Karma-sutra
Auteur : Angelscythe
Couple : Koro-senseiXKarma ! (j'assume tout !)
Genre : Romance essentiellement, humour j'espère mais je préviens qu'il y aura des sujets sensibles !
Disclaimers : Tous les personnages, hormis les clients et les employés du bar, appartiennent à Yūsei Matsui
Chapitre 9 : Séquence tourner-manège
La sueur roulait sur le dos de Karma alors que son torse se soulevait et s'abaissait régulièrement. Il ajusta une mèche de cheveux collée à son visage rougi alors que des mains se perdaient sur son corps nu. Les doigts se perdirent sur ses cuisses et il fut attiré vers le visage qui commençait à être ridé de l'autre main.
- Rhabille-toi. Tu es mieux comme ça. Asséna-t-il.
- Tout ce que vous voulez…
Épuisé, le garçon récupéra pourtant ses habits qu'il réenfila au plus vite. Il n'allait pas aller contre ses envies alors qu'il voyait encore des billets dépasser de sa poche. Il rangeait son amour-propre au même endroit que ses vêtements de tous les jours.
Jetant un coup d'œil à son petit sac, il remit son serre-tête puis s'assit juste à côté de l'homme qui l'attira près de lui, les yeux écarquillés.
- Tu ressembles tellement à une fille. Chuchota-t-il.
- Merci.
Enfin, il le supposait…
- J'ai un cadeau pour vous.
Il se pencha vers lui et l'embrassa, supportant son odieuse langue dans sa bouche. Il s'éloigna à peine qu'il vit un regard glouton et pervers sur lui. Il récupéra la bourse alors que les yeux continuaient de courir sur lui sans aucune pudeur.
- J'étais vraiment déçu de découvrir que toi tu étais un garçon. Le plus joli petit oiseau qui n'a pas les mêmes atouts de séductions. Mais je dois reconnaître que tu es fantastique.
- Merci.
Remercier pour de telles insultes.
Ça lui arrachait la bouche.
Il ouvrit le sac et en sortit quelques billes qu'il tendit à Seiji, son client actuel. Celui-ci les saisit et observa les balles.
- Tiens… Est-ce que c'est pour avoir des passes gratuites ? Demanda-t-il, glouton.
- Non. Se força à rire Karma.
Il enroula ses bras autour de ses épaules.
- J'aimerais beaucoup mais mon patron m'en voudrait.
- Si tu étais une vraie fille, je te rachèterais et je te donnerais tout ce que tu souhaites. Mais si tu ne veux pas t'offrir à moi gratuitement…
Le rouquin regarda les billes. Est-ce qu'il pouvait faire semblant de ne pas les reconnaître ? On l'avait vu parler avec Koro-sensei après tout…
Il écarquilla les yeux en sentant quelque chose frapper son visage. Il vit des billets s'éparpiller sur la couche.
- Suce-moi. Ordonna Seiji.
Karma afficha son plus beau sourire.
- Oui. Tout ce que vous voulez.
µµµ
Karma regardait sa main en passant entre les divans où s'amoncelaient des pervers en tout genre. Il trouvait qu'elle tremblait. Pourtant, il avait l'habitude de passer une bonne heure avec des clients dans une chambre, même s'il ne cachait pas qu'il préférait de loin servir des verres ou draguer avec des poses lascives. Peut-être que les insultes répétés de Seiji couplées à ses affreux compliments commençaient à lui miner le moral.
Il se recula pour laisser passer 'Kobi, en Nicky Larson, avec son client, et trébucha sur un pied de la table. Son plateau lui échappa des mains et se sentit choir. Le liquide vola dans les airs. Sous les yeux de tous, les verres rattrapèrent les alcools, et se posèrent sur le plateau avec délicatesse alors que Karma se retrouvait à quelques centimètres d'un client. Des tentacules venaient de sauver la situation.
Il décocha un sourire à Koro-sensei qui prit un air fier de lui et…
Le lâcha par mégarde.
Il ne put s'empêcher de rire et se tourna vers le client en se levant. Il s'inclina bien bas.
- Excusez-moi d'être tombé sur vous à l'instant. Je n'aurais pas dû. J'espère ne pas vous avoir blessé.
- Non. Vous êtes légère comme une plume. Je… m'appelle Fujitaka Riku.
- Kyouki. Se présenta le rouquin.
Il s'inclina à nouveau, prenant soin d'exhiber ses cuisses. Mais il y attrapa aussi quelques billes anti-professeur de la sacoche accrochée au bandeau qui ornait sa jambe.
- Veuillez accepter ceci pour m'excuser. Murmura-t-il.
Il scruta l'homme alors qu'il observait les munitions spéciales. Il vit son visage s'illuminer.
- Merci beaucoup ! C'est merveilleux !
Le garçon se redressa et mit sa main à plat pour recevoir les consommations. Il s'éloigna alors vers Hideki Hikaru qui lui faisait signe de venir.
- Tu n'as pas été blessé ? Demanda-t-il, soucieux.
- Non. Tout va bien.
Il récupéra la boisson de l'homme et laissa Tano' en Chun Lee récupérer le plat.
- C'est ce barman qui t'a empêché de tomber. Enfin… Il t'a quand même laissé tomber cet idiot.
- Ne faites pas cette tête là…
Il prit une expression de chien battu et se blottit contre lui.
- Il ne compte pas.
L'adolescent se sentit pourtant bizarre en murmurant ces mots. Il avait l'impression de mentir en disant cela.
Probablement.
Après tout, sans Nagisa il lui aurait offert son corps sans la moindre pensée derrière la tête. Son professeur aurait pu l'avoir autant de fois qu'il le désirait. Il aurait apprécié de rester contre lui. Parce qu'il était… si particulier. Il croyait en lui et n'était pas prêt de l'abandonner.
- Kyouki ? Demanda sèchement le client.
- Hu ?
- Pourquoi tu es tout rouge ?
- Pour rien. L'alcool, probablement. Dit-il en lui tendant les deux verres. Vous allez devoir boire pour moi. Sourit-il.
Il jeta un coup d'œil à Chamekke qui, à sa demande, donnait quelques billes roses à Akio. Lequel sembla surpris avant de rire. Si Karma n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait, ce n'était pas le cas de Koro-sensei qui secouait la tête en sa direction.
En restait un alors…
Son client le plus régulier.
Quel honte.
Sa tête fut soudainement et brusquement tournée vers Hideki.
- Arrête de te préoccuper de lui.
- Oui. Pardon.
Il lui tendit son petit sac en souriant. L'homme haussa un sourcil et en ouvrit le contenu pour regarder ce qu'il y avait.
- Tiens… Fit-il en prenant une bille.
Il la jeta en l'air et la rattrapa avant de la mettre dans sa poche.
- Merci. Sourit-il.
Karma jeta un coup d'œil extrêmement bref à Koro-sensei puis se serra contre l'homme. Il ne comptait pas se faire enguirlander parce qu'il s'était tourné vers son professeur. Ni risquer de se faire encore poigner dans le menton. Il avait envie d'éviter des blessures inutiles…
µµµ
Karma se fit poser sur le fauteuil.
- Je vais aux toilettes.
Le rouquin agita la main dans sa direction en souriant. Il retint un soupir lorsqu'il le vit disparaître et se leva pour rejoindre son professeur qui donnait ses commandes à Kanki. Lorsqu'il se fut hissé sur le tabouret, Yuu lui poussa une canette de soda que le garçon porta immédiatement à ses lèvres.
- C'est lui ? C'est lui ?
- Hum. Probablement. Vous voulez aller le voir ?
- Oui ! J'ai hâte de lui parler. Je ne pense pas qu'il soit plus doué que toi.
Koro-sensei lui caressa la tête puis rajusta le serre-tête qui avait légèrement bougé. Voyant les yeux un peu rougis de son élève, il supposa qu'il était fatigué. Il espérait que ce n'était pas que ça et qu'il n'avait pas pleuré durant son travail. Il le redoutait.
- Tu vas bien, Kyouki ?
- Pourquoi j'irais mal ? Questionna-t-il.
- Tes yeux.
Le garçon se passa la main sur le visage.
- Ça va. Assura-t-il.
- Tu me le dirais si ça n'allait pas.
Il opina, lui offrant son merveilleux et innocent sourire. Il lui prit un tentacule et posa un baiser dessus. Le professeur observa son membre. Aucune blessure en traitre. Peut-être une simple habitude de travail, oui. Il était dans l'enceinte du club. Ou était-ce en rapport avec ce qu'il s'était passé plus tôt ?
Son visage devint rose en se souvenant de cela.
Karma haussa un sourcil en voyant cette couleur. Il suivit du regard ce qu'il fixait et pinça légèrement les lèvres en voyant Mune' passer entre les tables, Akio la dévorant des yeux aussi.
Enfin, il devait reconnaître qu'elle était jolie et qu'elle avait le genre de plastique qui faisait tourner la tête aux clients.
- Kyouki !
Le rouquin leva les yeux et vit Hideki.
- Pourquoi tu restes avec lui ?
- Je buvais en vous attendant.
Karma amorça un geste pour descendre du tabouret mais un tentacule s'enroula autour de son poignet.
- Ne parlez pas comme ça à Kyouki. C'est un Humain qui a des droits avant d'être votre escorte.
- Silence, le pervers ! Kyouki, viens. Je paie moi, Monsieur ! Je peux vous faire renvoyer !
Les tentacules s'agitèrent alors que Koro-sensei perdait toute bonté.
- Ça va, Koro… Je l'accompagne. C'est mon travail.
Il lui décocha un sourire doux et s'accrocha au bras d'Hideki qui le resserra contre lui. Il fixa méchamment le professeur puis entraîna Karma vers les chambres, visiblement pour plus que ce qu'on ne lui avait déjà donné.
Koro-sensei agita les tentacules, peu rassuré.
Tous les assassins n'étaient pas aussi bons qu'Irina ou Lovro. Mais Karma connaissait cet homme. Un peu trop bien. C'était ce qui l'ennuyait. Ça et le fait qu'il avait une mauvaise impression. Les hommes et les jeunes gens qui travaillaient ici allaient et venaient. Les odeurs se mélangeaient et le parfum était trop entêtant. Karma lui-même devait s'asperger d'un mélange de lys et de violette qu'il sentait un peu partout.
Difficile de le surveiller de la sorte.
Si Hideki n'avait pas réagi d'une façon si évidente à la vue des balles anti-sensei, le professeur se serait posé des questions.
Les clients étaient presque tous partis, certains jeunes gens étaient à ranger comme ça leur arrivait bien souvent. Koro-sensei attendait en regardant vers l'ouverture où il était parti plus tôt.
Il agita les tentacules et décida d'aller voir ce qu'il en était. Il suivit ses odeurs bien trop parfumées et arriva devant une chambre. Il sentait les effluves entêtantes, presqu'aphrodisiaque, mais n'entendait plus de bruit. Ce n'était pas nécessairement surprenant et pourtant.
Il était trop inquiet depuis un moment…
Ce n'était pas parce qu'il éprouvait d'étranges sentiments qu'il était si soucieux. Il le savait…
Lorsqu'il ouvrit la porte il réalisa qu'il aurait dû se fier à son instinct de poulpe-mutant.
- Karma ?!
Il se précipita vers le lit et tira les couvertures pour les sentir. Une nuée de balle vola et il bondit en arrière, évitant chacun des projectiles avec aisance.
Des munitions anti-lui !
Hideki était bel et bien son assassin. Mais est-ce qu'il…
Un papier flottait au gré des courants d'air. Il tendit le tentacule et le captura entre ses doigts. Il dut toutefois relâcher le mot et regarda ses doigts étrangement tordus. De la fibre anti-lui…
Il se pencha sur le mot pour y lire des mots qui le firent immédiatement tourner au rouge extrêmement foncé.
Il disparut à la vitesse mach 20, brisant la vitre qui vola en éclat. Une part de lui était couverte de honte. Une part trop importante… Il n'aurait pas dû laisser Karma seul. Il n'aurait pas dû le laisser donner son corps à ces vicieux, ni juste rester à le surveiller sans rien faire. Il s'était seulement donner bonne conscience mais ça n'en était rien.
Il sortit son téléphone.
- Ritsu ?
- Oui, professeur ?
- Trouve-moi tout de suite la maison de Hideki Hikaru !
L'entité vit sa peau sanguine grâce à la caméra du téléphone. Que se passait-il ? Elle était inquiète. Une telle colère de la part de leur professeur…
- Oui ! Professeur ! J'ai 185 000 résultats. Je vais les passer en revue. Attendez quelques instants.
Le poulpe n'avait pas envie d'attendre. Il cherchait l'odeur de Karma dans toute la ville mais il était un peu trop bien connu par son adversaire. Un parfum avait dû être remis. Il ne pouvait que compter sur Ritsu. Comment quelqu'un qui avait loupé ses tirs d'une façon aussi ridicule pouvait se révéler aussi ingénieux ?
N'était-ce qu'un plan visant à se moquer de lui ? Une simple erreur de débutant ?
Son corps fonçait petit à petit alors qu'il ne trouvait pas son odeur.
- Karma…
Les tessons de verres parcheminaient le sol, se perdant dans le tapis trop doux qui recueillait quelques tâches carmines.
Du sang ?
Du sang que certaines billes anti-professeur s'abreuvait avec plaisir. Du sang dont même le mot s'imprégnait.
« Je sais que Kyouki s'appelle Karma Akabane et qu'il est étudiant au collège Kunugigaoka dans la classe-E.
Je sais qu'il s'agit de votre élève et qu'il a pour mission, comme moi, de vous assassiner.
Je sais que vous tenez à lui et qu'il tient à vous.
C'est lui ou vous, à présent. Trouvez-moi, venez me rejoindre avant qu'il ne soit trop tard et affrontez la mort.
Sinon…
Nous pleurerons sa perte à deux. »
