Karma-sutra

Auteur : Angelscythe

Couple : Je vous laisse deviner =P

Genre : Romance essentiellement, humour j'espère mais je préviens qu'il y aura des sujets sensibles !

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yūsei Matsui


Chapitre 2 : Séquence première base

Nagisa terminait de reporter la leçon du jour le regard préoccupé. Aussi, sitôt eut-il posé le point final qu'il tourna la tête. Koro-sensei n'apprécierait pas mais ce n'était qu'un rapide coup d'œil jeté à Karma derrière lui. Il était encore penché sur ses cours comme depuis une semaine. Il avait troqué son indolence contre un travail acharné depuis qu'il lui avait donné son plan. Peut-être même un peu avant…

- Nagisa !

Le garçon sursauta et tourna la tête.

Repéré.

- Désolé, je…

- Rejoins-moi après les cours, nous devons parler.

- Oh ? Euh… Oui, professeur !

Il retint un soupir soulagé et rejeta un coup d'œil vers Karma tout en s'abaissant pour éviter un couteau qui fusait. Il décida de ne plus bouger jusqu'à ce que tout le monde ait dit « au revoir » à leur enseignant d'une façon ou d'une autre. Le rire caractéristique de Koro-sensei berçait d'ailleurs ses oreilles alors qu'il patientait.

Les effusions se raréfièrent petit à petit. Il vérifia qu'il ne risquait plus rien, sachant que la douleur resterait malheureusement réelle, et se redressa pour ranger ses affaires. Il vit son ami se lever à son tour et attendit de voir ce qu'il ferait. Une tentative d'assassinat ? Comment ? Il n'avait encore rien mis à l'œuvre non plus.

Karma s'arrêta à côté de lui, main dans la poche, cartable contre sa paume meurtrie.

- Bonne chance. Je t'attends dehors.

- Oui ! Je te rejoins bientôt.

Son ami acquiesça, lui fit un signe de main et passa devant le bureau du poulpe. Lequel s'apprêta à contourner une attaque et à l'embêter en représailles mais il se retrouva avec les tentacules levées et un Karma qui l'ignorait tout simplement.

- Hein ? Fit-il en penchant la tête.

Nagisa se mordit la lèvre inférieure. Koro-sensei avait remarqué aussi que quelque chose n'était pas normal. En un sens ça ne l'étonnait pas. Il avait le regard partout.

- Il n'a pas essayé de me tuer de la journée. Remarqua le poulpe avec une pointe de déception. Est-ce qu'il prépare quelque chose, Nagisa ?

- Si c'était le cas, je ne vous le dirai pas, professeur. Répondit le garçon.

Il attrapa ses contrôles et les lui ramena avec la signature dessus.

- Merci.

- De rien. Que vouliez-vous ?

- Je m'inquiète pour Karma. Ses tentatives d'hier étaient exécrables et il n'a rien fait aujourd'hui. On ne le voit plus dehors et il travaille beaucoup alors qu'il a d'excellentes notes. C'est ton ami n'est-ce pas ?

Nagisa ouvrit des yeux surpris puis sourit légèrement. Il acquiesça mais le prit de court :

- Ne vous inquiétez pas trop. À mon avis, il est seulement malade.

- Malade ?

Les tentacules s'agitèrent dans les airs.

Le garçon lança un couteau qu'il vit fuser vers le visage rond et interloqué de son professeur. La lame allait l'atteindre, il écarquilla les yeux, entrouvris les lèvres.

L'arme atteignit sa cible.

Ou plutôt son image rémanente. Nagisa regarda le couteau rebondir sur le sol et il soupira mais sourit. Il prit une note rapide dans son carnet, ramassa son poignard, le glissa à sa ceinture où il le dissimula sous sa chemise et il sortit pour rejoindre Karma. Lequel, assis sur les escaliers, levait les yeux vers le ciel étoilé et vers la lune presqu'entièrement détruite.

Nagisa l'observa quelques secondes puis trottina jusqu'à lui. Il se pencha au-dessus de lui et sourit.

- Finit !

- Génial.

Karma le repoussa et s'étira avant de se lever. Nagisa lui emboîta le pas.

- Et ça va ? Demanda-t-il.

- Ça va.

Sur ces deux mots significatifs, la conversation mourut un instant. Mais elle ressurgit au milieu des arbres, plus axés sur les cours que sur l'assassinat.

µµµ

Karma éteignit sa lampe de chevet, dissimula un bâillement dans le creux de sa main et laissa son bureau où trônait son devoir pour aller se glisser sous ses couvertures avec un manga. Il le feuilleta pour retrouver sa page mais s'arrêta en entendant un bruit. Il tendit l'oreille en glissant sa main autour du couteau caché sous son oreiller. Ça ne fallait pas une bonne rouste au poing mais quelqu'un qui s'introduisait chez lui, à cet étage, ça devait être dangereux.

Il entendit le même bruit et le devina vers la fenêtre. Il glissa la lame dans son dos et fit mine de rien, le regard rivé dans les pages. Le coin de son œil était tourné vers la fenêtre ce qui lui permit de voir quelque chose se glisser sous le châssis.

Quelque chose… de jaune ?

Il vit surgir un bout rond.

Koro-sensei !

Il serra les lèvres. Que devait-il faire si ce poulpe se glissait dans sa chambre ? Il devait lancer ce couteau ? Attraper l'autre pour espérer un assassinat ? Mais s'il s'en reverrait au deuxième conseil d'Irina, il allait droit dans le mur. Une occasion rêvée s'ouvrait pourtant à lui.

Tout à coup, le vent souffla, projeta son manga dans les airs et fit sauter le couteau de sa main. Il toussa alors qu'une ombre imposante se penchait sur lui.

- Attention avec ça, tu vas te blesser.

Karma vit le couteau passer devant ses yeux avant d'être posé bien proprement sur sa table de chevet.

- Que faites-vous là ?

Il frappa dans le tentacule qui touchait son épaule, les pupilles contractées.

- Nagisa m'a dit que tu étais malade.

En quelques secondes, le garçon se retrouvait envelopper dans des couvertures roses et chaudes, était glissé sous ses propres draps et se retrouvait avec un linge humide agréablement frais sur le front. Il remarqua une carafe d'eau à côté de son couteau et un verre.

- J'ai lu que c'était comme ça qu'on se soignait ! Ne mange pas, ne t'agite pas, dors !

- Je…

- Ne contredis pas ton professeur. Dit Koro-sensei en lui tapotant le nez du bout du tentacule.

Les dents de Karma se serrèrent et il tourna le visage vers lui et écarquilla les yeux devant le spectacle qu'il lui offrait : d'un tentacule il lui caressait les cheveux, de l'autre il lisait un ouvrage à tout vitesse. La couverture était bien visible et il remarquait même l'étiquette du prix.

Le garçon remua pour essayer de se défaire de ce cocon de couverture. Un tentacule jaillit pour le maintenir en place sans que Koro-sensei ne lève les yeux de son livre.

- Je dois aller aux toilettes. S'agaça Karma.

- Oh… C'est vrai !

Il fut libérer de sa chrysalide de tissu et pu s'enfuir dans la salle de bain. Comment s'était-il retrouvé avec ce poulpe sur le dos ? Ah oui… à cause de Nagisa. Il glissa sa main dans la poche de son pyjama mais ne trouva pas de téléphone.

- Foutu poulpe ! s'énerva-t-il.

Est-ce qu'il pouvait être assez rapide pour le tuer en courant d'ici ?

Non.

Il n'était pas stupide. Il n'était même pas malade !

Il soupira, se passa la main dans les cheveux et sortit de la salle de bain.

- Karma, tu t'es bien lavé les mains ? Questionna Koro-sensei.

Mais le garçon était trop occupé à être éberlué. Une petite machine libérait de la vapeur d'eau à la senteur de violette, son lit avait des coussins en plus, les couvertures étaient correctement ajustée, la rose sur le dessus et un tentacule enclencha une musique tranquillisante. De plus, son verre avait été rempli d'eau.

- Oui… Qu'avez-vous fait ?

Un bras s'enroula autour de sa taille et l'entraîna pour le mettre dans le lit.

- C'est la meilleure façon pour se soigner ! Lança Koro-sensei en lui replaçant la compresse froide.

- Je suis supposé dire « merci » ? Railla-t-il.

- C'est ce qu'on fait quand on est poli.

Karma arqua un sourcil. Son professeur lui tapota la tête. Il attrapa un second livre, le feuilla à une vitesse folle puis saisit un troisième ouvrage.

- J'avais bien choisi !

Il entama sa lecture à voix haute.

Une histoire pour enfant ?

- Professeur.

Il tendit la main pour lui prendre l'ouvrage des tentacules mais il lui échappait tout le temps.

Il serra les dents. Il était vraiment mal parti pour la leçon deux d'Irina : « Ignorer autant que possible l'homme. Ils aiment être le centre de l'attention. »

Là, il était loin de l'ignorer. Il avait pourtant bien réussi durant toute la journée dans la mesure du possible puisque sa cible à lui demeurait son professeur. Il était peut-être temps de passer à la leçon trois qu'ils étaient encore en train de travailler tant elle était pénible. Il perdit son regard vers son bureau en cessant de batailler.

Tout était caché mais il redoutait tout de même que ce poulpe s'était permis de fouiner dans ses affaires.

Il attrapa les draps et les tira sur lui.

- Dites, professeur ?

- Oui ? Questionna-t-il en s'interrompant dans sa lecture.

- Vous restez cette nuit ?

Le professeur le regarda.

Karma le fixa en retour, s'attendant à ce qu'il refuse à tout instant. Il se serait juste fait ridiculiser une fois de plus.

- D'accord.

- D'accord ?

- D'accord. Répéta Koro-sensei.

Et il repartit dans sa lecture.

L'adolescent le regarda, éberlué. Mais a bien y réfléchir, le fait qu'une machine de destruction de son acabit, qu'un adulte, qu'un professeur soit dans sa chambre… c'était peut-être ça le plus inquiétant.

Il devrait peut-être remercier Nagisa.

Peut-être.

Il se tourna sur le flanc et ferma les yeux. Il laissa la voix le porter. Il ne risquait rien puisque c'était dans les règles. Il n'était tout de même pas rassurer mais se laissa petit à petit assoupir.

Koro-sensei termina son livre et observa Karma. Il ne comptait pas dormir cette nuit. Allez savoir ce qu'avait préparé le garçon. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être aussi adorable. Mais c'était peut-être à cause de la maladie.

Il remit correctement les couvertures sur le corps fragile et l'observa.