Je sais, je suis impardonnable de n'avoir rien publié depuis quelques temps mais je ne pensais pas que la vie s'acharnerait à me contrarier autant pour cette fic. Devoir réécrire une histoire presque achevée à cause des caprices d'un ordinateur est loin d'être facile surtout lorsque l'on n'a pas songé à copie son travail. Retrouver ses idées et les retranscrire à nouveau n'est pas si simple.

Entre les problèmes informatiques et les soucis professionnels qui m'ont perturbé et empêché de me consacrer à ce passe temps, voici que s'est ajouté un accident qui m'a encore éloigné de l'écriture.

Mais je suis certaine que mes soucis vous importent peu et je le comprends. Vous voulez la suite et la voici. J'attends de votre part vos commentaires pour savoir si je continue cette histoire ou non. Il est important de faire connaître votre avis à tout auteur, plus vous vous manifestez, plus nous sommes à même d'être motivé pour continuer de vous distraire.

Alors, bonne lecture et à vos claviers pour vos coms.

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Chapitre 30 : Distraction

Le matin arriva bien trop vite au goût de Gibbs car il signifiait que l'heure du retour au NCIS approchait à grands pas. Il savait, sans l'ombre d'un doute, qu'il lui serait difficile de laisser Tony ici et de partir mais il avait presque donné sa parole de laisser les choses suivre leur cours et il l'avait déjà outrepassé en accélérant les choses entre eux.

Il soupira et se tourna pour se figer. Tony était éveillé et ses prunelles vertes si magnifiques le fixaient. Et ce qu'il lut dans ces yeux lui fit réaliser qu'il serait aussi dur pour lui de partir que pour Tony de le laisser partir. S'il y avait un moyen d'éviter cette séparation, il sauterait sur le prétexte mais il savait que, quelque soit la décision qu'il prendrait, il y aurait tout un tas de choses à mettre en place.

Il spéculait aussi sur l'accueil que lui réserverait Shepard après leur altercation téléphonique. Il soupçonnait que la directrice profiterait de l'occasion pour lui assener quelques vérités et sans doute également une sanction bien sentie. Mais il n'en avait cure, il savait que si les choses empiraient au point qu'il ne puisse les supporter, il aurait un endroit où venir se réfugier.

Il se pencha et posa ses lèvres sur celles de l'italien qui ouvrit la bouche pour un baiser plein de tendresse mais teinté malgré tout de tristesse. Ces dernières semaines avaient été riches en surprises, agréables ou moins agréables, mais dans l'ensemble, l'ancien marine pouvait dire qu'il retrouvait goût à la vie. Il ne s'était pas senti aussi vivant depuis la disparition soudaine de Tony.

« Envie de partager une douche ? » demanda t-il une fois que le manque d'air mit fin au baiser.

« Envie de batifoler sous l'eau chaude ? » lui envoya Tony en souriant avec malice.

« Peut être bien » répliqua Jet en lui rendant son sourire tandis que son doigt caressait les lèvres gonflées.

Tony empoigna les couvertures et les rejeta au pied du lit puis se leva, fit le tour de la couche et vint tendre la main à son compagnon. Jet la prit et tous deux gagnèrent la salle de bains. Tony l'entraîna dans la douche, fixa rapidement la température de l'eau et s'empara du gel. Il versa une bonne quantité dans sa main, poussa Jethro sous le jet pour le mouiller avant d'entreprendre de le savonner.

Ses mains furent d'abord presque cliniques avant de modifier leur rythme et les gestes devinrent plus sensuels. Jet poussait de petits soupirs ou grognait doucement, la respiration accélérée par les attouchements et lorsque les doigts atteignirent leur but, la virilité attendait déjà, presque au garde à vous. La main allait et venait sur toute la longueur du pénis, d'abord lentement puis rapidement avant de revenir à une allure plus lente. Il alterna les rythmes et son manège faisait son effet.

La respiration saccadée lui indiqua que son compagnon allait atteindre l'orgasme et les dents qui se plantèrent dans son épaule en furent une autre indication. Il grogna un peu sous l'assaut mais laissa Jet le marquer. Il augmenta encore la cadence et bientôt, l'ancien marine se libéra sur la main qui le tourmentait encore et encore. Au même moment, il planta ses dents plus profondément dans la chair de l'épaule de Tony qui cria lorsque la peau fut percée.

Jet se redressa et la douce torpeur d'après orgasme oubliée, il examina la blessure qu'il venait d'infliger à son homme.

« Oh, merde, Tony » dit-il contrit. « Je ne voulais pas te faire mal, je suis désolé » assura t-il tout en tentant de se reculer.

« Eh, ce n'est pas grave » affirma Tony. « J'en ai vu d'autre et si j'ai crié, c'est simplement que tu m'as surpris. Jamais cru que je te ferais perdre la tête au point que tu veuilles me manger » plaisanta t-il pour alléger l'atmosphère.

« Tu ne devrais pas être si prompte à me pardonner » l'admonesta gentiment Jet. « Je suis impardonnable de t'infliger pareil traitement. »

« Ca signifie simplement que tu as apprécié cette petite gâterie » indiqua Tony en riant doucement. « Allez, terminons cette douche avant de nous blesser mutuellement. »

« Je peux te rendre la pareille, Tone » déclara l'aîné. « Je te le dois bien. »

Et au lieu d'utiliser sa main, il se mit à genoux et entreprit de délivrer une fellation en règle à son amant. Il voulait se faire pardonner et une branlette n'était pas suffisant pour montrer qu'il était désolé d'avoir meurtri le jeune homme. Tony passa ses mains dans la chevelure humide et comprenant le remords de Jet, le laissa faire tout en appréciant le geste. Et dieu, que l'homme était diablement expert en la matière. Il ne fallut pas longtemps pour que l'italien jouisse dans la bouche qui l'accueillait.

Jet se releva et sourit avant de sceller ses lèvres sur celles de Tony et puis de partager ensemble la saveur de la semence de son homme. Les deux langues dansèrent leur ballet jusqu'à ce que l'air manque. Puis tous deux laissèrent l'eau rincer toute trace de leur activité avant de terminer rapidement de se doucher. Puis chacun se sécha.

Il ne leur fallut que quelques minutes ensuite pour se raser, se laver les dents, s'habiller tout en se dévorant du regard avant de descendre pour le petit déjeuner. Le café embaumait déjà la cuisine et la table était mise grâce aux bons soins de Maria. La gouvernante n'était pas encore arrivée mais avait dressé les couverts la veille. Gibbs savait qu'il trouverait dans le réfrigérateur ce qu'il avait demandé. Il invita Tony à s'asseoir et entreprit de compléter la table avec le café, le lait, le pain et autres ingrédients.

Tony lui sourit pour le remercier et Jet se perdit un instant en le regardant. Ce sourire, il lui avait tant manqué durant tous ces mois et il ne se laissait pas de le voir fleurir à tout bout de champ sur le visage de son homme. Il se dit qu'il lui faudrait également réapprendre à ses propres muscles faciaux le même geste. Sans doute pourrait-il s'exercer devant son miroir après son rasage !

Ce premier repas fut dégusté en silence mais les deux hommes échangeaient de tendres regards sans discontinuer. Gibbs se fit la réflexion qu'il devenait accro à ces moments si particuliers, paisibles et si plein de douceur qui assuraient de bien des promesses.

« Ca va ? » lui demanda soudain Tony.

« Hum, hum » fit-il simplement.

Puis, il posa les coudes sur la table, posa son menton dans ses mains et contempla l'homme assis face à lui. Il s'imprégna de son visage, tendant de mémoriser ses mimiques, ses expressions faciales si particulières qui pouvaient laisser voir ses pensées. Il était si proche lorsqu'il montrait ses sentiments ainsi, si facile à déchiffrer que l'ancien marine en était heureux. Il avait tant de fois pesté intérieurement lorsque l'italien était imperméable, lorsqu'il ne parvenait pas à lire en lui comme dans un livre ouvert.

Tony avait bien trop souvent réussi à éviter à quiconque de savoir ce qu'il pensait, de savoir que des paroles l'avaient blessé, à se cacher derrière un visage neutre. Il était expert dans l'art du camouflage, rester impassible lorsque l'un de vos collègues vous assenait des propos outrageants et vexants n'était pas à la portée de n'importe qui. Son ancien second avait rebuté en son temps, Kate en lui opposant un masque qu'elle ne parvenait pas à franchir.

McGee et David n'avaient jamais cherché à approfondir l'attitude excessivement protectrice de l'italien s'arrêtant juste à la surface des choses. Ils pensaient que leur coéquipier était juste un gamin dans un corps d'homme, un clown et un farceur patenté. Souvent, il les avait entendus discuter de son comportement enfantin et immature mais sans que jamais l'un d'eux ne mette en doute cette attitude ou ne comprenne réellement sa signification.

Aujourd'hui, ici et parmi des gens qu'il avait appris à apprécier et à qui il faisait confiance, Tony avait choisi de laisser voir qui il était vraiment et il démontrait qu'il était bien autre chose qu'un bouffon. Sa rapide adaptation était la conséquence de sa capacité à analyser une situation et à en tirer le meilleur parti. C'était bien ce qui en avait fait le meilleur agent pour les missions sous couverture, cette habilité à changer en quelques secondes suivant la situation qu'il rencontrait.

Ici, il avait vite jugé que son comportement gamin qu'il utilisait au NCIS n'aurait aucune utilité parmi des gens qui ne tenteraient pas de le heurter ou de le sous-estimer. Il était redevenu lui-même, en un certain sens. Il montrait ses pleines capacités, sa vive intelligence, son sens inné de l'amitié et ses dons de chef. A aucun moment durant son séjour, Gibbs n'avait entendu l'un des employés faire une remarque désobligeance sur les compétences de rancher de l'italien.

Au contraire, chaque fois qu'il s'était trouvé en présence des hommes, il les avait écoutés remercier le ciel que leur patron actuel soit aussi compétent que son grand-père et un homme aussi bon que leur défunt employeur. Certains d'entre eux avaient eu l'occasion de croiser Tony lorsqu'il venait en visite et le connaissait seulement comme un membre de la famille sans pour autant savoir ce qu'il pouvait être de l'avoir comme patron.

Réussir une reconversion aussi spectaculaire que celle que son ancien second avait effectué était une preuve que l'italien était un homme aux multiples facettes et sans doute Gibbs n'avait-il pas encore eu le privilège de les découvrir toutes. Si leurs deux vies devaient fusionner comme il le souhaitait ardemment, sans doute serait-il le témoin de bien des surprises concernant son homme. Il ne doutait pas que leur vie commune serait riche en émotion, en découverte, en tout un tas de choses dont il n'avait plus l'habitude du fait de sa vie solitaire.

Il fut tiré de ses pensées par une main posée sur son bras et une voix qui l'interpellait.

« La Terre appelle Gibbs, m'entendez-vous ? » plaisanta la belle voix de l'italien.

Gibbs leva la tête et lui sourit tendrement.

« Désolé, j'étais… » commença t-il avant de s'arrêter, faute de trouver quoi dire.

« Oui, un peu dans la lune ! » suggéra Tony.

« C'est ça » admit simplement l'ancien marine.

Il savait que Tony ne le pousserait pas à s'expliquer s'il n'était pas prêt à discuter, c'était un atout qui faisait que le jeune homme était un ami précieux, il n'allait pas au-delà de ce que l'ancien marine permettait. Il avait toujours su rester dans les limites de ce que Gibbs accordait sans chercher à forcer les confidences. Sans doute parce qu'il était lui-même un être réservé, il savait le reconnaître dans ses interlocuteurs et savait donc comment se comporter vis-à-vis d'eux.

« Allez, rangeons tout ça et préparons-nous » conseilla t-il plutôt que de continuer ses divagations.

« Nous préparer pour quoi ? » demanda Tony d'un ton étonné.

« Hum… ! » dit Gibbs qui hésitait à poursuivre.

« Allez, Jet, dis-moi donc ce que tu as en tête » supplia presque l'italien qui avait horreur des surprises.

« A vrai dire, j'avais pensé… »

« Oui, pensé quoi » l'encouragea son ami.

« Que nous pourrions passer quelques heures ensemble, sans témoins, un moment rien que pour nous avant mon départ » expliqua t-il.

« C'est une excellente idée » approuva Tony qui lui sourit. « Je prévins Cole de notre absence… »

« Euh… je l'ai déjà averti hier soir » l'avertit l'ancien marine avec un sourire un peu penaud.

« Oh ! » fut tout ce que Tony put dire avant de poursuivre. « Dans ce cas, dépêchons-nous. Je vais voir ce que nous pouvons trouver pour préparer un pique-nique avant que nous nous rendions à l'écurie. »

« Calme, Tony » conseilla Gibbs en lui posant une main sur le bras. « J'ai prié Maria de nous préparer un en-cas et des chevaux devraient être scellés pour nous. Et avant que tu ne boudes, j'ai demandé que ton étalon sauvage reste dans son box. »

« Eh ! » s'indigna Tony. « Tornado n'est pas un étalon sauvage, il est juste un peu impétueux, c'est dans sa nature et tu ne peux espérer le voir se plier facilement devant un humain. Il est trop fier pour être brisé, j'aime son tempérament frondeur, ca lui donne du caractère. »

« Et tu l'aimes ainsi parce qu'il te ressemble un peu » nota l'ancien marine.

« Tu trouves ? » demanda Tony tandis qu'il rangeait la vaisselle.

« Lorsque je le côtoierais un peu plus, je suis sûr que je l'apprécierais mieux » confia t-il en souriant.

Il avait été élevé dans une petite ville où les fermes abondaient alentour et où il avait monté des chevaux dans son adolescence. Certes, il était un bon cavalier mais il avait appris à monter tardivement. Tony, lui, avait certainement su monter avant de savoir marcher, du moins le supposait-il puisqu'il n'avait jamais posé la question.

« Ne jamais montrer ta peur à un animal, c'est le plus sûr moyen de l'inciter à attaquer » rappela doctement Tony. « Je sais que tu dois le savoir mieux que moi ; après tout, tu as grandi dans un milieu rural tandis que je suis un gars de la ville. Mais malgré mes courtes visites au ranch, j'ai appris bien plus de choses utiles ici avec mes grands-parents qu'avec mes parents » ajouta t-il d'une voix nostalgique. « J'ai souvent regretté de n'avoir pas suivi mon désir de quitter New York lorsque mon père m'a expédié à RIMA, j'aurais sans doute été plus heureux ici. »

« Sans aucun doute » approuva Gibbs. « Mais ta vie aurait été différente et nous ne nous serions jamais rencontrés. »

« C'est vrai et ce serait bien dommage » déclara Tony sérieusement.

« Allez, assez de sentimentalisme pour le moment » suggéra l'aîné. « Le pique-nique est prêt, il est temps de se mettre en route si nous voulons profiter de notre journée. »

Les deux hommes enfilèrent leur blouson, Gibbs empoigna le panier de leur en-cas et les deux hommes quittèrent la maison pour se rendre à l'écurie. Deux étalons les attendaient déjà scellés et aucun employé n'était en vue. Tony secoua la tête se demandant si l'ancien marine avait insisté sur ce fait ou si ses hommes avaient compris qu'il valait mieux éviter de le contrarier. Il devrait poser la question à un moment ou un autre surtout si Gibbs choisissait finalement d'émigrer au Texas.

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Gibbs laissa Tony prendre l'initiative de choisir le but de leur promenade. Tout ce qu'il voulait était d'être seul avec lui, sans témoins et personne pour les déranger. Ce fut sans surprise qu'il comprit que son compagnon les dirigeait vers la colline qui se dessinait au loin. Il ne connaissait pas suffisamment la topographie des terres de l'italien pour se repérer sans erreur et il lui faudrait certainement quelque temps pour le faire.

Il incita sa monture à se rapprocher de celle de son compagnon et les deux hommes chevauchèrent de concert, à petite allure avant que Tony ne presse son cheval de passer au trot avant finalement de lui laisser la bride pour un galop que Gibbs suivit sans problème. Il admira au passage la bonne tenue de l'italien et il s'étonna encore une fois que son ami n'ait jamais songé à se vanter d'être un bon cavalier, un très bon cavalier même devait-il reconnaître honnêtement.

L'italien avait-il appris dès son plus jeune âge ou bien plus tard ? Avait-il pris des cours à RIMA ? Avait-il participé à de compétitions ? Des questions qu'il poserait à l'occasion à son jeune ami parce que la curiosité le tenaillait mais aussi le désir de mieux connaître l'homme qu'était assurément Tony et qu'il ne dévoilait pas souvent sans une bonne raison.

Au pied de la colline, Tony fit ralentir son cheval avant de scruter le terrain. La pluie diluvienne qui était tombée récemment avait sans doute détrempé pas mal le sol et la prudence était de rigueur s'ils voulaient grimper le flanc sans encombre. Tony fit quelques mètres avant de se décider à engager son cheval sur un sentier qu'il devait connaître. Sans hésiter, l'ancien marine le suivit et s'aperçut que le sol avait été spécialement traité et renforcé par l'apport de gravier, sans doute pour faciliter le passage de véhicules.

Tranquillement et laissant son cheval trouver seul ses appuis, les deux cavaliers parcoururent la distance qui les séparait du sommet de la butte que Tony avait choisi comme but de leur promenade. La matinée était fraîche mais pas froide et le soleil commençait à pointer le nez, la promenade était donc agréable.

Parvenus au sommet de la colline, Tony stoppa son cheval et attendit que Gibbs le rejoigne. Une fois à ses côtés, l'ancien marine prit le temps d'apprécier la vue qui s'étendait à leurs pieds. Non seulement il pouvait voir une belle étendue de terre occupée principalement par du bétail mais au loin, il distinguait les prémisses de la civilisation, Forth Worth se dessinait à l'horizon.

« Les terres qui s'étalent devant nous, à nos pieds appartiennent à mon voisin, Clayton Matthews » expliqua Tony. « C'est un rancher qui élève principalement du bétail mais aussi quelques bêtes pour les rodéos. Il m'a introduit parmi le cercle des propriétaires de ranchs à mon arrivée et auprès de certains riches qui cherchaient à entraîner leurs chevaux pour les compétitions. »

« Le paysage me rappelle celui qu'on pouvait imaginer lors de la conquête de l'ouest, de grandes étendues peuplées de bêtes » remarqua Jethro. « Et le ciel est si dégagé qu'on peut voir les bâtiments de la ville, pas trop de pollution ici. »

« Nous ne sommes pas trop près des premiers champs de pétrole, ce qui fait qu'aucun derrick ne se dresse ici ou là sur les terres environnantes, la terre est donc saine pour élever le bétail, ce qui fait que l'Etat est un gros producteur de viande » lui indiqua Tony.

« Tu sembles plutôt bien renseigné » plaisanta Jet.

« Eh, tu oublies que j'ai passé mes étés ici durant plusieurs années, tu ne peux rester indifférent à ce qui se passe là où tu vis, même si ce n'est que par intermittence » rappela l'italien. « Et mes grands-parents ont toujours veillé à ce que je connaisse un tant soit peu l'endroit où je serais amené à m'installer un jour ou l'autre. Mon grand-père a toujours veillé à ça dans l'espoir de me voir m'installer ici un jour auprès de lui et Nonna » révéla t-il.

« J'imagine qu'il serait fier de te savoir rentrer au pays » approuva Jet.

« Il l'est » répondit Tony avec tant de conviction qu'il fit hausser les sourcils de son ami.

« Tu sembles vraiment convaincu » nota t-il d'un air étonné.

« Nous en avons discuté peu de temps avant sa mort, il savait que j'envisageais de venir ici dans un futur plus ou moins proche » lui confia t-il. « Nonno avait deviné que mon travail ne me donnait plus autant de satisfaction et que les relations entre l'équipe et moi se dégradait. Nous en parlions souvent et il me conseillait de venir me ressourcer au ranch afin de pouvoir réfléchir tranquillement et sans aucune influence. Jamais mes grands-parents ne m'ont influencé sur mes choix mais ils ont toujours su m'écouter, me conseiller et me donner envie de continuer malgré tout. »

« Plus tu en parles et plus j'aurais aimé les rencontrer et les remercier d'avoir été là pour toi » confia l'ancien marine sincèrement. « Ils ont fait en sorte que tu sois celui que tu es aujourd'hui, loin de l'influence néfaste de ton père et je leur en suis reconnaissant. »

« Tu n'es pas le seul apparemment » gloussa doucement Tony. « Ils ont fait enrager mon père plus d'une fois en me soustrayant à son influence, en effet. Et le fait qu'il soit leur fils ne les a jamais empêché de lui reprocher son attitude envers moi. Ils ont souvent critiqué ses actions et ses décisions me concernant et le voir me négliger comme il l'a fait les a fait bondir plus souvent qu'il n'aurait fallu. J'ai eu de la chance de les avoir dans ma vie, d'avoir eu leur soutien et leur affection. J'ignore si je serais encore de ce monde si je n'avais pas pu les compter parmi les rares personnes qui m'aimaient » avoua Tony d'une voix sérieuse et mélancolique à la fois.

Et pour éviter de tomber dans la tristesse, Tony talonna son cheval pour reprendre leur promenade. Il n'avait aucun but précis mais chevaucher lui avait souvent permis d'éclaircir ses idées et de se reprendre en main après certains difficultés. Mais aujourd'hui, le simple fait de le faire avec Jethro sans rien avoir d'autre à l'esprit que de profiter de l'instant présent était somme toute agréable.

Il sourit et tendit la main à son homme qui la prit sans hésitation. Ils firent se rapprocher leurs montures et Jet se pencha pour agripper la nuque de Tony avant qu'il ne soude leurs lèvres dans un baiser fougueux. Tony laissa son ami prendre le contrôle sentant d'instinct que c'était ce qu'il désirait. L'air qui manquait les sépara et Gibbs pressa son front contre celui de Tony.

La position n'était pas si confortable et finalement, ils se séparèrent en se souriant, heureux d'être là, tous les deux, seuls et sans témoins. Du moins jusqu'à ce qu'un galop qui se rapprochait leur signala l'arrivée d'un cavalier. Arrivé à quelques mètres, l'homme ralentit sa monture et s'approcha au pas avant de saluer jovialement l'italien.

« Eh, salut, mon garçon » s'exclama t-il en venant lui serrer la main puis en lui tapotant le dos. « J'espérais bien te voir juste après la tempête et savoir comment ça allait. »

« Bonjour, M. Matthews » lui renvoyant Tony. « Permettez-moi de vous présenter mon compagnon, Jethro Gibbs. Jethro, voici mon voisin et le propriétaire de ces terres, Clayton Matthews. »

« Enchanté, Monsieur » répondit cérémonieusement Gibbs.

« Moi de même, Gibbs » répliqua le rancher en souriant. « Touriste ? » s'enquit-il.

« En quelque sorte » concéda le fédéral sans rien dévoilé.

« Hum, pas bavard » remarqua Matthews. « Ca me convient. »

Tony éclata de rire et les deux hommes le dévisagèrent, les sourcils relevés. L'image était si comique que l'italien redoubla de rire sous l'œil amusé de ses compagnons. Il finit par se calmer et reprendre son souffle avant de s'expliquer.

« Gibbs et vous avez en commun d'être économes en paroles, vous vous exprimez par phrases courtes et concises mais précises quand vous estimez ne pas avoir besoin de plus » confia Tony pour la compréhension de ses amis.

« Oh ! » fit le rancher. « Dans ce cas, j'espère avoir l'occasion de le croiser à nouveau dans d'autres circonstances et de vérifier ce fait » révéla Clayton. « Bon, je voulais t'avertir, j'ai emprunté ton équipe pour effectuer les réparations de quelques clôtures entre nos deux propriétés. Cole m'a présenté son nouveau compagnon ou devrais-je dire son ancien devenu nouveau. Bref, il m'a expliqué la situation pour éviter un impair. Je suppose que Gibbs ici présent n'est pas juste un ami, n'est ce pas ? »

Gibbs allait répliquer que la relation entre Tony et lui ne le regardait pas lorsque Tony lui coupa la parole.

« Quelque chose comme ça, Monsieur » avoua t-il sans plus. « Nous travaillons actuellement à des retrouvailles après plus d'un an de séparation. Le temps dira où nous allons. »

« Du moment que tu es heureux, fiston, c'est tout ce qui importe » déclara chaleureusement le rancher. « Et si tu l'es avec cet homme, ca ne regarde que toi et lui mais sache que tu as ma confiance et mon amitié et que rien ne changera une telle chose. »

« Merci, je suis touché » murmura l'italien, confus et embarrassé.

« Pas de raison de te sentir gêné, gamin, c'est tout naturel et si ton grand-père était encore de ce monde, il serait sûrement heureux de savoir que tu peux compter sur le soutien de tes voisins » affirma Clayton avec sincérité. « Bien, je vais vous laisser continuer votre promenade, profitez de cette journée clémente. Ravi de cette rencontre, Gibbs et j'espère avoir l'occasion de vous revoir. »

« Moi de même, Monsieur » approuva finalement Gibbs.

« A bientôt, Monsieur » le salua Tony.

« Mon garçon, quand donc te décideras-tu à m'appeler Clay comme tout le monde ? » bougonna le rancher. « Me donner du monsieur me fait me sentir plus vieux que je ne le suis. »

« Jamais sans doute » renchérit Tony. « J'ai trop de respect pour vous pour le faire. »

« Gibbs, je compte sur vous pour changer les choses, il a besoin de se décoincer un peu. »

« Ah, pas facile de le faire plier sauf si l'enjeu en vaut la chandelle » admit Jet en souriant à Tony.

« Bien, l'espoir fait vivre dit-on. Sur ce, je vous salue » dit Matthews en faisant faire demi-tour à sa monture et disparut de leur vue en quelques minutes.

« Sacré personnage on dirait » commenta Gibbs.

« Oui, c'était un ami de Nonno » expliqua l'italien en secouant la tête tout en souriant. « Ils ont vécu côte à côte durant plus de trente ans, il a soutenu Nonna après le décès de mon grand-père. Il a été très affecté par leurs disparitions, Nonno était devenu comme un frère pour lui, Matthews était l'unique fils de la famille parmi une fratrie de six enfants. »

« Semble t'avoir pris sous son aile » nota l'ancien marine.

« Je le connaissais peu avant mon installation ici mais nos rencontres ont toujours été amicales. J'avais sympathisé avec son fils Derek avant qu'il n'épouse une californienne et ne parte s'installer à L.A. Désormais, il le voit rarement mais communique souvent avec lui et ses petits-enfants via Internet. Il s'est mis à la page rapidement, motivé par le désir de rester en contact » ajouta Tony malicieusement.

« Veux-tu me faire comprendre que je suis un dinosaure et que je devrais me décider à accepter d'utiliser tous ces nouveaux gadgets ? » s'indigna t-il amicalement.

« Tu sais, si tu veux rester en contact malgré la distance, Internet est l'instrument idéal pour ça. Demande à Abby de t'installer le programme spécial de vidéoconférence et nous pourrons parler et nous voir en même temps comme tu le fais au MTAC. L'image et le son ensemble, c'est plus sympa et je suis sûr que tu aimeras » conseilla l'italien.

« Tu tiens vraiment à me faire franchir le blocage de la technologie, ce que McGee et Abby n'ont pas réussi à faire » souligna le fédéral en soupirant. « Ok, je vais tâcher de faire un effort dans ce sens et j'avoue que voir ta tête quand je t'appellerais serait agréable. »

« Bien, si nous poursuivions notre route avant de songer à faire un sort au pique-nique » dit Tony en remettant sa monture en marche.

« Ce doit être agréable de vivre ici, les gens se connaissent et s'entraident bien plus que dans une cité comme la capitale » déclara soudain Jet qui cheminait aux côtés de Tony. « Je retrouve un peu de l'ambiance de chez moi, une petite ville de province où tout le monde connait tout le monde, où tous les potins sont partagés au café et les nouvelles échangées au drugstore. »

« Moins d'anonymat et plus de convivialité, c'est agréable après des années à connaître à peine tes voisins, c'est vrai » reconnut Tony.

« Un jour, je t'emmènerais dans ma ville natale, Stillwatter, Pennsylvanie » déclara soudain Jethro. « Mon père y tient le magasin général depuis des années. Il a acheté la boutique quelques années après la seconde guerre mondiale et il a défrayé la chronique du coin en prenant comme associé un homme de couleur. Il a tenu bon malgré les difficultés et la réprobation de gens bien pensants. »

« Il a bravé l'opinion publique pour respecter son choix dans un contexte plus que difficile, ce doit être un sacré bonhomme » s'exclama Tony.

« Oui, c'était quelqu'un » marmonna Jethro.

« Oh, je sens comme des regrets tapis au fond de ton esprit » ajouta doucement Tony.

« Toujours aussi perspicace, hum » nota Gibbs. « Nous avons eu quelques différents et j'ai fui en m'engageant dans les Marines. Je n'avais aucune envie de rester dans cette petite ville minière et de finir comme tant d'autres, à travailler au fond d'un trou pour un salaire de misère. Mais laissons ça de côté pour l'instant, je ne veux pas terminer mon séjour ici en remuant de pénibles souvenirs. »

« D'accord mais un jour, tu me raconteras ton enfance et ton adolescence » affirma fermement Tony. « Je veux connaitre le Jethro Gibbs que tu étais pour comprendre celui que tu es devenu aujourd'hui. »

« Promis, Tony, un de ces jours, nous nous installerons confortablement et nous discuterons de notre jeunesse respective » approuva Gibbs.

Sur cette promesse mutuelle, les deux hommes poursuivirent leur promenade.

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Pas beaucoup d'évolution mais la lente restauration d'une relation malmenée par le silence ne se fait pas en un clin d'œil.

Le prochain chapitre est en cours d'écriture et verra le départ de Gibbs pour la capitale. Comment leur au-revoir se passera entre eux ?

La suite bientôt.