Ohayo mina ! Gomen nasai pour le retard, l'attente, tout ça, mais j'ai été dans l'incapacité de reprendre jusqu'à maintenant : dur d'écrire à l'hôpital... :/ ! Cela dit je ne vous ai pas oubliés pour autant ! Un grand merci à tous mes reviewers ! Voilà la suite, je ne vous fait pas languir plus longtemps !


Je regarde par le hublot. Le soleil se couche déjà… J'ai passé le reste de la journée dans ma cabine, à affûter mes lames et surtout à ruminer. Secrètement, j'avais envie que quelqu'un frappe à ma porte pour me sortir de là. Et j'attends toujours. Je ne veux pas être seule quand les ténèbres envahiront tout... Mais rien ne vient.

Quand les derniers rayons commencent à faiblir, je bondis de terreur et me rue à l'extérieur. Je cours comme une dératée vers le quartier des Commandants. J'ouvre à toute volée la porte de Marco… et reste plantée comme une andouille dans l'embrasure de la porte. Le Phoenix relève le nez du bouquin qu'il est en train de lire, assit sur son lit.

- Suki ? Qu'est-ce qui se passe ?

Je referme la porte derrière moi d'un geste machinal, sans répondre et sans autre mouvement. Il laisse tomber l'ouvrage et vient se planter devant moi, mains sur mes épaules. Il me secoue doucement.

- Oï, réponds !

J'obéis bêtement, incapable cependant de former une phrase correct :

- Soif… en… peux plus…

Le Phoenix brandit alors soudainement son bras sous mon nez. Je lève les yeux sur lui, quémandant une explication.

- Vas-y.

J'espère qu'il ne veut pas dire ce que je pense…

- Mords, griffe, défoule-toi.

Non ! Ne me tente pas !

- N'hésite pas, tu sais que je ne sentirai rien.

Je ne peux plus résister… Je plante violemment mes crocs et mes griffes dans son avant bras et les y enfonce. Les larmes ruissellent sur mes joues, le long de mon menton et de mon cou.

NON ! Je ne veux pas !

Je tire sur les chairs, les déchirant un peu, léchant avidement le sang qui coule. Mais le goût n'est pas celui du mien, et ça c'est insupportable !

Je me fais violence de longues minutes pour réussir à relâcher enfin le bras de Marco.

Je voudrais m'enfuir à toutes jambes mais je n'ai plus d'énergie. Je m'écroule à terre. Mes pleurs redoublent, je cache mon visage entre mes mains. Merde à la fin ! Pourquoi il a fait ça cet abruti ?! Comment j'ai pu faire un truc pareil, me laisser dominer comme ça ?!

- Suki, regarde-moi.

Non Marco… J'ai bien trop honte ! Je m'écroule au sol où je me roule en boule. Du coin de l'œil, je vois son bras avancer vers moi. Une fois de plus, les vieux réflexes reviennent.

Il va frapper.

Je pousse une brève plainte et protège ma tête comme je peux. J'attends, soumise.

Mais c'est une main douce qui prend mon poignet pour me faire dégager mes bras de ma tête.

- Suki, qu'est-ce que tu fais ?

La voix est douce, sans la moindre trace de colère.

- Suki, arrête tout ça et viens dans mes bras.

Je me mets à trembler violemment. Je ne peux pas stopper mes larmes. J'ai peur !

L'angoisse me submerge.

- Suki ?

Sa voix est déjà tellement loin…

Ce mur de silence que j'ai bâtit autour de moi, je l'ai payé cher. Très cher. Mais je connaissais le prix. Aujourd'hui ce mur m'écrase, m'étouffe. Le faire exploser ? Oui, ça semble si logique et si simple. Mais je suis morte de peur. Ce mur m'écrase mais il empêche en même temps mes blessures de se rouvrir et de me faire souffrir à nouveau. Et comment me confier à des personnes en qui je n'ai aucune confiance ? Je me demande pourquoi mais j'ai l'impression de ne pas vraiment désirer la cessation de mes crises d'angoisse. Comme si j'allais perdre une repère, presqu'une… compagne. Je rêve d'amitié et de couleurs. Comment résister à la tentation de l'imagination ? Je veux vivre et être moi.

Torture. Suis-je donc si lâche ? Et cette violence qui continue de pulser sourdement en moi… Cette soif de mon propre sang, cette envie de voir ce liquide vermeille qui coule dans mes veines ramper, encore chaud, sur ma peau et la tâcher. Puis lécher avec délice, avec jouissance. Angoisse qui percute comme une gifle. Mais bien plus fort. J'ai honte et je me sens hors de contrôle. Je ne me connais pas mais je me hais. Si fort ! Comme je n'ai jamais haïs. Je brûle du désir d'amitié et de couleurs. Je veux briser cette forteresse de silence, me battre avec honneur, découvrir qui je suis. Je veux voir ce que j'ai d'unique au-delà de mes défauts. Je veux respirer enfin ! Mais comment ? Je suis si lâche, tellement minable, tellement faible ! Cette volonté qui m'animait et faisait ma fierté, elle m'est inutile elle m'a abandonnée. Seule demeure l'angoisse.

Torture.

Expirer de la vie, inspirer du vide. Tout est lointain et insipide.

Une douleur insoutenable me déchire les entrailles ! Je me tords comme un vers dans les bras de Marco. Avant qu'il n'ait le temps de m'en empêcher, je lève un avant-bras jusqu'à mon visage et y plante violemment mes crocs. Je lèche le flot de sang qui jaillit alors que les spasmes et la souffrance redoublent.

Soudain, une main se met à caresser mes cheveux.

-Arrête Suki, s'il te plaît.

Mon corps se raidit, tendu comme la corde d'un arc. À l'écoute.

- Suki, chut… Calme-toi. Ça va passer, fais-moi confiance.

Je gémis de peur et de douleur. Les caresses continuent.

- Chut… Je suis là, je vais te protéger.

D'un seul coup, tous mes muscles se relâchent et je m'écroule contre le Phoenix. Il ne cesse pas de me passer les doigts dans les cheveux.

- Tu as le droit de pleurer tu sais.

Incapable de produire le moindre son, je secoue vivement la tête. Nan, j'ai pas l'droit d'pleurer. Seulement d'me taire.

- Ne laisse pas ton silence crier pour toi.

Je… J'éclate en sanglots comme une gamine. Je suis presqu'inconsciemment les caresses par des mouvements de la tête, en quémandant toujours plus. Et je finis par me blottir du mieux que je peux dans les bras de Marco, avide de consolation. Je me sens soulevée. Le Commandant me dépose doucement sur son lit. Je pousse un gémissement déchirant.

- Suki, je ne t'abandonne pas. Tout va bien.

Les hoquets m'empêchent presque de respirer. J'agite désespérément mes bras et mes mains dans le vide, comme un chat qui essaye d'attraper un objet. J'ai mal, terriblement mal et les mots de Marco ne percent pas la lave en fusion qui semble me recouvrir.

- Chut... Je suis là.

Il s'allonge à mon côté, dressé sur un coude, et m'attire contre lui, stoppant mes mouvements violents et désordonnés.

- Calme-toi... C'est fini. Dors.

Mes oreilles de félins sont incapables de résister à la voix du Phoenix. Je m'endors, vidée, pressant mon bras ensanglanté contre ma poitrine. Vivement demain...


Reviews svp les amis ! :)