Nouveau et long chapitre avec le premier lemon de cette histoire.
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Je vous laisse lire et attends vos commentaires.
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Chapitre 37 : Résolution
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La voix de son père tira Gibbs de l'espèce de trance dans laquelle il se trouvait, des yeux rivés sur ceux de Tony qui le tenaient captif. L'intensité des prunelles vertes et la joie qui s'y reflétait avaient capturé l'ancien marine. Il avait bien du mal à détacher son regard de celui de l'italien pour répondre à son père. Ce fut donc les yeux dans les yeux qu'il réussit à articuler un seul mot d'un ton à la fois surpris et plaintif.
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« Tony ! »
« Jethro… » fut la réponse de Tony, accompagnée d'un sourire.
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Il vit son ami déglutir difficilement et son indécision quant à l'attitude à adopter. Il voyait Gibbs lutter désespérément entre deux choix possibles : venir étreindre Tony ou juste rester planter là, les bras ballants.
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Tony était venu jusqu'ici pour faire comprendre à Jet que leur histoire, mais surtout leur relation, n'était pas terminée et il allait encore devoir faire le premier pas. Mais il n'en avait cure, il fallait bien que l'un d'eux indique à l'autre la marche à suivre. Aussi, il s'avança et sans lui laisser le temps de s'esquiver, il prit Jethro dans ses bras et posa sa tête sur son épaule.
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Après quelques secondes d'hésitation, Gibbs referma ses bras sur le corps de Tony et le serra contre lui. Il laissa sa tête reposée également sur l'épaule de son compagnon. Les deux hommes restèrent ainsi quelques minutes, totalement inconscients que le patriarche de la famille Gibbs les regardait, l'air curieux et intrigué.
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Jackson finit par se racler la gorge pour leur rappeler son existence et Tony se redressa en rougissant légèrement. L'aîné leva un sourcil en voyant la gêne visible du jeune homme mais Gibbs lui caressa la joue en souriant.
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« Jamais cru te voir rougir ainsi pour si peu, Tone » remarqua-t-il doucement.
« Désolé, je… » commença Tony.
« Inutile de l'être, jeune homme » le coupa Jackson. « Si tu faisais les présentations, Leroy » proposa-t-il.
« Jack, voici Anthony DiNozzo, mon ancien second au NCIS et un très cher ami » dit obligeamment Jethro. « Tony, mon père, Jackson Gibbs. »
« Enchanté de vous connaitre, jeune homme » salua Jack en s'avançant pour serrer la main de Tony.
« Moi de même, Monsieur » lui rendit l'italien.
« Je n'ai pas souvenir entendu Leroy parler de vous lors de ses dernières visites » indiqua Jack.
« Tony ne travaille plus pour l'agence depuis plus d'un an » lui apprit brièvement son fils.
« Oh ! Donc, vous êtes resté en contact malgré tout » souligna le vieil homme, curieux.
« Pa, si tu préparais du café, nous pourrions discuter autour de la table » suggéra Gibbs.
« Hum, c'est ma foi une bonne idée, fiston » répliqua Jack en se dirigeant vers la pièce située derrière le comptoir.
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Jethro attendit que son père soit hors de portée d'écoute avant de se tourner vers Tony. Se rapprochant, il déposa un rapide baiser sur les lèvres de l'italien le prenant par surprise.
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« Content que tu sois là, Tone » souffla-t-il doucement.
« Heureux que ma visite te fasse plaisir » répondit Tony en imitant le geste de son homme.
« Jack ne sait pas à notre sujet » l'avertit l'ancien marine.
« Et tu veux que ça reste un secret ? » questionna l'italien.
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Ne sachant que répondre, Jethro haussa simplement les épaules, il avait évoqué la situation avec son père la veille mais Jack ignorait que son fils ne pleurait pas la perte d'une femme mais bien celle d'un homme. Et il ne savait pas comment aborder le sujet avec le vieil homme. Devait-il être franc ou tâter d'abord le terrain ?
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Il n'avait toujours pas pris de décision lorsque Jack revint avec un plateau qu'il déposa sur le comptoir. Il invita les deux hommes à prendre place sur des tabourets tandis qu'il faisait de même de l'autre côté. Il servit une tasse de café noir et fort à son fils, versa café et lait dans la seconde avant de la déposer devant Tony qui haussa un sourcil et se servit ensuite.
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« J'imagine que vous ne buvez pas votre café de la même façon que nous autres, Gibbs » nota Jack en voyant le jeune homme ajouter du sucre.
« Non, je n'ai pas l'estomac aussi solide de Jethro pour ça » dit Tony en jetant un regard amusé à l'ancien marine.
« Alors, dites-moi, Tony… si vous permettez que j'utilise votre prénom » poursuivit Gibbs père. « Vous êtes ici en visite courte ou prolongée ? »
« A vrai dire, tout dépend de Jethro » l'informa l'italien en laissant ainsi la balle dans le camp de Gibbs.
« Nous verrons cela ensemble, Tone, promis » l'assura aussitôt Jet.
« Un endroit où dormir ? » demanda Jack, pratique.
« Pas encore eu le temps d'y songer, j'ignorais si je serai bien accueilli ou pas » déclara Tony.
« Nous avons une chambre disponible pour vous à la maison » suggéra aussitôt Jack.
« Je ne veux pas déranger, Monsieur » contra en retour Tony. « Je trouverai bien un hôtel dans les environs. »
« Eh, aucun dérangement ici et Leroy pourra profiter de votre présence plus facilement » objecta Jack d'un geste de la main. « Et je pourrai faire plus ample connaissance avec vous, aucun des collègues de Leroy n'est jamais venu ici. »
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A cette affirmation, Tony leva les sourcils et croisa le regard de son ancien patron qui haussa les épaules avant d'en expliquer la raison.
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« Jamais eu l'occasion de parler de Jack avec l'équipe, même Ducky ne le connait pas. »
« Très honoré que tu veuilles bien me laisser pénétrer dans ton cercle de famille ainsi, Jet » le remercia Tony.
« La moindre des choses étant donné que… » débuta Jethro avant de s'arrêter abruptement.
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Il secoua la tête et ne poursuivit pas sa pensée laissant son père dans l'expectative. Tony le regarda mais aucune accusation n'était visible dans les magnifiques prunelles vertes, seule une compréhension était nettement perceptible.
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« Donc, vous avez travaillé avec mon fils » reprit Jack. « Durant combien de temps ? Mais tout d'abord, pourquoi l'appelez-vous Jethro ? »
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Et ce fut ainsi que la glace se brisa entre les deux hommes qui se mirent à discuter comme deux vieux amis qui venaient de se retrouver après des années. Jet regardait avec amusement son 'homme' – parce qu'il continuait à l'appeler ainsi dans son cœur – déjouer les questions les plus personnelles du patriarche sans que Jack ne semble s'en offusquer.
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Durant deux bonnes heures, ce fut un dialogue… non plutôt le jeu des questions-réponses entre Jack et Tony sans que Jethro n'intervienne une seule fois. Il savait par expérience qu'il valait mieux laisser ces deux-là satisfaire leur curiosité pour avoir ensuite la paix.
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Finalement, ce fut le grondement sourd de l'estomac de Tony qui mit fin à leur discussion. Jet fronça les sourcils, l'italien était arrivé après le déjeuner et naturellement, Jet avait supposé qu'il avait pris le temps de se restaurer avant de venir. Il semblerait qu'il avait encore assumé sans vérifier, brisant ainsi à nouveau sa fameuse règle 8. Pourtant, il savait pertinemment qu'avec Tony, il valait mieux faire l'inverse, vérifier plutôt qu'assumer.
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« Semblerait que quelqu'un a faim » sourit Jack. « L'heure du déjeuner est largement passée mais ce n'est pas encore celle du dîner. Que diriez-vous d'un bon goûter, jeune homme ? »
« Pas de refus, ça me permettra d'attendre » accepta l'italien.
« Une préférence particulière ? » s'enquit Gibbs père.
« Tony n'est pas très difficile, Jack mais il aime les douceurs » répliqua Jet devançant Tony.
« Bien, je vais, de ce pas, préparer un en-cas » conclut le vieil homme en se levant. « Je reviens dans quelques minutes. »
« Merci, Monsieur » dit simplement Tony en le regardant s'éloigner avant de reporter son regard sur Jet.
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Les deux hommes rivèrent leur regard l'un à l'autre avant que finalement, Jethro se rapproche et vienne déposer un baiser sur le haut du crâne de Tony et lui serrer légèrement l'épaule. Tony posa sa main sur la sienne avant qu'il ne la retire et la pressa également. Puis Gibbs s'installa sur la chaise près de celle de Tony et, cette fois, posa sa main sur la cuisse de l'italien.
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« Comment as-tu su où me trouver, Tony ? Personne au bureau ne connait l'existence de mon père » demanda-t-il, un brin curieux.
« Quelques recherches dans ton dossier personnel » expliqua Tony sans lui dire quand et comment il l'avait consulté.
« Hum ! Tu es bien le seul à avoir osé le feuilleter » souligna Jet en secouant la tête tout en souriant.
« Toujours été curieux à ton sujet et toujours soupçonné un mystère qui t'entourait » avoua son ami.
« Donc, tu es au courant pour… » commença-t-il mais ne put terminer.
« Oui mais je l'ai su avant que tu ne me proposes de venir travailler avec toi » dévoila Tony. « Tout comme tu as dû consulter le mieux durant notre enquête commune, j'imagine. »
« Semblerait que nous ayons tous deux eu la même idée » rit l'ancien marine. « Deviné dès le début que tu saurais anticiper. »
« Surtout que l'agent était borné et peu bavard, il fallait bien que je trouve mes infos quelque part, n'est-ce pas ? »
« Sûr que tu n'as pas ton pareil pour ferrer des informations là où personne ne songerait à aller fouiner » approuva Jet.
« Pas difficile pour un flic d'avoir accès à ce genre de données surtout s'il sait également se servir d'un ordinateur » minimisa Tony.
« Peut-être mais l'accès à une base de données d'une agence fédérale n'est pas aussi facile que ça, du moins je l'espère même si McGee semble y parvenir rapidement » objecta Gibbs.
« A vrai dire, il n'était pas le seul à avoir un diplôme en informatique » indiqua négligemment le jeune homme. « J'ai une formation qui me permet de faire également de la programmation, du cryptage et du déchiffrage. J'ai toujours pratiqué pour mon plaisir. »
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Gibbs le regarda un instant, l'air étonné. Il ignorait totalement que Tony avait des compétences en informatique aussi approfondies. Il n'en était pas fait mention dans son dossier.
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« Tu as pris des cours accélérés ou quoi ? » s'enquit-il, curieux.
« Non, j'ai été obligé de suivre une formation complète avant d'intégrer cette équipe spéciale, c'était obligatoire » divulgua-t-il.
« Pourras-tu un jour m'en parler, Tony ? Me dire ce que tu faisais et pourquoi tu as choisi de le faire ? » plaida presque Jet.
« Je ne pourrais te donner que les grandes lignes et rien au sujet des missions accomplies avec l'équipe, Jet. Certaines sont classées 'Secret défense' et concerne non seulement la sécurité nationale mais également internationale. Les dossiers sont plus que 'top secret' et peu de personnes ont lu les rapports de missions » l'informa l'italien d'un ton sérieux. « Tu as toi-même participé à des Opérations Spéciales, tu sais donc ce qu'il en est. Mais, oui, un jour, je te dirais si le Général l'autorise. »
« Quelle armée ? » ne put-il s'empêcher de demander.
« A ton avis ? »
« Je pencherais pour… la Marine » déclara enfin Gibbs après avoir pris quelques minutes de réflexion.
« Presque ça » concéda Tony. « C'était une équipe de Seals juniors. »
« Des Seals ! » s'exclama Jet, ahuri. « Comment… Tony, tu n'étais encore qu'un gamin ! »
« Tu as bien rejoint les Marines à 18 ans » remarqua tranquillement Tony. « J'ai accepté de faire partie de la section junior à 16 ans. J'étais assez âgé pour faire mes propres choix, mon père estimait que je l'étais pour l'avoir défié et avoir préféré faire des études en sport plutôt qu'en droit international ou obtenir un diplôme équivalent pour travailler avec lui dans la haute finance. Juste été un peu plus précoce que toi, c'est tout » statua-t-il en haussant les épaules.
« Définitivement falloir que tu me racontes cette histoire » nota-t-il. « Tu as des côtés cachés qui me perturbent parfois, Tone » avoua-t-il.
« Je t'assure que je suis loin d'être un gars compliqué » assura l'italien. « Et tout ceci fait partie de mon passé, il ne peut envahir mon présent ou mon futur. J'ai un document qui certifie que personne ne peut venir me sortir de ma retraite. Et puis, je suis trop vieux désormais pour leur servir à grand-chose et ma condition physique n'est plus aux normes pour faire partie de ce genre d'équipe. »
« Je suis certain qu'avec un peu d'entrainement, tu serais encore parfaitement capable de rivaliser avec eux » l'admonesta gentiment Gibbs. « Tu es un athlète dans l'âme et malgré notre emploi du temps démoniaque, tu savais toujours trouver du temps pour t'entrainer. »
« Normal, c'était non seulement ma place au sein de l'équipe qui était en jeu mais également mon statut d'agent de terrain » objecta Tony. « Et les évaluations physiques étaient rigoureuses pour obtenir le fameux 'sésame', ce petit bout de papier qui disait que j'étais apte à continuer à chasser les méchants. »
« De tous les agents qui ont fait, font ou feront partie de mon équipe, tu as été celui qui était le plus qualifié non seulement de ce point de vue mais aussi pour le reste » gronda Jet. « Je n'ai pas su te le montrer ou te le dire et je le regrette sincèrement. Si j'avais été plus ouvert ou plus démonstratif, rien de ce qui est arrivé ne se serait produit et tu serais toujours avec moi, travaillant à mes côtés. »
« Enfin, tu admets que tu pourrais être la cause de ma démission » soupira Tony comme soulagé.
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Il vit Jethro se rembrunir et il choisit de le détromper.
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« Rassure-toi, tu as été pour une faible part dans ma décision de partir, ce sont surtout ces deux diablesses qui m'ont eu à l'usure » déclara Tony en lui tapotant le bras.
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Les pas de Jack qui revenaient mirent fin à la conversation entre eux et le plateau déposé sur la table laissa bientôt apparaitre une collation plus qu'appétissante. Jack repartit chercher la cafetière tandis que Tony déposait deux tranches de cake sur une assiette qu'il plaça devant Jet en lui souriant. Il répéta l'opération pour Jack et lui-même en ajoutant toutefois de la confiture sur ses propres tranches.
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Lorsque l'ainé des Gibbs les rejoignit, la conversation reprit sur un ton plus léger et anodin, sur la vie de Tony au ranch. Les anecdotes qu'il conta firent rire les deux Gibbs et la fin d'après-midi se termina donc sur une note plus détendue avant que Jack débarrasse la table.
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« Leroy, si tu montrais à Tony la chambre d'ami où il pourra loger, il aura le temps de se rafraichir avant le repas » suggéra Jack en se dirigeant vers l'arrière salle pour ranger le plateau et la vaisselle.
« Bonne idée, Jack » approuva Jethro en entrainant Tony à sa suite vers la sortie. « Suis-moi, Tony. »
« Je te rappelle que c'est une voiture de location, Jet » l'avertit l'italien. « Je n'ai pas envie de payer les dégâts que tu pourrais lui causer. »
« Je pense que tu peux te permettre de rembourser l'agence si c'est le cas, non ! » déclara l'ancien marine d'un ton malicieux.
« Ce n'est pas une raison pour gaspiller l'argent » s'indigna Tony.
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Malgré sa réprobation, il confia les clefs à Jet qui s'installa au volant et les emmena rapidement jusqu'à la maison familiale à quelques centaines de mètre du magasin.
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Les deux hommes descendirent de voiture et Tony contempla la demeure qui avait abrité les jeunes années de Jethro. Elle était bien différente de celle de sa propre enfance, plus modeste mais plus chaleureuse aussi.
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« Je pensais que la maison et le magasin ne faisaient qu'un » remarqua Tony après quelques minutes.
« Non, ma mère a tenu à ce que les deux soient séparés pour éviter tout incident en cas de cambriolage ou d'attaque au magasin » lui expliqua Jethro.
« Oui, pas bête et bien raisonné » approuva l'italien. « Ta mère était une femme pleine de bon sens, Jet. »
« Elle voulait surtout protéger sa famille le plus possible et savoir mon père à la merci d'un dérangé qui pouvait surgir à tout moment était déjà suffisamment stressant. »
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Il laissa Tony prendre sa valise et le précéda dans la maison. Ils traversèrent le corridor pour atteindre l'escalier que Jethro monta sans se presser. Il débattait intérieurement s'il allait inviter Tony à partager sa propre chambre ou s'il allait l'installer dans la chambre d'ami comme l'avait suggérer Jack. Il stoppa brièvement devant la porte de sa chambre et attendit que Tony soit à ses côtés pour donner une explication.
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« Jack sait que je suis ici suite à une rupture mais il ignore toujours qu'elle concerne notre relation, Tony » dit-il avec honnêteté. « Je ne sais pas qu'elle serait sa réaction à notre idylle et je n'ai aucune envie de nous engager dans une querelle absurde à ce sujet. »
« Eh, Jet, c'est ok pour moi si tu préfères ne rien lui dire » le rassura Tony. « Je suis surtout venu pour discuter avec toi de ta décision et te persuader que je ferais tout pour que tu reviennes à la raison. Je sais ce qui a motivé ton choix et je suis prêt, pour ma part, à faire mon possible pour te faire changer d'avis à ce sujet. »
« Tu sais ! » s'étonna Gibbs. « Comment… Qui as-tu interrogé ? »
« Personne ne m'a rien dit et encore moins tes agents si leur attitude lors de notre dernière rencontre en est un bon exemple » affirma Tony. « J'ai consulté le dossier de l'enquête et j'ai su tout de suite ce qui avait entrainé ton appel. »
« Encore une histoire à me raconter, Tone » dit-il en riant légèrement. « Tu es définitivement plein de surprises. »
« Non, je suis un homme plein de ressources et astucieux quand il le faut et ma motivation était puissante donc j'ai agi » remarqua-t-il simplement et sérieusement.
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Sa détermination transparaissait dans ses propos et Gibbs ne douta pas que l'homme pouvait être aussi têtu que lui lorsque le jeu en valait vraiment la chandelle. Et il réalisa soudain que, pour Tony, leur relation était un puissant facteur de motivation. Il se sentit honteux d'avoir méjugé le jeune homme, d'avoir cru qu'il laisserait leur histoire mourir sans réagir.
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« Je… » commença Jet avant de prendre une profonde inspiration. « Je suis désolé, Tone, désolé d'avoir supposé que d'hypothétiques menaces pourraient t'influencer négativement. J'aurais dû me souvenir que ce genre de choses te pousse au contraire à réagir inversement. »
« J'ai horreur d'être contraint par quoi que ce soit ou qui que ce soit à me comporter en mouton passif » dit Tony. « Je n'ai pas laissé mon père me dicter ma conduite, ce n'est pas pour laisser quelques individus aux idées rétrogrades régir ma vie. Je ferais face s'il le faut mais je ne vis pas non plus exposé à ces dangers. Fort Worth est loin d'être une des cités les plus violentes du pays, les texans ne sont pas des gens connus pour leurs idées d'un autre temps, ils sont plutôt tolérants. »
« C'est bon à savoir » conclut Jet.
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Il entrouvrit la porte de la chambre avant de la pousser complétement.
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« Ta chambre » devina Tony en voyant le mobilier et à sa grande surprise, le lit double.
« Toujours aussi perspicace » gloussa-t-il doucement. « Celle que j'occupais avec Shannon lors de nos séjours ici avant… tu sais quoi. »
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Tony ne dit rien mais hocha simplement la tête. Gibbs lui fit signe de le suivre et il ouvrit la porte suivante avant de s'écarter. Il laissa Tony pénétrer dans la chambre et le regarda déposer sa valise au pied du lit.
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« Ma chambre, j'imagine » badina-t-il.
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La pièce était meublée simplement d'un lit double, d'une table de chevet, d'une armoire. Les meubles étaient en bois, solides et patinés par le temps. Tony s'assit sur le lit et tapota la place à ses côtés, invitant Jet à venir le rejoindre. L'ancien marine hésita quelques secondes avant de repousser la porte et de prendre place auprès de l'italien.
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« Tone, nous n'avons pas… »
« Chut, je veux juste quelques minutes avec toi » chuchota-t-il. « J'ai été si furieux lorsque tu m'as annoncé que tout était fini entre nous. Et puis j'ai réfléchi et compris que quelque chose avait dû motiver ta décision. Alors j'ai creusé, j'ai utilisé mes codes d'accès à la base du NCIS et j'ai fouillé et trouvé le dossier de votre dernière enquête. Et c'est là que j'ai enfin réalisé la raison de notre rupture. Je dois dire que j'ai été soulagé parce que je croyais que j'étais le responsable. »
« Tony, je t'assure que j'étais celui qui ne voulait pas continuer, tu n'avais rien à voir dans ma décision et je pensais que mes explications étaient suffisamment claires » l'assura Jet. « J'aurais dû me douter que ce ne serait pas assez pour toi et qu'une fois le choc initial passé, tu chercherais à en savoir plus. »
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Gibbs prit la main que Tony avait posé sur sa cuisse et enlaça leurs doigts avant de se pencher et de quémander un baiser. Le désir surgit soudain en lui et il s'empressa de se reculer en soupirant. Il consulta sa montre et calcula rapidement qu'il restait encore presque deux heures pour que son père ferme le magasin, largement le temps de renouer avec Tony sur un plan plus intime.
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Il avait envie de plus que quelques baisers et quelques gestes tendres et même si son père les surprenait, il savait qu'il s'en fichait un peu. Ou bien Jack acceptait sa relation avec Tony ou il courrait le risque de perdre son fils une seconde fois mais définitivement cette fois. Il savait que Jack ne le voudrait certainement pas.
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Il se leva, fit quelques pas avant de se tourner vers Tony qui l'observait tranquillement, attendant sans doute la suite des évènements.
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« C'était ma chambre lorsque j'étais jeune » déclara soudain Jet pour faire comprendre à Tony l'importance de ce qui allait suivre. « Mon père a simplement changé récemment la literie, trop inconfortable pour dormir ou pour… autre chose. Il en a profité pour se débarrasser le petit lit et d'en installer un double. »
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Tony le regarda avec une expression que Gibbs ne put déchiffrer puis sans crier gare, il se leva à son tour et attrapa le col de la chemise de l'ancien marine et le rapprocha de lui.
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« J'ai soudain une folle envie de te basculer sur le lit et de te dévorer surtout maintenant sachant que c'était ta chambre » murmura-t-il dans le creux de l'oreille de Jethro. « Dommage que le temps nous soit compté. »
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Un son lointain fit sursauter Tony qui en gloussa de confusion. L'italien se sentait tout à la fois gêné d'être dans la chambre d'enfance de Jet sous le toit de la maison paternelle, confus d'avoir encore envie de faire l'amour et excité en même temps de le faire dans cette pièce en particulier.
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Sans vraiment savoir ce qui rendait Tony aussi nerveux, Gibbs se rapprocha et sa main droite vint caresser tendrement la joue de son homme tandis que l'autre enlaça leurs doigts. Il remonta les mains pour les poser entre leurs deux corps qu'il pressa un peu plus l'un contre l'autre. Il sentit Tony se relaxer un peu et le brun posa même sa tête sur l'épaule de son aîné.
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La main de Gibbs se déplaça vers le cou qu'elle se mit à caresser dans un geste apaisant, Tony soupira, tourna légèrement la tête pour déposer un baiser dans le cou de Jethro. Les lèvres dérivèrent lentement tandis que la main libre de Tony se perdit dans le dos, s'aventura sous la chemise et vint décrire des cercles dans le creux des reins de l'ancien marine, une de ses zones sensibles qui le fit réagir.
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Jet grogna doucement et poussa son bassin en avant s'appuyant plus fortement contre la cuisse de Tony, son mouvement fit rire l'italien qui, en représailles, se frotta lascivement contre le corps de son amant. La riposte ne se fit pas attendre très longtemps lorsque l'ancien marine glissa une de ses jambes entre celles de Tony et fit jouer son genou contre le membre viril qui réagit aussitôt à la pression.
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« Tu veux jouer, Jet ? » souffla Tony dans l'oreille de son amant.
« Si c'est avec toi, je ne refuse pas » murmura l'homme tout en picorant le cou de l'italien de brefs baisers avant de revenir prendre la bouche si tentante et surtout offerte.
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Bientôt, les deux langues se mirent à valser ensemble une danse dix fois, cent fois jouée pour eux. Les mains se remirent en mouvement lorsque celles de Tony commencèrent à lentement déboutonner la chemise de son partenaire. Le bout de ses doigts dessinèrent des cercles sur la peau du torse puis les phalanges jouèrent avec la toison poivre et sel faisant glisser ensuite ses paumes, passant ses doigts comme s'il s'agissait d'un peigne.
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Sous la pression, Gibbs sentit sa peau se réchauffer avant que ses tétons ne soient la cible des mains baladeuses de son compagnon, les pouces se mirent en mouvement pour taquiner les bouts de chair les faisant se dresser et frissonner l'ancien marine. Jethro mit fin au baiser et libérée, la bouche de Tony glissa sensuellement des lèvres vers le cou en passant sur l'arête de la mâchoire, prolongea vers le lobe de l'oreille où les dents s'activèrent pour en pincer légèrement le bout.
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La langue continua son chemin vers l'épaule mais gênée par le bout de tissu, la tête se releva et un sourire malicieux aux lèvres, Tony scruta le visage de son amant. Les pupilles commençaient à se dilater et les lèvres étaient serrées comme pour retenir les gémissements qu'il ne voulait pas laisser échapper. Ensemble, les mains repoussèrent totalement la chemise qui glissa des épaules et vint mourir sur le sol, exposant le torse désormais dénudé à la convoitise de l'italien.
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Ce dernier en voulait plus et posant un rapide baiser sur la bouche de son aîné, il entreprit lentement de déboucler la ceinture, de baisser la fermeture, d'écarter les pans, de passer les mains sous la ceinture et de baisser le vêtement peu à peu avant de le laisser choir sur les chevilles. Ses paumes se posèrent sur le dernier rempart qui protégeait encore le corps viril de la nudité totale. Il écarta doucement l'élastique des pouces avant de dévoiler l'objet de son désir à sa vue.
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Alors que Tony le déshabillait, Gibbs tentait en vain de réprimer les frissons de plaisir que les mouvements des mains lui procuraient. Lorsque Tony s'agenouilla devant lui pour lui ôter pantalon, boxer et chaussettes, il dut prendre une forte inspiration tant voir son homme dans cette position le faisait fantasmer sur la prochaine caresse. L'italien posa ses lèvres sur le genou gauche et lentement, remonta en déposant des baisers et en taquinant les zones érogènes qu'il rencontrait sur le chemin qui, sensiblement et méthodiquement, touchait au but ultime.
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Pourtant, son amant le surprit en évitant soigneusement la partie incandescente de son corps pour parcourir dans le sens inverse l'autre cuisse. Les mains posées à l'arrière des genoux remontèrent pour venir prendre position sur les fesses qu'elles massèrent tandis que Tony finalement exauça le souhait de Jethro en venant enfin s'occuper du membre viril qui attendait qu'on lui prête attention, fièrement dressé depuis plusieurs minutes. La langue vint en parcourir toute la longueur avant de taquiner la petite fente, puis s'employa à tourmenter les testicules avant que l'un d'eux ne soit capturé et roulé dans la bouche humide et chaude.
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Gibbs écarta légèrement les jambes afin de maintenir son équilibre et ses mains vinrent se perdre dans la chevelure brune, les doigts massant les mèches soyeuses et douces. Il poussa un gémissement lorsque sa boule fut aspirée et malaxée avant d'être abandonnée au profit de la seconde qui subit le même sort. La bouche divine ne cessa que pour augmenter le tourment de l'ancien marine quand enfin, Tony céda et engloutit la virilité impatiente.
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Jethro grogna de satisfaction de sentir la chaude humidité de la bouche qui l'accueillait. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas connu un tel bonheur, être ainsi enfoui et sentir sa verge et ses boules devenir le centre d'intérêt de l'homme qu'il aimait. Il était si proprement travaillé qu'il savait qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour jouir. A peine une minute plus tard, il déversa sa semence au fond de la gorge de l'italien en poussant un cri vite étouffé.
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Tony s'attarda encore un peu pour s'assurer à l'exciter avant de le relâcher doucement. Il se lécha les lèvres mais Jet le releva rapidement sans prêter attention à sa tenue et scella la bouche de Tony en un baiser fougueux et gourmand. Il goûta la saveur légèrement salée de son sperme et se mit à ravager la bouche qui l'avait contenu. Se délecter ainsi de sa propre semence était nouveau pour lui, aucune de ses ex épouses n'avait jamais souhaité lui faire ce genre de faveur.
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Lorsqu'il eut terminé son festin, il mit fin au baiser et laissa reposer son front contre celui de Tony, il savait qu'il n'aurait pas assez de temps pour retourner la faveur à Tony parce qu'il avait envie d'explorer le corps doré de l'italien à son rythme et de l'aimer tendrement pour lui montrer toute sa reconnaissance pour être venu le retrouver ainsi malgré les circonstances. Il choisit d'exprimer sa pensée.
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« Je voudrais pouvoir te rendre la pareille mais j'ai bien peur que Jack ne rentre plus tôt et nous surprenne » dit-il doucement. « Je voudrais laisser mes lèvres et mes mains apprendre tous les détails de ton corps et il me faudra certainement plus de temps que nous n'en avons maintenant. »
« J'attendrais alors » soupira Tony. « J'attendrais autant qu'il faudra, Jet. Je ne vais nulle part pour l'instant tant que nous n'aurons pas décidé de notre avenir et prendre les dispositions pour que nous puissions être ensemble le plus souvent possible. »
« Combien de temps as-tu prévu de rester ici ? »
« Pas d'agenda à respecter ici, Cole et son ami sont en charge du ranch et du haras, ils savent ce qu'ils doivent faire et si besoin, ils peuvent me joindre. Donc, je suis libre de rester autant que je veux » précisa Tony.
« Ok, ça me va. Normalement, j'ai une semaine de repos mais si besoin, je peux prendre quelques vacances supplémentaires. Et si nous voulons, nous pouvons passer quelques jours dans la cabane dans les bois, elle a un certain confort et nous y serons tranquilles » confia Jet en se rhabillant avec regret.
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Tony le regarda et sourit en comprenant son dilemme, il aurait voulu s'allonger sur le lit et laisser Jet lui faire l'amour mais il n'avait définitivement aucune envie d'être surpris en plein ébat par le père de son homme, aussi sympathique que Jackson semblait être. Il ignorait si le vieil homme était homophobe et il voulait éviter d'embarrasser Jet devant son paternel.
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J'espère poster la suite bientôt mais on ne sait jamais de quoi demain sera fait donc… surveiller et soyez patient(e)s.
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