Après quelques semaines difficiles, me revoilà avec le chapitre suivant. C'est le plus long écrit à ce stade de l'histoire mais je ne savais pas où le couper et je ne voulais pas faire de coupure abrupte donc je vous le livre tel quel.

Même si la mise à jour prend du temps, soyez assurées que je ne laisserais pas cette histoire sans fin. Simplement, parfois, l'inspiration manque même si je sais depuis le début comment se terminera l'histoire. Le début et la fin sont les deux choses que j'ai en tête lorsque je commence à écrire et l'entre deux est quelquefois plus difficile à cerner.

Merci à celles qui me laissent un com et bienvenue à celles qui ont rejoint mon cercle de lectrices.

Bonne lecture et vos commentaires sont toujours appréciés.

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Chapitre 21 : Irritation

Le soleil perçant par la fenêtre réveilla Tony qui mit deux minutes à reprendre pied dans la réalité et sourit en sentant un corps chaud contre son dos, un souffle dans son cou et une main posée sur son estomac. Gibbs avait choisi de se rapprocher durant la nuit et de s'approprier, d'une certaine façon semblait-il, le corps qu'il convoitait.

Il savoura durant plusieurs minutes l'étreinte de l'ancien marine avant de se dégager le plus doucement possible tout en sachant qu'il dérangerait certainement son ancien patron. Il avait à peine réussi à se glisser vers l'autre bord de leur couche provisoire lorsqu'il entendit Gibbs soupirer et grogner, signe évident qu'il revenait à la conscience. Il regarda l'homme un court instant et le vit froncer les sourcils tandis que sa main partait à la recherche de quelque chose… ou plutôt de quelqu'un.

Lorsque sa main cogna contre la cuisse de Tony, Gibbs sourit et soupira en constatant sa présence. Il avait craint que son compagnon ne s'éloigne en réalisant qu'il avait profité de son sommeil pour se rapprocher et l'étreindre. Même si Tony s'était dégagé, il était toujours près de lui et c'était un bon signe, signe qui montrait qu'il n'avait pas souhaité tout simplement fuir. Il espérait que cela augurait que leur relation pouvait évoluer vers quelque chose de plus proche, voire intime.

Finalement, Gibbs ouvrit les yeux et rencontra aussitôt deux prunelles vertes qui l'observaient avec attention. Il sourit sans retenue, de ce sourire si rare et si particulier qu'il réchauffait à chaque fois le cœur de son destinataire. Tony ne fit pas exception à la règle et lui sourit en retour, lui aussi d'un sourire sincère et réel et non un de ceux qu'il réservait généralement à ceux qu'il n'appréciait que modérément.

« Je vais aller m'occuper des chevaux » dit soudain Tony rompant le contact visuel entre eux. « Je veux m'assurer que tout va bien pour eux avant de rentrer prendre un bon petit déjeuner et de discuter avec mes gars. »

« Besoin d'aide avec les bêtes ? » proposa l'ancien marine. « Je peux les panser ou les brosser, nettoyer les stalles, le travail sera deux fois moins long ainsi. »

« Si tu te sens l'âme d'un palefrenier, libre à toi de me prêter main forte » railla l'italien avec une once de moquerie malgré tout dans la voix.

Gibbs se redressa, enfila ses boots, farfouilla dans le sac à la recherche des fruits, il sortit deux pommes, en tendit une à Tony avant de servir un chocolat pour le jeune homme et un café pour lui. Les deux hommes prirent le temps de savourer ces quelques instants de calme et de complicité avant de travailler de concert pour ranger le lit improvisé et d'aller s'occuper des chevaux. Tony lui montra l'endroit où il pourrait trouver le matériel nécessaire et l'endroit où le foin était entreposé.

Durant deux bonnes heures, les deux hommes passèrent de stalle en stalle, brossèrent les robes des chevaux tout en leur parlant afin de les rassurer, de remplir les mangeoires et de veiller à les fournir en eau fraîche. Alors que Gibbs sortait d'une stalle qu'il referma doucement, il s'approcha de celle occupée par Tony silencieusement. Il observa le jeune homme durant une ou deux minutes, réalisa qu'il avait vraiment l'air d'être dans son élément comme l'avait souligné Abby quelques jours plus tôt.

Il écouta également la voix qu'il aimait 'discuter' avec l'animal même si la conversation avait lieu dans un seul sens. Et c'est là qu'il remarqua que Tony s'exprimait en italien, ce qui semblait plutôt curieux mais les sonorités mélodieuses semblait retenir l'attention de l'animal qui restait tranquille et laissait son maître lui prodiguait les soins sans broncher. Les mains du jeune homme caressaient la robe soyeuse de l'étalon avec tendresse et Gibbs souhaita soudain qu'elles s'activent ainsi sur sa propre peau.

Il sortit de sa rêverie lorsque Tony l'interpella en refermant la porte de la stalle en lui posant une main sur le bras pour attirer son attention.

« Eh, ça va ? » demanda t-il en fronçant les sourcils.

« Oui » répondit rapidement l'ancien marine en portant son regard sur Tony. « Je… je me disais qu'il était curieux que tu leur parles en italien » ajouta t-il pour expliquer son absence de réaction.

« Oh ! L'italien est une langue qui convient à certaines bêtes comme l'allemand convient pour donner des ordres aux chiens » expliqua Tony. « Tu as terminé ? » questionna t-il.

« Oui, paille, nourriture et eau fraiches pour ces messieurs, j'ai rangé également mes outils » déclara Gibbs en souriant.

« Bon travail » approuva Tony en se dirigeant vers la remise pour ranger sa fourche. « Il est temps d'aller voir si les autres sont déjà debout, prendre une bonne douche et préparer un petit déjeuner pour tous. »

« Oui, je suis prêt à dévorer à belles dents » plaisanta Gibbs. « Et pour une fois, je suis celui qui le dit » termina t-il en riant franchement.

Tony le regarda et secoua la tête, les yeux rieurs et un léger sourire aux lèvres. Il était sidéré de voir le changement radical de l'attitude de l'ancien marine envers lui. Ces quelques jours loin de son équipe avaient semblé lui faire du bien et il était plus enclin à se laisser aller à exprimer ses émotions bien plus facilement que l'italien ne l'avait jamais vu faire durant les quelques années de leur collaboration.

Tony l'invita d'un geste de la main à le suivre vers la porte de l'écurie qu'il ouvrit avec un peu d'appréhension. Les orages violents comme celui qu'ils avaient eu cette nuit étaient toujours porteurs de dégâts matériels et autres. Et ce ne fut donc pas sans surprise qu'il constata que des branches d'arbres, heureusement peu nombreuses et peu énormes, avaient été arrachées par la tempête. Il savait qu'il était également probable que les routes soient inondées et impraticables durant au moins les deux prochains jours.

« Hum, semblerait que ton ranch ait souffert de la tempête » remarqua Gibbs en rejoignant l'italien et en promenant son regard tout autour de lui.

« Oui, c'est souvent le cas lorsque l'orage est aussi violent que cette nuit. Gibbs, je crois que tu devrais contacter la base, le personnel est souvent réquisitionné pour déblayer les routes et aider la population en détresse, il complète la main d'œuvre apportée par les pompiers, la police et tout le personnel des institutions officielles. Tu risques de ne pas pouvoir rejoindre Washington aujourd'hui. Mon hélico sera à la disposition de la ville pour évacuer les blessés réfugiés sur les toits des maisons inondées. Je ne serais pas en mesure de le dérouter pour vous acheminer vers Austin, l'aéroport de Dallas est certainement fermé depuis cette nuit à tout trafic aérien. »

« Je vais appeler la base et suivant les infos que j'aurais, je contacterai Shepard. Elle ne sera certainement pas enchantée mais elle ne pourra pas mettre ce retard sur mon compte, cette fois-ci. »

Le trajet fut court jusqu'à la demeure car, cette fois, ils ne luttaient ni contre le vent, ni contre la pluie. L'air était frais mais pas vraiment froid et la courte marche les réchauffa. Ils pénétrèrent aussi doucement que possible dans la maison pour éviter de déranger les éventuels dormeurs mais le bruit provenant de la cuisine les renseigna sur le sort de leurs amis. Une fois les chaussures retirées, les deux hommes prirent le chemin de la pièce d'où sortaient des effluves qui titillaient les narines de l'ancien marine et firent gronder son estomac.

Abby et Ducky étaient tous deux affairer à préparer le petit déjeuner et ce fut le légiste qui les remarqua le premier faisant face à la porte.

« Bonjour, Anthony, Jethro » les salua t-il attirant l'attention d'Abby par la même occasion.

« Salut, Doc » dit Tony en souriant au vieil homme.

« Ducky » fut la simple réponse qu'offrit Jethro.

« Bossman, Tonyboy » les accueillit-elle avec enthousiasme. « Ducky et moi nous demandions où vous étiez passés. Ducky m'a dit que l'orage avait été violent mais comme j'avais mes écouteurs dans les oreilles, je n'ai pas entendu grand-chose. Et lorsque j'ai cogné à vos portes sans obtenir de réponse et que je me suis permise de rentrer, j'ai vu les lits défaits mais personne. Je suis descendue en vous appelant sans vous trouver. C'est Duckman qui m'a dit que vous étiez probablement sortis. Où avez-vous passé la nuit ? » babilla la gothique avant de reprendre finalement son souffle.

« Bonjour, Abs. Nous étions à l'écurie cette nuit pour rassurer les chevaux et leur éviter de paniquer, ils auraient pu briser leur box pour tenter de s'échapper » lui expliqua Tony. « Gibbs a tenu à m'accompagner malgré mon refus. »

« Tout s'est bien passé, j'imagine » s'enquit doucement Ducky en examinant attentivement les deux hommes.

« Oui, ma présence a évité qu'ils s'affolent » répondit Tony en s'avançant vers le réfrigérateur pour se servir un verre de jus d'orange.

« C'est ce que nous avons supposé lorsque personne ne s'est présenté en courant pour nous annoncer une catastrophe » renchérit le légiste.

« Mon équipe se charge de l'écurie principale, celle où sont les chevaux que nous entrainons pour mes clients ou amis, c'est pour cette raison que celle-ci était sous ma responsabilité, ce qui est en fin de compte logique puisqu'elle contient mes propres chevaux » expliqua Tony pour le bénéfice de son amie qu'il ne voulait pas voir spéculer plus sur leur absence.

« Le petit déjeuner est prêt » indiqua soudain la jeune femme qui avait continué à travailler tout en discutant.

« Ok, Abby et moi nous chargeons de mettre la table et vous, messieurs, avez le temps d'aller vous doucher. Nous maintenons le tout au chaud. Allez, ouste, dépêchez-vous » dit Ducky tout en les poussant vers l'entrée d'un geste de la main.

Gibbs et Tony échangèrent un regard amusé avant d'obéir à l'amicale proposition. Ils s'élancèrent de concert dans l'escalier grimpant les marches deux à deux avant de se diriger chacun vers sa chambre. Abby et Ducky les virent partir avant de se regarder, Abby souriait et Ducky avait les sourcils levés et un léger sourire aux lèvres. Ni l'un, ni l'autre ne firent de commentaires mais chacun avait une idée en tête qui ne se laisserait pas chasser aussi facilement.

Abby n'avait jamais soupçonné la bisexualité de Tony jusqu'à ces derniers jours et elle ne connaissait pas les tendances de Gibbs mais elle sentait bien que quelque chose avait changé entre les deux hommes sans définir exactement quoi. Elle était frustrée et en même temps désolée car d'ici quelques heures ou un jour au plus, elle serait partie et ne pourrait donc mettre ses maigres talents de détective au service de sa curiosité.

Ducky, quant à lui, avait une bien meilleure idée de la situation. Sa longue amitié avec Jethro l'avait amené à découvrir un jour que son ami était bisexuel mais avait toujours privilégié son hétérosexualité. Il savait également que l'ancien marine avait vite été attiré par le jeune italien, juste quelques mois après l'arrivée de Tony dans l'équipe mais sans tenter de modifier les choses.

Il eut la confirmation d'un changement radical lorsque le jeune homme contracta la peste pneumonique. Voir Jethro se débattre entre son désir d'être auprès du jeune homme et son envie de faire payer l'auteur de cette horreur lui avait ouvert les yeux sur l'amour que son ami ressentait envers Tony, amour qu'il tenta de nier catégoriquement lorsque le légiste lui en toucha deux mots.

L'arrivée de Ziva au sein de l'équipe brouilla encore plus les cartes car la jeune israélienne ne fit pas mystère de son attirance pour le bel italien même si ce dernier ne répondait pas à ses avances. Cette découverte rendit donc Jethro particulièrement irritable, encore plus déterminé à cacher ses sentiments véritables pour Tony. Et sans logique, il en rendit responsable le seul être qui ne pouvait l'être : Tony.

Aussi, voir aujourd'hui, les deux hommes s'être rapprochés ainsi et voir renaître cette entente qui avait existé entre eux réchauffait le cœur du vieil homme. Il souhaitait plus que tout qu'ils trouvent enfin en eux le courage de s'ouvrir à l'autre et de connaître le bonheur qu'ils avaient le droit de vivre plus que n'importe qui d'autre.

Ce fut sur ses pensées que le légiste accompagna Abby pour préparer la table et déposer les mets de leur festin. Les deux amis s'installèrent et devisèrent agréablement en attendant le retour de leurs deux compagnons qui ne tardèrent pas à descendre de concert et pour une fois, Tony était en tête et Jethro le suivait légèrement en retrait et sur la gauche. Ducky sourit en reconnaissant la configuration inverse que les deux hommes adoptaient lorsqu'ils travaillaient ensemble, l'ancien marine devant et Tony derrière.

Tout le monde discuta des conséquences possibles de la tempête de la nuit précédente et Tony leur donna les informations communiquées un peu plus tôt à Gibbs. Abby sourit en pensant qu'elle pourrait sans doute encore rester un ou deux jours de plus. Elle aurait ainsi l'occasion d'observer plus attentivement ces deux hommes ensemble, voir si la nouvelle dynamique avait des chances de converger vers quelque chose de durable, sinon permanent.

Elle avait un manque depuis le départ de Tony, revoir la complicité qui unissait alors les deux collègues devenus amis et que la mort de Kate avait ébranlée. Et soudain, une évidence se fit jour dans son esprit ; l'arrivée de l'Officier du Mossad avait modifié cette belle entente et la directrice en l'introduisant dans leur équipe avait sans doute espéré y gagner quelque chose qu'elle convoitait : Gibbs lui-même.

Elle réalisa alors que tous les signes étaient là, devant ses yeux, mais qu'elle les avait délibérément ignorés. Madame avait jeté la jeune femme dans les pattes de l'italien pour briser le lien très fort qui existait entre Tony et Gibbs lui laissant le champ libre pour tenter de reconquérir son ancien amant. Abby se mordit la lèvre en constatant que finalement, Tony avait eu raison en affirmant que les deux anciens collègues avaient connu une liaison que la rousse voulait renouer.

Elle sortit de sa rêverie lorsque le bruit des chaises qu'on repousse se fit entendre. Ducky assura les deux hommes que la jeune femme et lui s'occupaient de ranger afin qu'ils puissent vaquer à leurs devoirs respectifs. Tony l'en remercia avant de déposer, sans façon et sans réfléchir, un baiser sur la joue du vieil homme qui en rougit de plaisir.

Deux réactions totalement inattendues firent réagir Abby et Gibbs. La gothique se leva et réclama elle aussi une bise avant d'étreindre à son tour son ami. L'ancien marine ressentit de la jalousie pure et simple lorsqu'il vit les lèvres de Tony se poser sur la joue parcheminée de son vieil ami alors qu'il savait qu'il n'avait rien à craindre de lui. Irrationnelle et pourtant bien réelle, cette réaction renforça Jethro dans son envie de se rapprocher du jeune homme et d'éloigner tous les opportuns qui voudraient se l'approprier.

Finalement, chacun s'en fut vers son occupation.

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Tony, de son côté, s'empressa de courir au garage et de sortir la jeep qu'il dirigea vers les baraquements de ses hommes. Il constata rapidement que son personnel était absent mais que l'équipe de Gibbs occupait la pièce commune et dégustait le petit déjeuner. L'italien les salua d'un bref bonjour sans se donner la peine de leur donner quelques infos avant de sortir immédiatement.

Il prit la direction de l'écurie principale où il trouva Cole et ses hommes qui s'affairaient soit à s'occuper des chevaux, soit à déterminer les endroits susceptibles de mériter une inspection afin de déterminer les dégâts occasionnés par l'orage. Tony sourit en voyant Cole dans son rôle de chef d'équipe, les hommes l'écoutaient et acceptaient ses directives sans penser une fois à se rebeller.

Il était fier de lui et de le compter comme ami et… amant même si ces derniers jours, leur nuit commune n'avait pas eu de suite. Il entendait y remédier dès que l'équipe fédérale au grand complet serait repartie, il avait besoin de sentir deux bras fermes autour de lui et un corps chaud contre lui après une étreinte passionnée suivant l'amour. Il ignorait si ce qui s'était passé dans l'écurie signifiait quelque chose de profond pour l'ancien marine parce que l'homme parlait rarement de ses sentiments tout comme il montrait peu ses émotions.

Il avait affirmé que sa porte leur serait ouverte et il entendait bien respecter cette invitation, il espérait qu'il aurait ainsi l'occasion de voir ses trois amis plus souvent et lui permettre de vérifier si Gibbs était réellement intéressé par une relation plus approfondie avec lui. Il savait de toute façon que celle qu'il entretenait avec Cole, bien que très agréable, n'était de celle qui pouvait le satisfaire sur le long terme.

Le jeune homme avait déjà eu l'occasion de fréquenter un autre homme quelques mois plus tôt lors d'une absence de deux semaines en Californie. Il avait avoué à Tony que l'expérience lui avait prouvé qu'il était désormais capable de s'ouvrir à un autre amour sans être perturbé par le souvenir de son amour perdu. Et Tony l'enviait pour ça et avait donc décidé qu'il laisserait partir Cole s'il trouvait l'homme de son cœur parce que, tout comme lui, il avait droit de trouver le bonheur.

Il finit par rejoindre le groupe et discuta avec eux de ce qu'il convenait de faire en priorité pour s'apercevoir que Cole avait anticipé les ordres. Il sourit chaleureusement à l'homme et lui posa une main rassurante sur l'épaule, Cole inclina la tête de façon à ce que sa joue se pose dessus et le geste fit sourire plusieurs cow-boys tandis que d'autres se détournaient pudiquement de façon à leur laisser un moment d'intimité relative.

Tony se joignit à un groupe tandis que Cole pilotait le second et tous s'empressèrent de s'équiper pour affronter le froid et l'humidité afin de parcourir le ranch et évaluer les dommages. Plusieurs jeeps se mirent en route tandis que les palefreniers s'activèrent autour du bien être des bêtes. Il faudrait plusieurs heures pour faire le tour des terres et sans l'hélicoptère pour leur faciliter le travail, chacun serait plutôt fourbu à la fin de la journée.

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Pour sa part, Gibbs se chargea de joindre la base et de s'enquérir de leur possibilité de quitter la ville le jour même. Et comme Tony l'avait prédit, il fut informé que tous les hommes étaient réquisitionnés pour aider la population civile et dégager les routes des arbres tombés qui empêchaient toute circulation. Le lieutenant qu'il eut en ligne lui assura que son supérieur le contacterait dès que les choses seraient à nouveau redevenues normales et qu'un transport serait disponible.

Après cette première tâche, Gibbs débattit encore sur ses occupations de la journée, il aurait aimé accompagné Tony mais le jeune homme ne l'avait pas proposé et il n'avait pas demandé. Il choisit en conséquence de rejoindre ses trois agents et de lire les rapports préliminaires rédigés. Il se rendit à pied dans le bâtiment qui abritait les quartiers du personnel sans se presser malgré l'air froid. La marche lui fit du bien, lui éclaircit les idées et lui permit de réfléchir un peu plus.

Son entrée soudaine fit sursauter Jameson et McGee tandis que David se contenta de hausser un sourcil. Il exigea plus qu'il ne demanda les rapports à relire, juste pour s'occuper et vérifier que son agent senior du moment avait bien tout superviser. Il passa ensuite du temps à l'écart avec McGee pour lui expliquer les erreurs commises et les oublis, lui rappeler certains règles à suivre.

Normalement, ce travail aurait dû être assimilé mais dans la mesure où c'était la première fois que l'informaticien était laissé seul pour diriger une enquête, il fallait bien qu'il s'acquitte du devoir de formation qui lui incombait depuis le départ de Tony. L'italien avait pourtant commencé à initier Tim à ce travail mais l'agent junior avait mis peu d'enthousiasme à se former aux tâches administratives.

Il s'en était mordu les doigts lorsque Tony était parti et qu'il s'était rendu compte de l'ampleur des choses qu'il devait faire de son mieux avant d'oser avouer à son chef qu'il était ignorant des réquisitions qu'il avait à remplir pour tout matériel à emprunter ou à remplacer pour l'équipe. Aussi, ce jour-là, le jeune homme fut un élève attentif, prenant des notes et posant des questions pertinentes qui ravirent Gibbs parce qu'elles montraient que McGee prenait enfin la mesure du poste qu'il assumait.

Gibbs prit le repas du midi avec ses agents et leur donna quelques informations.

« J'ai appelé la base tout à l'heure » débuta t-il s'attirant l'attention de ses agents. « La tempête de cette nuit a occasionné pas mal de dégâts et tout le personnel a été réquisitionné pour aider les civils. Notre voyage de retour est donc ajourné d'au moins 48 heures. »

« Peut on aider à quelque chose, patron ? » demanda courageusement Jameson.

« Je ne pense pas que nous puissions être d'une quelconque utilité dans la mesure où nous n'avons pas la possibilité de quitter le ranch sans savoir si nous ne rencontrerons pas d'obstacle sur la route. Tony fait le tour du ranch avec ses hommes, je vous conseille donc de les laisser faire leur travail sans les importuner. »

« On ne pourra pas leur proposer notre aide pour de petits travaux ? » voulut savoir McGee.

« Etant donné que tous les cow-boys sont déjà partis et que Tony les a rejoins, je pense qu'il est un peu tard pour ça, McGee » déclara simplement Gibbs mais en faisant un signe de tête indiquant qu'il appréciait l'offre.

« Qu'allons nous donc faire dans ce cas ? Nous allons passé deux jours ici seuls à tourner en rond ? » grogna la brune plutôt mécontente de la tournure des évènements.

« Il y a ici suffisamment de quoi vous permettre de vous détendre quelques heures, je pense, Officier David » répliqua Gibbs d'un ton ironique et en montrant la salle où TV, bibliothèque et consoles vidéo étaient répartis. « Et si ce n'est pas à votre convenance, vous pouvez vous plonger dans l'étude des protocoles et modes opératoires du NCIS que vous mésestimez trop souvent » railla t-il.

Le repas terminé, vint le tour de Jameson que Gibbs prit le temps de former à certains protocoles et autres obligations, il fut patient avec l'agent junior et fut récompensé lorsque le jeune homme le remercia avec effusion. Gibbs sourit en songeant que par certains côtés, Jameson lui faisait penser à McGee au début de son intégration dans l'équipe. Bien supervisé et bien formé, Jameson serait sans doute un très bon agent dans quelques années et il valait les efforts faits ce jour là.

Vaille que vaille, la journée s'étira un peu trop monotone pour l'ancien marine mais il savait qu'il mettait à profit des heures creuses et qu'il était nécessaire de le faire lorsque l'occasion se présentait. Ce n'était pas au bureau qu'il pouvait procéder ainsi tranquillement et dans le calme. Finalement, vers 16 h, il n'y tint plus et décida de rentrer. Si la compagnie de Jameson et McGee était supportable, celle de l'officier l'était de moins en moins. Elle l'insupportait par son attitude mesquine et il allait devoir la rappeler à l'ordre à ce sujet.

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Son entrée dans la maison passa inaperçu des deux occupants tant ils semblaient engoncer dans une discussion intéressante. Il alla se servir une tasse de café avec de les rejoindre et de s'enquérir du retour de Tony.

« Pas encore là, Bossman mais il ne devrait pas tarder, il rentre pour le goûter » l'informa malicieusement Abby en lui souriant.

« Tu sembles avoir eu une journée fatigante, Jethro » souligna le légiste en voyant son air sombre.

« Non, j'ai formé Jameson et McGee sur divers points, protocoles et autres choses » expliqua t-il.

« Oh, ca explique ton attitude » remarqua Ducky. « Et avec Ziva ? » osa t-il demander.

« Va falloir la remettre à sa place un de ces jours » nota t-il en soupirant.

« Je ne t'envie pas cette tâche, mon ami » dit simplement Ducky en secouant la tête avant de reprendre sa discussion avec Abby.

Gibbs les regarda un instant puis décida de les laisser discuter tranquillement et sortit dans le couloir. Il jeta un regard d'un côté et de l'autre et finalement se décida à visiter les pièces qui lui étaient encore inconnues et la première porte qu'il poussa lui dévoila quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé voir.

La pièce était de belle taille mais ce qui le surprit le plus était le grand piano noir qui trônait entre les deux fenêtres et sur lequel était posé, bien en évidence, un cadre de bonne dimension dans lequel était inséré la photographie couleur d'une très belle jeune femme brune tenant un bébé dans les bras. S'approchant pour examiner la photo de plus près, Gibbs devina sans mal que la femme devait être la mère de Tony tant la ressemblance était frappante. L'italien avait hérité de sa mère ses yeux, si magnifiques, sa bouche et son sourire ainsi que la couleur de sa chevelure.

L'instrument, quant à lui, semblait servir car pas un gramme de poussière ne recouvrait le couvercle du clavier et une partition à demi griffonnée y était coincée, signe que Tony devait y travailler. Donc, son ancien bras droit composait… ! Décidément, DiNozzo ne cessait de l'étonner chaque jour davantage depuis qu'il avait choisi d'ouvrir les yeux et de reconnaître ce qu'il ressentait.

Il gloussa discrètement en songeant qu'il allait surprendre l'italien en l'entraînant ici et en lui demandant de jouer pour lui… pour eux. Il savait que Tony avait appris le piano lorsqu'il était gamin, il avait surpris Ziva poser la question à Abby qui lui avait confirmé que Tony jouait très bien sans pour autant lui proposer d'assister à un récital de son ami.

Pourtant, lui avait envie de l'entendre et le voir faire courir ses longs doigts sur les touches, de revivre ce que Shannon lui avait fait découvrir en son temps, la musique. Il voulait à nouveau entendre les notes résonner et les mélodies le faire rêver comme jadis.

Il ignorait pourquoi mais il avait l'impression que Tony devait jouer en solitaire ou uniquement pour des gens très proches, du moins c'est ce qu'il avait eu comme impression d'après les propos d'Abby. Il allait devoir avancer sur la pointe des pieds parce qu'un Tony surpris ou contrarié se braquerait et aurait l'effet inverse de ce qu'il voulait. Et il ne voulait surtout pas heurter d'une quelconque façon le jeune homme, il ne souhaitait que se rapprocher plus de lui et non s'en éloigner.

Il ressortit de la salle et s'avança jusqu'à la seconde porte entrouverte et qu'il poussa lentement pour laisser entrevoir un bureau, certainement celui de Tony. Le mobilier était moderne, bois, métal et verre composait un ensemble harmonieux. Le bureau en angle supportait d'un côté un ordinateur et une imprimante. L'autre partie servait à la correspondance, il y avait un sous-main de cuir bordeaux assorti à un pot à crayons, une lampe, un téléphone. Un fauteuil de cuir noir attendait son occupant tandis que deux autres faisaient face au bureau. Le long d'un mur opposé, un canapé de cuir également puis dans un coin, un classeur.

Un long plan de travail occupait le dernier mur. De grandes feuilles étaient étalées dessus et représentaient visiblement les plans de deux bâtiments. Curieux, il y jeta un œil et remarqua qu'ils s'intégreraient dans la partie habitée du ranch du côté des quartiers du personnel. Il ignorait à quel usage le premier était destiné mais il pouvait dire, sans se tromper, qu'il servirait pour plusieurs personnes.

Plusieurs pièces semblaient destiner à devenir des chambres, il s'agissait peut être d'un nouveau dortoir pour les ranchers. Ce qui tendrait à supposer que l'italien avait besoin de plus d'hommes. Le second servirait sans doute de hangar, il était d'une seule pièce avec une grande porte mais pas de salles supplémentaires comme l'autre.

Il pouvait spéculer sur leur destination mais il savait qu'il ne demanderait pas à Tony de lui en parler. Leur récente rencontre et leur nouvelle connexion ne l'autorisait pas à s'ingérer autant dans la nouvelle vie de son ancien agent. Mais peut être que, lors d'une conversation à bâtons rompus, il pourrait y glisser une allusion et obtenir plus d'informations là-dessus.

Il hocha la tête comme pour approuver avant de se retirer tout en tirant la porte sans la fermer. Il fit demi-tour et reprit la direction du salon.

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Finalement, Tony ne rentra pas pour le goûter comme l'avait supposé Abby, faire l'évaluation des dégâts même avec l'aide de ses gars, avait pris plus de temps que prévu parce que le terrain détrempé par endroits n'autorisait pas le passage de la jeep. Ils avaient parfois dû faire le chemin à pied pour constater les réparations à faire.

L'heure de son retour approchait des 18 h lorsqu'il franchit la porte de la maison et fut accueillie par la chaleur bienfaisante de la demeure. Il se déchaussa et s'avança jusqu'au salon pour constater que ses trois invités étaient confortablement installés sur le canapé et dans le fauteuil et discutaient.

« Eh, Tonyboy » lança Abby dès qu'elle le vit.

« Eh, Abs » lui renvoya t-il en souriant. « Je monte me doucher et me changer » les informa t-il d'un air fatigué.

« Nous t'attendons, mon garçon » dit Ducky tout en faisant un signe de la tête à Gibbs pour qu'il suive le jeune homme.

Gibbs comprit le message et se leva, suivit Tony qui montait déjà les escaliers. Il ne demanda pas la permission mais emboita le pas de l'italien jusque dans sa chambre où il s'assit sur le lit.

« Beaucoup de dégâts ? » demanda t-il tandis que Tony commençait à se déshabiller.

L'ancien marine fut ravi lorsque Tony lui répondit sans l'envoyer promener.

« Tout ce que nous avons pu voir pour l'instant, ce sont des arbres malmenés et des clôtures arrachées » annonça t-il. « Si c'est tout ce que nous avons, nous nous en tirons plutôt bien. »

« Nous ? » dit Gibbs en haussant un sourcil.

« Oui » fit Tony en le regardant d'un air sérieux. « Les gars ne sont pas seulement des employés, Gibbs, ils sont presque une famille dans la mesure où je n'en ai pas d'autre » poursuivit Tony tranquillement.

A cette affirmation, Gibbs sentit son cœur se serrer en songeant qu'à cause de lui, Tony avait dû s'exiler et perdre la seule famille qui lui importait, celle qu'il avait au NCIS. Il continua de regarder l'homme se dévêtir mais le jeune homme stoppa soudain et se rendit dans la salle de bains et bientôt, la douche se mit à couler.

Durant le court laps de temps où Tony se doucha, Gibbs se tritura les méninges pour trouver une excuse pour faire la demande qui lui importait le plus mais finalement décida de laisser et voir venir. Tony sortit bientôt, la taille ceinte d'une serviette et entreprit de sélectionner un confortable pantalon et un sweat-shirt et retourna s'habiller à l'abri du regard de l'ancien marine.

Les deux hommes redescendirent et il fut temps de discuter du repas du soir. Le congélateur leur procura de quoi sélectionner un menu correct et tout en le préparant, tous quatre discutèrent de tout et de rien. Le dîner se passa tranquillement et résonna du rire de l'italien à plusieurs reprises. La table débarrassée et la vaisselle placée dans le lave-vaisselle et il fut temps de servir le café et de regagner le salon pour la détente après une journée bien remplie. Ce fut ce moment-là que Gibbs choisit et décida de pousser Tony à jouer mais avant de lancer sa demande, il voulait s'assurer que le jeune homme souhaiterait bien lui faire ce plaisir.

« Tony, j'ai quelque chose à te demander ou plutôt un souhait » commença Gibbs incertain de la manière d'exprimer ce qu'il voulait.

« Je t'écoute » répondit Tony comprenant que son ancien patron était mal à l'aise.

« J'ai découvert ceci » dit-il en entraînant le rancher vers la salle de musique.

Soudain, Tony ralentit le pas et finit par s'arrêter totalement en saisissant le but de leur trajet. Se retournant, Jethro stoppa également lorsqu'il se rendit compte que l'italien ne le suivait plus.

« Tu as fait comme chez toi, n'est ce pas, Gibbs ? » gronda Tony d'un ton mesuré mais nettement réprobateur. « Tu n'as pas pu t'en empêcher. »

« Je voulais juste découvrir ton nouveau 'chez toi' » plaida faiblement Gibbs qui sentait venir, à plein nez, l'esclandre et voulait éviter la dispute dans la mesure du possible.

« Tu ne manques vraiment pas de toupet, tu le sais » s'exclama le jeune homme furieux, les deux poings sur les hanches et les yeux durs. « Ma vie privée ne regarde que moi et certaines choses doivent rester ce qu'elles sont, privées. Je n'avais pas l'intention de dévoiler mes loisirs au tout venant, fut-il mon ancien patron et qui plus est, à mon ancien patron devrais-je dire. Bon sang, pourrais-tu avoir la décence de respecter mon intimité aussi bien que tu veux qu'on respecte la tienne. Tu n'as jamais rien dit sur ta vie personnelle, pourquoi soudain devrais-je te laisser fouiner chez moi ? »

Gibbs haussa les sourcils, jamais il n'aurait pensé que l'italien prendrait aussi mal le simple fait de visiter sa demeure. Ou était-ce simplement parce qu'il ne voulait pas que cette activité en particulier soit exposée au grand jour ? En avait-il honte au point de préférer la laisser dans l'ombre ?

Il devait prendre une décision rapide et faire amende honorable avant que les choses ne dégénèrent encore plus. Et tant pis s'il mettait à mal l'une de ses propres règles, il devait le faire et le faire tout de suite. Il prit une bonne bouffée d'air avant de se lancer.

« Tony, je suis… désolé » finit-il par dire avec difficulté. « Je ne pensais pas… »

« C'est bien ça, ton problème, Gibbs » le coupa vivement l'italien. « Tu ne penses que lorsque ça t'arrange ou que ça te touche. Tu n'as que faire de mes sentiments, de mes souhaits. Tu peux te comporter comme tu veux au NCIS ou chez toi mais ici, tu es chez moi et tu respectes ma vie privée ou tu peux faire tes bagages immédiatement et te trouver un autre endroit où dormir. »

« Je comprends, Tony » s'amenda l'ancien marine, même si ce n'était pas dans sa nature. « Je ne me permettrais plus pareille curiosité. »

« Tu as tout intérêt sinon tu peux dire adieu à ton souhait de me voir reconsidérer notre amitié » l'avertit Tony en modérant désormais son ton. « Nous ferions bien de regagner le salon avant que Ducky et Abby ne se posent des quest… » fit-il tout en pivotant… pour se retrouver nez à nez avec ses deux autres invités.

Le médecin et la gothique étaient postés dans l'embrasure de la porte et les regardaient tous deux, ébahis et choqués tout à la fois par l'altercation dont ils venaient d'être témoins.

« Peut-on savoir ce qui motive pareille dispute ? » s'enquit poliment le légiste en croisant le regard triste de l'italien et coupable de l'ancien marine.

« Rien, Ducky » répondit rapidement Tony. « Tout est désormais en ordre, du moins, je l'espère » ajouta t-il en lançant un regard d'avertissement à Gibbs.

Puis sans plus se préoccuper des uns et des autres, il fit les quelques pas qui lui permirent de rejoindre Abby qu'il enlaça avant de franchir la porte et d'aller s'installer sur le sofa. Le plateau où reposaient tasses et boissons diverses y trônait attendant les convives. Gibbs soupira, passa une main lasse sur son visage avant de cheminer lentement vers Ducky qui l'attendait dans l'espoir de comprendre la raison de leur dispute.

« Plus tard, Duck si tu veux bien » dit-il à son vieil ami avant d'être l'objet de son interrogatoire.

« Ok mais tu as tout intérêt à changer de comportement vis-à-vis de Tony si tu ne veux pas te retrouver avec une Abby en mode hyper protecteur et un légiste moralisateur » plaisanta l'écossais pour alléger l'atmosphère.

« Noté, Ducky » répondit Gibbs d'un ton contrit.

Et sur cette simple réplique, il passa devant le médecin et gagna lui aussi le salon où il prit place dans un fauteuil avant que Tony ne lui serve son café comme si rien ne s'était passé. L'italien devisait avec Abby sur les mérites d'un film semblait-il et rien n'indiquait qu'il avait eu une altercation juste quelques minutes plus tôt. Et Gibbs se fit la réflexion que son ancien bras droit savait toujours autant dissimuler ses émotions et avait gardé ses capacités qui faisaient de lui un bon agent sous couverture.

Finalement, l'incident mis de côté, les quatre amis passèrent une soirée relativement plaisante entre badinages oisifs puis, après moult discussion, le visionnage d'un film d'action afin de ne pas trop dépayser l'ancien marine. Tony et Abby devisèrent à voix basse durant presque toute la séance, ils rirent également à plusieurs reprises et Gibbs envia, comme il se doit, la gothique de pouvoir se presser contre l'italien sans pudeur et sans honte.

Gibbs se surprit à jeter de fréquents coups d'œil en direction de Tony durant toute la soirée et réalisa combien il allait lui être difficile de regagner l'estime du jeune homme après cette lamentable bévue. Il n'avait voulu assouvir que son propre désir sans savoir si son envie n'importunerait pas son ancien bras droit. Quelle maladresse et quel manque de tact de sa part !

Mais bon sang, qu'il est de plus en plus difficile de cerner de nouveau cette tête de mule ! songea Jethro. C'est comme si je n'avais jamais été proche de lui, comme si nous ne nous étions jamais côtoyés durant des années. C'est frustrant et parfaitement ridicule.

Il était plus de onze heures lorsque tout le monde se souhaita une bonne nuit et que chacun s'achemina vers sa chambre. Gibbs était dans la sienne depuis à peine une minute lorsqu'il entendit des pas résonner dans le silence de la nuit et se diriger vers la chambre de… Tony jugea t-il d'après les quelques sons qu'il percevait. Cole avait dû attendre pour venir rejoindre son amant et Gibbs grogna à cette pensée.

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Alors, est ce que la bévue de Gibbs va sonner le glas de ses espoirs ? Comment peut-il se faire pardonner ?

La réponse au prochain chapitre… ou au suivant.

A bientôt

Chtimigirl