Me voici de retour avec un pincement au cœur en apprenant que ce site a choisi une politique frileuse et aberrante en ce qui concerne les rating M des fictions. Il va sans dire que je n'approuve pas mais que nous, auteurs, serons contraints de respecter leur volonté malgré notre désaccord.
Le moment venu, je vous ferai savoir sur quel site je publierai mes fics car je n'entends pas abandonner mes publications. Je choisirai de poster mes écrits sur des sites de fans plus tolérants que ffnet.
Sur ce, je remercie à nouveau toutes mes lectrices, aussi bien celles qui continuent à mettre un com que celles qui mettent mes fics en favori ou en alerte. Je reconnais que vous devez être frustrées par mes mises à jour erratiques mais je fais de mon mieux pour continuer à écrire malgré une vie chaotique.
Bonne lecture et laissez-moi connaître votre avis.
Chapitre 16 : Révélation
Une fois sur la route principale menant à la ville, Tony accéléra et doubla celle de l'équipe de Gibbs. Pour ne pas être en reste, Ducky suivit son exemple et prit de la vitesse avant de s'insérer entre la voiture de l'italien et celle de la base qui transportait McGee, David et Jameson. Puis, à une allure modérée, les trois véhicules filèrent vers Dallas, l'un derrière l'autre.
Abby observait discrètement Tony mais ne dit rien avant qu'il ne débute une conversation anodine sur la ville et les loisirs qui pourraient l'intéresser. Le trajet était court et le moment n'était pas idéal pour entamer une discussion plus sérieuse. La gothique conserva donc le ton léger et s'empressa de faire part de son choix. Elle avait envie de passer quelques heures au labo de la police avant de songer à se divertir. L'atmosphère effervescente du lieu lui rappellerait son antre qui lui manquait un peu.
La distance fut parcourue sans incident et les trois véhicules finirent par se garer sur le parking 'visiteurs' du poste de police. Chaque passager descendit et tous se regroupèrent pour se diriger vers le local. Tony, sans se préoccuper plus de l'équipe de Gibbs, fit son chemin vers le bureau du Détective Stewart qu'il gratifia d'un grand sourire et d'une chaleureuse poignée de mains que le policier lui rendit.
Ce fut à cet instant que Gibbs comprit que les deux hommes se connaissaient plus que le flic ne l'avait laissé entendre. Discrétion ou désinformation ? Il penchait pour la première hypothèse, Stewart ne semblait pas le genre d'homme à colporter des cancans. Il regarda les deux hommes s'enfermer dans le bureau vitré du détective où le policier s'empara d'un dossier épais qu'il tendit à DiNozzo. L'italien le prit, s'installa sur le fauteuil et entreprit de lire. Stewart se leva, lui indiqua qu'il s'absentait avant de sortir de son bureau et d'en fermer la porte.
Le détective rejoignit leur groupe, il se tint à quelques pas derrière les agents du NCIS et les écouta discuter de leurs progrès. Il ne chercha pas à s'immiscer dans leur conversation, ni à donner son opinion. Durant presque une heure, chacun s'affaira à reprendre les témoignages et les informations diverses glanées durant les premiers jours d'enquête. Les témoins étaient rares et les vidéos des caméras n'avaient pas permis de découvrir quoi que ce soit. Ils étaient dans une impasse.
Il s'écoula une bonne demi-heure lorsque la porte du bureau de Stewart s'ouvrit à nouveau et que l'italien s'avance vers le policier.
• « J'ai lu, j'ai analysé et découvert où le gamin pourrait se trouver » annonça t-il simplement, sans vantardise et en tendant une feuille de papier au policier. « Vous devrez y aller avec prudence et doigté, il pourrait s'effrayer et fuir à nouveau. Emmenez un médecin avec vous, il sera certainement déshydraté et aura faim, il a fui dans la précipitation, il n'a sans doute pas songer à se munir d'un casse-croûte ou d'eau. Evitez d'alerter les parents, c'est à cause d'eux qu'il a quitté la maison et il pourrait bien faire une bêtise s'ils étaient là au moment de votre intervention. »
• « Comment avez-vous pu… ? » commença Stewart totalement abasourdi par la rapidité d'analyse de l'ancien policier.
• « Coup de chance, un œil neuf peut trouver et analyser de façon plus détachée que quelqu'un qui est directement confronté à l'affaire » déclara Tony en haussant les épaules, tentant de minimiser sa découverte.
• « DiNozzo a toujours eu la faculté de voir au-delà de l'évidence et grâce à lui, nous avons résolu pas mal d'affaires qui paraissaient insolubles » assura Gibbs tranquillement.
L'ancien marine fut heureux de constater que son ancien bras droit avait conservé son esprit analytique acéré et se réjouissait qu'il puisse encore mettre ses talents au service de la police. Le détective Stewart n'avait pas fait mention de l'aide que Tony leur apportait, était-ce délibéré ou n'avait-il eu aucune idée que l'italien avait été un membre de son équipe ? Il poserait la question à l'un ou l'autre dès qu'une occasion se présenterait même s'il se doutait que Tony n'avait sans doute pas fait mention de son poste au NCIS, Stewart l'aurait mentionné au passage.
• « Vous êtes le fameux détective de Baltimore, celui qui a permis l'arrestation du chef de la famille mafieuse Macaluso ? » s'étonna le policier, l'admiration perçant clairement dans sa question à la mention du nom utilisé par l'agent fédéral.
• « DiNozzo a travaillé d'arrache pied pour parvenir à ce résultat » souligna Gibbs en tentant de neutraliser son désir de féliciter l'italien par le biais de sa réponse au policier. « Il a également travaillé pour moi durant quelques années, je l'ai personnellement recruté pour mon équipe à la suite d'une enquête commune » ajouta le fédéral. « Il a un esprit qui travaille d'une façon bien particulière, il peut trouver des indices là où personne ne songerait à chercher. »
• « Je l'ai remarqué, en effet » affirma Stewart en souriant d'un air entendu à Gibbs. « Ce n'est pas la première fois que je lui demande un coup de main » déclara t-il en se tournant ensuite vers Tony. « Merci encore, M. Paddington… ou devrais-je dire DiNozzo ? Va falloir que vous m'expliquiez tout ça un de ces jours parce que je connaissais la réputation du détective DiNozzo au travers de l'affaire Macaluso que vous avez soufflé au FBI. J'avais un ami à la Criminelle de Baltimore » révéla t-il en voyant la surprise se peindre sur les visages des fédéraux. « Bon, je vais devoir vous laisser, j'ai un gamin à secourir. Je vous tiendrai au courant » assura t-il ensuite.
Stewart repartit vers son bureau, passa un coup de fil et ressortit dans la foulée, les saluant au passage avant de sortir rejoindre son équipe. Tony allait également partir lorsque l'ancien marine songea à l'inclure dans leur propre enquête. Peut-être que son analyse serait bénéfique pour faire avancer l'affaire. Il s'empara de la liste des employés qu'ils avaient déjà interrogés et s'avança vers l'italien.
• « Dis-moi, Tony, à ton avis, qui parmi les employés de l'agence de nettoyage serait susceptible d'aider à commettre un crime ? » demanda t-il tout en observant discrètement la réaction de son équipe.
• « Je ne suis pas en mesure de te répondre, je ne connais pas personnellement le personnel qui vient travailler en extra » assura le jeune homme.
Tony prit néanmoins la feuille et examina la liste. Il fronça les sourcils, reprit sa lecture et s'empara ensuite de son téléphone. Il passa un coup de fil à l'agence et pose deux questions. Il raccrocha et rapporta sa conversation à son ancien patron.
• « J'ai approuvé la liste du personnel qui est chargé de nettoyer mes appartements après étude de leurs dossiers. Aucun changement parmi cette liste ne peut se faire sans mon accord express. Or, il se trouve que l'agence a procédé à une modification sans m'avertir, il y a deux mois lorsqu'une des employées a dû subir une intervention chirurgicale » expliqua Tony.
• « Très bien. McGee, David et vous allez rendre une visite à l'agence, vous obtenez toutes les informations qui vous manquent sur cette employée. C'est sans doute l'élément qui nous fait défaut depuis le début. Ensuite, vous vous chargée de l'amener ici pour une petite discussion » ordonna Gibbs.
Ses deux agents s'empressèrent de lui obéir et McGee invita Jameson à les accompagner sentant que son patron souhaitait s'entretenir avec son ancien second. Le regard que l'ancien marine avait eu un moment plus tôt lorsque le détective Stewart avait révélé l'aide que l'italien lui donnait de temps en temps. L'agent jeta un coup d'œil aux deux hommes avant de franchir la porte et il soupira de soulagement.
Tim était heureux de s'éloigner pour le moment, il avait perçu la tension qui s'était installée lorsque Gibbs avait complimenté Tony, l'israélienne avait jeté un regard dur à son ancien coéquipier et son corps s'était raidi. La jeune femme ne parvenait pas à masquer ses émotions aussi bien que d'habitude et le jeune homme avait donc noté sa réaction. Il était clair qu'elle était irritée, sinon furieuse, de voir Tony le centre de l'attention de l'équipe mais aussi et surtout du soutien que Gibbs apportait encore à son ancien second dès que l'occasion se présentait.
Une fois ses subordonnés partis, Gibbs reporta son regard vers Tony qui le soutint sans fléchir. Il était loin le temps où Gibbs aurait pu intimider l'italien d'un simple regard, il était même certain que jamais son fameux regard n'avait impressionné l'ancien détective. Tony avait toujours été capable de le soutenir sans problème et au besoin, lui en renvoyait un qui démontrait qu'il n'était nullement intimidé par son patron. Il avait été le seul qui osait contrer Gibbs lorsque c'était nécessaire, jamais aucun de ses autres agents n'avait eu le cran de s'opposer à lui comme Tony le faisait.
Aujourd'hui, il mesurait combien le jeune homme lui manquait, combien son attitude désinvolte ou sérieuse tempérait la sienne, combien Tony savait désamorcer une tension par quelques mots ou une plaisanterie. Il avait toujours servi de tampon entre lui et son équipe lorsque la colère ou la frustration de l'ancien marine était prête à exploser. McGee n'avait pas cette capacité, il était encore très souvent incapable de prévenir ces moments et jamais il ne parvenait à désamorcer une situation de crise. Le jeune agent n'avait jamais réalisé combien l'attitude clownesque de Tony les avait sauvés, lui et Ziva, de la vindicte de leur patron.
• « Donc, tu collabores avec la police ? » lança Gibbs d'un ton calme.
Il souhaitait que Tony engage la conversation et l'accuser ne servirait ici qu'à braquer l'italien qui se fermerait alors à toute discussion.
• « Les ai aidés tout à fait par hasard quelques semaines après mon arrivée sur une affaire de meurtre » répondit Tony en haussant les épaules.
• « Quel genre d'affaire ? » s'enquit Gibbs, curieux de connaître le reste de l'histoire.
• « Un couple de personnes âgées brutalement assassiné, des citoyens respectables et respectés au sein de la communauté ; aucun indice apparent sur la scène de crime et pas de témoins visuels » expliqua Tony. « Stewart piétinait et le maire de la ville souhaitait que l'affaire soit résolue rapidement. J'en ai entendu parler au cours d'une soirée mondaine et dès le lendemain, je me suis présenté ici et j'ai proposé mon aide, j'avais préparé quelques arguments à lui donner. Stewart m'a presque ri au nez avant de me congédier. Deux heures plus tard, il me contactait pour solliciter mes services, il avait lu le dossier que j'avais laissé à son intention. Certaines idées étaient totalement loufoques selon lui mais méritaient néanmoins d'être retenues. Nous avons discuté pendant une heure avant qu'il m'autorise à consulter le rapport de l'enquête. J'ai mis deux jours avant de trouver ce qui clochait et trois jours après mon implication, le meurtrier du couple était arrêté. Depuis cette affaire, dès qu'une enquête piétine un peu trop, Stewart me demande d'y jeter un œil. »
• « Donc, il devait savoir qui tu étais » s'étonna l'agent fédéral.
• « Je ne pense pas, je ne lui ai jamais dit avoir été flic et il ne savait pas que j'avais changé de nom » répliqua Tony. « Sans doute a-t-il des soupçons mais il n'a jamais posé de questions à ce sujet. »
• « Ca te manque tout ça ? » questionna Gibbs sans montrer l'intérêt qu'il accordait à la réponse de son ami.
• « Crois le ou non mais pas vraiment » réfuta l'italien sans hésitation. « Oh, je ne mentirais pas en disant que le fait de n'être plus au cœur de l'action me manque mais de n'être plus la victime de tous ces détraqués me convient parfaitement. Et si ma collaboration occasionnelle avec la police de Dallas me permet d'assouvir ma frustration, je m'en contente. »
• « J'ai du mal à t'imaginer être heureux de ne plus exercer ce métier que tu aimais tant et tout ça par ma faute » déclara Gibbs d'un ton douloureux.
• « Pas la peine de te sentir coupable, j'aurais sans doute fini par quitter l'équipe un jour ou l'autre » affirma Tony. « Ce n'était pas seulement toi mais l'attitude de David et celle de la directrice ont contribué à ma décision. Ton accusation m'a simplement permis de prendre conscience qu'il était temps que je parte avant de commettre un acte irréfléchi. Tu as contribué, sans le savoir, à ma prise de conscience et j'ai pu mettre mon plan à exécution sans leur laisser penser qu'elles étaient gagnantes, que leur petit jeu m'avait affecté plus qu'il n'aurait dû. Il m'avait fait réalisé que ma présence au NCIS n'était pas le seul fait de mes compétences mais que mes connexions familiales étaient un atout pour certaines personnes, un atout que je n'avais jamais pris en considération au moment de mon recrutement. »
• « Ce n'était pas ta famille que j'embauchais, Tony mais toi et tes compétences professionnelles » le détrompa aussitôt son ancien mentor. « Morrow n'avait que faire de ta famille également, il n'avait pas besoin d'appuis financiers ou personnels pour mener sa carrière. Shepard, par contre, avait sans aucun doute envie de s'allier à ton père dans un but précis que j'ignore et dont je ne veux pas me mêler tant qu'elle ne te porte pas préjudice. »
• « Elle ne peut plus m'atteindre désormais et même si sa taupe du Mossad lui a déjà appris que j'étais ici, je ne crains rien d'elle » affirma Tony avec assurance. « Elle a été avertie que je détiens certaines informations à son sujet qui pourraient lui occasionner de sérieux problèmes si elle venait à tenter quelque chose contre moi. »
• « Quel genre d'informations ? Et comment… ? » voulut savoir Gibbs.
• « Sache simplement qu'elle serait en mauvaise posture si elle voulait jouer au plus fin avec moi, c'est tout ce que tu as besoin de savoir » le coupa Tony sans épiloguer sur la question. « Elle n'est pas du tout aussi nette qu'elle veut bien le faire croire et le Mossad n'est pas la seule organisation qu'elle a tenté de berner, c'est tout ce que je dirais à ce sujet. Shepard et David ont commis l'erreur de penser que je n'étais qu'un petit flic minable, elles ignorent certaines choses à mon sujet, des informations qui ne figurent pas dans mon dossier ou dans les fichiers du Mossad, si puissant soit-il. Je n'ai jamais fait allusion à une partie de mon passé qui doit rester dans l'ombre et si j'avais voulu, j'aurais démontré à ton officier de liaison que je pouvais facilement la surpasser dans un combat au corps à corps. J'ai volontairement fait croire à Miss Mossad que j'étais moins qu'elle et j'entends bien que ça reste comme ça. »
• « Qu'est ce que tu veux dire par là, Tony ? Tu fais partie de la CIA ou du FBI ? » gronda Gibbs qui était abasourdi par les révélations de son ancien second.
• « Eh, ça va pas de m'insulter comme ça ! La CIA ? Jamais je l'aurais intégré. Quant au FBI, même si je tolérais Fornell, je n'aurais pas voulu bosser sous ses ordres » s'indigna Tony dans l'espoir de faire diversion.
L'italien réalisait qu'il en avait trop dit – ou pas assez du point de vue de Gibbs – et qu'il devait lui faire comprendre qu'il ne devait pas creuser la question. Mais la curiosité de l'ancien marine avait été piquée au vif et Tony savait qu'il ne pourrait s'empêcher de revenir sur le sujet. Aussi, il décida que lui accorder quelques miettes serait un moindre mal.
• « Ecoute, Gibbs, il y a des choses que je ne suis pas en mesure de révéler » expliqua t-il. « Toi mieux que n'importe qui sait combien le secret de certaines opérations doit rester enfoui, tu as participé à assez de missions spéciales pour le comprendre. J'ai moi aussi été un très jeune membre d'une unité particulière durant quelques années, j'ai permis de neutraliser des individus dangereux et tout ça n'a jamais été inscrit dans mon curriculum vitae. Je suis fier d'avoir fait ça mais je n'ai absolument aucun droit de dévoiler quoi que ce soit, des vies sont en jeu si ces informations devenaient publiques. J'espère que tu ne chercheras pas à en savoir davantage. »
• « Tu as raison, je comprends parfaitement ton point de vue » répliqua Gibbs malgré tout curieux et perplexe. « Pourquoi n'avoir pas mentionné ce point lors de nos discussions ? Je t'ai parfois parlé de mon passé militaire, je t'ai tendu une perche à ces occasions. »
• « Tu plaisantes, là, Gibbs » railla Tony d'un ton incrédule. « Tu m'as rabroué la seule fois où j'ai fait mention d'opérations spéciales qui s'étaient déroulées durant ton service dans les Marines » rappela t-il à son ancien patron. « Oh, je t'en prie, ne me fais pas croire que tu as oublié que tu m'as expressément recommandé d'oublier ce fait, de l'oblitérer de ma mémoire. Je te retourne le conseil, oublie ce que j'ai dit, ça n'apporterait rien de bon de déterrer le passé et ce serait préjudiciable pour pas mal de monde si quelque chose venait à ressurgir. Je serais la première cible à abattre, Gibbs » termina Tony dans l'espoir de le convaincre.
• « Eh, ne crains rien ! Je ne révèlerais rien et si les informations à ton sujet sont bien protégées, rien ne se passera. Tu savais que j'ai demandé à Abby de trouver tout ce qui te concernait avant de t'engager, n'est ce pas ? » demanda t-il et Tony confirma d'un hochement de tête. « Tu sais qu'elle est la meilleure pour dénicher des informations. Donc, si elle n'a rien trouvé, c'est que tout est bien protégé. »
• « Ou elle a découvert quelque chose et elle n'a rien dit » spécula l'italien.
• « Aucune chance qu'elle ait trouvé quelque chose de curieux et qu'elle ne m'ait rien dit » le contredit le fédéral. « Elle ne te connaissait pas à l'époque, ma demande concernait un individu qu'elle n'avait jamais rencontré donc aucune raison pour elle de détenir des informations et de les taire » raisonna l'ancien marine.
• « Ouais, tu as sans doute raison » lui accorda Tony.
• « J'ai raison » affirma Gibbs avec conviction. « Un de ces jours, j'aimerais vraiment que tu me permettes de connaitre le vrai Tony DiNozzo, il y a des facettes de ta personnalité que tu caches si bien qu'il est difficile de les cerner » plaida doucement l'homme.
• « Wouah ! Tu tiens vraiment à ce que je me mette à nu devant toi, Gibbs ? » s'étonna le jeune homme.
Intérieurement, Gibbs sourit devant l'affirmation de l'italien car il ne souhaitait rien d'autre que de voir le corps du jeune homme entièrement libre de toute entrave vestimentaire et ce, depuis le premier jour de leur rencontre. Il en avait tant rêvé qu'il arrivait parfois à se persuader que son rêve était devenu réalité.
Il était également stupéfait de constater qu'il avait fallu la disparition de Tony pour qu'il réalise les sentiments réels que l'italien lui inspirait. Sans doute le fait de le côtoyer au quotidien avait masqué l'intérêt personnel qu'il lui portait.
• « De vrais amis ont peu de secrets » contra Jethro, revenant à la réalité.
• « Permets-moi alors de douter de notre amitié parce que tu es le roi des secrets, tu gardes jalousement au fond de toi tout ce qui touche à ta vie privée » railla Tony. « Tout ce que j'ai pu glaner sur toi, je l'ai su par accident ou parce que j'ai délibérément cherché et fouillé » révéla t-il devant l'air étonné de son aîné. « Je savais pour ta première femme et ta fille, je savais que ton père vivait encore, je savais que tu venais d'une petite ville du nom de Stillwater. Tu connais certaines choses sur mon enfance que personne ne sait, pas même Abby ou Ducky. Je te les ai dites, Gibbs. Mais toi, que m'as-tu révélé ? Rien, rien qui ne soit important. Et tu oses prétendre que des amis se disent tout ! Tu as de la chance que je n'ai pas envie de me retrouver dans une cellule sinon je t'aurais déjà fichu mon poing dans la figure » cracha l'italien en colère.
• « Tony, tu sais parfaitement que je ne sais pas parler de ma vie privée à n'importe qui » soupira Gibbs. « Et tu es pareil que moi à ce sujet » souligna t-il pour désamorcer la situation.
• « Je n'étais pas n'importe qui, Gibbs, tu l'as dit, j'étais un ami selon toi. Oh, je reconnais que je t'ai accordé ma confiance rapidement, trop vite sans doute. J'avais désespérément besoin de faire confiance à quelqu'un et tu me paraissais l'homme idéal pour ça. Mais, dieu, qu'il était difficile d'avoir la tienne en retour. Tu n'étais jamais satisfait quoi que je fasse, quoi que je dise. Tu demandais bien plus que tu ne donnais et je devais sans cesse forcer mon chemin à travers des tas d'obstacles pour atteindre le point que tu m'avais fixé. Je n'ai jamais réussi à te rendre fier de moi, tu avais toujours quelque chose à me reprocher. Par ce côté, tu es si semblable à mon père, me rabaisser était quelque chose dont il se délectait tous les jours » dit Tony avec amertume.
• « Je t'en prie, ne me compare pas avec Senior, je suis loin, très loin de lui ressembler » gronda Gibbs, triste de constater que son ancien bras droit pouvait penser qu'il ressemblait, ne serait-ce que de loin, à son géniteur et tourmenteur. « Je te poussais parce que je connaissais ton potentiel et que je savais que tu pouvais faire mieux. Ton hyperactivité était parfois un avantage et parfois un inconvénient, ton esprit se perdait quelquefois dans des directions qui n'avaient rien à voir avec celles qui nous intéressaient. »
• « Ouais, tente donc de te convaincre de ça, Gibbs » railla Tony. « En attendant, tu ne m'as jamais complimenté devant mes collègues mais plutôt me réprimander. Cette façon d'agir à convaincu McGee et David que je ne valais pas grand chose et leur faisait se demander pour quelle raison tu me gardais dans ton équipe. En quelques mois, McGee a reçu de ta part plus de compliments que moi durant tout le temps où j'ai été ton bras droit. J'avoue m'être souvent demandé ce que je faisais toujours au NCIS après la mort de Kate notamment. Plus rien n'était pareil après ce drame et j'aurais dû partir à ce moment-là, tout aurait été plus simple. J'aurais dû écouter mon instinct qui me disait de prendre mes jambes à mon cou et de laisser derrière moi toute cette folie. »
• « Et moi, je suis heureux que tu sois resté et sans cette affaire, tu serais toujours à mes côtés » grommela Gibbs d'un ton bourru. « Je sais que je t'ai mené la vie plus dure qu'aux autres mais je ne pouvais pas montré de favoritisme particulier, ça aurait paru plus que suspect » marmonna t-il.
• « Du favoritisme ! » s'exclama Tony d'une voix amère. « Tu te moques de moi, là, c'est pas possible » ricana t-il en jetant un regard choqué à son ancien patron.
• « Non, j'ai toujours apprécié de travailler en ta compagnie, Tony, je n'ai jamais aussi proche avec un autre agent, même pas Mike » réfuta l'aîné.
• « Et bien, tu avais une drôle de façon de le montrer, tu sais » railla l'italien. « J'aurais apprécié un mot ou deux devant les autres, histoire de les remettre à leur place. Mon autorité n'aurait pas été remise en question et mes ordres ignorés aussi facilement. Leur indiscipline aurait pu nous conduire à vivre un autre drame si je n'avais pas mis ma fierté de côté et pris sur moi de me maîtriser suffisamment pour continuer mon travail. »
• « Je sais que j'ai des torts et je ne pourrais sans doute jamais réparer les dégâts mais j'avais une bonne raison de me montrer plus ferme avec toi qu'avec mes autres agents. »
• « Tu sais, j'aimerais bien la connaître cette raison parce qu'alors je comprendrais mieux ton attitude dédaigneuse, voire offensante envers moi. Alors, dis-moi donc ce qui te poussait à agir ainsi » quémanda le jeune homme.
• « Ce n'est pas le moment de discuter de ça, ni l'endroit non plus » soupira Gibbs. « Je le ferais lorsque les circonstances s'y prêteront mieux. »
• « Décidement, tu n'as jamais su et tu ne sauras probablement jamais que parler peut résoudre bien des problèmes » soupira Tony.
• « Si, j'ai compris que parfois il était nécessaire de prendre sur soi et de s'exprimer mais c'est un exercice que j'entends pratiquer dans les meilleurs conditions possibles, comme lorsque nous nous sommes expliqués il y a quelques jours » déclara fermement l'ancien marine. Je te promets que je prendrais le temps de t'expliquer mais pas ici, ni maintenant où nous risquons d'être interrompus à tout instant. Je veux avoir l'assurance que nous pourrons discuter sans témoin potentiel et sans souci de la durée. »
• « Ok, je te rappelerai cette discussion à l'occasion avant ton départ ou… lors d'une prochaine visite » assura l'italien d'un ton plein d'espoir.
Gibbs n'eut pas le temps de répondre, la porte du poste s'ouvrit et laissa passer son équipe qui revenait accompagner d'une jeune femme qui avait visiblement pleuré. Les trois agents se dirigèrent vers leur patron et McGee lui fit un résumé des évènements sans s'offusquer de la présence de son ancien collègue.
• « Boss, voici Marla Bricks, c'est la femme de service qui a été engagé sans l'aval de… » commença t-il avant de s'arrêter.
L'agent senior ne savait pas comment appeler l'ancien bras droit de Gibbs, devait-il lui donner son nouveau nom ou l'appeler par son prénom. Dans l'incertitude, il fit un geste de la main pour le désigner, une façon de contourner le problème sans prendre position.
• « Elle a une intéressante histoire à raconter » poursuivit l'agent. « S'il vous plait, prenez place et répétez à mon patron ce que vous nous avez dits » déclara Tim en lui offrant une chaise.
La jeune femme jeta un regard presque apeuré à Gibbs, l'homme paraissant très intimidant. Aussi concentra t-elle son attention sur Tony, elle savait qu'il était celui qui lui payait une bonne partie de son salaire. Elle savait également que ce qu'elle avait fait était contraire aux termes de son contrat, elle risquait de perdre son emploi.
Elle se mordait anxieusement la lèvre et se tordait les mains. Devait-elle tout dire ou édulcorer sa participation ? Elle soupira puis finalement décida de tenter le tout et d'être honnête. Pourtant, ce ne fut pas vers l'agent fédéral qu'elle se tourna mais vers son 'patron' qu'elle n'avait jamais rencontré mais qu'elle connaissait par ouï-dire. Elle croisa brièvement le regard vert si chaleureux de l'italien avant de fixer ses mains croisées sur ses genoux. Elle prit une profonde inspiration avant de se lancer.
• « Je suis vraiment navrée et… honteuse d'avoir agi de la sorte, Monsieur » s'excusa t-elle en s'adressant à Tony. « Je savais que les appartements de l'étage étaient rarement occupés, les autres membres de l'équipe parlaient souvent sans retenue et je les écoutais. »
• « Miss Bricks… Marla, vous avez agi sous l'impulsion du moment, j'imagine » lui répondit Tony d'une voix mesurée et sans trace d'accusation. « Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre réaction ? » l'encouragea t-il à la surprise des agents fédéraux.
McGee sourit en reconnaissant la tactique légendaire des interviews de l'italien, utiliser le prénom de son interlocuteur pour établir un contact étroit et mesurer le ton de la voix figuraient parmi les techniques que Tony employait toujours pour mettre le témoin en confiance et lui soutirer ainsi des informations qui pouvaient s'avérer vitales pour une enquête.
Le bras droit de Gibbs haussa les sourcils lorsqu'il se rendit compte que Gibbs n'allait pas prendre le relais pour interroger la jeune femme mais il ne fit aucun commentaire de voir son ancien collègue prendre en main la discussion. Par contre, Ziva ne fut pas aussi passive. Elle s'approcha aussitôt de Gibbs et manifesta sa désapprobation.
• « Gibbs, vous ne pouvez pas laisser ce civil mener l'interrogatoire à notre place, nous avons la priorité pour gérer cette affaire à notre manière » s'insurgea t-elle.
• « Officier David, avez-vous une quelconque preuve qui démontre son implication dans le meurtre de notre victime ? » la coupa l'ancien marine qui attendit quelques secondes pour obtenir une réponse.
Ziva le regarda en pinçant les lèvres, sachant qu'elle venait de nouveau de mécontenter son patron. Elle ne pouvait plus cependant maitriser sa frustration de voir que son ancien collègue pouvait encore influencer autant Gibbs malgré ce qui s'était passé.
Gibbs lui jeta un regard d'avertissement et elle serra les poings pour tenter de reprendre contenance. Elle se jura intérieurement d'avoir un jour sa revanche sur l'homme qui lui avait ôté tous ses rêves et ses espoirs. Le temps viendrait où elle aurait l'occasion de lui faire payer son humiliation d'avoir été rejetée.
Les trois agents finirent par recentrer leur attention sur les deux protagonistes qui ne s'étaient pas rendus compte de la gravité de l'aparté entre David et Gibbs. Tony avait pris les choses en main en installant Miss Bricks sur une chaise à côté du bureau occupé par McGee, lui avait servi un verre d'eau et attendait patiemment qu'elle débute son témoignage. Il lui avait serré la main un bref instant lui marquant ainsi son soutien.
L'informaticien faillit glousser en voyant la jeune femme rougir et esquisser un bref sourire de remerciement. Elle porta le gobelet à ses lèvres, but quelques gorgées pour se donner du courage, se redressa sur son siège, jeta un regard sur son auditoire attentif avant finalement de parler d'une voix hésitante.
• « J'ai été engagé par l'agence il y a deux mois et j'ai été informé des conditions spécifiques de travail à l'hôtel. Mes collègues m'ont dit que l'appartement était rarement occupé et que le propriétaire était quelqu'un de charmant » débuta Marla d'une voix hésitante. « Aussi, lorsqu'un ami m'a imploré de l'aider en l'hébergeant quelques jours, j'ai pensé immédiatement à cet endroit plutôt sûr. Il avait besoin de se cacher pour échapper à un gars qui le suivait depuis plusieurs jours. Mark était un ami de mon défunt frère, ils avaient servi ensemble en Irak avant la mort de Peter, je le connaissais bien. Mon petit ami n'était pas tolérant et me reprochait d'aider Mark, de sortir quelquefois avec lui, il pensait que nous étions plus que de simples amis. C'était faux mais il est d'un tempérament jaloux, très jaloux même parfois. »
La jeune femme avala nerveusement et jeta un regard apeuré autour d'elle s'attendant à une explosion quelconque. Comme aucun des auditeurs ne broncha, elle poursuivit ses explications.
• « Il a surgi un soir chez moi et s'en est pris à Mark, il lui a porté quelques coups de poings avant que Mark ne parvienne à le maîtriser. Depuis ce jour, mon ami a pris soin d'éviter de se retrouver en présence de mon copain Sam. Durant deux semaines, Sam m'a accompagné partout où il pouvait lorsqu'il ne travaillait pas. Il n'a jamais mis les pieds à l'hôtel, nos horaires de travail étaient identiques pour ce contrat. Lorsque Mark a cherché une cachette, je lui ai donc proposé l'appartement inoccupé. J'avais ouvert et bloqué la porte de l'issue de secours pour qu'il puisse entrer sans problème et sans être vu. J'ignore si Sam s'en est rendu compte mais un soir, il est rentré avec les mains en sang, il m'a dit qu'il s'était défoulé sur un quartier de viande, il est boucher. Je n'ai pas posé de question parce que le lendemain, nous partions en vacances et je ne voulais pas faire d'histoire. Nous avons passé ces derniers jours en Virginie dans la ferme de ses parents, il en a hérité et voulait voir l'état des bâtiments parce qu'il envisage de la vendre. Nous avons reçu quelques personnes intéressées, nous avons fait quelques travaux et nous sommes rentrés il y a deux jours. Je n'ai pas eu de nouvelles de Mark, j'ai supposé qu'il avait profité de notre absence pour partir. Sam ne m'a pas laissé la possibilité de le contacter, il m'a pris mon téléphone où figurait le numéro de Mark, je ne le connais pas par cœur et c'était le seul endroit où il était répertorié. »
• « Marla, savez-vous ce qui est arrivé durant vos vacances ? » demanda gentiment Tony.
• « Oui, Monsieur, l'agent McGee m'a expliqué ce qui était arrivé à Mark » répliqua t-elle d'une voix étouffée.
• « Savez-vous où se trouvait votre ami Sam le soir de la mort de Mark Porter ? » questionna l'italien.
• « Non, il terminait plus tard que moi ce soir-là, du moins, c'est ce qu'il m'a dit mais j'ignore si c'est vrai » informa t-elle l'agent fédéral sans le regarder. « Je faisais les valises et je n'ai pas vérifié si Sam était encore au travail, ensuite, j'ai préparé le repas et il est rentré bien après 20 heures parce que ma mère m'a appelé et nous avons discuté un bon moment avant qu'elle ne raccroche en disant que mon père attendait son repas, il mange tard, presque vers 20 heures 30. »
• « Vous avez mentionné tout à l'heure ses mains abimées, avait-il saigné ? » voulut savoir Tony.
• « Je ne sais pas, je pense parce que la peau était à vif sur sa main droite » souffla t-elle avant de relever brusquement la tête. « Vous pensez que Sam…. que Sam pourrait avoir quelque chose avec la mort de Mark ? » s'exclama t-elle d'une voix aigue.
• « Vous avez dit qu'il était jaloux et qu'il avait suivi votre ami » rappela Tony. « La jalousie est un bon mobile pour commettre un meurtre. Le NCIS va devoir interroger votre ami Sam. Pouvez-vous nous dire où il se trouve ? »
• « A son boulot, normalement, il travaille aux abattoirs » indiqua t-elle en se tordant les mains. « S'il vous plait, pourrais-je voir Mark, je voudrais lui dire que je regrette… »
• « Passez à la morgue demain et le légiste fera le necessaire » affirma Gibbs doucement, reprenant les rênes. « Dans l'immédiat, il serait temps de faire connaissance avec l'ami Sam… » commença t-il avant de se tourner vers la jeune femme.
• « Sam Prescott » précisa t-elle rapidement. « Il habite deux rues près de son travail, l'immeuble est reconnaissable, il est en briques rouges. Son appartement est au 2ème étage, le 204. Il doit être rentré à cette heure, il termine à 12 heures aujourd'hui, il était du matin » les informa t-elle en consultant sa montre. « En général, il rejoint son appart pour déjeuner et se reposer deux heures. »
• « Merci, Marla, pour toutes ces précisions. Je vais demander à ce qu'on vous raccompagne chez vous » indiqua Tony. « Prenez votre journée et j'en informerai l'agence, votre salaire vous sera réglé en intégralité. »
• « Je vous remercie, Monsieur » dit la jeune femme, reconnaissante de la générosité de son patron. « Si vous avez d'autres questions, je ferai mon possible pour y répondre » ajouta t-elle sincèrement.
• « Allons-y, nous avons un suspect à appréhender » commanda Gibbs à son équipe avant de se diriger à grand pas vers la sortie.
Il ne put s'empêcher de jeter un dernier regard à Tony avant de franchir la porte. Il s'admonesta intérieurement pour ça mais il ne pouvait plus ignorer son désir de s'assurer de la réalité, à savoir qu'il avait bien retrouvé l'homme qu'il avait perdu par sa faute. Il analyserait ses motivations plus tard lorsque le meurtrier de Porter serait sous les verrous.
Voilà, on approche de la fin de l'enquête et donc du départ prochain de l'équipe. Quel dénouement pour nos amis ? Un au-revoir ou un adieu pour tous ou simplement pour certains ? Vous le saurez si vous m'accompagnez pour le prochain chapitre.
A bientôt
