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Nouveau chapitre, nouveau tournant dans cette histoire.

Bonne lecture et à vos commentaires, laissez-moi savoir ce que vous pensez de cette suite.

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Chapitre 42 : Détermination

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Après le coup d'éclat que venait de faire Gibbs, il décida qu'il leur fallait un petit moment pour savourer la défaite de deux manipulateurs sans scrupules qui n'avaient comme objectif que de se servir de l'italien comme pantin à leur service, tout comme Shepard avait tenté de le faire sans succès.

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Tony avait parfaitement deviné leurs intentions cachées et Jet l'avait réalisé lorsque son homme avait mis en avant son fameux 'atout'. Il avait scruté les deux hommes pour voir leurs réactions et la surprise mais aussi la frustration et la colère avaient brièvement fait leur apparition sur leurs visages confortant la vérité énoncée.

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Gibbs entraîna Tony vers l'ascenseur, attendit que les portes s'ouvrent, le poussa à l'intérieur et l'arrêta aussitôt après la fermeture des portes. Il se tourna vers l'italien et le fit reculer jusqu'à ce qu'il touche le mur et là, il se mit en devoir de l'embrasser comme il désirait le faire depuis un bon moment.

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Mais il ne vida pas sa frustration sur Tony, non, le baiser était intense mais non brutal, il marquait plus la satisfaction que la déception. Jet savait que bientôt viendrait le moment des questions mais Tony avait compris, sans aucun problème, qu'elles devraient attendre. L'italien savait toujours quand questionner et quand reporter sa curiosité.

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Il se doutait qu'il devait brûler de lui poser la raison de sa démission, impulsive selon lui. Mais pour Gibbs, elle ne l'était pas, il y avait maintenant un bon moment qu'il savait qu'il ne pourrait vivre la plupart du temps éloigné de Tony. L'opportunité de concrétiser sa décision venait de lui être offerte sur un plateau et il l'avait saisie.

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« Nous allons saluer Ducky et Abby et nous rentrons » annonça-t-il après leur baiser. « Nous discuterons à ce moment-là. »

« Quand tu veux et où tu veux » affirma simplement Tony qui déposa un baiser sur le front de Jet.

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Jet remit l'ascenseur en marche et la descente se fit en silence mais leurs mains jointes les liaient et les calmaient. L'intense discussion qui venait de se dérouler quelques minutes plus tôt, sans avoir été pour autant houleuse, avait laissé un goût amer dans leurs bouches.

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Tony s'était retenu de jeter à la tête de Davenport tout ce qu'il pensait de sa manière de gérer l'agence même si le directeur en place en était le premier acteur, le SecNav avait toujours son mot à dire pour certaines opérations. Et le fait qu'il voulait le réintégrer pour ensuite utiliser les informations qu'il avait dévoilées dans son rapport indiquait clairement que Vance et lui n'hésiteraient pas à avoir recours au chantage pour le forcer à coopérer.

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Il avait senti l'homme prêt à exploser lorsqu'il avait fait part de son refus mais le geste de Jet l'avait coupé dans son élan. Davenport avait été littéralement sonné et n'avait pas réagi assez tôt avant leur départ, il soupçonnait que dans le cas contraire, des éclats de voix auraient résonné sur tout l'étage. Il était notoire que les colères du SecNav étaient mémorables lorsque le sujet était d'importance, surtout s'il était d'ordre personnel.

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Désormais, il n'avait plus à se soucier de lui, ni de l'agence puisque, abruptement mais résolument, Jet venait de démissionner. Quoique la décision n'ait pas été débattue entre eux, il était heureux mais non surpris par le fait que Jet veuille mettre un terme à sa carrière. La menace voilée que Davenport et Vance avaient laissé filtrer lors de leur entretien était sans doute le fait déclencheur. Les deux hommes n'avaient pas anticipé la réaction de leurs deux interlocuteurs et se retrouvaient le bec dans l'eau à la grande satisfaction de l'italien.

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Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur l'étage du laboratoire d'Abby et Jet le précéda dans l'antre de la gothique. Tony sourit en entendant le cri de joie que poussa la scientifique en voyant son ami et lorsqu'elle se rendit compte de sa présence, elle devint pratiquement hystérique. Elle enveloppa chaque homme dans une étreinte vigoureuse avant de s'écarter et de les regarder d'un air sévère.

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« Puis-je savoir ce qui me vaut l'honneur de votre présence dans mon domaine alors que vous êtes sensé être ailleurs ? » demanda-t-elle, un air suspicieux sur le visage.

« Un entretien avec Vance et Davenport » dit Jet en haussant les épaules.

« Hum, Davenport, je connais » souligna Abby. « Mais qui est Vance ? »

« Le nouveau directeur apparemment » indiqua Tony. « Shepard et David sont toutes les deux en détention.»

« Oh ! » émit juste Abby pour une fois à court de mots.

« Ducky va nous rejoindre avec Palmer » signala Jet qui venait de terminer sa conversation avec le légiste.

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Les deux hommes pénétrèrent dans la pièce juste une minute plus tard, Ducky salua Gibbs puis vint étreindre sans façon Tony avant de lui déposer un baiser sur la joue, geste que l'italien rendit sans la moindre hésitation. Abby et Jimmy ouvrirent de grands yeux devant leur attitude, jamais les deux hommes n'avaient agi ainsi durant leur collaboration.

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« Hum, quelque chose à nous dire ? » demanda le jeune assistant.

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Il vint à son tour donner une accolade à son ami avant de s'écarter pour obtenir une explication.

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« Voyez-vous, jeunes gens, Anthony et moi avons décidé qu'il était temps de nous comporter comme nous le désirions, en tant que grand-père et petit-fils, ce que nous nous considérons non par le sang mais par choix, ce qui en a plus de valeur à nos yeux » expliqua Ducky d'une voix émue tout en posant une main sur le bras de l'italien.

« Waouh ! » dit Abby. « C'est… inattendu et attendrissant. Un peu comme Tony et moi, nous nous voyons plus comme frère et sœur même si nous n'avons aucun véritable lien de parenté. Nous allons former une véritable famille plus soudée encore qu'une famille traditionnelle parce que, comme tu l'as dit, Ducky, nous nous sommes choisis en toute connaissance de cause. »

« Et quel est ma place dans cette famille construite de bric et de brac ? » demanda Jimmy.

« Un cousin » déclarèrent Tony et Abby simultanément, signalant qu'ils y avaient déjà songé.

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Jimmy les regarda un instant considérant leur proposition avant de hocher la tête.

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« Ça me va et ça tombe sous le sens » accorda-t-il sans difficulté. « Un cousin est en fait un frère au second degré donc je suis d'accord pour occuper la position. »

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Tony et Abby échangèrent un regard avant de sourire et de tapoter l'épaule de Jimmy comme pour approuver sa sentence.

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« Eh, quelle place tu attribues à Gibbs ? » demanda-t-elle soudain à son frère de cœur.

« Pour l'instant, je l'ignore, Abs » grimaça Tony. « Seul le temps le dira. »

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Il se tourna vers Gibbs et lui sourit avec tout l'amour qu'il pouvait lui envoyer. Gibbs sourit en retour, il avait compris le message.

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« Nous construisons quelque chose, Abby mais comme le dit Tony, ça va prendre du temps » la rassura l'ancien marine.

« Tant que 'papa' et 'frangin' ne se prennent pas la tête, ça me va » déclara la gothique sans même réfléchir aux mots choisis.

« Oh, là, assez de sentimentalisme pour aujourd'hui » nota Tony qui avait vu Gibbs se figer. « Nous savons tous quel rôle tu attribues à Gibbs, Abs » poursuivit-il pour épargner le flot d'émotions de grossir et d'embarrasser certains d'entre eux.

« Oui, ma chère enfant, je suis le patriarche, le grand-père pour Anthony et toi, le grand-oncle pour Jimmy, un oncle pour Jethro parce que je suis trop jeune pour être un père » résuma Ducky.

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A cette dernière affirmation, le groupe éclata de rire et la gêne s'envola tandis que l'émotion s'amenuisait. Tony en profita pour serrer discrètement la main de Jet qui lui rendit l'étreinte.

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« Bien, nous direz-vous la raison de votre présence ici alors que Jethro est censé être encore en repos ? » s'enquit le légiste.

« Abs, peux-tu sécuriser ton labo et désactiver tout système de surveillance pour quelques minutes ? » demanda Tony, pressentant que des propos confidentiels risquaient d'être dévoilés.

« Oui, bien sûr » affirma-t-elle tout en se tournant vers son ordinateur pour accéder à la requête de l'italien.

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La gothique pianota quelques secondes et finalement, pivota pour leur faire face.

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« Voilà, c'est fait » confirma-t-elle. « Nous n'avons pas plus de 20 mn avant qu'une alarme se déclenche » les prévint-elle encore.

« Dans ce cas, ne perdons pas de temps » assura Ducky, impatient pour une fois.

« Hier, Davenport m'a contacté, il voulait me voir rapidement » les informa Gibbs. « Il nous a appris que Shepard et David étaient en détention, elles font l'objet d'une enquête pour des faits qui remontent à plusieurs années pour la directrice et une accusation de trahison pour David qui a communiqué des informations confidentielles au Mossad. »

« Ah ! » dit Ducky. « Il serait temps que leur comportement soit remis en question. J'ai toujours été étonné depuis la nomination de Jennifer Shepard au poste de directrice, elle n'avait pas l'étoffe qu'il fallait pour un tel poste. Je me demande d'ailleurs comment elle a obtenu sa position. »

« En faisant du chantage ou en accordant ses faveurs à des hommes haut placés » avança Tony. « Elle avait de l'ambition, elle a utilisé les moyens à sa disposition pour obtenir ce qu'elle voulait. »

« Pas sûr qu'elle ait choisi la bonne voie vu le résultat qu'elle en obtient » spécula Gibbs.

« Les choix que nous faisons sont parfois bons ou parfois mauvais, tout dépend de quelle perspective nous les examinons » annonça doctement Ducky. « Elle pouvait arriver au même résultat en choisissant d'autres moyens, elle voulait un résultat rapide et assuré et elle a misé sur des spéculations hasardeuses qui se sont avérées trompeuses. Elle paye aujourd'hui le prix d'une trop grande ambition et ne peut que s'en mordre les doigts. »

« Pourquoi a-t-elle agi ainsi, Gibbs ? » voulut savoir Abby. « Elle a été un agent de terrain avant de devenir directrice. »

« D'après ce que Tony a expliqué à Davenport, elle voulait utiliser l'agence pour une vengeance personnelle. Laquelle, nous l'ignorons pour le moment. Sans doute sera-t-elle connue après l'enquête. »

« Il est certain que la vengeance peut engendrer des comportements hors normes pour certains individus et Jennifer a dérapé à un moment donné » remarqua l'écossais. « C'est dommage, elle aurait sans doute pu apporter quelque chose à l'agence. »

« Non, Ducky » le contredit Jet. « Elle n'avait pas la carrure pour diriger l'agence comme elle en avait besoin. Etre la première femme à diriger une agence fédérale exige bien plus que ce que Jenny avait à proposer. Elle ignorait beaucoup de choses sur la gestion d'une agence comme le NCIS, elle comparait trop avec le FBI. Nous sommes deux agences sœurs, certes mais bien différentes de part notre aspect militaire et le but de notre mission. »

« Et surtout, son amitié avec la fille du Directeur du Mossad a été planifiée et orchestrée de main de maître » spécula Tony. « Il ne peut en être autrement, David n'avait aucune raison de se trouver au même endroit qu'elle en Europe. Notre mission sur place ne faisait pas mention d'une autre agence étrangère au même moment. Et les renseignements fournis par notre source étaient toujours vérifiés deux fois avant de nous être communiqués. C'est la raison du succès de presque toutes nos missions. »

« De quoi parles-tu, Tony ? » demanda Abby d'un ton suspicieux.

« De mon engagement chez les Seals Juniors durant mon adolescence » avoua l'italien simplement.

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Ducky, Abby et Jimmy le fixèrent avec des yeux ronds et la bouche ouverte. Cette révélation était plutôt surprenante, pour ne pas dire plus. Epoustouflante, ahurissante, incroyable… Comment une telle affectation avait-elle échappé aux recherches qu'Abby avait faites pour Gibbs avant qu'il n'engage Tony. Voyant l'expression de sa sœur de cœur, il entreprit de la rassurer de suite.

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« Abs, tu ne pouvais pas savoir et tu n'aurais pas trouvé » dit-il en posant une main rassurante sur son bras. « Toute trace de mon séjour dans cette unité particulière a été effacé de mon dossier et les seules informations disponibles ne figurent dans aucun fichier informatique. Je suppose que tout est stocké sur d'autres moyens de sauvegarde qui ne puissent être accessibles facilement. Notre unité était l'une de celles qui n'existaient pas et nos missions de celles qui n'avaient jamais été ordonnées. Et c'est tout ce que je peux dire à ce sujet. Donc, il est inutile de chercher à en savoir plus, même Gibbs ne sait rien. »

« Oh, dommage » soupira-t-elle, déçue. « J'aurais tellement aimé entendre tes exploits. »

« Je suis toujours tenu au secret, Abby » expliqua Tony. « Certaines de nos missions sont et seront encore protégées durant quelques années. Et comme quelques-unes concernent la Sécurité Nationale, je ne peux en discuter. »

« Je comprends, Tony mais… » commença-t-elle avant d'être interrompue.

« Mais… rien, Abs » la coupa l'ancien marine. « Inutile d'en parler plus longtemps, je ne tiens pas à ce que Tony soit arrêté pour trahison. »

« Merci, Jet » dit tranquillement Tony.

« Et tu ne nous as pas dit pour quelle raison tu es rentré plus tôt » souligna le légiste à Gibbs.

« Vous le saurez plus tard » dit simplement Jethro.

« Oui, nous allons vous quitter pour le moment mais vous êtes attendu, tous les trois, ce soir chez Gibbs pour un dîner entre amis » ajouta-t-il avant de se tourner vers Abby.

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La jeune femme annula la sécurité de son labo avant de regarder les deux hommes quitter la pièce. Ducky, Jimmy et elle discutèrent encore quelques minutes avant de se séparer, promettant de se retrouver chez l'ancien marine le soir même.

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Tony et Jethro rentrèrent sans plus se préoccuper du NCIS. Ils y avaient tous deux travaillé durant plusieurs années et donné le meilleur d'eux-mêmes mais l'agence ne le leur rendait pas. Tony avait été utilisé et remercié de façon outrageante et voici qu'on voulait à nouveau se servir de lui tout en tentant de le persuader du contraire.

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Dès le premier jour, il avait été réticent de venir travailler pour Gibbs en fait, pas pour l'ancien marine mais plutôt pour l'agence elle-même. Les évènements qui avaient jalonné sa carrière fédérale lui avaient donné raison, il aurait dû refuser d'y mettre les pieds. Il avait été blessé plus de fois durant sa présente au NCIS que durant sa carrière de flic et ce, à période égale.

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Il avait été envoyé sous couverture plus de fois et bien plus souvent sans une complète connaissance des faits. Il lui était arrivé bien trop souvent de travailler à l'aveuglette à son goût, chose qui ne s'était jamais produit lorsqu'il était chez les Seals. Oh, certes, les enjeux n'étaient pas les mêmes mais c'était toujours sa vie qui était en danger.

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Shepard se moquait de ça, elle ne voyait qu'une seule chose : se rapprocher de son but, cette mission sous couverture pour laquelle elle voulait absolument DiNozzo, ce coureur de jupons invétéré qu'elle pensait qu'il était. Il avait joué son rôle de don juan un peu trop bien s'il l'avait leurré à ce point.

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Et voilà qu'une nouvelle fois, un nouveau directeur avait la même intention : se servir de lui pour de sous disant missions où il n'aurait pu compter que sur lui-même, pas d'agents pour couvrir ses arrières et lui porter secours. C'était ce qu'il avait déduit des propos de Davenport. Ca et tous les contacts qu'il s'était fait durant des années parmi les forces de police et autres.

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Un carnet d'adresses impressionnant qu'il avait détruit sous les yeux horrifiés de McGee et David, du moins, c'est ce que les deux idiots pensaient. Ils ignoraient que la clé tombée dans le coca était vierge de toute information. Jamais il n'aurait laissé ces deux-là mettre la main sur sa liste de contacts mais il ne l'aurait effacé pour rien au monde.

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Savoir bluffer était un autre de ses atouts que ces deux collègues n'avaient jamais pris au sérieux venant de sa part. Ils ne se doutaient pas qu'il leur avait menti sans qu'ils ne s'en rendent compte, au début sur des détails savamment élaborés et ensuite sur d'autres choses. Jamais sur des enquêtes mais sur sa vie privée que David avait trop tendance à vouloir y prendre part.

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Désormais, il pouvait laisser cette période de côté, avec la décision que Jet venait de prendre. Ils avaient encore à en discuter mais il ne chercherait pas à le faire changer d'avis. C'était une décision que l'ancien marine avait prise et même si elle l'avait été à chaud, elle restait sienne. Il ne se permettrait pas de tenter de l'en dissuader, il voulait juste savoir si Jet était sérieux.

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Les deux hommes mirent peu de temps à regagner son domicile, le trajet se fit en silence mais la main de Tony posée sur la cuisse de Jet était un soutien bienvenu. Le geste indiquait clairement qu'il était avec lui et ça lui suffisait amplement comme preuve. Et c'était le seul véritable soutien qu'il attendait, Ducky et Abby seraient sans doute moins enthousiasmes, Abby plus que le médecin d'ailleurs.

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Ils descendirent de voiture et gagnèrent la maison, la main dans la main. Ils n'avaient que faire si un voisin les surprenait ainsi. En un éclair, Jet sut ce qu'il voulait et c'était partir loin d'ici et être près de Tony et c'était ce qu'il allait lui dire ici et maintenant. Plus de tergiversation, plus d'hésitation, il voulait être avec Tony tout le temps jusqu'à son dernier souffle.

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Il guida l'italien en le tirant doucement mais fermement vers le divan où il lui fit signe de s'asseoir. Tony s'installa sans rien dire et Jet prit place à ses côtés sans lâcher sa main qu'il serra légèrement avant de se lancer.

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« J'imagine que tu attends une explication » commença-t-il. « A vrai dire, dès l'instant où tu as mouché Davenport, j'ai compris que ces deux-là cherchaient la même chose que Shepard, t'utiliser à des fins personnelles. Il n'était pas nécessaire d'être devin pour le comprendre à voir l'expression se peindre sur leurs visages lorsque tu as refusé leur proposition. »

« Je n'aurais pas hésité à revenir uniquement pour retravailler avec toi si j'avais eu l'assurance nette et claire de ne pas subir les mêmes pressions qu'avec Shepard » avoua Tony en le fixant droit dans les yeux. « Mais il était évident pour moi que ce n'était pas là leur objectif et il est hors de question que je leur serve de pion dans leurs jeux personnels. »

« Heureux de savoir que tu serais revenu pour moi, Tone » dit Jet, ému. « Mais je ne t'aurais pas laissé quitter ce que tu as maintenant pour revenir risquer ta vie encore et encore. Plus maintenant. »

« C'est parce que nous sommes désormais ensemble que tu… »

« Non, non » le contredit Jet aussitôt sans lui laisser terminer. « J'en ai assez de ces jeux politiques où ces messieurs nous utilisent sans vergogne et sans se préoccuper de mettre la vie des autres en jeu. Je deviens trop vieux pour continuer à protéger le cul de tous ces politicards frileux qui ne cherchent qu'à assouvir leurs intérêts personnels. Si j'avais eu la moindre idée de ce que tramait Shepard avant qu'il ne soit trop tard, tu n'aurais pas eu besoin de démissionner. Comprendre leurs manigances bien après cet évènement m'a empli de rage mais je me sentais aussi coupable d'avoir pu douter de toi. Tu n'avais jamais failli à ton devoir avant ça, il était étonnant que tu le fasses surtout en tant que mon loyal second. »

« Elles ont manœuvré avec brio pour semer le trouble dans ton esprit, Jet » interjeta Tony. « N'importe qui s'y serait laissé prendre. »

« Mais je n'étais pas n'importe qui, Tony » cracha l'ancien marine avant de se calmer. « Désolé, je n'ai pas de raison de m'en prendre à toi. »

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Il se pencha et déposa un baiser sur la joue de son homme tout en serrant la main qu'il tenait encore.

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« A vrai dire, je pense que j'ai saisi la meilleure opportunité qui m'ait été offerte de mettre fin à une indécision chronique » reprit-il plus sereinement. « Depuis ton départ, j'ai souvent pensé qu'il serait temps que je raccroche. La seule inconnue était de savoir quoi faire de mon temps et où le passer. Rester à D.C était compliqué et douloureux, rejoindre Jack à Stillwater n'était pas réjouissant. Il me fallait quelque chose de plus… enthousiasmant pour me décider à sauter le pas. Depuis le moment où nous t'avons retrouvé, j'ai compris que j'avais une autre chance de construire quelque chose, d'orienter ma vie dans une direction plus souriante et plus valorisante. »

« Tu veux dire que je suis ton échappatoire ? » demanda Tony, taquin.

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Jet le regarda un instant, perplexe avant de comprendre que le jeune homme n'était en rien vexé par ses paroles. Il semblait au contraire ravi d'être le catalyseur de sa décision.

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« Pas un échappatoire, Tony mais plutôt mon espoir » expliqua-t-il. « L'espoir d'être heureux, d'aimer à nouveau et d'être aimé en retour sans restriction. J'ai toujours su que lorsque tu serais amoureux, tu donnerais tout à celle… ou celui à qui tu donnerais ton cœur. Tu l'as prouvé en venant me rejoindre après les propos que je t'ai tenus. Tu aimes en te donnant entièrement, corps, cœur et âme, Tony, c'est ainsi que tu conçois l'amour. Je sais que ta relation avec Cole n'était pas de cet acabit mais tu l'appréciais suffisamment pour… tu sais quoi. »

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Sur ces derniers mots, Tony le regarda puis se mit à rire avant d'enlacer Jet qui se laissa faire avec bonheur. Il était si bon d'entendre l'italien exprimer sa joie sans retenue même si c'était à ses propres dépens. Finalement, Tony le relâcha et s'écarta avant de s'emparer de ses lèvres pour un baiser brûlant qui les laissa pantois.

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« J'aime te voir batailler pour trouver tes mots, Jet » dit-il ensuite un brin moqueur. « Et tu as entièrement raison. Cependant, ce que j'apprécie encore plus, c'est l'effort que tu fais pour me parler de tout ça. Ne pas aimer t'exprimer ne veut pas dire que tu ne sais pas le faire et peu de gens le comprennent. Je n'ai jamais douté que tu puisses formuler plus que quelques mots lorsque le sujet en vaut la peine. »

« Toujours su que tu me connaissais le mieux » affirma Jet avec satisfaction. « Et je suis soulagé que tu ne tentes pas de me faire changer d'avis. »

« Jet, je ne veux t'influencer en aucune façon sur ce sujet en particulier » déclara Tony avec sérieux. « Tu dois prendre ta décision en toute connaissance de cause et de ta seule volonté. C'est le reste de ta vie que tu engages ici, je n'ai pas à influer sur ta résolution de rester ou de partir. Je veux que tu le fasses sans tenir compte de ce que je souhaite, c'est déjà suffisamment difficile de le faire sans que je m'en mêle. »

« Pourtant, ce serait merveilleux si tu plaidais ta cause pour que je laisse le passé derrière moi pour construire un avenir à deux » susurra Jet dans le creux de son oreille.

« Tss, tss, Jet » renvoya Tony. « Tu n'as pas à oublier ton passé pour ça, il fait partie de toi et as participé à l'homme que tu es aujourd'hui. Je pourrais ne pas t'aimer si tu n'étais pas celui que tu es, y as-tu réfléchi ? »

« Hum, sans doute » bouda Jet. « Mais me persuader un peu me montrerait combien je compte pour toi. »

« Tu n'as pas besoin de ça pour le savoir, my love » murmura le jeune homme. « Ti amo, te quiero, I love you, Ich liebe dich, je t'aime et je peux trouver d'autres mots pour te le dire. »

« Ceux-là sont amplement suffisants, je crois » approuva Jet visiblement ému. « J'ignorais que tu connaissais autant de langues, je pensais que l'espagnol et l'italien étaient les seules langues étrangères que tu parlais. »

« Garder quelques secrets est parfois bien utile » souligna Tony malicieusement. « Je parle français et allemand, je me débrouille également en portugais. Je peux aussi en apprendre d'autres si nécessaire, j'ai un don pour les langues. »

« Dommage que nos supérieurs aient choisi de te pousser vers la sortie, tu étais déjà un formidable agent sous couverture mais avec tous ces atouts, tu pouvais faire un meilleur espion. »

« Oh, ciel, non ! » s'exclama Tony, horrifié. « J'ai horreur de tous ces jeux d'espion même si j'aime James Bond. »

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Sa réflexion fit rire Jet qui ne se priva pas de le laisser éclater sans retenue à la satisfaction de Tony qui aimait l'entendre rire. Et réussir à faire rire l'ancien marine était un exploit qu'il espérait répéter encore et encore.

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« Sérieusement, Tony » reprit Jet. « Je ne veux plus passer un seul jour loin de toi, je vais mettre la maison en vente et en trouver une près du ranch. »

« Tu veux te séparer de la demeure où Kelly a grandi, Jet ? » s'étonna l'italien.

« Je ne pense pas que je reviendrais souvent ici après tout ce qui s'est passé » avoua son compagnon. « DC n'a plus aucun attrait si tu n'y habites pas. Et à vrai dire, la vie est bien plus authentique à Fort Worth qu'ici. La politique a gâché les relations publiques à un tel degré que ça m'écœure de rester ici. Au ranch, les gens sont plus simples et plus abordables, le grand air et la qualité de vie ont un quelque chose qui m'attire autant que ta présence. »

« Et pour Jack ? »

« Je pense qu'avec le temps, il finira par comprendre que rester seul si loin est risqué et il se décidera à venir vivre près de nous » supposa Jethro. « Et puis, nous pourrons le persuader de passer quelque temps avec nous pour tenter de l'influencer, il se fera une meilleure opinion ainsi. »

« Comme tu veux, c'est ton choix après tout » conclut Tony. « Tu leur annonces ce soir, je suppose ? »

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Jethro y réfléchit un instant avant de lui donner sa réponse.

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« Oui, il vaut mieux que je le fasse moi-même et de vive voix avant que les rumeurs ne se propagent » soupira-t-il. « Je passerais à l'agence demain pour finaliser et remplir les papiers, je vais faire valoir mes droits à la retraite plutôt que donner ma démission. Je prends également contact avec une agence immobilière pour évaluer la maison et voir ce que je peux en tirer. »

« Jet, si tu souhaites vraiment t'en séparer, je voudrais te conseiller de la rénover un peu et ensuite de la vendre » intervint Tony. « Certes, tu vas engager des frais mais ils te permettront de valoriser la maison et d'en tirer un meilleur prix. La superficie du terrain et sa situation géographique sont déjà des avantages mais quelques travaux lui donneront plus d'attrait. »

« Tu as sans doute raison, j'ai toujours voulu le faire mais pour moi seul, je n'en voyais pas la nécessité » approuva Jet.

« Je connais une entreprise sérieuse qui pourra nous faire quelques propositions et un devis en un rien de temps » annonça Tony en sortant son téléphone.

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Il parcourut rapidement ses contacts et trouva le numéro qu'il cherchait. Il jeta un coup d'œil à son ami pour recueillir son accord et Jet lui fit un signe de tête affirmatif. Tony pressa la touche d'appel.

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« Eh, Charlie, Tony ici » salua-t-il son interlocuteur. « Comment vas-tu, mon vieux ? »

« … »

« Bien, à vrai dire. Je t'appelle pour le boulot. J'ai besoin d'une visite professionnelle rapide de ta part. Je suis à DC et j'ai un ami qui souhaite valoriser sa maison avant de songer à la vendre. »

« … »

« Nous sommes disponibles cette semaine avant de quitter Washington définitivement » ajouta l'italien. « Nous pourrons venir facilement et rapidement si tu le juges nécessaire. »

« … »

« D'accord, demain fin de matinée sera parfait » approuva le jeune homme. « A plus. »

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Il raccrocha et se tourna vers son compagnon.

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« Tu es toujours partant pour vendre, sans regret ? » demanda Tony.

« Oui, Tone, les souvenirs qui se rattachent à cette maison sont lourds à porter en ce qui concerne Shannon et Kelly » soupira-t-il. « Les autres font partie de ceux que je veux oublier. »

« Charlie possède un cabinet d'architecte et une entreprise de construction. Il te fera des suggestions pour moderniser la maison et un devis réel, il est honnête et travaille avec des gars sérieux. Les travaux seront réalisés en accord avec les plans soumis, en un laps de temps réduit. »

« Tu le connais bien ? »

« Oui, c'est le frère d'un de mes anciens camarades de lycée » lui apprit-il. « Il a monté sa boite d'architecte puis a racheté son entreprise lorsqu'il s'est rendu compte qu'il était difficile de trouver de bons ouvriers en sous-traitance. En combinant les deux, il y gagne. »

« Bien, tout ceci fixé, je suggère que nous songions à nous détendre » » déclara Jet en se levant et en tendant la main à Tony. « Nos invités devront sonner pour accéder à la maison donc aucun risque d'être déranger en pleine action. »

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Tony lui adressa un grand sourire avant de se laisser guider vers l'étage et la chambre à coucher où les deux hommes s'empressèrent de se dépouiller de leurs vêtements avant de s'enlacer et s'embrasser. Bientôt, le désir qui s'empara d'eux fut la seule chose qui leur importa.

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Voilà, cette fois, c'est dit, Jet a pris sa décision. Que leur réserve la suite ?

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Vous le découvrirez dans les prochains chapitres, il en reste encore quelques-uns pour compléter cette très longue histoire.

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A bientôt, j'espère.