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Tout d'abord, bonne et heureuse année à toutes et tous. Que cette année soit meilleure que celle qui vient de s'écouler (on peut toujours rêver, il n'y a plus que ça de gratuit de nos jours).

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Voici donc un nouveau chapitre qui fait progresser cette histoire dans la bonne direction. Vous comprendrez en lisant la fin de ce chapitre.

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Bonne lecture et comme bonne résolution de cette année, il serait grandement apprécié de lire vos commentaires.

Je souhaite vivement savoir si vous continuez à apprécier cette fic ou non. Je sais que le délai de publication a été particulièrement long mais les aléas de la vie réelle se sont mis sur mon chemin plus souvent que je ne l'aurais voulu.

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Chapitre 42 : Excitation

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Les jours suivants, les deux hommes suivirent une routine établie sans même se consulter, un jogging pour se maintenir en forme, une douche, un petit déjeuner, une promenade, une partie de pêche, un déjeuner, une petite sieste coquine, un passe-temps, un dîner et le coucher.

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Le troisième jour apporta une surprise de taille pour Jet qui ne s'attendait pas à ce que son homme soit aussi joueur. Et pourtant, il aurait dû savoir que le sens de l'humour de l'italien ne s'était pas éteint lorsqu'il avait quitté l'agence. Il en avait eu quelques exemples lors de son séjour au ranch mais Tony avait évité d'en faire à ses dépens, sans doute incertain de la réception de ses plaisanteries par l'ancien marine.

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Lorsque le repas fut terminé et la cuisine rangée, Tony sortit un paquet de cartes et proposa de jouer au poker. Jethro le regarda mélanger le paquet d'un geste expert comme s'il était un véritable croupier. Son air étonné n'échappa pas à Tony qui esquissa un petit sourire.

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« J'ai travaillé dans un casino lorsque j'étais jeune pour payer mon loyer et me nourrir » donna-t-il comme explication. « Ca m'a servi également pour une mission sous couverture. »

« Toujours su que tu étais particulier mais je dois dire que je suis sans cesse en train de réviser l'image que j'avais de toi, Tony » déclara Jet en secouant la tête.

« Il est bon d'avoir quelques as dans sa manche, ne pas se dévoiler dès la première rencontre met du piment dans une relation » nota l'italien en distribuant les cartes. « Nous allons donc jouer et pour mettre de l'ambiance, ce sera au strip poker » précisa-t-il avec un sourire coquin.

« Tu veux faire monter la température de quelques degrés, Tone » se moqua Jet.

« Celui qui gagne sera le meneur de nos ébats de cette nuit » souffla l'italien d'une voix séductrice.

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Jethro déglutit lentement, il n'était pas un joueur médiocre mais pas non plus un excellent joueur. Et si Tony avait également pratiqué durant son séjour au casino, il devait être un bon joueur, meilleur que lui sans doute car il savait masquer ses états d'âme et ses réactions comme personne, il en avait été assez témoin pour le savoir. Il serait difficile de lire sur son visage si les cartes lui étaient favorables ou non.

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Le jeu débuta et bien vite, la première partie se termina sur la défaite de Jet comme il l'avait supposé. Tony jouait pour gagner et ce seul critère l'aidait à se concentrer et à jouer comme un professionnel. Il avait pratiquement mené la partie de bout en bout. Jethro se dépouilla d'un vêtement de mauvaise grâce, du moins c'est ce qu'il voulait faire croire. Il lui tardait pourtant que l'un d'eux se retrouve dans le plus simple appareil.

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Il savait que le jeu ne se terminerait que lorsque l'un ou l'autre serait nu, Tony ne l'avait pas précisé mais il était clair pour Gibbs que c'est ce qu'il voulait. Et les parties suivantes furent en faveur de l'italien, ce qui laissa bientôt Jet en petite tenue. Alors, se produisit quelque chose qu'il n'avait pas prévu. Tony devint distrait et perdit les manches suivantes. Bientôt, à son tour, il dut ôter quelques pièces d'étoffe au grand plaisir de Jet.

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La dernière partie se joua pour l'honneur, celui qui gagnerait serait celui qui mènerait leurs ébats et Jet n'avait aucune intention de perdre. Pourtant, il dut s'avouer vaincu lorsque Tony abattit ses cartes et remporta la main. La victoire était sans conteste celle de l'italien qui avait joué dans l'unique but de gagner. Il était donc normal qu'il soit le vainqueur même s'il avait perdu quelques tours face à la diversion que Jet avait tentée pour le perturber.

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La nuit fut délicieuse et Jet ne regretta pas d'avoir été le vaincu puisque, au final, ce fut lui qui devint victorieux lorsque la jouissance les combla et que Tony cria de plaisir. Il leur fallut un petit moment pour que leurs cœurs se calment et que leurs corps se détendent. Finalement, ils s'enlacèrent comme souvent et tombèrent dans un sommeil réparateur sans savoir ce que la fin de semaine leur apporterait.

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C'était le dernier jour qu'ils passaient dans leur retraite et une certaine nostalgie s'était installée dès leur réveil. Ils avaient tranquillement fait leur ablution matinale avant de sortir pour leur jogging matinal. Ils venaient juste de rentrer lorsque le portable de Jet fit entendre sa sonnerie. Il chercha l'appareil une minute avant de le localiser. Il prit l'appel et fut surpris par le correspondant qui tentait de le joindre depuis une heure.

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« Gibbs » dit-il de son habituel ton brusque.

« Agent Gibbs, ici Davenport » précisa son interlocuteur. « Je souhaiterai vous voir dès que possible, j'ai quelques points particuliers à voir avec vous au sujet de votre équipe et d'autre chose. Quand pouvez-vous être à l'agence ? »

« A vrai dire, Monsieur, je ne suis pas à DC et il me faudra une partie de la journée pour rentrer. Que diriez-vous de demain ? Je vous appelle dès que je suis arrivé. »

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Tony suivait la conversation et devina le nom du correspondant rien qu'au respect que Jet lui montrait.

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« Nous pouvons prendre l'avion pour regagner la capitale, Jet » proposa-t-il. « Nous pourrions être à DC en fin de journée si ça convient au SecNav. »

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Jet lui jeta un coup d'œil et esquissa un sourire. C'était bien de Tony d'avoir deviné qui l'appelait. A l'autre bout du fil, son correspondant avait entendu la proposition.

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« Ce serait parfait, plus tôt nous aurons réglé la question et mieux se sera » approuva Davenport. « Et si vous aviez pu mettre la main sur DiNozzo, ce serait encore mieux. »

« En fait, DiNozzo est avec moi, Monsieur et il met son appareil à notre disposition pour nous ramener. Nous pourrions nous rencontrer vers 18.00 au NCIS. »

« Très bien, je vous attendrai là-bas » affirma le SecNav. « Et ne vous inquiétez pas si vous êtes un peu en retard, le trafic risque d'être dense depuis l'aéroport. Prenez le temps qu'il faudra pour venir, j'ai quelques affaires à régler ici. »

« D'accord, Monsieur. A ce soir » dit Jet.

« A bientôt, messieurs » répondit Davenport avant de couper la communication.

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Jet regarda son portable d'un air comique en constatant qu'on lui avait raccroché au nez et son expression fit rire Tony qui vint ensuite l'embrasser.

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« Heureux qu'il ait attendu le dernier jour pour appeler » souffla Tony en s'écartant. « Les bagages seront prêts rapidement, tu te charges de fermer la cabane. En attendant, nous prenons le petit déjeuner, j'appelle mon pilote pour qu'il prépare l'avion. »

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Il partit chercher son portable et passer son appel tandis que Gibbs commençait à ranger ce qui devait l'être. Tony leur fit un rapide en-cas qu'ils mangèrent rapidement. Le café fut transféré dans un mug de voyage et Tony s'en fut faire les valises. En une heure, les deux hommes étaient prêts à partir. La voiture fut rapidement chargée et ils se mirent en route peu après. Ils repasseraient par Stillwater pour dire au-revoir à Jack avant de gagner l'aéroport pour embarquer dans l'avion de Tony.

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Le trajet jusqu'à Stillwater fut fait en un temps record même si Jet avait limité sa vitesse. Ils rejoignirent la maison de Jack où Gibbs choisit de laisser sa voiture. Il transféra les bagages dans la voiture de location de Tony qu'il devait rendre à l'agence. Prendre congé de Jack fut plus difficile que Gibbs ne l'avait pensé, il aurait aimé embarquer son père avec lui mais têtu comme une mule, Gibbs père refusa la proposition.

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Tony vint saluer le vieil homme et lui souffla quelques mots à l'oreille, trop bas pour que Jet puisse les entendre mais la réponse de Jack le laissa perplexe.

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« Je vais y songer sérieusement, Tony, c'est promis » dit-il à l'italien en le serrant une dernière fois dans ses bras.

« C'est tout ce que je demande… pour l'instant » lui renvoya son homme.

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Puis les deux hommes quittèrent le magasin et s'engouffrèrent dans la voiture que Tony conduisait. Il mena les deux hommes à l'aéroport en moins de 45 mn et l'avion était déjà prêt, en position pour décoller sans tarder. Bientôt, la voiture s'arrêta près du hangar et un employé de l'agence de location la prit en charge après avoir fait signer les papiers et repris les clefs.

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Tony et Gibbs s'emparèrent de leurs bagages et vinrent saluer le pilote qui les accueillit en haut de la passerelle. Il s'écarta pour laisser passer les deux hommes qui déposèrent leurs bagages avant de prendre place sur les sièges confortables. Doug ferma la porte et s'assura que les deux hommes avaient bouclé leurs ceintures. Tony en profita pour faire de rapides présentations.

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« Jet, voici Doug Pierson, mon pilote » le présenta-t-il. « Doug, voici Jethro Gibbs, agent spécial au NCIS et… mon ami et partenaire. »

« Bienvenue à bord et ravi de vous rencontrer, Monsieur » le salua le pilote en lui tendant la main.

« Merci et de même ici » renvoya Jet en acceptant la poignée de mains.

« Nous décollons tout de suite, la tour de contrôle nous a donné le feu vert juste avant votre arrivée. »

« Très bien » approuva Tony. « Direction Washington et l'aéroport… »

« Le Reagan, Monsieur. Nous y serons dans 3 heures » compléta Doug avant de gagner le poste de pilotage.

« Bien » dit simplement Tony. « Finalement, nous serons arrivés bien avant l'heure prévue. »

« Nous pourrons faire escale à la maison dans ce cas » nota Jet. « Nous prendrons ma voiture pour nous rendre au NCIS. »

« Tu as laissé ton véhicule chez ton père, il me semble » rappela l'italien.

« J'en possède une autre, une Dodge Challenger RT 426 Hemi de 1971 que Jack a remise en état pour moi » précisa l'ancien marine. « Un cadeau qu'il devait me faire pour mes dix-huit ans mais qui n'a jamais été fait, nous devions la retaper tous les deux. Je suis parti rejoindre les Marines jusque quelques jours avant mon anniversaire. Le trajet jusqu'à Camp Lejeune était long et couteux, je m'y suis rendu en stop. »

« Oh ! Dommage que vous n'ayez pas pu le faire ensemble, c'est très satisfaisant de procéder soi-même à la remise en état d'une voiture, c'est ce que j'avais fait avec la Corvette que ce voleur a détruite devant les caméras. »

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Il bouillait encore rien qu'en songeant à l'incident qui lui avait coûté une voiture qu'il chérissait.

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Après cet échange, les deux hommes restèrent silencieux et Jet attrapa bientôt la main de Tony qu'il garda ensuite dans la sienne durant le reste du trajet. Et comme toujours entre eux, le silence n'était pas pesant. Il permit aux deux hommes de profiter du calme pour somnoler pour éviter de penser à ce qui les attendait. La demande du SecNav était inattendue et selon Tony, ne présageait rien de bon.

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L'appareil amorça bientôt sa descente et finalement s'immobilisa le temps de laisser descendre ses passagers. Le pilote indiqua qu'il garait l'appareil et resterait en contact pour connaître les instructions de Tony, il en profiterait pour rencontrer quelques amis. Gibbs et Tony prirent un taxi pour gagner la maison de l'ancien marine que Tony trouva identique à la dernière fois où il était venu.

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Ils déposèrent leurs bagages dans la chambre principale que Gibbs avait finalement réinvestie après travaux. Il lui avait été difficile de dormir dans la chambre d'ami, là où Tony le faisait lorsqu'il était sous son toit. Il avait alors décidé de rénover la chambre qu'il partageait autrefois avec Shannon et depuis, y passait ses nuits.

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Tony ne fit aucune remarque sachant pourtant que la pièce avait été inutilisée depuis le décès de Shannon. Il en allait de même de la chambre de Kelly, les deux pièces avaient été fermées à clef à chaque visite de l'italien. Jamais il n'avait été autorisé à y pénétrer. Et là, voir que Jet avait remis en état la chambre et qu'il y dormirait avec lui était inimaginable et incroyable.

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Les deux hommes redescendirent, se préparèrent café et sandwiches avant de s'activer. Ils aérèrent la maison, Jet partit inspecter la voiture et vérifier son état. Il la mit en route puis la sortit du garage et la parqua dans l'entrée avant de rentrer. Il trouva Tony debout devant la fenêtre donnant sur le jardin, pensif.

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« Ton jardin aurait bien besoin d'un bon nettoyage » nota Tony en se tournant vers lui.

« Tu te proposes pour le faire, Tony » le défia Jet.

« Si la récompense est intéressante… »

« Hum, on verra ça plus tard » le coupa Jet. « Pour l'instant, j'aimerais te faire l'honneur de notre chambre à coucher. »

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Et il entraîna Tony vers l'escalier puis dans la chambre où il entreprit de déshabiller l'italien avant de le pousser sur le lit. Puis durant la demi-heure qui suivit, les deux hommes ne songèrent plus qu'à une chose : s'aimer tendrement. Ils émergèrent doucement de leur léthargie sexuelle en soupirant de regret, l'heure du rendez-vous approchait et il leur fallait se rhabiller et quitter leur cocon douillet.

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Ils furent en mesure de gagner la voiture dans l'heure suivante, chacun d'eux avait fait une toilette seul pour éviter toute tentation et retarder leur départ. Gibbs avait décidé de revêtir une tenue inhabituelle, il avait emprunté une chemise de Tony qui lui allait parfaitement bien. Depuis sa perte de poids, l'italien avait une taille qui correspondait à celle de Jet. Il avait également enfilé un pantalon de ville noir et une veste coordonnée.

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Tony, à son habitude, portait un costume chic gris foncé dont Jet avait oublié la marque mais qui seyait diablement bien à la nouvelle silhouette de l'italien. Il laissa Tony le précéder afin d'admirer la vue et le jeu des muscles fessiers soulignés par le pantalon qui enserrait à la perfection le postérieur du jeune homme. Il avait oublié combien l'italien portait bien la toilette et savait coordonner avec un goût parfait l'ensemble de sa tenue. La chemise gris clair était un choix judicieux pour le costume.

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Gibbs prit son arme, son badge et son passe qu'il plaça dans sa poche. Puis, les deux hommes se hâtèrent de gagner la voiture et Tony admira le véhicule une minute avant de prendre place sur le siège passager. Il demanderait très bientôt à Jet la permission de la conduire avant de retourner au Texas. La puissante voiture était expertement pilotée par Jet qui, pour une fois, roulait à allure modérée. Malgré le respect des limites de vitesse, ils arrivèrent à leur destination avec une légère avance.

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Une fois le véhicule garé, ils en descendirent et prirent la direction de l'entrée principale. Tony se vit délivrer un badge de visiteur et discuta quelques minutes avec l'agent de la sécurité qui était heureux de le voir. Puis tous deux prirent l'ascenseur pour gagner l'étage principal. Les portes leur livrèrent le passage et ils firent les quelques pas qui les amenèrent en pleine vue des agents qui travaillaient à cette heure.

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Plusieurs d'entre eux vinrent saluer Tony et bavarder avec lui sous le regard indulgent de Jet. Il savait que beaucoup de ses collègues avaient regretté le départ de Tony et certains n'avaient pas hésité à le lui reprocher en lui rappelant que l'italien était bien loin d'être coupable de ce dont Gibbs l'avait accusé. Lorsque les faits leur avaient donné raison, ils avaient fait entendre leur désapprobation, haut et clair.

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Le temps avait ensuite fait son œuvre et si parfois, l'un d'eux venait à mentionner le nom de l'italien, personne ne lui faisait plus les gros yeux. Seule Ziva avait encore droit à leur vindicte dans la mesure où certains avaient découvert son rôle dans la démission de Tony. Elle n'avait jamais pu leur faire comprendre son point de vue et avait fini par abandonner l'idée de se disculper.

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Tandis que les deux hommes bavardaient amicalement avec les agents, Davenport était accoudé à la rambarde de l'escalier et regardait avidement la scène. L'homme qui l'accompagnait était lui aussi un spectateur attentif. Il ne connaissait l'italien que par son dossier et il avait été impressionné par sa lecture. Il se demandait depuis lors comment la directrice Shepard avait pu laisser un agent de sa valeur quitter l'agence.

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Ce fut lorsque le SecNav lui fit part des tenants et aboutissants de la démission de l'italien que l'homme comprit un peu mieux l'insistance de Davenport pour le rencontrer et si possible, avec l'assistance de Gibbs, l'amener à adhérer à leur point de vue. Mais l'homme ne semblait pas être aussi enthousiaste que le SecNav parce qu'il savait que ses propres rapports avec l'agent Gibbs n'avaient jamais été très amicaux.

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« Alors ? » l'interpella Davenport. « Qu'en pensez-vous ? »

« Rien encore, Monsieur » lui fut-il répondu. « Je ne le connais que d'après son dossier et les quelques conversations surprises ici et là à son sujet. Par contre, je connais Gibbs et je pense que notre collaboration semble plutôt compromise. »

« Vous ne m'avez jamais dit que tous les deux… » commença le SecNav.

« C'était il y a quelques années et nous n'avons jamais très bien sympathisé, Monsieur » le coupa l'homme. « Gibbs est un agent compétent mais dont les méthodes peuvent parfois porter à discussion. Il est exigent avec son équipe, certes mais il peut être aussi un vrai bâtard. »

« Je vous l'accorde » agréa Davenport. « C'est d'ailleurs la signification du second B de son nom d'après lui. Nous devons pourtant nous montrer fermes et persuasifs pour obtenir ce que nous voulons. »

« Pas certain que nous réussirons à réaliser votre vœu, Monsieur » soupira l'homme.

« Venez, ils sont sur le point de nous rejoindre » l'avertit le SecNav.

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Tous deux gagnèrent le bureau directorial et s'installèrent pour attendre les deux hommes.

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Tony et Gibbs saluèrent amicalement les agents qui étaient venus discuter avec eux. L'italien était ému de constater que presque tous ceux qui étaient là regrettaient son départ et lui conservaient leur amitié. Il était heureux de savoir que peu d'agents avaient cru en sa culpabilité et avaient appris bien plus tard le nom du véritable coupable et l'implication de Ziva David dans l'histoire.

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Gibbs guida Tony vers l'escalier mettant ainsi un terme à une discussion qui risquait de s'emballer inutilement. Il grimpa les marches, l'italien dans son sillage et ils atteignirent rapidement le bureau directorial. La porte en était ouverte comme une invite et ils pénétrèrent dans la pièce sans attendre. Davenport était installé à la table de conférence, un homme à ses côtés. Le SecNav se leva pour les accueillir tandis que la secrétaire fermait la porte.

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« Messieurs, bienvenue » débuta le SecNav en leur serrant la main. « Laissez-moi vous présenter Léon Vance » annonça-t-il en désignant l'inconnu. « Je pense que vous vous connaissez, Agent Gibbs. Et pour vous, Agent DiNozzo… »

« Je pense que cette réunion est officielle » l'interrompit Tony sans façon. « Il serait donc bon que les présentations soient complètes, n'est ce pas ? Directeur Vance, M. le Secrétaire, permettez-moi d'ajouter que le titre d'agent ne doit plus me désigner, j'ai démissionné il y a déjà un bon bout de temps et vous le savez parfaitement. »

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Le SecNav lança un regard perçant à Tony avant d'échanger un coup d'œil avec Gibbs qui haussa les épaules.

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« Comment… ? » tenta-t-il avant d'être coupé dans sa phrase.

« Dans la mesure où Shepard ne participe pas à cet entretien, je présume qu'elle a été démise de ses fonctions. Léon Vance était directeur-adjoint, il est logique qu'il soit promu au poste de directeur, il me semble » expliqua Tony simplement.

« Vous savez, A… M. DiNozzo, vous semblez ne pas avoir perdu votre capacité d'analyse depuis votre départ » remarqua Davenport avec un sourire. « Et vous avez entièrement raison. Votre rapport a été diablement édifiant et le SecDef (*) et moi avons pris la décision de procéder à quelques vérifications qui se sont avérées corroborer parfaitement vos dires. Shepard a donc été mise en détention provisoire le temps de faire de plus amples investigations. L'officier Ziva David répondra, pour sa part, de trahisons et de divulgations d'informations hautement confidentielles. Elle est actuellement détenue à Leavenworth en attendant son procès. »

« Vous avez arrêté Jenny et Ziva ? » s'exclama Gibbs d'un ton incrédule.

« Vous semblez surpris, Agent Gibbs ? » s'étonna Davenport. « Je pensais que votre ancien second vous avait communiqué son rapport ! »

« Non, Tony ne m'a jamais fait lire son contenu » soupira Jet. « Et j'ignorais que les informations qu'il vous dévoilerait pouvaient être aussi compromettantes et graves au point de conduire à leur arrestation. »

« Shepard a abusé de sa position de directrice pour obliger un agent sous son autorité à obéir à ses ordres sous peine de représailles envers les membres de son équipe, Gibbs » expliqua son supérieur. « Ziva David a envoyé des informations confidentielles à son pays et, plus précisément, au Mossad concernant des opérations spéciales. Elle a profité de son amitié avec Shepard et de la connaissance de certains faits de son passé pour lui forcer la main pour obtenir une place dans votre équipe. Le fait qu'elle ait tué son frère pour vous sauver faisait partie d'un plan savamment concocté par le directeur du Mossad, Eli David pour vous faire accepter la présence de sa fille parmi vous. Aucune n'avait compté sans la suspicion de l'Agent DiNozzo la concernant. Il fallait soit le rallier à elles, soit le discréditer à vos yeux. »

« Connaissant Jenny, elle a plutôt opté pour s'attacher les services de mon agent à des fins purement personnelles tout en préservant de bonnes relations entre les David et elle » supputa Gibbs.

« C'est effectivement ce qu'elle a cherché à faire » les informa Vance, prenant la parole pour la première fois. « Elle voulait que votre second participe à une mission sous couverture pour approcher un trafiquant d'armes bien connu de la CIA dont le nom de code est 'La Grenouille'. Pour se faire, elle a tenté de le soudoyer en le menaçant de vous virer tous s'il refusait la mission. »

« Tony ? » dit simplement Jet en se tournant vers son homme.

« Je ne pouvais pas risquer de te voir perdre ton poste à cause de mon refus » avoua calmement Tony. « La seule solution était de profiter de ton accusation pour éliminer la menace et me sortir de ce guêpier sans dommages. Elle voulait que je séduise la fille de ce trafiquant pour me rapprocher de son père. »

« Quelle raison t'a-t-elle donnée pour expliquer cette mission ? » demanda Jet, curieux.

« Aucune, elle est restée très vague sur le vrai motif parce que celui qu'elle m'a donné semblait plutôt fallacieux » révéla l'italien. « Elle a tenté de me faire croire qu'il était une menace pour notre agence et certains de nos bureaux étrangers. Mais lorsque j'ai voulu connaître plus de détails, elle m'a rembarré en me faisant comprendre que je devenais trop curieux. C'est là que j'ai su que cette mission n'avait rien à voir avec le NCIS mais plutôt avec elle. Je me souvenais parfaitement de l'avoir croisé durant mes années de service chez les Seals, j'ai contacté un ancien partenaire et nous avons regroupé toutes les informations que nous avions collectées à l'époque sur la mission où nos chemins s'étaient croisés. Nous avons creusé un peu plus, pris contact avec d'autres agents et d'autres sources d'informations. Nous avons constitué un dossier sur elle en complément de tout ce que nos autres sources nous ont communiqué. C'est ce dossier que j'ai adressé au SecNav à sa demande. »

« Comment en êtes-vous arrivé à la conclusion que c'était personnel, M. DiNozzo ? » demanda Davenport.

« Ces conditions étaient claires et irrévocables. Je devais cacher cette mission à mon équipe, je n'avais aucun renfort pour assurer mes arrières à part elle, je ne devais discuter de cette mission qu'avec elle, je devais utiliser un téléphone qu'elle me remettrait, je devais continuer à travailler normalement, je devais remplir de petites missions en guise de tests » énuméra Tony. « Elle voulait utiliser certaines ressources de l'agence mais ne voulait pas que le temps passé à cette mission figure ouvertement dans mon emploi du temps. Elle cherchait à cacher le véritable but de cette mission, c'était limpide pour moi. »

« Apparemment, vous avez de nombreux contacts bien placés, M. DiNozzo » remarqua nonchalamment Davenport.

« Oh, je suis un homme qui sait où placer sa confiance et accorder la sienne aux bonnes personnes » souligna simplement Tony. « J'ai un atout précieux, la faculté de savoir déchiffrer mes interlocuteurs en l'espace de quelques minutes dans le pire des cas. Un atout pratique quand vous travaillez sous couverture, il vous permet d'adapter votre attitude à la situation en cours en un éclair. Et j'ajouterai que vous attendez quelque chose de moi, une chose que je ne pourrais vous accorder, Monsieur. »

« Qu'est-ce qui vous fait penser ça ? » demanda Davenport en souriant mais d'un air crispé.

« Vous êtes nerveux, vous avez mentionné mes nombreux contacts, un sûr indice que vous aimeriez bien les connaître » déclara Tony en haussant les épaules.

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Vance et Davenport échangèrent un regard avant que le SecNav ne se décide à faire sa proposition.

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« A vrai dire, vous avez raison, M. DiNozzo » avoua Davenport. « J'ai une proposition à vous faire. Dans la mesure où Shepard et David ne font plus partie de l'agence, le SecDef et moi aimerions que vous repreniez votre place au sein du NCIS avec une compensation bien entendu. »

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Tony le fixa un moment, jaugeant le sérieux de l'offre. Il jeta un coup d'œil à Gibbs qui lui sourit mais ne montra aucun signe en faveur ou en défaveur de la proposition.

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« J'ai abandonné un métier que j'aimais, pour lequel j'étais doué et qui me donnait pleine satisfaction malgré les conditions de travail parce que la personne en charge de l'autorité de cette même agence a voulu m'utiliser comme instrument de sa vengeance personnelle » affirma finalement Tony. « Pouvez-vous me garantir que ça ne se renouvellera pas ? Pouvez-vous me garantir que je serais toujours protégé quoi qu'il advienne lorsque vous me demanderez de participer à une mission sous couverture ? »

« Vous savez aussi bien que moi qu'aucune garantie n'est possible dans ce métier » railla Davenport.

« Eh bien, voyez-vous, je viens d'avoir confirmation de mes soupçons, Monsieur. Tout comme Shepard, vous n'hésiterez pas à vous servir de moi – ou de mes contacts si précieux – à vos fins personnelles. Donc, rien de ce que vous pourrez me dire ne m'inclinera à revenir au NCIS. J'ai fait une croix sur ma carrière de flic à cause de cette agence, il est hors de question que j'y remette les pieds » conclut Tony. « Et il est inutile de faire pression sur le Général pour me faire changer d'avis, il connait ma position sur la question et m'approuve entièrement. »

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Davenport soupira de frustration, c'était exactement ce qu'il comptait faire. Ce diable d'italien disait donc vrai quand il affirmait posséder un atout, il avait percé à jour les intentions que Vance, le SecDef et lui-même avaient élaborées avec tant de minutie. Elles venaient de voler en éclat en un éclair.

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« Agent Gibbs, votre équipe est amputée d'un de ses membres, il vous faudra recruter un autre agent en probation à votre retour » indiqua Vance en s'adressant directement à son subordonné pour faire diversion. « Je souhaiterai également connaître la date de votre retour afin d'être en mesure de retrouver mon équipe première en activité au plus tôt. »

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Gibbs avait écouté les propos échangés depuis son arrivée et avait bien du mal à les digérer. La proposition finale du SecNav à Tony l'avait surpris puis ennuyé et enfin fait rager intérieurement. De quel droit voulait-il obliger Tony à revenir ? Et la déclaration finale de son homme confirmait ses propres soupçons, les deux hommes cachaient quelque chose.

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Il en avait plus qu'assez de toutes les magouilles politiciennes de ses supérieurs. Il voulait juste exercer son métier du mieux qu'il pouvait pour rendre justice à tous ces frères d'arme. Si ces deux-là avaient autre chose en tête, il allait les faire déchanter. Et il pouvait le faire ici et maintenant, ils voulaient forcer la main de Tony pour revenir mais ils allaient perdre plus que ce qu'ils ne pensaient.

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« Agent Gibbs, le directeur attend une réponse de votre part, il me semble » le pressa Davenport.

« Je sais, Monsieur » dit tranquillement Gibbs avant de se lever.

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Il plongea la main dans sa poche pour en sortir son passe, il ôta son badge de sa ceinture puis son arme de son holster et posa les trois objets sur la table devant lui. Sans autre parole, il poussa son siège et se tourna pour quitter la pièce.

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« Agent Gibbs, qu'est-ce que ça signifie ? » l'interrompit Vance. « Vous ne pouvez pas partir sans une explication. »

« Je ne vous dois rien, je décide de quitter une agence qui devient pourrie avec le temps » répliqua Gibbs sans se préoccuper de l'effet de ses paroles. « Vous voulez réengager Tony pour l'utiliser ensuite à des fins nébuleuses, vous ne valez pas mieux que Shepard. Vous devenez aussi corrompu que certains de ces politiciens qui ne voient que leurs propres intérêts personnels et se fichent de ceux de leurs subordonnés. Tony a parfaitement raison, vous aviez des motifs cachés et vous étiez prêts à le soudoyer pour le ramener dans vos filets. Hors de question que je continue de bosser pour des opportunistes de votre espèce. »

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Sur ces derniers mots, il attrapa la main de Tony, le tira de son fauteuil et gagna la porte. Aucun des deux hommes ne salua les deux autres, ils quittèrent la pièce laissant derrière eux leurs interlocuteurs totalement effondrés de voir leurs plans s'écrouler.

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Le prochain chapitre parlera de… vous le saurez en le lisant, pardi.

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A bientôt si vous décidez de me suivre encore.

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Chtimigirl