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Un nouveau chapitre qui s'est fait attendre et j'en suis désolée. Une connexion Internet très capricieuse et parfois absente en a retardé la publication.
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Ma seule excuse est une vie professionnelle en plein bouleversement, ce qui me stresse terriblement. Du coup, elle me perturbe et rejaillit négativement sur mes loisirs. L'écriture est passée au troisième plan de mes préoccupations depuis quelques semaines mais j'ai décidé de reprendre le contrôle dans la mesure du possible.
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Bonne lecture et merci de m'encourager à continuer et surtout terminer cette histoire.
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Chapitre 45 : Stupéfaction
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Il ne fallut pas longtemps pour que leur premier invité fasse son apparition et comme l'avait prédit Tony, ce fut Abby qui se présenta bien avant l'heure prévue. Elle avait toujours été la plus impatiente lorsqu'il s'agissait de connaître la raison qui se cachait derrière une invitation de Gibbs.
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Elle franchit la porte, prit le temps de retirer son manteau qu'elle suspendit avant de se hâter de gagner le salon où elle découvrit les deux hommes lovés sur le divan. Elle leur sourit avant de venir les étreindre et pour une fois, elle modéra son enthousiasme avant de prendre place à côté d'eux.
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« Je suis la première » s'étonna-t-elle.
« Comme toujours, Abs » gloussa Tony. « Et comme si tu ne le faisais pas exprès ! Mais tu devras réfréner ta curiosité et attendre que tout le monde soit là pour apprendre quoi que ce soit. »
« C'est pas juste, je devrais être la première informée » bougonna-t-elle en faisant la moue.
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Les deux hommes échangèrent un regard et secouèrent la tête. La gothique pensait que sa bouderie influencerait leurs décisions mais ils restèrent fermes. Elle soupira en constatant qu'aucun d'eux ne dévoilerait quoi que ce soit avant l'arrivée des deux autres. En attendant, elle leur fit part des ragots qui circulaient à l'agence sur leur apparition du matin.
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« Vous savez que les rumeurs les plus folles annoncent le retour de Tony » indiqua-t-elle. « A peine entendue celle-là que McGee et David se sont pointés dans mon labo pour en avoir confirmation. Je les ai renvoyés aussitôt en leur disant de se mêler de leurs affaires. Ziva a eu le culot de me dire que c'étaient leurs affaires dans la mesure où DiNozzo menaçait leur place dans l'équipe. Non mais, quel toupet ! »
« Abs, laisse-les dire ce qu'ils veulent » conseilla gentiment Tony. « Tôt ou tard, ils auront ce qu'ils méritent. »
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« Tu sais, Tony, j'ai toujours trouvé que tu étais bien trop indulgent et c'est sans doute ce qui t'a fait tant de tort avec eux, ils ont trop souvent compté sur ta bienveillance » l'admonesta Abby. « Il aurait fallu que tu sois un peu plus sévère avec eux et les réprimander quelques fois leur aurait fait le plus grand bien. »
« Allons, Abby, ce n'était pas dans ma nature de jouer les méchants, tu le sais bien » rappela Tony. « Les conflits sont une chose que j'évitais dans la mesure du possible. »
« Oui, tu préférais qu'ils te croient faible et c'est bien là le nœud du problème » le contra-t-elle. « Ils ont joué sur ce sentiment pour t'enfoncer quand ils en avaient envie. »
« Abs, ne gâchons pas cette soirée en parlant de choses qui risquent de fâcher, s'il te plait » quémanda Gibbs d'une voix douce.
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Et comme souvent avec lui, ce furent ces trois petits mots exprimés si rarement qui eurent raison de l'obstination d'Abby. Elle soupira puis fit une moue avant de finalement laisser aller et sourire aux deux hommes. La laborantine décida de changer de sujet.
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« Quand pourrais-je venir passer quelques jours au ranch, Tony ? » sollicita-t-elle soudain.
« Comme je te l'ai dit, quand tu veux, Abs » rappela Tony. « Il suffit d'un petit mot pour connaître la date de ton arrivée pour prévoir de te récupérer à l'aéroport et c'est tout. »
« Eh, Gibbs, ce serait formidable si tu pouvais prendre quelques vacances en même temps que moi » déclara-t-elle avec enthousiasme.
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Aucun des deux hommes n'eut à répondre, la porte d'entrée s'ouvrit au même moment et laissa le passage à Ducky et Palmer. Les deux médecins suspendirent leur manteau et rejoignirent le groupe dans le salon. Tony et Jet s'empressèrent de servir un verre à chaque invité et un toast fut porté aux retrouvailles et à la famille. Puis Gibbs et Tony racontèrent leur petite escapade et la leçon de pêche de l'italien qui montra fièrement les photos de ses prises et mit l'eau à la bouche des trois convives en leur indiquant le sort des poissons.
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Puis, Tony s'en fut dans la cuisine vérifier le repas tandis que Gibbs aidé d'Abby commença à ranger les restes de l'apéritif et les verres sales. Tous deux revinrent ensuite tenir compagnie aux médecins tandis que Tony apportait les mets dans la salle à manger avant de les appeler. La joyeuse bande s'installa autour de la table et les effluves odorants mirent l'eau à la bouche de chacun.
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Le repas fut animé, personne ne fit allusion à l'agence ou aux absents. Ducky raconta quelques souvenirs de voyage de façon amusante et pour une fois courte, Tony révéla des anecdotes concernant les clients du haras et leurs curieuses exigences pour leurs champions, Gibbs se contenta d'écouter et de faire quelques commentaires ici et là pour satisfaire l'auditoire.
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Abby posa quelques questions, émit des opinions sévères ou drôles selon les circonstances, Jimmy voulut savoir tout sur la nouvelle vie de Tony et le bombarda de questions auxquelles l'italien répondit de bon gré. Le jeune assistant soupira de plaisir lorsque Tony l'invita à venir lui rendre visite en lui indiquant qu'il mettrait l'avion à sa disposition pour le trajet et que cela était valable pour chacun d'eux.
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Vaille que vaille, le diner se passa sans anicroche et les deux amoureux réussirent à brider la curiosité de la gothique. Lorsque chacun fut repu, Jet et Tony se chargèrent de ranger les restes tandis que Ducky et Jimmy nettoyèrent la table et mirent la vaisselle dans la machine. Abby s'occupa de faire le café et de préparer un thé pour le légiste. Enfin, tout le monde se retrouva à nouveau au salon pour le dessert.
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Et vint enfin le moment de vérité, celui où il fallait annoncer les résolutions prises par les deux hommes. Jet lança un regard à l'italien comme pour solliciter son aide dans la délicate approche à adopter pour avouer ce qu'il voulait faire. Il avait la ferme intention de ne pas laisser Abby le faire se sentir coupable de partir.
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« Hum » fit Tony pour attirer l'attention de leurs invités. « Jet et moi avons quelque chose à vous dire. Ca concerne, en premier lieu, ce qui s'est passé ce matin dans le bureau du nouveau directeur. »
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Et là, Tony expliqua en détail l'entrevue qu'ils avaient eue avec Davenport et Vance. Puis Gibbs prit le relais.
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« Lorsque j'ai compris de quoi il retournait, j'ai décidé de suivre Tony et de refuser de jouer leur jeu » commença-t-il.
« Oh, bien répondu, Bossman » fit Abby en applaudissant.
« Ils se sont contentés de ton refus ? » s'enquit Ducky qui était un peu sceptique.
« Non, ils voulaient que je choisisse un nouvel agent et que je reprenne le travail rapidement » indiqua-t-il. « J'ai déposé mon arme, mon badge et mon pass sur la table et je suis parti en entrainant Tony avec moi. »
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Il laissa ses propos faire leur chemin dans l'esprit de ses amis et soudain, Abby ouvrit de grands yeux tandis que Ducky haussait les sourcils. Jimmy se contenta de sourire légèrement.
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« Gibbs, tu veux nous faire comprendre que tu as démissionné comme ça, sans crier gare ? » s'exclama la scientifique d'une voix suraiguë. « Tu ne peux pas nous faire ça, ME faire ça, je n'aurais plus personne… »
« Abs ! » tonna l'ancien marine pour arrêter le flot de paroles. « Il est inutile de chercher à me culpabiliser, j'ai choisi de couper les ponts avec le NCIS pour des raisons qui me sont propres et malgré les belles années passées là avec vous, je n'ai plus le même enthousiasme à y travailler depuis le départ de Tony. »
« C'est peu de le dire ainsi, mon cher ami » renchérit Ducky. « Il était devenu difficile de te trouver à toute heure à ton bureau plongé dans le travail. Tu passais le plus clair de ton temps dans ton sous-sol qu'au bureau et c'était tout bénéfice pour toi. »
« Ca n'empêche qu'il ne peut pas partir comme ça » objecta encore Abby, toujours véhémente.
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Elle ne pouvait trouver en elle la force de se taire, elle avait déjà perdu Tony et les quelques mois qui avaient suivi son départ avaient été particulièrement durs. Savoir qu'elle pouvait être responsable en partie de son exil l'avait tourmentée et lui avait fait perdre le sommeil durant un temps. Elle ne pouvait concevoir de revivre la même chose avec la démission de Gibbs.
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« Abby, si tu tiens à faire encore partie de ma vie… ou de celle de Tony, je te conseille d'accepter ma décision sans restriction » statua soudain Jet.
« Et puis d'abord, que feras-tu ici tout seul toute la journée ? Tu t'ennuieras au bout de quelques jours comme lorsque tu es en vacances » objecta-t-elle.
« Je ne verrai sans doute pas le temps passé… du moins dans les prochaines semaines » indiqua l'ancien marine.
« Sûr que la nouveauté sera alléchante » bougonna encore la gothique. « Tu deviendras vite dépressif à tourner en rond ici. »
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Le regard que Tony et Jet échangèrent n'échappa pas à Jimmy et Ducky. Et ce fut le jeune homme qui osa faire une hypothèse.
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« Vous ne restez pas à Washington, n'est-ce pas, Agent Gibbs ? » dit-il tranquillement. « Vous suivez Tony, j'imagine ? »
« Oh, Gremlin, félicitations ! » lança Tony. « En plein dans le mille. »
« Quoi ? » s'affola aussitôt Abby. « Gibbs, non ! Tu ne vas pas partir si loin, dis ? »
« Si » confirma simplement Jethro. « Je vends la maison après y avoir fait quelques travaux et je vais aller à Forth Worth. »
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Elle le regarda quelques minutes sans rien dire, la tristesse peinte sur son visage. Elle se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de verser les larmes qui menaçaient de couler. Elle ne voulait pas gâcher la soirée mais savoir que son renard argenté avait choisi de partir et de la laisser ici lui faisait mal.
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« Tu songes à acheter une maison là-bas ? » demanda Ducky, un air mutin sur le visage.
« Non » répliqua laconiquement Jet.
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Tony soupira et décida de lâcher une autre bombe en espérant que celle-ci serait mieux accueillie.
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« Jet et moi vivrons ensemble » annonça-t-il tout de go.
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Avant de poursuivre, il attendit les réactions de leurs invités. Deux d'entre eux ouvrirent de grands yeux tandis que le troisième leur souriait tendrement.
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« Vous… vous… » tenta de s'exprimer Abby sans parvenir à formuler autre chose.
« Il est grand temps ! » remarqua simplement Jimmy.
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A ces quelques mots, Abby se tourna vers lui, un air incrédule sur le visage.
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« Qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire ? » demanda-t-elle belliqueuse.
« Allons, ma chère » essaya de l'apaiser l'écossais. « Ne nous dis pas que tu n'as jamais suspecté que ces deux-là étaient plus que des collègues ? Même si chacun d'eux a réussi à cacher ses sentiments à l'autre et à son entourage, quelques indices auraient dû te mettre sur la voie. »
« Ah, oui ! » gronda la scientifique. « Quels indices ? Et d'abord, pourquoi aucun d'eux ne m'a dit quelque chose ? »
« Parce que nous ne voulions pas t'obliger à porter et garder un tel secret » avoua Tony. « Nous savons que tu nous aimes tous les deux et si l'un de nous avait révélé les sentiments qu'il avait envers l'autre, tu aurais été triste de ne pouvoir rien faire pour nous réunir. Il valait mieux ne rien dire. »
« Et souffrir en silence était mieux, sans doute ? » objecta-t-elle en levant les mains pour montrer sa frustration. « Vous êtes tous deux stupides et bornés. »
« Abby, j'ignorais si Jet répondrait à mes sentiments tout comme il était dans l'impossibilité de savoir si j'accepterais les siens » expliqua l'italien. « Comment, dans ces conditions, aurions-nous pu faire ou dire quoi que ce soit ? »
« Vous l'avez bien fait si vous êtes désormais ensemble ! » nota-t-elle en haussant les épaules.
« Je ne travaille plus dans une quelconque force de police et je ne suis plus sous ses ordres » rappela le jeune homme. « Nous ne risquons pas de mécontenter quiconque à ce niveau. »
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Bornée elle aussi, Abby voulait encore argumenter et s'apprêtait à poursuivre le débat lorsque Jimmy décida de placer son opinion personnelle sur le sujet.
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« En tout cas, je suis ravi que vous vous soyez décidés à sauter le pas et envisager de vivre ensemble sans plus vous préoccuper de l'opinion d'autrui » réussit-il à dire avant Abby. « Félicitations et je vous souhaite d'être heureux. »
« Je me joins à M. Palmer » embraya aussitôt Ducky. « Mes sincères félicitations et tous mes vœux vous accompagnent où que vous soyez, ici ou à Dallas importe peu. Nous savons que nous serons toujours amis et que nous nous reverrons souvent. »
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Après la tirade du légiste, les quatre hommes se tournèrent vers la gothique avec appréhension et espoir. Visiblement, ils s'attendaient à ce qu'elle continue ses lamentations. Pourtant, elle comprit rapidement que les récriminations devaient cesser et elle releva la tête avant de leur adresser un grand sourire.
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« Bien sûr que je suis également contente pour vous deux » soupira Abby d'un air tragique. « Mais je sais que l'ambiance ne sera plus la même, je vais me languir de vous deux et McGee ne sera pas le moins du monde un soutien suffisant. Et puis, il y a la situation de Ziva et de la directrice qui va engendrer des rumeurs et des commentaires désagréables. Comment je vais faire face à tout ça ? »
« En laissant les ragots passés au-dessus de ta tête sans y répondre, Abs » suggéra Tony. « Le mieux est de te détacher de la situation et de ne pas t'impliquer dans toute polémique à ce sujet. Certains chercheront à t'y entraîner malgré toi et il te faudra être suffisamment forte pour éviter le piège. Tu auras le soutien de Ducky et Jimmy si tu en as besoin. Et tu sais que tu pourras toujours nous appeler à l'aide si nécessaire. »
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Un bref silence suivit les dernières paroles de l'italien avant que Jet ne se lève et attrape la cafetière. La discussion avait été assez perturbante et il avait besoin de se doper à nouveau. Tony se leva également et décida de tâter le terrain pour son idée auprès du principal intéressé.
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« Eh, Gremlin, toi et moi avons besoin de discuter un peu pour rattraper le temps perdu, si je puis dire » lança-t-il en guise d'excuse.
« Oh ! » fit Jimmy avant de rejoindre Tony qui se dirigeait vers le jardin.
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Les deux hommes firent quelques pas pour s'éloigner un peu de la maison. Tony se tourna pour contempler la bâtisse avant de soupirer.
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« Comment vont les projets de mariage, Jimmy ? »
« Pour ce que j'en sais, plutôt bien » commença James. « Brenna et sa mère s'occupent de tout, je leur laisse le choix de tout organiser comme elles le souhaitent. De cette façon, je n'ai qu'à approuver et je suis tranquille. »
« Sage décision, Dr Palmer » gloussa Tony. « Et où avez-vous envisagés d'habiter ? »
« Ici, si nous réussissons à trouver une maison qui soit dans nos moyens » indiqua l'assistant légiste. « Nos économies combinées avec un petit prêt bancaire devraient nous permettre d'acheter en ville, nous voulons nous débrouiller sans l'aide des parents de Brenna. Le choix sera restreint mais aucun de nous ne veut dépendre de M. Slater. »
« Et tu as des exigences particulières pour votre nid ? » demanda l'italien.
« A vrai dire, pas beaucoup » indiqua Jimmy. « Si au moins, nous pouvions avoir trois chambres au minimum, ce serait parfait. Pour le reste, nous pourrons toujours nous débrouiller. Mon beau-père Ed pourra nous recommander quelques artisans pour faire des travaux si nécessaire. »
« Et tu as un quartier en vue ? »
« Pas trop loin du travail, du mien comme celui de Brenna si nous avons de la chance » stipula le jeune médecin.
« Eh bien, j'espère que tu trouveras ton bonheur, Black Lung pour abriter ta petite famille. »
« A vrai dire, je désespère un peu parce que Brenna se laisse influencer par sa mère pour résider plus près de chez eux et je voudrais plutôt nous éloigner. Ed est un peu trop envahissant et je sais qu'il souhaite voir sa fille chérie plus près de chez lui que plus loin. Je préfèrerai le contraire quant à moi » soupira Jimmy.
« Et lui expliquer les choses ? » suggéra Tony.
« J'ai déjà essayé de lui laisser entendre que nous aimerions avoir un peu plus d'intimité mais il ne semble pas vouloir le comprendre » déclara le légiste avoir une note de désespoir.
« Dans ces conditions, le mieux est de choisir votre maison sans lui en parler. »
« Ce serait l'idéal mais il est constamment en train de nous faire des suggestions bien au-dessus de nos moyens, pour nous forcer la main » se plaignit Jimmy.
« Et qu'en pense ta charmante moitié ? Veut-elle l'aide de ses parents ? » demanda Tony.
« Non, tout ce que suggère Ed l'a pour l'instant plus ou moins dégoûté » gloussa le légiste. « Si tu avais pu voir sa tête lorsque Brenna lui a dit qu'il avait des goûts qui étaient loin des siens, c'était à mourir de rire. Ed était l'image même de l'affliction et il était près de l'apoplexie. Sa femme a fini par le raisonner et lui interdire de se mêler de notre choix. »
« Belle-maman est de votre côté donc ? » nota Tony négligemment.
« On peut dire ça, en effet même si elle ne se prive pas de donner quelques conseils » admit James. « Brenna et moi voudrions un coin tranquille comme ici » poursuivit-il. « Ce quartier a l'air habité par des gens simples et discrets, des voisins accueillants et qui s'entraident au besoin. C'est dans ce genre d'endroit que je voudrais élever ma famille » conclut-il.
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Tony observa le jeune médecin durant quelques minutes, réfléchit à toute vitesse puis il s'approcha de lui, entoura ses épaules de son bras avant de lui faire part de son idée.
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« C'est jour de chance pour toi, Gremlin » déclara-t-il avec un sourire. « J'ai une proposition à te faire, tu en discutes avec Brenna et tu reviens vers moi rapidement. »
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Et durant le quart d'heure suivant, il exposa à son ami ce qu'il avait en tête. Les deux hommes échangèrent ensuite d'autres idées puis Tony laissa Jimmy songer tranquillement à sa suggestion. Au bout de quelques minutes, James prit son téléphone et entreprit de faire part de l'idée à Brenna, ce qui conduisit à une discussion entre les deux hommes et la jeune femme.
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Finalement, tous trois parvinrent à la conclusion que l'offre valait la peine d'être étudiée et la future mariée accepta de passer quelques minutes le lendemain avec le trio, Jet inclus, pour en parler. Mais si l'enthousiasme de la future Mme Palmer était un bon indice, l'affaire semblait presque conclue.
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Après avoir raccroché, Jimmy étreignit Tony en le remerciant profusément, son ami venait de leur épargner bien des tracas et surtout, une énorme perte de temps et d'énergie. Brenna avait indiqué être déjà bien assez stressée avec les préparatifs du mariage et ne demandait qu'un peu d'aide pour le reste. La proposition de Tony la ravissait et elle était prête à y consacrer quelques heures le lendemain.
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Tony invita les deux jeunes futurs mariés pour un déjeuner informel avec Gibbs et lui pour aborder le sujet simplement et discuter éventuellement d'un accord. Si Tony ne se trompait pas, Jet serait partant pour cette solution sachant qu'il avait de l'estime pour le jeune légiste.
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Leur aparté s'orienta ensuite vers d'autres sujets et bientôt, ils riaient comme il leur arrivait de le faire par le passé. Leur amitié était née doucement et avait évolué à petits pas pour devenir solide lorsque tous deux furent la cible des remarques malveillantes de deux agents juniors de l'équipe.
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Il leur arrivait parfois de sortir ensemble boire un verre, de déverser leur frustration en jouant au billard ou au basket, de regarder un film en dévorant du pop-corn et en sirotant une bière. Tony avait un jour comparé leur entente à celle que Gibbs et Ducky partageaient. Et Jimmy avait approuvé en indiquant qu'il avait peu d'amis et qu'il était heureux de compter l'italien parmi eux.
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Après une courte pause, les deux hommes décidèrent qu'ils étaient temps de rejoindre le reste du groupe qui devait sans doute se poser quelques questions qu'en à leur escapade.
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Tandis que les deux amis sortaient, Ducky et Abby méditèrent durant quelques minutes sur les nouvelles apprises plus tôt.
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La jeune gothique était encore passablement déçue par la tournure des évènements. Elle aurait fini par accepter l'absence de Gibbs au travail si elle avait l'assurance de pouvoir venir lui rendre visite lorsque l'envie lui en aurait pris. Et c'est bien ce qui la chagrinait, elle ne pourrait plus se considérer comme importante dans la vie de son 'renard argenté' si elle ne pouvait le voir chaque jour.
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Pourtant, d'un autre côté, elle devait reconnaître que son 'père spirituel' méritait bien ce bonheur tout neuf. La vie ne l'avait pas gâté ces dernières années et savoir que les deux hommes les plus importants de sa vie avaient décidé d'unir leurs destins la réjouissait quelque peu. C'était un cadeau inespéré qu'aucun d'eux ne devait et ne pouvait refuser, elle en était convainque.
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Les déboires créés par Shepard et David avaient secoué leur petit monde et il se devait d'en sortir un aspect positif et Abby, en grande romantique, était ravie que l'amour en soit une conclusion heureuse. Elle allait devoir prendre sur elle de laisser ses deux amis partir loin d'elle tout en sachant qu'ils seraient toujours là pour elle si la nécessité se faisait un jour sentir.
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Elle soupira puis sa gaieté naturelle revint peu à peu. L'optimisme était dans sa nature et elle se devait de le rendre plus fort, elle serait toujours une part de leur vie et aurait l'occasion de leur rendre visite souvent et de pouvoir ainsi pousser jusqu'en Louisiane pour voir sa famille. Elle ferait ainsi d'une pierre deux coups et si le voyage était gratuit, elle en profiterait régulièrement. Elle se souvenait que Tony lui avait proposé son avion personnel pour se déplacer, ce qu'elle comptait bien accepter aussi souvent que possible.
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Elle se leva et se dirigea vers la porte-fenêtre dans l'évidente intention de rejoindre les deux hommes dans le jardin lorsqu'une main se posa sur son épaule. Gibbs venait de comprendre son désir et souhaitant laisser les deux amis discuter en paix, il intercepta la jeune femme.
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« Laisse-les encore un moment tranquilles, Abs » suggéra-t-il doucement. « Ils ont besoin de reconnecter un peu. »
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Abby observa les deux amis avant de reporter son regard vers l'ancien marine qu'elle scruta quelques secondes. Elle opina de la tête et pivota pour reprendre place sur le divan. Elle sourit aux deux hommes qui observaient les deux jeunes gens depuis leur place.
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« C'est bon de les voir ainsi » déclara-t-elle avec un brin de nostalgie dans la voix. « C'est drôle mais le jour où ces deux-là sont devenus amis, ils se sont serrés les coudes et Jimmy s'est tourné souvent vers Tony en cas de besoin. Leur amitié me faisait penser à celle qui vous lie, tous les deux. J'ai rêvé de les voir devenir 'vous' le jour où ils prendraient votre relève. »
« Ma chère enfant, c'était aussi l'un de mes souhaits mais les circonstances en ont décidé autrement » soupira Ducky. « Ces deux-là étaient destinés à assurer la passation et nous remplacer dans nos rôles respectifs, c'était ce que beaucoup pouvaient souhaiter de mieux pour l'agence. »
« Oui, Tony aurait fait un très bon chef d'équipe et Jimmy est en passe de devenir un bon légiste » ajouta Gibbs avec sincérité. « Ducky et moi avons parfois plaisanté en disant qu'ils formaient une paire aussi formidable que la nôtre. »
« L'important est qu'ils soient encore amis, n'est-ce pas ? » demanda Abby comme pour être rassurée.
« En effet, Abigail, c'est ce qui est le plus important » approuva le légiste. « Espérons que la distance qui va nous séparer ne sera pas un obstacle à nos retrouvailles. »
« Tony et moi serons toujours heureux de vous avoir au ranch et nos emplois du temps nous permettront sans doute de venir ici quand bon nous semblera » rappela Jethro. « Et l'avion fera la navette entre la capitale et notre résidence au bon vouloir de notre italien, j'en suis sûr. »
« Il va lui falloir faire des réserves de carburant parce que nous allons en effet abuser de son offre de nous faire voyager en jet privé » plaisanta Abby.
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Elle venait juste de terminer sa phrase lorsque les deux jeunes gens franchirent la porte et vinrent les rejoindre. Abby tapota le divan près d'elle pour inviter Tony à venir s'asseoir à ses côtés, entre elle et Gibbs. Jimmy sourit et reprit place près de son mentor avant de se servir une tasse de café.
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Ducky remarqua que son assistant semblait soulagé, comme si un poids avait été enlevé de ses épaules. Sa discussion avec l'italien avait eu un effet bénéfique et il en était ravi. Tout comme pour lui, avoir revu son ami était un point positif et il espérait que les deux jeunes gens resteraient désormais en contact tout comme lui se promettait de le faire.
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Une discussion générale s'engagea ensuite et Abby initia le sujet. Elle prit sur elle de conseiller à Gibbs de procéder à quelques changements et améliorations. Tony rebondit sur le sujet en annonçant que Brenna allait leur faire quelques suggestions dès le lendemain pour lancer les travaux avec l'architecte dans les 48 heures.
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Tony lui indiqua que seule la future Mme Palmer aurait voix au chapitre des travaux à entreprendre pour valoriser la maison. Il spécifia que la demeure devait prendre de la valeur ou du moins être plus attrayante pour augmenter les chances de la vendre rapidement. Il souligna que le rouge et le noir ne seraient sans doute pas du goût des acheteurs lorsqu'il vit Abby bouder.
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Le regard que Tony échangea ensuite avec Jimmy intrigua Gibbs sans qu'il relève. Il laisserait Tony lui en expliquer la raison. Il soupçonnait quelque secret entre ces deux-là mais rien qui ne soit douteux. Il pouvait faire confiance à son homme pour ne pas l'emmener dans des situations périlleuses. Eviter également une polémique avec Abby serait dans son intérêt.
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Finalement, l'heure tardive encouragea les invités à faire leurs adieux et tous se promirent de diner à nouveau ensemble avant le départ des deux hommes pour le Texas.
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On s'approche de la fin de cette très longue histoire. Encore deux ou trois chapitres pour conclure avant de passer à autre chose de totalement différent.
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A bientôt.
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Chtimi
