Bonjour, bonsoir tout le monde
C'est après une loooooongue pause que je reviens. Je n'ai pas vraiment d'excuse. Désintérêt peut-être et manque de temps. Ou surtout un énorme syndrome de la page blanche.
Vous connaissez ce blocage ? Vous savez ce que vous avez écrit, vous connaissez vos personnages et vous savez où vous voulez aller mais vous ne savez pas comment ? C'est ce qui m'est arrivé. Je connaissais la fin de cette histoire, sans savoir comment y parvenir à travers les chapitres.
Je sais que ça n'explique pas tout, mais je voulais vous le dire.
Enfin BREF. Grâce à ma merveilleuse beta Higu, cette fiction a une fin et des chapitres pour aller jusque là ! J'ai coécrit la fin de CWM avec elle. Remerciez là, sans elle cette fiction n'aurait probablement jamais eu de fin et souvenez-vous bien en lisant que les mots sont peut-être de moi mais que les idées sont pour beaucoup d'elle.
Merci merci merci à toi.
Merci aussi à Salomé, qui a été une motivation supplémentaire pour écrire.
Et à tous ceux qui prenaient de mes nouvelles même lorsque je ne publiais. Savoir que les gens attendent une suite donne envie de prendre son ordi et de continuer.
Ce chapitre n'est pas le dernier de CWM mais l'avant-dernier. Je compte écrire aussi un épilogue.
Je répondrai aux reviews du chapitre précédent par mp :)
Grâce à Higu, je ne devrais pas être trop longue. ( je tiens à ma vie tout de même et elle peut être très menaçante)
Je vous laisse donc ici :)
Bonne lecture !
Chapitre 16. Answers
Flash Back
C'était assez difficile pour Sebastian de continuer à vivre comme cela, vendre sa merde dans les rues, frapper de porte en porte, rencontrer tous les camés qui avalaient les pilules qui finiraient probablement par les tuer un jour où l'autre.
Mais il devait continuer, il n'avait pas le choix. Il refusait d'encaisser le chèque que ses parents lui envoyaient tous les mois. Que croyaient-ils ? Qu'un simple chèque suffirait à acheter l'amour du fils qu'ils avaient lâchement abandonné à l'autre bout du pays ? Non, ce n'était pas comme ça que Sebastian voyait les choses.
Il faisait assez froid. La nuit commençait à tomber. Il fallait qu'il se dépêche s'il ne voulait pas se faire repérer par Coopercut. Il était sur son territoire et si jamais un de ses hommes de main lui tombait dessus, il était fini. Coopercut ne s'appelait pas comme cela pour rien.
Ainsi, il accéléra la cadence.
Il frappa à la porte d'un petit appartement miteux. C'était sa toute dernière livraison, il pourrait rentrer par la suite et retrouver Santana, probablement en train de planer sur le canapé du salon.
Après une longue minute, la porte de bois s'ouvrit et laissa apparaître une jeune femme, les yeux rouges, portant des vêtements qui n'avaient pas dû être lavés depuis au moins quelques mois.
Sebastian n'y fit pas attention. À force, il s'était habitué à rencontrer ces gens qui ne vivaient plus que pour la drogue.
"- Seb ! s'exclama la jeune femme avec enthousiasme.
- Salut Sally. J'ai des trucs pour toi."
La jeune femme sortit de sa poche des billets abîmés qu'elle lui tendit avec une main tremblante. En échange, il lui donna un petit sachet.
"- Merci Seb. Vraiment. Ça fait plaisir de ne pas avoir peur de son dealer. Avant, c'était CC qui me fournissait... Ça change de ne pas ouvrir sa porte en ayant peur de l'homme derrière."
Sebastian sourit et lui fit un petit signe de la tête. Alors, elle referma la porte. Le Warbler savait que ses clients étaient heureux de ne plus faire affaire avec CC : c'était un homme dangereux, qui n'hésitait pas à couper quelques doigts pour le simple plaisir de le faire. À la différence de Sebastian, CC se droguait presque autant que ses clients, ce qui le rendait souvent hors de contrôle. Sebastian n'avait jamais touché à ses produits. Il avait vu les dégâts que ceux-ci pouvaient causer. Il enfonça ses mains froides dans ses poches pour les réchauffer et frissonna. Il ne s'attendait pas à avoir si froid.
Au coin de la rue flottait une odeur pestilentielle d'urine.
La nuit était à présent totalement tombée. Seuls les réverbères et leur lumière timide permettaient à Sebastian de s'orienter.
De temps en temps, il pouvait entendre quelqu'un crier. Une femme pleurer. Un chat miauler.
Il frissonna encore une fois mais cette fois-ci, le froid n'était pas le seul responsable.
Il pénétra dans une ruelle sombre. Il haïssait devoir passer par là mais c'était le seul raccourci qu'il avait trouvé pour rentrer chez lui.
Il crut entendre des bruits de pas derrière lui et se retourna. Seule son ombre se reflétait sur les briques rouges des murs. Le cœur battant un peu plus fort, il repartit, se persuadant lui-même que son imagination lui jouait des tours. Ce ne serait pas la première fois.
Les bruits de pas reprirent. Sebastian les ignora. Il n'y avait personne avec lui. Personne ne le suivait. Il ne risquait rien. Encore un petit quart d'heure de marche et il serait enfin à la maison. Il s'installerait sur le canapé et regarderait encore une fois un film cul-cul ou...
Ses pieds s'emmêlèrent dans quelque chose et il bascula en avant. Avant qu'il n'ait pu comprendre quoi que ce soit, quelqu'un l'agrippa par le cou et le cloua contre le mur.
Un regard par terre lui apprit que c'était sur un corps qu'il avait trébuché. Une crinière de cheveux blonds entourait le visage parfait d'une petite fille qui baignait dans son propre sang.
La prise autour de son cou se resserra et il tenta de se débattre. Ses mains brassaient l'air, ses pieds s'agitaient, lançaient des coups pour parvenir à atteindre son agresseur. Sans résultat.
"- Cesse de te débattre mon ami. Tu n'y arriveras pas."
La voix lui glaça le sang. Il la connaissait.
Il était terminé. Sa vie s'arrêterait ici. Il avait toujours su que son trafic de drogue le mènerait à sa perte. Mais il n'avait pas pensé qu'il le tuerait si tôt.
Coopercut le frappa au visage et Sebastian sentit le goût du sang remplir sa bouche. Un autre coup atteignit ses côtes et son souffle se coupa.
Il tenta de parler, en vain. Ses poumons ne voulaient plus se remplir d'air. Ses lèvres abîmées refusaient de s'ouvrir.
Il reçut un autre coup sur le côté du crâne et sa vue se brouilla.
Les mains autour de son cou se desserrèrent et il tomba sur le sol, contre le mur humide.
Son visage n'était plus que sang et chair boursouflée. Ses yeux refusaient de se fixer sur quelque chose de précis, dans sa tête un brouillard persistait l'empêchant de réfléchir correctement.
Coopercut lui asséna un coup de pied dans ses côtes qui craquèrent de façon macabre.
La douleur était partout.
L'homme en face de s'agenouilla à ses côtés. Des cheveux bruns entouraient un visage d'une beauté presque parfaite. L'angle de la mâchoire contrastait avec le creux des joues, de la même façon que le bleu de ses yeux ne saillait pas le rouge des pupilles trop dilatées.
CC sourit, découvrant une lignée de dents jaunes, tâchées par l'abus de drogue.
"- Alors te voilà, petit chenapan. La dernière fois que nous nous sommes vus tu étais en bien meilleur état n'est-ce pas ? Où est passé le grand garçon fier de lui-même qui n'avait pas peur de se mesurer au plus grand dealer de drogue du coin ? Hein ?"
Sebastian grogna, incapable de répondre.
CC s'adossa au mur et jeta un regard au corps de la blonde qui gisait à terre.
"- Elle s'appelait Ginny. Peut-être que tu la reconnais ? "
Il tourna la tête pour regarder Sebastian qui ne réagissait pas.
"- C'est la fille d'Amanda. Une très jolie nana Amanda, pas étonnant qu'elle ait autant de clients. Les mecs préfèrent baiser les putes bien gaulées."
Sebastian connaissait Amanda. Elle avait récemment demandé ses services pour se fournir en coke.
"- C'était une de mes clientes avant que tu me la voles, continua Cooper. Une bonne cliente même. J'imaginais que la quantité de drogue qu'elle m'achetait lui permettait de faire le trottoir et de se faire sauter sans vraiment trop réaliser ce qu'elle faisait. Mais je peux t'assurer que même défoncée, cette nana déchire au lit. Je te la recommanderais bien mais j'ai cru comprendre que tu préférais les bonnes grosses bites, n'est-ce pas ?"
Sebastian ne répondit pas, rassemblant ses esprits. Sa tête cognait et ses côtes étaient probablement cassées.
"- Tu... Tu as tué cette gamine... laissa échapper Sebastian entre ses dents."
Cooper haussa les épaules.
"-Je leur ai fait une faveur à toutes les deux ! Cette gamine n'avait pas d'avenir avec une mère comme la sienne. Elle aurait probablement terminé sur les trottoirs le nez enfariné elle aussi. Quant à sa mère, elle est bien mieux sans elle. Ramener ses clients chez soi alors que la gamine est dans la chambre d'à côté n'a pas que des avantages..."
"- Pourquoi? Articula Sebastian"
Cooper rit.
"- Pourquoi ? Tu me demandes sincèrement pourquoi ? Eh bien je vais t'expliquer."
Il se pencha vers l'oreille de Sebastian et son haleine putride flotta jusqu'à ses narines.
"- Elle a changé de fournisseur. Elle était à moi Sebastian. À moi. C'était ma cliente et sa chatte était là quand j'en avais besoin. Maintenant quoi ? Maintenant elle n'a plus besoin de moi et je ne peux plus la baiser. Parce que tu vois, quand les filles n'ont pas assez d'argent pour payer, je les baise. Paiement en nature.
- Tu aurais fini par la tuer, voilà pourquoi elle est venue vers moi.
- Je ne tue pas mes clients s'ils font ce que je leur dis de faire, susurra Cooper."
Le dealer se leva et contempla le corps de la fillette sur le sol.
"-C'est dommage, déclara-t-il. En grandissant elle serait devenue un mets de choix. Encore meilleure que sa mère. Je devrais peut-être la ramener avec moi. Ne pas la sauter serait un terrible gâchis."
Sebastian avait envie de vomir. Autant à cause de la douleur que des paroles révoltantes de Cooper. Il tenta de se remettre debout, tant bien que mal mais ses maigres efforts ne servaient à rien. Son corps ne lui répondait plus.
"- Tu mérites que quelqu'un t'enfonce un couteau dans la gorge. Que quelqu'un te crève pour de bon ! grogna Sebastian."
Encore une fois, Cooper partit d'un grand éclat de rire.
"- Personne ne me crèvera jamais Smythe. Je n'ai aucun point faible.
- Pas même Blaine, Cooper ? Et si moi je crevais Blaine ? Ton petit frère adoré que tu n'as de cesse de protéger..."
Blaine Anderson était élève à la Dalton Academy avec Sebastian. Le Warbler ne le connaissait que très peu. C'était un garçon réservé, timide et toujours enfermé dans le placard.
Les mains de Cooper se refermèrent sur le cou de Sebastian encore une fois.
"- Ne t'approche jamais de Blaine, grogna-t-il."
Le Warbler pouvait lire la haine dans ses yeux. La haine mais également la peur. Cooper avait peur pour son frère. Ainsi, Sebastian avait trouvé la corde sensible...
Cooper se releva et, hargneusement, lui asséna un énième coup de pied dans les côtes.
"- Regarde cette gamine Smythe. Elle est morte par ta faute. Je ne te tue pas ce soir, mais considère-le comme un avertissement. Dégage de mon territoire gamin et tout ira bien pour toi. Reste et j'enverrai tes morceaux à tes bourges de parents un par un par courrier."
Il lui cracha dessus. La bave coula le long de l'arête du nez de Sebastian.
Fin Flash Back
"-Mais tu es mort ! "
Kurt n'en revenait pas. Sa vie était un foutoir complet et lui ne savait plus quoi faire, quoi penser, qui croire. Sebastian Smythe était dans son salon. Il était dans son salon au lieu d'être dans sa tombe. Il était devenu fou, ça y était, il était fou.
Le châtain posa sa main sur le bras de Sebastian, comme pour vérifier si celui-ci n'était pas un fantôme. Sa paume effleura de la chair chaude et bien vivante.
Sebastian Smythe était vivant.
Mais... Et Blaine ? Si Blaine n'avait pas tué Sebastian, qui avait-il tué ? Qui était donc enfermé dans cette tombe ? Pourquoi Sebastian se serait-il fait passer pour mort ? Pourquoi revenir maintenant ? La tête de Kurt était sur le point d'exploser. Il se pinça pour se ramener à la réalité, sans succès. La réalité, elle était là. Elle était devant ses yeux et il ne pouvait rien faire pour la renier. Il ne pouvait plus rien faire.
"- Kurt, je sais que ça parait assez dur à croire, commença Sebastian. Je sais que tout le monde me croit mort et je te demanderais de, s'il te plaît, n'en parler à personne. Les gens doivent me croire mort, c'est important.
- Mais pourquoi ?! Blaine a fait de la prison alors qu'il n'avait rien fait ! Il est persuadé d'être un meurtrier, il est parti de chez moi à cause de ça, il s'est enfui parce qu'il se pensait être un monstre, oh mon Dieu... "
Kurt se passa les mains sur le visage, tentant de rassembler ses idées. Il devait réfléchir. Il devait y avoir une logique à tout ça. Il avait forcément une logique et elle devait être juste devant ses yeux, il fallait juste qu'il se concentre un peu.
Qu'il se calme, qu'il se calme...
Calme toi...
Et puis le coup partit.
Sa main droite rencontra la mâchoire de Sebastian avec force. Une douleur fulgurante envahit ses doigts avant de se propager dans toute sa main et finalement, son bras. Il couina et agita son poing douloureux.
Sebastian se frotta la joue.
"- J'imagine que je l'ai bien méritée celle-là..."
Kurt lui jeta un regard haineux.
Il n'en revenait pas. Sebastian avait détruit une vie en simulant sa mort. Il avait détruit Blaine, son avenir, sa santé mentale. Il lui avait brisé le cœur. Il l'avait brisé lui. Et le voilà, qui revenait la bouche en cœur, en bonne santé, toujours aussi beau. Il n'avait pas souffert, rien. Il avait l'air d'avoir continué sa vie sans se soucier de ce qui avait pu se passer, sans se soucier de qui il laissait derrière lui.
"- Tu n'es qu'un connard Sebastian !"
Le Warbler hocha la tête, se frottant toujours la joue. Kurt avait raison. Il avait pris certaines décisions en pensant à son bonheur à lui, à sa sécurité. Il avait essayé de protéger Blaine mais il avait lamentablement échoué. Il le savait. Il le savait depuis longtemps. Et il avait attendu tout ce temps avant de réagir, avant d'essayer de réparer les erreurs qu'il avait commises.
" -Crois-moi Kurt, je le sais... C'est pour ça que je suis là maintenant. Je veux me rattraper, je veux sauver Blaine.
- Tu veux sauver Blaine ? S'emporta le châtain. C'est beaucoup trop tard pour ça Sebastian ! Beaucoup trop tard. Tu t'attendais à quoi ? Tu as laissé un innocent aller en prison. Tu l'as laissé pourrir seul, sans famille, sans personne pour le soutenir. Tu étais la seule personne qui comptait pour lui et tu l'as lâchement abandonné pour on ne sait quelle raison. Alors maintenant c'est trop tard Sebastian. Tu ferais bien de retourner d'où tu viens. Je ne veux pas savoir ce qui t'es arrivé. Je ne veux pas savoir pourquoi tu es là. Je veux que tu disparaisses. Je ne veux surtout pas que tu croises Blaine, il est mieux en te sachant mort. Pars et ne reviens jamais Sebastian. Pour le le bien de tous, dégage.
- Kurt, s'il te plaît, non. Tu as besoin de moi, vous avez tous besoin de moi ! Je dois aider Blaine, on doit l'aider ! Il est dans les rues Kurt, il fait la manche, il dort dans un squat ! On doit aller le chercher ! Tu es le seul qui compte pour lui Kurt. Tu es le seul qui a une influence sur lui à présent. Il t'aime et tu l'aimes. Il a besoin de toi."
Kurt se leva du canapé où ils étaient assis. Fou, il était devenu fou lui aussi.
Blaine dans un squat ? Blaine, SDF ? Blaine, seul ?
Non. Non. Sebastian était un manipulateur. Il le manipulait comme il avait manipulé tout le monde depuis le début de cette histoire. Ce rapace avait fait croire à sa mort. Comment Kurt pouvait-il lui faire confiance ? Il ne pouvait pas lui faire confiance, il ne pouvait pas...
Mais, et si tout était vrai ? Si Blaine était vraiment dans la rue ? Kurt ne pouvait pas rester chez lui, avec un toit sur sa tête en ignorant la situation. Il ne pouvait simplement pas vivre heureux en sachant Blaine dehors.
Et puis finalement, il ne pouvait pas être heureux sans Blaine. Depuis le départ du bouclé il n'était plus que l'ombre de lui-même. Blaine avait emporté une partie de son cœur avec lui. Kurt était fou amoureux de lui, il l'aimait comme il n'avait jamais aimé personne.
Au nom de cet amour, il devait se battre pour lui. Il devait croire Sebastian.
"- Très bien, déclara seulement Kurt. On y va."
Dans la voiture, le silence était pesant. Kurt avait laissé le volant à Sebastian. Ils avaient mis la musique mais le son des instruments ne parvenaient pas à dissimuler le silence pesant. Kurt avait mille questions en tête. Il voulait savoir, il voulait comprendre. Comment un mort pouvait-il revenir à la vie ? Pourquoi simuler sa mort ? Pour fuir probablement... Mais fuir quoi ?
Kurt soupira et ouvrit la fenêtre. Il faisait froid mais il avait besoin d'air frais. Il ne parvenait pas à comprendre ce qui se passait. Le matin même il était chez l'avocat, et voilà qu'il était avec Sebastian. Pour sauver Blaine.
Blaine..
Le cœur du châtain battit un peu plus vite. Ça faisait des semaines depuis que Kurt n'avait pas vu son visage. Des semaines qu'il essayait de l'effacer de son esprit sans succès. Comment le retrouverait-il ? Le visage creusé, la barbe lui bouffant la moitié du visage, les yeux fatigués... ?
"- Je suis surpris que tu ne me poses aucune question, lâcha simplement Sebastian en baissant le son de la radio."
Kurt ne répondit pas. A vrai dire, lui aussi était surpris. Mais il avait peur de la vérité. Il avait peur de comprendre toute cette histoire qui paraissait sans queue ni tête.
Depuis que Blaine était parti, il vivait dans une autre réalité. Celle où la fissure dans son plafond était bien plus intéressante que le reste de la Terre. Et maintenant, la vraie réalité lui explosait à la figure. Il avait du mal à faire face. Il avait du mal à suivre.
"- Je crois que j'ai simplement peur de comprendre... avoua Kurt."
Ses mots se perdirent dans le vent et Sebastian ne l'entendit pas.
Le Warbler, comprenant que Kurt ne voulait pas en parler augmenta le volume de la radio et se concentra sur la route devant lui. La vérité éclaterait tôt ou tard. Il serait obligé de tout révéler à Blaine.
Il appréhendait la réaction du bouclé. Kurt avait raison. Il était responsable de la descente aux enfers de son ancien petit ami. Il était le seul responsable.
Il pouvait blâmer Coopercut, il pouvait blâmer ses parents ou même Santana,mais il était le seul responsable.
Il tourna dans le quartier où Blaine vivait à présent. Il jetait des regards un peu partout, s'attendant à le voir assis contre un mur à faire la manche. Il avait peur de le voir, peur de devoir enfin révéler son secret. Le moment était venu de donner des réponses et il n'était pas forcément prêt.
Il avait confronté Blaine une seule fois depuis son retour. Ce soir-là dans le parc où Blaine avait décidé de mourir de froid. À ce moment-là, Sebastian avait compris que son informateur avait raison, que Blaine n'allait pas bien du tout et qu'il était temps pour lui de revenir à Lima.
Il se gara devant la maison délabrée où Sebastian avait déjà aperçu Blaine. Kurt fixa la maison avec stupeur. Ainsi, c'était ici que Blaine vivait à présent. Dans cette maison en ruine.
Ils sortirent tous deux de la voiture en silence. Dehors, des gens criaient, hurlaient, pleuraient. Kurt aperçut un homme, allongé dans l'herbe, qui parlait à une marguerite. Des bouteilles d'alcool jonchaient le sol un peu partout. L'odeur de pisse et d'excréments flottait désagréablement dans l'air.
Incapable de dire quelque chose, Kurt s'avança. Chaque pas le rendait encore plus fébrile. Pourquoi n'était-il pas venu chercher Blaine avant ? Pourquoi rester dans sa chambre à se morfondre alors que d'autres étaient ici, à attendre que la mort vienne les faucher.
La culpabilité envahit le corps du châtain. Il aurait dû retenir Blaine cette nuit-là. Jamais il n'aurait dû le laisser franchir le pas de cette porte.
Sebastian posa sa main sur l'épaule de Kurt qui se dégagea violemment. Smythe n'avait pas le droit de le toucher. Il était responsable de tout ce désastre. Il était la graine qui avait fait pousser tout ce bordel.
Sebastian ne réagit pas. Il comprenait l'amertume de Kurt à son égard. A vrai dire maintenant, il se haïssait également.
"- Allons-y, fit-il simplement."
Il s'engagea dans la vieille allée presque disparue sous les mauvaises herbes. Kurt le suivit, tremblant.
La porte d'entrée pendait sur ses gonds. Les mites avaient rongé le bois que plus d'une bouteille avait dû arroser, à en juger par l'odeur. D'une main, Sebastian l'écarta.
L'intérieur était aussi délabré que l'extérieur. Les deux garçons avaient du mal à progresser. Des draps étaient installés un peu partout dans la pièce. Des vêtements, des objets personnels, un matelas pour les plus chanceux.
Dans un coin, une femme était allongée, couverte de son propre vomi. Des seringues traînaient sur le sol autour d'elle, tout comme les cadavres de bouteilles.
Kurt tentait de se préparer. Il imaginait Blaine dans cette situation. Il devait se préparer. Blaine était quelqu'un d'extrême qui pouvait faire n'importe quoi.
Se tuer à petit feu était dans ses cordes.
Sebastian monta à l'étage. L'escalier grinçait sous leurs pas.
Cette maison avait probablement appartenu à une famille. Les garçons passèrent devant une chambre d'enfant. Le berceau trônait encore dans un coin de la pièce.
"- Il n'est pas là, déclara Sebastian."
Kurt regarda autour de lui, cherchant une touffe de cheveux bruns.
"- Il doit être là, quelque part, il doit être là il ne peut pas..."
Kurt se tue et regarda fiévreusement autour de lui. Blaine était là, il en était persuadé. Il devait être là, il ne pouvait pas être autre part.
"- Écoute Kurt, il est probablement parti faire la manche... Il va revenir. On devrait rester ici et l'attendre."
Kurt lui lança un regard assassin.
"- Qu'est-ce que tu en sais toi ? On ne sait pas où il est, ce qu'il fait ! Qui te dit qu'il est encore en vie ? Qui te dit qu'il ne s'est pas foutu en l'air ?! Ce ne serait pas la première fois qu'il veut en finir, je...
"- Calme-toi Kurt ! s'exclama Sebastian en attrapant le châtain par les épaules."
Kurt tenta de continuer à parler mais Sebastian le coupa.
"- Il va bien ! Je l'ai vu, il n'a pas du tout envie de se foutre en l'air, ne t'inquiète pas Kurt, il est bien vivant ! Je l'ai vu. Je te jure qu'il va bien..."
Kurt respira. Il fallait qu'il se calme.
"- Sortons d'ici, grogna-t-il en se dégageant. Blaine n'est pas à l'intérieur et l'odeur me donne envie de vomir."
Ils sortirent de la maison sans échanger plus de parole. Kurt se sentait sur le point d'exploser. Quant à Sebastian, il ne savait pas quoi faire, quoi ressentir. Il avait presque l'impression que sa place n'était pas ici.
Qu'allait-il faire quand Kurt retrouverait Blaine ? Ils se jetteraient probablement dans les bras l'un de l'autre, échangeraient un long baiser. Et Sebastian serait là, à les regarder s'aimer, le cœur en miettes.
Il avait fait des conneries. Il avait détruit Blaine, il l'avait abandonné mais ses sentiments étaient réels. Il aimait ce satané bouclé qui lui avait fait perdre la tête. Il l'aimait encore. Jamais ce sentiment ne pourrait disparaître. Blaine avait changé son monde, changé sa façon de voir les choses. Il avait été son rayon de soleil.
S'il l'avait détruit, s'il était parti, c'était par amour pour Blaine. Pour le protéger de ceux qui lui voulaient du mal.
"- Où étais-tu ? demanda simplement Kurt."
Sebastian tourna la tête vers le châtain, assis sur le même tronc d'arbre que Blaine quelques jours plus tôt.
"- Enfin tu poses des questions... remarqua Sebastian."
Kurt leva les yeux.
"- Je ne comprends pas. Et une partie de moi ne veut pas comprendre. J'ai peur de savoir. Depuis que j'ai rencontré Blaine j'ai peur. J'ai peur de lui, de moi, de mes sentiments, de son passé, de toi. J'ai peur de ce qui a pu vous arriver, j'ai peur d'apprendre la vérité. Peur de comprendre et de te pardonner. Parce que tu ne mérites pas mon pardon. Tu ne mérites le pardon de personne. C'est toi qui devrais être dans cette maison, à sa place!"
Il posa sa tête dans ses mains et prit une longue bouffée d'air. Etait-il vraiment préparé pour tout ça ? Ne devrait-il pas s'en aller et laisser tout ça derrière lui ?
Non. Il ne pouvait pas s'en aller. Il devait rester pour Blaine. Même si l'envie de casser la gueule à Sebastian devenait de plus en plus forte.
"-Kurt...? chuchota une petite voix qui n'appartenait pas à Sebastian"
Le cœur du châtain s'arrêta.
Le temps autour de lui s'arrêta.
Le monde sembla s'écrouler autour de lui.
Il savait à qui appartenait cette voix.
Il se retourna.
"- Blaine, souffla-t-il »
Il se leva et se jeta dans les bras du brun.
Le corps dans ses bras était un peu plus squelettique que dans ses souvenirs. La barbe touffue de Blaine lui chatouillait le visage. Sa mauvaise odeur titillait les narines de Kurt. Mais qu'importe. Blaine était là, il était là avec lui dans ses bras. Il ne parvenait pas à y croire.
Blaine étouffait dans l'étreinte de Kurt. Il ne referma pas ses bras sur le châtain. Il ne prononça aucun mot. Quelque chose à l'intérieur de lui remuait. Quelque chose qu'il avait enterré depuis très longtemps.
C'était comme un petit crabe qui essayait de remonter à la surface. Les pinces le blessaient un peu partout de l'intérieur. Il avait mal, il avait envie de hurler. Mais le crabe continuait son chemin vers la surface, avançant inexorablement sans se soucier de la douleur qu'il pouvait provoquer.
Des larmes coulèrent le long des joues de Blaine mais il ne savait pas quoi faire. Il avait envie de mourir à cet instant. Il avait envie de partir, de s'enfuir, de sauter d'un pont ou sous un train. Pourquoi ? Il ne se l'expliquait pas lui-même. La douleur était simplement trop forte.
Les souvenirs affluèrent par vagues dans son esprit. Leur rencontre, Paris, leur premier baiser, leur première fois. Les larmes sur les joues de Kurt, la souffrance qu'il lui avait causée, la sensation des lames de rasoir entaillant sa peau.
Non non non. Il ne pouvait pas tout laisser remonter à la surface. Il ne pouvait pas prendre le risque de se faire avoir une autre fois. Il devait combattre ce petit crabe qui continuait sa route et lui susurrait de rendre à Kurt son étreinte.
Il devait repousser le crabe, il devait empêcher les souvenirs de déferler.
Il plaça ses mains sur les épaules de Kurt et le repoussa violemment.
Kurt valsa en arrière. Le rejet de Blaine avait été violent et presque immédiat. En regardant dans ses yeux, Kurt y vit de la peur et de l'incompréhension.
Alors Kurt comprit que ce n'était pas vraiment lui que Blaine rejetait. C'était un système de défense. Il se protégeait lui-même.
Blaine plongea ses yeux verts dans ceux de Kurt et le crabe sortit. Il ne pouvait plus l'en empêcher c'était terminé. Les sentiments affluèrent à la surface, comme une tornade ravageant tous sur son passage. Ce n'était plus qu'une victime. Une victime de lui-même et de ses propres sentiments.
Jamais il ne pourrait oublier Kurt. Jamais il ne pourrait détruire ce petit crabe à l'intérieur de lui.
"- Blaine, murmura Kurt"
Le brun ne répondit pas.
Ses yeux lâchèrent les océans de Kurt et c'est à ce moment-là qu'il le vit.
Le fantôme.
Non non non non. Pas une crise, pas ça.
Blaine ferma les yeux, se prit la tête entre les mains. Il ne pouvait pas être là, pas encore ! Il devait partir, Blaine ne voulait pas, il ne voulait pas. Il fallait qu'il le fasse partir.
Il sentit une main se refermer sur son bras. Kurt.
Non Kurt ne pouvait pas s'approcher de lui. Il était en crise, il voyait le fantôme. Il ne voulait pas blesser Kurt, il ne voulait pas.
"- Kurt, pars. Maintenant. Je ne veux pas te blesser."
Kurt haussa un sourcil.
"- Tu ne me blesseras pas Blaine. Il... Ce n'est pas une crise ! s'exclama Kurt, comprenant enfin la réaction de son ami. C'est... C'est Sebastian ! Pour de vrai ! Je sais que c'est difficile à croire mais je te promets que c'est vrai. Il est bien vivant, regarde-moi aussi je le vois, comme toi. Ce n'est pas une crise je te le promets."
Des flots de larmes coulèrent des yeux du bouclé.
Non seulement Sebastian était une autre de ses visions mais Kurt en était une aussi.
Il avait fait tellement d'efforts pour l'enterrer, pour essayer de l'oublier. Il y était presque parvenu. Il avait réussi à refouler ses sentiments au plus profond de son être, et voilà qu'une simple crise venait foutre en l'air tout ce qu'il était parvenu à faire.
Le crabe était remonté.
Pour une vision.
Blaine hurla.
"- Vous devez partir, tous les deux ! sanglota-t-il. Je ne vous ai pas demandé, je ne veux pas de vous. Je n'ai pas besoin de vous, partez de ma tête, partez de ma tête.
- Nous sommes vraiment là Blaine ! s'exclama Sebastian. Nous sommes réels, tu ne rêves pas. Je te promets que ceci est réel. Je ne suis pas mort !"
Blaine leva les yeux vers Sebastian. Il fallait que ce fantôme parte, il n'en voulait plus. Il se sentait hanté et ça devait cesser.
Sebastian était mort depuis des années maintenant. Il devait cesser de se manifester, Blaine n'en pouvait plus, il n'en pouvait plus.
Le bouclé su rua sur Sebastian et lui asséna un coup de poing dans la mâchoire. Sebastian tomba à la renverse.
En hurlant, Blaine chevaucha Sebastian et frappa, frappa, frappa.
Sebastian se débattit autant qu'il put mais la force et la rage de Blaine étaient trop puissantes pour qu'il puisse y faire quoi que ce soit.
Ainsi l'histoire recommençait. Sebastian Smythe, se faisant battre de sang-froid par l'homme qu'il aimait le plus au monde.
La vie était une dame ironique.
Le sang de Blaine et de Sebastian se mélangeait sur les poings du bouclé.
Encore une fois.
Les larmes inondaient ses joues. Il n'en pouvait plus, il n'en pouvait plus. Il ne voulait plus vivre comme ça. Il devait tuer ses démons, il devait en finir avec ça.
Et en finir avec lui.
Kurt se précipita sur les deux hommes sur le sol et tenta de repousser Blaine, sans succès. Le bouclé ne voulait pas entendre raison, il fallait juste qu'il frappe, encore et encore. Il frapperait jusqu'à provoquer sa propre mort.
"- Blaine arrête ! hurla Kurt."
Il tentait par tous les moyens de séparer les deux combattants. Mais Blaine était trop fort.
Sebastian sentait ses forces l'abandonner. Cette fois-ci, il le savait, il n'y survivrait pas.
Comprenant que ses pauvres petites forces ne suffiraient pas, Kurt s'agenouilla à côté de Blaine.
"- Blaine je t'en supplie, arrête. Écoute-moi, moi non plus je ne comprends pas. Je ne sais pas pourquoi Sebastian est là, je ne sais pas pourquoi il est vivant mais tu dois comprendre qu'il est vraiment là. Il te doit des explications, il nous en doit à tous les deux."
Blaine frappa un peu moins fort, un peu moins régulièrement. Les larmes sur ses joues continuaient de couler abondamment. Il avait du mal à retrouver son souffle. Quelque part dans toute son incompréhension, sa peur et sa douleur, il savait que ce que disait Kurt était vrai. Que tout était réel et qu'il devait se calmer.
Il serra le poing une dernière fois et dans un sanglot bruyant frappa le sol à côté de la tête de Sebastian. Il s'effondra sur le corps sanglant du Warbler et pleura. Il pleura longuement. Il laissa couler toutes les larmes qu'il retenait depuis des années.
Kurt s'approcha doucement en jetant un coup d'œil à Sebastian. Il était bien amoché mais ses doigts bougeaient et sa poitrine se soulevait. Au vu de ses blessures, il s'en sortirait avec seulement quelques ecchymoses.
Le châtain posa ses mains sur Blaine pour l'éloigner du corps de Sebastian. Il fallait laisser le Warbler respirer.
Blaine se releva et enroula ses bras autour de Kurt, qui lui rendit son étreinte. Le bouclé enfonça sa tête dans la nuque de Kurt et continua de pleurer. Le châtain ferma les yeux et resserra un peu plus ses bras.
Blaine était là. Blaine allait bien. Ils allaient sauver Blaine.
Blaine irait bien. À eux deux, ils pourraient tout surmonter. Et un jour, la vie leur sourirait enfin.
Sebastian se releva difficilement. Sa tête tournait, tout son corps était douloureux. Ses jambes étaient fébriles et il dut s'asseoir sur le tronc d'arbre pour ne pas tomber.
De longues minutes passèrent sans que personne ne bouge.
Blaine pleurait dans les bras de Kurt.
Kurt serrait Blaine contre lui avec force.
Sebastian restait assis sur l'arbre et rassemblait ses esprits.
À quoi s'attendait-il ? À ce que Blaine s'assoit dans l'herbe et qu'ils puissent tous les deux parler comme deux adultes matures et responsables ? Il était évident que Blaine paniquerait, qu'il tenterait de le tuer une nouvelle fois.
Le Warbler leva les yeux et regardait les deux hommes qui s'enlaçaient. Les pleurs de Blaine s'étaient calmés mais Kurt ne desserrait pas son étreinte. Ils semblaient calmes et détendus. Entiers.
Un éclair de jalousie traversa le cœur de Sebastian. C'était lui qui aurait dû être là pour Blaine. C'était lui son âme-sœur, son autre moitié. Lui et Blaine avaient été un tout, un jour.
Maintenant, ils n'étaient plus rien. Et Kurt était la véritable moitié de Blaine. Jamais Sebastian n'avait eu cette emprise sur lui. Jamais Blaine ne s'était autant offert à lui.
Il avait été un garçon de passage qui avait ruiné sa vie. Kurt était le grand super héros qui arrangeait tout.
Sebastian ne pouvait pas lutter.
Finalement, Blaine s'éloigna de Kurt. Les deux garçons se regardèrent dans les yeux, comme ils le faisaient si souvent.
Ils se sentaient entiers. Enfin.
Blaine rompit le contact et se tourna vers Sebastian. Quand son regard se posa sur le visage ensanglanté de son ancien petit ami, une haine féroce l'envahit.
Comment était-il possible que cet enfoiré puisse respirer ? Il était là, devant lui, bien vivant.
Cet enfoiré avait gâché sa vie. La prison l'avait détruit.
Mais finalement, pourquoi avait-il été en prison ? Pourquoi s'était-il fait enfermer ?
Pour rien.
Sebastian perçut la haine dans le regard du brun. Il la comprenait. Mais la comprendre ne la rendait pas moins douloureuse.
"- Je te dois des explications..."
Blaine se retint de le gifler une énième fois.
"- Vous feriez bien de vous asseoir. L'histoire est longue..."
Flash Back
Leur baiser était brûlant. Sebastian embrassait la bouche de Blaine comme si c'était la toute dernière fois qu'il pouvait y avoir accès. Leurs langues se mélangeaient dans un ballet sans logique. Les mains de Blaine parcouraient le corps de Sebastian, exploraient chaque recoin. Le Warbler frissonnait. Il n'avait jamais été avec quelqu'un qui pouvait lui faire ressentir ça.
Blaine le retourna et le cloua contre le mur. Sebastian ne pouvait plus rien faire, sa bouche était emprisonnée contre celle de Blaine. Ses lèvres ne bougeaient plus que pour embrasser, sa langue ne servait plus que pour explorer la bouche du bouclé.
Sebastian crut devenir fou. Puis il se souvint qu'il était déjà fou. Il était fou de ce petit bouclé timide et réservé. Il était fou de chacun de ses mouvements, de chacun de ses sourires, de chacun de ses éclats de rire. Blaine était son soleil, sa raison de vivre. Sans lui il dépérirait.
Il ne s'expliquait pas cet amour si soudain et pourtant tellement interdit. Il était tombé amoureux du frère de son pire ennemi. Il était tombé amoureux du frère de Cooper Anderson.
Au début, ce n'était qu'un simple réflexe de protection. Sebastian avait dragué Blaine pour se protéger lui-même. Il savait pertinemment que si Blaine tombait sous son charme, il devenait intouchable. CC avait un amour inconditionnel pour son frère et il ne ferait jamais rien qui pourrait le blesser.
Tuer son petit copain, c'était blesser Blaine.
Alors Sebastian était intouchable à présent. Intouchable.
Tout n'avait été qu'une affaire de manipulation. Et puis Sebastian s'était laissé avoir à son propre jeu. Il était tombé amoureux.
Blaine rompit leur baiser et Sebastian grogna. Il avait besoin de plus de contact, il avait besoin de la bouche de Blaine contre la sienne.
À défaut de sa bouche, le Warbler parsema sa nuque de doux baisers. Blaine se pressa un peu plus contre lui. Sebastian mordit doucement la peau sous ses lèvres. Blaine respira un peu plus fort.
"-Hum hum !"
Blaine recula soudainement, laissant Sebastian haletant contre le mur.
"- Bordel, qu'est-ce que c'est encore ? Tonna Sebastian"
Il essuya sa bouche d'un revers de la main et lança un regard assassin à Wes. Il avait envie de le frapper avec son propre marteau, ce crétin.
"- Sebastian, je dois te parler c'est important.
-Ça ne peut vraiment pas attendre ?! Ragea Sebastian.
-Non, ça ne peut vraiment pas."
Le Warbler soupira et jeta un regard désolé à son petit ami. Il lui attrapa les mains et le ramena contre lui.
"- Je suis désolé, souffla-t-il contre sa bouche, mais je vais devoir y aller.."
Blaine sourit tendrement et déposa un doux baiser sur sa bouche.
"- Rejoins-moi dans ma chambre après.. Je t'attendrai là-bas."
Sebastian sourit et regarda Blaine s'éloigner avec regret.
"- Ça a intérêt à être très important Wes !
- C'est à propos de CC."
Sebastian soupira. Il pensait qu'il en avait fini avec ces histoires. Qu'est-ce que Cooper pouvait-il bien lui vouloir encore ? Probablement lui demander de s'éloigner de Blaine. Mais ça, ce n'était même pas une option.
"- Vas-y, explique-moi, fit-il en s'asseyant dans le canapé en cuir.
- Il a entendu parler de ta petite histoire avec Blaine. Comme tu dois t'en douter, il n'est pas super content...
- Je sais déjà tout ça, Wes. Il n'est pas content mais il ne fera rien parce que son frère compte trop pour lui.
- Non, plus maintenant... Il a changé d'avis Seb.
- Comment ça, changé d'avis ? demanda Sebastian en fronçant les sourcils.
- Il a décidé qu'il était plus important de t'abattre que de préserver son petit frère. Selon mes infos, les deux ne se parlent plus depuis très longtemps de toute façon.
- Donc il a décidé de me tuer sans tenir compte de son petit frère ?
- Pire..."
Sebastian se redressa dans le fauteuil alors que les yeux de Wes évitaient les siens.
"- Balance Wes. Dis-moi ce qu'il se passe, merde !
- Tu as enlevé à CC la seule chose qui comptait pour lui: Blaine. Selon ses propres mots tu l'as "perverti". Tu le lui as "volé'. Alors il compte te faire la même chose.
- Il veut me voler Blaine ? Bee ne se laissera pas faire, c'est ridicule, il hait son frère.
- Il ne veut pas le voler, il veut l'abattre. Il veut te faire souffrir. Tu le connais, il aime les jeux..."
Le sang de Sebastian se glaça dans ses veines. Il se leva et commença à faire les cent pas dans la pièce.
"- Ce n'est pas possible Wes, ton informateur a dû mal comprendre...
- Je t'assure que tout est vrai Seb. Blaine est en danger. En grand danger."
Sebastian ouvrit la porte et monta à toute vitesse jusqu'aux dortoirs.
À vrai dire, il n'était pas tellement surpris. Au fond de lui, il savait que ce jour arriverait. Il savait que Cooper renverserait l'ordre de ses priorités. Que protéger son frère deviendrait moins important que tuer le dealer concurrent. Mais jamais il n'aurait pu imaginer ce retournement. C'est lui qu'il voyait dans la tombe, pas Blaine. C'est lui qui méritait de mourir, pas Blaine. Il était innocent, son bébé était innocent, il n'avait rien demandé à personne. Blaine était innocent...
Il poussa la porte de la chambre du bouclé et fut soulagé de le voir allongé sur le lit, à jouer avec son téléphone.
"- Dieu merci, tu es là... souffla Sebastian en se jetant sur son petit ami."
Il plaqua sa bouche contre la sienne, à la plus grande surprise de Blaine qui lui rendit tout de même son baiser.
"- Qu'est-ce qui se passe ? chuchota Blaine entre deux baisers.
- Je t'aime. Tu le sais ça, n'est-ce pas ?
- Oui Seb... Et je t'aime aussi mais...
-Chut... Cesse de parler."
Sebastian renversa son amant sur le lit et emprisonna sa bouche une nouvelle fois.
Sebastian n'était pas fou. Il savait ce qu'il avait à faire pour sauver Blaine. Il savait ce qu'il devait faire mais il n'arrivait pas à s'y résoudre. Il ne voulait pas laisser Blaine partir, il ne pouvait pas. Tout aurait été plus facile si Blaine le quittait de son propre chef. Tout serait beaucoup plus simple.
Le Warbler tourna la tête et regarda le bouclé dormir. Il était tellement adorable, comme ça. Tellement pur et innocent. Il ne serait jamais capable de faire de mal à une mouche.
Il l'aimait. Il l'aimait tellement. Son cœur voulait sortir de sa poitrine à chaque fois que ses yeux se posaient sur lui. Il lui semblait que les mots ou les gestes n'étaient pas assez pour exprimer l'amour qu'il éprouvait pour lui. Il avait presque envie d'arracher son cœur de sa poitrine pour le donner à Blaine.
Malheureusement, il devait tirer un trait sur cet amour. Il devait éloigner Blaine. Il devait sortir de sa vie.
Et pour cela, il fallait que Blaine le haïsse. Il n'avait plus le choix.
Sebastian savait que ce ne serait pas dur de se faire haïr de Blaine. Il n'avait qu'à lui dire la vérité. Lui dire pourquoi il l'avait dragué en premier lieu, lui dire qui il était réellement. Blaine le haïrait et il serait protéger.
Une larme roula sur la joue de Sebastian. Il avait envie de mourir.
À côté de lui, Blaine bougea et murmura quelque chose dans son sommeil qu'il ne comprit pas. Sebastian réalisa qu'il ne lui restait que quelques minutes avant que son petit ami ne se réveille. Il ne voulait pas le confronter. Il ne pouvait pas.
Doucement, il sortit du lit et enfila ses vêtements.
Sur le point de partir, il hésita. Devait-il laisser une note ou envoyer un message ?
Il prit son téléphone. Laisser une note à Blaine était trop difficile. Il attendit d'entendre le téléphone du bouclé vibrer avant de sortir de la chambre.
16h04. De: Sebastian
Retrouve moi sur le parking du supermarché ce soir. Il faut qu'on parle. S.
"- Ne me dis pas que tu y as cru !"
Fin Flash Back
Un nouveau coup partit. C'était plus fort que lui. Blaine devait frapper. Il devait frapper Sebastian.
Sebastian se laissa faire. Encore une fois. Celle-là aussi il l'avait méritée.
"- Tu m'as menti ! hurla Blaine."
Il s'apprêtait à donner un autre coup quand Kurt lui attrapa le bras, lui intimant de se calmer.
"- Je pense que tu l'as assez frappé pour aujourd'hui..."
Kurt jeta un regard de dégoût à Sebastian. Comment avait-il pu faire ça à Blaine ? Se servir de lui pour sauver sa propre peau.
Et puis, dealer de la drogue. Vraiment ? Jamais Kurt n'aurait pu imaginer un truc pareil.
Sebastian enfouit son visage dans ses mains. Reparler de cette époque lui brisait le cœur. Il avait envie de remonter dans le temps. Il n'aurait jamais dû quitter Blaine cette après-midi. Il aurait dû rester avec lui, le réveiller avec des baisers et le prendre dans ses bras. Il aurait dû l'aimer comme il le méritait, et non le détruire comme il l'avait fait.
"- Pourquoi es-tu encore vivant ? Pourquoi t'être fait passer pour mort ? cracha Blaine.
- Tu m'as frappé et laissé pour mort. Il est vrai que je l'étais presque. Quelques coups encore et j'y passais. Mais tu es parti et Wes est arrivé. Heureusement qu'il n'était jamais loin... Il m'a emmené à l'hôpital et m'a enregistré sous un faux nom. C'est là que j'ai compris que je pouvais disparaître. Je pouvais partir de Lima et me faire passer pour mort. Je vivais, tu vivais. C'était le mieux pour tout le monde. Alors je suis parti pour San Francisco et j'ai essayé de me reconstruire une vie...
- Tu n'as pas pensé que je finirai en prison ? Tu n'es pas dit que tu ne me sauvais pas du tout ?! hurla Blaine.
-Pour tout te dire, je pensais que ton père te sortirait de là. Il est avocat, j'ai pensé que comme on n'avait pas retrouvé de corps, les autorités laisseraient tomber les charges. Je me suis lourdement trompé...
- Mon père n'en a rien eu à faire de moi à partir du moment où je lui ai avoué que j'étais gay. Tu le savais. Quant à ton corps, il n'a jamais été mention d'un corps manquant. On t'a enterré. On a mis un cercueil en terre
- Je ne sais pas pourquoi la disparition de mon corps a été passée sous silence... Pour ça, je ne suis pas responsable."
Le silence tombait. Blaine bouillonnait. Il voulait frapper tout ce qui se trouvait sur son chemin. Il voulait se défouler sur Sebastian. Seule la présence de Kurt le calmait. C'était la seule chose qui l'empêchait d'exploser.
"- Sebastian... commença Kurt, je pense que tu devrais rentrer chez toi. Je pense qu'on devrait tous rentrer chez nous. Blaine tu rentres avec moi."
Sebastian leva la tête.
"- Je ne vais pas partir maintenant ! Je ne vais pas balancer la vérité pour ensuite disparaître Kurt ! Blaine a besoin de moi, je dois l'aider je...
- Je pense que tu en as déjà assez fait, le coupa Kurt. Blaine et moi prenons la voiture. Tu n'as qu'à appeler un taxi pour qu'il t'emmène Dieu sait où. Du moment que c'est très loin de nous."
Kurt prit Blaine par la main.
Pendant une fraction de seconde, Blaine opposa une résistance. Il ne pouvait pas rentrer chez Kurt. Il était malade, il était dangereux, il était un meurtrier...
Ses yeux se posèrent sur Sebastian. Un Sebastian bien vivant.
Et enfin, Blaine cessa de se considérer comme le méchant. Il n'était que la victime d'une histoire de drogue qui avait mal tourné. Il était le dommage collatéral d'une querelle qui ne le concernait pas.
Le monstre ici, ce n'était pas lui.
Il serra la main de Kurt dans la sienne et jeta un regard de dédain à Sebastian.
Ce dernier les regarda s'éloigner. Ils montèrent dans la voiture. Le Warbler pleura, seul sur son tronc d'arbre.
Voilà la fin de ce chapitre ! Co-écrit avec ma beta Higu, cette info est vraiment TRES importante ! ( allez lire It's not easy to be me aussi, sa fiction est splendide !)
J'espère qu'il vous a plu. Il est très important pour moi donc j'espère vraiment :)
Petits fantômes, si vous suivez encore cette fiction laissez des reviews *puppy eyes*
Il ne reste donc plus qu'un chapitre et un épilogue ! J'essaie d'écrire tout ça dans la semaine, ou en tous cas le chapitre 17 :)
A bientôt !
(Et pour ceux qui ont proposé des prompts pour I really hate you my love, sachez que je ne vous oublis pas :) Je termine CWM et je m'y mets !)
