il ne savait pas où il allait. Il se promenait, tournant à droite, à gauche, au gré de ses envies sans se soucier des noms des rues. Il se tenait occupé, toujours en mouvement, même si ses pieds abîmés saignaient dans ses chaussures trop vieilles.
Droite.
Gauche.
Droite.
Gauche.
Sang.
Il plongea sa main dans sa poche vide, repensant au doux son étranger des pièces qui s'entrechoquaient. Cette musique était rendue bien loin, il n'avait plus un sou.
Fatigué, il se laissa glisser le long d'un mur et reposa sa tête sur l'enduit sableux. Il ferma les yeux. S'il pouvait dormir, il le ferait. Il fuirait cette réalité dans laquelle il était enfermé depuis trop longtemps. Cette réalité qu'il cherchait à tout prix à fuir.
Enfin... Peut-être pas à tout prix.
Il ouvrit le sac noir qui ne l'avait pas quitté depuis la prison et en ressortit sa boîte métallique verte. La boîte où, auparavant, reposaient les souvenirs de Sebastian : des photos, des lettres, des objets... Il avait finalement tout balancé.
Il posa la boîte ouverte devant lui et attendit.
Une heure.
Une pièce.
Deux heures.
Quatre pièces.
Trois heures.
Cinq pièces.
Il faisait froid, assis sur le sol gelé, en plein février. Le ciel était encore gris, chargé de nuages de neige. Blaine attendait le printemps avec impatience.
La nuit tombait. Il ramassa la boîte métallique et la fourra dans son sac, récupérant au passage les 10 dollars qu'elle contenait. Il arriverait à manger quelque chose avec ça.
Il acheta un sandwich dans la rue adjacente et le goba plus qu'il ne le mangea. Son estomac était vide depuis trop longtemps.
Il marcha ensuite vers le Nord de la ville. Il connaissait un coin où il pouvait dormir sans danger. Ça ressemblait à un genre de squat. La drogue circulait à flot. Blaine n'y touchait pas, il avait vu les ravages que cette merde avait faits sur son frère Cooper. L'endroit n'était pas bien vaillant. Il s'agissait d'une vieille maison abandonnée en ruine, bordée d'arbres qui la cachait de la rue. Peu de gens connaissaient son existence, ce qui la rendait parfaite aux yeux des personnes comme lui. Les flics ne venaient jamais les déloger.
En arrivant, il aperçut Steve, un homme qui avait la cinquantaine bien tassée et un penchant pour la bouteille. Il ne lui sourit pas, le regard qu'ils échangèrent suffisait à éliminer les politesses d'usage. Un SDF ne souriait pas.
D'autres personnes s'étaient entassées dans la demeure. Blaine ne reconnaissait pas la moitié d'entre eux.
D'un regard, il localisa le coin de la maison où il avait l'habitude de dormir. Ce devait être l'ancienne chambre d'enfant, à en juger par le lit à barreaux qui y trônait. À côté, une couverture noire de crasse était étendue. C'était le lit de Blaine. Il fut heureux de voir que personne n'avait mis le grappin dessus. Il avait de la chance dans son malheur.
Il s'effondra dessus. Le tissu empestait, le sol était dur et les gens autour de lui étaient bruyants.
Pourtant, il ferma les yeux et sombra dans les bras de Morphée.
Voilà ce à quoi ressemblait sa vie à présent. Il avait connu bien mieux mais n'y pensait jamais. Penser au passé, c'était penser aux choses qui faisaient mal et ça, il ne pouvait pas se le permettre. Parce que sinon, il mettrait fin à sa vie pour de bon, comme il avait déjà failli le faire. Ça aurait été tellement plus simple pourtant, tellement moins douloureux. Il pourrait se pendre, se couper, se jeter sous une voiture. L'être humain est aussi fragile qu'une poupée.
Pourtant il ne le faisait pas. Parce qu'il savait que sur cette Terre, il y avait quelqu'un. Quelqu'un qui foulait le sol chaque jour, qui respirait le même air, qui vivait sous le même soleil. Il ne pensait pas à lui, non, ça c'était interdit. C'était plus un sentiment en lui. Quelque chose qu'il ressentait, comme sa faim permanente. Et ce sentiment le faisait vivre, lui intimait de se lever chaque matin, d'aller faire la manche et de revenir dormir ici le soir. Ce sentiment, c'était son ancre.
Au milieu de la nuit, il sentit des bras entourer sa taille et se réveilla en sursaut. Il ne bougea pas immédiatement. Il était méfiant, il savait que des gens ici gardaient des couteaux dans leurs poches et n'hésitaient pas à s'en servir.
Le souffle à son oreille était profond et régulier. Comprenant qu'il ne risquait rien, Blaine se dégagea de l'étreinte de l'homme endormi. Il ferma les yeux et chercha pendant un long moment un sommeil qui ne venait pas. Finalement, il se leva délicatement pour ne pas déranger les autres et sortit, enjambant nombre de corps inanimés.
À l'extérieur, l'air était frais mais moins glacial que ce qu'il avait déjà connu. Les nuages avaient laissé la place aux étoiles et la lune balayait le paysage avec ses pâles rayons qui se perdaient dans le feuillage des arbres. Même la nature semblait dormir.
Il s'assit sur une souche, réfléchissant à ce qu'il était finalement devenu. Il était passé de l'adolescent fragile au monstre de la prison, puis était devenu le suicidaire dépressif avant de devenir quelqu'un de presque normal rongé par les secrets. Aujourd'hui il était SDF. Sans maison, sans argent, sans nourriture. Pourtant, il n'avait jamais été plus en paix avec lui-même. Il avait accepté sa maladie. Il avait accepté les crises, même si elles lui faisaient peur. Il avait accepté de vivre dans la rue. Il avait accepté l'insalubrité, les maladies, la puanteur, la faim, la soif, le froid. C'était sa vie à présent. C'était comme ça que ça devait être. Au moins comme ça, il ne blesserait personne. Surtout pas cette personne qui le maintenait en vie. Celle pour qui il vivait aujourd'hui.
Assis au clair de lune, il s'accorda un moment à lui. Il laissa tomber les palissades qui entouraient ses souvenirs et ouvrit les vannes. Son esprit le fit voyager jusqu'à Paris, où il était tombé amoureux. Jusqu'à un certain premier baiser et une certaine nuit où il avait finalement compris.
Les choses s'étaient emballées. Peut-être que tout c'était passé trop vite. Peut-être que oui. Mais Blaine était une personne impulsive, mû par son instinct. Il ne regrettait rien de cette nuit-là.
Je préfère mourir en t'aimant plutôt que vivre sans jamais t'avoir connu.
Blaine savait que la décision qu'il avait prise à ce moment-là était la bonne. Kurt l'avait sauvé et en fuyant il avait sauvé Kurt. Blaine avait tué Sebastian, il ne prendrait pas le risque de commettre la même erreur avec Kurt. Il lui avait sauvé la vie.
C'était cette certitude qui lui permettait de vivre. Ce sentiment d'avoir fait le bon choix pour une fois, même si ce choix lui arrachait le cœur.
Il ferma les yeux. Quelques larmes coulèrent. Il ne les retint pas. Il était finalement content qu'elles coulent. Ils les refoulaient depuis longtemps et il savait qu'au lever du soleil, il devrait remettre les souvenirs derrière les palissades dans un coin de sa tête et redevenir Blaine le SDF qui n'avait pas de passé.
Alors qu'il pleurait en silence, quelqu'un l'observait, un peu plus loin, dans l'ombre d'un arbre. S'il avait levé les yeux, peut-être l'aurait-il vu. Mais les larmes brouillaient sa vision.
Adossé à l'arbre, l'homme ne savait que faire. Aller consoler Blaine aurait probablement été une grosse erreur. La dernière fois qu'il était entré en contact lui, les choses ne s'étaient pas passées comme il l'avait prévu.
Il eut envie de pleurer. Le bouclé pleurait à présent toutes les larmes de son corps. L'homme savait que tout était de sa faute. C'était à cause de ses mensonges que Blaine était là, assis sur son tronc d'arbre en haillon, la barbe et les cheveux hirsutes. Rien ne pourrait jamais pardonner ses actes. Il avait foutu la vie de Blaine en l'air. Pour sauver sa propre peau. Il s'était laissé prendre à son propre jeu et avait finalement essayé de sauver la peau de Blaine.
Mais ça, Blaine ne le savait pas. Il ne connaissait rien de l'histoire. Il ne connaissait que la partie immergée de l'iceberg, celle que l'homme avait voulu qu'il voit. Il pensait sauver Blaine, même si cela lui brisait le cœur.
En regardant le déchet que Blaine était devenu, il comprit que c'était faux. Il ne l'avait pas sauvé. Il l'avait enfermé dans un cercle infernal qui le menait droit à la mort. Il avait pourtant cru que Kurt le sauverait. Il l'avait vraiment cru. Il savait que les deux garçons étaient amoureux, même si ça faisait mal de le reconnaître. Mais ça n'avait pas été suffisant.
C'était maintenant à son tour de rentrer dans le jeu. De réparer ce qu'il avait causé.
Il ne lui restait plus qu'à trouver la bonne solution pour réapparaître dans la vie de Blaine.
Rachel tourna les clés dans la serrure de son appartement. Un déclic familier retenti.
Elle avait passé une salle journée. Le producteur de Funny Girl n'avait pas cessé d'être sur son dos, lui reprochant de ne pas être assez attentive, elle avait rompu avec Brody et Santana était toujours dans son appartement.
Elle grommela. Rien ne tournait rond et ça depuis un moment déjà. Mais elle avait été tenue à l'écart. Comme si elle ne faisait plus partie de la famille.
Bon Dieu, Kurt était en danger. Son Kurtie, son meilleur ami, son ex-colocataire. Personne n'avait pensé à la prévenir, personne ! Non. Santana avait préféré lui mentir effrontément. "Pour te protéger", avait-elle dit le soir où elle avait frappé en pleurs à sa porte avec ses bagages. Et elle avait fait n'importe quoi en son absence.
« - Rachel, c'est toi? »
L'interpelée leva les yeux au ciel.
« - Bien sûr que c'est moi Santana, qui d'autre ? »
Elle s'effondra sur le canapé et s'empara de la télécommande.
« - Qu'est-ce que tu veux manger ce soir? demanda la Latina le nez dans les placards de la cuisine.
- Quelque chose de bien gras et de bien mauvais pour la santé. »
Santana ferma le placard et tourna la tête vers son amie qui zappait les chaînes de la télévision sans grande conviction. Elle comprit que quelque chose ne tournait pas rond.
« - Rachel, qu'est-ce qui se passe ? »
La diva soupira. Deux mois auparavant, elle se serait effondrée dans les bras de son amie. Elle aurait pleuré et Santana l'aurait réconfortée. Mais elle ne le pouvait pas cette fois-ci. Parce que Santana était la cause de son mal-être. Elle était la raison pour laquelle Rachel ne pouvait plus se concentrer sur scène, pourquoi elle avait foiré les choses avec Brody.
Elle était en colère. Très en colère. Elle tentait de le cacher, d'agir avec Santana comme si elle ne lui en voulait pas. Mais c'était faux, elle lui en voulait pour Lima. Elle lui en voulait parce qu'elle ne lui avait rien dit et parce qu'en agissant seule, elle avait tout foiré. Elle avait pris toutes les mauvaises décisions et voilà où elles l'avaient menée.
« - Rien, mentit Rachel en zappant sur une autre chaîne. Je suis seulement fatiguée. »
Elle tenta un sourire non concluant.
« - Tu n'es plus la même depuis que je suis revenue ici, constata Santana. »
Rachel éteignit la télé.
Elle avait toujours su qu'à un moment ou un autre, il faudrait qu'elle parle. Qu'elle cesse d'être l'amie bienveillante de Santana qui essayait de la réconforter de la perte de sa fiancée.
Elle était en colère à cause de Santana. Très en colère. Seul le bon sens l'empêchait de la mettre dehors.
Rachel avait vu les dégâts qu'avait causés Santana. Dès qu'elle avait appris toute l'histoire, elle s'était empressée de prendre un avion pour Lima. Là-bas, ce qu'elle avait trouvé lui avait fait peur. Kurt n'était plus que l'ombre de lui-même, terrassé par le chagrin et la souffrance que lui causait sa perte. Même Carole était dépassée par les événements.
Et comme si ça ne suffisait pas, Kurt s'était retrouvé traîné en justice par le lycée auquel il avait emprunté de l'argent en douce pour payer son voyage avec Blaine à Paris. Il avait pris dans les fonds du Glee Club, pensant les mener à la victoire puis rembourser ce qu'il devait. Mais avec la perte de leur leader, les New Direction avaient perdu la foi et s'était une nouvelle fois fait humilier aux régionales.
Kurt était au plus bas. Tout ça à cause de Santana.
« - Je ne sais pas de quoi tu parles Santana. Je suis seulement fatiguée, je travaille beaucoup tu sais. »
La Latina secoua la tête.
« - Je sais que tu mens Rachel. Ton visage est un livre ouvert.
-Et qu'y lis-tu ? Ricana la diva en tournant la tête vers son amie.
- De la colère. »
Le rictus de Rachel disparu et elle détourna le regard.
« - Tu es en colère contre moi Rachel, je le sens, commença Santana. Parle-moi. »
Les yeux de Rachel se remplirent de larmes.
« - Parce que tu m'as parlé peut-être quand Kurt avait besoin d'aide ? Quand le chaos régnait à Lima ? Tu n'as rien fait. Tu ne m'as pas appelée, tu as préféré gérer toute seule.
-C'est donc ça... Murmura Santana. Tu sais que ta réaction est puérile ? Digne d'une enfant de petites classes. J'ai fait ça pour toi. Tu n'as pas été laissée à l'écart parce qu'on ne voulait pas de toi. »
Rachel se tourna vers la Latina.
« - Tu ne comprends rien. Là n'est pas le vrai problème. Le problème est qu'en étant seule dans cette histoire, tu t'es lancée dans un truc bien trop énorme pour toi. Tu t'es crue flic et tu as mené l'enquête. Tu as traité Blaine de tueur...
- Il en est un ! La coupa Santana. Je ne mens pas. Blaine a tué Sebastian, il l'a avoué à Kurt pourquoi est-ce que tout le monde s'obstine à penser qu'il est quelqu'un de bien !
- Tu as dit toi-même que Sebastian était quelqu'un de mauvais. Blaine devait avoir ses raisons, tu n'avais pas le droit de le pointer du doigt sans connaître toute la vérité.
- Blaine est aussi mauvais que Sebastian. Il était amoureux de lui, le mal attire le mal. »
Rachel se leva du canapé. Elle ne comprenait pas Santana. Depuis le début, elle restait campée sur ses positions, assurant que Sebastian n'était pas quelqu'un de bien, qu'il était dangereux et que Blaine l'était aussi.
Rachel n'avait jamais beaucoup aimé Sebastian. Il était arrogant et méchant. Mais ce n'était pas un monstre. Du moins, pas selon Rachel.
« - Sebastian n'était pas si mauvais. Il était seulement pourri par l'argent de ses parents et l'estime que lui portait le reste du monde, l'élevant au rang de star. Il avait la grosse tête, je te l'accorde. Mais ça ne faisait pas de lui quelqu'un de mauvais. »
Ce fut au tour de Santana de se lever. Elle fit les cent pas, tenant sa tête entre ses mains.
Le passé la rattrapait. Ce passé qui la hantait, celui qu'elle taisait de peur d'être jugée. De peur que les gens lui tournent le dos pour de bon.
Sebastian était l'acteur principal de ce passé monstrueux, de cette année qu'elle voulait tellement oublier.
« - Il était mauvais. Tu ne connaissais pas Sebastian, Rachel. Seulement ce qu'il laissait les gens voir de lui.
- Tu le connaissais toi peut-être ? »
Silence.
Santana s'effondra sur le canapé. Rachel fronça les sourcils.
« - Santana, qu'est-ce qu'il s'est passé avec Sebastian ? »
La Latina ne répondit pas. Elle ne pouvait pas lui dire, elle ne pouvait pas...
Elle avait bien trop honte d'elle-même.
« - Je ne peux pas t'en parler Rachel. »
La petite diva explosa.
"- Eh voilà, nous y voilà une nouvelle fois. Tu ne peux rien dire à personne. Tu as détruit quatre vies, Santana. Celle de Kurt, en lui enlevant la seule chose qui comptait à ses yeux. Tu l'as enfoncé dans une dépression dont il n'arrive pas à sortir. Il te déteste Santana. Il me l'a dit lui-même. Tu as détruit la vie de Blaine, qui vit maintenant dans la rue, s'il n'est pas déjà mort de froid ou de faim. Celle de Brittany qui tient maintenant des propos encore plus incohérents qu'avant. Et enfin la tienne Santana. Que fais-tu chez moi au lieu d'aller à Lima expliquer ton geste. Pourquoi ne te justifies-tu pas ? Le secret dont tu refuses de parler est-il si horrible ? Mérite-t-il que tu perdes tous tes amis. Parce que c'est ce qui arrive Santana. Si tu ne fais rien, bientôt tu seras toute seule."
Santana ferma les yeux. Elle savait déjà tout ça. Elle savait que si elle expliquait pourquoi elle avait agi ainsi, les gens lui pardonneraient peut-être.
Ou ils te haïront Santana. Ils te jugeront et tu les dégoûteras.
Elle regarda Rachel. Les choses n'avaient pas toujours été faciles entre elles deux. Elles s'étaient plus d'une fois mutuellement déclaré la guerre. Malgré cela, leur amitié avait survécu.
Survivrait-elle à son secret ?
De toute façon, pensa Santana, je suis déjà toute seule. Je n'ai plus rien à perdre.
Elle respira profondément.
"- D'accord, déclara-t-elle. Je vais tout te raconter. Mais sache que tu risques de me haïr plus que maintenant."
Rachel fronça les sourcils.
Le secret de Santana était-il si affreux que ça ?
Santana inspira un bon coup et compta jusqu'à trois. Son cœur s'accéléra, ses mains devinrent moites.
Et elle commença à parler.
Santana ne savait plus ce qu'elle devait faire. Elle était seule à présent. Ses parents et sa grand-mère l'avaient rejetée, lui avaient dit qu'elle était un monstre parce qu'elle était tombée amoureuse de Brittany. Comment pouvaient-ils être aussi cruels, pourquoi ne pas vouloir essayer de la comprendre ? Elle n'avait rien demandé.. Si elle avait eu le choix, elle aurait préféré être comme n'importe quelle fille. Tomber amoureuse d'un garçon, se marier, avoir des enfants...
Elle était gay. Elle ne l'avait pas choisi. Comme elle ne pouvait pas choisir la couleur de ses cheveux ou sa taille. C'était une fatalité.
Assise sur un banc, elle pleurait, la tête dans ses mains. Elle n'avait plus de maison. Elle avait essayé d'aller se réfugier chez Brittany mais les parents de la petite blonde ne voulaient plus qu'elle approche leur fille. Leur belle fille blonde qui elle était normale, avait un copain, Artie.
Santana se sentait abandonnée. Et l'abandon qu'elle avait le plus de mal à supporter, c'était bien celui de Brittany.
Je t'aime aussi Santana. Mais je suis avec Artie maintenant.
Les pleurs de la brune redoublèrent.
Qu'allait-elle faire maintenant ? Où dormirait-elle cette nuit ?
Elle pleurait tellement qu'elle n'entendit pas la personne s'asseoir de l'autre côté du banc.
Elle tenta de reprendre sa respiration, de se calmer, d'empêcher ses larmes de couler. Elle était Santana Lopez, elle était forte, elle allait trouver un moyen de continuer. La vie lui donnait peut-être une chance de partir d'ici. Elle avait toujours voulu partir de Lima. Elle pouvait le faire maintenant que personne ne la retenait.
« - Est-ce que je peux te proposer un mouchoir ? »
Santana sursauta en lâchant une sorte de hoquet étrange.
Elle connaissait le garçon en face d'elle. Il était châtain. Sourire charmeur, de grands yeux verts.
Sebastian Smythe.
« - Qu'est-ce que tu me veux, Smythe ? Cracha Santana en détournant le regard.
- Je suis flatté que tum'aiesreconnu. Je savais être une star à Dalton mais à McKinley... Surtout que je ne porte pas mon uniforme ! Enfin bref, nous ferons mon éloge plus tard. Mon offre pour le mouchoir tient toujours. »
Santana lui lança un regard mauvais alors qu'il tendait un mouchoir en papier vers elle. Elle l'attrapa tout de même.
« -Raconte-moi tout, dit Sebastian. Tu as enfin fait ton coming-out ? C'est pour ça que tu es en train de pleurer toutes les larmes de ton corps sur un banc comme dans une actrice dans un mauvais film ? »
Elle laissa tomber le mouchoir sur le sol, choquée. Elle garda le silence pendant quelques secondes.
« - Comment est- ce...?
- Comment est-ce que je le sais ? la coupa Sebastian. Oh pitié, tu n'as jamais trompé personne. Tu regardes la petite blonde comme si tu voulais tout de suite lui bouffer la...
- Je t'interdis de dire ce que tu t'apprêtes à dire ! »
Sebastian rit.
« - Je n'aurais pas cru que tu serais prude Santana Lopez. M'enfin... »
Il cessa de parler et le silence s'installa. Santana voulait partir. Elle n'aimait pas Smythe. Il se prenait pour le roi du monde. C'était souvent le cas des fils à papa bourrés de fric.
« -Aller, dit-il finalement en se tapant sur les cuisses avant de se lever. Il est temps de partir d'ici, la nuit tombe et je n'aime pas ce coin. Des gens bizarres rodent par-là la nuit. Tu viens ? »
Il lui tendit la main. Santana le regarda avec suspicion.
« - Je ne te fais pas confiance, renifla-t-elle. »
Il fit un sourire en coin.
« - Tu n'as personne Santana. Pas d'endroit où dormir ce soir. Je t'offre mon toit. Je ne crois pas que la confiance soit vraiment de mise ce soir. C'est plutôt toi dormant dehors ou non. »
Elle pesa le pour et le contre.
Il n'avait pas tort. Si elle n'acceptait pas son offre, elle était bonne pour dormir sur ce banc. Il était peut-être agaçant mais il voulait l'aider.
Elle attrapa sa main et se leva.
« - Tu as vécu chez Sebastian ? »
Rachel n'arrivait pas à y croire. Au lycée, elle voyait Santana tous les jours. La brune la martyrisait souvent. Jamais Rachel n'aurait alors pu deviner quelle tristesse se cachait sous l'apparence parfaite de Santana.
La Latina hocha la tête.
« - Il m'a ramené chez lui, dans un grand appartement à Lima. Il y habitait seul le week-end quand il rentrait de Westerville. Ses parents vivaient en Géorgie à l'époque et achetaient son amour par le biais de gros chèques qu'ils prenaient la peine de lui envoyer deux fois par mois. J'ai vécu longtemps là-bas. La première semaine, Sebastian faisait le trajet tous les soirs et tous les matins entre Lima et Westerville. Selon ses dires, il voulait veiller sur moi mais il ne pouvait pas se permettre de rater l'école. Quant à moi, je pouvais continuer d'aller au lycée sans que personne ne se doute de quoi que ce soit. Brittany savait, mais j'imagine qu'elle a préféré faire abstraction de ça.
- Je n'aurai jamais pensé que Sebastian serait capable d'une aussi grande bonté d'âme... Il paraissait égoïste. »
Santana rit.
« - Il l'était. Cette... colocation n'était qu'un grand piège qu'il a refermé petit à petit.
- Je ne comprends pas.
- J'étais très mal, expliqua Santana. Vraiment très mal. La journée, j'arrivais à faire face. Mais le soir, quand je rentrais chez nous, je ne pouvais plus faire semblant. Et je faisais confiance à Sebastian, plus qu'à n'importe qui d'autre. Je me suis ouverte à lui, j'ai pleuré dans ses bras. Il paraissait compatissant. Il me prenait dans ses bras, me caressait les cheveux, me disait que tout aller bien se passer.
- Santana, je ne comprends pas toujours pas. Où était le piège dans l'histoire ? »
Santana hésita à répondre. C'était son secret. Elle pouvait toujours faire demi-tour si elle le voulait, se lever et partir. Faire ses bagages et fuir grâce aux quelques économies qu'elle avait. Elle n'était pas obligée de tout dévoiler.
Elle fixa les grands yeux chocolat de Rachel qui la regardaient avec incompréhension.
Elle imagina des yeux bleus à la place.
Il était trop tard pour fuir.
« - Le piège, ce furent les petites pilules bleues. »
Santana entendit la porte d'entrée claquer. Elle était assise dans la salle de bain, sur le carrelage froid à regarder les murs sans grand intérêt. Il était vingt heures. La journée avait été difficile. Elle n'avait cessé de croiser Brittany et Artie dans les couloirs, qui se bécotaient comme deux bienheureux ivres d'amour.
Rien que cette pensée lui donna envie de vomir.
Elle se pencha sur la cuvette des toilettes et cracha un filet de bile. Elle n'avait rien avalé depuis trop longtemps pour avoir quelque chose à vomir.
« - Santana ? »
La porte de la salle de bain s'ouvrit. Santana s'en voulutde ne pas l'avoir fermée à clé. Sebastian l'avait déjà vu dans des états déplorables, mais jamais en train de vomir de chagrin.
Lechâtain s'avança jusqu'à elle et s'agenouilla à ses côtés.
La nausée la reprit. Sebastian prit ses cheveux et les ramena en arrière,pour qu'ils ne la gênent pas.
Elle se mit à pleurer. Personne n'avait jamais fait ça pour elle, pas même ses propres parents.
Elle se redressa et Sebastian se leva. Il attrapa un verre à côté du lavabo, le remplit et lui tendit. Elle porta le verre à ses lèvres et se rinça la bouche avant de tout recracher dans la cuvette et de tirer la chasse d'eau.
« - Tu peux marcher ? demanda doucement Sebastian. »
Elle leva son regard vers lui.
Ce qu'elle aimait chez Sebastian, c'est que jamais il n'avait fait preuve de pitié envers elle. De la compassion oui, mais de pitié.
« - Oui, je peux... souffla-t-elle. »
Sebastian lui tendit la main. Elle l'attrapa et parvint à se hisser sursesjambes, pourtant flageolantes. Elle était faible et ses jambes la portaient à peine. Sebastian entoura sa taille de son bras et elle se reposa contre lui.
Il l'amena dans le grand salon et l'allongea sur le canapé en cuir.
Santana pensa rapidement qu'il ne fallait pas qu'elle vomisse de nouveau. Elle ne voulait pas tâcher le cuir.
Sebastian s'assit et il posa sa tête sur ses genoux.
« - Mauvaise journée ? demanda-t-il en lui caressant les cheveux.
- On peut dire ça... souffla-t-elle en fermant les yeux.
- Tu veux en parler ? »
Elle réfléchit quelques secondes.
« -Àquoi est-ce que ça me servirait ? Ça ne ramènera pas ma vie d'avant. Je n'ai pas besoin de parler, j'ai besoin d'oublier. Mais ça je ne peux pas le faire. »
La main de Sebastian cessa de caresser ses cheveux.
« - Tu veux oublier ? lui demanda-t-il
-Oui. Oui, je veux oublier. Et c'est malheureusement une chose avec laquelle tu ne peux pas m'aider. »
Brusquement, Sebastian se leva et disparu dans la salle de bain.
« - Sebastian ? L'appela Santana, interloquée. »
L'interpellé sortit de la salle de bain, une boîte de médicament dans sa main. Il lui sourit. Il paraissait heureux. Santana pensa qu'il avait la même expression que Puck quand il arrivait à résoudre un problème de maths.
« - Détrompe-toi, San', déclara-t-il sans se départir de son sourire. Je peux t'aider. Je peux te faire oublier. »
Il s'agenouilla devant le canapé où Santana était allongée et lui montra la boîte.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda Santana en s'en emparant.
- Des pilules. Elles te feront oublier Brittany. C'est éphémère, mais ça peut t'aider San. Ça peut te donner un moment de répit. »
Santana fronça les sourcils.
« - C'est sans danger ?
-Crois-tu vraiment que je garderais des choses dangereuses dans le placard de ma salle de bain ? »
Santana retourna la boite sur elle-même. Elle ressemblait à toutes les autres boîtes de médicaments.
Elle regarda Sebastian. Ses grands yeux verts la regardaient avec tendresse. Le cœur de Santana se réchauffa. Elle n'était plus toute seule à présent, elle avait Sebastian auprès d'elle, qui l'aidait et la soutenait. Il était son ami et ce qui se rapprochait le plus de sa famille.
Elle ouvrit la boîte et s'empara d'une plaquette. Les petites pilules étaient d'un bleu ciel qui lui rappela les yeux de Brittany.
Les larmes lui montèrent aux yeux.
Elle détacha une pilule et la porta à sa bouche.
Nouveau regard vers Sebastian. Elle avait tellement confiance en lui.
Elle avala la pilule.
En quelques minutes, sa vision se brouilla. Sebastian s'assit à côté d'elle et elle se blottit contre lui. Elle se sentait flotter. C'était bon, ça faisait du bien.
Ses pensées se brouillèrent.
Brittany disparut de son esprit.
« - C'était quoi ces pilules ? demanda Rachel. »
Santana soupira.
« - Je ne le savais pas. Au début en tout cas. Sebastian m'en donnait quand j'allais trop mal. Ça me soulageait. J'avais l'impression que mes problèmes s'envolaient... Ou plutôt que moi, je m'envolais loin de mes problèmes.
- C'était de la drogue, devina Rachel d'une voix blanche. »
Santana hocha la tête.
« - Quand je l'ai compris, c'était déjà trop tard. J'étais accro. Dès que les pilules ne faisaient plus effet, je me sentais mal, très mal. J'étais devenue si dépendante que chaque rechute était plus difficile que la précédente. J'ai vaguement été en colère contre Sebastian. Mais j'avais une confiance aveugle en lui, j'avais remis ma vie entre ses mains. Je suis devenue aussi dépendante à lui qu'à ses foutus cachetons. Et puis, les pilules m'ont fait de moins en moins d'effet. Je montais moins haut et redescendais bien trop vite à mon goût. Sebastian m'a initié aux drogues plus dures. Je l'ai suivi sans poser de questions. »
Rachel n'en revenait pas. Elle avait toujours cru que Santana était une fille forte, qui ne se laissait jamais abattre, quoi qu'il arrive. Elle avait été son exemple. Et finalement, elle découvrait que ce n'était qu'une surface. Qu'au fond d'elle, Santana était brisée et que Sebastian avait fait d'elle une marionnette humaine.
Le dégoût l'envahit.
Comment un être humain pouvait-il détruire un autre être humain d'une manière aussi cruelle ? Et dans quel but ?
« - Pourquoi a-t-il fait ça ? Chuchota-t-elle. »
Les yeux de Santana se remplirent de larmes et elle détourna le regard.
« - Sebastian était loin de l'adolescent friqué et arrogant qu'il laissait voir. Il était manipulateur, sans scrupules et à la recherche d'argent. L'argent, l'argent... Il lui fallait toujours plus d'argent. C'était d'ailleurs quelque chose que je ne comprenais pas et que je ne comprendrai probablement jamais. Ses parents lui envoyaient des sommes énormes. Mais il cherchait toujours à gagner de l'argent, comme si nous en avions besoin pour vivre. Parfois, je l'entendais se parler à lui-même, en comptant des billets sur la table de la cuisine quand il pensait que je dormais. Des sommes monstrueuses. Mais ça ne semblait jamais être assez. »
Rachel prit la main de Santana dans la sienne et la serra doucement. La voix de la Latina tremblait et elle sentait que c'était dur pour son amie de parler de ce passé-là.
« - Comment gagnait-il autant d'argent ? demanda-t-elle. »
Santana releva la tête. Quand son regard croisa celui de Rachel, cette dernière comprit. Elle porta la main à sa bouche.
Jamais, au grand jamais, elle n'aurait deviné une chose pareille.
« - C'était ça, le vrai piège de Sebastian, continua Santana. Il vous rendait faible, à sa merci, tout ça parce qu'il avait besoin de pouvoir vous manipuler à sa guise. Mais il avait aussi besoin de loyauté. Ça expliquait tout. Sa sollicitude envers moi, son aide... Tout. J'étais faible, droguée, j'avais confiance en lui, je lui étais dévouée. Pour le dealer qu'il était, j'étais l'employée idéale. »
« - Santana ? Tu peux venir ici s'il te plaît ? »
Le nez enfariné, Santana se leva du bureau où subsistaient encore quelques traces de la poussière blanche et marcha jusqu'à la cuisine.
Sur la table derrière laquelle Sebastian était assis, Santana reconnu des sachets de cocaïne regroupés en petit tas.
« - Qu'est-ce que tu fais ? demanda Santana en s'asseyant sur une chaise. »
« - Je compte, lui répondit Sebastian en souriant. J'ai des livraisons à faire ce soir. »
Santana soupira. Elle n'aimait pas quand Sebastian sortait voir ses clients. Si jamais les flics lui tombaient dessus, il était foutu...
Et elle aussi. Parce que sans Sebastian, elle n'était plus rien. Elle ne pouvait pas se permettre de le perdre.
Elle ne pouvait pas perdre son protecteur et son fournisseur.
« - Je ne veux pas que tu y ailles... soupira Santana en posant son menton dans le creux de sa main. »
Sebastian ne lui répondit pas et tapota sur sa calculatrice.
« - Seb ! »
Il soupira et releva la tête. Il avait l'air triste.
« - Je n'ai pas le choix, San'. Nous avons besoin d'argent.
- Tu en as plein d'argent, tes parents t'en envoient! »
Une ombre passa sur le visage du châtain.
« - Je dois y aller, Santana. C'est tout. C'est pour ça que je t'ai appelée. Je ne serai probablement pas là de la nuit et je me suis dit que tu aimerais peut-être que je te dépose chez quelqu'un pour passer la nuit. Avec Coopercut sur le dos, je ne crois pas que cet appartement soit sûr. »
Coopercut était l'autre dealer du coin. Il livrait une guerre sans merci à Sebastian qui lui volait la plupart de ses clients. Ses produits étaient de meilleure qualité.
« - Si tu as CC sur le dos, je refuse que tu partes ce soir. Il est dangereux Seb !
- Il ne me fera pas de mal à moi, ne t'en fais pas. Je suis sur un bon coup, il ne peut plus m'atteindre sans blessé quelqu'un qu'il aime.
- Et ça c'est quelque chose que tu ne m'expliqueras pas non plus, soupira Santana. »
Sebastian se leva, contourna la table et s'agenouilla devant la Latina.
« - Tu sais que je ne te dis rien pour ne pas te mettre en danger. L'ignorance, c'est la sécurité. »
Santana balaya son argument d'un geste de la main. Ils en avaient déjà parlé des centaines de fois.
Et ils s'éloignaient du sujet.
« - Si CC te cherche, tu resteras ici ce soir, lui ordonna-t-elle. »
Sebastian soupira et baissa la tête vers le sol. Elle regarda les sachets de cocaïne sur la table.
« -Écoute, continua-t-elle, si tu as besoin de quelqu'un pour livrer tout ça, je vais le faire. Tu l'as dit toi-même : Coopercut ne me connaîtpas. Je ne risque rien, c'est toi qu'il cherche. »
Sebastian s'apprêtait à refuser quand elle lui prit le visage en coupe pour le forcer à la regarder dans les yeux.
« - Je vis chez toi depuis des mois. Tu me loges, me nourrit, me fournit. Sans jamais rien demander en retour. J'ai une dette envers toi. Laisse-moi faire ça pour toi.Ceserait un moyen de rembourser ma dette envers toi. Tu gères la came, moi je la livre. »
Sebastian la regarda dans les yeux.
Deal.
« - C'est comme ça que j'ai commencé à livrer pour lui.
- Mais Santana... murmura Rachel, ce n'est pas lui qui t'a demandé de le faire. Tu lui as proposé. »
Santana secoua la tête.
« - C'était du Sebastian tout craché. Tu sais, ce n'était pas un garçon dangereux. Ses clients l'appréciaient aussi pour ça. Ce n'était pas un dealer comme un autre, il n'utilisait jamais la force ou l'intimidation. Il avait un mot d'ordre. Si les gens n'avaient pas le fric, ils n'avaient pas la came. Il ne voulait pas que les gens lui doivent des dettes, ce qui l'aurait finalement poussé à utiliser la violence. Non. La vraie force de Sebastian était son intelligence, sa capacité à manipuler pour les gens. Il m'a manipulé, Rachel. Je suis pratiquement certaine qu'il n'est jamais descendu livrer sa merde à ses clients. Il devait avoir des hommes de main dont j'ignorais l'existence. Il devait en avoir besoin d'un nouveau alors il m'a recueillie et élevée pour que je devienne celle qu'il voulait que je sois.
- C'est du grand art, fit remarquer Rachel. Du grand art qui me fout la chair de poule. Il avait prémédité des mois à l'avance. Comme un charognard qui tourne autour de sa proie.
- C'est tout à fait ça. »
Santana se leva et fit les cent pas. Replonger dans ses souvenirs était difficile. Elle avait tellement essayé d'oublier cette période. Elle s'était persuadée que tout appartenait au passé et voilà que maintenant, des années plus tard, Sebastian mort, elle racontait cette l'histoire.
Comment en était-elle arrivée là ?
« - Quelques semaines plus tard, continua-t-elle, Sebastian et moi avons déménagé. Toujours dans Lima, car il fallait que je continue à aller au lycée tous les jours pour ne pas éveiller les soupçons.
- Il avait quitté Dalton à l'époque ? la coupa Rachel
- Non, il y allait en semaine. Je ne le voyais que le week-end. Il me laissait les commandes et je les distribuais le soir. Le week-end il revenait avec de nouvelles commandes et de la came. Ce petit manège a duré assez longtemps.
-Et qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- J'ai eu Coopercut sur le dos. Ses hommes de main ont fini par me connaître. Il y a eu une bagarre. »
Elle ferma les yeux. Elle sentait encore les coups pleuvoir sur elle, les insultes. Ils avaient arraché ses vêtements, ils lui avaient craché dessus. Elle n'était plus qu'une poupée de chiffon entre leurs mains.
« - Si Coopercut n'avait pas été là, je crois qu'ils m'auraient violée.
- Coopercut t'a sauvée ?
- Non, il avait juste besoin que je sois en assez bon état pour entendre ce qu'il avait à me dire.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- C'est lui qui m'a révélé toute la vérité. C'est lui qui m'a montré comment Sebastian m'avait manipulée et comment j'avais été assez bête pour croire à son amitié. Il m'a dit de le laisser tomber. De me sauver tant que je le pouvais, tant que j'étais encore en vie. Ce soir-là, je suis rentrée en pleurs chez nous. Sebastian a essayé de me consoler. Je l'ai frappé. J'avais compris son manège, il n'avait plus de pouvoir sur moi. J'ai fait mes valises et je suis partie.
- Il ne t'a pas empêché de le faire ? »
Santana haussa les épaules.
« - Je n'étais plus loyale. Je le détestais pour ce qu'il m'avait fait. Il m'avait transformé en poupée et droguée. Je ne lui étais plus d'aucune utilité. Et il savait que je ne le dénoncerais pas : j'étais accro et, à défaut d'un ami, j'avais toujours besoin d'un fournisseur. De plus, si je le dénonçais, je tombais moi aussi. Je ne gagnais rien au final. J'ai continué de le voir, une fois par semaine dans un petit café proche du commissariat. Il était fréquenté par les étudiants et donc peu fréquenté par les flics. J'allais le retrouver là-bas pour les transactions. Le fric contre la drogue. »
Rachel eut un moment d'arrêt.
« - Mais la drogue... Tu n'en consommes plus n'est-ce pas?
- Non, la rassura Santana en secouant la tête. Après être partie de chez Sebastian, je suis retournée chez moi, un an après mon départ pour supplier mes parents de me reprendre. Je leur ai dit que j'avais fui chez un ami à moi, et que finalement j'étais tombée amoureuse de lui. Que je n'étais pas gay, que je m'étais trompée. Je leur ai avoué pour la drogue. Ils préféraient avoir une fille droguée que gay. Pendant l'été, ils m'ont envoyé en cure de désintoxication. C'était l'été où Sebastian est mort. En rentrant j'ai cru que tout était fini une bonne fois pour toutes et je me suis reconstruite. Doucement. »
Elle se tue et le silence s'installa dans l'appartement. Rachel ne parlait pas, digérant ce qu'elle venait d'apprendre. Il lui semblait que cette histoire était celle d'une personne qu'elle ne connaissait pas.
Elle n'en voulait pas à Santana. Elle n'était pas en colère pour ce qu'elle avait pu faire. Elle ouvrit les bras et y accueillit son amie.
« - C'est fini, Santana... lui chuchota-t-elle à l'oreille. »
Santana ferma les yeux. Elle n'avait plus rien à dire. À part une seule et dernière chose qui clôturait le tout.
« - Qui tombe amoureux d'une telle ordure ne peut pas être quelqu'un de bien. »
Rachel se recula et regarda son amie dans les yeux. Il y avait quelque chose qui la chiffonnait.
« - Santana, tu ne penses pas que Blaine est aussi une victime de Sebastian? Comme toi? S'il a réussi à te manipuler, il l'a peut-être aussi manipulé... Ça pourrait être une raison de meurtre... Si Sebastian l'a manipulé et qu'il est tombé amoureux de lui et qu'il s'est rendu compte comme toi de la supercherie... »
Kurt faisait un tour en voiture. Il était trois heures de l'après-midi, les gens travaillaient encore et le centre-ville de Lima était tranquille.
L'avocat avait rappelé ce matin. Pour éviter le tribunal, le lycée demandait le remboursement total plus le tiers de la somme en compensation. Il ne savait pas où il allait trouver l'argent. Il était tout seul, sans argent, sans travail, sans rien. Carole voulait l'aider mais elle ne comprenait pas à quel point il se sentait seul, trahi et en colère. Elle pensait comprendre parce qu'elle avait perdu ses deux maris. Mais la différence, c'est que c'est la mort qui les a éloignés d'elle, pas de simples secrets.
Kurt haïssait Santana. Il la haïssait du plus profond de son être. Il la tenait pour responsable de tout ce qui s'était passé.
Il gara sa voiture dans un parking et entreprit de faire de tour du centre-ville à pied. Il ne pouvait pas rester chez lui, Asher et Carole étaient sans arrêt sur son dos. Il détestait le psy aussi, qui essayait de l'analyser dès que l'occasion se présentait.
Il haïssait le psy aussi, parce qu'il n'avait pas réussi à soigner Monsieur Mal.
Son téléphone sonna. Il hésita à le sortir de sa poche avant de finalement s'en emparer.
Monsieur Avocat n'avait pas l'air décidé à lui lâcher la grappe non plus.
Il déclina l'appel et rangea son téléphone dans sa poche. Il haïssait l'avocat aussi.
Il marcha un peu, regardant autour de lui. Des employés de la commune enlevaient déjà les décorations de Noël. Bientôt, la ville ne serait plus éclairée que par les tristes lampadaires qui renvoyaient une lumière bien pâle comparée au rouge et au vert de Noël.
L'hiver et le temps s'étaient enfuis si vite que Kurt n'avait pas eu le temps de dire ouf. Le présent devenait le passé à une vitesse qu'il avait du mal à tolérer.
Il lui fallait aller de l'avant. Mais il en était incapable. Il restait coincé dans cet hiver glacial, au soir où Monsieur Mal avait quitté la maison.
Depuis, il ne vivait qu'à moitié.
Finalement, il le haïssait, lui aussi.
Blaine déambulait dans les rues. Encore une autre journée. Elles passaient, indifférentes au sort des êtres vivants. Indifférentes à leurs joies ou leurs peines... C'était une chose que Blaine avait comprise depuis bien longtemps.
Ses pas le menaient de rues en rues, au gré de leurs envies. Il ne faisait pas vraiment attention. Il s'était de nouveau coupé de ses pensées et de ses souvenirs. La vie était plus facile ainsi.
Il remarqua que la neige fondait dans les parcs. Le soleil brillait. Le printemps ne tarderait probablement pas à arriver.
Au bout d'un moment, il prêta attention aux maisons qui l'entouraient. Elles lui paraissaient vaguement familières.
Son pas s'accéléra.
Par simple réflexe il tourna dans la petite ruelle de gauche. Son cœur battait un peu plus vite.
Parce qu'il avait fini par reconnaître l'endroit.
Il s'arrêta devant une grande maison blanche.
C'était son chez lui avant
La pelouse avait poussé, les brins d'herbe lui arrivaient au milieu du mollet. Les volets autres fois bleus, pendaient sur leurs gonds et menaçaient de s'écraser sur le sol. La peinture blanche de la maison était passée et le toit semblait en très mauvais état.
Plus personne ne devait habiter dedans.
Blaine poussa le portillon bleu. De la peinture caillée resta dans ses mains. Le chemin de pierres qui menait à la porte d'entrée s'était fait envahir par les mauvaises herbes et Blaine avait du mal à distinguer les petits pavés sous ses pieds.
Là où, auparavant, se tenait la porte d'entrée, on avait étendu une grande blouse noire qui barrait l'entrée. Blaine s'assit devant et attendit.
Son père, sa mère, son frère.. Ça faisait des années qu'il ne les avait pas vus. La maison était vide. Il ne savait même plus où ils étaient. Étaient-ils encore seulement en vie ?
La mort. D'où lui venait cette obsession ? Pourquoi revenait-elle toujours dans son esprit, comme une piqûre de rappel ?
Une voiture passa dans la rue. Il n'y prêta pas d'attention.
Le froid avait poussé Kurt à retourner dans sa voiture. Mais il ne voulait pas rentrer chez lui. Asher serait probablement à la maison, attendant son retour pour lui poser toutes sortes de questions auxquelles il ne préférait pas répondre.
Il tourna donc en rond pendant quelques heures, durant lesquelles l'avocat tenta de le joindre encore quatre fois. Quatre fois où le portable de Kurt sonna sans qu'il ne décroche.
Il arrivait à l'extrémité de la ville quand il tourna dans une rue à gauche. Il ne connaissait pas le quartier, les maisons y coûtaient une petite fortune et les enfants qui y vivaient ne perdaient pas leur temps dans des écoles telles que McKinley.
Il passa devant une maison blanche qui semblait abandonnée.
Ça lui paraissait étrange qu'une telle maison soit dans cet état dans le quartier. Mais il ne creusa pas plus et passa son chemin sans remarquer le garçon qui était assis sur le palier...
Au bout d'un moment, il prit le chemin de retour. Il ne pouvait pas tourner en rond dans la ville indéfiniment.
Une fois chez lui, il monta rapidement dans sa chambre, comme à son habitude. Asher et Carole n'étaient pas là, ce qui lui laissait un peu de répit.
Il se jeta sur son lit et regarda encore une fois la fissure sur son plafond. Ce petit Z dont il connaissait chaque angle par cœur. Celui-là devait faire à peu près 45 degrés, l'autre 90 et celui-ci...
DRIIIIIING.
Kurt sursauta. Ça faisait une éternité que la porte d'entrée n'avait plus sonnée.
Il attendit que les battements de son cœur se calment avant de continuer à étudier la fissure. Il ne comptait pas aller ouvrir. Il était presque persuadé qu'il s'agissait de l'avocat qui, ne pouvant pas le joindre, avait fait le déplacement, sûrement pour lui annoncer une mauvaise nouvelle.
Kurt ne voulait pas entendre parler de ça. Il avait des problèmes, il en était conscient. Mais ces problèmes ne l'intéressaient pas.
On sonna une nouvelle fois à la porte.
Kurt continua d'ignorer. La personne finirait par s'en aller.
On sonna à la porte encore plusieurs fois. De nombreuses fois.
Agacé, Kurt finit par se lever. Il avait l'intention de renvoyer l'avocat chez lui. De quel droit venait-il le harceler comme ça chez lui ?!
Il descendit les escaliers en grommelant.
Qu'il haïssait cet avocat.
De toute manière, il les haïssait tous.
Avec violence, il poussa la porte du hall d'entrée. La personne de l'autre côté de la porte sonna une nouvelle fois.
« - Bon sang, je vais finir par porter plainte pour harcèlement si ça continue ! Tempêta Kurt. »
Il tourna la clé dans la serrure et poussa la porte.
Ce n'était pas l'avocat qui l'attendait de l'autre côté.
Son cœur s'arrêta. Il porta la main à sa bouche et recula de trois pas.
Il était fou. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas...
Il ne croyait pas aux fantômes. Les fantômes n'existaient que dans les contes et les légendes.
Pas sur le pas de sa porte.
« - Bonjour Kurt. »
Kurt émit un petit bruit étouffé. La peur s'insinuait dans tout son être, ses veines se glaçaient; son cerveau ne parvenait plus à réfléchir de façon cohérente.
Les fantômes ne parlaient pas non plus.
« - Kurt, il faut que tu m'aides. Blaine a besoin d'aide, nous devons le sauver. »
Les fantômes n'existaient pas.
Et pourtant, celui de Sebastian Smythe était assez convaincant.
NDA:
Voilà voilà, c'est terminé.
Très sincèrement, j'attends avec impatience vos réactions. J'imagine que ce chapitre ne vous a pas laisser de marbre.
Je m'excuse auprès des personnes que ne peuvent pas voir Santana dans cette fiction. Son histoire prend la plupart du chapitre, mais elle est importante pour comprendre les raisons de Santana et le personnage de Sebastian.
Un bisous à Zohra qui a du être heureuse de voir Sebastian de retour.
Et un bisous à vous tous qui suivez toujours cette histoire. A ceux qui me suivent, me favorisent, reviewent et tout simplement lisent la fiction.
A bientôt :)
