Karma-sutra

Auteur : Angelscythe

Couple : Je vous laisse deviner =P

Genre : Romance essentiellement, humour j'espère mais je préviens qu'il y aura des sujets sensibles !

Disclaimers : Tous les personnages, hormis les clients et les employés du bar, appartiennent à Yūsei Matsui


Chapitre 5 : Séquence intimité

L'instinct poussa, Karma à se reculer sur le sommier alors qu'il serrait ses doigts sur le poignard. Le premier tentacule germa vers lui. Il tenta de le toucher mais le bras avait déjà disparu.

Il réalisa toutefois quelque chose…

Il était rhabillé !

- Je serai toujours ton professeur, Karma !

- Alors vous devez vous en vouloir. Dit-il en touchant sa joue.

- Oui…

Le garçon se pencha pour regarder le cadavre de son client. Il sentit le lit s'affaisser et tourna la tête vers son professeur qui s'était assis à côté de lui.

- Je ne te crois pas quand tu dis que tu fais ça pour t'amuser.

- Je ne vois pas pourquoi je n'ai pas le droit de faire ça alors que vous êtes le premier à vous pâmer devant les seins de Bitch-sensei ?

- Elle est adulte et pas sous ma juridiction.

- On sait bien ce que vous avez fait… On sait bien que ce n'est pas pour rien qu'on doit vous assassiner. Et vous n'espérez pas mourir.

Karma ajusta sa jupe et observa de nouveau le cadavre dont l'odeur de sang se déployait avec entêtement. Que dirait son patron ? Est-ce que Koro-sensei prendrait ça sur lui ?

- Qu'est-ce que ça peut vous faire que je fasse ça. Je serai mort dans moins d'un an. Je peux vivre ma vie en attendant, non ?

Il se laissa tomber sur le lit encore poisseux et jeta son couteau que le poulpe évita en s'éloignant d'un mouvement. Il attrapa un mouchoir dans une boîte et récupéra le poignard qu'il donna à son élève.

Celui-ci observa son visage. Toujours jaune… Il ne se moquait pas. Pourtant, il l'aurait juré.

- C'est ta vie, tu ne la vivras qu'une fois. Tu ne devrais pas la gâcher comme ça.

Karma haussa les épaules. Il porta le couteau à ses lèvres et rajusta sa jupe. Il ne tenait pas particulièrement à ce que le poulpe se rince l'œil alors qu'il portait une tenue aussi ridicule. Il s'était déjà suffisamment humilié comme ça.

- Ces conneries que vous bassinez à tous vos élèves sont tout de même risibles. Ne nous dites pas de vivre. C'est trop ironique. Vous venez avec de grands discours, vous dites que vous voulez nous protéger, que nous devons profitez mais vous vous mentez à vous-même !

Il se redressa et planta son regard dans le sien. Plus vif et cruel que n'importe quelle lame.

- Vous jouez au héros parce que vous êtes toujours là pour nous sauver et nous en mettre plein la vue mais c'est tout de même vous qui nous tuerez dans moins d'un an ! Vous pouvez être notre professeur et notre cible mais pas notre héros et notre ennemi ! Ne vous mêlez plus de mon travail qu'il vous plaise ou pas. Ne vous en mêlez surtout pas seulement parce que je suis votre élève et que vous voulez avoir la conscience tranquille. Siffla-t-il.

Le visage inexpressif de Koro-sensei était doucement passé au bleu clair à mesure qu'il lui assénait ses quatre vérités.

Karma se leva et partit vers la porte. Son professeur n'aurait qu'à s'arranger avec le cadavre qu'il avait fait. Il s'en moquait bien, il avait déjà reçu l'argent pour son service et tant mieux s'il n'avait pas de goût affreux dans la bouche ou de douleur pour une fois. S'il savait faire disparaître un corps, il aurait volontiers opté pour cela plus souvent. Malheureusement, c'était le genre de choses qu'on ne leur apprenait pas.

Ça aurait pourtant été si utile !

- Attends !

Le garçon tourna la tête vers son professeur et vit les tentacules arrivés sur lui. Il sentit quelque chose dans ses cheveux puis réalisa qu'on lui mettait un serre-tête. Il releva la main et sentit les oreilles de chat de son cosplay.

- C'était tombé.

- Merci…

Karma se détourna et sortit de la pièce. Il descendit l'escalier et partit vers la salle principale en poussant des rideaux épais et odorants. Il traversa la salle et s'arrêta au bar où son patron buvait un verre. Enfouissant sa main dans sa bourse, le garçon en sortit une partie de la somme qu'il venait d'obtenir et la fourra dans la main de l'homme.

- Bravo Kyouki. Retourne-y, la soirée n'est pas encore trop entamée. J'espère qu'il n'y aura pas d'autres soucis de cette envergure.

- Je ne pense pas…

Il vit Koro-sensei se glisser dans la foule et se trouver une place. Son regard étant insistant, il vit apparaître un petit fanon avec écrit : « Je veille sur toi ».

Il plissa les yeux.

Le poulpe retourna vivement son drapeau pour lui présenter : « Si, si. Je m'assure que personne ne te fasse de mal ».

- Ça devrait aller. Certifia Karma. De toute façon, j'ai ce qu'il faut.

Son employeur n'avait pas besoin de savoir qu'il avait beau savoir utiliser « ce qu'il faut » ça ne voulait pas dire qu'il arriverait à ses fins.

µµµ

Karma avançait dans les rues sombres, un sac jeté sur l'épaule. Il soupira pour la sixième fois en moins d'une minute.

- Comme vous êtes là, personne n'approche.

- Pour en découdre ? Demanda le professeur.

Le garçon n'eut pas le temps de répondre que le poulpe avait disparu. Il soupira et s'étira.

- Vous savez, ils vous ont vu suffisamment longtemps. Ils ne vont plus venir.

Koro-sensei réapparut alors à ses côtés.

- Tu habites loin. Viens.

Il attrapa Karma en mode « princesse » et courut aussi vite qu'il le pouvait sans risque de blesser l'adolescent. Lequel lui donna un coup de coude dans le visage de Koro-sensei à l'instant même où ils arrivaient au pied de sa maison. Il toussa à cause de la poussière qui s'était dégagée durant le déplacement. Il sauta au sol et se tourna vers l'adulte en contractant les mâchoires.

- Vous avez énormément de problème avec la familiarité !

Il brandit un doigt accusateur vers lui.

- Surtout avec toi. Lui dit Koro-sensei en tapotant le bout de son tentacule sur son nez.

Karma chassa le bras d'un mouvement en lui assénant un regard caustique.

- Vous avez décidé de me pourrir la vie, n'est-ce pas ?

- Non. J'ai seulement trouvé un merveilleux club de stip-tease. Et j'irais régulièrement ! Les…

- Quand y vas-tu ?

- Les mardis, lundis, jeudis et souvent le dimanche.

- Donc mardi, vendredi, samedi et de temps en temps le dimanche. Merci.

Koro-sensei lui tapota la tête.

- Bonne nuit, Karma. Dors bien.

Le garçon le vit disparaître et soupira. Il rentra dans la maison et se glissa dans la cage d'escalier, grimpant toutes les marches pour regagner sa chambre. Il jeta ses affaires sur son lit puis alla se laver. Il en aurait bien besoin pour ne plus sentir comme ses hommes qui se collaient à lui, la sueur, le sexe.

Il se déshabilla et se glissa sous l'eau chaude. Il renversa la tête en arrière et profita de ce jet qui fouettait son visage. Il passa ses doigts sur sa joue là où le tentacule l'avait rudement frappé.

Pour son bien.

Pourquoi Koro-sensei s'acharnait de la sorte ? Pourquoi est-ce qu'il s'intéressait toujours à lui de la sorte ? Il le faisait pour les autres mais leur proximité était presqu'aussi forte que celle qu'il avait pour Nagisa. En même temps, vu l'affection qu'il avait pour Nagisa, il comprenait son professeur. C'était quelqu'un de bien qui méritait de se faire des amis.

Il ratait d'ailleurs rarement dans cette opération.

Enfin…

µµµ

Nagisa chercha immédiatement après Karma lorsqu'il rentra dans la salle de classe. Mais il n'y avait que Kaede à qui il fit un signe de main. Il trottina jusqu'à Koro-sensei qui observait ses feuilles non sans être paré à éviter toute attaque en traitre.

- Professeur ?

- Oui, Nagisa ?

Il évita un coup de couteau et l'applaudit.

- Vous n'avez pas été cherché Karma ?

- Non. Il viendra seul. … S'il vient.

Après le coup d'hier, même s'ils avaient passés de longs moments à discuter, il craignait de s'être mis définitivement l'adolescent à dos. Avant, ce n'était qu'une camaraderie sur un fond potentiellement dangereux.

- Il viendra ! Karma n'a aucune raison de sécher les cours.

Koro-sensei ne répondit pas.

Le garçon attrapa son téléphone, le montra à son professeur et envoya un message à son ami.

- C'est gentil.

Il se pencha vers lui et ce malgré le fait qu'une arme pouvait s'en prendre à lui. Ce n'était pas comme s'il était incapable de l'éviter, de toute façon.

- Est-ce que tu connais les horaires de Karma ?

- Oui ! Mais… vous en ferez bon usage ?

- Je me soucie de lui. Répondit Koro-sensei.

Au regard de Nagisa, il comprit que le garçon ne connaissait pas le travail de son ami. C'était tant mieux.

- Mardi, vendredi, samedi et dimanche. Des fois le mercredi. Il ne me prévient jamais alors je fais comme je peux. Je suppose que s'il doit dépanner… Il travaille souvent de dix-neuf à trois heures du matin.

- Ce n'est pas un bon horaire.

Le garçon secoua la tête.

- Merci beaucoup, Nagisa.

- C'est normal !

Le poulpe nota ce que venait de lui dire son élève, au cas où, et, après avoir évité un tir plutôt bien régler, le laissa retourner à sa place. Nagisa se mit immédiatement à rire avec Kaede, badinant sur des sujets innocents. Tellement innocent qu'on imaginait mal qu'ils essaieraient de tuer quelqu'un après.

Le téléphone du garçon sonna et il y porta un bref coup d'œil.

Koro-sensei observa les deux jeunes gens puis reprit ses préparatifs.

Il espérait que Karma viendrait…