Voici le chapitre suivant qui va explorer un peu plus le passé de Tony avant que notre italien ne se lance dans les confidences dans le prochain chapitre qui est déjà bien entamé. J'ai dû prendre la décision de couper le chapitre en deux parties et vous livre ce jour la première.

J'espère être en mesure de vous Poster la seconde juste avant Noël et de m'attaquer au chapitre suivant dans la foulée. Je souhaite finir cette histoire avant mon prochain anniversaire fin février mais elle est tellement plus difficile à écrire que j'ignore si ma résolution sera tenue. Pourtant, je n'abandonnerais pas jusqu'au mot FIN, c'est une promesse.

Sur ce, bonne lecture et à vos commentaires.

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Chapitre 22 : Divulgation (1)

Le lendemain matin, lorsque les quatre amis se retrouvèrent au petit déjeuner, Gibbs constata l'absence de son 'rival', Cole était sans doute parti tôt. Et ce fut donc un soulagement pour l'ancien marine qui n'avait aucune envie de se coltiner le jeune homme - aussi charmant soit-il - sous le nez ce matin-là sachant qu'il sortait des bras de son futur partenaire.

Durant les premières minutes, l'ambiance fut légèrement tendue avant de s'alléger sous l'impulsion de Tony qui racontait quelques anecdotes sur les courses hippiques et les grands prix qui se déroulaient dans les grandes villes de l'état texan. Gibbs lui en fut reconnaissant et le lui fit savoir en lui adressant un de ces rares sourires et l'italien lui fit en retour un léger signe de tête indiquant qu'il avait reçu le message.

Comme la veille, Abby et Ducky se chargèrent de ranger la table et la vaisselle et le légiste fit son possible pour retenir la jeune femme, il avait senti que les deux hommes avaient besoin d'évacuer la tension entre eux, tension née de l'altercation de la soirée précédente.

Tony proposa donc un tour à son ancien patron, d'abord par l'écurie pour voir les chevaux et s'occuper d'eux puis lui permettre de faire son mea culpa. Il y avait réfléchi après que Cole, qui l'avait rejoint cette nuit, l'ait pressé de crever l'abcès qui menaçait de le perturber longtemps s'il le laissait sans solution. Le jeune employé se souvenait trop bien de l'état dans lequel son patron avait pris le ranch en mains lors de son arrivée presqu'un an auparavant. Il ne souhaitait pas le revoir dans la même condition pitoyable lorsque l'équipe partirait.

Les deux hommes firent part de leur projet à leurs amis avant de sortir chaudement habillés et chaussés. Tony pilota doucement la jeep sur le chemin détrempé et stoppa presque devant la porte de l'écurie qu'il ouvrit après être descendu du véhicule sans prononcer un seul mot. Il s'arrêta à quelques pas de l'entrée, respira profondément et se retourna vers l'ancien marine qui refermait le battant.

Gibbs se retourna et faillit buter sur Tony qu'il pensait déjà affairé avec les chevaux. Il haussa un sourcil lorsqu'il se rendit compte que l'italien mordillait sa lèvre inférieure, signe d'un débat intérieur chez lui. Il esquiva un léger sourire en constatant que le jeune homme avait conservé certains tics et qu'il était encore capable de les interpréter. Il laissa à son ami le temps de prendre sa décision et le regarda sans rien dire.

« Gibbs, je… » commença Tony avant de stopper et de baisser les yeux quelques secondes avant de planter hardiment son regard dans celui de l'ancien marine. « Je crois que j'ai réagi excessivement hier soir à ton intrusion mais tu m'as vraiment pris par surprise. Je n'étais pas non plus dans la meilleure des dispositions à la suite de ce qui s'est passé ici même hier. A vrai dire, je n'ai pas eu le temps d'assimiler et surtout d'analyser tout ce qui est arrivé depuis votre irruption dans ma nouvelle vie il y a quelques jours. Je sais que ce n'est pas une excuse et que je t'ai sans doute utilisé comme bouc émissaire et je tenais à m'en excuser… »

« Tu n'as pas besoin de le faire, Tony » le coupa Gibbs en s'avançant et posant une main sur l'épaule de l'italien. « C'est moi qui aurait dû comprendre, je vous ai suffisamment laissés tous dans l'ignorance de ma propre vie privée pour n'avoir pas à présumer que je pouvais délibérément faire irruption dans la tienne de cette manière. Et surtout après avoir moi-même agi comme je l'ai fait il y a un an, c'était encore plus discutable de ma part. »

« Nous sommes deux mules bornées et deux stupides mecs qui ne savent pas exprimer leurs sentiments, ni leurs émotions et c'est ce qui complique souvent nos relations avec le reste du monde » constata l'italien.

« Pourtant, tu es quelqu'un qui parle constamment, Tony. Tu parles de tout et de rien même lorsque l'on souhaiterait que tu te taises » le taquina Gibbs.

« Mais pas devant n'importe qui, surtout de ce qui me tient à cœur ou de ce qui me touche vraiment. Je suis un mec qui préfère le faire avec ceux qui comptent réellement pour moi » nota le jeune homme. « Je suis certain que je peux compter mes amis proches sur les doigts d'une main et aucune d'eux ne connait tout ce qui s'est passé dans ma vie depuis ma naissance. Sans doute que s'ils mettaient bout à bout tout ce qu'ils savent sur moi, ils n'auraient pas le film de ma vie dans sa globalité. »

« Il en va de même pour moi, Tony » l'informa l'ancien marine. « Je n'étale pas ma vie à tout vent comme Abby semble le faire spontanément. Je suis un homme qui préfère garder mes distances entre vie privée et vie professionnelle. »

« Moins on dévoile sur soi et moins on s'expose aux attaques » statua Tony doucement.

Par cette simple sentence, Gibbs comprit que son ancien second avait dû être trahi ou voir ses confidences trahies de façon drastique pour avoir décidé de se préserver en restant à bonne distance des autres. Il avait bien remarqué que l'italien préférait laisser les gens penser ce qu'ils voulaient de lui et même le sous-estimer plutôt que de les voir trop près de lui au risque de mettre sa sacro-sainte liberté en péril.

« Allez, allons nous occuper des bêtes avant qu'Abby ne parte à notre recherche » déclara Gibbs pour éviter que leur conversation ne dérive vers un terrain dangereux, celui des confidences forcées.

« Oui, mieux vaut lui éviter de se faire des cheveux blancs, ça ne lui conviendrait pas » dit Tony avant de se rendre compte que sa tirade pouvait être mal interprétée. « Non pas que ça ne te convienne pas, Gibbs, loin de là, ça te confère plutôt une allure particulière » s'empressa t-il de poursuivre tout en sachant que Gibbs ne se préoccupait pas beaucoup de son apparence physique de la même façon que lui.

« Arrête de radoter, DiNozzo et attrape cette fourche avant que je ne te botte l'arrière train » lança t-il avant de se diriger vers la première stalle tout en retenant un rire qu'il avait bien envie de laisser échapper.

Et ce fut ainsi que l'esclandre de la veille fut sinon pardonnée du moins expliquée. Désormais, les deux hommes pouvaient reprendre leur relation sur une base plus saine et Gibbs avait bien l'intention de la mener là où il voulait la voir aboutir même si cela impliquait de prendre des dispositions drastiques pour y parvenir.

Il avait laissé passer l'occasion à diverses reprises durant les dernières années et il entendait ne pas risquer à nouveau de manquer le coche parce qu'il doutait de parvenir au but fixé. Il savait désormais que Tony était bisexuel, tout comme lui, et c'était déjà un pas dans la bonne direction. Il savait également que la relation Tony-Cole était plus un arrangement qu'autre chose et c'était un bon point pour lui parce que ses sentiments étaient réels et permanents et non passagers. Restait juste à en convaincre Tony.

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Après le déjeuner, Gibbs passa quelques instants dans le bureau de Tony, il voulait recontacter la base pour connaître les dispositions prévues pour le retour de l'équipe, un avion devait les reconduire à Washington mais dans quel délai, la tempête avait définitivement repoussé l'échéance prévue deux jours plus tôt.

Il attendit quelques minutes avant de pouvoir être mis en relation avec le Capitaine et il en profita pour examiner la pièce plus en détail que lors de son bref aperçu la veille. Sur le bureau derrière lequel il était assis, un ordinateur en occupait un coin, des dossiers étaient empilés à côté.

Un cadre en argent était posé face au siège et représentait la jeune femme dont la photographie trônait sur le piano de la salle de musique. Cette fois, elle était accompagnée d'un jeune garçon de deux ou trois ans, brun aux grands yeux verts. Gibbs sourit, il reconnaîtrait ses yeux entre mille, le gamin ne pouvait être que Tony et la femme était sa mère, sans l'ombre d'un doute.

Curieux que DiNozzo Sn ne soit pas sur les clichés familiaux songea t-il brièvement.

Il détailla les traits fins et aristocratiques de la femme, il comprit que son ancien agent tenait beaucoup de sa mère comme il l'avait constaté d'après la photo de la salle de musique, non seulement à cause de la couleur de ses yeux et de sa chevelure mais aussi cet air de fragilité qui marquait parfois son visage et qui transparaissait sur ce portrait. Le sourire également était semblable car, sur le cliché, elle souriait et ses traits en étaient comme illuminés.

Après quelques instants, il délaissa le portrait et promena son regard autour de la pièce. Une bibliothèque occupait l'un des murs côté porte, elle contenait des ouvrages sur les courses hippiques, les chevaux, des ouvrages sur différents pays et différentes civilisations disparues. Sur la table de travail qui lui faisait face, des plans étaient étalés sur sa surface, plans dont la destination lui était impossible à deviner car sans annotation quelconque. Cependant, on pouvait deviner un grand espace divisé en plusieurs unités.

Comme la veille, Gibbs se demanda un instant si Tony ne prévoyait pas de construire de nouveaux locaux pour d'avantages d'employés car la proximité du second par rapport au premier était évidente grâce aux notes émargeant le plan. Il était évident que la disposition des 'pièces' semblait pencher pour cette théorie car la disposition se rapprochait de celle du bâtiment des employés du ranch.

Il musarda encore quelques minutes, touchant de ci de là quelques objets, des sculptures artistiquement disposées dans la pièce démontrant le goût de l'anglo-italien pour les belles choses. Il fut pourtant surpris de n'avoir pas découvert de tableaux de maîtres accrochés au mur. Sans doute les grands-parents de Tony n'étaient-ils pas des connaisseurs aussi avertis que leur petits-fils. Il savait que son ancien second n'était pas un ignorant en ce qui concernait l'art pour avoir montré certains talents lors d'une enquête, ce qui leur avait permis d'arrêter leur suspect.

Il se décida enfin à passer son appel téléphonique. Le Capitaine Smyers lui fit répondre qu'un transport prendrait le départ le lendemain vers 09.00 et pourrait compter l'équipe du NCIS à son bord. Il s'agissait d'un petit avion et non d'un cargo puisqu'il ramenait quelques officiels sur la capitale. Disposition prise pour son équipe et arrangements faits, il raccrocha satisfait de savoir que bientôt, il serait enfin seul avec Tony.

Il avait prévu de faire connaître son intention de prendre quelques jours de congé à Sheppard après le départ de son équipe mais hésitait encore à en informer l'italien. Devait-il lui forcer la main en se permettant de répondre aussi vite à l'aimable invitation permanente que Tony leur avait faite ? Devait-il attendre un peu et éclaircir les choses avec la directrice au sujet de ses agents et de l'enquête ?

Indécis comme il était, il choisit d'aller s'éclaircir les idées et de passer une petite heure dehors, le temps s'était amélioré depuis la tempête et la pluie n'avait pas refait son apparition laissant même la place à un soleil qui réchauffait l'atmosphère et allait sans doute assécher rapidement le sol. Il chaussa des bottes qu'il trouva dans le placard, se vêtit chaudement en empruntant un manteau et informa Ducky et Abby de son intention de sortir avant de quitter la demeure.

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Après sa petite promenade, Gibbs rentra lentement, l'esprit plus clair. Il était sur le point de rejoindre le salon lorsque son attention fut attirée par un détail, la porte du salon de musique était ouverte, fait plutôt surprenant depuis son altercation avec Tony à ce sujet. Il s'avança donc silencieusement vers la pièce et, arrivé à proximité, distingua la voix de Ducky. Intrigué, il décida de jouer les espions même si ce n'était pas dans sa nature mais il fallait bien de temps en temps aller contre ses principes sinon jamais il ne pourrait passer pour devin auprès de son équipe.

Il s'adossa donc contre le mur tout en se sentant malgré tout un peu coupable. Il réalisa cependant qu'il voulait apprendre à connaître Tony un peu plus et que l'italien étant avare de confidences, il devait profiter de ses instants d'abandon pour connaître de tels détails sur son enfance. C'est finalement sans remords qu'il tendit l'oreille.

« Ta mère était une très belle jeune femme, Tony » déclarait le médecin. « Tu lui ressembles, tu as les mêmes yeux, la même couleur de cheveux, le même sourire aussi j'imagine si on pouvait la voir sourire. Elle était de bonne famille. »

« Merci, Ducky » dit Tony avec une émotion palpable dans la voix. « Maman était en effet de bonne famille si l'on considère que faire partie de la noblesse en est un critère. Sa famille possède une certaine fortune, des terres et un titre nobiliaire également, tout ce qui fait la fierté et l'envie de mon cousin Clive. »

« Est-ce que tu joues du piano ou est-il simplement un ornement ? »

« Oh, je joue » confirma l'italien. « C'est Maman qui m'a appris et ce piano est le sien. Nonna l'a fait rapatrié juste après les funérailles, mon père avait choisi de se débarrasser de toutes les affaires de son épouse défunte et ma grand-mère a profité du fait qu'il était absent pour s'occuper personnellement de conserver certaines choses lui appartenant. »

« Et cette partition ? » questionna, intrigué, le légiste. « Tu composes ? »

« Ducky, tu es toujours aussi curieux et direct » gloussa amicalement Tony. « Non, Maman composait et c'est la dernière de ses créations ; 'mélodie inachevée', c'est le nom que je lui ai donné. Il ne reste que quelques mesures pour y mettre un point final, elle devait la terminer pour mon anniversaire » ajouta Tony, la voix soudain plus faible.

« Désolé, mon garçon, de raviver de si douloureux souvenirs » s'excusa Ducky.

« Pas de mal, Doc » le pardonna le jeune homme. « Il est bon de parler d'elle même si j'ai toujours des difficultés à le faire. Il faudra, un de ces jours, que je visionne les films qu'elle aimait tourner et dont j'étais le sujet préféré » déclara t-il mélancolique soudain.

« Oh, j'adorerais découvrir un Tony gamin » s'exclama l'écossais. « Je suis persuadé que tu as dû être un vrai polisson. »

« Pas le moins du monde, Ducky » le contredit Tony. « Je devais au contraire être sage comme une image, mon père avait horreur du bruit lorsqu'il était présent et j'ai pris l'habitude d'être tranquille. »

« Difficile d'imaginer ça lorsque tu montrais tous les signes d'une hyperactivité au NCIS » remarqua le médecin.

« Je brûlais mon excès d'énergie en l'absence de mon père » avoua l'italien. « Il me fallait ça pour parvenir à être suffisamment fatigué pour éviter de perturber ses activités personnelles à la maison. »

« Quelle est la cause du décès de ta mère, Anthony ? » demanda doucement le légiste. « Tu ne l'as jamais mentionné. »

« Sans doute parce que je n'ai jamais eu envie de partager les meilleurs souvenirs de mon enfance en les gâchant par des détails sordides » déclara le jeune homme. « Et puis, tout ça est si loin maintenant. »

« Tu n'as jamais consulté ? »

« Oh, mon père m'a envoyé chez le meilleur psy qu'il connaissait. Un vrai con qui ne savait pas traiter avec un enfant traumatisé. »

« C'est pour cette raison que tu détestes les psy » déduisit le légiste.

« Tout comme les hommes de loi en général » rappela doctement Tony. « Bon, assez philosophé, j'ai dépassé ma dose hebdomadaire sinon mensuelle » plaisanta t-il.

« Est-ce que cette jolie collection d'objets en cristal appartenait aussi à ta mère ? » demanda Ducky pour changer le sujet délicat.

« Exact » confirma Tony, « elle adorait les animaux et avait un ami qui connaissait un artiste, un sculpteur qui lui a façonné ces figurines. Je dois à Nonna de les avoir, elles faisaient partie de ce que ma grand-mère a récupéré. »

« Magnifiques pièces, le sculpteur était vraiment un artiste talentueux » affirma le légiste avec admiration. « Et celles-ci, elles ne sont pas de la même main, on dirait » poursuivit-il en désignant d'autres petites statues et en suivant les contours de verre d'un doigt léger.

« En effet, Ducky » confirma le cadet. « Tu as l'œil toujours aussi perçant malgré les années » plaisanta t-il sans pour autant corroborer la déduction du médecin. « Nonna a réussi à les sauver du désastre in extremis, elles… »

Tony fut incapable de poursuivre ce qu'il allait dire, il tourna le dos au vieil homme avant d'essuyer furtivement une larme. Il ne voulait pas que son ami pense qu'il était la cause de son chagrin parce que parler de ces bibelots là en particulier faisait remonter des souvenirs à la fois heureux et douloureux.

Ducky se retourna lorsque Tony s'interrompit brusquement et, en un instant, compris que l'italien était émotionnellement perturbé.

« Oh, je suis navré, Tony » s'excusa à nouveau l'écossais. « Je ne voulais pas te peiner, je suis vraiment un vieil imbécile pour n'avoir pas réalisé que toutes mes questions pouvaient faire remonter le passé et ma curiosité est insatiable lorsqu'elle te concerne, mon jeune ami. Voilà ce qu'il en est lorsque l'on est aussi secret que toi… ou que Jethro, à vrai dire. Je te présente toutes mes excuses, Anthony. »

« Aucune raison pour ça, Ducky » dit Tony en venant poser un bras sur les épaules du vieil homme. « Je pouvais refuser de répondre si je voulais garder tout ça pour moi. Et puis, il faut savoir parfois laisser le passé et se tourner vers l'avenir et parler de nos êtres chers est une façon de les maintenir en vie. J'ai compris il y a quelque temps que ne jamais évoquer le passé peut avoir des conséquences néfastes. Non pas que j'ai été moi-même un grand bavard à ce sujet mais je n'ai été muet que par défaut. »

« C'est vrai que tu n'as pas souvent partagé tes souvenirs d'enfance ou même d'adolescence avec l'équipe » remarqua doucement Ducky. « Tu n'as sans doute pas trouvé la personne adéquate pour le faire, sans doute ! »

« 'La prudence est mère de sûreté' dit un proverbe » énonça Tony à la surprise du légiste. « Par deux fois, j'ai fait des confidences croyant que mes interlocuteurs étaient des amis sincères et j'ai été durement trahi. Depuis, je ne me confie plus facilement sur ce qui compte beaucoup pour moi. »

Il venait juste de dire au légiste ce qu'il avait expliqué à Gibbs ce matin et il comprit qu'il avait mis en pratique cet adage à outrance sans doute. Il ne pouvait cependant pas le regretter maintenant car, par le passé, cette attitude prudence lui avait permis de garder le contrôle de sa vie plutôt que de la remettre entre des mains qui l'auraient broyée comme son père avait tenté de le faire durant son enfance.

« Je vais devoir réviser mes priorités et accepter d'élargir mon cercle d'amis intimes » avoua soudain Tony après plusieurs minutes de silence. « Veut pas dire que je vais dévoiler tous mes secrets sur la place publique » avertit-il son interlocuteur dans la foulée. « Je suis et resterais certainement cachotier sur certaines choses mais je vais apprendre à m'ouvrir un peu plus. Je sais que ce ne sera sans doute pas facile mais je ferais l'effort. »

« Ce sera un bon départ et si tu sens que tu as besoin de conseils ou d'une oreille attentive, je serais disponible si tu estimes que je pourrais faire un bon auditeur » proposa aussitôt Ducky. « Nos discussions me manquent parfois, Anthony. J'avoue que sans toi pour écouter mes histoires ou avoir quelqu'un qui puisse argumenter avec moi, les soirées sont plus longues et Mère n'est pas un public attentif comme toi. »

« Nous pourrons de nouveau avoir ça lorsque tu choisiras de prendre une retraite bien méritée et que tu traineras tes guêtres par ici pour quelque temps » le consola son jeune ami.

Tony se rapprocha et lui mit un bras autour des épaules et le serra un instant dans ses bras. Il aimait le vieil homme qui, par certains côtés, lui rappelait son grand-père. C'était un homme de principes mais aussi avec un esprit très ouvert sur son temps et les changements que le monde avait subi ces dernières années. Jamais son père n'aurait accepté ce qu'il était sans tenter de le faire changer alors que Ducky avait approuvé sans restriction lorsqu'il avait eu confirmation de la bisexualité de l'italien.

La tolérance de l'écossais pour tout ce qui était 'hors norme' selon les gens bien pensants était un trait de la personnalité du légiste qu'il aimait particulièrement. Et soudain, il réalisa qu'il n'avait jamais remercié son vieil ami pour cela ou même simplement lui dire quelques mots pour exprimer ses sentiments envers lui. Il décida qu'ici et maintenant était un bon moment pour le faire.

Mettre à profit la résolution qu'il avait énoncée quelques minutes plus tôt et le faire avec son vieil ami l'aiderait sans doute à prendre l'habitude de parler de lui, de son enfance et de tout ce que la vie familiale au sein d'une demeure froide et vide lui avait fait subir. Il avait besoin de quelqu'un qui le comprenne à demi-mot ou l'aide à accepter sinon pardonner.

Il n'allait pas s'épancher d'un seul coup mais commencer par quelque chose qu'il voulait absolument que le légiste sache avant son retour vers la capitale. Il savait qu'il pouvait discuter avec Ducky bien mieux qu'avec n'importe qui d'autre et même Abby, bien qu'il ne dirait jamais une telle chose à la jeune femme.

Abby connaissait moins de choses que Ducky tout simplement parce qu'il n'avait jamais voulu l'intégrer totalement dans le monde cruel de son enfance. La préserver de savoir certains détails avait toujours été une des raisons pour lesquelles il ne lui avait pas dévoilé totalement certaines périodes de sa vie.

Il prit une profonde inspiration, ferma un court instant les yeux, prenant le courage d'aller au bout de sa décision, sourit légèrement et se tourna vers le légiste avant de parler.

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Quel sera donc le sujet de la seconde partie ? A vos suggestions…

A bientôt