Pour vous récompenser de votre patience, j'ai décidé de vous gratifier dès maintenant d'un second chapitre. Celui qui suit va à la fois se concentrer un peu sur l'enquête, le reste de l'équipe avant de reprendre son cours entre nos quatre amis.
Bonne lecture...
Chapitre 10 : Indiscrétion
McGee avait à peine raccroché que l'israélienne vint aussitôt l'alpaguer et tenta de lui tirer les vers du nez. Cependant, et à sa grande surprise, Tim la rabroua sèchement.
- Que voulait te dire Gibbs que nous n'ayons pas le droit d'entendre ?
- Rien qui ne te concerne, ma chère. Simplement des directives de dernière minute.
- A d'autres, tu penses que je vais croire çà ?
- Eh bien, crois ce que tu veux, ça m'est égal, Ziva. Et arrête de tenter de me faire parler, je ne dirais rien.
- Tu penses être assez fort pour me résister longtemps, McGee ? J'en ai mâté de plus coriaces que toi.
- J'en suis sûr mais je te rappelle que tu n'es pas au Mossad et que tes méthodes doivent donc être remisées. Dans le cas contraire, je laisse Gibbs savoir ce que tu fais.
- Oh… ! Le bébé a grandi finalement ironisa t-elle.
- Tu sais ce qu'il te dit, le bébé gronda alors Tim. Va te faire voir, Ziva. J'en ai plus qu'assez de tes manigances, de tes méthodes sournoises, de toutes tes insinuations, de tes complots sordides. Tu peux faire ce que tu veux pour m'évincer de l'équipe, je ne te ferais pas le plaisir d'imiter Tony en te laissant la place aussi facilement.
- Oui, en parlant de ce couard, j'aimerais bien savoir pourquoi nous n'avons pas le privilège d'être logé dans sa demeure. Il se prend pour qui pour nous reléguer avec ses employés, nous avons travaillé ensemble…
- Ce que tu peux être vraiment une enquiquineuse parfois, une emmerdeuse bornée et de mauvaise foi s'écria un Tim exaspéré. Et je pense que tu connais la raison de notre bannissement de la demeure principale, tu n'as ici qu'un petit aperçu du résultat de tes manigances douteuses envers Tony. Et pour tout dire, je le comprends parfaitement de réagir de cette façon, je n'aurais sans doute pas été aussi bon prince si j'avais été à sa place.
- Tiens, voilà que tu commences à te rebeller, McGee, il serait temps que tu t'émancipes un peu et que tu cesses de trembler comme une feuille chaque fois que tu dois prendre une décision par toi-même.
- C'est ce que je fais et je te prie de respecter les consignes du patron en ce qui concerne notre logement.
- Sinon quoi ? Tu me donneras une fessée si je fouine chez ce bon à rien de DiNozzo !
- Il se pourrait que tu récoltes plus que ce que tu sèmes, Ziva et un jour, ça te reviendra en pleine figure l'avertit-il en retournant dans la pièce.
Elle fronça les sourcils en essayant de déchiffrer le sens des paroles du jeune agent, cet adage ne lui était pas familier et elle n'osa pas lui demander de l'éclairer sur son sens. Elle n'avait pas fait de progrès notables dans ce domaine depuis le départ de l'italien qui la reprenait sans cesse mais qui surtout l'aidait à se familiariser avec la langue.
L'agent Jameson avait bien tenté de prendre la relève mais le jeu n'avait pas la même saveur qu'avec l'italien et elle avait fait sentir son exaspération. Il avait abandonné au bout de quelques semaines en comprenant qu'elle jouait avec lui. Après quelques tentatives infructueuses pour relancer le jeu, elle avait cessé de multiplier les fautes de langage lorsque le nouvel agent n'avait plus relevé ses erreurs.
Pour l'heure, elle avait un coup de fil à passer en privé et elle s'éloigna un peu de leur position. Se croyant à l'abri, elle ne prit pas la peine de parler dans une autre langue et ce fut tant mieux pour McGee qui avait compris qu'elle allait appeler la directrice. C'est sans vergogne qu'il utilisa un petit amplificateur sonique qui captait les sons et qu'il brancha sur son ordinateur afin d'enregistrer la conversation.
La Directrice Shepard décrocha au bout de deux sonneries, signe qu'elle attendait certainement l'appel qu'elle prit rapidement. Et comme McGee le soupçonnait, Ziva relata leur rencontre avec Tony.
- Shalom, Jenny dit la brune en guise de salut.
- Shalom, Ziva répondit Shepard. Comment ça se passe à Dallas ? Je pensais recevoir des nouvelles de Gibbs.
- Eh bien, vu qui nous avons rencontré, je crois que tu peux attendre pour qu'il t'appelle l'informa l'officier du Mossad.
- Que veux-tu dire, Ziva ? Tu m'inquiètes là.
- Il y a de quoi. Nous sommes tombés sur DiNozzo, ici, figure-toi.
- DiNozzo ! Comment est-ce possible ? Je croyais qu'il était à l'étranger ?
- Et non, il est près de Dallas où il coule une vie plutôt agréable cracha presque Ziva. C'est lui le propriétaire de l'hôtel où le marine est mort. Et il possède aussi un immense ranch et un haras de chevaux de course. Il est riche, très riche apparemment.
L'israélienne entendit son amie soupirer avant qu'un bruit de verre poser brusquement sur la table ne la fasse sursauter.
- Ziva, on dirait que tu es jalouse de sa reconversion susurra Jenny, un brin ennuyée elle aussi.
- Tu imagines que tout ça aurait pu être à moi si tu m'avais laissé séduire cet idiot gronda l'officier.
- Voyons, il ne sert à rien de regretter ce qui est fait la coupa Shepard. De plus, tu n'es pas son type de femme, trop sûre de toi, trop « assassin » à son goût. Tu n'avais pas une chance, Ziva, il n'aurait jamais craqué pour toi et tu le sais. C'est pour cette raison que tu lui as mené la vie dure, il t'a royalement ignorée, toi, une femme qui pouvait prétendre à devenir quelqu'un. Comment Jethro a pris cette rencontre ?
- Je l'ignore soupira l'israélienne qui s'attendait à cette question.
- Comment ça, tu l'ignores ?
- DiNozzo ne nous as pas laissé le temps de prendre nos repères, il nous a carrément fait escorter hors de son ranch.
- Où est l'équipe en ce moment ?
- Eh bien, McGee, Jameson et moi sommes encore à Dallas, dans les locaux de la police où nous finissons quelques recherches. Les trois autres sont chez DiNozzo qui les a invités à manger et offert l'hospitalité pour la durée de notre séjour ici, si j'ai bien compris ce que McGee m'a rapporté de sa conversation privée avec Gibbs.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? s'exclama la directrice irritée.
- Gibbs a confié l'enquête à McGee, il lui a dit qu'il devait faire ses preuves en tant qu'agent senior. Jameson et moi sommes à ses ordres et devons lui obéir indiqua la jeune femme. En plus, nous avons généreusement été conviés à loger avec les employés du ranch parce que tous les hôtels, motels et pensions de famille de Dallas et Fort Worth sont complets depuis des mois. Gibbs, Abby et Ducky sont logés dans la résidence principale avec tout le confort.
- Là, je crois que tu comprends qu'il te fait payer les durs moments que tu lui as fait passer avant son départ, ma chère. Je t'avais pourtant dit d'y aller doucement, qu'il serait capable de prendre sa revanche un jour ou l'autre. Je ne pensais pas que ce serait de cette manière mais tu es à présent sur son territoire, il peut se comporter comme bon lui semble.
- Il n'est pas au-dessus des lois, Jenny affirma la brune. Sache que Monsieur a un nom d'emprunt, c'est la raison pour laquelle on ne l'a pas trouvé lors de nos recherches. Son nom est Paddington, j'ignore d'où il le sort mais c'est le nom sous lequel il est connu ici. On pourrait sans doute le dénoncer auprès de la police de Dallas, non ?
- Ziva, comprends bien une chose, DiNozzo avait préparé son départ, il n'a pas dû laisser grand-chose au hasard, c'était un agent fédéral et un très bon agent, en plus même si tu ne veux pas le reconnaître. Il a certainement assuré ses arrières, sans doute fait appel à un avocat ou un juge. Il serait bon de savoir si la police de Dallas sait quelque chose sur lui mais il faudrait le faire discrètement. De mon côté, je ferais quelques recherches d'ici et je vais faire appel à des amis qui me doivent un service.
- D'accord, je vais tenter de me rapprocher du détective qui nous a reçus et lui tirer quelques infos sur DiNozzo. Je te tiens au courant.
- Et je vais appeler Jethro pour en savoir un peu plus et le remettre sur les rails conclut la directrice. A plus tard, ma chère.
- Oui, à plus tard répondit Ziva.
McGee rangea rapidement son matériel lorsqu'il comprit que la conversation était terminée, il lui fallait faire rapidement un compte rendu de cet entretien à Gibbs avant que la directrice ne l'appelle. Il se doutait que Ziva n'allait pas le lâcher, il allait lui falloir ruser et pour ça une seule solution, passer par Abby et utiliser leur code secret.
Lorsque l'israélienne regagna la pièce, Jameson (que McGee avait éloigné sous un vague prétexte) n'était pas avec eux. En passant dans le dos de Tim, Ziva vit qu'il semblait occuper avec le dossier du marine et qu'il était concentré sur sa tâche. En fait, McGee était parfaitement conscient des faits et gestes de Ziva mais se comportait comme s'il ne s'en préoccupait pas.
« Elle semble vraiment perturbée, elle se ronge les ongles et ne cesse de tourner en rond. Gibbs avait vu juste, elle a baissé sa garde. A moi de me montrer à la hauteur en profitant de cet état de faiblesse surtout s'il est passager » songea Tim en la regardant via son écran où se reflétait la jeune femme.
Il s'étira pour faire croire qu'il était fatigué tandis qu'un coup fut frappé sur la porte de la salle. Ziva bondit et alla ouvrir, elle fut surprise de voir un homme qu'aucun d'eux ne connaissait.
- Bonsoir, Dave Maddox, je travaille pour M. Paddington se présenta l'homme. Je viens vous chercher pour vous conduire au ranch.
- Ah, oui, parfait fit aussitôt McGee sans laisser à Ziva le temps d'ouvrir la bouche. Nous en avons pour quelques minutes pour rassembler nos affaires et appeler notre collègue.
- Bien, je vous attends dans le hall précisa le cow-boy en les saluant avant de sortir avec le militaire.
- J'appelle Jameson et lui demande de récupérer nos bagages indiqua Tim. Tu devrais m'aider à ranger ici que nous soyons prêts à partir dans quinze minutes dit-il à l'intention de Ziva qui grimaça. Ecoute, Ziva, faisons en sorte que tout se passe bien ici avant de nous déclarer une guerre de pouvoirs à DC si tu le souhaites.
- Oh, tu peux compter que je ne laisse pas cette affaire sans répercussion, McGee déclara Ziva avec fermeté en commençant à ranger tout en pestant en hébreu.
Le jeune agent comprit que, quoi qu'il se passe ici à Dallas, Ziva le lui reprocherait dans une certaine mesure parce qu'il était l'agent en charge. Il s'en moquait parce qu'il avait pris une décision qu'il comptait mettre à exécution dès leur retour. Il ne supportait plus les grands airs de l'officier du Mossad et quitte à faire quelque chose, il allait frapper un grand coup. Il n'était pas un informaticien de pacotille et les possibilités de poste pour un agent tel que lui étaient plus nombreuses que celles que Ziva pouvait se voir proposer.
Elle n'avait pas remarqué le petit appareil que McGee avait mis en route aussitôt qu'elle avait débuté sa diatribe dans sa langue maternelle. Il allait avoir besoin de jetons pour négocier avec la Directrice ou avec le Secrétaire de la Marine s'il y était obligé. Il ne serait pas un pion comme Tony dans le jeu des deux femmes, il ne serait pas le dindon de la farce comme l'italien. Il savait que son ancien collègue avait réuni des preuves qu'il n'avait pas produites lors de sa première plainte mais il en avait fait mention.
McGee se demandait si Tony serait prêt à les lui donner pour appuyer sa demande ; il savait que l'italien n'était sans doute pas d'humeur à l'épauler mais s'il pouvait l'aider à mettre K.O Ziva, il serait peut-être plus enclin à lui donner un coup de main. Il entendait bien se démarquer de l'israélienne, se débarrasser de son influence ne serait pas facile mais il comprenait enfin que la jeune femme menait une guerre d'influence au sein du NCIS et que la Directrice y était étroitement mêlée.
Il allait devoir en aviser Gibbs et faire un choix qui engagerait son avenir au sein de l'agence.
Tandis qu'à Dallas, les trois agents s'organisaient, au ranch, Tony avait lui aussi géré la soudaine apparition de son ancienne équipe. Il avait composé le menu du repas du soir en piochant dans les réserves et le congélateur où il avait stocké les repas qu'il avait préparés à l'avance. Maria se chargea de préparer l'entrée et le dessert et elle mit le plat principal à décongeler pour le réchauffer au tout dernier moment. Lorsque ce fut fait, il rejoignit ses invités tout en organisant la prise en charge des trois agents restés à Dallas.
Lorsqu'il franchit la porte de la salle, Abby et Ducky lui sourirent depuis la terrasse où ils s'étaient installés dans le salon de jardin, l'air encore chaud de fin d'après-midi permettait de musarder un peu et de se réchauffer au soleil. Il fit quelques pas vers eux lorsque Gibbs le rattrapa après sa conversation avec McGee. Les deux hommes firent le reste du chemin vers leurs amis et Abby était ravie de les voir s'approcher ensemble comme au bon vieux temps.
Arrivés près d'eux, ils durent prendre place sur le canapé, seul siège libre. Tony attendit que Gibbs soit installé avant de s'asseoir à son tour, il sourit à la gothique et lui fit un clin d'œil lui faisant comprendre qu'il avait saisi la manœuvre. Le plateau de rafraîchissement était sur la table et Tony se pencha pour resservir Gibbs en café maintenu chaud dans un thermos. Il se servit lui-même un verre d'eau. Puis une conversation anodine s'installa entre les quatre amis, un badinage léger agrémenté de rires et de sourires qui les conduisit jusqu'au dîner.
Gibbs apprécia l'intermède, l'atmosphère détendue, les sujets abordés aussi bien ceux qui concernaient Tony que ceux qui les concernaient eux-mêmes.
Une triste année à effacer de leurs mémoires, une année à rattraper, une année à détailler, une année à explorer.
Douze mois de doute, douze mois de culpabilité, douze mois de remords.
Une semaine pour renouer, une semaine pour raconter, une semaine pour parler.
Sept jours pour disculper, sept jours pour expliquer, sept jours pour pardonner !
Tant de temps et si peu à la fois !
Il savait que Shepard ne lui ferait aucun cadeau lorsqu'elle saurait pour Tony et Ziva avait déjà dû l'avertir. Il avait éteint son téléphone pour être tranquille et il savait que Ducky en avait fait autant. Abby l'avait laissé allumer mais sa programmation lui permettait de savoir qui l'appelait, elle avait une sonnerie pour chaque personne. L'ancien marine avait grande envie de passer cette première soirée de retrouvailles dans le calme et un téléphone qui sonnait sans arrêt était un piège à éviter.
Gibbs écoutait Tony et Abby discuter avec animation de sujets qui le dépassaient, Ducky lui sourit lorsqu'il croisa son regard. Le légiste contemplait lui aussi l'italien avec plaisir, avec avidité même, il s'emplissait les yeux du jeune homme qu'il détaillait également d'un œil critique. L'italien avait perdu du poids et pas quelques kilos comme il l'avait dit plus tôt. Il avait fondu mais il n'était pas maigre, sa silhouette était plus svelte sans être maigre. Les muscles étaient là, il s'en était rendu compte lorsqu'il avait dompté l'étalon, la poigne était solide et ferme.
Le soleil avait éclairci la chevelure brune la striant de mèches plus claires, la peau était plus mate, signe évident du temps passé au grand air. Les prunelles vertes ressortaient d'autant plus dans le visage reposé, les traits étaient plus détendus et plus sereins, les gestes plus sûrs et plus lents comme si désormais il prenait le temps de vivre. L'agent hyperactif avait cédé la place à un homme plus calme mais débordant quand même d'énergie quand il le fallait.
Un coup frappé sur la vitre de la baie attira leur attention. Le cow-boy, aperçu à plusieurs reprises depuis leur arrivée, s'avança vers eux et les salua. Tony se leva, s'approcha de l'homme avant de le tirer vers les sièges. Il entreprit alors de faire une présentation plus complète de son compagnon à ses amis.
- Les amis, je vous présente Cole Granger, mon intendant et mon bras droit dit-il avec un brin de fierté tout en attirant le jeune homme vers lui. Cole, voici Jethro Gibbs, mon ancien patron au NCIS. Ici, Dr Donald Mallard, le légiste mais tout le monde l'appelle Ducky. Et ici sourit Tony en désignant Abby, la scientifique de génie sans qui le NCIS ne résoudrait pas tant d'affaires, j'ai nommé Abigail Sciuto ou Abby.
- Bonsoir, Madame, Messieurs les salua poliment Cole tout en s'avançant pour serrer les mains. Bienvenue au Texas et au ranch.
- Salut, Cole s'exclama Abby en lui serrant la main avec vigueur, une étreinte était sans doute prématurée.
- Bonsoir, jeune homme l'accueillit Ducky en rendant la poignée de mains.
- Bonsoir dit Gibbs en le gratifiant d'un bref sourire.
- Allons, pas de cérémonie entre nous les avertit l'italien, chacun s'appelle par son prénom ici. Nous sommes plus que des amis, presque une famille donc… commença t-il avant de s'arrêter abruptement en se rendant compte de ses paroles.
- Aucune raison d'être embarrassé, Anthony assura Ducky. Tu as refait ta vie ici et c'est normal que tu aies revu tes priorités en matière de connaissances.
- Ducky n'a pas tort, tu ne pensais pas nous revoir approuva Abby. Tu t'es constitué un nouveau cercle d'amis proches et tu considères certains d'entre eux plus comme de la famille comme tu l'as fait pour nous. Ne sois pas gêné, je ne suis ni vexée, ni jalouse… enfin, si… un peu avoua la gothique. Mais après tout, c'est logique, c'est la vie reprit-elle vivement.
- DiNozzo commença Gibbs, tu n'as rien à te reprocher à ce sujet. Ducky et Abby ont raison, il est normal et humain de réagir comme tu l'as fait.
Tony les regarda l'un après l'autre comme pour s'assurer de leur sincérité mais ce fut avec Gibbs que la communication visuelle fut la plus longue. Déchiffrer l'ancien marine avait été un passe-temps pour l'italien avant de devenir une nécessité au fil du temps. Savoir comprendre l'homme d'un simple coup d'œil, jauger son humeur d'un regard lui avaient permis d'éviter des crises, d'anticiper ses ordres, de devancer ses désirs. Il était parvenu à lire en lui comme dans un livre ouvert mais la rencontre avec Aswari, la mort de Kate et l'arrivée de David avaient modifié tout ça, ridant la surface lisse et troublant la lecture.
Aujourd'hui, cependant, Gibbs laissait ses pensées transparaître plus volontiers comme si l'absence de l'officier du Mossad lui permettait d'être lui-même ou… comme s'il voulait faire passer un message à son ancien agent. La seconde hypothèse paraissait la plus vraisemblable à l'italien, ils avaient souvent échangé des ordres ou partagé une idée d'un simple regard. C'était pour eux deux un moyen de communiquer que les autres ne comprenaient pas, comme Abby et Gibbs parlant en langage des signes.
Cole le rappela à la réalité en lui parlant directement.
- Dave a appelé, il a pris contact avec le reste de l'équipe des fédéraux qu'il ramènera avec lui l'informa son intendant.
- Ok, un souci de moins pour Gibbs nota le rancher. Comment va notre nouveau pensionnaire ?
- Bien, vous l'avez épuisé, patron et le vaccin a fait le reste rit Cole. Il est calme, il s'est nourri sans rechigner.
- Tant mieux, le trajet a dû le fatiguer aussi rappela Tony en se passant la main dans les cheveux. L'avion n'est pas un moyen de transport idéal pour un cheval.
- L'avion ! s'étonna Abby. Mais il vient d'où ?
- D'Arabie, c'est un étalon arabe pur sang leur apprit Tony avec de la fierté dans la voix.
- Tu l'as acheté en Arabie ? Bon choix, Anthony approuva Ducky.
Maria apparut alors dans l'embrasure de la baie vitrée et informa son patron que le repas était prêt s'il désirait passer à table. Tony la remercia, lui rappela qu'il ferait le service et qu'elle pouvait disposer car la soirée risquait de se prolonger tard. La femme le remercia, salua l'assemblée et s'en fut laissant l'italien faire les honneurs de la salle à manger. Il plaça ses invités et garda son intendant à sa droite, la place d'honneur et Abby à sa gauche. La table roulante supportant les plats à portée de main, les entrées étaient dressées dans les assiettes.
Après que chacun se fut installé, la conversation reprit là où elle s'était arrêtée.
- Est-ce que tu le destines à la compétition ou à la reproduction ? s'enquit Gibbs qui avait admiré l'étalon.
- Ni l'un, ni l'autre répondit Tony en s'offusquant. Tornado est un étalon certes mais c'est aussi un cheval qui ne peut être brimé et servir de divertissement à une bande de parieurs endiablés. Non, c'est…
- Une récompense le coupa Cole en s'esclaffant.
- Un trophée bien particulier alors renchérit Gibbs en levant les sourcils et souhaitant visiblement en savoir plus.
- A vrai dire, je l'ai gagné à la suite d'un pari avoua l'italien en rougissant.
- Un pari ! Quel pari ? voulut savoir Abby qui adorait, elle aussi, parier sur tout et sur rien.
Tony et Cole se regardèrent en souriant avant d'éclater de rire. Les deux hommes étaient tellement hilares qu'ils ne parvenaient pas à parler, il leur fallut quelques minutes pour se calmer et expliquer ce qu'il en était.
- Un très fortuné roi d'un pays arabe avait une jument qui ne voulait pas se laisser monter débuta Tony. Une fière demoiselle qui ne se laissait pas approcher par n'importe quel étalon et qui faisait sa mijaurée et boudait tous les prétendants qu'on lui présentait.
- Son propriétaire était désespéré, il souhaitait vivement qu'elle lui donne des poulains continua Cole en prenant le relais. Le patron les a rencontrés lors d'une course hippique ici à Dallas peu de temps après son arrivée, la fille du roi a succombé au charme du patron et la jument au charme de l'italien résuma l'intendant.
- Comment ça ? demanda Abby confuse par cette explication.
- DiNozzo, tu ne changeras jamais souligna Gibbs. Toujours aussi prompte à satisfaire les demoiselles en détresse.
Tony se racla la gorge avant de répondre.
- A vrai dire, la fille du roi voulait simplement faire enrager son père en lui faisant comprendre qu'elle souhaitait choisir elle-même celui qui serait son mari expliqua Tony. J'ai joué le jeu et le roi a fini par être raisonnable, il a laissé sa fille lui présenter son futur gendre qui s'avéra être l'homme que le roi avait lui-même choisi comme futur beau-fils.
- Est-ce qu'elle a deviné que c'était celui qui lui était destiné par ordre du roi ?
- Non, Abby, il ne lui a rien dit précisa l'italien. Il savait qu'elle avait des sentiments pour ce jeune homme et lui-même approuvait l'union, il lui a simplement fait croire qu'elle avait gagné la victoire alors qu'en réalité, le mariage était pratiquement arrangé depuis leur naissance.
- Oh, il a eu de la chance qu'elle soit tombé amoureuse de son prétendant alors constata la gothique.
- Et pour la jument ? demanda Ducky qui voulait savoir comment l'italien avait pu réussir l'exploit.
- Eh bien, ça a été assez simple en fait admit Tony. Nous avons placé la jument et son futur partenaire dans un enclos durant une heure les laissant faire connaissance tranquillement. La demoiselle s'est laissée approcher mais s'effarouchait dès que le mâle tentait quelque chose. Il a fallu un divertissement pour détourner son attention de son futur époux et elle a fini par oublier ce qui risquait de lui arriver. Au final, Monsieur lui a laissé un joli cadeau en souvenir de leur première rencontre.
- Quel divertissement, DiNozzo ? questionna Gibbs qui soupçonnait quelque chose en rapport avec son ancien agent.
- Rien d'extraordinaire, vraiment assura Tony sans rien dire de plus.
- Le patron lui a parlé en italien durant tout l'accouplement révéla Cole en souriant largement. La sonorité de la langue italienne envoûte ces dames qu'elles soient humaines ou équines.
- Toujours su qu'il saurait charmer un tas de pierre s'il le fallait approuva l'ancien marine en souriant. Et donc, tu as gagné un étalon ?
- Oui, à choisir parmi l'écurie personnelle du roi et sans restriction affirma Cole avec sérieux.
- Wouah, tu as dû l'impressionner pour avoir carte blanche ! nota Abby avec une note de respect dans la voix.
- A vrai dire, c'est plus parce que la jument avait de la valeur en tant que reproductrice que pour autre chose, tu sais, Abby tenta de minimiser Tony.
- C'est sûr, ça railla Cole. Le roi ne vous aurait pas laissé un étalon sauvage aussi splendide s'il n'y avait pas eu un enjeu plus important. La jument était la fille d'une autre célèbre jument qui avait gagné des courses hippiques prestigieuses telles que celle de l'Arc de Triomphe à Paris, Ascot en Angleterre. Elle avait hérité des dispositions de sa mère tant comme gagnante que comme reproductrice, son précédent poulain était rapidement devenu un champion.
- Une bonne ascendance, un bon patrimoine génétique murmura Gibbs, tout ce qu'il faut pour que des poulains soient considérés comme une valeur sûre rapportant gros.
- Bon, assez avec cette histoire conclut Tony qui ne voulait pas qu'on s'éternise là-dessus. Voyons, que pourrions-nous évoquer d'autre ?
L'heure suivante fut un voyage dans le passé, un rappel des affaires les plus curieuses ou les plus dangereuses que l'équipe du NCIS avait eu à résoudre. Lorsque Ducky aborda celle du Sergent Atlas et l'acte héroïque de Tony, ce dernier sentit la nostalgie l'envahir. C'était encore le bon temps à l'époque.
Et lorsque ce fut au tour d'Abby de choisir une enquête, elle sélectionna l'affaire de l'y-pestis qui avait failli coûter la vie à Tony et qui avait précédé la mort de Kate. Le choix d'Abby n'était pas anodin, elle voulait ainsi exorciser la douleur qu'elle avait ressentie d'avoir presque perdu un ami très cher et celle de la perte de Kate que l'italien l'avait aidé à supporter. Elle savait que Tony ne s'était pas remis de cette perte et que le chagrin que l'équipe avait réussi à accepter et à extérioriser n'avait pas quitté son ami depuis la tragédie. Il n'avait pas partagé sa tristesse avec un membre de l'équipe, aucun d'eux ne s'était inquiété de savoir s'il avait pu faire son deuil.
Elle n'aborda cependant pas la suite de la maladie de Tony même si cet épisode était présent dans l'esprit des membres de l'équipe. La gothique s'empressa au contraire d'effacer la tristesse qui les avait envahis en évoquant d'autres affaires plus drôles ou plus légères impliquant notamment le FBI pour alléger l'atmosphère. Le rappel des expressions et des épithètes dont le NCIS avait affublé les agents du bureau fédéral fit beaucoup rire Cole et sourire les trois autres hommes. La bonne humeur était rétablie et c'était tout ce qui importait.
Durant cette évocation, Gibbs scruta Tony à plusieurs reprises et il nota que, suivant ce qui était raconté, l'italien changeait d'humeur, de la tristesse à la douleur, de l'humour à la gaieté, chaque sentiment était un rappel de ce qui les avait unis durant plusieurs années. Ils s'étaient épaulés dans les moments difficiles, ils s'étaient amusés à d'autres, ils formaient un cercle d'intimes qui étaient presque plus une famille qu'un rassemblement de collègues.
Il avait laissé tout ça éclater comme une bulle de savon en acceptant l'intégration de Ziva dans son équipe. Et Gibbs était décidé à réparer tout ça autant que faire se pouvait, il se devait de réunir à nouveau son ancienne équipe quitte à devoir faire des sacrifices personnels dans cette intention. Il avait déjà perdu une famille, il ne voulait pas perdre celle qu'il avait eu un temps et qu'il pouvait reformer de nouveau. Il se jura de tout faire pour réussir dans cette entreprise.
Le bruit d'un couvert sur le sol le ramena au présent et il constata que Cole et Tony débarrassaient la table avec l'aide d'Abby. Il se leva dans l'intention d'apporter sa contribution lorsque Ducky le prit par le bras et l'emmena vers le salon où ils devaient prendre un dernier café avant d'aller se coucher. Le téléphone qui sonna interrompit le travail de Tony qui répondit brièvement avant de raccrocher.
- Tes agents sont arrivés à bon port informa t-il Gibbs. Ils sont installés dans le quartier des employés et Mlle Mossad ne semble pas du tout enchantée. Elle voulait, non exigeait que Dave la laisse venir ici. Elle a toujours autant la folie des grandeurs et la grosse tête marmonna t-il.
- Une telle réflexion mérite une explication, Anthony déclara Ducky intrigué par cette sentence.
- Voyons, Ducky, elle a tenté de… commença Tony avant de s'arrêter tout aussi brusquement.
- De se faire épouser par l'unique héritier d'un milliardaire avant de s'apercevoir qu'elle ne l'intéressait pas proposa le légiste d'un ton doux.
- Comment est-ce que tu le sais ? questionna Tony ahuri.
- Sans doute parce que j'ai surpris une conversation que je n'étais pas sensé entendre expliqua l'écossais. Et toi ? Je doute qu'elle se soit jetée à ta tête en te demandant de faire d'elle ta femme.
- J'ai sûrement entendu la même discussion que toi, Ducky soupira l'italien.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? gronda Gibbs qui ne comprenait pas du tout ce qu'il en était.
- Oh, c'est simple, Jethro débuta le légiste. Ziva et notre nouvelle directrice avaient combiné leurs efforts dans l'intention de faire tomber Tony dans leurs filets préalablement tendus pour l'obliger à épouser la nouvelle recrue de ton équipe. Vois-tu, non seulement la fortune familiale était un bonus mais les relations du père de Tony étaient un avantage qui auraient bien servi la directrice dans son désir de monter des échelons plus importants que ceux du NCIS.
- Tu veux dire que Jenny et Ziva… rugit Gibbs. Bon sang, Tony, pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?
- Tu avais déjà une dette envers le Mossad, je n'allais pas en rajouter une envers moi en t'obligeant à mettre un terme aux manigances de ces deux croqueuses de diamant lâcha Tony avec dérision. Shepard a tout fait pour me pousser à commettre une faute professionnelle, elle aurait ainsi pu…
- Faire pression sur toi pour t'obliger à adhérer à leur plan diabolique termina Gibbs à sa place. Merde lança t-il soudain, je n'ai rien vu venir du tout.
- Elles t'ont aveuglé avec leurs belles paroles et leurs jolis minois, Jethro constata doucement le médecin. Jenny a tenté de réactiver la flamme du passé entre vous pour détourner ton attention de ses combines avec Ziva, elle ignorait cependant que tu ne prêterais aucun intérêt à ses tentatives de séduction, ni la raison qui expliquait ton indifférence, j'imagine.
- Elle n'a jamais su, Ducky avoua l'ancien marine sans s'étendre davantage sur le sujet.
La brièveté de sa réponse n'incita personne à l'interroger et la discussion sur le sujet mourut d'elle-même.
Tony servit le café et entreprit de leur raconter quelques anecdotes de son installation au Texas, de ses péripéties de directeur d'hôtel en exagérant parfois afin de divertir les esprits. Finalement, une autre heure passa et le coucher était le bienvenu pour les membres du NCIS. Tony les invita à récupérer leurs bagages déposés dans l'entrée et leur montra leurs chambres. Il leur souhaita une bonne nuit avant de redescendre rejoindre Cole qui attendait dans le salon.
Les deux hommes sortirent sur la terrasse admirer le clair de lune comme il leur arrivait de le faire souvent. Tony avait été sacrément secoué durant ces dernières heures par les sujets évoqués et par les retrouvailles, il n'avait pas vraiment envie de se retrouver seul pour l'instant. Il n'avait pas non plus envie de dormir seul et Cole le comprit lorsqu'il sentit deux bras venir entourer sa taille et une tête s'incliner sur son épaule. L'intendant était indécis, il ne désirait pas embarrasser son patron devant ses invités et il se raidit légèrement.
- Eh ! dit Tony dans son oreille. Calme-toi, je ne vais pas te sauter dessus ici.
Cole se détacha et s'éloigna de quelques pas avant de faire face à son patron.
- Je devrais regagner mes quartiers suggéra le blond. Je ne voudrais pas que tes invités s'imaginent des choses.
- Cole, je n'ai que faire de ce qu'ils pensent, je mène ma vie comme je l'entends et j'aime qui je veux lui assura l'italien. J'ai envie de passer la nuit avec toi et je ne vais pas m'en priver sous prétexte que mes anciens collègues sont ici. Si nous vivions ensemble, tu ne te cacherais pas, n'est-ce pas ?
- Je ne veux pas te dévaloriser à leurs yeux, Tony déclara son amant. Et puis, nous ne sommes que des amants occasionnels ajouta t-il, donc aucune raison de vivre ensemble.
- Rien de ce que tu feras ou diras ne m'empêchera de t'emmener dans ma chambre cette nuit si tu es partant, j'ai besoin de toi maintenant et toi aussi d'ailleurs affirma le brun. J'ai bien vu ta réaction à certains moments, Cole, tu as frémi à plusieurs reprises lorsque nous avons évoqué nos enquêtes.
- D'accord, j'ai besoin de savoir que tu es bien vivant admit le blond. Tu es content maintenant ?
- Et pour ça, tu as besoin de me serrer dans tes bras et de me laisser te faire l'amour sourit Tony avec assurance.
- Ok, tu as gagné capitula Cole en souriant aussi avant de venir embrasser l'italien avec passion.
Les deux hommes étaient tellement accaparés l'un par l'autre qu'ils ne s'étaient pas aperçus que l'un de leurs invités avait élu domicile sur le balcon surplombant la terrasse au niveau du salon. Gibbs avait voulu respirer l'air frais avant de s'allonger et la conversation des deux hommes avait attiré son attention. Lorsqu'il comprit l'implication des propos échangés, il sentit son cœur se serrer. La discussion le ravisait et l'affligeait à la fois, il comprenait enfin que ses espoirs étaient comblés et déçus en même temps.
Au cours de leurs cinq années de travail communes, il n'avait jamais pu déterminer si son ancien agent senior était droit ou s'il lui arrivait de « sauter la clôture » comme aurait dit Abby. C'était la raison qui avait fait que durant tout ce temps, il n'avait jamais cherché à se rapprocher de l'italien, il préférait le côtoyer en tant qu'ami que de perdre la chance de travailler avec lui en lui dévoilant ses véritables sentiments surtout sans savoir s'ils pouvaient être partagés ou si l'italien pouvait être attiré par lui.
Il avait aujourd'hui sa réponse et il aurait dû s'en réjouir. Cependant, savoir qu'il avait déjà un amant en la personne de Cole le peinait et pourtant, il lui restait une chance d'inverser la tendance. Le blond avait précisé que les deux hommes étaient des amants occasionnels, ce qui signifiait qu'ils n'étaient ensemble que par commodité et non par amour inconditionnel. Il lui restait donc une possibilité de voir son souhait le plus cher se réaliser, après tout. A lui de fournir les efforts nécessaires pour le concrétiser. La voix de Tony le sortit de ses pensées.
- Allez, viens, Cole, nous avons un grand lit qui nous attend et toute une nuit à combler d'activités passionnantes déclara l'italien d'une voix sensuelle.
- Je te suis jusqu'au bout du monde rit Cole doucement.
- Tu regardes trop de films, toi ironisa Tony en tirant son amant vers le salon dont il referma la porte.
Gibbs soupira et rentra également, ferma la fenêtre et s'empressa d'éteindre la lumière pour ne pas attirer l'attention des deux hommes lorsqu'ils passeraient devant sa porte. Le bruit des pas lui indiqua bientôt qu'ils avaient rejoint la chambre de Tony dont la porte s'ouvrit puis se ferma, isolant les amants dans leur nid d'amour.
L'ancien marine finit par s'allonger sur son lit, rabattit les couvertures et tenta de trouver une position confortable. Durant quelques minutes, il tendit l'oreille mais ne perçut aucun son qui pouvait trahir les amoureux. Il abandonna sa surveillance, se relaxa et finit par sombrer dans le sommeil tandis que deux hommes s'aimaient tendrement à quelques mètres sans savoir qu'ils avaient été espionnés et que leur espion avait des idées bien arrêtées sur l'usage de l'information qu'il venait d'acquérir.
La nuit s'écoula sans incident notable et sans troubler le sommeil des habitants de la grande maison qui, tous, purent savourer leur repos tandis que de doux rêves s'emparaient de certains, de tendres complots se déroulaient dans l'esprit d'autres.
Le lever du soleil présida le réveil de Tony et Cole aux premières lueurs du jour. Les deux hommes avaient l'habitude de se lever à l'aube et ils mirent à nouveau à profit quelques minutes pour s'aimer encore une fois avant de devoir reprendre leur façade d'indifférence devant l'équipe du NCIS. Cependant, Tony soupçonnait au moins Abby d'avoir des doutes sur sa relation avec Cole s'il en jugeait parfois par les regards discrets qu'elle avait jetés aux deux hommes durant la soirée.
Il n'en avait cure, sa nouvelle vie était ici et il n'avait aucune intention de reprendre son poste au sein de l'agence fédérale d'autant que la nouvelle directrice et l'officier de liaison du Mossad avaient tout intérêt désormais à ce qu'il en soit le plus éloigné possible. Il enfila sa tenue de bain avant de s'emparer de la main de Cole qu'il tira derrière lui et ils firent leur chemin jusqu'à la piscine dans laquelle ils se glissèrent afin de prendre un peu d'exercice.
Le prochain verra débuter les conversations en duo entre les anciens collègues, la première à passer sera Abby bien sûr tellement impatiente de reconnecter avec son ami.
Promis, vous n'attendrez que quelques jours pour la publication et mes prochains congés me permettront sans doute d'avancer un peu sur la suite. Les trois face-à-face sont désormais terminés mais le reste est pour l'instant un peu décousu, j'ai jeté les idées et il me reste à les développer.
De toute façon, cette fic ne restera pas sans fin, elle prendra sans doute du temps mais elle sera terminée, je vous le promets.
A bientôt.
