Me revoilà avec le chapitre suivant. Et non, je n'abandonnerais pas cette histoire même si elle sera mise à jour irrégulièrement.

Désolée pour le délai mais parfois, l'inspiration est là mais les mots ne viennent pas ou le temps manque pour écrire.

Bonne lecture.

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Chapitre 24 : Motivation

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Les deux hommes choisirent d'un accord muet de ne pas poursuivre plus avant le changement que Tony avait initié. Il leur fallait quelque temps pour que Gibbs digère les révélations que l'italien avait faites et dont il avait été le témoin et comprendre leur implication. Il devait également attendre que son compagnon lui explique ce soudain revirement que le baiser donné spontanément signifiait.

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Ils se séparèrent et échangèrent un sourire complice avant de se lever et de rejoindre finalement Ducky à la cuisine. Les trois hommes travaillèrent en commun pour se préparer un repas, Maria n'était pas encore revenue reprendre ses fonctions après la tempête, Tony avait choisi de la laisser prendre quelques jours de repos pour s'occuper de sa famille dont la demeure avait subi quelques dommages.

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Ils s'installèrent au comptoir pour prendre le repas même si Ducky avait protesté pour finalement opter pour cette solution. Tony lui avança un tabouret avec un dossier afin que le légiste soit confortablement installé et tous trois discutèrent de tout et rien tout en appréciant leur dîner. Une fois leur repas pris, ils rangèrent la cuisine avant de penser à se détendre au salon où l'italien choisit un film avant de s'installer sur le canapé près de l'ancien marine.

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Ducky prit place dans le fauteuil et discrètement observa ses deux amis durant la projection. Il remarqua que Jethro était moins tendu, plus relaxé et que sous prétexte d'avoir une meilleure position, s'était rapproché sensiblement de Tony presque à le toucher. Il sourit tout en songeant que les deux hommes avaient définitivement abaissé une barrière entre eux depuis leur discussion du matin et celle de cet après-midi.

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Gibbs sirotait son café et jetait de discrets coups d'œil vers Tony, du moins pensait-il être discret. Il étudiait le profil de l'italien et notait les changements que cette dernière année avait apporté chez lui. Il était évident que le travail physique intense avait remodelé le corps du jeune homme, il s'en était rendu compte à diverses reprises durant les derniers jours. L'activité de plein air avait coloré la peau dorée de l'italien d'un hâle plus soutenu mais pas sombre. Le soleil avait également décoloré le brun de sa chevelure pour une teinte plus claire.

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Ce qui l'avait également surpris avait été le changement de style vestimentaire de l'italien. Il est vrai qu'il ne pouvait monter à cheval en costume mais les jeans qu'il portait lui collaient parfaitement au corps et les boots qu'il utilisait désormais en lieu et place des chaussures italiennes lui convenaient. Il se surprit à se demander quelle allure il aurait en pantalon cargo du genre de ceux que l'ancien marine portait parfois. Il serait certainement fantastique surtout s'il était aussi collant que son jean. Il faudrait qu'il lui en fasse porter un, un de ces jours et il saliva rien qu'à l'idée.

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Pour ceux qui étaient des chemises, Tony ne portait pas les traditionnelles à carreaux comme en avaient ses hommes, il avait opté pour des chemises en jean également sous lesquelles il enfilait un tee-shirt. Une ceinture en cuir lui ceignait la taille et il se demanda si elle comportait le fameux couteau que Tony avait au NCIS. Un blouson de jean ou de toile complétait parfois la tenue. Pas de cravate, ni même une bolo-tie, il laissait le col ouvert dévoila le fin duvet de sa poitrine par le col en V du tee-shirt.

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Très sexy et indéniablement attirant songea Gibbs en salivant presque.

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Le look général donnait une toute autre image du cow-boy classique. La coupe de cheveux était différente également de celle bien ordonnée qu'il arborait précédemment. Elle était plus longue et d'un style différent mais lui allait aussi, elle rajeunissait les traits de l'italien. Parfois, Tony laissait une barbe de deux jours lui couvrir les joues et là aussi, ce duvet blond foncé était un autre atout de sa nouvelle apparence.

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En un mot, Gibbs trouvait ce nouveau Tony bien plus attirant que lorsqu'il était au NCIS ; il était différent mais pas trop, ce qui ne choquait pas ceux qui l'avaient connu toujours tiré à quatre épingles. La perte de poids avait affiné sa silhouette et rendait l'homme plus grand qu'il n'était en raison de ses longues jambes désormais bien dessinées, des fesses fermes modelées par une coupe moulante, une taille plus affinée dont les bourrelets avaient disparu et des abdominaux plats très tentants.

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Tony, pour sa part, sentait le regard de Gibbs sur lui mais avait choisi de l'ignorer. Il ne pouvait pour l'instant laisser son ancien patron savoir que son intérêt avait été noté. Il fallait d'abord qu'ils aient une discussion et qu'il explique son revirement. Il ne pouvait pas pousser les choses plus loin en le laissant dans le noir. Il lui avait dit ne pas courir deux lièvres à la fois et il semblait, du moins aux yeux des autres, que c'était ce qu'il faisait.

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Cole l'avait rejoint la nuit dernière et après leur étreinte, ils avaient discuté longuement. Les nouvelles que son ami lui avait données mettaient l'avenir dans une toute autre perspective et à la lumière de ce qui s'était passé dans l'écurie, le futur dont avait rêvé Tony avait de bonnes chances de se réaliser. Peut être pas comme il le souhaitait mais du moins, il pouvait espérer le voir prendre vie en partie. Il restait juste à pouvoir éclairer l'ancien marine sur cette nouvelle vision.

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Le film prit fin sans que les deux hommes n'y aient prêté grande attention, ce qui était rare de la part de l'italien. Mais ses pensées avaient occupé son esprit et il avait laissé vagabonder son imagination, songé à des possibilités diverses, revu certaines priorités, envisagé des scenario variés pour finir par soupirer de frustration. Il pouvait imaginer tout ce qu'il voulait, si le principal intéressé n'en était pas un des acteurs, il était voué à rester sur le banc de touche, seul.

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Les trois hommes décidèrent de laisser Abby profiter pleinement de sa soirée sans lui rappeler de revenir de bonne heure. La gothique méritait de se distraire sans souci parmi des gens qu'elle avait appréciés presque dès le début de leur rencontre. La porte d'entrée serait simplement ouverte pour lui permettre de rentrer sans problème. Tony lui adressa un message par texto dans ce sens.

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Chacun d'eux finit par monter se coucher et Tony, vidé par toutes les émotions de l'après-midi, succomba rapidement au sommeil. Ducky et Gibbs eurent plus de mal à s'endormir, le légiste et l'ancien marine avaient appris tant de choses sur le passé de leur ami qu'ils devaient assimiler que le sommeil tarda à les engloutir.

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Ce fut Ducky qui, le premier s'y glissa parce que son esprit et son cœur étaient désormais en adéquation. Il avait toujours espéré qu'un jour, il avouerait à Tony les sentiments qu'il lui inspirait. Et voilà que soudain, c'était son jeune ami qui le faisait et avec tant d'émotion contenue que l'aveu ne souffrait aucun doute. Il était donc en paix avec ses convictions.

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Gibbs souffrit deux bonnes heures avant de laisser Morphée l'emporter. Il avait ruminé tellement de choses dans sa tête qu'il avait craint de déclencher une migraine. Finalement, il prit la décision raisonnable d'attendre de parler avec Tony pour démêler les sentiments complexes qui l'agitaient désormais après la scène dans le salon de musique. Il ne pouvait cependant envisager d'autre issue qu'une relation possible avec l'italien.

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Tony n'aurait pas agi de la sorte s'il n'était pas libre de le faire, il le lui avait bien spécifié deux jours plus tôt dans l'écurie : 'il ne courait pas deux lièvres à la fois'. Il présumait que la visite nocturne de Cole avait quelque à voir avec le revirement total de l'italien envers lui et il espérait que ses espoirs ne seraient pas déçus cette fois. Il n'envisageait pas de devoir renoncer à une vie possible avec Tony à la lumière des nouveaux faits. Mais seul l'avenir le dirait.

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Le lendemain matin, Tony se leva aux aurores et descendit après sa douche pour préparer le café pour Gibbs puis le reste du petit déjeuner. Il était affairé depuis quelques minutes seulement lorsqu'il entendit des pas derrière lui et deux bras venir encercler sa taille tandis qu'un baiser était déposé dans son cou. Ce fut tout ce que se permit Gibbs.

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« Bonjour, Tony » le salua t-il d'un voix profonde et émue avant de faire quelques pas en arrière.

« Bonjour, Jethro » répondit en retour Tony en se retournant pour lui sourire.

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Lorsque l'ancien marine entendit le jeune homme utiliser son prénom, il sentit une bienfaisante chaleur se déverser dans tout son corps. La veille encore, il n'aurait jamais parié que l'italien le gratifierait d'un tel cadeau, le fait d'avoir abandonner l'habituel usage de son nom prouvait que leur relation allait définitivement changer.

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Tony laissait le formalisme pour adopter une appellation plus intime qui, de surcroît, était spontanée. Gibbs le regarda intensément avant de venir plus près et de le récompenser d'un baiser rapide sur les lèvres tout en songeant qu'il allait devoir lui aussi cesser de l'apostropher par son nom de famille et apprendre à employer son prénom. Pourtant, il pensa aussitôt qu'il aimerait lui trouver un surnom bien à lui et qu'il serait le seul à lui donner.

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Tony avait entendu les pas et reconnut de suite ceux de l'ancien marine. Ce qu'il n'avait pas escompté fut la brève étreinte et le baiser qu'il reçut même si, pour le moment, les deux hommes étaient seuls. Il laissa donc passer le moment avant de répondre au salut et sans même réfléchir, il imita Gibbs en employant son prénom. Il savait qu'il n'aimait pas être gratifié par son premier, Leroy et que si leur relation devenait plus étroite, voire plus intime, il voudrait pouvoir lui donner un petit nom spécial. Il allait devoir sérieusement mettre à contribution son imagination à cette fin.

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Le rapide et trop bref baiser qu'il reçut lui apprit que son initiative avait été appréciée à sa juste valeur. Les yeux brillants et le large sourire qu'il arborait firent également comprendre à Gibbs qu'il avait bien capté le remerciement même s'il n'était pas verbal. Puis sans plus de manière, ils s'attelèrent à la préparation complète du premier repas de la journée lorsque les bruits provenant de l'étage leur firent savoir que Ducky et Abby se levaient à leur tour.

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Bientôt, les quatre amis étaient installés autour de la table et discutaient des détails du voyage de retour. Gibbs ne fit aucune mention de son intention de rester et Ducky ne souleva pas le sujet. Abby avait décidé de poursuivre ses vacances par un détour chez elle à La Nouvelle Orléans afin de voir sa famille.

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Tandis que les derniers points étaient fixés, Gibbs remarqua le regard triste de Tony. Il songea aussitôt que ces quelques jours avaient été bénis, les quatre amis avaient retrouvé cette chaleureuse ambiance qu'ils partageaient avant la mort de Kate, cet évènement avait entraîné bien des bouleversements au sein de leur groupe et leur dynamique en avait été modifiée, surtout après l'introduction de Ziva parmi l'équipe et la nomination de Sheppard à la tête de l'agence.

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L'ancien marine priait pour que la surprise qu'il réservait à son jeune ami lui réchauffe le cœur. Il avertirait la directrice de sa décision par un e-mail après le départ de son équipe afin d'officialiser sa demande de congés. Il n'avait aucun doute que, dans les minutes qui suivraient, il recevrait un appel furieux de Sheppard mais il n'en avait que faire. Il entendait profiter désormais de son quota de congés et les prendre quand bon lui semblait sauf cas d'urgence extrême.

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« Bon, je vais aller secouer l'équipe et voir si tout le monde est prêt à lever l'ancre » déclara Gibbs aussitôt les reliefs du petit déjeuner rangés. « Abby, Ducky, je compte sur vous pour ne pas me faire attendre » poursuivit-il en faisant un clin d'œil au légiste lorsque les deux jeunes gens ne regardaient pas.

« Ma valise est bouclée, Jethro » l'informa l'écossais.

« La mienne est presque terminée, Bossman » lui indiqua la gothique. « Je suis rentrée tard ou de bonne heure selon le point de vue de chacun et je ne voulais réveiller personne en rangeant mes affaires. »

« Ta soirée s'est bien passée si j'en juge par l'heure à laquelle tu es revenue » remarqua l'italien en lui souriant.

« C'était super et j'ai hâte de pouvoir revenir, non seulement pour te revoir mais également pour visiter la ville et ses environs plus longuement » dit Abby. « Je crois que je vais faire du Texas ma destination préférée pour mes prochaines vacances et si l'endroit me plait toujours autant, je songerais peut être à m'installer ici un jour. De cette façon, je serai aussi plus près de chez moi et de ma famille. »

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En entendant la déclaration de la jeune femme, Ducky songea que, dans les années à venir, l'équipe risquait d'émigrer vers le Sud et finalement au lieu de rapatrier l'italien, ce serait eux qui viendraient le rejoindre. Il sourit à l'ironie de cette pensée tout en sachant que cette possibilité existait et qu'elle rendrait heureux plusieurs personnes chères à son cœur. Pour sa part, il savait que le seul obstacle était la santé précaire de sa mère et le fait qu'il ne souhaitait pas la déraciner de son environnement et lui faire subir un déménagement qui l'affecterait trop.

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Gibbs ne put s'empêcher de rire intérieurement. Si Abby avait la moindre idée de ce qu'il avait envisagé pour son futur, elle serait sans doute bien plus excitée. La nuit dernière lui avait permis de faire quelques plans d'avenir et de prévoir certaines choses à voir dès son retour dans la capitale afin de finaliser ses choix si tout ne se déroulait pas comme il le prévoyait.

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« Bien, Abby, je t'accompagnerai à l'aéroport et l'un de mes hommes conduira le reste de l'équipe à la base » indiqua Tony. « Rendez-vous ici pour un au-revoir avant votre départ, pour toi et Ducky, Gibbs. »

« Ok, Tony, on fait comme ça » approuva t-il sachant que le jeune homme ne souhaitait pas être confronté à ses agents mis à part Jameson sans doute.

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Chacun partit donc finir ses préparatifs avant de se retrouver pour se saluer. Ducky et Abby mettaient la dernière main à leurs bagages pour s'assurer de n'avoir rien oublier et Tony, pour sa part, se rendit au garage pour sortir la Porche qui les emmènerait, Abby et lui, à l'aéroport d'où la jeune femme prendrait le vol à destination de La Nouvelle Orléans où elle passerait le reste de ses vacances.

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Gibbs, quant à lui, se rendit rapidement vers le bâtiment où ses agents résidaient. Il les avait avertis plus tôt de leur prochain départ et enjoint d'être prêts à partir rapidement. Il franchit la porte et fut agréablement surpris de voir ses trois agents l'attendant patiemment assis autour de la table, leurs bagages prêts et déposés près de la porte. Il leur fit signe de le suivre et leur enjoignit de rejoindre Ducky dans le mini van mis à leur disposition.

Il échangea un regard avec Ducky auquel l'écossais répondit d'un simple signe de tête. Les deux hommes étaient les seuls à savoir que l'ancien marine n'avait aucune intention de repartir avec le reste de l'équipe, du moins pas ce jour-là. Lorsque tous quatre prirent place dans le véhicule, Jameson posa une question qui fit sourire intérieurement Gibbs qui savait que l'agent junior avait un petit faible pour une certaine personne.

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« Miss Sciuto ne rentre pas avec nous, patron ? »

« Abby poursuit ses vacances en Louisiane dans sa famille, Jameson » lui répondit-il courtoisement. « Elle sera de retour dans deux semaines. »

« Elle nous rejoint à la base pour un au-revoir ? » demanda le bleu avec une trace d'espoir dans la voix.

« Non, Tony… M. Paddington l'emmène directement à l'aéroport de Forth Worth où elle prend l'avion pour la Nouvelle Orléans » lui apprit son chef.

« Oh ! » fit-il définitivement déçu.

« Mon garçon, le temps passera bien vite, deux semaines paraîtront très courtes lorsque le travail vous submergera » le consola Ducky tout en lui tapotant gentiment la cuisse.

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McGee grimaça en entendant la nouvelle, il aurait bien aimé parler avec Abby avant leur départ, il voulait qu'elle intercède pour lui auprès de Tony. Leur entrevue ne s'était pas déroulée comme il l'aurait souhaité et il aurait préféré partir en sachant que l'italien ne le détestait pas. Il savait qu'il lui faudrait regagner son amitié sinon son estime et avoir Abby de son côté faciliterait bien les choses. Il soupira et ses épaules s'affaissèrent tandis qu'il tournait la tête vers la fenêtre.

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Du coin de l'œil, installé sur le siège avant avec l'agent sur sa gauche, Gibbs ne manqua pas la réaction de son bras droit et il comprit que McGee avait eu envie de parler à Abby. Il présumait que son agent souhaitait la rallier à ses côtés dans l'espoir de la voir intercéder auprès de Tony pour lui. Il faillit lui rappeler leur précédente conversation devant l'écurie mais s'en abstint. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment.

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Leur chauffeur dirigea la voiture non pas vers la sortie comme Gibbs l'avait présumé mais vers la maison. Devant le garage, Abby et Tony étaient tous deux appuyés sur le capot de la splendide voiture de l'italien. Gibbs sourit et secoua légèrement la tête, son ancien agent aimait décidément irrité ceux qui avaient le malheur de lui déplaire et exhibé ainsi la Porche sous le nez de McGee qui avait perdu la sienne tout récemment était une provocation que Tony devait trouver pleinement amusante.

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Encore qu'il ignore que McGee n'a plus la sienne pensa t-il soudain dans un éclair.

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Abby s'avança vers la voiture du côté de Gibbs qui venait de descendre. Tous deux s'étreignirent et la jeune femme déposa deux baisers sur les joues de son mentor. Les autres passagers s'empressèrent de sortir rapidement pour lui souhaiter bon voyage. Elle passa à Ducky auquel elle réserva le même traitement avant de serrer rapidement Jameson dans ses bras. Le jeune agent rougit aussitôt et reprit place rapidement dans la voiture.

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Puis vint le tour de McGee qui lui murmura quelques mots rapides dans l'oreille avant de se reculer. Abby fronça les sourcils mais ne dit rien avant de se tourner vers Ziva qu'elle salua d'un bref 'A bientôt' des moins amicaux. Puis elle fit demi-tour pour regagner la voiture de Tony mais s'aperçut que son ami et son patron n'étaient plus là. Elle secoua la tête et monta dans la Porche afin d'attendre l'italien.

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Tandis que l'équipe reprenait place dans le mini van, Tony et Gibbs étaient dans le garage, hors de vue du groupe. Jouant le jeu à fond afin de préserver sa surprise, Gibbs serra l'italien dans ses bras avant de le regarder quémandant la permission de l'embrasser. Tony lui sourit et initia le baiser qu'ils échangèrent comme deux affamés. L'un d'eux présumait qu'ils seraient séparés pour quelque temps tandis que l'autre était trop heureux de pouvoir enfin savourer ce plaisir si longtemps espéré.

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Puis tous deux se séparèrent avant que Tony ne glisse une carte dans la poche de son ancien patron.

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« Mes contacts, téléphone portable, e-mail et autre. Tu pourras ainsi me joindre quand tu le souhaiteras » lui indiqua Tony. « N'oublie pas que, même si le décalage horaire entre Washington et ici n'est que d'une heure, évite dans la mesure du possible de m'appeler en pleine nuit. J'ai des horaires plus réguliers maintenant » rappela t-il tout en caressant la joue de l'ancien marine.

« Je sais, Tony » soupira t-il en embrassant la paume de la main qui le caressait. « Je vais également demander à l'un des 'geeks' de me montrer comment me servir d'une de ses caméras d'ordinateur et la messagerie sur mon téléphone. Promis, je vais apprendre à utiliser la technologie pour être en mesure de te joindre comme et quand je le veux. »

« Wouah, Jethro, c'est… formidable » dit finalement Tony tout éberlué par l'envie de Gibbs. « Mais demande à Abby de te montrer tout ça, elle sera certainement plus patiente que n'importe qui. En attendant, téléphone. »

« Ok, promis, je garde le contact cette fois » déclara t-il une main posée sur le cœur.

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Son geste fit rire Tony qui le remercia d'un dernier baiser rapide avant de se diriger vers le mini van. Ducky ouvrit la vitre pour saluer une dernière fois l'italien.

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« A bientôt, Anthony » dit le légiste tandis que Tony se penchait pour lui déposer un baiser sur la joue.

« Je t'attends quand tu le souhaites, Ducky. Bon retour » le salua t-il encore. « Agent Jameson, soyez sur vos gardes » lança t-il en agitant la main dans sa direction.

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Puis, il se détourna et ouvrit la portière avant pour laisser Gibbs reprendre sa place. Il fit le tour du véhicule pour donner ses instructions à son employé avant d'agiter la main dans un dernier au-revoir puis de rejoindre la Porche et Abby qui l'attendait sagement dans la voiture. La jeune gothique se mordillait la lèvre et se testait : devait-elle poser la question qui l'obsédait ou devait-elle garder le silence et attendre que Tony lui donne un indice ? Finalement, ce fut le jeune homme qui trancha pour elle.

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« Abby, ne te fais aucune illusion, s'il te plait » lui dit-il soudain. « Les choses ne sont pas arrangées de la façon dont tu le voudrais. Le fossé creusé est trop large pour être refermé en quelques jours. »

« Je sais, Tony » soupira t-elle. « Je voudrais simplement que mes amis soient de nouveau des amis et non des… ennemis ou du moins des étrangers. Je voudrais que nous formions à nouveau une équipe, une famille même si c'était possible. »

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Tony tendit la main et s'empara de celle de la jeune femme qu'il serra doucement avant de la reposer sur sa cuisse.

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« C'est trop tôt, beaucoup trop tôt pour que tout soit pardonné même si entre Ducky et moi, c'est très clair désormais » avoua t-il sobrement. « Pour ce qui est de toi, tu sais très bien où nous en sommes aussi. Pour ce qui est de Gibbs, c'est en cours mais il reste beaucoup de chemin à parcourir également, je pense. Pour les autres, j'ignore ce qu'il en sera mais je ne pense pas pouvoir pardonner facilement à McGee et encore moins à Miss Mossad. Leur trahison a été trop pénible et surtout, elle était délibérément intentionnelle. Gibbs avait ses raisons pour ne pas réagir mais je pense qu'il a réalisé combien son attitude m'a touché. »

« Ducky paraissait très heureux ce matin, il souriait et avait un air rêveur que je ne lui ai pas vu depuis pas mal de temps, maintenant » remarqua la gothique. « Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous mais notre ami a définitivement apprécié, c'est certain. »

« Oui, notre discussion a éclairci nos relations et m'a permis de me libérer d'un poids qui me pesait depuis plusieurs années » indiqua simplement Tony. « Je ne vais pas te dévoiler quoi que ce soit, ce serait trop douloureux de revenir sur les confidences que j'ai faites à notre gentil docteur, il est donc inutile de tenter de me tirer les vers du nez, Mistress » ajouta t-il à titre préventif.

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Il connaissait suffisamment la curiosité de sa compagne et voulait donc éviter qu'elle ne tente de le faire parler. Peut-être un jour aurait-il la force et le courage de lui parler, de lui révéler ce qu'il avait confié au légiste et par extension, à Gibbs. Mais pour le moment, son état émotionnel était tout chamboulé et il lui faudrait sans doute quelques jours pour retrouver son équilibre et pouvoir faire face aux changements que sa vie allait subir dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

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Le reste du trajet s'effectua en silence au son de la radio que l'italien avait allumée pour meubler. Il reprit à nouveau la main de la jeune femme pour lui faire comprendre qu'il n'était pas fâché contre elle. Et Abby la lui serra doucement pour lui faire savoir qu'elle aussi comprenait et qu'elle ne lui en voulait pas de garder certains secrets pénibles. Il serait toujours temps d'avoir une conversation sérieuse lors d'une de ses prochaines visites.

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Tony gara la voiture, descendit, en fit le tour et ouvrit la portière d'Abby. Il s'empara ensuite des bagages qu'il déposa sur un chariot et escorta la gothique jusqu'à la salle d'embarquement. Ici, point besoin d'arriver des heures à l'avance, l'aéroport n'avait pas la taille de celui de JFK ou de Dulles. L'attente se fit donc calmement après avoir déposé les bagages pour leur transfert dans l'avion et vérifié le billet d'avion.

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Les deux amis profitèrent de la demi-heure avant l'embarquement des passagers pour prendre un café et discuter de la sortie de la jeune femme la veille au soir. Elle s'enthousiasma sur les personnes qu'elle avait rencontrées et assura qu'elle les reverrait lors de son prochain passage. Finalement, l'heure de partir arriva et les deux jeunes gens s'étreignirent durant plusieurs minutes avant que Tony ne laisse Abby se détacher de lui.

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« Tu vas me manquer, Tony » dit-elle en essuyant ses yeux où quelques larmes perlaient.

« Eh, ma belle, il existe tout un assortiment de nouvelles technologies qui permettent de rester en contact et je connais une belle demoiselle qui en est férue » plaisanta Tony. « Téléphone-moi, texte-moi, e-mail-moi, skype-moi, c'est ton choix pour me joindre » ajouta t-il en lui tendant une carte identique à celle qu'il avait remise à Gibbs. « Nous restons en contact, ok ? »

« Oui, promis, juré, croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer » débita t-elle en faisant un signe de croix sur son cœur et en plantant son regard dans celui de l'italien.

« Sûrement que tu serais envoyée au Paradis, l'enfer n'est pas ta place » la contredit-il en souriant. « Passe de bonne vacances dans ta famille, profite de ces quelques jours pour resserrer les liens avec eux et les assurer de ton amour, c'est important de leur faire savoir que tu les aimes. Bon voyage » dit-il en la laissant partir après l'avoir embrassée une dernière fois.

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Il resta quelques minutes à la regarder franchir la porte puis s'acheminer vers son avion. Il soupira, voici son dernier lien avec le trio parti pour de bon et déjà, il se sentait comme abandonné. Il ignorait, lors de leur arrivée, que des évènements aussi cruciaux allaient venir perturber sa nouvelle vie et démolir ses défenses si chèrement acquises.

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Avoir avoué à Ducky qu'il le considérait comme un grand-père avait été un apaisement parce qu'il était le plus simple à exprimer. Abby, il était encore incertain de sa véritable connivence avec elle mais leurs relations avaient été mitigées durant l'année précédent son départ. Quant à Gibbs, il n'avait pas approfondi ses sentiments envers lui parce qu'ils étaient les plus forts et les plus précieux.

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L'homme l'avait durement meurtri mais la complexité même de l'ancien marine et sa propre peur de s'engager à nouveau l'avaient retenu de se précipiter tête baissée dans ce qui pouvait être un sacré challenge pour deux hommes aussi peu enclins à s'épancher sur leurs sentiments intimes même vis-à-vis de leur partenaire, homme ou femme.

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Tony sortit de ses pensées et soupira avant de regagner sa voiture. Les deux ou trois prochains jours allaient être durs à vivre sans l'exubérance d'Abby, l'incessant babillage de Ducky et le réconfortant silence de Gibbs. Il démarra le véhicule et reprit le chemin du ranch en se demandant qui serait le premier à l'appeler dès que chacun aurait gagné sa destination. Même si les durées de vols étaient pratiquement identiques (en vol direct s'entend), il paria avec lui-même que Abby serait sans doute la première parce que Gibbs attendrait d'être seul pour le joindre.

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Il choisit finalement de faire un détour au lieu de rentrer directement. Il prit donc le chemin qui conduisait chez Maria ; il aurait ainsi de visu la possibilité de constater les dégâts et voir si des travaux étaient nécessaires. Il se relaxa enfin et profita du court trajet pour se vider l'esprit avant d'affronter le regard perspicace de la gouvernante.

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Alors, rendez-vous pour le prochain chapitre qui sera centré sur nos deux hommes avant de diverger à nouveau.

A vos coms que j'attends toujours avec impatience.

A+

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