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Long délai, je sais mais le principal est que je ne laisse pas tomber. Je continue de grappiller quelques instants de ci de là pour terminer cette histoire.

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Bonne lecture et vos commentaires m'encouragent à persévérer. Donc, ne soyez pas radin(e). Quelques mots seraient les bienvenus.

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Chapitre 34 : Dégradation

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Le lendemain matin, Shepard arriva de bonne heure et salua aimablement son assistante avant de gagner son bureau. Son regard fut aussitôt attiré par une grande enveloppe brune posée bien en évidence dessus. Son nom et l'adresse de l'agence étaient inscrits dessus à la machine à écrire mais aucun logo ne mentionnait l'expéditeur. La mention « personnelle et confidentielle » était bien visible. Le tampon du service courrier attestait que le courrier avait subi les dépistages nécessaires avant de lui être remis.

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Elle contourna le meuble, recula son siège et se saisit de l'enveloppe qu'elle tourna entre ses mains. Le poids était moyen et ne permettait pas de définir le contenu du pli. Elle ouvrit un tiroir et sortit un élégant coupe-papier pour ouvrir l'enveloppe mais stoppa soudain son geste. Elle décrocha son téléphone et appela son assistante.

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« Cynthia, j'ai un enveloppe brune sur mon bureau » commença t-elle. « Avez-vous une idée de son expéditeur ou la manière dont elle est parvenue jusqu'à moi ? »

« Désolée, Madame mais le courrier était déjà posé sur mon bureau lorsque je suis arrivée, je n'ai pas vu l'employé le déposer » répondit la jeune femme d'un ton d'excuse.

« Ca ne fait rien, Cynthia » conclut Shepard avant de raccrocher.

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Elle se décida ensuite à couper le bord du pli et à jeter un œil à son contenu. Elle vit une feuille blanche et une enveloppe plus petite. Elle sortit les deux et concentra son attention sur le feuillet. Il était tapé à la machine à écrire et non à l'ordinateur, ce qui était curieux. Le texte était court et au premier abord, sibyllin.

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Madame,

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Certaines actions honteuses ne méritent pas de voir le jour tant elles seraient embarrassantes. Pourtant, il serait parfois nécessaire d'exposer les faits à qui de droit.

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Les documents joints à ce courrier vous remettront en mémoire les évènements en question qui seront communiqués à qui sera intéressé si votre attitude envers une certaine équipe ne change pas dans les jours qui viennent. Nous serons informés immédiatement si les changements en question ne s'effectuaient pas et les clichés joints à la présente expédiés aux destinataires concernés.

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Inutile de faire analyser le papier, l'enveloppe ou la lettre ; aucune empreinte ne sera relevée. De même, ce serait une perte de temps et d'énergie que de tenter de connaitre l'origine du dépôt et le biais par lequel ce pli a transité.

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Sincèrement votre.

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Aucune signature qui lui permette de connaitre l'expéditeur. Shepard relut la missive une seconde fois pour être certaine d'avoir bien compris. Elle se décida ensuite à ouvrir la seconde enveloppe et une série de photos en noir et blanc s'en échappa. Elle sursauta en voyant la première et dut s'asseoir précipitamment tant ses jambes flageolaient. Elle n'aurait jamais cru que cette foutue mission aurait donné lieu à ce fiasco et que des années plus tard, elle viendra menacer tout ce qu'elle avait bâti.

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Elle étala les clichés sur la table et les regarda se demandant qui les avait pris et qui les lui avait envoyés. Visiblement, sa mission avait été surveillée mais par qui ? Mystère. Le Mossad avait parfois l'habitude de mettre deux équipes sur une mission mais celle-là ne nécessitait pas un tel effort. Certes, elle avait compromis la mission en s'éprenant de sa cible mais ce n'était pas la première fois.

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Le seul point noir avait été d'apprendre la mort d'un agent d'Interpol qui travaillait sous couverture également.

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Soudain, elle hoqueta. Se pouvait-il que cette mort soit en relation directe avec l'échec de sa mission ? Avait-elle par inadvertance divulgué un indice qui avait conduit au meurtre de l'agent ? Parce que c'était bel et bien ça qui était arrivé… Le corps avait été retrouvé dans un état qui attestait des tortures qu'il avait subi avant son décès.

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Elle tenta de se souvenir des circonstances exactes de cette mission mais tant de temps s'était écoulé. Et même si cette mission avait été un échec et qu'en général, on se souvenait de ses erreurs, celle-ci avait été une dont elle avait accueilli l'oubli avec bonheur. Des images floues de sa dernière nuit avec sa cible étaient ancrées dans sa mémoire, fragmentées et indescriptibles. Avait-elle été droguée cette nuit là ? Etait ce la raison de sa perte de mémoire ?

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Elle n'avait jamais cherché à savoir ce qui s'était passée après son départ de la maison. Elle avait pris un taxi pour rentrer à l'hôtel et son agent de liaison avait organisé son rapatriement d'abord en France puis aux Etats-Unis. Deux jours après sa mission, elle avait repris sa vie normale sans plus se préoccuper de l'affaire dont elle n'avait plus eu de nouvelles après son débriefing.

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Elle replaça les photos dans l'enveloppe qu'elle plia et les rangea dans son sac à main. Elle relut la lettre avant de la placer finalement avec le reste de l'envoi. Elle brulerait tout ça ce soir chez elle. Elle ne permettrait pas qu'un individu ruine tout ce pour quoi elle avait travaillé si durement, elle avait besoin des ressources du NCIS pour son projet et maintenant qu'elle avait perdu le seul agent qui aurait accompli cette mission sans difficulté, elle allait devoir revoir ses plans.

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Elle soupira et se leva pour se verser un verre de whisky, elle avait les nerfs à fleur de peau et devait se calmer avant de pouvoir commencer à travailler. Au grand jamais, elle n'aurait songé que les années passées à accomplir des missions pour les opérations spéciales ressurgiraient après tout ce temps pour menacer non seulement sa position mais aussi la seule chose qui lui tenait à cœur : rétablir la vérité et prouver que son père était intègre et que la mort de son père était un meurtre et non un suicide consécutif à la honte d'avoir trahi son pays.

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Elle avait œuvré durant plusieurs années, s'était construit un solide réseau de connaissances qui occupaient désormais des postes importants au sein du gouvernement ou de grandes entreprises. Elle avait joué son rôle à la perfection en leurrant Gibbs sur la raison de leur séparation, il n'avait jamais soupçonné qu'elle l'avait utilisé pour accéder au service des Opérations Spéciales afin de disposer de certaines informations confidentielles.

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Il était évident cependant qu'elle avait négligé certains aspects de ses recherches si les photos dont elle venait d'être destinataire en étaient un indice. Quelqu'un avait soupçonné le but réel de ses choix de missions. Travailler uniquement en Europe de l'Est durant plusieurs années avait été facile puisqu'elle était célibataire, sans attaches familiales et donc apte à voyager rapidement sur demande. Mais en réalité, elle traquait discrètement un individu qui connaissait la vérité sur son père.

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Savoir que durant tout ce temps, elle avait été épiée, surveillée et donc cataloguée, que des dossiers avaient été constitués avec preuves à l'appui la fit frémir. Qu'attendait-on d'elle maintenant ? Qu'elle laisse tranquille l'équipe de Gibbs ? Qui donc avait un intérêt à ce qu'elle agisse ainsi ? McGee n'avait certainement rien à voir avec tout ceci, Ziva était une possibilité à considérer, Gibbs pouvait en être l'auteur dû à leur passé commun sur certaines missions.

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Que tout ceci était donc compliqué et irritant à souhait ! Que ne donnerait-elle pas pour savoir qui était à l'origine de ce rappel ou plutôt cette mise en garde ! Elle allait définitivement être sur ses gardes désormais et se tenir prête à toute éventualité.

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Devait-elle considérer l'avertissement comme une requête ou un ordre ? Jusqu'à plus ample informée, elle allait laisser les choses en l'état et voir ce qui adviendrait de la menace voilée qu'elle avait reçue. Elle avait le pressentiment que ce n'était rien que du bluff, une façon de lui faire savoir que quelqu'un pouvait la manipuler mais elle ne se laisserait pas faire.

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Elle posa le verre vide et retourna à son bureau, elle avait des tonnes de dossiers à compulser et compléter et une réunion à préparer. Elle n'avait plus de temps à consacrer à cette farce ridicule.

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Gibbs pénétra dans le bâtiment d'un pas ferme et le visage impénétrable. Il allait avoir une autre confrontation avec la Directrice, il en était sûr mais il resterait camper sur ses positions. Il avait besoin d'un break, son équipe également et s'il ne s'inquiétait pas trop pour McGee et David, son bleu n'avait pas l'endurance nécessaire pour affronter une autre semaine de travail sans repos adéquat.

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Il prit l'ascenseur, heureusement vide et laissa la cabine le mener à l'étage du bullpen. Il prit l'escalier deux marches à la fois et passa sans s'arrêter devant le bureau de la secrétaire qui tenta vainement de le stopper. Il ouvrit la porte du bureau et sans même prendre la peine de la refermer, s'avança jusqu'au bureau. Il ne prit aucun gant pour délivrer sa requête, il la lança sans attendre qu'elle lui permette de parler.

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« A compter d'aujourd'hui et jusqu'à lundi, mon équipe est de repos » annonça t-il tout de go. « Je ne suggère pas, je mets mon équipe en disponibilité pour cette fin de semaine. »

« Depuis quand prenez-vous ce genre de décision sans mon aval, Agent Gibbs ? » demanda t-elle visiblement furieuse.

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Après la surprise du matin, elle n'était pas prête pour en subir une autre. Et il était de son ressort d'accorder ce genre de congés à son équipe première. Comment Gibbs pouvait-il avoir le toupet de faire irruption dans son bureau et lui imposer une telle décision unilatérale ?

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« Directrice, vous avez choisi de nous envoyer aux quatre du pays durant ces derniers six semaines sans nous laisser un seul jour pour récupérer. Si vous persistez à vouloir contrôler cette équipe de la manière dont vous le faites, je vous prédis que d'ici peu, des erreurs seront commises qui coûteront cher à mes agents. Ceci est inacceptable. Donc, je confirme que mon équipe est de repos à compter de ce jour. Je réviserai cette décision lundi si mes agents doivent reprendre ou non leur service. »

« Vous êtes bien présomptueux, Agent Gibbs » la contra t-il. « Vous êtes sous mes ordres et non l'inverse, vous faites comme je vous dis. »

« C'est ainsi que vous entendez gérer au mieux les ressources de l'agence, Madame ? » s'enquit-il ironiquement. « Bien, dans ces conditions, vous ne me laissez aucun choix. »

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Il sortit son téléphone et appuya sur une touche rapide que Tony avait programmé bien des années auparavant. Il attendit que son correspondant décroche et demanda à parler au 'patron'.

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« M. le Secrétaire » dit-il lorsqu'il fut mit en communication. « Agent Gibbs à l'appareil. J'ai un problème de gestion de mon équipe qui risque d'engendrer de sérieux problèmes. »

« Expliquez-vous, Agent Gibbs » demanda son correspondant.

« La directrice Shepard a décidé, voici deux mois, de gérer directement les enquêtes confiées à mon équipe sans m'en référer auparavant. Depuis cette date, elle nous a envoyés aux quatre coins du pays sans discontinuer et sans nous laisser récupérer entre deux enquêtes. Elle persiste dans cette intention sans vouloir prendre en compte les risques encourus par mon personnel en cas de fatigue avérée. »

« Vous a-t-elle donné une quelconque explication à cette mesure extraordinaire ? »

« Aucune, M. le Secrétaire. Cette mesure a été prise de suite après notre retour de Dallas, suite à l'enquête au cours de laquelle nous avons rencontré mon ancien second, DiNozzo. Cette rencontre a semble t-il déclenché une réaction négative à la fois pour l'Officier David et pour la Directrice. Je pense que les circonstances qui ont présidé à sa démission découlent directement de leurs attitudes envers lui. »

« De quoi parlez-vous exactement, Agent Gibbs ? Voulez-vous insinuer qu'elles ont poussé l'Agent DiNozzo à quitter ses fonctions ? Nous ont-elle coûté un de nos meilleurs agents pour des motifs personnels ? Est-ce ce que vous tentez de me faire comprendre ? »

« Tout à fait, Monsieur, c'est exactement ça et DiNozzo l'a confirmé. Si vous désirez un compte rendu détaillé, je peux lui demander de se mettre en contact avec vous » proposa Gibbs.

« Faites-moi un rapport préliminaire et au besoin, je reviendrais vers vous. Mettez-moi sur haut parleur, s'il vous plait. »

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Gibbs appuya sur la touche adéquate avant de reprendre la parole.

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« C'est fait, Monsieur. »

« Directrice Shepard, je mets l'équipe de l'Agent Gibbs en congés pour cette fin de semaine et la suivante. Je ne veux aucune discussion à ce sujet au vu des faits qui viennent de m'être communiqués. Je vous attends dans mon bureau lundi sans faute à 09.00. Gibbs, coupez le haut parleur. »

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Le Secrétaire attendit que Gibbs lui confirme la manœuvre avant de continuer.

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« J'attends votre rapport le plus rapidement possible et le plus détaillé que vous pouvez. Et si vous avez des preuves, merci de me les communiquer avant mon rendez-vous. J'espère que ces quelques jours vous laisseront le temps de le rédiger. »

« Sans problème, Monsieur et je vous joindrais tout ce qui est nécessaire pour vous faire votre opinion. Merci de m'avoir écouté. »

« Je ne peux laisser une équipe sur le terrain sans le repos approprié, c'est aller au devant de catastrophes qui pourraient être évitées. Je compte sur vous. A bientôt, Agent Gibbs. »

« Au revoir, Monsieur. »

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Et sur ce, Gibbs coupa la communication. Il planta son regard de défi sur le visage de son ex partenaire et observa la rage qu'elle ressentait.

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« Comment avez-vous osé ? » fulmina t-elle enfin. « Pour qui vous prenez-vous pour avoir l'outrecuidance de rapporter mes décisions au Secrétaire de la Marine ? »

« Dans la mesure où vous mettez la vie de mes agents et la mienne en danger, je me dois de prévenir qui de droit et qui mieux que le Secrétaire, votre patron, peut vous donner un ordre ? » nota t-il. « Je vous ai présenté les faits et vous avez décidé de réfuter l'évidence. Il est de mon devoir de préserver mes agents et vous me déniez ce droit en nous forçant à travailler sans discontinuer. Je gère mon équipe et à compter de ce jour, je serais celui qui choisira les enquêtes que nous traiterons. Et si vous tentez de me ravir cette prérogative, j'en réfèrerais à nouveau à votre patron. Ceci est une promesse et non une menace, Madame » conclut-il. « Je compte sur vous pour informer mes agents de leur mise en disponibilité. »

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Elle le regarda et tenta de percer ses véritables motifs mais ne parvint pas à lire en lui. Elle se tourna pour tenter de reprendre le contrôle de ses nerfs mais la perspective de tout perdre et surtout, de ne pouvoir disposer des ressources de l'agence pour son projet la faisait fulminer. Il fallait qu'elle empêche comme elle pouvait que Gibbs et DiNozzo ne communiquent à nouveau. Et quelle meilleure manière de le faire que de contrôler son emploi du temps.

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« Et pour votre gouverne, sachez que les relations que j'entretiens en dehors du travail ne vous concernent pas » clarifia t-il en toute connaissance de cause. « Vous ne pouvez vous permettre de me mettre sur écoute ou de me faire surveiller sans une bonne raison qui serait liée à une menace pour la Sécurité Nationale. Tel n'étant pas le cas, je vous avertis que si je m'aperçois que vous me faites suivre par David ou avez recours à un détective privé, je n'hésiterais pas à porter plainte. »

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Elle pivota pour lui faire face et un coup d'œil à son agent lui fit comprendre qu'il ne plaisantait pas. Il avait anticipé ce qu'elle pourrait faire et ca l'énervait au possible. Elle serra les poings et redressa la tête dans l'évidente intention de lui faire comprendre qu'elle ne capitulerait pas sans combattre.

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« A bon entendeur… » dit Gibbs avant de se diriger vers la porte qu'il franchit sans se retourner.

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Shepard se laissa tomber sur son fauteuil, totalement vidée de ses forces. Trop, c'était trop d'un seul coup. Allait-elle perdre tout ce pour qu'elle s'était battue ? Etre la première femme directrice d'une agence fédérale aussi petite soit-elle était une grande victoire en soi. Conserver son poste le plus longtemps possible pour mener à terme son projet était son vœu le plus cher, elle avait tant de pistes à explorer, tant de contacts à joindre.

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Elle avait jusqu'à lundi pour élaborer une histoire qui justifie ses actions aux yeux du Secrétaire.

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Ziva David termina son jogging matinal d'un pas plus mesuré qu'à l'accoutumé. Elle avait tenté de réfléchir posément et calmement à tout ce qui s'était passé ces dernières semaines. En fait, depuis la fameuse rencontre avec son ex-partenaire, tout allait de travers, selon elle. C'était comme si cette réunion avait enclenché des évènements qui n'avaient qu'un but : lui rendre la vie plus difficile.

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Tout d'abord, Jenny avait décidé de jouer les arbitres et de sélectionner leurs enquêtes elle-même dans le but évident de contrôler leurs déplacements, dans l'espoir de diminuer les chances de Gibbs de vagabonder entre la capitale et le Texas trop souvent. Sans doute compte t-elle le voir cesser toute relation avec DiNozzo mais Ziva ne se faisait aucune illusion.

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Désormais, Gibbs et DiNozzo seraient à nouveau des amis proches encore plus unis que par le passé en raison des intrigues nouées par Jenny et elle et que l'ex flic avait du relater à son ancien patron. Ziva devait reconnaitre que leurs plans auraient parfaitement pu voir le jour si celui qu'elle considérait comme un imbécile n'avait pas oublié de rester un idiot. Il avait simplement flairé quelque chose et avait creusé jusqu'à trouver, comme un chien qui renifle un os.

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Comment un clown, un farceur, un fainéant comme DiNozzo avait pu faire échouer un plan minutieusement préparé par deux femmes intelligentes ? L'israélienne ne parvenait toujours pas à comprendre mais surtout à accepter le fait qu'elles se soient fait épingler par leur future victime. Elle avait pourtant un dossier psychologique qui affirmait qu'il était le maillon faible de l'équipe de Gibbs du fait de son manque d'éducation.

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Elle soupira puis termina les quelques mètres qui l'amenèrent à la porte de son immeuble d'un pas plus pressé. Elle avait envie d'une bonne douche, d'un petit déjeuner avant de se préparer pour le travail. Elle passa devant la boite aux lettres et prit son courrier. Elle fronça les sourcils en trouvant une enveloppe brune à son nom sans mention de l'expéditeur et sans tampon d'expédition.

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Elle trouva bizarre ces deux détails et attendit d'être dans son appartement avant de procéder à son ouverture prudemment. L'enveloppe était épaisse et plus lourde qu'un simple courrier. Elle fit glisser le contenu sur la table de la cuisine et se mordit la lèvre à la vue de ce qui s'étalait sur le plan de travail. Des photos en noir et blanc mais claires avec des personnages parfaitement identifiables si nécessaires. Et dieu, qu'elle reconnaissait ces visages !

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Qui lui adressait ces clichés ? Dans quel but ? Voulait-on la faire chanter ? Devait-elle en parler à Jenny ou faire l'ignorante ? Attendre de voir si d'autres photos lui seraient envoyées ?

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Elle se décida à déplier la missive qui les accompagnait pour satisfaire sa curiosité bien légitime après tout. La lettre était courte et tapée à la machine à écrire et non à l'ordinateur. Un détail qui risquait de compliquer les recherches si nécessaires.

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Madame,

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Certaines actions honteuses ne méritent pas de voir le jour tant elles seraient embarrassantes. Pourtant, il serait parfois nécessaire d'exposer les faits à qui de droit.

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Les documents joints à ce courrier vous remettront en mémoire les évènements en question qui seront communiqués à qui sera intéressé si vous persistez à vouloir vous associer à des actions répréhensibles et à une quête de vengeance inappropriée. Nous serons informés immédiatement si les changements en question ne s'effectuaient pas et les clichés joints à la présente expédiés aux destinataires concernés.

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Inutile de faire analyser le papier, l'enveloppe ou la lettre ; aucune empreinte ne sera relevée. De même, ce serait une perte de temps et d'énergie que de tenter de connaitre l'origine du dépôt et le biais par lequel ce pli a transité.

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Sincèrement votre.

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Ziva remit le tout dans l'enveloppe et s'assit sur une chaise tant ses jambes tremblaient. Elle ignorait qui pouvait bien avoir intérêt à exhumer ainsi une vieille mission qui datait de plusieurs années même si elle avait engendré une fin désastreuse pour un agent sous couverture. Jenny avait commis une monumentale erreur et un homme avait payé de sa vie ce moment d'égarement d'une femme amoureuse.

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Pour sa part, Ziva n'avait pas assumé son rôle de surveillance correctement et avait donc laissé Jenny sans partenaire durant plusieurs jours. Le souci était que non seulement un agent d'Interpol avait perdu la vie après avoir été torturé mais un agent du Mossad avait subi le même sort. Et pas n'importe quel agent mais un protégé d'Eli David, un jeune officier qui comptait pour lui comme un fils, sans doute même plus que sa propre fille, la chair de sa chair.

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Elle se souvenait de la douleur qui s'était peinte sur le visage de son père lorsqu'il avait appris la nouvelle en sa présence. Il n'avait pas élucidé les circonstances de sa capture parce que Ziva, pour la première fois de sa vie, avait menti à son père avec toute la conviction dont elle était capable. Elle ignorait encore à ce jour s'il avait cru ses propos ou non mais durant les quelques mois qui avaient suivi cette mission, elle avait été envoyé à l'étranger le plus souvent possible.

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Elle soupira et frissonna également. Ces clichés réveillaient des souvenirs qu'elle aurait préféré voir enfouis à tout jamais. Si ces derniers faisaient leur apparition dans les mains de son père, elle ne serait sans doute pas aussi en sécurité qu'elle le pensait. Son poste au NCIS n'était qu'un poste de complaisance créé par Jenny pour elle afin de lui permettre de s'installer aux USA. Si par malchance, un évènement désastreux venait à voir le jour, son retour au pays ne serait pas une option mais une injonction de la part de son père.

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Sa mission au sein de l'agence gouvernementale n'était pas terminée, ni même commencée à vrai dire, car elle avait perdu de vue la raison de sa venue sur le sol américain. Ici, elle avait pris goût à la liberté qu'elle n'avait jamais connu en Israël, une liberté qu'elle chérissait et voulait conserver coûte que coûte. Elle ferait tout ce qui serait nécessaire pour protéger ce qu'elle avait acquis ici en quelques mois et préserver le style de vie qu'elle avait appris à aimer.

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Quitte à prendre des mesures drastiques si nécessaires, elle se le promettait !

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A quelques milliers de kilomètres de la capitale, un e-mail venait de trouver son destinataire. Il indiquait que les deux colis spéciaux venaient d'être adressés à leurs destinataires et que la surveillance continuait…

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Alors voilà un petit mystère. Qui a envoyé les enveloppes ? Y en aura-t-il d'autres ? Quel est le but de ces envois ?

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A vos claviers et faites vos suggestions.

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A+