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Un constat un peu triste, chaque chapitre compte un grand nombre de lecteurs mais peu de commentaires sont laissés. Donc, je tenais à remercier ici mes fidèles lectrices qui écrivent un petit mot qui m'encourage à continuer de publier.

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Merci donc à vous qui avez laissé un ou plusieurs messages : arwen9117, lili200986, Lune Sombre, Guest, haty74, astaroth671, celine7588, Alie-yaoi, Capucin, Gwendo, , calimero, Anastasia, zariapotter, Elaelle, fanfanfiction, Shinlya, coco6-3-9-1, Kuro, AnkouBZH, Cleo McPhee, MyFairLadyRose, Lilith Morrigane, clea, liam63, Ncisdu61. Et pardon pour toutes celles que j'ai certainement oubliées.

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Voilà un nouveau chapitre qui a pris un peu de temps à venir, beaucoup de dialogues pour celui-ci et si l'histoire avance peu au gré de certaines, c'est que je le veux ainsi. Je suis désolée si j'ai trop à dire et que le rythme est trop lent.

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Donc, ceci dit, bonne lecture et à vos commentaires.

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Chapitre 44 : Anticipation

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La sieste qui suivit leurs ébats fut profitable aux deux hommes qui se levèrent de bien meilleure humeur. Une douche rapide et Tony descendit à la cuisine et inspecta le contenu des placards. Pas grand chose de comestible pour un dîner pour plusieurs personnes, il décida de se rendre dans une épicerie afin de faire quelques courses indispensables.

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Il mit une cafetière en route avant de faire une liste des ingrédients dont il aurait besoin. Jet le rejoignit et sourit en voyant son homme ouvrir un placard et inspecter son contenu, gribouiller sur un papier et le refermer avant de passer à un autre. Il savait que ce soir, le repas serait un régal parce que Tony allait se mettre aux fourneaux. Leurs invités se lécheraient les doigts et les babines avec ce qu'il aurait préparé.

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« Je vais à l'épicerie, tes placards ne contiennent pas ce dont j'ai besoin pour le diner » annonça bientôt Tony.

« Tu vas cuisiner pour nous tous ? » s'étonna l'ancien marine. « Nous pourrions simplement commander quelque chose. »

« Non, je vais préparer quelque chose, ça me calmera » affirma Tony. « Cuisiner est une sorte de thérapie pour moi lorsque je suis stressé. »

« Et tu l'es en ce moment ? Je pensais que notre petit intermède avait été bénéfique. Je dois me faire vraiment vieux si je ne peux te procurer un soulagement. »

« Oh, Jet » dit rapidement Tony en venant se lover dans ses bras. « Ce n'est aucunement ta faute mais la mienne, j'ignore comment ils vont réagir à l'annonce de ton départ. Abby va en être malade. »

« Je sais mais il serait temps qu'elle s'émancipe un peu de ma présence » soupira Gibbs. « Il faut qu'elle comprenne que je ne laisserai pas passer cette chance d'être heureux avec toi. »

« Elle le comprendra mais n'acceptera pas forcément que tu partes aussi loin, Jet » nota l'italien. « On en reparlera. Je file et j'en profite également pour acheter de quoi tenir d'ici notre départ. Ok ? »

« C'est ok pour moi » approuva Jet. « Tu veux que je t'accompagne ? »

« Non, je vais faire vite. En attendant, je pense qu'il serait nécessaire de faire un brin de ménage avant de préparer la table, si tu veux bien » indiqua l'italien avec un sourire.

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Il caressa ensuite la joue de Gibbs d'un geste tendre avant de se pencher et de lui voler un baiser. Il se redressa, laissant un Jet assoiffé comme un homme errant dans le désert et qui venait de se voir offrir une bouteille d'eau. Il retint difficilement un gémissement lorsque Tony s'écarta et prit la direction de l'entrée. Jet soupira et le suivit du regard tandis qu'il sortait, admirant au passage la silhouette élancée.

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« Tu es un bâtard heureux, mon vieux » maugréa-t-il. « Il t'a pardonné, t'a poursuivi alors que tu l'avais rejeté et te voilà, envisageant de le rejoindre et peut-être de vivre avec lui pour le reste de tes jours. Tu as intérêt à ne plus gâcher cette chance parce qu'à mon avis, c'est la dernière qu'il te donne. »

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Il se versa une tâche de café et sortit dans le jardin, il fit le tour du terrain et réfléchit à ce qui pourrait être fait pour l'améliorer sans faire de gros et coûteux travaux. Tony avait raison, il devrait sans aucun doute faire des réparations et rendre la maison plus accueillante afin de faciliter sa vente.

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Rafraîchir les tapisseries, revoir certainement la plomberie et l'électricité, remplacer le ballon d'eau chaude par un modèle plus récent et plus grand étaient déjà quelques-unes des pistes à envisager. Abattre le mur de la cuisine et prévoir un ilot central seraient aussi une option pour agrandir l'espace mais aussi prévoir de remplacer les meubles ou du moins les repeindre, peut être laisser le nouveau propriétaire décider de leur utilité.

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Il allait devoir également songer à ce qu'il ferait de tout ce qui trainait dans le grenier, l'ancienne chambre qu'il avait partagée avec Shannon et celle de Kelly. Il savait qu'il n'emporterait que quelques souvenirs, il serait trop onéreux de transporter tout. Il allait également décider des meubles qui le suivraient et de ceux dont il se débarrasserait.

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La tâche semblait monumentale et le découragement le guettait déjà. Encore heureux qu'il ne s'était pas lancé dans la construction d'un nouveau bateau après le départ de Tony. Il s'était contenté de travailler sur de petits projets pour s'occuper l'esprit même si l'enthousiasme manquait indéniablement.

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Il rentra, reposa sa tasse vide dans l'évier et ouvrit la porte entre le garage et la cuisine et grimpa au grenier. Il ouvrit la porte et alluma le plafonnier. Il constata que finalement, la pièce contenait pas mal de cartons annotés avec leur contenu. Il lui serait d'autant plus facile de trier ce qu'il garderait et ce qu'il donnerait, de même que ce qu'il jetterait. Au vu du nombre d'emballages, il lui faudrait tout au plus 2 bonnes heures pour faire le tri.

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Il referma et redescendit, traversa la cuisine et le salon pour remonter à l'étage. Il se dirigea d'abord vers sa chambre, ouvrit le tiroir de sa table de chevet et y prit un objet. Il sortit et s'en fut vers la seule porte qui demeurait constamment fermée. Il en saisit la poignée et hésita à faire jouer la clé qu'il avait prise et glisser dans la serrure. Le cœur battant, il ouvrit finalement la porte sur la pièce qui avait été la chambre de Kelly.

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La pièce était encore dans l'état où elle était depuis le jour de sa disparition. Les couleurs des rideaux et du couvre-lit avaient fané au fil du temps mais on devinait encore leur teinte d'origine. Des cartons étaient alignés sur un mur et, comme au grenier, leur contenu était inscrit sur le dessus. Ici, également, il serait facile de trier. Le lit était en bois avec une commode et une table de nuit assortie qu'il avait fabriqués lui-même.

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Il franchit le seuil et caressa doucement le pied du lit, le bois était encore en bon état. Il ignorait s'il pourrait se séparer de ce mobilier mais il ne pensait pas en avoir l'usage un jour. Sa relation avec Tony ne lui permettrait sans doute pas d'avoir d'autres enfants et il ne savait pas non plus s'il aurait la force d'élever d'autres enfants. Cependant, il ne pouvait dénier à Tony le droit d'avoir des enfants. Ils auraient à discuter ce point à un moment ou un autre.

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Le matelas serait à jeter, le sommier en lattes était en bon état car il avait finalement peu servi. Kelly avait à peine profité de son lit, juste un an avant qu'elle soit… qu'elle lui soit enlevée. L'ensemble du mobilier était un cadeau pour son septième anniversaire, il avait mis deux ans à le réaliser entre ses diverses absences. Il avait eu du mal à le faire sans qu'elle ne le voie, seul le bateau avait réussi à la distraire suffisamment pour le lui cacher.

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Il vérifia la solidité de la commode et la table de nuit et constata avec plaisir qu'elles n'avaient pas souffert. Il serait aisé de les transporter si nécessaire dans sa nouvelle demeure. Il avait conservé également le berceau qu'il avait construit pour sa fille, il reposait au grenier, il lui faudrait l'inspecter également. Il jeta un dernier regard avant de sortir.

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Il se rendit ensuite dans son ancienne chambre, celle qu'il avait occupée avec Shannon et qu'il avait condamnée ensuite. Aucune de ses ex-femmes ou ses conquêtes passagères n'avait dormi là. Même Tony n'avait jamais pénétré dans la pièce. Il sentit son cœur se serrer à la vue du lit mais réalisa bientôt la désolation complète que la pièce laissait voir. La penderie était désormais vierge de tout vêtement, quelques cartons étaient alignés contre un mur, le lit était nu de toute literie.

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Ici, il avait passé des heures à faire l'amour passionnément à sa femme bien-aimée et il n'avait jamais voulu en ternir les souvenirs. C'était la raison principale qui lui avait fait fermer la chambre à toute autre intrusion. Elle était devenue un sujet de discorde avec ses ex qui ne comprenaient pas l'utilité de garder une pièce close ainsi. Il ne leur avait jamais expliqué le pourquoi de cette fermeture.

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Là aussi, il faudrait rafraichir le papier-peint, tout comme dans les autres pièces de la maison d'ailleurs. Pour le reste, il ignorait s'il aurait le courage de conserver le mobilier. Puis dans un éclair, il réalisa que rien ne lui ramènerait Shannon et que, tant qu'elle serait dans son cœur et ses souvenirs, les objets matériels étaient sans importance. Il céderait les meubles en même temps que la maison ou les donnerait dans un centre pour femmes battues. Une décision que Shan aurait approuvé, il en était certain.

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Ayant enfin pris position pour les deux chambres, il redescendit et entreprit de faire un brin de ménage comme Tony le lui avait conseillé. Il passa un chiffon sur les meubles, puis l'aspirateur et enfin un coup de serpillière. Le temps qu'il termine, il entendit une voiture stopper dans l'allée du garage et reconnaissant le moteur, il sourit. Il venait de finir de laver le sol lorsque l'italien franchit la porte d'entrée qu'il referma d'un coup de pied faisant grimacer l'ancien marine.

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Jet l'entendit poser ses courses dans la cuisine avant qu'il ne se déleste de son manteau et de ses chaussures qu'il rangea dans le placard de l'entrée. Puis, ses pas indiquèrent qu'il venait dans la salle mais il stoppa juste à la porte afin d'éviter de mouiller ses chaussettes. Jet vit son homme lui sourire depuis sa position avant qu'il ne rebrousse chemin vers la cuisine. Reprenant son matériel pour le ranger, il le suivit dans la foulée.

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Tony avait ouvert tous les placards et rangeait les victuailles dans un ordre qu'il jugeait utile et facile pour les retrouver. Il chantonnait doucement un air que Jet ne reconnut pas et ne chercha pas à demander, il aimait entendre Tony chanter, signe certain qu'il était heureux. Il ne voulait pas gâcher la bonne humeur du jeune homme et ternir la soirée qui s'annonçait un peu difficile pour les deux hommes.

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Jet savait que Ducky comprendrait, il avait déjà dû deviner ses intentions durant leur séjour chez Tony. Abby serait triste et aussi certainement furieuse qu'il la laisse ainsi seule mais il fallait qu'elle devienne autonome également et ne compte pas ou plus sur lui pour tout et rien. Elle aurait encore McGee, même si leurs relations n'étaient plus cordiales ni étroites, Palmer et Ducky. Elle ne serait pas seule et tous trois seraient les bienvenus chez lui et chez Tony, il en était certain.

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Il rangea le seau, la serpillière et l'aspirateur dans le garage avant de venir se laver les mains. Il en profita pour coincer Tony contre le réfrigérateur avant d'entreprendre de l'embrasser fougueusement. Tony éclata de rire avant de se laisser faire de bon cœur et de rendre le baiser avec ferveur. Les deux hommes furent rapidement à bout de souffle et durent se séparer. Ils se sourirent, front contre front et leurs mains posées sur la taille de l'autre tandis qu'ils se calmaient.

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Puis Jet se redressa, entreprit de refaire du café avant de se tourner vers son homme. Il voulait l'informer de ses décisions et voir avec lui ce qu'il pouvait faire.

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« J'ai réfléchi à ce que tu as dit plus tôt » commença-t-il. « La maison nécessite quelques travaux mais aussi un bon rafraichissement. Et il faut également que je décide ce que je veux faire du mobilier, il serait idiot de transporter tout surtout si je trouve un logement plus petit. »

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Tony le regarda en fronçant les sourcils. Il devait avoir mal compris ce que son homme venait de dire, il ne pouvait pas penser qu'il le laisserait habiter ailleurs qu'au ranch quand même. Il fallait qu'il en ait le cœur net.

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« Quel type de logement envisages-tu d'acheter ? »

« Une maison avec un grand garage ou au moins un coin atelier suffisamment grand pour me permettre de bricoler » annonça Jethro. « Je vais avoir besoin d'espace, je vais me lancer dans la menuiserie, la réparation de meubles, ce genre de choses. »

« Ok » dit simplement Tony.

« Tu peux me mettre en relation avec un agent immobilier ? »

« Je vais faire mieux que ça » lui sourit Tony. « Je connais un endroit parfait pour servir d'atelier, avec tout un tas d'outils en parfait état. Tu pourrais même y construire un bateau que nous pourrions amarrer sur le lac et nous en servir comme nid d'amour » proposa-t-il ensuite. « Et la maison qui le jouxte n'est pas mal non plus, assez grande pour permettre d'y vivre à plusieurs. »

« Est-ce que tu connais sa valeur ? » demanda aussitôt Jet, visiblement intéressé. « Je dois calculer si mes fonds seront suffisants pour faire une offre ferme. »

« Oh, je n'ai jamais songé à la faire évaluer, à vrai dire » indiqua Tony en fronçant les sourcils.

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Gibbs le regarda, imitant son geste. La maison appartenait-elle à Tony ? Deviendrait-il son locataire ?

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« Tone, est ce que tu possèdes la maison en question ? » demanda-t-il pour clarifier les choses.

« A vrai dire, non seulement la maison mais les dépendances, le haras et tout ce qu'il y a autour » précisa l'italien en souriant.

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Jethro le fixa un instant, tentant de comprendre ce qu'il voulait dire ou du moins espérant avoir correctement compris ce que Tony voulait dire.

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« Tu parles du ranch ? Tu veux que je vive avec toi ? »

« Jet, n'est-ce pas ce que font les gens qui se marient ? Ils vivent ensemble normalement. »

« Mais nous n'avons encore fixé aucune date et que vont dire les gens si nous vivons sous le même toit sans être mariés ? »

« Je me fiche des rumeurs, Jet » déclara Tony avec fermeté. « Je ne vais pas laisser quelques bigots me dicter ma conduite. Et puis, le Texas est plus tolérant que bien d'autres états. Et le fait que mon voisin approuve mon mode de vie sera un atout. Il est très respecté et être sous sa protection me garantit de ne pas être mis à l'index par la bonne société. »

« Très bien si tu es sûr que je ne vais pas ruiner ta réputation, j'accepte de vivre avec toi » annonça alors Jet.

« Oui, oui » cria Tony en levant les bras en signe de victoire et en sautant sur place. « Je vais donner quelques ordres pour que l'atelier soit nettoyé un peu et ensuite, tu pourras l'aménager comme tu voudras. »

« Ne donne pas de travail supplémentaire à tes ouvriers, je peux m'en charger une fois là-bas, tu sais. J'aurais tout le temps nécessaire. »

« Les gars seront heureux de le faire, ils ont apprécié ton aide après la tornade et tes conseils pour les réparations. Ce sera leur façon de te remercier, tu n'as pas intérêt à la leur ôter » le prévint Tony en souriant.

« Intérêt à ne pas me les mettre à dos, dans ce cas surtout si nous cohabitons » sourit Jet. « Tone, tu veux vraiment… »

« Oui, j'en suis sûr » le coupa Tony. « Et ne t'avise pas de te rétracter maintenant ou je jure que je te ferais la plus horrible scène de ménage de toute ta vie. »

« Oh, je crois que tu ne pourrais battre aucune de mes ex-femmes, elles auraient pu remporter l'oscar de la mégère de l'année chacune à tour de rôle » statua Jethro.

« Tant mieux parce que je ne veux pas que notre vie commune débute par une dispute pour une broutille pareille » répliqua Tony en secouant la tête.

« Tu as raison, il serait idiot de vivre chacun de son côté pour en fin de compte être réuni juste après notre union » capitula gracieusement Jet.

« Bien, heureux que tu vois les choses de mon point de vue » soupira Tony, heureux de n'avoir pas à batailler pour le convaincre. « Nous avons juste à déterminer ce que tu veux emporter et ce dont tu veux te débarrasser, un de mes amis se chargera du déménagement dans les meilleurs délais. »

« Tu sembles avoir un réseau d'amis plutôt étendu » nota Gibbs.

« Eh, que veux-tu que je dise, je suis un gars qui sympathise facilement » tenta de minimiser l'italien. « Et c'est toujours utile de compter sur autant de connaissances dans des domaines divers. »

« Quelque chose que McGee et David, et même Todd en son temps, ont toujours été étonnés » remarqua Jet. « Savoir que tu avais un carnet d'adresses impressionnant et qu'il n'était pas rempli uniquement avec des noms d'officiers des forces de l'ordre. »

« Je sais, ils ont tenté de mettre la main sur mon fichier juste avant mon départ mais je l'ai détruit devant leurs yeux » indiqua Tony. « C'est du moins ce qu'ils croient parce que ce que j'ai laissé tomber dans le coca n'était pas ma précieuse liste. »

« Et c'était quoi au juste ? »

« Rien, une clé USB vierge » rit le jeune homme. « Et s'ils ont été assez bêtes pour penser que je pouvais détruire ce que j'avais mis des années à établir, c'est leur problème et pas le mien. »

« Ils n'ont jamais cherché à te comprendre et c'est ce qui a creusé un fossé entre vous lorsque les choses ont commencé à se gâter » nota Jet d'une voix amère.

« Eh, ce n'était pas ta faute si David a tout fait pour entraîner McGee dans ses complots et qu'il l'a suivie aveuglément. C'est un homme adulte qui a fait ses propres choix et doit en accepter les conséquences. »

« Oui et bientôt, il devra faire des choix plus prudents » déclara l'ancien marine.

« Et de bons s'il veut continuer à faire partie de l'agence même si son désir de devenir le premier directeur de moins de 40 ans à diriger l'agence fait désormais partie de ses rêves qui ne se concrétiseront pas » dit Tony.

« Assez spéculer sur l'avenir de l'agence, nous sommes désormais dégagés de nos responsabilités envers elle » affirma Gibbs d'un ton ferme. « Occupons nous de notre avenir et de tout ce qui fera notre futur ensemble. »

« Bien dit » approuva Tony. « Nous avons bien mérité de nous consacrer désormais à autre chose de plus agréable même si j'ai parfois la nostalgie de mes années de flic ».

« N'as-tu jamais songé à simplement changer de ville et postuler pour être à nouveau détective ? » questionna Jet, curieux.

« A vrai dire, au moment de mon départ, j'étais plutôt écœuré de voir mes compétences mises en charpie et j'ai pris le parti de prendre le temps de faire le point sur mon futur » expliqua Tony tandis qu'il sélectionnait les ingrédients pour le repas.

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Ne voulant pas ternir l'instant par des souvenirs pénibles, Jethro choisit de ne pas relever les propos de l'italien. Il le regarda déposer les aliments sur le comptoir avant finalement de prendre la résolution de consulter Tony sur certaines décisions à prendre.

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« L'équipe ne sera pas là avant un bon moment, tu as le temps de préparer le menu » indiqua Jet.

« Aurais-tu quelque chose en tête ? »

« A vrai dire, ton avis sur quelques détails au sujet du déménagement et des travaux à effectuer » expliqua l'aîné.

« Ok, si tu veux faire ça maintenant, je te suis » accepta Tony.

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Les deux hommes firent le tour de la maison et Jethro indiqua ce qu'il comptait faire ou demanda l'avis de l'italien. Ils convinrent ensemble de moderniser la cuisine, de refaire la salle à manger en enlevant la tapisserie et en optant pour de la peinture. A l'étage, Jethro commença par la chambre d'amis où Tony avait dormi à plusieurs reprises avant de passer à la chambre occupée occasionnellement par l'ancien marine, les deux chambres nécessitaient un bon rafraichissement.

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Ensuite, avec un peu d'appréhension, l'aîné ouvrit la porte de la chambre qu'il avait partagé peu de temps avec Shannon et Tony hésita avant d'en franchir le seuil. Jet le tira à l'intérieur et Tony fit les quelques pas qui l'amena au centre de la pièce. Il en fit le tour du regard et s'imprégna de l'atmosphère.

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« Que veux-tu faire des meubles ? » demanda gentiment Tony.

« A vrai dire, le mieux serait de m'en séparer, il est inutile d'encombrer ta maison qui doit déjà posséder le mobilier nécessaire. »

« On peut toujours libérer une chambre si tu veux le garder » suggéra l'italien.

« Le style ne correspond pas à celui qui est chez toi » nota Jet. « Je préfère le vendre ou le donner, ce sera moins pénible que de le garder même dans une pièce où je n'irai pas souvent. »

« Et pour la chambre de ta fille, veux-tu également… »

« Je crois qu'il est temps que je tourne définitivement la page, les souvenirs sont plus précieux que les biens matériels » soupira Jet mais en esquissant un petit sourire.

« Comme tu le veux, je te suis quelle que soit ta décision. »

« Merci pour ton soutien, Tony, je l'apprécie vraiment. »

« Pas de quoi, nous allons bientôt former un couple, il est normal de s'entraider et se soutenir dans les moments difficiles » affirma l'italien avec fermeté.

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Il s'avança vers Jet et posa les mains sur les hanches de son homme avant de se pencher pour s'emparer de la bouche qui le tentait. Il posa ses lèvres sur les siennes et mordilla doucement jusqu'à ce que Jet lui autorise le passage en ouvrant la bouche. Les deux langues commencèrent alors une danse séculaire jusqu'au manque de souffle.

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Tony choisit cet instant où Jet était plus vulnérable pour lancer l'idée qu'il avait eu quelques minutes plus tôt.

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« Demain, nous pourrons faire le tri dans les deux chambres, voir ce que tu veux garder et préparer le reste pour donner » suggéra-t-il doucement. « Si tu préfères le faire seul, je comprendrais parfaitement et je te laisserai le champ libre. Je pourrais recevoir mon ami et voir avec lui ce qu'il pense pouvoir faire pour améliorer la maison. »

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Jethro regarda son homme un instant avant de détourner le regard. Il soupesa la proposition et finalement parvint à prendre une décision qu'il soumit aussitôt.

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« Je veux bien ton aide, Tony parce que j'aurais certainement besoin de tout le soutien possible pour parvenir au bout de cette tâche » accepta-t-il en lui dédiant un petit sourire de remerciement.

« Ok, c'est fixé » déclara Tony en lui pressant l'épaule. « Il serait temps que nous songions à préparer le diner et à décider ce que nous allons bien dévoiler à nos invités de notre futur. »

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Les deux hommes regagnèrent la cuisine où Jet se servit un café tandis que Tony se mettait à la préparation du repas. Jet s'installa de manière à observer l'italien s'activer. Le jeune homme était définitivement à l'aise dans une cuisine et savait indéniablement ce qu'il faisait. Il n'hésitait pas pour sélectionner les ingrédients, les préparer ou les cuisiner.

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Il nota également que Tony semblait plus serein, plus calme et relaxé. Il fredonnait même tandis qu'il coupait les légumes, ce qui était un signe certain qu'il était content. Si le fait de cuisiner lui permettait d'être ainsi, Jet se promettait de l'enjoindre à le faire plus souvent. Et il pourrait par la même occasion goûter les plats dont Tony leur avait parfois parlé durant ses années au NCIS et que personne n'avait jamais eu l'occasion de manger.

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Jet contempla encore son homme pendant les quelques minutes qu'il lui fallut pour terminer la préparation avant de venir lui donner un coup de main pour nettoyer la vaisselle sale et mettre la table. Il consulta l'horloge et constata qu'il leur restait tout au plus une bonne heure avant l'arrivée de leurs invités.

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« Il serait temps d'aller se préparer, la bande ne va pas tarder » conseilla-t-il.

« Et connaissant Abby, elle sera là avant l'heure et avant le reste de la troupe » remarqua Tony tandis qu'il se dirigeait vers l'escalier.

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Les deux hommes furent dans la chambre à la suite l'un de l'autre, fourragèrent dans leur sac pour prendre des vêtements propres et, sans se consulter, chacun choisit une salle de bains pour se doucher seul. Ils savaient que prendre leur douche ensemble les entrainerait forcément à faire autre chose.

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Une vingtaine de minutes plus tard, ils se retrouvèrent dans la salle de bains principale pour se raser et se coiffer avant de redescendre. Gibbs en profita pour préparer ce qu'il fallait pour l'apéritif sur la table du salon tandis que Tony vérifiait la cuisson du repas. Il réduisit la puissance du four et mélangea rapidement les légumes qu'il versa dans un plat et le plaça dans le four qu'il éteignit. Les plats resteraient au chaud sans pour autant brûler.

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Il passa dans la salle à manger où il déposa le vin et la corbeille de pain frais protégé par un torchon avant de rejoindre Jet dans le salon. Il alla vers la stéréo et sélectionna un CD qu'il mit dans le lecteur avant de s'asseoir sur le divan où Jet le tira vers lui et entoura ses épaules de son bras. Tony posa sa tête sur l'épaule de Jet et ils attendirent tranquillement que leurs invités se manifestent.