Tout d'abord, une petite mise au point suite à une review dont l'auteur se reconnaitra sans doute (et ceci n'est aucunement une critique, juste une explication). Désolée de déstabiliser certaines lectrices par cette histoire qui diffère des précédentes.

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Qu'est ce qu'une fan-fiction ? C'est pour le fan d'un ouvrage, livre, série télé, etc... de prendre les personnages créés par un auteur et de les transposer dans une situation différente décrite par leur créateur.

J'utilise les personnages créés par D. Bellisario et je leur fais vivre ma propre histoire. Il est donc normal que leurs caractères puissent être OOC, que les histoires soient différentes et je pourrais aussi bien les utiliser dans un univers différent, une époque différente.

Ce que j'aime dans les fan-fictions, c'est pouvoir écrire mes propres récits sans pour autant suivre le schéma directeur de la série dans laquelle ils évoluent normalement. Et pour cette fic, l'enquête n'est que secondaire, elle aide simplement l'équipe a reconnecté avec Tony, c'est tout. Ce n'est pas le sujet principal de l'histoire comme c'était le cas dans « Il était un papillon ».

Je la parsème de quelques vérités, adages, conseils de mon cru que vous pouvez vous amuser à trouver. La morale est au bout, tout au bout comme dans mes précédentes fics.

Je ne prétends pas non plus être un auteur (ou une auteuse !) de grande qualité, j'écris parce que j'ai besoin d'écrire, parce que ça me démange parfois trop de laisser mes idées sans les coucher sur le papier.

Je conçois bien que je ne peux plaire à tout le monde mais je fais mon possible pour écrire des fics qui sortent un peu des sentiers battus, des histoires qui ne ressemblent pas à celles d'autres auteurs. La diversité des auteurs fait que le thème de nos fics est très varié et c'est tant mieux, il en faut pour tous les goûts.

Ceci dit, si vous n'aimez pas voir vos personnages favoris dans un cadre qui diffère de la série TV, dans ce cas, ne lisez pas, passez votre chemin et intéressez-vous à une autre fic je ne vous en tiendrais aucunement rigueur.

Voilà, une petite parenthèse que je voulais faire.

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Voici enfin un autre chapitre. Se replonger après plusieurs mois dans une histoire lorsque vos notes sont parties en fumée n'est pas facile même si ma mémoire me permet de me souvenir de certains faits (malheur à moi qui n'écrit que sur ordinateur et non dans un cahier).

Et puis, lorsque la vie prend le pas sur les loisirs, il est d'autant plus difficile de trouver le temps (et parfois l'envie) d'écrire ne serait-ce que quelques lignes. Et plutôt que de vouloir absolument poster un chapitre qui ne me satisfait pas, je préfère attendre que l'inspiration soit là, totale et entière, avant de publier.

Je tiens encore à remercier ici toutes celles qui laissent leur com, mettent en alerte ma fic ou la placent dans leur liste préférée (auteur ou fic), ça me réchauffe le cœur de savoir que mon travail plait. Et votre patience en est d'autant plus méritoire.

Un grand merci spécial à Lord la folle pour sa review qui m'a fait bien plaisir à lire. J'espère que la suite de cette histoire remportera ton adhésion.

Comme d'habitude, étant ma propre bêta, les erreurs sont miennes.

Bonne lecture.

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Chapitre 15 : Frustration

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Quelques heures avaient permis à Tony de recharger ses batteries tant émotionnellement que physiquement, du moins en partie. Il se réveilla le premier, ce qui le surprit. Gibbs était encore collé contre lui, les deux hommes avaient guère bougé durant leur sommeil, à croire que dormir ensemble presque enlacés leur convenait.

Tony ne chercha pas à analyser plus profondément cette pensée ; il se leva le plus doucement possible de peur de réveiller l'ancien marine, il enfila tee-shirt et short dans la salle de bains et traversa silencieusement la pièce, ouvrit la porte et jeta un dernier regard vers le dormeur. Il secoua la tête, franchit le seuil et referma tranquillement. Il descendit les marches et se dirigea vers le hall, chaussa ses tennis. Il consulta l'horloge dans la cuisine lorsqu'il ouvrit le réfrigérateur et se servit un jus d'orange.

Les aiguilles marquaient 5h30, le soleil commençait à pointer à l'horizon et le ranch n'allait pas tarder à s'éveiller, le personnel se levait tôt pour s'occuper du bétail. Il rinça le verre qu'il posa sur l'évier, prépara le café en songeant que Gibbs pourrait se servir sans pester contre l'appareil moderne. Il retraversa la pièce et se saisit au passage d'une veste qu'il enfila avant de sortir de la maison. Il respira l'air frais du matin, s'échauffa les muscles par quelques exercices avant de s'élancer doucement.

Au bout d'une centaine de mètres, il fut rejoint par Cole qu'il accueillit d'un sourire et d'un baiser.

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« Tu n'es pas venu hier » dit Tony en le relâchant.

« Non, je préfère te laisser jouir de la présence de ton ancienne équipe sans interférer trop souvent» précisa tranquillement Cole.

« Tu es un idiot, Cole » gronda doucement l'italien. « Je t'ai dit que je ne me préoccupe pas de leurs opinions et j'étais sincère. »

« Je sais mais… » tenta d'expliquer le jeune cow-boy.

« Ne te casse pas la tête et ne t'excuse surtout pas » le prévint Tony. « Dans quelques jours, ils seront repartis et tout rentrera dans l'ordre. Allez, mettons-nous en route et profitons de la ballade. »

« Tu appelles ça une ballade ! » maugréa Cole. « C'est plutôt une torture. »

« Eh, tu n'es pas obligé de m'accompagner, je te l'ai déjà dit, mio caro » souligna l'italien.

« Je sais mais après ta mésaventure à ton arrivée, je préfère que quelqu'un ait un œil sur toi » rappela t-il en riant.

« Ouais, comme si je ne m'étais pas débrouillé seul pour rentrer » grogna Tony en se souvenant de l'incident.

Il courrait sans regarder le sol, il avait donc buté sur une motte de terre et s'était étalé de tout son long sur le sol, se foulant la cheville par la même occasion. Etant seul au moment de l'accident, il avait mis presque une heure pour rentrer, s'arrêtant tous les dix mètres pour reposer son membre blessé. Heureusement, l'accident s'était produit peu de temps après le début de son jogging et la demeure n'était donc pas trop éloignée.

Les deux compagnons échangèrent un autre baiser avant de reprendre leur course à petite allure. Il leur arrivait de courir ensemble mais, comme il l'avait souligné plus tôt, Tony n'avait jamais poussé son compagnon à l'accompagner, Cole n'était pas un adepte de la course comme lui, Tony avait besoin de se dépenser physiquement pour canaliser son énergie débordante. L'hyperactif qu'il était savait qu'il devait la brûler dès le matin afin de laisser aux autres la possibilité de le suivre à leur rythme.

Durant presque une heure, ils firent le tour d'un parcours classique qui les amena à contourner les bâtiments et les enclos du ranch avant de revenir vers la maison. Aucun d'eux n'avait parlé et Tony ne souhaitait pas dévoiler la fin de soirée ou début de nuit avec Gibbs. Il ne s'était rien passé mais il était heureux que Cole n'ait pas décidé de le rejoindre la nuit précédente. Depuis l'arrivée de son ancienne équipe, Cole tentait par tous les moyens de limiter son interaction avec lui devant ses anciens collègues et l'italien comprenait que le jeune homme soit réservé à leur sujet.

Revenus aux abords des enclos, Cole bifurqua vers les baraquements des employés après un salut de la main tandis que Tony continuait son chemin qui l'amenait à longer le pré des poulains. Il aimait terminer par ce trajet qui lui permettait de s'octroyer une petite récréation avant le dur labeur de la journée.

Tandis que les deux ranchers profitaient de leur course matinale, la maisonnée commençait doucement à reprendre vie.

Tout d'abord, Ducky s'éveilla et vaqua à ses préparatifs tout en repensant aux derniers jours. Sa joie d'avoir retrouver Tony se manifestait par un regain d'énergie qu'il avait perdu plusieurs mois auparavant, sa nuit avait été calme et le sommeil réparateur. Il se sentait plus reposé que jamais et il était plus confiant en de futurs jours meilleurs. Il fit ses ablutions en souriant, le pas plus léger et la tête plus claire. Il devrait remercier l'italien pour ça, il allait pourvoir désormais regarder la vie d'un œil neuf.

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Abby ouvrit un œil paresseux, jeta un regard curieux autour d'elle avant de soupirer d'aise et de refermer les yeux. Elle s'enfonça plus confortablement sous les couvertures durant quelques minutes avant finalement de décider de se lever. Surprendre Tony avant qu'il ne quitte sa chambre pour vaquer à son travail lui permettrait de démarrer la journée sur une note agréable. Elle passa une courte robe de chambre (ne choquons pas les aînés, quand même), enfila ses chaussons, fit un détour rapide dans la salle de bains puis traversa la chambre dont elle ouvrit la porte.

Elle avait fait juste deux pas à l'extérieur et s'apprêtait à refermer le battant lorsqu'elle leva les yeux et jeta un regard dans le couloir. Ce qu'elle vit alors la cloua sur place : Gibbs sortait de la chambre de Tony et ne portait qu'un peignoir… S'était-il passé quelque chose entre les deux hommes ? Une dispute ? Elle n'avait entendu aucun éclat de voix mais cela ne voulait rien dire.

Elle s'éclaircit la gorge et fit les quelques pas qui l'amenèrent directement sur le chemin de l'ancien marine.

« Salut, Bossman » dit-elle joyeusement. « Tu t'es trompé de chambre, cette nuit ? » demanda t-elle innocemment.

« Bonjour, Abs » la salua t-il avec un demi sourire. « Tu es bien matinale » remarqua t-il sans répondre à sa remarque.

« Je voulais embrasser Tony avant son départ » avoua t-elle en souriant largement. « Je sais qu'il doit superviser les activités du ranch même s'il s'est mis en disponibilité pour nous. »

« Tu vas devoir attendre alors » annonça l'ancien marine. « Il est sorti, certainement pour aller courir. »

« Oh ! » fit-elle visiblement désappointée. « Donc, tu es allé le voir pour… »

La jeune femme laissa sa phrase en suspens espérant que son mentor allait lui donner une explication mais Gibbs la regarda, le visage sérieux et impénétrable. Il n'avait aucune intention d'alimenter l'imagination de la gothique en lui fournissant un quelconque indice sur sa présence chez l'italien. Et il n'allait certainement pas avoué qu'il avait passé la nuit dans le même lit que son ancien second. Abby serait bien trop excitée à cette idée et commencerait à nourrir de faux espoirs.

« Comme toi, je voulais le saluer avant sa journée et descendre prendre un café, si c'est possible » biaisa t-il.

« Et tu le fais en peignoir ! » gloussa Abby. « Tu es toujours matinal, Bossman, encore plus que n'importe qui et tu es là, presque nu, dans la chambre de Tony. Y aurait-il quelque chose que je ne sais pas ? »

« Il semblerait que nous ayons eu la même idée, Abs et tu es aussi en petite tenue, je te fais remarquer » souligna t-il pour détourner son attention.

« Oui mais Tony est habitué à me voir dans cette tenue » répondit-elle étourdiment.

Sa remarque envoya une onde de jalousie dans le corps de l'ancien marine. 'Tony et Abby en petites tenues au petit matin', l'image traversa son esprit en un quart de seconde. La gothique dissipa tout aussi vite ses craintes en expliquant sa remarque.

« Lorsque nous avions nos soirées cinéma chez lui, je passais souvent la nuit dans la chambre d'ami et le matin, nous prenions le petit déjeuner au saut du lit avant de paresser encore puis de nous habiller. Ca me manque, Gibbs, ces moments heureux où nous étions vraiment proches. »

« Les mauvais jours sont derrière nous, Abby » la rassura t-il. « DiNozzo te l'a dit, tu es la bienvenue chez lui quand tu veux. Tu pourras de nouveau retrouver ce petit plaisir si tu le désires. »

« Et toi, Bossman, qu'est ce qui t'a manqué le plus durant tous ces mois sombres sans Tony ? » questionna la scientifique.

« Ah, Abby, tellement de choses que je ne saurais laquelle était la plus importante » esquiva t-il afin d'éviter de répondre directement.

Sa présence, son sourire, son rire, son énergie, son odeur, LUI tout simplement énuméra t-il dans son esprit.

« Mais encore, Gibbs, il y a bien une chose en particulier qui t'a vraiment manqué ? » insista t-elle.

Le bruit d'une porte qui s'ouvre et se referme permit à Gibbs d'être épargné de répondre. Ducky venait à leur rencontre et l'écossais haussa un sourcil en voyant ses deux amis discuter au milieu du couloir en tenue de nuit.

« Bonjour, Jethro, Abigaïl » les héla t-il joyeusement. « Vous lancez une nouvelle manière de commencer la journée ? » sourit-il en désignant leur tenue. « Une étrange façon de se saluer au lever du jour, assurément. Pour ma part, je descends prendre mon thé matinal. »

« Bonjour, Duckman » l'accueillit Abby tout en l'embrassant sur la joue. « Nous allons nous changer et te rejoignons. Tony sera sans doute là bientôt » ajouta t-elle en se dirigeant vers sa chambre.

« Ducky » dit Gibbs plus sobrement. « Je suis l'exemple d'Abby, je descends dans 10 mn. »

« Prends ton temps, nous sommes toujours en villégiature, du moins pour l'instant » rappela le légiste avant de se diriger vers l'escalier et commencer sa descente.

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Gibbs secoua la tête et prit le chemin de sa chambre. Il ouvrit la porte et la referma bien vite. La curiosité d'Abby pourrait bien la pousser à venir le retrouver ici, aussi s'empressa t-il de tirer les couvertures du lit, froisser oreiller et drap comme s'il y avait effectivement dormi. L'œil de lynx de la scientifique noterait un tel détail et il ne voulait aucune question à ce sujet.

Il soupira et repensa aux quelques minutes précédant sa rencontre avec Abby.

Il s'était réveillé et avait tout de suite compris qu'il était seul dans le lit. Son bras reposait sur des draps froids qui indiquaient que l'occupant du lit l'avait quitté depuis un moment. Aucun bruit cependant ne troublait le silence de la pièce, pas de douche qui coule, pas de vêtements que l'on enfile. Il se redressa, regarda le réveil et s'étonna de voir l'écran indiqué 06.15. Il avait dormi peu mais bien, si bien qu'il se sentait vraiment reposé.

Il remarqua aussi que Tony avait déposé une couverture sur son corps et sourit. Toujours aussi prévenant, le jeune homme avait songé à la fraîcheur du petit matin. Pourtant, il songea qu'il aurait aimé que l'italien soit encore allongé près de lui, il aurait bien aimé le surprendre en lui déposant un tendre baiser sur le visage, pas forcément l'embrasser sur la bouche mais la joue ou le coin des lèvres aurait fait l'affaire.

Il soupira, le regret chevillé au corps mais content malgré tout. Un bon début sans doute surtout si Tony ne mentionnait pas le fait et si Abby savait brider sa curiosité. Il doutait qu'elle ait avalé son explication mais elle ne devait rien soupçonner non plus. Elle aurait jubilé et sauté de joie si elle avait supposé un seul instant que son mentor avait des pensées troublantes concernant son ancien second.

Gibbs se secoua et s'empressa de prendre une douche rapide, se changea et gagna le rez de chaussée. Il prit le chemin de la cuisine et retrouva là Abby et Ducky qui s'activaient à déposer les ingrédients pour le petit déjeuner. L'ancien marine s'empara d'une tasse qui l'attendait sur le comptoir, s'approcha de la cafetière et se versa sa première tasse. Son regard se porta ensuite vers la fenêtre et ce qu'il vit le figea, sa tasse à mi chemin vers sa bouche.

DiNozzo, en tee-shirt et short, veste nouée autour de la taille, les cheveux ébouriffés, courrait dans le pré derrière la maison. Un poulain galopait juste à ses côtés et imitait les moindres changements de direction de l'italien qui semblait s'amuser comme un fou si le rire qui l'agitait en attestait. L'homme et l'animal semblaient en totale harmonie, le spectacle était… fascinant décida Gibbs faute d'autre mot.

Il regarda durant plusieurs minutes l'homme continuer son jeu avant de le voir se diriger en courant vers la clôture et farfouiller dans un seau accroché à l'un des piquets. Aussitôt, comme s'il savait ce que signifiait ce geste, le poulain revint vers lui et se mit à hennir. Tony le caressa et lui tendit ensuite le fruit qu'il venait de sortir du seau, un morceau de pomme qu'il offrit à l'animal, paume ouverte. Le poulain s'avança lentement et prit délicatement le fruit offert avant de reculer pour le savourer. Tony le regarda manger avant de lui caresser le flanc et de prendre le chemin de la maison.

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Son immobilité et son café oublié attirèrent l'attention de ses deux amis. Abby poussa le légiste du coude et lui indiqua l'ancien marine d'un mouvement du menton. Puis, la gothique chercha ce qui avait capté l'intérêt de Gibbs et sourit en voyant la scène qui se déroulait dans l'enclos. Elle tapota l'épaule de Ducky et lui signala le spectacle. Elle vient se poster derrière son mentor et déposa son menton dans le creux de l'épaule de Gibbs et ses bras autour de la taille du fédéral.

« Quel charmant tableau ! » murmura t-elle doucement comme si elle avait peur de le voir s'envoler en parlant plus fort. « Il est visiblement si heureux » continua t-elle en voyant son ami rire aux éclats.

« Oui, Abby, cette vie lui convient tout à fait » affirma Gibbs. « Je doute qu'il envisage un seul instant de revenir à Washington, il a ici tout ce qui importe semble t-il » termina t-il d'un ton triste avant d'avaler son café tiède en grimaçant de dégoût.

« Eh bien comme dit le proverbe 'Si Mahomet ne vient pas à la montagne, alors la montagne ira à Mahomet' » prononça la jeune femme d'une voix enthousiaste. « Je compte donc prendre Tony au mot et venir ici le plus souvent possible. »

« Bonne initiative, ma chère enfant » approuva Ducky. « Et je suis de l'avis de Jethro, Anthony s'est créé ici une nouvelle vie qui le comble et je doute qu'il souhaite abandonner tout ça pour un hypothétique retour en grâce au NCIS. Nous devrons nous contenter de le retrouver ici quelques jours chaque année, ce sera déjà un pas dans la bonne direction avant de songer à autre chose » commenta t-il à la surprise de deux autres.

« A quoi donc songes-tu, Ducky ? » questionna Gibbs qui savait que le légiste n'avait pas fait cette remarque sans arrière pensée.

« Il est trop tôt pour discuter d'une idée qui m'est venue, je dois d'abord en peser les conséquences » allégua le légiste pour éviter de dévoiler son projet. « Allons donc préparer la table, Tony ne va pas tarder » dit-il ensuite en indiquant du doigt l'italien qui franchissait la barrière de l'enclos.

Du coup, les trois amis s'affairèrent activement à emporter tout le nécessaire dans la salle à manger et à préparer la table. Quelques minutes plus tard, la porte d'entrée s'ouvrit et se referma et Tony s'avança en entendant le cliquetis de la vaisselle disposée sur la table.

« Bonjour la compagnie » les salua Tony d'une voix enjouée. « Je monte prendre une douche et me changer, je suis là dans dix minutes » les prévint-il avant de se précipiter vers l'étage.

Fidèle à sa parole, l'italien redescendit dans les temps vêtu d'un tee-shirt, d'un pull léger et d'un jean noir qui le moulait comme une seconde peau. Gibbs le détailla discrètement et saliva presque de désir. Il sentit son corps réagir et s'empressa de s'asseoir pour cacher un début d'érection plutôt mal venue. Il jeta un regard à ses amis mais aucun d'eux n'avait noté sa gêne et il en fut soulagé.

La demi-heure qui suivit fut une pause agréable où les discussions passèrent d'un sujet à l'autre sans temps mort. Gibbs remercia le ciel que la scientifique ne mentionne pas sa rencontre du matin devant la chambre de l'italien. Il ne voulait pas imaginer la réaction de son ancien second si le sujet avait été abordé et n'avait aucune envie de se chercher une excuse plausible pour Abby et Ducky mais que Tony ne goberait pas et pour cause.

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Le petit déjeuner prit fin et les quatre amis débarrassèrent la table et chargèrent la vaisselle dans la machine avant que chacun songe à ses activités de la matinée. Ducky et Abby avaient choisi de passer la journée à Dallas où ils allaient retrouver leurs collègues respectifs au central de la Police. Abby souhaitait ensuite faire les boutiques et le légiste avait rendez-vous avec son homologue pour déjeuner et se remémorer le bon vieux temps.

Tony allait également prendre le temps de se rendre à l'hôtel, histoire de voir comment le personnel réagissait au drame, prendre des mesures si nécessaire et faire halte ensuite au poste de police discuter avec le Détective Stewart. Les deux hommes se connaissaient et avaient développé une amitié timide du fait que le détective était un peu mal à l'aise face au milliardaire qui le subjuguait. Tony avait envie de changer les choses car il estimait beaucoup le policier qui lui rappelait celui qu'il avait été des années auparavant.

Gibbs devait tenir réunion avec son équipe qu'il alla donc rejoindre dans les quartiers des employés où le rancher les avait logés. McGee faisait de son mieux pour contenir ses deux collègues et Ziva essayait tant bien que mal de masquer ses émotions sous un masque d'indifférence mais Gibbs percevait parfaitement sa rancœur, sa colère et sa frustration. Il allait devoir la ramener à de meilleures dispositions s'il ne voulait pas voir éclater une guerre ouverte entre les membres de son équipe ou encore avec Tony lui-même.

L'entretien téléphonique qu'il avait eu avec Shepard le lendemain de leur arrivée avait été plus que vif, elle lui avait reproché de laisser son équipe sans réelle directive ou supervision pour aller jouer les amis éplorés auprès d'un ex agent fantaisiste à qui le NCIS ne devait rien.

Il se remémora leur conversation avec colère. Il savait que Ziva l'avait très certainement déjà briffée au sujet de Tony et il s'attendait à une réaction disproportionnée de la part de Jenny suite aux révélations de Ducky et Tony. Les manigances des deux femmes avaient été percées à jour et elles ne devaient pas être du genre à accepter leur défaite, surtout l'israélienne qui avait tenté de se faire épouser. La soudaine richesse de l'italien devait lui avoir remémorer la cuisante rebuffade du jeune homme.

Il avait donc profiter d'un petit moment de solitude pour appeler la directrice.

« Shepard » s'annonça t-elle d'un ton autoritaire dès qu'elle décrocha.

« Bonsoir, Jenny » lui répondit-il simplement.

« Enfin, tu prends le temps de prendre le téléphone et de m'appeler, vraiment trop bon de ta part, Jethro » dit-elle vindicative.

« Jen, je t'en prie, tu sais déjà ce qu'il en est, je n'avais aucune raison de me précipiter pour t'éclairer quand Ziva t'avait déjà mise au courant » avança t-il dans l'espoir de la calmer un peu.

« Tu es le chef d'équipe, j'attendais que tu me mettes au courant toi-même et non l'apprendre par un de tes agents » l'apostropha t-elle avec une note de mépris. « Et qu'est ce que c'est que cette histoire de laisser les rênes à McGee, il n'est pas qualifié pour mener une investigation, pas encore du moins » continua t-elle sur sa lancée.

« Eh bien, il serait temps qu'il se comporte en agent senior et fasse ses preuves » aboya t-il presque. « DiNozzo a mis moins de temps que lui à prendre ses responsabilités et s'en sortir avec les honneurs » glissa t-il malicieusement. « J'ai besoin d'un vrai second et pas d'un pantin qui ne sait que jouer avec les ordinateurs. »

« Cesse donc de te référer à ce traître, ce menteur, ce play-boy pour justifier ta décision » lui intima t-elle. « Je t'ordonne de reprendre les rênes de cette enquête, de la résoudre le plus tôt possible et de rentrer à Washington sitôt terminée. Je ne vais pas tolérer que tu baguenaudes en compagnie d'un débauché tout milliardaire qu'il soit » lui enjoignit-elle d'une voix venimeuse.

« L'enquête prendra le temps qu'il faut, je ne vais pas la bâcler pour te faire plaisir, Jenny » lui affirma t-il calmement.

Le fait qu'il conserve son calme dut sans doute l'exaspérer car il l'entendit prendre une profonde respiration après avoir poussé un soupir, de dépit sans doute.

« DiNozzo n'a aucunement besoin que tu lui tiennes la main, il a certainement du personnel pour ça » cracha t-elle furieuse. « Il serait temps que tu coupes le cordon, Jethro. Il n'a plus besoin de toi, notre agence en a fini avec lui depuis un an, il serait temps que tu te rendes compte que votre relation est terminée. Il est définitivement hors concours et tu as d'autres personnes qui réclament plus ton attention que lui. »

« Jen, je ne vais pas te laisser me dicter ma vie sous prétexte qu'un jour, nous avons partagé un lit » annonça t-il tout d'un coup. « Je fais ce que je veux en dehors du travail et tu n'as rien à voir avec ça, mes fréquentations personnelles sont mon affaire et non la tienne. Je ne tolérerais pas que tu t'immisces dans ma vie privée. C'est bien clair ? » tonna t-il soudain dans l'évidente intention de la ramener à une discussion plus classique.

« Fais-moi un rapport de l'enquête » exigea t-elle sans lui répondre.

« Lorsque tu auras approuvé ma demande, je te ferais un topo » la coupa t-il.

« Ok, je ne me mêlerais pas de ta vie, satisfait ? » tonna t-elle.

« Pour l'instant et tu as tout intérêt à respecter cette demi-promesse » ordonna t-il de son ton habituel de commande.

Gibbs avait été tenté de lui assener quelques vérités mais avait choisi de se taire, du moins pour l'instant. Il avait simplement expliqué qu'il était temps que McGee prouve véritablement qu'il pouvait continuer à occuper le poste qu'il avait accepté au départ de Tony même s'il ne s'acquittait pas de toutes les tâches normalement dévolues au bras droit d'un chef d'équipe.

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Chassant ses réminiscences, il pénétra dans le bâtiment et rejoignit ses subordonnés. Les salutations furent brèves et froides de la part de Ziva tandis que McGee et Jameson soupirèrent de soulagement à la vue de leur patron qu'ils gratifièrent d'un bonjour plutôt cordial. Gibbs les informa qu'il se rendrait avec eux à Dallas pour superviser leurs recherches mais qu'il ferait le trajet avec Tony. Sa déclaration fut accueillie avec scepticisme ou soulagement suivant l'interlocuteur. Puis, sans autre forme, il quitta ses agents pour repartir vers la maison.

Leur chauffeur arriva quelques minutes plus tard et les trois jeunes gens gagnèrent le véhicule qui les acheminerait vers Dallas afin de continuer leur enquête. Certains témoins avaient choisi de ne pas se dévoiler et l'informaticien avait donc visionné des heures de vidéosurveillance afin d'en retrouver le plus possible. Ziva et Jameson devaient conduire les interrogatoires tandis que l'agent senior devait continuer à fouiller dans la vie de leur victime afin de tenter de trouver un motif à son meurtre.

Alors que la voiture passait devant la maison, l'équipe put voir Gibbs, Ducky, Abby et Tony se diriger vers le garage qui s'ouvrit pour leur livrer passage. Les trois agents eurent le temps d'apercevoir fugitivement plusieurs véhicules avant de dépasser la maison. McGee aurait pu jurer que l'un des modèles était une Rolls et, connaissant les goûts de DiNozzo en matière de voitures, il spécula qu'il aurait sans doute également pu voir une Ferrari, rouge de surcroit, s'il avait eu la possibilité de visiter l'endroit.

Tandis que leur jeep s'éloignait, Tony invita ses amis à pénétrer dans le garage, il tendit les clefs de la Rolls à Ducky.

« Ducky, elle est à toi, tu pourras ainsi te déplacer comme il te plaira » annonça l'italien, un petit sourire aux lèvres.

« J'en prendrai grand soin, Anthony » affirma l'écossais ravi de conduire à nouveau la belle automobile.

« Gibbs, tu peux choisir un des modèles à ta guise, je prends pour ma part la Porche et j'emmène Abby » déclara l'italien en prenant la main de la gothique et de la mener vers la voiture.

« Ducky, je fais le voyage avec toi » décida l'ancien marine, une façon de pouvoir faire le voyage de retour avec l'italien plus tard.

« Avec plaisir, Jethro » approuva le médecin en prenant place derrière le volant.

Tous quatre installés, les deux voitures prirent la route et s'acheminèrent tranquillement vers la ville.

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On progresse lentement mais je ne veux pas précipiter les choses, cette histoire promet d'être longue. J'aime détailler, c'est mon grand défaut (ou un atout !). Il faut parfois savoir expliquer les choses, mettre en place l'environnement avant de se lancer dans le vif du sujet.

Je vais tenter de poster un autre chapitre d'ici quelques jours, le suivant étant en bonne voie et le week-end de l'ascension étant férié, j'ai quatre jours pour me consacrer à son écriture.

A vos claviers et régalez-moi avec vos impressions.