Bonjour tout le monde,

Enfin, je reviens avec le tout dernier chapitre de cette fiction. ( Merci à Salomé et Higu qui m'ont méchamment menacée pour que j'écrive ce chapitre. Je vous aime quand même ! ).

ATTENTION : La première partie de ce chapitre est un flash back consacré à Sebastian. Je peux comprendre que certains et certaines d'entre vous ne souhaite pas comprendre ce qui est arrivé au personnage, c'est donc pour celà que je vous préviens et vous dis que vous pouvez passez directement à la fin du flash back.

CEPENDANT, il est assez important et vous permettra de comprendre le personnage.

A vous de voir donc.

Je ne m'attarde pas plus. Bonne lecture et je vous retrouve à la fin du chapitre :)


Chapter 17 : Everything ends

FLASH BACK

Wes arriva en voiture sur le parking du supermarché. Tout semblait calme, il n'entendait aucun bruit. Il descendit de la voiture et claqua la portière, le bruit le surprit lui-même et il sursauta.

La nuit était tombée depuis longtemps et le Warbler peinait à distinguer quelque chose. Il était tard. Tous les lampadaires étaient éteints. Puis, un gémissement s'éleva dans la pénombre. Wes s'avança timidement. Ses pieds rencontrèrent une masse inerte sur le sol.

Il s'empara de son téléphone et l'alluma pour y voir plus clair.

La lumière bleue frappa le visage boursouflé de Sebastian et Wes émit un hoquet de frayeur. Du visage de Sebastian il ne restait plus qu'une masse de chair ensanglantée.

Les mains tremblantes, Wes composa le 911.


Wes faisait les cent pas dans l'hôpital. Il détestait ces endroits. Il détestait l'odeur, les médecins, les patients. Tout ici lui rappelait la mort.

Il était dans la salle d'attente avec les autres proches des autres blessés. Une femme pleurait. Un homme semblait prêt à vomir tous ce qu'il avait ingéré au dîner.

Une porte s'ouvrit et un médecin en blouse blanche immaculée s'approcha d'eux. Ils levèrent tous la tête, espérant que le docteur était venu pour leur annoncer de bonnes nouvelles.

Mais c'est vers Wes qu'il tourna le regard.

"- Bonsoir Monsieur, vous avez bien fait de nous appeler."

Le Warbler tremblait toujours, il n'arrivait pas à rejeter de sa mémoire la vision de Sebastian baignant dans son sang.

"- Je... Je..."

Le docteur posa sa main sur son épaule et il leva les yeux.

"- Vous avez sauvé la vie de votre ami. Harry peut vous en être reconnaissant.

- J'ai... Je... Seb euh Harry s'en sortira alors ? "

Wes détourna le regard du médecin. Son cœur battit un peu plus vite. Il n'avait pas donné le vrai nom de Sebastian aux services de secours. Sans pouvoir se l'expliquer, il savait qu'il avait prit la bonne décision et ce n'était certainement pas le moment de tout foutre en l'air

Le docteur sourit, cherchant à rassurer le jeune garçon. Il ne semblait pas avoir entendu la bourde de Wes ou, en tous cas, il l'ignora.

"- Oui, il s'en sortira."

Wes tourna le dos au médecin et s'écroula dans un siège avec les autres. Il passa une main sur son visage et ferma les yeux.

Sebastian allait s'en sortir. Il avait vivre.


Harry Jenkins.

Il fallait qu'il s'y fasse maintenant. Il était Harry Jenkins.

Sebastian baissa les yeux vers ses nouveaux papiers d'identité. Ils ressemblaient en tous point à ceux qu'il possédait auparavant, mis à part le nom.

Harry Jenkins. Wes aurait pu trouvé quelque chose de plus original quand même.

Assis sur un banc à l'aéroport, Sebastian attendait l'embarquement, Wes a ses côtés. Aucun des deux ne parlaient. Ils savaient très bien que c'était la dernière fois qu'ils se verraient

Une voix féminine annonça l'avion pour San Franscico et Sebastian sentit son cœur se serrer. Wes se raidit.

Les deux garçons se levèrent et se firent face. Sebastian ouvrit les bras et enlaça Wes.

Avant d'embarquer, Sebastian regarda pour une dernière fois l'aéroport. Il était peut-être miteux et vieux mais c'était l'aéroport de chez lui. L'aéroport de Westerville.

Mais Westerville n'était plus sa maison à présent.

Harry Jenkins.

San Francisco.

Il pensa à Blaine. Il ne l'avait plus revu depuis la semaine précédente mais il savait qu'il avait été accusé de son meurtre.

Faisait-il vraiment le bon choix ? Disparaître pour protéger Blaine ? Était-ce vraiment le protéger ? Ou était-ce seulement la solution de facilité ?

La voix féminine rappela l'embarquement immédiat. Wes était parti. Il pouvait encore faire demi-tour, se précipiter au poste de police et dire la vérité. Il pouvait innocenter Blaine, il lui raconterait tout et à eux deux ils vaincraient Cooper.

Pourtant, Sebastian attrapa ses bagages et tourna le dos à la sortie.

Sebastian devint Harry.


Le bruit du vibreur de son téléphone tira Harry du sommeil. Il grommela et roula sur son lit de fortune : un matelas posé à même sur le sol.

La lumière de l'écran éblouit le visage du garçon alors qu'il essayait de lire le SMS

03:12. De : Marie.

Salut H. Désolé de te déranger à cette heure-ci mais serait-il possible que tu passes vers chez moi cette nuit ? Je suis à court.

Merci d'avance.

Marie.

Il grogna et se releva avec difficulté. C'était toujours la même chose avec Marie, elle ne prévoyait jamais rien et se retrouvait toujours à court de came quand il ne fallait pas.

Harry était le dealer. Il était celui qui commandait. C'était ainsi que les dealers étaient imaginés par la société. C'était ainsi qu'il se comportait quand il était encore Sebastian.

Mais ici, à San Franscico, Harry n'était personne. Il n'avait aucune réputation, presque aucun client. Alors, les rares qu'il possédait, il se devait d'en prendre soin. Même si cela incluait se lever au milieu de la nuit pour aller vendre ses cochonneries.

En glissant le paquet de coke dans son manteau, Harry fit une grimace de dégoût. Il n'en pouvait plus de faire ça. Il n'en pouvait plus d'avoir le cœur qui battait la chamade à chaque fois qu'une voiture de police passait dans la rue. Il en avait marre de faire le larbin. Il en avait marre de ce trafic qui ne le menait nul part.

Mais il avait besoin d'argent. Avec ce qu'il avait gagné dans l'Ohio, il réussissait à peine à subvenir à ses besoins et vivait dans un une-pièce pourri qui sentait le chien mouillé et son matelas reposait sur le sol.

Il ne dealait pas par envie. Il dealait parce qu'il avait besoin d'argent et qu'il n'était bon à rien d'autre.


Son oreiller était trempé de larmes.

Il se retourna dans son lit et chercha son souffle à travers ses sanglots. Des bruits pathétiques s'échappaient d'entre ses lèvres. Il avait la sensation qu'un marteau lui martelait le crâne.

Recroquevillé sur lui-même, il pleurait comme un petit enfant après un cauchemar. Sauf qu'il n'était plus un petit enfant et que son cauchemar à lui était bien réel.

Sa vie était un enfer. Il ne vivait plus. Survivait à peine. Il Mangeait, il dormait, il dealait, il pleurait.

Mais surtout, il pensait. Il pensait beaucoup. Majoritairement au petit hobbit qu'il avait laissé derrière lui. Il n'arrivait pas à l'oublier. Le manque lui bouffait la poitrine. Ses poumons n'arrivaient plus à respirer pleinement.

Il l'aimerait à jamais.

Mais il l'avait perdu.

Ses larmes redoublèrent.

Harry redevint Sebastian.


Harry passa le bras sur son front. Juillet était bien trop chaud pour lui.

Il retira sa veste et l'attacha autour de sa taille. Sebastian n'aurait jamais fait un truc pareil, mais Harry s'en fichait.

En mâchant son chewing-gum, il entra dans le squat où se réunissaient à présent la totalité de ses clients. Harry avait finalement réussi à se constituer une petite clientèle. Rien de comparable à celle que Sebastian avait, mais c'était déjà mieux que rien.

Disons qu'il arrivait à manger autre chose que des pommes de terres.

Il ne resta pas longtemps. Juste le temps de distribuer et de récolter l'argent en échange.

Ici à San Franscico, il appliquait les mêmes règles qu'en Ohio. Pas d'argent, pas de came. Il pouvait ainsi éviter les ennuis.

Il ne souriait pas en ramassant l'argent. Il avait même plutôt envie de vomir sur ces billets qui lui pesaient sur la conscience.

Il était condamné à vendre de la drogue, il l'avait bien compris. Pourtant, il n'arrivait pas à s'y faire.

Moins d'un quart d'heure plus tard, il sortit du bâtiment. Il allait juste commencer à errer, comme il le faisait tous les jours, lorsqu'une femme l'accosta dans la rue.

"- Jeune homme, excusez-moi ! Jeune homme !"

Harry s'arrêta et détailla la femme devant lui sans cesser de mâcher son chewing-gum. Elle devait avoir la cinquantaine et une vie assez aisée, au vu des bijoux onéreux qu'elle portait. Ses cheveux blonds, probablement teints, étaient relevés sur sa tête en un chignon serré qui lui donnait un air sévère. Le tailleur gris chiné qu'elle portait ajoutait à cette impression.

"- Je peux vous aider ? Demanda Harry.

- Oui, je voudrais savoir si je pouvais avoir un peu de ce que vous vendez."

Harry haussa un sourcil. Il ne s'attendait pas à ça.

Cependant, les années de métiers lui avaient appris à ne pas poser de question.

"- Si ça vous chante... Mais je n'ai plus rien sur moi, vous allez devoir me suivre jusqu'à chez moi si vous voulez vraiment quelque chose."

La femme fronça les sourcils, creusant de façon marqué les rides qu'elle avait sur le front. Apparemment, elle ne s'attendait pas à ça.

Après un moment d'hésitation, elle accepta.

Sur le chemin ils parlèrent peu. À vrai dire, Harry n'avait pas vraiment envie de parler. Il ne parlait jamais avec ces clients : il ne voulait pas les connaître.

Lorsqu'ils furent en bas de son immeuble, la femme l'arrêta.

"- Attendez. Je ne viens pas chercher de la drogue."

Le cœur de Harry s'emballa.

Les flics. Cette femme était flic. Il aurait dû s'en douter.

Quel con, quel con ! Putain, quel con !

"- C'est pour vous que je suis là, je m'appelle Fanny Summers et..."

Il devait dégager de là. Il ne pouvait pas se faire prendre. Il ne pouvait pas, il n'avait pas fait tous ça pour aller en prison.

Avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, la femme avait refermé sa main sur son bras.

"- Je ne suis pas là pour vous envoyer en prison. Je veux vous aider."

Harry se dégagea violemment. Il n'avait pas besoin d'aide.


La terrasse du café était bondée. Il faisait bon. Les derniers rayons de soleil de l'été réchauffaient la terrasse et la peau de Harry.

En face de lui, Fanny avait le teint hâlé et mangeait son cupcake avec ferveur. Ils n'avaient pas mangé depuis la veille et Harry devait avouer qu'il avait lui-même dévorer son beignet avec joie.

Il sourit en la voyant mordre avec bonheur dans sa pâtisserie. Ses cheveux tombaient sur ses épaules pour une fois, au lieu d'être relevés en chignon et le jean lui saillait bien mieux que les tailleurs stricts qu'elle avait l'habitude de porter.

Fanny Summers était en quelque sorte la sauveuse de Harry.

Après leur première rencontre quelque peu désastreuse, elle n'avait pas lâchée l'affaire et avait continué à venir voir Harry jusqu'à ce que celui-ci accepte de lui parler. Il ne comprenait pas ce que lui voulait cette grande femme habillée en Gorgio Armani et Dior.

Finalement, il avait fini par accepter de prendre un café avec elle. Ce qu'elle lui avait révélé ce jour là ne l'avait pas laissé de marbre.

Fanny avait un fils. Jordan. Jordan avait un bel avenir devant lui. Il étudiait les arts plastiques dans une grande école pas loin de San Franscico. Sa copine suivait le même cursus que lui. Tout les deux étaient brillants.

Malheureusement, il n'avait suffit que de quelques mauvaises fréquentations pour que leurs vies basculent. Alcool, drogue... Jordan était mort d'une overdose, trois ans plus tôt.

Depuis, Fanny luttait activement contre ce fléau et c'était dans cette optique qu'elle avait découvert le trafic de Harry.

« Je ne veux plus que d'autres garçons meurent comme le mien, lui avait-elle dit. Alors à partir de maintenant, c'est moi qui m'occupe de toi et tu laisses tomber toutes tes activités illicites. »

Harry avait résisté. Longtemps. Et il avait finalement cédé.

Il avait une maison, Fanny était à présent sa famille.

Ses années sombres étaient enterrées profondément.

Même si un certain hobbit n'était jamais vraiment très loin dans ses pensées.

"- Ce spectacle hier était magnifique, tu ne trouves pas ? Lui demanda Fanny.

- Splendide !

- Je pense qu'il n'y avait pas de meilleure façon de fêter ton entrée à la fac de droit, tu ne crois pas ?"

Harry aspira son milkshake avec la paille et sourit.

En septembre, il rentrerait à la fac. Il deviendrait avocat. Tout ça grâce à Fanny. La vieille femme s'occupait de lui comme s'il était son propre fils. Elle l'avait accueilli sous son toit, lui avait acheté des vêtements et finalement lui avait proposé d'intégrer une fac de la filière de son choix.

Étrangement, son choix s'était porté sur celle de droit. Il voulait mener le même combat que Fanny à présent. Il voulait lutter contre les trafics de drogue. Il fallait que tout cela cesse. Ces merdes avaient détruit bien trop de vies.


Harry regardait autour de lui. Il était dans l'amphithéâtre de la fac. Le cours n'avait pas encore débuté. La salle était immense. Le tableau faisait au moins trois mètres de long et rejoignait le plafond recouvert d'une grande peinture. Même les murs, décorés de grands panneaux de bois l'impressionnaient.

Jamais il n'aurait pensé se retrouver dans ce genre d'endroit. La Dalton académie était certes une illustre école mais il n'avait jamais envisagé l'université. Son avenir lui semblait tracé à l'époque : écumer les rues, encore et toujours, à la recherche de clients potentiels à qui il pourrait vendre sa marchandise.

Une bonne heure plus tard, le professeur entra dans l'amphithéâtre bondé. Les conversations moururent presque instantanément et le cours débuta.

Harry noircissait rapidement ses feuilles, alignant des termes compliqués de droit qu'il ne comprenait pas forcément. Il avait du travail à faire mais sa motivation était bien trop forte pour qu'il puisse envisager un quelconque échec.

Son avenir était là, sur ces feuilles de papiers, dans ces mots qui s'alignaient au fur et à mesure que les minutes passaient

Harry sourit. Il se sentait bien, c'était un sentiment qu'il avait oublié depuis longtemps.


Harry arpentait le campus de la fac. C'était la rentrée et il entamait sa deuxième année. Le temps s'écoulait tellement vite...

Les premières années erraient dans le parc, les yeux ébahis. Harry sourit. Une année plus tôt, il n'était pas très différent d'eux.

"-Harry !"

Le jeune homme se retourna.

"- Qu'est-ce que tu veux Taylor ?"

Taylor était un des amis qu'il avait rencontré à l'université. Assez petit et empoté, il ne ressemblait guère à ceux qu'il avait à la Dalton académie . À l'époque, Sebastian triait ses amis comme on trie les gens pour rentrer en boîte de nuit. Harry, quant à lui, ne se souciait plus des apparences et avait appris à apprécier les gens à leur juste valeur.

"- Les filles organisent une petite fête ce soir, pour les premières années. Il faut absolument qu'on y soit ! Déjà parce que c'est Lolly qui organise mais en plus parce que j'ai aperçu un groupe de nouvelles avec des jupes courtes et des talons haut et des jambes fines et...

-C'est bon, le coupa Harry en riant, je pense que j'ai compris.

- J'ai aussi aperçu un garçon gay très mignon qui serait à ton goût, renchérit Taylor.

-Comment tu sais qu'il est gay ?

- Je sais pas, c'est évident. Il ne paraîtrait pas plus gay s'il avait un écriteau en forme de licorne arc-en-ciel scotché sur son front."

Harry soupira et regarda son ami avec amusement. Il aimait bien Taylor. Il l'avait rencontré dans le parc, le soir d'une fête organisée par Lolly quelques jours après son arrivée. Harry n'était pas invité. Taylor déambulait dans le parc, un verre à la main en chantant une chanson à propos du derrière d'une belle déesse guerrière. Il s'était approché de Harry, qui tenait une vieille photo à la main en pleurant.

"- Eh bro ! Qu'est-ce que tu fais tout seul ici ?"

Harry lui avait jeté un regard meurtrier, sans pour autant lui répondre.

Taylor, malgré son état d'ivresse avancé, avait remarqué la tristesse dans les yeux du châtain. Il avait alors regardé la photo. Elle représentait Harry et un autre jeune homme dont il ne connaissait pas le prénom. Il avait des cheveux bruns bouclés qui lui tombaient devant les yeux. Les deux garçons portaient un uniforme qu'il ne reconnut pas. Ils s'enlaçaient. Seul un idiot aurait été incapable de reconnaître l'amour qui unissait les deux garçons.

"- C'est ton petit copain ? Avait-il demandé.

- Non, avait reniflé Harry. Je ne le connais pas."

Taylor s'était assis à côté de Harry et avait posé sa main sur son épaule.

"- Vas-y, lui avait-il dit. Tu peux me raconter. De toute façon demain j'aurai probablement tout oublié."

Harry était redevenu Sebastian. Il lui avait parlé de l'amour de sa vie, tout en restant très flou sur les détails sordides de leur relation et en taisant sa véritable identité.

Taylor avait écouté silencieusement. Et n'avait jamais oublié.


"- Sebastian ? Sebastian c'est Wes, il faut qu'on parle."

Harry regarda autour de lui. Les gens de la fac discutaient entre eux de la soirée organisée le soir même pour les premières années.

"- Je... Je... Qu'est-ce que tu veux ?

- C'est Blaine, Sebastian. Ça ne va pas du tout. Il faut que tu reviennes."

Harry redevint Sebastian.

C'était comme s'il se réveillait d'un long rêve. Comme si tout ce qu'il avait vécu n'avait jamais existé. Autour de lui, les gens riaient, faisaient des pronostics sur la soirée. Taylor draguait outrageusement Lolly qui ne répondait à ses avances qu'avec des grimaces de dégoût.

Ce monde là était simple. C'était celui qui l'avait accueilli à bras ouverts, celui qui lui avait offert tout ce qu'il désirait. Des études, des amis, un toit, une famille, une vie simple. Mais cette vie, ce n'était pas la sienne. C'était celle d'Harry Jenkins. Un personnage qui n'existait que sur des papiers, sans passé, sans histoire, sans racine. Un personnage fabriqué de toute pièce pour que Sebastian puisse fuir son passé pourri.

"- Je... commença-t-il. Je suis sûr que tu peux gérer Wes. Je ne peux pas revenir, je n'en ai pas le droit.

Je n'en ai pas envie.

Il avait sa vie ici. Il ne voulait pas la quitter, il refusait de retourner dans l'enfer qu'était devenu Lima.

Le garçon secoua la tête. Depuis qu'il était partit, Wes lui envoyait des messages pour le tenir au courant des événements à Lima. Notamment des événements concernant Blaine. Sebastian savait que Blaine vivait avec un nouveau garçon. Kurt Hummel.

Même si ça lui faisait mal de l'avouer, Kurt avait l'air bon pour Blaine. Ils formaient un joli couple. Un couple beaucoup plus sain que celui que Blaine et lui formait.

Kurt pouvait protéger Blaine. Lui était ici, il ne pouvait rien faire. Il n'était pas le bienvenu là-bas, il était mort, il avait tiré un trait sur cette vie.

"- Sebastian... C'est vraiment critique ici. Reviens."

Sebastian sortit de la salle. Taylor lui envoya un regard intrigué auquel il répondit avec un simple sourire qui se voulait rassurant.

"- Wes, je... Je ne suis plus Sebastian. Je ne peux pas revenir."

Au bout du fil, Wes s'impatienta.

"- Écoute Sebastian. Tu as deux options : tu joues à la poule mouillée et tu tournes définitivement le dos à ton ancienne vie. Dans ce cas là, ne t'attends pas à ce que je continue de t'informer de ce qui se passe avec Blaine. Tu veux partir, tu pars définitivement. Ou sinon, tu reviens et tu essaies de réparer la merde dans laquelle tu t'es fourré. Il est temps que tu arrêtes de fuir Seb et que tu affrontes Blaine. Il est mal. Quand je te dis qu'il est mal, je ne rigole pas. Il est au squat, il fait la manche, il n'a plus aucun toit sous lequel vivre. Reviens Seb. S'il te plaît. Je sais que tu l'aimes encore et que si tu ne viens pas tu le regretteras toute ta vie."

Sebastian raccrocha. Wes avait raison.

Il composa le numéro de Fanny. Il était temps que la vérité éclate et qu'il sorte de sa bulle de confort.

Harry Jenkins mourut ce soir là.

FIN FLASH BACK


Blaine ouvrit les yeux. Pour la première fois depuis longtemps, il avait bien dormi. L'air autour de lui était dénué de la puanteur à laquelle il ne s'était jamais vraiment acclimaté. Lui même sentait bon. Sa barbe avait disparu, ses cheveux étaient propres, ses vêtements ne ressemblaient plus aux guenilles qu'il portait habituellement.

Une odeur d'œuf brouillé flotta jusqu'à ses narines.

La porte de sa chambre s'ouvrit et Kurt entra, un plateau à la main. Blaine se releva sur les coudes et un sourire se dessina sur son visage.

La sensation de ses muscles qui relevaient la commissure de ses lèvres ne lui était pas familière mais elle lui faisait du bien.

Kurt s'approcha et Blaine sentit le matelas s'affaisser sous le poids du châtain.

Pour une fois, Kurt n'était pas tiré à quatre épingles : il ne portait qu'un bas de pyjama rouge et un T-shirt blanc bien trop grand pour lui. Ses cheveux en bataille laissaient apparaître des reflets dorés que Blaine n'avait jamais remarqué.

Il ne l'avait jamais trouvé aussi beau. Aussi naturellement beau.

"- Je t'ai apporté un petit déjeuner, murmura Kurt sans oser croiser le regard du bouclé."

Blaine sourit et prit la main de Kurt dans la sienne.

Ce n'était pas la première fois que les deux garçons se tenaient par la main, mais c'était la première fois que Blaine était l'instigateur du rapprochement. La première fois qu'il le faisait délibérément.

Kurt sentit son cœur battre un peu plus fort, sans rien laisser paraître. Il aimait Blaine. Il le savait au plus profond de lui même. Ces sentiments le consumaient, il n'arrivait plus à respirer lorsque le bouclé n'était pas à côté de lui.

Ce garçon aux cheveux bruns avait bousculé sa vie, lui avait fait repenser tout ce qu'il pensait inébranlable. Il lui avait appris à voir le monde d'un autre œil. Et le monde que Blaine lui offrait, malgré toutes les difficultés qu'il comprenait, était le plus beau que Kurt avait jamais vu.

Mais ça, Kurt ne pouvait pas le dire à Blaine. Il ferait fuir le bouclé, il le savait. Et plus jamais il ne risquerait de le voir partir.

"- Merci Kurt, murmura Blaine. Merci pour tout."

Le petit crabe à l'intérieur de Blaine ne le faisait plus souffrir. Il ne lui pinçait plus le cœur comme il avait l'habitude de faire quand il essayait de le refouler. Au contraire. Le crabe était devenu un oiseau, lové au fond de sa cage thoracique, qui attendait le bon moment pour s'envoler.

Blaine était peut-être borné, têtu, sombre et un peu stupide parfois, mais il savait ce que c'était. Il avait déjà ressenti ça. Il connaissait ce sentiment, même si, tout en étant exactement pareil, était totalement différent et ne ressemblait pas à ce qu'il avait déjà connu. Parce que c'était Kurt. Et que Kurt changeait tout.

Le bouclé se décala sur la droite et fit signe à Kurt se s'installer à côté de lui.

Le châtain posa le plateau sur la table de nuit et s'assit à côté de Blaine, le cœur battant.

Le bouclé glissa sa main dans celle de Kurt et entrelaça leurs doigts.

Aucun d'eux ne parlait. Blaine savait qu'il devait dire quelque chose. Il le devait à Kurt. Kurt, qui lui avait dit qu'il l'aimait. Kurt, à qui il avait pourtant tourné le dos.

C'était dur pour lui d'ouvrir son cœur. Il s'était tellement refermé sur lui-même que s'offrir à Kurt de cette façon équivalait à abandonner l'homme qu'il avait construit depuis son histoire avec Sebastian.

Mais il le devait à Kurt.

Il se leva du lit, à la plus grande surprise de Kurt et se posta debout devant lui.

Il prit une grande inspiration. L'oiseau à l'intérieur de lui déploya ses ailes. Le moment était venu.

"- Kurt, Je... Je dois te remercier. Pour tout ce que tu as fait pour moi. Depuis que... Depuis que tout à commencer, tu es là pour moi et..."

Il n'arrivait pas à trouver les mots. L'oiseau à l'intérieur de lui se battait bec et ongles pour pouvoir sortir. Il voulait se libérer de la cage dans laquelle il avait été enfermé pendant bien trop longtemps.

Pourtant, Blaine avait peur. Devant lui, le châtain le regardait avec ses yeux bleus, bleus comme l'océan. Ses jambes peinaient à le soutenir. Il avait envie de fuir, de courir, de tout ravaler. Il aurait voulu se cacher.

Mais non, il ne le ferait pas. C'était fini de se cacher. Il ressentait quelque chose de fort pour Kurt et il devait le lui dire. Il devait le lui faire comprendre. Il ne pouvait plus tourner les talons et fuir ce magnifique garçon qui avait changé toute sa vie.

Kurt était tout ce qu'il avait. Et il était tout ce dont il avait besoin. Son oxygène sortait de la bouche du châtain, son eau résidait dans ses pupilles bleus. Il n'avait besoin de rien, si ce n'était Kurt.

"- Je n'arriverai jamais à te remercier assez. Je..."

Pourquoi était-il incapable de sortir les bons mots ?

Il se frotta les mains et baissa les yeux. Son cœur battait la chamade. Jamais il n'aurait cru en arriver là. Il devait le faire, il le fallait, il en avait besoin. Il avait le sentiment d'imploser. L'oiseau en lui devait sortir.

"- Je ne pourrai pas vivre sans toi, Kurt. Toute ma vie, j'ai cherché la sécurité, la stabilité, sans jamais la trouver. J'étais seul. J'étais perdu. Maintenant, je me rends compte que tout ce que j'ai vécu, tous les moments où je me sentais heureux n'étaient que de pales imitations de ce que je ressens lorsque je suis avec toi. Tu m'émeus Kurt. Tu as révélé quelque chose en moi que je pensais mort et tu m'as offert une seconde vie, une vie avec bien plus de couleurs et de sensations. C'est comme... C'est comme se réveiller d'un rêve qui aurait duré des années."

Il allait faire une crise cardiaque. Son cœur ne pouvait décemment pas supporter ce trop plein d'émotions, cette course effrénée dans laquelle il s'était entraîné.

"- Tu es devenu toute ma vie, Kurt. Je..."

Il se tut. Les mots étaient devenus insuffisants pour exprimer ce qu'il ressentait. Il n'y avait pas de mots justes pour exprimer ce qu'il voulait dire. Et il ne voulait pas gâcher ce moment avec des mots approximatifs. Il avait besoin des mots justes et ils n'existaient simplement pas.

Kurt se leva du lit. Ses jambes tremblaient, son corps entier ne lui répondait plus. Il avait l'impression que le monde autour s'effondrait et qu'il ne restait plus que Blaine, s'ouvrant enfin à lui.

Il fit un pas en avant, réduisant ainsi l'espace qui les séparait à quelques centimètres qui laissaient à peine passer l'air.

Kurt avait déjà dit à Blaine qu'il l'aimait. Il le lui avait hurlé, dans un moment de désespoir. Il aurait voulu le lui redire. Il aurait voulu le lui chanter.

Mais dans les yeux de Blaine, Kurt pouvait lire que le bouclé n'était pas prêt à lui rendre la pareille. Il ne pouvait pas lui dire qu'il l'aimait. C'était simplement trop pour lui.

Kurt ne se vexa pas. Après tout ce que Blaine venait de traverser, il comprenait. Blaine avait besoin de sécurité, de stabilité, comme il l'avait dit. Et il ne l'avait pas encore. Alors Kurt prendrait son mal en patience, jusqu'à ce que le bouclé soit prêt.

Au lieu de lui dire une nouvelle fois qu'il l'aimait, il enlaça le bouclé.

Blaine ferma les yeux et se lova contre le corps du châtain.

Sa maison.

Mais ce n'était pas assez pour le bouclé. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il laisse l'oiseau s'envoler une bonne fois pour toute.

Blaine se recula, repoussant doucement Kurt. Dans les yeux bleus, il lut de l'incompréhension.

Le bouclé sourit et Kurt se détendit. Il prit le visage du châtain en coupe et déposa un doux baiser sur ses lèvres.

L'oiseau s'envola.

Never knew I could feel like this

Like I've never seen the sky before

Want to vanish inside your kiss

Every day, I'll love you more and more.


"- Allô ?

-Allô Fanny, c'est moi..."

Le silence se fit au bout du fil. Sebastian ferma les yeux et soupira en refermant la porte de la chambre que Wes lui avait prêtée.

Il entendait le souffle de Fanny dans le combiné, mais elle continuait de garder le silence. Il comprenait parfaitement son comportement. Comment réagirait-il lui-même si son protégé se révélait être quelqu'un de totalement différent ?

Il avait dû tout lui révéler, lui dire qui il était réellement et lui raconter son passé. Il aurait préféré ne pas avoir à le faire au téléphone, mais la situation était urgente. Il ne voulait pas inventer une excuse débile pour expliquer un voyage en Ohio à Lima. Alors la vérité avait éclaté.

Maintenant, il devait assumer les conséquences.

"- Comment va ton ami ? dit-elle enfin

- Je... Je ne sais pas. On l'a retrouvé hier mais il est reparti avec Kurt. Je ne sais pas comment il va...

- Tu lui as dit toute la vérité ?

-Oui. "

Fanny ne répondit rien. Sebastian retenait son souffle. Il était à deux doigts de craquer et il avait besoin d'elle. Il avait besoin que de quelqu'un qui le soutienne. Il avait besoin d'une figure maternelle auprès de lui. Parce que finalement, c'était ce que Fanny était devenue pour lui.

"- Et toi ? Comment est-ce que tu vas ? S'inquiéta-t-elle"

Sebastian craqua. Il se laissa glisser le long de la porte et laissa couler les larmes qu'il avait pourtant essayé de retenir.

Il était fatigué de pleurer. La veille, il était resté près d'une heure sur le tronc d'arbre à pleurer toutes les larmes de son corps. Et puis, lorsque le flot s'était enfin arrêté, il avait appelé Wes pour qu'il vienne le chercher, mais ses pleurs avaient continué toute la nuit, sans qu'il ne puisse les arrêter.

"- Oh mon pauvre chéri... murmura Fanny au téléphone."

Sebastian enfouit son visage dans sa main et se laissa aller.

"- Je... sanglota-t-il. Je n'y arrive pas. Je voulais être fort, je voulais arranger les choses mais je ne peux rien faire. Je me sens tellement coupable et impuissant. Blaine ne veut pas me voir, il me déteste je... Je ne sais pas quoi faire."

Le silence s'installa entre les deux avant que Fanny ne reprenne enfin la parole.

"- Sebastian, il y a des moments dans la vie où tu dois faire des choix : C'est le moment pour toi. C'est à toi de choisir ce que tu veux faire, qui tu veux être dans l'avenir. Toi seul peux le savoir...

- Mais, pleura Sebastian, je n'ai aucun choix! Je suis bloqué Fanny, je... Je ne peux plus rien faire.

- Écoute, le coupa Fanny. tu as deux choix : soit tu restes à Lima et tu vas voir la police pour tout leur raconter. Auquel cas tu bouleverses non seulement ta vie mais également celle de beaucoup autour de toi. Soit tu reviens ici, tu redeviens Harry et tu reconstruis ta vie. Tu fonces tête baissée dans ton passé ou tu passes à autre chose et tu te concentres sur ton avenir. C'est à toi de prendre la décision Sebastian. Toi seul sais laquelle est la meilleure."


UN MOIS PLUS TARD.

"- Blaine ! Blaine viens ici!"

Le bouclé se retourna dans son sommeil et enfouit sa tête sous l'oreiller en grognant, espérant replonger dans son sommeil si paisible. Kurt n'était pas de cet avis. Il sauta sur le lit et s'assit à califourchon sur Blaine qui lui tournait le dos.

"- Oh ! Espèce de grosse marmotte, chuchota-t-il à son oreille. Il faut que tu te réveilles."

Voyant que Blaine n'avait aucune réaction, il entreprit de lui mordiller gentiment l'oreille, une zone qu'il savait très sensible chez le bouclé.

Blaine sourit sans ouvrir les yeux. Ce châtain était aussi énervant que délicieux.

"- Oh aller Blaine, s'il te plaît ! le supplia Kurt."

Le bouclé soupira et se retourna, renversant le châtain de l'autre côté du lit.

"- Un peu de délicatesse n'aurait pas été de refus, fit remarquer Kurt.

- Tu ne peux pas avoir le beurre et l'argent du beurre, tu sais, rétorqua Blaine.

-Bien sûr que si, je te mène par le bout du nez, même si tu ne t'en rends pas compte."

Blaine se retourna vers Kurt qui le regardait avec un air espiègle.

"- Tu m'insupportes, déclara-t-il."

La châtain rit et embrassa langoureusement son petit ami.

"- Lève-toi maintenant, j'ai une nouvelle importante à t'annoncer !

- Quoi ? T'es enceinte ? Merde, je t'avais dit de prendre la pilule, Kurt !"

Le châtain lui donna une tape sur l'épaule avant de se lever et de s'emparer des vêtements sur la commode qu'il lança sur la tête de Blaine.

"- Dépêche-toi de t'habiller, sinon tu auras à faire à un Kurt en colère et tu sais combien Porcelaine peut être menaçant quand il s'y met."

Kurt sortit de la pièce et Blaine se laissa retomber sur l'oreiller en souriant.

Sa vie avait littéralement pris une nouvelle direction en l'espace d'un mois. Il suivait un nouveau traitement, à base de médicaments et de sessions de relaxation qui lui permettaient de maîtriser ses sautes d'humeur et ses crises avaient disparues.

Il allait mieux. La culpabilité qu'il avait ressenti pendant des années par rapport à Sebastian s'était effacée. Oh bien sûr, le dernier mois n'avait pas été facile non plus. Sebastian revenait souvent dans ses pensées et il devait refréner son envie de retrouver cet enfoiré et de lui filer une bonne correction. Il l'aurait probablement fait si Sebastian ne s'était pas encore une fois évanoui dans la nature.

Mais c'était sa spécialité. La fuite. Alors Blaine avait juste laissé tomber et s'était focalisé sur sa relation avec Kurt.

C'était nouveau pour lui de pouvoir compter sur quelqu'un, d'accorder sa confiance sans limite. Ça avait été dur au début. Ça l'était toujours. Parfois la nuit, quand Kurt dormait à ses côtés, une envie folle de partir et de s'enfuir le prenait. Les mauvaises habitudes. Mais dans ces moments-là, il fermait les yeux et prenait Kurt dans ses bras.

Il enfila rapidement le pantalon jaune, la chemise blanche rayé et le nœud papillon que Kurt lui avait choisi et descendit dans le salon. Il remit rapidement ses cheveux en place en passant devant le miroir.

Il descendit les escaliers quatre à quatre. En bas, Kurt, Carole et son docteur étaient tout les trois en train de sauter de joie. Blaine s'approcha en fronçant les sourcils.

"- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il."

Kurt le regarda, sourit et lui remit une enveloppe.

"- Lis et tu comprendras."

Blaine jeta un regard interrogateur à Carole et entreprit de sortir la lettre de l'enveloppe qui était déjà ouverte.

"- "Cher monsieur Hummel", commença Blaine, " C'est avec une immense joie que je vous apprends que le lycée McKinley High à décider de renoncer aux poursuites contre vous. Ils ne demandent plus de dédommagement.". C'est l'avocat qui a envoyé ça? demanda Blaine.

- Oui, acquiesça Kurt. Je ne sais pas pourquoi le lycée a décidé d'abandonner les poursuites, c'est un vrai miracle."

Kurt se rapprocha de Blaine.

"- Nous pouvons enfin vivre sans problèmes Blaine. Tout est terminé. On peut se concentrer sur le futur maintenant."

Blaine sourit. Kurt l'embrassa.


Harry sortait de l'amphithéâtre, accompagné de Taylor lorsqu'il reçut un coup de téléphone.
L'écran affichait le nom de Wes.

Il fut tenté de décliner l'appel. Après tout, il avait tourné le dos à son ancienne vie. Il avait essayé de sauver tout le monde et, bien que tout ne se soit pas passé comme il l'avait imaginé, il pensait avoir rempli sa part du travail. À présent, la meilleure chose à faire pour lui était de disparaître et de laisser les autres vivre leur vie en paix. Malgré tout, il décrocha.

"- Qu'est-ce que tu veux Wes ?"

Son ami semblait tendu au bout de fil.

"- Je viens de recevoir la visite d'une vieille connaissance... Commença-t-il"

Sebastian leva un sourcil.

"- Et cette connaissance me concerne ?

- Oui... Elle te cherchait.

- Qui ?

- Santana Lopez."

La cœur de Sebastian eut un raté et il leva les yeux vers son ami qui le regardait avec un air intrigué.

"- Apparemment, continua Wes, elle a revu Kurt et Blaine récemment et ils lui ont raconté toute l'histoire. Elle a demandé à te voir.

- Tu sais ce qu'elle me veut ? Demanda Sebastian en tentant de garder une voix calme.

- Je ne sais pas... Elle avait l'air assez posée en tout cas. Je lui ai donné ta nouvelle adresse.

- Tu as fait QUOI ?!"

Sebastian fut pris d'une folle envie de frapper Wes. Revoir Santana équivalait à un suicide. Il connaissait la jeune femme et son tempérament de feu. Il ne survivrait pas à une confrontation.

"- D'après ce que j'ai compris, continua Wes, elle prenait le premier avion pour San Francisco... Elle devrait être au campus dans la soirée."

Sebastian soupira et se passa une main sur le visage. Il comprenait la colère de Santana. Il l'a comprenait parfaitement. Mais Santana ne savait pas tout. Elle ne savait pas pourquoi il lui avait fait ça. Encore une fois, il avait tenté d'aider quelqu'un. Encore une fois, il s'était foiré.

"- Très bien... J'imagine que je n'ai plus qu'à me tenir prêt alors. Merci de m'avoir prévenu.

- De rien mon pote. Courage."

Sebastian raccrocha et fixa son téléphone. Au fond, il n'était que peu surpris.

"- Qu'est-ce qui se passe ? Lui demanda Taylor.

- Une vieille connaissance qui vient me rendre visite."

********
Sebastian attendait la latina de pied ferme. Il était plus de 23 heures, mais il était persuadé que l'heure tardive ne stopperait pas Santana. Il tournait en rond dans son appartement, cherchant à préparer un discours, à trouver les bons mots pour tout lui expliquer. Il ne désirait pas qu'elle lui pardonne. Il ne méritait le pardon de personne. Mais il voulait qu'elle comprenne.

Il était peut-être le grand méchant de l'histoire, mais il n'avait pas fait exprès.
Il alluma la télévision pour se relaxer un peu, en vain. Ses mains étaient moites et il avait envie de vomir.

Vers une heure du matin, quelqu'un frappa à la porte.

Le moment était venu.

Sebastian se leva, avança lentement vers la porte avant de s'arrêter et de fixer la poignée.

"- Je sais que tu es là dedans, Smith. Alors arrête de te cacher et ouvre-moi."

Sebastian inspira un grand coup et tourna la clé dans la serrure.
Toute la journée, il avait essayé de se représenter le moment. Beaucoup de scénarios avaient défilé dans sa tête. Mais aucun se rapprochait de la vérité.

La porte s'ouvrit sur un fantôme. Santana ne ressemblait en rien à la fille qui avait l'habitude d'arpenter les couloirs de McKinley la tête haute.

Elle était vêtue d'un long jogging noir et d'un pull gris chiné bien trop grand pour elle. Ses longs cheveux noirs étaient retenus en chignon désorganisé sur le haut de sa tête. Toute trace de maquillage était absente de son visage. Même sa peau semblait plus pâle.
Pendant quelques secondes, Sebastian pensa qu'elle était retombée dans la drogue. Mais lorsqu'il croisa son regard, ses yeux bruns fatigués et tristes, il s'ôta cette idée de la tête.

"- Bonsoir Sebastian."

Le garçon ne nota aucune marque de colère ou d'agressivité dans sa voix. Elle paraissait juste lassée et épuisée.

"- Bonsoir Santana."

Il s'écarta pour la laisser entrer.

Santana regarda autour d'elle. Le petit appartement de Sebastian ressemblait en tout point à l'idée qu'elle avait pu se faire d'un appartement d'étudiant dans un campus, à un détail près : l'endroit était bien trop propre et trop rangé.

"- Qu'est ce qui t'amène ? Demanda Sebastian, brisant ainsi une silence qui commençait à devenir pesant."

Santana se retourna lentement et planta son regard dans celui de Sebastian.

"- Tu n'es qu'un putain d'enfoiré. Kurt m'a tout raconté. Je... Je ne te comprends pas Sebastian. Et au fond je n'ai pas envie de comprendre.

- Pourquoi est-ce que tu es venue Santana ? Si c'est pour me mettre une dérouillé et me dire que j'ai merdé, tu peux rentrer chez toi. Je le sais déjà tout ça et je me flagelle assez tout seul. Alors tu peux partir."

Santana fixa Sebastian comme si c'était la première fois qu'elle le voyait.

"- Je ne suis pas là pour te faire la morale. Je pense que tu as compris tout seul que ce que tu avais fait était dégueulasse. Tu as détruit ce foutu Hobbit et tu m'as détruise moi ! Mais je ne suis pas là pour ça."

Sebastian haussa un sourcil.

"- Pour quoi alors ?"

Santana soupira.

"- J'ai besoin de toi. J'ai besoin de recommencer ma vie, comme toi tu as fait."

Sebastian ne pouvait pas être plus surpris. Il s'attendait à ce que Santana lui hurle dessus, qu'elle le frappe même peut être. Surtout pas à ce qu'elle lui demande de l'aide.

"- Pourquoi ? Lui demanda-t-il. Tu as Brittany, des amis... Tu as ta vie à Lima. Santana Lopez n'est pas seule."

La Latina lui jeta un regard mauvais.

"- La Santana dont tu parles n'existe plus. J'avais Brittany mais cette histoire avec Blaine nous a séparé pour de bon. Sache que je t'en tiens pour responsable, soit dit en passant. Quant à Kurt, il ne me pardonne pas mon attitude envers Blaine. J'ai été odieuse il est vrai. Encore une fois, tu es responsable. Alors je pense que tu me dois quelques faveurs. Tu m'as bousillée une fois Smith. Alors rachète-toi et aide moi à me reconstruire."

- Je n'ai pas voulu te bousiller Santana, je... Ce n'était pas voulu je pensais juste t'aider !

- Tu pensais m'aider en me droguant ? Smith tu es en encore plus débile que tu en as l'air.

- Tu allais mal, tu me disais que tu voulais oublié. J'avais avec moi ce qu'il fallait pour te faire planer un peu et te faire sentir mieux. Je n'avais pas prévu que tu tombes dedans...

- À d'autres...

- Santana, s'il te plaît crois-moi ! Je ne demande pas ton pardon, je veux que tu comprennes. J'ai vraiment voulu t'aider. Mais j'ai merdé et j'en suis désolé."

Santana se tut. Elle n'était pas prête pour les excuses. Elle n'en voulait pas. Elle était en colère contre Sebastian, mais ça sa tristesse l'emportait sur le reste. À présent, tout ce qu'elle désirait, c'était recommencer sa vie du début, prendre un nouveau départ et oublier l'ancienne Santana.

"- Sebastian... Tout ce que je veux, ce sont des papiers. Tu es devenu Harry Jenkins. Je veux devenir quelqu'un d'autre également."

Sebastian soupira. Après tout, il lui devait bien ça.

"- Où vas-tu aller vivre après ?

- Je ne sais pas, soupira la Latina. Quelque part où personne ne me connaît.

- Reste ici."


Note d'auteur :

Voilà donc la fin officielle de CWM. Enfin le dernier chapitre. Il reste tout de même un épilogue, consacré à Klaine. Je m'excuse de mettre autant consacrée à Sebastian pour le chapitre mais ça me semblait important.

Merci à ma béta Higu qui m'a motivée et a patiemment corrigé chaque chapitre de cette fiction.

Merci à Salomé pour m'avoir autant soutenue.

Merci à toutes les personnes qui me suivent, lisent et postent des reviews. Je m'excuse auprès de vous pour les mois entre les chapitres. Je suis une auteure abominable et sachez que je ne posterai plus jamais de fiction avant de l'avoir terminée au préalable. (Ce qui signifie qu'après CWM vous ne me verrez plus avant un long moment.)

Merci à mes fantômes également. Tous ceux qui lisent sans jamais me faire signe. Je sais que vous êtes là quand même.

A bientôt (normalement) pour l'épilogue final !