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Me voici de retour après un été chargé, une vie professionnelle et personnelle plutôt erratiques et avec toutes mes excuses pour ce très long délai dans la publication de la suite de cette fic.

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De plus, quelques problèmes de santé m'ont éloigné de mon passe temps. Et j'ai expérimenté quelques soucis rencontrés parfois par un écrivain : manque d'inspiration et syndrome de la page blanche.

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Ceci étant, voici le chapitre suivant qui ne fait pas progressé beaucoup l'histoire. Nos deux hommes renouent lentement leur relation qui va dans le bon sens.

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Bonne lecture.

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Chapitre 29 : Affliction

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Quelques heures plus tard, Tony s'éveilla dans les bras de l'ancien marine, la tête posée sur son épaule et son bras en travers du torse de son amant. Il sourit, soupira de contentement et déposa un baiser dans le cou à portée de ses lèvres. Il glissa ensuite lentement pour ne pas réveiller le dormeur et s'en fut dans la salle de bains, il soulagea sa vessie prête à exploser et entreprit de prendre une douche rapide.

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Un quart d'heure plus tard, il ressortait, se sécha rapidement et se rasa tout en repensant au tendre intermède de la nuit précédente. Il n'avait pas espéré que Jethro prenne avantage des évènements de l'écurie pour tenter de forcer les choses mais il ne pouvait pas lui en vouloir, à sa façon, il avait voulu lui faire comprendre que malgré les malheurs qui jalonnaient une existence, la vie continuait pour ceux qui restaient.

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Tony stoppa soudain son geste et réalisa que son ami Max ne l'avait pas fait appeler, c'était sans doute signe que tout allait bien pour les deux bêtes. Et si c'était le cas, cela signifiait que le véto devait dormir dans l'une des chambres. Avait-il compris que Gibbs et Tony avaient partagé la même chambre ?

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Même si l'italien ne s'était pas caché d'avoir une relation avec Cole, il n'en allait pas de même pour celle qu'il entamait avec Gibbs et il se demandait pour quelle raison il se sentait embarrassé que Max sache. Non pas que son ami soit contre l'homosexualité puisqu'il n'avait jamais désapprouvé le couple qu'il formait avec Cole mais Gibbs était un ancien militaire, qui plus est un marine, et Max savait que l'armée aussi bien que tout autre corps militaire n'approuvait pas ce genre de rapprochement.

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Il haussa les épaules, Max pourrait dire ou faire ce qu'il voulait, Tony ne renoncerait pas à avoir l'ancien marine dans sa vie. Il avait attendu trop longtemps pour laisser quiconque les séparer. Il en allait de même pour l'équipe du NCIS, du moins une partie d'elle et David et Sheppard n'auraient qu'à bien se tenir si elles tentaient quoi que ce soit contre Jet ou lui.

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Il termina son rasage, se brossa les dents et sortit de la salle de bains pour stopper presque aussitôt et s'attarda un instant pour admirer son amoureux toujours lové dans le lit, profondément endormi. Tony sourit tendrement, il allait finir par être sentimental et émotionnellement faible si la simple vue de son homme l'émouvait à ce point. Et Dieu, il ne souhaitait pas se sentir si vulnérable.

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Il soupira et se pressa de sortir de la chambre après avoir enfiler sa tenue avant de faire quelque chose qui les embarrasserait tous les deux et sans doute lui plus que Gibbs si les propos de son compagnon en était un indice.

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Vu l'heure matinale, Maria n'était pas encore arrivée et il s'empressa de faire le café parce qu'il se doutait que l'ancien marine serait bientôt debout. Il s'activa à sortir de quoi faire le petit déjeuner et il venait à peine de terminer de mettre la table qu'il sentit deux bras lui entourer la taille et un baiser déposé dans son cou.

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« Il faisait froid dans le lit depuis un moment » entendit-il dans son oreille. « J'aurais préféré me réveiller avec toi, lové contre moi ou plutôt dans mes bras. »

« Désolé mais je ne voulais pas de sortir de ton sommeil, tu semblais si paisible » s'excusa presque Tony.

« Aucune importance, la prochaine fois, tu peux le faire, je n'en serais pas fâché » souffla Gibbs avant de tourner l'italien vers lui.

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Il entreprit de lui souhaiter le bonjour de façon plus démonstrative et s'empara donc des lèvres si tentantes et entreprit de l'embrasser langoureusement. Les deux hommes étaient si perdus dans leur baiser qu'aucun n'entendit les pas qui descendaient l'escalier et amenèrent leur propriétaire dans la cuisine.

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Un raclement de gorge plus fort que le précédent qui n'avait pas fait réagir les deux hommes les sépara soudain et Tony vit avec surprise Gibbs rougir légèrement.

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« Désolé, messieurs, je ne voulais pas déranger mais j'ai bien envie d'un café pour finir de me réveiller » dit Max tout en souriant largement devant l'embarras manifeste de l'ancien marine.

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Et tout en tapotant le dos de Tony plusieurs fois, il regardait avec amusement Gibbs et finit par éclater de rire devant la mine renfrognée de l'homme. Il déposa un baiser léger sur la joue de Tony avant de tendre une main à Gibbs qui la lui serra sans même réfléchir.

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« Heureux pour vous deux, félicitations » déclara le vétérinaire en souriant.

« Tu ne sembles pas horrifié ? » s'étonna l'italien en regardant avec attention son ami.

« Pourquoi le serais-je, Tony ? Parce que Gibbs est un ancien militaire si je ne me trompe pas ? Non, je n'ai rien contre. Au contraire, je suis fermement convaincu que chacun a le droit d'aimer qui il veut et que les règles restrictives des forces armées en la matière est désuète. J'espère qu'un jour, un politicien sera assez avisé pour annuler cette absurde réglementation, tout comme celle qui interdit les relations amoureuses au sein d'une même équipe. S'il est vrai que les risques peuvent être plus grands, il est aussi certain que chacun aurait à cœur de surveiller et protéger son compagnon avec plus d'ardeur. Mais, bon, ce que je dis, pour l'instant, ne correspond qu'à ma propre opinion. Et tout ça pour dire, que je suis content que vous ayez enfin décidé de franchir le pas et de donner une chance à votre relation. »

« Quoi ! Comment... ? » essaya de dire Tony mais avec peu de succès.

« Oh, je savais que ton refus de t'engager plus sérieusement avec Cole devait bien avoir une raison et un nom aussi » déclara Max avec conviction. « Tu parlais peu de ton ancienne équipe mais lorsque tu le faisais, il y avait toujours un petit quelque chose de plus lorsque tu prononçais son nom, une retenue et une tristesse que j'ai perçue. Je suis passé par là également, j'ai reconnu les symptômes tout simplement » poursuivit-il doucement.

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Finalement, ce fut Gibbs qui rompit les confidences en allant remplir une tasse de café qu'il porta aussitôt à ses lèvres. Il scruta Tony et Max et décida que le véto ne parlait pas de l'italien.

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Stop ! s'admonesta t-il aussitôt. Tu deviens ridicule de soupçonner chaque homme qui s'approche de Tony de vouloir se l'approprier. Si c'était le cas, ce serait certainement déjà fait. Bon sang, il va être difficile d'être loin de lui.

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Il savait que sa jalousie pourrait mener là où il n'avait pas envie de retourner, c'était la raison de son premier divorce et la séparation n'avait pas été courtoise, loin de là. Il allait devoir faire confiance à Tony pour ne pas le tromper avec le premier venu qui l'aguicherait. Plus il y pensait et plus il savait que son homme ne mettrait pas leur relation naissante en danger parce qu'il voulait croire en lui, un homme plus que blessé par la vie et qui soudain souhaitait lier son existence à celle d'un italien sexy en diable mais aussi meurtri que lui bien que dans des proportions sans doute plus douloureuses parce que plus anciennes.

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Le petit déjeuner fut l'occasion de discuter à bâtons rompus de tout et de rien et Gibbs se rendit compte que Max connaissait bien Tony, moins que lui mais il avait bien cerné la personnalité de l'italien. La conversation prit fin lorsque tous trois s'activèrent à ranger la table et la cuisine avant de décider de rejoindre l'écurie.

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A la grande surprise du trio, lorsqu'il s'approcha de la stalle de la nouvelle maman, il entendit des hennissements produits visiblement par deux bêtes différentes et Tony piqua un sprint pour vérifier s'il ne rêvait. Il éclata de rire en constatant que la jument était debout et laissait son poulain téter.

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« Oh, elle est... » commença Tony avant d'éclater de rire et se serrer Gibbs dans ses bras.

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Max et Gibbs sourirent devant la joie enfantine de l'italien, ils savaient tous deux qu'il aurait été dévastée si la maman n'avait pas survécu. Maintenant, il était content et c'est tout ce qui importait pour ses amis. Gibbs reconnaissait que décidément, il fallait peu de choses pour que Tony soit heureux

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Ils passèrent une heure à simplement contempler la mère et son rejeton tandis que Tony lui tenait la main, un signe qu'il était ému et voulait partager son émotion avec l'ancien marine. Une scène si paisible que le temps passa sans que la magie ne s'efface. Max examina les deux animaux avant de donner ses instructions pour les soins puis de prendre congé.

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Tony et Gibbs quittèrent également l'écurie et rejoignirent les hommes pour les derniers travaux à accomplir. Plus la journée passait et plus Gibbs devenait grognon. Il devait reprendre le chemin de la capitale dans peu de temps et il lui semblait qu'il n'avait pas passé assez de temps avec l'italien.

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Une fois rentré, il se dirigea vers la cuisine, il y trouva Maria comme il le soupçonnait. Il lui fit part de sa requête qu'elle s'empressa d'approuver et de mettre en œuvre. Gibbs savait que le lendemain devrait être consacré à Tony afin qu'il puisse partir en emmenant avec lui des souvenirs qui l'aideraient à tenir jusqu'à sa prochaine visite.

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Le diner fut comme toujours délicieux et l'ancien marine se dit qu'il risquait de prendre du poids s'il continuait à être aussi bien nourri. Il allait devoir reprendre une activité physique s'il voulait garder la forme et il allait définitivement en avoir besoin pour assurer une performance honorable face à la fougue amoureuse de son italien.

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La jeunesse du jeune homme par rapport à lui présumait d'une endurance plus importante que la sienne. Mais c'était à vérifier. Quoique l'italien ayant gardé une certaine discipline en tant qu'ancien sportif, il était évident qu'il pouvait tenir la distance bien mieux que l'ancien marine. Son jogging quotidien et les autres sports qu'il pratiquait devaient le maintenir en bonne forme physique. De plus, le net changement dans son alimentation y avait également contribué.

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Les rumeurs qui circulaient, en son temps à l'agence, sur les prouesses de son amoureux n'étaient pas exagérées et Abby en avait attesté plus d'une fois parce qu'elle avait rencontré certaines petites amies de Tony qui lui avaient fait des confidences, pas de détails croustillants mais suffisamment précis pour indiquer que l'italien était un amant insatiable, inventif et attentionné.

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McGee avait ricané lorsque la gothique avait mentionné la conversation qu'elle avait eue avec l'une des secrétaires qui était sortie avec Tony. Il avait allégué que les propos étaient exagérés. Deux jours plus tard, Nancy se tenait devant le bureau de l'informaticien et lui avait fait un sermon et avait confirmé les dires déjà rapportés par Abby. Heureusement, Tony n'avait jamais eu vent de cette altercation, McGee n'avait pas voulu être raillé par l'italien et avait fait amende honorable envers Nancy et demander son pardon, obtenu après un diner dans un restaurant chic.

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Ce ne fut pas la seule fois où ce genre de discussion avait été entendue au sujet de Tony et chaque fois, McGee faisait une tête si comique et rougissait qu'un jour, Tony le taquina à ce sujet mais sans méchanceté. L'informaticien allait se fâcher lorsque Gibbs interrompit la discussion avant que le jeune homme ne laisse son tempérament prendre le dessus et l'entraîne dans une dispute inutile où il aurait été inévitablement le perdant.

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Il se remémora ces évènements tandis qu'il s »acheminait vers l'escalier en direction de sa chambre. Sa chambre qu'il aurait souhaité quitté pour partager définitivement celle de Tony mais il savait qu'il était sans doute trop tôt pour franchir le pas décisif qui ferait d'eux un couple à part entière. Il savait qu'il devait laisser le temps faire son effet et que la distance qui les s éparait n'était pas un avantage.

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Il allait devoir songer sérieusement à toutes les implications que sa relation avec Tony allaient engendrer, non seulement dans sa vie mais aussi dans celles des membres de son équipe. Il soupçonnait que Ducky envisageait de se rapprocher de l'italien, le vieil homme avait toujours eu un faible pour Tony depuis le jour de leur première rencontre, sans doute parce que le jeune homme avait considéré l'écossais comme un grand-père de substitution sans qu'il en soit forcément conscient.

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La phobie des médecins que Tony n'avait jamais cachée s'était atténuée au contact de Ducky, il lui avait fait une immense faveur en accordant sa confiance totale au légiste et le vieil homme en avait été immensément heureux. Il avait alors pris l'italien sous son aile chaque fois qu'une blessure lui était infligée. Sa plus grande peur avait été celle qui avait suivi la révélation ahurissante que Tony avait contracté la peste pneumonique et le fait qu'il pouvait perdre le jeune homme dû au faible taux de survie.

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Ducky avait été stoïque de bout en bout durant l'enquête et le verdict final que le virus n'était pas mortel avait été un soulagement. Pourtant, les dégâts causés à l'organisme de Tony n'étaient pas minimes et le médecin avait encore accru la surveillance médicale qu'il accordait à l'italien. Le moindre petit coup de froid était pris au sérieux et il n'hésitait pas à admonester l'ancien marine pour ne pas y accorder plus d'importance.

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Gibbs se souvenait parfaitement du jour où Tony avait frôlé la catastrophe par sa faute. Il avait envoyé le jeune homme en surveillance extérieure sous la pluie qui avait rapidement attaqué les poumons endommagés et causé un début de pneumonie. Le légiste l'avait copieusement incendié et critiqué son inconscience pour avoir exposé l'italien à de tels risques. Jamais Ducky ne l'avait ainsi invectivé depuis qu'ils se connaissaient. Cette esclandre lui avait révélé que la relation Ducky-Tony allait bien au-delà de celle de deux collègues de travail.

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La sévère réprimande était si peu dans la nature du légiste que Gibbs en avait été soufflé. A partir de ce jour, il avait discrètement observé l'attitude des deux hommes et avait surpris à plusieurs reprises les étreintes affectueuses que l'italien avait données à son aîné et les baisers déposés sur la joue du vieil homme lui avaient fait tout d'abord soupçonné qu'il y avait bien plus que de l'affection entre eux.

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L'idée qu'ils pouvaient être amants avait traversé son esprit même s'il ignorait si l'un d'eux ou les deux étaient bisexuels. Après tout, Ducky était encore capable de contenter un jeune amant et l'appétit sexuel de DiNozzo n'était un secret pour personne s'il fallait en croire ses récits. Et Gibbs avait tendance à écouter plus attentivement les ragots de couloir dès qu'il s'agissait de l'italien.

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Avoir surpris Ducky en galante compagnie un soir dans la morgue avait définitivement balayé ses doutes car jamais le vieil homme n'aurait trompé la personne qu'il aimait. Et les aventures amoureuses de Tony n'avaient pas diminué après cette révélation, signe évident que les deux hommes n'étaient pas amants. Gibbs en avait été soulagé, il n'aurait pas pu supporter de savoir qu'il ne pourrait jamais avoir une chance avec l'italien.

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Avoir attendu tant de temps lui avait fait perdre Tony, cette leçon lui avait appris qu'il lui fallait prendre en considération que la vie pouvait les séparer plus facilement qu'elle ne pouvait les réunir. Il était certes plus aisé de briser des liens que de les renouer, il en était désormais parfaitement conscient. Et les prochains mois mettraient à rude épreuve sa patience et sa résolution de voir si Tony et lui pouvaient mener à bien leur toute nouvelle relation.

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La journée du lendemain serait consacré entièrement à l'italien, il voulait emmagasiner des souvenirs qui lui permettraient de tenir jusqu'à leur prochaine rencontre. Il ne doutait pas que les prochains mois seraient difficiles, surtout si la directrice se mettait en tête de lui mener la vie dure. Il se doutait que Ziva lui ferait un rapport de plus défavorable sur la façon dont il avait mené leur enquête. L'israélienne était tellement enragée qu'elle ne serait aucunement objective dans son récit. Elle enfoncerait plus certainement Gibbs et n'hésiterait pas à enjoliver les faits pour marquer des points.

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Il soupira et se secoua. Il allait laisser les évènements se produire et agir en conséquence. Une chose était en tout cas certaine pour lui, il ne laisserait pas les deux femmes ruiner sa dernière chance de bonheur. Quitte à prendre une mesure extrême, quoique difficile et même voire douloureuse, si elles se permettaient la moindre ingérence dans sa vie privée et il savait que Sheppard tenterait de le ramener à elle surtout sachant que Tony avait refait son apparition.

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Il était certain qu'elle avait des doutes sur la relation qu'il entretenait à l'époque avec l'italien. Bien que leurs attitudes respectives ne fussent jamais déplacées, surtout en public, David avait interprété à sa façon les claques sur la tête qu'il assenait régulièrement à son agent. De même, étant perplexe sur leur manière de communiquer d'un regard ou d'un geste, elle avait assimilé cette compétence à une relation intime là où elle n'existait pas.

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La totale confiance que les deux hommes avaient l'un dans l'autre était la conséquence directe de leur symbiose parfaite, pas besoin de beaucoup de mots pour se comprendre et Tony était capable, bien mieux que n'importe qui, de savoir anticiper ce que l'ancien marine désirait. De même, connaissant parfaitement son travail, il n'avait pas d'attendre de recevoir des ordres directs pour s'activer.

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Son second avait minimisé cette capacité après l'arrivée de Kate, simplement pour que la jeune femme ne soit pas complexée par son ignorance. Il avait continué à le faire lorsque McGee avait intégré à son tour l'équipe. Pourtant, dès que les deux agents juniors étaient absents, Tony se comportait différemment, comme lorsque les deux hommes composaient l'équipe à eux deux.

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Il savait maintenant qu'il n'aurait jamais dû laisser son bras droit le convaincre de maintenir cette illusion plus longtemps que nécessaire. Il aurait suffi de quelques mois après l'arrivée de McGee pour revenir à leurs attitudes initiales mais Tony avait insisté pour prolonger la mascarade. Et voilà que cette décision lui était renvoyée à la figure et qu'elle pourrait lui coûter plus cher qu'il ne le pensait.

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Certains jours, il en venait à déplorer l'influence que Tony avait eue sur lui. Oh, pas de manière négative, non, l'italien n'aurait jamais agi de cette façon. Mais sa persévérance arrivait à vaincre les réticences les plus fortes de l'ancien marine. Une persuasion en douceur était plus efficace avec lui que toutes les décisions imposées d'office et çà, Tony le savait bien. Il avait compris dès le départ que Gibbs réagissait inversement lorsqu'on lui forçait la main.

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En y réfléchissant bien, l'ex détective était sans doute le seul qui l'ait jamais compris le mieux, mis à part Shannon bien sûr. Mais à l'époque, la vie des deux jeunes gens était moins compliquée et plus simple. C'était les opérations spéciales qu'il avait effectuées durant son passage dans les Marines qui avaient durci le jeune homme qu'il était au début de sa vie de mari puis de père. Etre obligé d'exécuter des missions qui mettaient ses principes aux orties avait eu tendance à le dégoûter de lui-même.

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La mort violente de Shannon et Kelly avait été pour lui comme un châtiment divin même si c'était irrationnel de le voir ainsi. Sa mère l'avait élevé en lui faisant respecter certains principes que son métier lui avait fait violer et il avait souvent songé qu'un jour, Dieu le punirait. Perdre ses filles avait été pour lui la pire chose qu'il puisse lui arriver. Après trois mariages qui s'étaient soldé par des divorces houleux, il avait abandonné l'idée d'être à nouveau heureux un jour…

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Jusqu'à cette fameuse rencontre avec un jeune détective sexy en diable qui l'avait propulsé à terre sans ménagement dans une ruelle de Baltimore. Une chute certes douloureuse sur le moment mais qui s'était finalement avérée payante lorsqu'il avait pu décider Tony à rejoindre l'agence fédérale. Rarement, il avait regretté d'avoir réussi à convaincre l'italien de venir travailler avec lui. Certes, il lui arrivait de le rudoyer mais dans le fonds, il savait que c'était pour le bien de son agent. Tony avait parfois besoin de ça pour se concentrer, surtout dans le brouhaha permanent qui régnait au bureau.

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C'était d'ailleurs pour cette raison que le jeune homme revenait parfois la nuit pour mettre à jour des dossiers ou taper ses rapports, un détail que peu d'employés connaissaient, mis à part les agents de sécurité en service la nuit et l'équipe de nettoyage. McGee et Abby ne l'avaient découvert que lors de l'enquête sur l'affaire Lowell et l'enveloppe contaminée. Kate en avait été informée par la gothique dès son retour à son poste.

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Ses pensées furent interrompues par Tony qui revenait de la cuisine après avoir discuté un moment avec Maria. La brave femme était reconnaissante à son patron pour l'aide apportée pour les dégâts occasionnés par l'orage sur le toit de sa maison. Elle était toujours ébahie de la gentillesse que Tony lui témoignait, à elle, une simple employée de maison.

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Gibbs sourit en y songeant, l'italien considérait Maria plus comme une amie, voire même une grand-mère de substitution et lui faisait comprendre par des gestes simples pour lesquels il n'attendait pas de remerciement. Pour lui, c'était naturel et il ne devait rien recevoir en échange. Faire savoir à Maria qu'elle n'avait pas besoin de lui exprimer de gratitude était comme de dire au soleil de ne pas se lever chaque matin.

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Soudain, un mug de café apparut dans son champ de vision et il leva la tête tout en souriant à Tony. Celui-ci le lui rendit et se pencha pour déposer un baiser d'abord sur le bout de son nez puis sur ses lèvres. Gibbs haussa les sourcils, amusé par le geste de l'italien qui lui rappelait étrangement celui qu'il avait parfois envers Shannon. Il se dit que, décidemment, le jeune homme avait bien des traits communs avec sa défunte épouse et c'était sans doute ça qui l'avait attiré vers lui.

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Oh, il ne fallait pas non plus qu'il pense qu'il la cherchait en lui, rien ne serait plus faux. D'abord, elle était rousse et il était brun, elle était une femme et lui un homme, deux différences qui étaient importantes. Il reconnaissait pourtant que certaines attitudes de l'italien lui plaisaient parce qu'elles lui remémoraient sa femme et que sans elles, il n'aurait sans doute accordé aucune attention à Tony.

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Jusqu'à sa rencontre avec le jeune homme, il n'avait accordé aucune pensée à ses désirs secrets. Il s'était enrôlé dans les Marines où l'homosexualité était très mal perçue et il avait donc préféré caché cet aspect de sa personnalité. Puis sa rencontre avec Shannon avait relégué ça au plus profond de son cerveau. Il avait fallu une chute et un plongeon dans deux prunelles émeraude pour réveiller son intérêt. Et des circonstances particulières pour l'obliger à y faire face.

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Une main qui caressait sa cuisse le fit revenir à la réalité et Tony le regardait avec attention. Jethro lui sourit et sa main vint serrer celle du jeune homme.

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« Tu semblais bien loin d'ici » remarqua l'italien.

« Oui, quelques souvenirs » lui dit-il simplement.

« Agréables, au moins » s'enquit Tony doucement.

« Certains, oui et d'autres non » répondit-il honnêtement.

« Elles te manquent toutes les deux, n'est ce pas ? » observa le jeune homme avec intuition.

« Oui mais désormais, j'ai un autre centre d'intérêt » confessa t-il en souriant. « Et un intérêt qui est diablement important et un sacré challenge en même temps. »

« Un challenge ? » s'étonna Tony en haussant les sourcils tandis que sa main continuait ses caresses.

« Hum, hum » marmonna Jethro. « Je vais devoir revoir pas mal de choses, en réorganiser d'autres et en apprendre aussi. Mais tu en vaux largement la peine, Tony » confia t-il en se penchant vers lui. « Je veux que ca fonctionne entre nous, je veux que tu puisses être fier de moi, que tu puisses me présenter à tes amis sans honte et pour ça, je vais avoir besoin de ton aide et de celle d'Abby… de Ducky aussi sans doute. »

« Eh ! » s'exclama son compagnon en lui tapant légèrement la cuisse. « Je t'interdis de dire du mal de mon homme, il ne pourra jamais me faire honte. Et ceux qui penseront ça ne pourront se dire mes amis et ils ne seront plus les bienvenus chez moi. »

« Tony, tu es une personnalité en vue ici, il est important que celle ou celui qui est ta moitié soit bien accueilli dans ton monde » remarqua t-il avec logique.

« Je peux toujours me retirer de la vie mondaine si je m'aperçois que ta compagnie n'est pas bien perçue, tu sais » offrit l'italien avec une sincérité évidente. « Je n'ai pas besoin de parader dans des soirées tous les soirs si je n'en ai pas envie et si quelqu'un ne t'apprécie pas, je lui ferais une mauvaise publicité et deux jours plus tard, il se rendra compte qu'il est indésirable dans certains cercles. Je ne suis sans doute pas partial mais j'ai une certaine influence, si modeste soit-elle pour le moment, et je peux en jouer pour réparer certains préjudices. »

« Tony, ne te coupe pas de cette nouvelle vie pour moi, tu sais que je n'aime pas les mondanités hypocrites de certaines réceptions » déclara Jet. « Nous devrons sans doute établir quelques compromis pour accorder nos deux conceptions de la vie mais je pense que ca en vaudra la peine. »

« Tu peux compter qu'en effet, nous établissions quelques règles mais je te préviens, je rédigerais les miennes » l'avertit le jeune homme.

« Mon dieu, quelques bonne discussions en perceptive » railla l'ancien marine. « Mais pour le moment, je crois qu'une bonne nuit de sommeil est de rigueur. Demain, je souhaiterai que nous nous levions ensemble, prenions notre douche ensemble et passions la journée ensemble… si tu es d'accord. Je repars vendredi en début d'après-midi, un avion militaire me ramène à Quantico. »

« Ok, Jet, je t'accorde mon entière attention demain » accepta Tony.

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Gibbs discerna la légère trace de tristesse qui tinta la voix de l'italien et se pencha pour déposer un baiser sur les lèvres si tentantes. Puis, il se leva, tendit la main à son homme et tous deux se dirigèrent vers l'escalier. Parvenus à l'étage, Jet entraîna Tony d'office vers la chambre principale sans hésiter.

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Il ferma la porte, rejoignit Tony qui était debout près du lit, entreprit de le dévêtir lentement tout en déposant de petits baisers ici et là sur la peau soyeuse. Il stoppa son effeuillage et laissa le boxer en place mais Tony lui prit les mains et les posa sur le sous-vêtement indiquant, sans parole, qu'il pouvait le lui ôter, ce que son aîné fit en souriant.

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Puis ce fut au tour de l'italien de procéder à la même opération avec le même soin. Ils firent un tour dans la salle de bains pour leurs ablutions et Jet en profita pour admirer la vue qui s'offrait à lui tandis que Tony le précédait. Enfin, le rituel terminé, les deux hommes se glissèrent sous les couvertures et aussitôt, Tony se lova dans les bras de l'ancien marine en soupirant d'aise.

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Il ne fallut que peu de temps pour que Jethro réalise que le jeune homme avait sombré dans le sommeil, le poids du corps de l'italien et sa posture relaxée en témoignaient. Alors, respirant lentement et profondément, il s'astreignit à laisser le sommeil l'envahir.

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J'espère être en mesure de poster le prochain chapitre dans les meilleurs délais mais je ne promets pas de date précise.

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J'écris pour le plaisir et c'est sur mon temps libre restreint que je le fais. Ma vie de famille et mes responsabilités envers mes proches passent en priorité et les obligations qui en découlent amputent encore les heures de loisir dont je dispose.

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Il est donc logique que je privilégie ma vie familiale, j'espère que vous, mes lectrices, seraient sensibles à cet argument qui m'oblige parfois à différer la publication du chapitre suivant.

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A bientôt.