Karma-sutra

Auteur : Angelscythe

Couple : Koro-senseiXKarma ! (j'assume tout !)

Genre : Romance essentiellement, humour j'espère mais je préviens qu'il y aura des sujets sensibles !

Disclaimers : Tous les personnages, hormis les clients et les employés du bar, appartiennent à Yūsei Matsui


Chapitre 11 : Séquence auprès de l'ennemi

- C'est ici ! Annonça Ritsu.

Nagisa s'accrocha au tentacule rouge foncé de son professeur.

- Attendez !

- Nagisa…

- Il sait que vous voulez venir. Il vous attend. Il a certainement préparé des plans. Peut-être même certains qui mettront Karma en danger… Et vous êtes tellement en colère. Vos faiblesses ressortent. S'il vous plaît…

Les tentacules s'agitèrent, sortant de la poigne du garçon. Mais l'une d'elle se posa doucement dans ses cheveux.

- Tu as raison. Je n'aime pas ça… Mais je vous laisse me montrer vos compétences.

Nagisa sourit de toutes ses dents, dissimulant ses craintes. Il se tourna ensuite vers les deux autres. Il voyait bien que la peau de leur professeur était toujours très foncée. Pour une fois, une tentative serait supervisée par lui, réduisant donc les risques de ratés.

Il l'espérait.

Il était très inquiet pour Karma et tout ce qu'on lui cachait.

- Nagisa, va sonner. Dit Terasaka. Tu le tiendras occuper.

- Et pendant ce temps, on pourra trouver une entrée avec Koro-sensei. Approuva Sugino.

- D'accord… Mais ça ne fera pas bizarre qu'un adolescent vienne sonner à…

Il jeta un coup d'œil sur son téléphone.

- Trois heures trois ?

- Trouve quelque chose. Fit la petite frappe en haussant les épaules.

- Je sais ! Lança Koro-sensei.

Il disparut subitement et revint tout aussi vite, ne laissant qu'un vent frais leur cogner le visage. La seconde d'après, les tentacules tartinaient Nagisa d'un liquide visqueux.

- … J'aurais dû te demander. Releva le poulpe.

Le garçon observa son gilet et ses mains. Ils étaient salis par de la boue et une substance rouge foncée rappelant du sang. Le petit bleu passa sa main dans ses cheveux et les ébouriffa avant de se constituer une expression de chien battu.

- On y croirait. Se moqua Terasaka. On doit s'inquiéter de toi à l'avenir.

L'intéressé sourit légèrement puis sortit des fourrés, en profitant pour attraper des branchettes et feuilles qu'il éparpillé sur lui. Il trottina alors vers la maison. Son pied foulait un petit chemin qui crissait étrangement sous ses pieds. Les réverbères lui apprenaient qu'il marchait sur des galets roses. Mais pas que… Un œil avisé et un usage régulier de ces éléments lui permettaient de découvrir des balles anti-professeur. Il avait eu raison de ne pas le laisser se précipiter.

Serait-il déjà mort ?

Il n'avait pas envie d'y penser.

Il porta ses mains souillées à ses yeux et sentit les salissures s'infiltrer. Il eut un sursaut de douleur alors que des larmes jaillirent pour le protéger et évacuer tout cela.

Parfait.

Il sonna et se rappela ses cours. Ceux de Koro-sensei, ceux de Karasuma et d'Irina. On comptait sur lui !

Il se mordit la lèvre inférieure. Pourquoi est-ce qu'on ne lui ouvrait pas ?

Le garçon leva son doigt pour sonner une nouvelle fois mais la porte s'ouvrit. Il ne cacha pas son air soulagé et leva la tête.

- B… Bonjour… Je… Je vous dérange ? Couina-t-il.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je…

Nagisa glapit et agita les épaules en un simulacre de soubresaut. Il se laissa tomber à genoux.

- Ces hommes… Ils…

Il reprit ses faux pleurs. Il sentit des mains sur ses bras et mima l'effroi.

- Ne soit pas si effrayé, petit chat. Viens.

L'homme s'abaissa et l'aida à se redresser.

- Je ne te veux aucun mal, petit chat.

Il l'attira à l'intérieur. Nagisa s'accrocha à son poignet et tira dessus.

- Pitié. Pitié. Je n'ai… Je… Je veux… Je veux juste… police… Ils…

Il n'avait pas la moindre idée de ce que s'imaginait cet individu ni ce qu'il mimait en fait. Mais ça fonctionnait.

L'homme lui caressait les cheveux.

- Oui. Il faut rentrer alors. Et te laver un peu, mon petit chat.

- Police ? Insista-t-il en tirant sur son poignet.

Il fallait que les autres rentrent.

L'assassin l'attrapa par les hanches et le prit dans ses bras comme une princesse. Nagisa retint un faux hurlement par peur que ça inquiète ses camarades. Mais que faire ?

- V… Vous restez avec moi… pour appeler ? Gémit-il.

- Oui. Pauvre petit chat.

Il l'emmena dans le salon alors que le garçon regardait rapidement les fenêtres. Aucun de ses proches n'était là. C'était déjà ça… Non ?

- Je reviens.

L'homme s'éloigna.

- Non !

Il se tourna vers l'adolescent, surpris.

- Pitié… J'ai peur.

Il reçut un baiser sur son front souillé.

- J'arrive.

L'assassin partit alors que le petit bleu ne savait pas comment réagir. Insister plus risquait de faire tomber sa couverture…

Il trembla en restant dans ce salon inconnu, regardant l'homme partir vers une autre pièce.

L'homme rentra dans la salle de bain et se pencha au-dessus de la cuve.

- Tout va bien pour toi, mon petit oiseau ?

- Va te faire foutre, couille molle. Maugréa-t-il.

- Tu es très malpoli.

Il se pencha sur le verre et regarda Karma qui baignait déjà dans le liquide rose.

- Je suis triste que tout cela t'arrive.

- Tu dois être la seule personne qui croit à ça. Et éloigne-toi de là, tu offres une vue exécrable. Je ne tiens pas à vomir dans ma piscine, ce serait dégueulasse.

- Tant d'agressivité. Mais ne t'inquiète pas. Mes détecteurs ont remarqués le poulpe. C'est bientôt fini. Je t'emmènerais dans mon lit, je t'aimerais toute la nuit.

- Merci bien, la nuit est presque finie.

Il ouvrit la bouche alors que le liquide nappait ses joues. L'homme frappa contre la vitre.

- N'avale pas ça, idiot !

Il bougea la vitre, jeta un cordage et sauta dans la piscine pour l'attraper par les épaules. Il fut frappé par le sourire de Karma et vit ses mains se jeter sur lui. Les liens n'étaient plus autour de ses poignets mais de sa gorge et il le sentait serrer alors que son regard était fou. Le client pâlit et l'attrapa par la tête avant de le fracasser contre la faïence. Le choc étourdit Karma qui gémit. L'assassin attrapa son mouchoir et fit un bâillon au garçon avant de le rattacher.

- Tu devrais te calmer petit oiseau.

Il se redressa et se dirigea vers le bord de la cuve. L'adolescent bougea les pieds, fauchant les jambes de l'homme qui se cogna la tête contre le rebord. Il grogna et sortit de son piège. Il retira la corde, tira le verre et ouvrit plus fort la valve.

- Si c'est ainsi que tu le prends…

µµµ

Le tentacule se glissa sous le chambranle de la fenêtre pour déverrouiller mais fut vite retirer alors qu'il fondait.

- De la vibre anti-moi.

- Il vous attendait vraiment. Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Sugino.

- Je sais. Dit Terasaka. Professeur.

Il lui jeta un billet.

- On a besoin de papier collant.

Une seconde après l'adolescent avait ce qu'il avait demandé. La petite frappe entreprit d'en coller sur la vitre à une vitesse, Koro-sensei devait le reconnaître, assez impressionnante. Lorsqu'il eut finit de coller, il s'enroula le poing dans l'adhésif et frappa de toutes ses forces.

Pas un bruit.

- Eh bien… Terasaka… Tu nous caches des choses. Remarqua le poulpe.

- Vous auriez pu vous en douter ! Se moqua-t-il.

Il plongea sa main à travers la vitre et ouvrit la fenêtre qu'il maintint pour Sugino. Celui-ci se faufila puis détacha les filets anti-professeur qui servaient de tentures. Lorsque le poulpe fut à l'intérieur à son tour, le garçon tint la fenêtre à son camarade qui les rejoignit enfin.

Devant la porte, ils trouvaient un rideau de perles faites avec les balles anti-poulpe.

- Il est paranoïaque. Murmura Sugino, blanc.

- Il a raison. J'aurais été bien vite piégé même si je m'en serai sorti. Affirma-t-il. Mais il ne savait pas que je serai avec vous. Merci, les enfants.

- On va l'avoir !

µµµ

Nagisa leva la tête lorsque l'assassin revint. Il remarqua qu'il avait changé de vêtement et était nu-pied.

- J'ai glissé dans la salle de bain. Rit-il.

- Je… Je peux aller dans la salle de bain, moi aussi ? Chuchota le petit bleu. Je suis…

Il se retrouva avec un baquet d'eau chaude dans la main.

- Ah. M… Merci…

Le garçon se demandait ce qu'il devait faire maintenant. Il accepta le gant de toilette qui allait avec et entreprit de se laver un peu.

- Je peux… Je peux téléphoner ?

- Oui. Que t'est-il arrivé, petit chaton ?

Le petit bleu eut un frisson en sentant les doigts se perdre dans ses cheveux alors qu'il le dévorait des yeux.

- M… Maintenant ? Votre téléphone est…

L'homme se redressa et lui tendit la main. L'adolescent s'obligea à la prendre et se laissa diriger vers le téléphone. Ils partirent vers le couloir où Nagisa décrocha et se mit bien devant le pavé pour composer le numéro de la borne de Ritsu. Avec ça, il pourrait faire semblant qu'il appellerait la police.

Il jeta un coup d'œil derrière lui. Qu'allaient faire les autres ? Où étaient-ils ?

- Bonjour…

- Bonjour !

- Je… Je vous appelle parce que, j'étais dehors et… Et des hommes m'ont attaqué.

- Je suis Ritsu-policière. Koro-sensei, Sugino et Terasaka sont dans la pièce du fond ! Ils ne sont pas très loin.

Est-ce que la main de l'homme se perdait dans ses cheveux ?

- Que… Qu'est-ce que je dois faire ? Je… J'ai très peur.

- As-tu vraiment peur ? Demanda Ritsu.

- Un peu, oui.

- Les renforts arrivent bientôt ! Ils doivent passer. Je préviens les autres ! Encore quelques minutes.

- D'accord.

µµµ

Le liquide avait entièrement submergé Karma qui n'avait plus que l'air dans les poumons pour respirer. Et dire qu'il était encore attaché de partout… Il se colla contre le mur et s'en servit pour ramener ses poignets derrière son crâne, défaisant le mouchoir qui s'enfonça lentement dans les balles fondues. Il ne voyait rien, les yeux fermés à cause de cette mélasse trop opaque.

Trop agressive.

Nagisa lui avait déjà parlé du fait que « c'était dangereux de s'en prendre dans l'œil ». Il se doutait que c'était surtout à cause de l'impact plus que du produit. Mais mieux valait ne pas tenter.

Déjà qu'il allait devoir en avaler…

Il ramena ses mains devant son visage et fit coulisser ses poignets contre sa peau jusqu'à trouver le nœud. Il le désolidarisa comme il pouvait puis ouvrit la bouche et attaqua avec les dents. Le liquide s'insinua. Amer et épais.

Il défit la corde et s'empressa de libérer ses chevilles, se griffant par mégarde. Si les plaies picotaient, tant pis.

Il donna des coups de jambes pour sortir de la mélasse, crachant ce qu'il avait manqué d'ingérer. Il souffla, reprenant son air alors qu'il se gardait pour l'instant à niveau. Il tendit une main vers le haut et tenta de toucher le verre.

Presque.

Mais s'il devait continuer de s'épuiser en battant des jambes…

Il avait dit que Koro-sensei arrivait. Il devait sortir de là avant qu'il ne fasse l'idiot.

Il ne voulait plus que ce professeur meurt.