Merci à celles qui m'ont laissé leur com.
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Un remerciement spécial à Fouts dont j'ai apprécié particulièrement le com (et c'est si bien écrit en plus). J'espère que la suite de cette histoire te plaira autant que le début.
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Voici donc enfin la grande explication : comment Tony a-t-il pu disparaître sans que quiconque ne puisse le retrouver ?
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Je vous rappelle quand même que ceci est une fiction et qu'il se peut que je sois dans l'erreur. J'essaye cependant d'être la plus logique possible et d'envisager toutes les possibilités mais l'erreur étant humaine, n'hésitez pas à me corriger.
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Chapitre 8 : Explication
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Après être repassés par la case « chaussons », chacun reprit place dans le salon où du café frais laissait échapper un arôme que Gibbs apprécia fortement. Un mug était déjà rempli à son intention et il reconnaissait là la patte de son ancien bras droit. L'italien avait toujours eu de ces petits gestes envers Abby, Ducky et lui-même, il réalisa aussi que McGee et David n'en avaient jamais bénéficié. Tony réservait en général ces attentions envers ceux qu'il estimait ou les gens qu'il appréciait particulièrement.
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- Tu sembles t'être merveilleusement adapté à ta nouvelle vie, Anthony déclara soudain le légiste pour mettre fin au silence qui s'éternisait.
- Hum… oui, je me plais ici affirma Tony sans embarras et sans emphase. Le cadre est beau, la vie plus calme, les gens sont sympas, l'activité ne manque pas.
- C'est ce qui t'a attiré ici ? demanda Abby maintenant curieuse.
- Non, Abs. J'ai simplement eu l'opportunité de venir ici et je l'ai saisi comme une bouée de sauvetage avoua t-il avec sincérité.
- Alors comment DiNozzo est-il devenu Paddington, Tony ? voulut savoir Jethro. Tu as dit tout à l'heure à Ziva que c'était ton nom.
- C'est la pure vérité, Gibbs affirma l'italien calmement. En fait, je possède par le plus grand des hasards une triple nationalité. Mon grand-père paternel ne s'est jamais fait naturaliser, il a travaillé sur le sol américain toute sa vie tout en restant italien, mon père est né en Italie et n'est devenu américain que bien plus tard, ma mère était anglaise et a conservé sa nationalité. Je suis né sur le sol américain d'un père italien et d'une mère anglaise.
- Ce qui fait que tu étais américain de naissance mais également italien par ton père et anglais par ta mère résuma l'ancien marine. Tu as pu conserver ton passeport italien ?
- Oui par dérogation spéciale dit Tony sans s'étendre sur les détails d'une telle permission.
- Et le nom ?
- Ma mère a toujours voulu que son nom soit accolé à celui de DiNozzo lorsqu'elle était encore en vie. Ce n'est qu'après sa mort que mon père a commencé à l'écourter pour ne retenir que le sien. Je n'ai pas modifié ce fait lorsque je suis devenu flic mais mon acte de naissance porte le nom complet.
- C'est pour cette raison que tu as pu utiliser le nom de ta mère aussi facilement jubila Abby enfin heureuse d'avoir trouvé la solution à son manque d'indices lors de ses recherches. Et dire que c'était aussi simple et que je n'ai pas pensé à consulter ton état civil.
- Console-toi, peu de gens connaissait ce détail, Abby. Il y a tellement longtemps que je n'avais pas fait usage du nom de ma mère que je savais pouvoir l'utiliser sans éveiller d'intérêt. Et la seule fois où je l'ai brièvement mentionné devant l'équipe, personne n'y a prêté attention. Je savais pouvoir l'utiliser sans risque.
- Et le ranch ? demanda Ducky qui sirotait son thé mais ne manquait pas une bribe de la conversation.
- Un héritage révéla Tony. Mes grands-parents paternels me l'ont laissé à leur mort, mon père n'était pas tenté par cette activité et n'a jamais contesté le choix de son père. Il n'est jamais venu ici bien que mes aïeux y aient passé une partie de leur existence. Je suis venu en visite à plusieurs reprises et j'ai même passé une partie de ma convalescence au ranch après ma blessure au football et une à Philly.
- Qu'as-tu fait de ta voiture ? Tu ne voulais même pas laissé quiconque la conduire rappela Gibbs.
- C'est Harmon qui l'a en garde, elle est dans son garage à Georgetown avec sa corvette expliqua Tony. Nous avons misé sur le fait qu'Abby tenterait de la retrouver ou que tu mettrais un avis de recherche dessus. La prudence voulait que je m'en débarrasse mais j'ai préféré la laisser aux mains d'un ami.
- Voilà pourquoi je n'ai jamais pu découvrir où tu avais atterri soupira la gothique. Sans téléphone, sans plaque d'immatriculation à tracer, comment te repérer ? Tu as vraiment bien dissimulé tes traces, dis-moi.
- Il le fallait, Abs assura son ami. Entre ton génie et le flair de Gibbs, il était évident que vous sauriez vite me retrouver et je voulais l'éviter à tout prix. J'avais absolument besoin de m'éloigner autant que possible de DC et d'être introuvable. Comprends-moi, je ne supportais plus ce qui se passait et je savais que rien n'allait s'arranger.
- Tu as donc planifié ton départ ? demanda à nouveau Gibbs qui se doutait de la réponse mais ne savait pas depuis combien de temps.
- Oui, j'ai discuté de mes difficultés avec Harm et c'est lui qui m'a conseillé de partir confia Tony en toute simplicité. Nous entretenons une amitié… qui date de quelques mois après notre première rencontre mémorable. Nous avons quelques affinités et goûts en commun, nous avons réussi à combiner nos différences et pu ainsi devenir de bons amis. Il sait être charmant et serviable pour ceux qui comptent pour lui et j'ai la chance de compter parmi ces gens-là.
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Gibbs comprit que son ancien agent dissimulait quelque chose d'important concernant son amitié avec l'avocat du JAG rien qu'à la façon dont il avait laissé un blanc après le mot « amitié ». Saurait-il un jour ce qu'il en était exactement ? Il soupçonnait fortement que les liens qui unissaient les deux hommes devaient être particuliers parce que Tony ne portait pas les avocats dans son cœur comme l'avait souligné Abby.
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- Tu saurais charmer un serpent à sonnettes s'exclama alors Abby. Comment n'aurais tu pas réussi à le faire avec un avocat même si tu prétends ne pas les aimer ?
- Je n'aime pas les avocats, les hommes de justice en général, Abs. Ils sont trop souvent de mauvaise foi et de mauvais conseillers dans certaines circonstances dit-il avec amertume. Harm a su me prouver que je pouvais compter sur lui et être également de bon conseil. Il s'est chargé de trouver un juge qui a validé ma nouvelle identité sans poser de questions et en me laissant la possibilité de reprendre le nom de mon père à tout moment.
- Donc, tu vas pouvoir devenir à nouveau Tony DiNozzo maintenant qu'on t'a retrouvé déclara la gothique. Tu n'as plus aucune raison de te cacher derrière un autre nom.
- Paddington reste quand même mon nom, Abs l'admonesta gentiment son ami.
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Gibbs n'avait pas obtenu de réponse franche à sa question et il s'apprêtait à revenir sur le sujet lorsque, de lui-même, Tony l'éclaira.
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- Harm et moi avons passé des soirées entières à peser le pour et le contre, à tenter de trouver une solution mais plus le temps passait et plus les choses se dégradaient rappela l'italien. J'ai fini par lui avouer que je ne pouvais en supporter plus et que je… que je…
- Que tu pensais au suicide énonça doucement Ducky afin d'aider le jeune homme qui n'arrivait pas à avouer cette pensée.
- Oui soupira néanmoins Tony sans se dérober. C'est Harm qui m'a dissuadé de commettre un geste fatal et qui a, au contraire, concocté notre plan. Il a suggéré le changement de nom et la gestion de mes comptes par lui, j'ai penché pour le ranch comme résidence et à partir de là, nous avons élaboré mon hypothétique départ. Le temps que tout soit en place et deux mois avant cette fatale affaire, le plan était finalisé. Il ne restait qu'à savoir si j'allais en avoir besoin ou pas.
- Rabb en savait long sur ton compte pour oser suggérer un tel plan nota Gibbs d'un ton neutre. Il savait pour cet endroit aussi, je présume.
- Je l'ai emmené ici plusieurs fois au cours des trois dernières années avoua Tony en souriant certainement à des souvenirs heureux.
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Les explications fournies par son ancien agent prouvaient bien que l'avocat connaissait bien mieux Tony que lui ou que Tony lui en avait dit bien plus qu'à son patron. En même temps, il ne pouvait l'en blâmer, il n'avait jamais cherché à se rapprocher trop de l'italien. Même à la mort de Kate, il n'avait pas su mettre à profit les tristes circonstances pour devenir plus proche.
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Il se servit un autre café sans trembler et se réinstalla confortablement dans le fauteuil. Il avait réussi à cacher le choc reçu lorsqu'il avait entendu Ducky prononcer le mot « suicide », il avait été si prêt de perdre son ami sans le savoir qu'il devait sérieusement se remettre en question s'il n'avait pas vu venir la chose.
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Pour l'instant, plus il écoutait Tony parler et plus il souhaitait retrouver leur complicité d'antan, leur camaraderie bon enfant, l'amitié sincère qui les liait avant la mort de Kate. Il savait que cet évènement avait changé bien des choses et réalisait soudain que tout découlait de là, qu'il n'avait pas été le seul touché par cette tragédie et qu'il avait laissé Tony pour ne se concentrer que sur sa propre douleur.
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De son côté, Tony ne savait comment répondre à la remarque de Gibbs, il était vrai que les deux hommes avaient été un moment des amis mais ensuite, ils étaient devenus de simples collègues, un supérieur et un subordonné, un ancien marine et un ex flic, deux hommes qui devaient accomplir leur travail quelle que soient les circonstances.
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D'un autre côté, Harm était devenu plus qu'une connaissance, un ami et presque un frère. L'aîné avait épaulé le cadet durant des semaines, l'avait soutenu et dissuadé de mettre fin à son tourment. Il était le pilier qui le soutenait, l'ancre qui le maintenait, le rocher qui le retenait. Il était aussi la voix de la raison, celle de la sagesse, celle de la persuasion. Il avait été tout ce que Gibbs n'avait pas pu être à ce moment crucial de sa vie.
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Il avait été aussi bien plus que ce que l'ancien marine n'avait pas été pour lui, n'avait pas pu devenir pour lui. Un travail au sein d'une agence fédérale ne permettait pas toujours de nouer des liens de toute nature avec des collègues, encore moins lorsque ces collègues travaillaient constamment ensemble ou que les rapports supérieur/subordonné en étaient la base. Harm et lui avaient eu le privilège de vivre quelque chose d'unique durant plusieurs années, quelque chose qui subsistait encore malgré la distance.
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- Il m'a… Je lui dois la vie avoua soudain l'italien dans un souffle.
- Alors j'ai intérêt à rentrer dans ses bonnes grâces lors de notre prochaine rencontre sourit Jethro dans un effort pour faire comprendre à Tony qu'il appréciait l'homme qui l'avait aidé.
- Il sera certainement brusque plutôt, il n'a pas aimé ton attitude envers moi et même s'il te doit sa liberté et son innocence pour l'affaire du Lieutenant Singer, il ne sera pas franchement aimable au vu du reste l'avertit Tony.
- Je suis certain de pouvoir le raisonner si je lui donne quelques explications affirma Gibbs avec conviction.
- C'est à voir et je voudrais bien voir votre confrontation, grand moment en perspective.
- Tu n'as qu'à nous accompagner au voyage de retour suggéra hardiment l'ancien marine.
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Le silence qui suivit les paroles de l'agent fédéral montrait combien les divers protagonistes étaient stupéfaits par la suggestion. Abby finit par émettre son opinion tandis que Ducky poussait un léger soupir et que Tony réservait visiblement sa réponse.
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- Oui, ce serait chouette de te revoir là-bas approuva la gothique. On pourrait aller voir un film, sortir en club, aller dîner chez Mama…
- Abby, je ne crois pas que je retournerai à DC, pas maintenant en tout cas. De plus, j'attends la visite de Harm dans quelques jours, il serait inadéquate de lui dire de reporter sa venue alors que tout est prévu annonça alors l'italien afin de freiner l'enthousiasme de son amie.
- Oh, dommage ! soupira la jeune femme. Mais ce n'est que partie remise, alors, tu finiras bien par pouvoir venir passer quelques jours.
- Peut-être si le travail m'en laisse le temps…
- Tu as de bons employés qui peuvent prendre le relais, Mister gronda la scientifique. Je ne te lâcherai pas tant que tu ne seras pas venu.
- D'autres questions ? demanda Tony dans l'espoir de dévier la conversation. Je crois que vous en aviez au sujet de votre marine.
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Gibbs et Ducky échangèrent un regard comprenant que l'italien ne désirait plus discuter de ce qui s'était passé.
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« Pour l'instant, je te concède la victoire, Tony » songea Jethro.
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Il était néanmoins décidé à y revenir à la première occasion mais cette fois en tête à tête. Il avait en magasin quelques interrogations personnelles qui lui trottait encore dans l'esprit et qui devraient être abordées à un moment ou un autre s'il voulait pouvoir espérer rendre réel son projet. Il n'aimait pas avancer à l'aveuglette et surtout pas sur un terrain miné, trop de choses dépendaient de certaines réponses à certaines questions.
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Il allait d'ailleurs devoir prendre le taureau par les cornes pour s'engager dans une conversation très personnelle avec son ancien agent, s'il en avait la possibilité avant leur départ. Dans le cas contraire, il lui faudrait changer son fusil d'épaule et envisager une autre solution tout aussi radicale. Mais il avait bon espoir que l'italien lui accorde un entretien privé avant que tous ne repartent pour DC.
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Il devait, dans la mesure du possible, éviter que ces trois agents ne se retrouvent en face de Tony, il ne voulait pas de confrontation directe comme celle qui avait failli arriver quelques heures plus tôt. L'agressivité latente de l'israélienne envers Tony était un point acquis, l'attitude de l'italien envers elle était une totale inconnue et il avait horreur de ne pas savoir dans quelle direction il allait.
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Tony se leva soudain dérangeant Gibbs dans ses pensées.
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- Je vais aller donner quelques instructions à Maria pour le dîner de ce soir indiqua t-il. Avez-vous trouver un point de chute pour votre séjour ? s'enquit-il encore. Je vous aurais bien proposer l'hôtel mais il est complet à cause du congrès et mes appartements personnels sont une scène de crime, donc…
- J'ai chargé McGee de nous trouver quelque chose ou de voir avec le détective Stewart l'informa son ancien patron. A défaut, je peux me débrouiller avec le Capitaine Smyers de la base pour obtenir quelques lits.
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Tony resta indécis quelques secondes avant de finalement faire une proposition.
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- Si vous n'avez vraiment rien, je peux vous loger lâcha t-il du bout des lèvres. Du moins, vous trois pourrez loger ici mais les autres devront trouver une chambre ailleurs.
- C'est très généreux de ta part, Tony mais on ne voudrait pas déranger assura Gibbs qui reconnaissait l'effort consenti par l'italien qui l'avait englobé dans l'offre.
- Pas de problème, je pourrais avoir Abby et Ducky un peu plus longtemps pendant que tu seras occupé déclara Tony. Pour le reste de l'équipe, je ne suis pas certain d'être assez magnanime pour les recevoir ici. A la rigueur, ils pourront loger dans le quartier des employés mais devront y prendre aussi leurs repas. Ce n'est pas le Ritz mais c'est quand même mieux qu'autre chose. Désolé de ne pouvoir faire plus.
- Pas d'offense, Tony sourit Jethro pour lui faire savoir qu'il comprenait. Je vais voir ce qu'il en est pour eux. Et merci pour ton offre, il ne nous restera qu'à récupérer nos bagages.
- Un de mes hommes est en ville, il pourra vous les apporter, suffira de lui dire où vous les avez laissés. Je vais voir Maria pour le dîner et les chambres, je suis là dans quelques minutes et je répondrais à vos questions pour l'enquête.
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Tony sortit et aussitôt, Abby en profita pour faire connaître son opinion.
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- Bossman, je suis heureuse que tu sois aussi conciliant et que tu acceptes aussi facilement l'offre de Tony approuva-t-elle en venant l'étreindre en remerciement.
- Abigail a tout à fait raison, Jethro renchérit Ducky. Je suis certain que cet arrangement permettra de renouer avec notre jeune italien bien mieux que n'importe quelle brève visite. Et je vais pouvoir profiter de quelques jours pour faire entendre raison à notre entêté.
- Ducky, sois raisonnable et ne le force en rien. Tu risquerais d'obtenir l'effet contraire, tu le sais aussi bien que moi l'avertit Jethro.
- Comme si tu n'avais pas toi-même envisagé la chose rétorqua le légiste un brin septique. Comment comptes-tu faire pour t'aménager un peu de temps avec lui ?
- Je vais confier l'enquête à McGee déclara-t-il simplement. Il doit faire ses preuves en tant qu'agent senior et ça fait un an qu'il occupe le poste. Il est temps qu'il me prouve qu'il peut passer à l'étape supérieure.
- « L'occasion fait le larron » cita Ducky en souriant.
- Exactement rétorqua-t-il en retour. Je vais sans doute aussi recevoir sous peu un coup de fil de la directrice, je suis persuadé que Ziva a dû lui annoncer que l'on avait retrouvé DiNozzo. Reste à savoir ce qu'elle lui aura dit à son sujet.
- Elle aura tout dit gronda Abby. Ziva hait Tony, elle sera encore plus déterminée à lui faire du tort si elle le peut, elle est jalouse de ce qui te lie à Tony et voir que son ennemi est bien retombé sur ses pattes doit la vexer encore plus.
- Jethro, je serais d'avis de garder un œil sur notre officier conseilla également le légiste. Il est vrai que certaines de ses réflexions au sujet de Tony n'étaient pas des paroles en l'air, elle cherchera certainement à lui nuire, pas ici, pas maintenant mais le Mossad pourra sans doute lui apporter de l'aide même officieusement.
- Je sais et je vais prendre quelques précautions approuva Jethro. Dès notre retour, Abby mettra une alerte sur son téléphone, je veux pouvoir connaître ses correspondants.
- Ok, boss, ce sera fait et je vais tracer les appels à partir d'aujourd'hui promit Abby. Et je vais tracer sa voiture également.
- Attention, Abby, elle est du Mossad et doit avoir l'habitude de contrôler sa voiture lui rappela son mentor.
- T'inquiète, elle ne verra pas ce que je vais lui faire.
- Bien. Pour ce qui est de Timothy ? demanda Ducky.
- On le laisse dans l'ignorance. Tout dépendra de son attitude envers Tony durant ces quelques jours déclara l'agent senior. Profitez de votre temps avec Tony, renouez avec lui tranquillement, ne vous préoccupez que de vous faire plaisir sans arrière-pensée, soyez naturel avec lui comme avant conseilla-t-il.
- Comment vas-tu réfréner la directrice ? demanda encore Abby.
- Pas besoin de mentir, en confiant l'enquête à McGee, je nous ménage quelques jours expliqua Jethro. Il aura des hésitations et commettra des erreurs qui devront être rectifiées. Il n'a pas suffisamment accordé de crédit à Tony lorsqu'il l'a pris en mains, il a cru que mon bras droit était laxiste, paresseux et fanfaron.
- Pour sûr que son jugement devrait être révisé mais pour l'heure, ça nous arrange bien nota Ducky. Même si j'aime bien ce garçon, j'ai toujours eu un faible pour Anthony avoua le légiste. Si j'avais eu un petit-fils, j'aurai souhaité qu'il soit comme lui, honnête, fidèle, loyal…
- Il t'a toujours considéré un peu comme un grand-père, Duckyman déclara Abby. Il aimait bien écouter tes histoires et il a pris bien des claques de Gibbs parce qu'il t'écoutait au lieu de faire son travail mais il disait que ça valait la peine parce qu'il apprenait aussi bien de toi que de Gibbs.
- Bon, assez de sentimentalisme ou Tony risque de nous retrouver en train de pleurer ironisa Gibbs pour alléger l'atmosphère.
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Les paroles d'Abby n'avaient pas seulement secouer Ducky mais elles avaient également fait écho dans son cœur. Il savait que Tony ne montrait pas souvent ses sentiments et que ce qu'il laissait voir ou ce qu'il disait était précieux pour qui en était le destinataire. Il se cachait derrière des fanfaronnades pour éviter que les gens ne le cernent de trop près, il se dérobait rapidement si c'était le cas.
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La dépréciation de soi était une seconde nature chez l'italien, il devait avoir acquis ce détestable sentiment dans son enfance et l'attitude de son père envers l'enfant en était sans doute la cause. Les quelques bribes d'infos qu'il avait laissées échapper au cours de leurs années de travail en commun en étaient l'illustration parfaite, l'enfant avait traversé de durs moments qui avait forgé son caractère d'une manière tout à fait incroyable.
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Comment Tony pouvait-il être devenu l'adulte qu'il était aujourd'hui alors que son père n'avait pas cessé de le diminuer, de le rabaisser par des paroles négatives ? Gibbs ne pouvait s'empêcher parfois de faire le parallèle entre l'enfance de Tony et celle que Kelly avait connu jusqu'à sa disparition. Sa fille avait été bien plus heureuse durant sa courte existence que Tony durant toute la sienne malgré l'argent de son père.
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« L'argent ne fait pas le bonheur » disait le dicton et Jethro pouvait sans erreur affirmer qu'il était bien d'actualité dans le cas de Tony. Ce n'est pas tant qu'il en savait sur son ancien agent, les rares informations qu'il avait dispensées durant leur collaboration pouvaient à peine dépasser la dizaine mais c'était aussi ce qu'il ne disait pas qui renforçait l'impression.
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- En tout cas, je suis bien contente d'avoir finalement accepté de me joindre à vous, les gars s'exclama Abby d'un ton ravi. J'aurais cependant jamais pensé retrouver Tony au fin fond du Texas.
- A vrai dire, je l'aurais plutôt bien vu partir à l'étranger et principalement en Italie, retrouver les racines familiales supposa Ducky.
- Pas en Italie, Duck le contredit Gibbs mais bien plus en France ou en Angleterre pour un temps du moins. Et puis l'Espagne aussi sans doute.
- Tu es devenu expert es-Tony, bossman ! s'étonna la gothique.
- Voyons, Abs, je travaille avec lui depuis plusieurs années, je crois que j'ai appris à le connaître, du moins un peu remarqua l'ancien marine sans s'apercevoir qu'il avait parlé au présent.
- Tu as travaillé, Jethro le reprit doucement le légiste. Et tu as vu ce que notre italien a bien voulu nous montrer, rien de plus et rien de moins.
- Exact, ça, Duckman approuva la laborantine. Tony a beau avoir été et est encore presque un frère pour moi, je n'ai jamais fait qu'égratigner la couche qui recouvre son passé.
- Et il est enfoui si profond que le remonter à la surface doit prendre toute une vie pour celui ou celle qui veut vraiment s'en donner la peine.
- Pour sûr, Duck, DiNozzo a élevé des murs de béton autour de lui depuis son enfance et les détruire à mains nues ne ferait que nous blesser observa l'agent fédéral.
- Surtout si l'un de nous veut s'y attaquer seul répliqua l'écossais. Il faudrait un miracle ou beaucoup d'amour pour espérer découvrir le vrai Tony sous la carapace.
- Pas facile d'y parvenir opina Gibbs et ne serait-ce que fissurer ce mur peut saper la volonté d'un homme bien intentionné et plein de courage.
- Eh, suffit de trouver son âme sœur et elle, elle saura comment faire pour rassurer Tony et le pousser à s'ouvrir aux autres un peu plus suggéra Abby.
- Je crois que si Tony avait une âme sœur, il aurait déjà dû la trouver avec toutes les rencontres qu'il a faites et tous les flirts qu'il a eus remarqua justement le légiste.
- Oh, mon cher ami mima la gothique d'une voix qui tentait de ressembler à celle de Gibbs, je crois qu'il lui reste encore à explorer trop de voies et qu'il a encore la possibilité de la trouver.
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Les deux hommes secouèrent la tête devant l'imitation grossière de la jeune femme et esquissèrent même un sourire. Il y avait bien longtemps que leur amie n'avait pas été aussi heureuse, il était donc agréable de la voir de nouveau aussi joyeuse. Et s'ils se penchaient un peu plus sur le sujet, ils pouvaient dire que l'italien était celui qui leur permettait de traverser une dure journée sans rentrer dépressif le soir chez eux.
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Il n'y avait que quelques heures qu'ils avaient retrouvé Tony et déjà Abby ne songeait qu'à plaisanter, à rire et à retrouver le lien qui l'unissait à son ami depuis presque le premier jour de leur rencontre. Ce qui avait attiré les deux jeunes gens l'un vers l'autre était hors de portée de compréhension de bien des personnes qui les rencontraient ensemble ou séparément et les rendait plutôt sceptique quant à l'amitié qui liait deux êtres aussi différents.
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La plupart des individus ignorait ce qui pouvait rapprocher Tony et Abby, elle était une scientifique reconnue et l'italien avait horreur de tout ce qui avait trait à la science ; il était un ancien flic et un « gosse de riche » qui semblait n'avoir jamais connu de problèmes dans sa vie. C'était tout ce que le monde voyait d'eux et l'apparence persistait longtemps parce que Tony ne cherchait jamais à briser cette illusion.
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Il fallait être patient et persistent pour seulement entrapercevoir quelques fragments du vrai DiNozzo, celui qui était toujours présent pour les amis, celui qui n'hésitait pas à se dévoiler si ça aidait un intime ou une connaissance, celui qui les amusait pour les aider à surmonter la dureté de leur travail, celui qui se mettait dans la ligne de tir pour leur éviter une balle, celui qui se dressait devant la menace pour les protéger.
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Il savait à la fois être fort et vulnérable, dur mais juste, loyal et fidèle aussi bien en amitié qu'en amour, il était un mélange extrêmement complexe qu'il n'était pas facile de déchiffrer s'il avait décidé que son interlocuteur ne valait pas la peine qu'il le laisse pénétrer dans sa tour d'ivoire. Il savait jouer sur tout un registre pour embrouiller son vis-à-vis, ce qui rendait les interrogatoires fascinants parce qu'il pouvait aisément se glisser dans la peau d'un personnage et s'attirer les confidences spontanées de suspects déboussolés par sa tactique.
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Alors que pensez-vous de tout ça ? Laissez-moi votre avis sur ce chapitre : est-il bon, mauvais ou passable ?
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Les trois prochains seront un face à face entre les protagonistes et je parie que celui que vous attendez toutes avec impatience sera celui entre Tony et Jethro, non !
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Alors à bientôt pour le premier des trois entretiens qui amorceront la réconciliation ou la rupture entre les quatre anciens amis.
