Karma-sutra
Auteur : Angelscythe
Couple : Je vous laisse deviner =P
Genre : Romance essentiellement, humour j'espère mais je préviens qu'il y aura des sujets sensibles !
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yūsei Matsui
Chapitre 3 : Séquence secret
Karma ouvrit les yeux et rencontra un visage rond penché au-dessus de lui. Il sursauta et envoya son poing au-dessus de lui mais ne rencontra rien. Pourtant, la seconde d'après, il voyait à nouveau cette face souriante penchée sur lui et sentait quelque chose dans sa chevelure.
Il se dégagea d'un mouvement de main et s'éloigna sur le bord du lit avant d'afficher un sourire.
- C'est vous Koro-sensei. J'avais oublié que vous vous étiez introduit chez moi.
- Ah ? Je pensais que tu avais des envies de meurtre de bon matin. Mais sans couteau ou revolver ça ne me semblait pas très pratique. Audacieux. Mais pas très pratique.
Karma ne répondit pas, les lèvres légèrement pincées.
- Est-ce que tu te sens mieux ?
Le garçon se dégagea des couvertures et retourna dans la salle d'eau pour enfiler son uniforme. Comment allait-il s'expliquer ? Comment réagirait-on s'ils apprenaient qu'un homme… plutôt un mâle était resté toute la nuit dans sa chambre à l'épier. À le guetter.
Un frisson lui parcourut l'échine et il s'aspergea le visage d'eau.
Quel idiot ! Pas besoin de le dire ! Son professeur retournerait tout seul à l'école et ce serait ni vu, ni connu. Mais il se demandait s'il avait vraiment passer la nuit à le surveiller. Il n'avait pas l'air fatigué. Pouvait-on seulement l'épuiser ?
Il passa la tête par l'entrebâillement de la porte pour observer le visage rond, toujours drapé de son sourire incongru. Karma serra les dents, se changea rapidement et ouvrit la porte en grand et s'avança vers le bureau. Tout était rangé, le diffuseur de vapeur, les couvertures, le pichet d'eau. Et dire qu'il n'avait pas pris plus de deux minutes pour se changer.
Il serait toujours un peu épaté. Et ce malgré l'habitude.
Il espérait bien qu'un jour il cesserait d'être surpris. Mais seulement parce qu'il escomptait sa mort.
Un jour.
Pas encore maintenant…
- Je vais mieux. Annonça le garçon en attrapant son cartable. Merci.
Il quitta la pièce. Certes, l'école était assez loin mais il savait que son professeur y serait depuis longtemps, sa classe propre et prête. Il soupira et se passa la main dans les cheveux en débouchant dans la cuisine. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour tuer quelqu'un… Pour se repaître de la douleur, pour se moquer…
Il attrapa son bento, le mit dans son cartable et sortit sans plus attendre. Est-ce qu'il faisait un saut dans des quartiers malfamés ? Il était encore tôt. Et ce n'était pas bien grave d'arriver en retard. Surtout que son jeu favori était malheureusement mis en pause. Pendant combien de temps encore ?
Il n'en savait rien mais ça l'énervait du plus profond de son cœur.
Karma sortit de la maison en soupirant. Il tourna vers la gauche, en direction des ruelles évitées d'autrui.
Il sentit quelque chose sur son épaule et virevolta. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit Koro-sensei.
- L'école est de l'autre côté, Karma.
- Je…
- Tu passes par là d'habitude ? Je comprends pourquoi tu arrives souvent en retard.
Le garçon serra les dents, son poing douloureusement comprimé.
- Tu devrais vraiment apprendre que lorsqu'on ne se déplace pas à Mach 20, le chemin le plus court est préférable, Karma.
- Il faudrait être débile pour ne pas le savoir. Je n'ai jamais dit que je comptais venir à vos cours.
- Tu ne les manques pas d'habitude. Rectifia le professeur en se penchant vers lui.
- Vous savez ce qu'on dit : il faut un début à tout.
- Je t'en propose un alors. Sourit Koro-sensei.
Ses tentacules s'agitaient alors que son rire caractéristique retentissait. Karma serra les dents et glissa sa main dans sa poche. Son couteau l'attendait bien sagement, le suppliant de l'utiliser.
Il n'eut pas le temps d'enrouler ses doigts autour du manche qu'il fut attrapé par les tentacules et plaqué contre le corps du poulpe. Il sentit l'air fouetter son visage, les yeux écarquillés.
Comment osait-il ?!
Il avait son occasion, au moins. Tant pis pour le plan ! Un assassinat était un assassinat !
Le garçon attrapa son poignard et…
L'air cessa de battre son visage et il était assis sur son siège. Il entendit le professeur siffloter et se retrouva attaché à sa chaise, incapable de bouger les bras.
- Eh bien ! Te voilà très attaché Karma ! Rit-il. Puisque tu es venu bien en avance, apprends à te sortir de tous les pièges que tu rencontres. L'invita-t-il en riant.
- Menteur ! Ce n'est qu'une excuse pour pouvoir m'attacher ! Aboya le garçon.
Le visage de Koro-sensei devint orange alors qu'un rond rouge se dessinait.
- Bravo ! Tu es très intelligent.
Il commença à se pencher sur ses cours en remuant à toute vitesse. Les feuilles volaient, le stylo-bille rouge aussi. Karma serra les dents et agita les bras. Il devait se détacher. Il y avait forcément une technique. Il pouvait toucher son couteau anti-professeur mais il ne serait d'aucune utilité.
Il entendit le rire du poulpe et s'échina d'autant plus. Les cordes n'étaient pas dures ce qui faisait qu'il ne se faisait pas mal. Ça semblait même être du tissu très doux comme le prouvait les réactions de sa peau lors de mouvement plus prometteur.
Allez ! Il pouvait y arriver !
- C'est normal d'être malade quand on a une hygiène de vie comme la tienne.
Karma s'immobilisa et leva les yeux vers lui.
- Tu vas te coucher tard, tu manges quand bon te semble, tu es irrespectueux.
- Je suis très bien envers moi-même. Je suis heureux.
Il planta son regard dans celui du poulpe qui avait levé la tête.
- Je m'en fiche que ça ne vous plaise pas. Je suis comme je suis.
Koro-sensei s'approcha de lui et lui tapota la tête.
- Pff… J'ai une bonne réponse ?
- Je ne sais pas.
Le poulpe disparut et retourna à son bureau. En l'ayant laissé attacher. Karma grinça des mâchoires et reprit son activité précédente.
µµµ
La porte de la classe s'ouvrit alors que Karma essayait toujours de récupérer l'usage de tous ses mouvements. Kaede agita la main vers Koro-sensei, les lèvres étirées en un gigantesque sourire.
- Eyh… Appela le garçon.
- Oui ? Fit-elle en s'approchant.
Karma ouvrit la bouche et sentit la pression se relâcher. Il remarqua l'image rémanente de Koro-sensei et retint un rire défaitiste.
- Tu as fait tes devoirs ?
- Oui ! Je suis surprise que tu sois là si tôt, Karma. Ça n'allait pas ?
- Si, si…
Il attrapa son couteau et vit le regard de son professeur sur lui. Il tendit alors l'arme à Kaede qui s'en saisit avec stupeur.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle tourna le poignard entre ses mains mais il n'avait rien de suspect. Lorsqu'elle regarda de nouveau son camarade de classe, il souriait. Ce sourire suffisant qu'elle trouvait aussi craquant qu'effrayant.
- Merci…
Elle se dirigea vers sa chaise et s'installa.
Karma se leva et partit vers la porte qu'il ouvrit.
- Où vas-tu ? Demanda Koro-sensei.
- Cette question. Sourit-il. Je sèche.
- Ah.
Le rouquin haussa un sourcil. C'était tout ? Décidemment… Irina était-elle un professeur et une assassine exécrable à ce point ?
- Kaede savais-tu que j'ai été cherché Karma à la maison aujourd'hui ?
- Qu…
Le concerné rougit violemment.
- Je l'ai accompagné jusqu'ici comme un petit enfant ! Regarde, j'ai même pris des photos !
Il sortit son appareil alors que son visage se barrait de ligne verte. Karma se précipita sur lui pour attraper l'objet mais vit le tentacule le soulever hors de sa portée. Sans réfléchir au fait que ce n'était peut-être qu'un leurre, le garçon bondit sur le bureau de Koro-sensei et lui sauta dessus.
Il sentit quelque chose de mou sur son ventre avant de voir disparaître le poulpe. Mais son tentacule le posait doucement au sol. L'enseignant était déjà auprès de Kaede qui regardait en pouffant.
- Arrêtez !
- Calme-toi, Karma.
La jeune fille prit l'appareil et le tourna vers lui. Dans l'encart qui délivrait les clichés numériques, il pouvait voir des adorables chatons.
L'adolescent serra les dents et se détourna rapidement. Il sortit en bousculant celui qui rentrait.
- Ah… Fit ce dernier.
S'il s'attendait à recevoir au moins un mot d'excuse, ce n'en fut rien. Il remonta son cartable sur son épaule.
- Qu'arrive-t-il à Karma ?
- Il n'aime pas beaucoup qu'on l'embête. Soupira Kaede. Bonjour, Nagisa !
- Bonjour. Bonjour, professeur !
- Bonjour.
- Je suis surpris qu'il soit là si tôt tout de même… Dit Nagisa.
Ses doigts étaient enroulés autour de son poignard mais, à son expression, il en avait oublié ce qu'il voulait en faire.
- Koro-sensei l'a emmené. Sourit son amie.
- Oh ? Si tôt ?
- Tu sembles perturbé. Quelque chose ne va pas ? Demanda le poulpe. Je suis votre professeur avant d'être votre cible. Rappela-t-il.
Nagisa sortit son cahier pour jeter un coup d'œil.
- Ah… Non, c'est juste qu'il travaille… Murmura-t-il.
Il savait que leur enseignant ne le répéterait pas. Il lui faisait confiance.
- Ses horaires ont dû changés.
Il eut l'air déçu. Ce qui ne manqua pas à Koro-sensei qui se rapprocha de lui, posant un tentacule sur son épaule.
- Ça ne va pas ? C'est en rapport avec sa maladie ?
Nagisa leva le regard vers lui. Leur professeur s'inquiétait toujours pour eux et il s'en sentait ému.
- Karma joue toujours au dur, il n'aime pas compter sur ses amis. Il ne veut même pas que je sache quand il travaille car je le dérangerai en m'inquiétant. Sourit-il.
Le poulpe ne manqua pas la lueur triste dans son regard.
- Karma… travaille très tard certains soirs. Je ne m'inquiète pas parce qu'il sait se battre. Il aime ça, je pense… Rentrez aussi tard. Passer par les allées sombres et attendre qu'il puisse…
Il se tut au milieu de sa phrase et força un rire qui se révélait plus que nerveux.
- Merci Nagisa. Ne t'inquiète pas pour Karma. Il a un fort tempérament. Certifia le professeur. Alors… Tu me rends tes devoirs avec ou sans couteau ?
- Quelle question… Dit le garçon en forçant un sourire.
Néanmoins il échangea un regard avec Kaede et leur coup fusa en même temps. Un coup qui fut évité avec une aisance presque moqueuse.
µµµ
Les mains dans les poches, Karma avançait dans les allées, s'éloignant des petites rues pour en rejoindre des plus importantes. Il se fondit dans la masse, se perdit entre des centaines de potentielles cibles et bifurqua pour se rendre dans l'arrière-boutique d'un établissement plutôt reconnut. Il vérifia son portefeuille, soupira et poussa la porte qui le mena directement dans des coulisses.
- Bonjour ! Le salua-t-on.
Il répondit par un grognement et se changea rapidement. Il avait l'habitude de ce petit jeu et avait fini par en avoir vite fini. Il pouvait aussi s'éloigner de ses collègues et en rejoignait d'autre dans la pièce principale.
Les cours s'étant terminé tard, il était juste dans les temps pour l'arrivée du gros de la clientèle. Aussi, pas de quoi s'ennuyer en étant appuyé sur le bar à discuter avec le barman. Ou plutôt à supporter une vie trop vide qui était narrée d'une façon monocorde. Dire que c'était ça qui faisait fantasmer une partie des filles de sa classe.
Pathétique…
Il se recula d'un pas lorsqu'un collègue passa devant lui.
- Eyh !
Il leva le regard et croisa celui de son patron, toujours à rôder. Il afficha son sourire le plus radieux et le plus innocent en tendant la main vers le barman qui lui donna un plateau remplit de verre de saké. Il rêva d'envoyer ce plateau à travers la salle et de décapiter.
Son regard parcourut furtivement l'assemblée et il remarqua une personne sans le moindre verre. Il s'en approcha mais se détourna immédiatement en le reconnaissant.
Koro-sensei ?! Ici !
Il se passa la main sur le visage. Comment ? Il l'avait forcément suivi… ce pervers !
- Vous ! Vous ! Appela-t-il.
Il sentit son tentacule sur son bras-nu, frissonna et se tourna vers lui, les dents serrées. Ça… ça mériterait la mort ! Il s'avança jusqu'à lui d'un pas étonnement assuré malgré son énervement. Il avait toujours son sourire adorable qui lui valait quelques coups d'œil.
- Mais oui ! Je t'ai reconnu !
- Votre déguisement est épouvantable. Grogna Karma.
- Pas le tien. Qu'est-ce que c'est ?
Le garçon serra les mâchoires.
- Tokyo Mew Mew…
