Me revoilà avec un nouveau chapitre dont je vous souhaite bonne lecture.

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Le prochain est presque terminé et nous nous acheminons rapidement vers la fin de cette histoire. Elle connaitra très certainement une suite qui murit lentement dans mon esprit, encore que quelques chapitres qui devaient être inclus dans cette première partie seront finalement associés à la seconde.

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Joyeuses Pâques à tous.

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Chapitre 46 : Préparation

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Le matin arriva et pour une fois, le soleil était de la partie. Après une nuit délicieuse qui avait suivi de tendres moments, Tony et Jet avaient sombré dans un sommeil réparateur et bienvenu.

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Pour une fois, les deux hommes s'éveillèrent presque en même temps et le long baiser qui les unit cella une fois encore l'amour qu'ils se portaient, même s'ils ne l'exprimaient pas souvent par des mots, ils le faisaient régulièrement par des gestes et c'était le plus important à leurs yeux.

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Ils entreprirent leur routine matinale, une douche à deux puis rasage devant le miroir avant de s'habiller et de descendre préparer ensemble leur petit déjeuner. Ce premier repas fut pris presque en silence mais les fréquents effleurements parlaient plus que des mots. Les sourires qu'ils s'adressaient étaient également un autre témoignage de la tendresse quasi présente entre eux.

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Le déjeuner terminé et la cuisine rangée, Jet enlaça Tony et l'embrassa longuement avant de le relâcher presque à regret. Comme promis, Gibbs se rendait seul au siège de l'agence pour finaliser sa demande de mise en retraire définitive, il y veillerait cette fois. Un pas décisif et final qui allait lui permettre de se tourner vers l'avenir qu'il avait choisi il y avait quelques mois et avait failli ruiner à cause de deux femmes, deux intrigantes vindicatives.

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« Eh, ça va aller ? » demanda Tony, un brin inquiet.

« Oui, je n'ai pas envie de te quitter, plus jamais » souffla misérablement Jet dans le cou de Tony.

« Dis-toi que plus vite parti, plus vite revenu » tenta de le consoler le jeune homme.

« Sans doute mais c'est encore trop » se plaignit-il encore.

« Brenna, Jimmy et Charles seront ici pour la maison dès que tu rentreras » rappela l'italien.

« Au fait, c'est quoi le deal avec Jimmy ? »

« File et tu le sauras en discutant avec notre futur couple tout à l'heure » l'admonesta Tony en le poussant vers la porte.

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Jethro soupira mais finalement s'en fut en maugréant. Tony sourit en constatant que son homme avait bien du mal à se séparer de lui et il le comprenait tout à fait. Ces quelques jours passés ensemble loin de tout et de tous leur avaient fait un bien fou. Pourtant, maintenant, il y avait tant à faire avant de quitter la capitale.

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Tony s'empressa de ranger un peu la maison en chargeant le lave-vaisselle, mit de l'ordre dans la salle puis monta à l'étage pour faire le lit et nettoyer la salle de bains. Il passa rapidement l'aspirateur tout en songeant qu'il y avait longtemps qu'il ne s'était pas autant activé à des tâches ménagères. Au ranch, Maria le grondait toujours lorsqu'il lui donnait un coup de main.

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Une fois le ménage terminé, il décida de s'atteler à la confection du déjeuner pour ne pas retarder ses invités et pour avoir le loisir de discuter avec eux sans être préoccupé par la cuisine. Il pela et coupa les tomates et les échalotes pour la salade, prépara le poulet au citron tout en réservant un ou deux morceaux nature pour Jimmy, découpa les légumes qu'il mit dans le cuit-vapeur.

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Satisfait, il songea qu'après un tel repas, un dessert léger – glace et biscuits – suffirait amplement. Il connaissait les goûts de Charles pour les douceurs et il avait donc pensé aux chocolats pour accompagner le café, il en avait sélectionné un assortiment varié. Il pensa aussi à mettre une cafetière en route qu'il versa dans le thermos pour la visite de la maison.

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Une fois les préparatifs terminés, il rangea à nouveau la cuisine et la vaisselle sale avant de se verser un café et de s'installer sur le divan. Ses invités ne devraient plus tarder et il voulait être capable de les suivre à la fois pour soutenir Jet et pour donner son avis si nécessaire.

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Il consulta sa montre et fronça les sourcils en constatant que son homme n'était pas encore rentré. Il se demandait si quelque chose ou quelqu'un l'avait retardé ou s'il avait fait une halte sur le chemin du retour. Devait-il s'inquiéter et s'enquérir de la raison de son retard ? Il ne voulait pas avoir l'air de surveiller son homme mais ne pas savoir était insupportable.

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Finalement, il décida de patienter et comme s'il avait fait le bon choix, il entendit soudain le bruit reconnaissable du moteur de la voiture de Jet. Il soupira et se détendit, s'adossa plus confortablement sur le sofa et sirota lentement son café. Lorsque Gibbs franchit la porte, il était l'image même de la relaxation.

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Gibbs sortit de la maison avec reluctance, il ne voulait pas quitter Tony et il se sentait un peu bête de ressentir pareille sensation. Il pouvait la comparer à celle qu'il ressentait lorsqu'il quittait la maison pour ses missions lorsqu'il était dans les Marines et qu'il laissait Shannon et Kelly seules.

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C'était étrange pour lui de se dire qu'il pouvait y avoir des similitudes entre sa vie avec sa défunte femme et celle qu'il avait avec Tony. Il lui arrivait de se dire que le grand amour de sa vie, Shannon aurait sans doute approuvée son choix même si son rêve le prédisposait à le croire, ce qui était curieux étant donné qu'il n'était pas versé dans ce genre de choses. C'était plus les domaines d'Abby que les siens, le métaphysique et le surnaturel.

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Il était prêt à sacrifier beaucoup pour être avec l'homme qu'il avait finalement accepté d'aimer sans restriction. Il était enfin soulagé d'avoir choisi de revenir sur sa décision de rompre avec Tony et surtout fier que son homme l'ait pourchassé et fait changer d'avis. Sans l'apparition soudaine de l'italien dans le magasin de son père, Gibbs n'aurait sans doute pas fait le premier pas.

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Il aurait dû tenir compte de la ténacité de Tony et espérer le voir se pointer chez lui à Alexandria plutôt que chez Jack mais le résultat étant le même, il n'avait rien à dire à ce sujet. A Stillwater ou Washington, cela n'avait aucune importance l'endroit où Tony avait décidé de le relancer. L'important était qu'il l'avait fait et il en était plus qu'heureux.

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Le trajet se passa sans évènement majeur sinon ses propres réflexions qui l'occupèrent. Et il ne regrettait pas d'avoir à mettre fin à sa carrière si l'autre alternative était d'être avec Tony. Une relation à distance n'était pas toujours viable au-delà d'un certain temps et il ne voulait surtout pas mettre en péril celle-ci en particulier.

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Il était heureux, soulagé et impatient comme un adolescent qui venait de se voir offrir son plus beau rêve. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait ressenti pareille béatitude, en fait, depuis la disparition de ses 'filles'. Il avait laissé la vie le porter où elle voulait sans vraiment vivre mais simplement survivre comme il pouvait.

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Il avait commencé à revivre réellement le jour où il avait croisé un détective de criminelle, beau et charmant mais facétieux et irrespectueux qui l'avait conquis au premier regard mais qu'il avait pourtant tenu à l'écart tant il avait été choqué d'être attiré par un homme. Il aurait dû savoir, qu'un jour ou l'autre, il allait devoir faire face à cette attirance indéniable.

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Jamais cependant, il n'aurait songé que l'homme ne serait plus à ses côtés, fidèle et loyal comme il l'avait été durant des années, lorsque cette vérité le rattraperait. Il avait fallu le départ de Tony pour lui faire comprendre toute l'importance qu'il avait dans sa vie. Et il n'aurait sans doute pas fait le premier pas si le hasard ne s'en était pas mêlé en les remettant en présence lors de cette enquête.

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Il sortit de ses pensées lorsqu'il stoppa à la grille de l'agence et que le planton le salua avant de lever la barrière. Il se gara là où il trouva une place libre avant de se diriger vers l'entrée et de franchir le seuil en tant que visiteur. L'agent de sécurité lui délivra d'ailleurs un badge provisoire et il se sentit triste de l'accrocher à sa veste mais refoula la pensée.

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Il gagna l'ascenseur et descendit au lieu de monter. L'étage de la DRH était deux étages plus bas que le sien et il ne voulait pas, pour l'instant, rencontrer le nouveau directeur ou un membre de son équipe. Il frappa à la porte du responsable et poussa le battant lorsqu'il fut invité à entrer.

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Il salua courtoisement l'employée à qui il demanda le dossier à remplir. La stupéfaction qui se peignit sur le visage de la femme était prévisible sinon comique. Il dut insister pour obtenir le document et, une fois en possession du dossier, s'installa à un bureau libre dans le hall et commença le laborieux travail de rédaction. Il dut s'enquérir de diverses informations auprès de l'employée et réussit l'exploit de remplir le reste sans aide.

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Il hésita un instant au moment d'apposer sa signature qui validerait et enclencherait le processus de façon définitive. Il allait mettre fin à un travail qu'il avait aimé et pour lequel il avait sacrifié beaucoup. Pourtant, il n'allait pas renier sa relation avec Tony pour une agence qui tentait de les manipuler.

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Il prit le stylo plus fermement et signa le formulaire d'une main sure avant de le poser sur le bureau. Il se redressa, soupira et ferma un instant les yeux. Il avait fait le plus dur, il lui restait maintenant à faire le dernier pas. Monter à l'étage et saluer quelques collègues avant de voir son équipe.

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Nul doute que McGee aurait des choses à dire mais il n'avait aucune intention de se laisser embarquer dans une conversation qui risquait de dégénérer. L'informaticien serait sans doute prudent dans ses propos et n'osera pas attaquer de front, surtout après le changement brutal de direction.

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Il prit le document, revint vers le bureau et le posa.

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« J'espère que je n'ai rien oublié » nota-t-il aimablement.

« Je regarde et je vous le dis tout de suite, Agent Gibbs » minauda presque la femme.

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Il ne lui fallut que deux minutes pour s'assurer que tout était rempli correctement avant de lui en délivrer une copie.

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« Tout est en ordre, votre dossier sera traité dans la semaine et vous serez notifié de vos droits dans une quinzaine de jours » lui apprit l'employée. « Vous avez noté une adresse au Texas, voulez-vous que tous les documents soient envoyés là-bas ? » s'enquit-elle.

« Oui, je vends la maison d'Alexandria et je m'installe à Forth Worth » indiqua-t-il sans s'étendre davantage.

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Il n'allait pas claironner partout que sa nouvelle destination prévoyait qu'il logerait chez son ancien bras droit devenu son compagnon. Ce détail faisait partie de sa vie privée et il resterait un secret tant que faire se peut. Il ne souhaitait pas dévoiler la raison de ce départ pour que certains dénigrent l'italien en lui imputant tous les torts imaginables et erronés.

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Malgré tout, il savait que, à peine franchi la porte du service, la nouvelle ferait le tour de l'agence mais il n'en avait que faire. Il faisait désormais partie des employés qui avaient travaillé ici mais étaient maintenant hors circuit. Et il serait plus facile de se voir adresser son courrier directement chez Tony plutôt que de payer un service de renvoi.

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« Bonne retraite, Agent Gibbs » lui souhaita la femme. « J'espère qu'elle sera longue et heureuse. »

« J'y compte bien » répliqua-t-il fermement.

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Il lui adressa un dernier salut et sortit sans autre état d'âme. Il stoppa juste derrière la porte qu'il avait tirée mais pas fermée et, comme il l'avait pensé, il entendit l'employée annoncer la nouvelle à ses collègues. Il savait que tout l'étage serait informé dans les minutes qui allaient suivre. Son équipe serait au courant avant même que l'ascenseur ne le dépose au 3ème, là où il avait bossé durant tant d'années.

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Il haussa les épaules et se dirigea vers l'ascenseur. Il avait pris la bonne décision et il allait s'y maintenir, quel que soient les commentaires de ses agents. Il ne laisserait personne l'influencer ou le détourner de son futur bonheur. Il carra les épaules et prit de profondes inspirations pour se concentrer sur l'attaque qui n'allait pas manquer de se produire.

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La cabine s'ouvrit et il sortit, la tête haute et le pas assuré. Il avança vers le bureau de Balboa en premier qu'il salua. L'agent le regarda et lui fit un signe de tête et un sourire.

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« Cette fois, c'est la bonne, n'est-ce pas ? » demanda-t-il pour confirmation.

« La bonne et la dernière, je viens de signer le formulaire » annonça tout de go Gibbs.

« Eh bien, bonne retraite, Jethro et qu'elle soit aussi riche que ton travail l'a été » lui souhaita son ami.

« J'ai bien l'intention de la vivre pleinement » lui assura l'ancien sergent.

« J'imagine que tu ne souhaites pas de cérémonie » s'enquit encore Balboa.

« Non, je peux prendre un verre avec quelques amis mais sans plus » affirma Jet.

« Ok, rendez-vous chez Marty ce soir par exemple vers 19 heures » proposa le chef d'équipe.

« Je vois si je peux être disponible et tu connais ceux qui seront les bienvenus » déclara Gibbs. « Et il y aura une surprise pour certains » ajouta-t-il d'un air mystérieux avec un petit sourire entendu.

« Ah ! Une bonne surprise, j'espère » nota Mark.

« Oh, sans aucun doute » confirma Jet. « Quelqu'un dont certains regrettent le départ » annonça-t-il.

« Dans ces conditions, le nombre de convives va incroyablement augmenter » l'assura l'agent avec un grand sourire.

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Les deux hommes s'étaient compris sans avoir besoin de nommer expressément l'invité surprise. Gibbs tapota Mark sur l'épaule et le remercia avant de passer à d'autres bureaux. Et comme il l'avait soupçonné, la rumeur de son départ avait circulé à la vitesse de l'éclair. Il n'eut donc pas à faire d'annonce particulière, simplement à remercier et saluer des agents avec qui il avait travaillé côte à côte durant des années.

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Finalement, il lui resta un seul endroit où il se devait de se présenter et il traina presque les pieds vers l'espace où son équipe était rassemblée. McGee et David le regardèrent venir à leur rencontre avec chacun une expression bien différente. Si la tristesse et le regret dominaient celle de son agent en probation, Jameson, celle de l'informaticien reflétait l'incompréhension et la colère.

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McGee attaqua aussitôt que Gibbs fut à portée de voix.

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« Patron, je ne comprends pas, vous partez encore ? » lança-t-il d'un ton froid mais teinté de colère rentrée.

« En effet, McGee » confirma son chef. « Je viens de signer le dossier qui me libère de toute obligation avec cette agence. »

« Vous ne pouvez pas me laisser ainsi, tout seul » se plaignit l'informaticien. « Vous devez revenir sur votre décision, je ne peux pas redevenir un agent junior dans une autre équipe » clama-t-il.

« Dans ce cas, McGee, il serait temps de songer sérieusement à ce que vous voulez réellement » déclara Gibbs en le toisant. « Vous ne serez jamais un bras droit comme Tony l'a été, que ce soit sous mon commandement ou sous celui d'un autre chef d'équipe. Vous n'avez et n'aurez jamais les qualités qui font un bon second. »

« Pourquoi dans ces conditions avez-vous accepté que je sois le vôtre ? » s'enquit l'agent, la curiosité présente dans sa voix.

« Souvenez-vous de la conversation que nous avons eue chez DiNozzo il y a quelques mois, McGee et vous aurez votre réponse » suggéra l'ex-agent. « Sachez que vous aurez du mal à vous imposer auprès d'autres chefs d'équipe ici, ils vous connaissent et ne sont pas prêts à vous pardonner certaines attitudes indélicates, pour rester poli, que vous avez eues envers DiNozzo. Jamais un agent n'a été autant apprécié que lui pour ses compétences professionnelles, ses qualités humaines et ses relations amicales avec le personnel en général. Contrairement à vous, Tony n'a jamais fait de ségrégation parmi les agents ou le 'petit personnel' travaillant ici. Il a sympathisé avec tout le monde et chacun l'aimait pour ne pas faire de différence notable entre agents et non-agents. »

« Il a surtout voulu se mettre tout le monde dans la poche » maugréa McGee. « Le plus sûr moyen de parvenir à ses fins. »

« Si c'est ainsi que vous le voyez, libre à vous, McGee » lança Jethro. « Vous apprendrez bien vite ce qu'il en coûte de dénigrer un agent de sa valeur et ne croyez pas vous mettre automatiquement le nouveau directeur dans la poche. Vous êtes un agent de terrain passable et votre place serait plus appropriée au service informatique qu'ici. Vous avez choisi de vous laisser influencer par la mauvaise personne, vous en paierez le prix tôt ou tard. DiNozzo était un très bon professeur mais vous avez préféré ignorer ses conseils, c'est tant pis pour vous. »

« Je suis un bon agent de terrain et le directeur le notera rapidement » le nargua McGee.

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Gibbs se contenta de hausser les épaules et se tourna vers le second agent. Il allait devoir remettre à sa place l'informaticien en discutant avec le jeune agent.

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« Agent Gibbs » le devança Jameson. « Je regrette votre départ mais je suis heureux d'avoir eu la chance de travailler avec vous durant ces quelques mois. J'aurais bien aimé être sous les ordres de votre ancien second, j'en ai entendu que du bien. Et les quelques agents qu'il a formés lui en sont reconnaissants. »

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Gibbs contempla un instant l'agent en probation. Il lui sourit et posa une main amicale sur l'épaule du jeune homme.

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« Vous avez raison, Jameson, vous auriez fait un formidable agent en un rien de temps sous la férule de DiNozzo » affirma-t-il. « Vous aurez le choix entre plusieurs équipes pour votre transfert, j'ai parlé à quelques-uns de mes anciens collègues et leur ai indiqué que vous êtes un agent qui promet. »

« Merci, Agent Gibbs » dit simplement Jameson. « Je vais étudier les propositions et voir ce que je décide. »

« Ne laissez pas certains vous détourner de votre voix, vous avez un énorme potentiel et vous serez un jour un agent compétent » déclara-t-il en serrant légèrement l'épaule. « Veuillez à toujours surveiller les arrières de votre partenaire et à assurer votre travail du mieux que vous pourrez et vous me ferez honneur. Bonne chance, Jameson. »

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Le jeune homme avala difficilement et hocha la tête en signe de remerciement. Les deux hommes échangèrent ensuite une poignée de mains avant que Gibbs ne tourne les talons sans saluer McGee qui s'en offusqua.

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« Il aurait pu me gratifier d'un salut, quand même » grommela-t-il d'un ton indigné.

« Vous n'avez que vous à blâmer pour son attitude, Agent McGee » le contra Jameson. « Vous n'avez pas été tendre avec lui et il a réagi en conséquence. Sur ce, je vous laisse, je vais réfléchir à mon avenir. »

« Vous voulez dire que vous ne restez pas dans l'équipe ? » s'exclama l'informaticien.

« Au cas où vous ne l'auriez pas encore noté, McGee, il n'y a plus d'équipe et nous ne formerons jamais un duo comme l'ont fait les Agents Gibbs et DiNozzo, ne rêvez pas » se moqua le jeune agent. « Vous n'avez aucune des qualités qui font un bon chef d'équipe et j'espère que le directeur s'en rendra compte avant de courir à la catastrophe en vous confiant les rênes d'une équipe. »

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Et sur ces derniers mots, le jeune agent s'en fut plantant là McGee, un air ébahi peint sur le visage et le cœur lourd.

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Gibbs, qui s'était planté près de l'ascenseur dans l'intention d'assister à la petite scène qu'il savait prendrait place après son départ, sourit à l'audace manifeste du jeune agent junior. Il avait deviné juste en l'assurant qu'il ferait un bon agent un jour, il n'avait pas froid aux yeux et comme Tony, savait se mesurer à d'autres sans honte et sans peur.

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Finalement, il monta enfin dans la cabine et décida d'aller saluer Abby et Ducky. Il consulta sa montre et constata qu'il avait pris plus de temps qu'il avait prévu et soupira. Tony allait s'inquiéter et sans doute chercher à savoir ce qu'il était advenu de son homme. Il haussa les épaules et descendit au rez de chaussée pour regagner le parking. Ses invités n'allaient pas tarder et il voulait les accueillir proprement.

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Tout en gagnant sa voiture, il se demandait encore ce que Tony mijotait avec Palmer. Mettre Brenna à contribution pour avoir un avis féminin n'était pas dénué de sens, bien au contraire. Mais le regard que les deux hommes avaient échangé disait qu'il y avait plus derrière cette proposition. Il espérait simplement que les travaux ne seraient pas trop onéreux et que la vente serait rapide.

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Il n'envisageait pas de revenir régulièrement à Washington durant les prochains mois. Si l'ami de Tony pouvait gérer les travaux et leur faire un compte rendu à distance, ce serait tout bénéfice. Il aurait déjà fort à faire pour s'intégrer dans un nouvel environnement même s'il le connaissait déjà. Cette fois, il devait y rester définitivement et cela changeait la donne.

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Il espérait que le personnel du ranch l'accepterait sans souci et que sa relation personnelle avec Tony ne nuirait pas et ne ruinerait pas ses relations professionnelles. Le jeune homme semblait avoir gagné l'estime d'un milieu réputé fermé et traditionnaliste, il ne manquerait plus qu'il perde tout çà à cause de sa liaison avec un homme.

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Il gloussa tout en secouant la tête. Il se rappela soudain que Tony et Cole avaient été amants et ne semblaient pas avoir été mis en quarantaine. Ce qu'il ne savait pas, en revanche, était si leur liaison était de notoriété publique. Une chose qu'il demanderait à l'occasion à l'italien de lui préciser. Non pas qu'il souhaitait cacher leur relation mais il préférait être prévenu pour se préparer en conséquence.

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Certes, le charmant voisin de Tony les avait assurés de son soutien mais il n'empêchait que certains pourraient s'offusquer de traiter avec un 'homo' même si le Texas était un état tolérant, il y avait des imbéciles partout. Comme chacun, il avait entendu parler du 'Bayou Knights of the Ku Klux Klan' agissant dans le Texas et il espérait que le mouvement était mineur.

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Il ne souhaitait pas voir son homme flageller ou pendu à la branche d'un arbre parce que quelques individus n'avaient pas les mêmes idées que d'autres. Il était révolu le temps où la suprématie de ce clan était vivace mais certaines idées demeuraient même après le décès de leurs instigateurs.

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Arrivé à destination, il gara la voiture et laissa ses pensées pessimistes de côté, il avait d'autres préoccupations plus pressantes à régler. Il descendit du véhicule et s'en alla rejoindre celui qui allait désormais être le centre de sa vie et l'objet de son amour, Tony.

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Il entra dans la maison, décida de garder ses chaussures qu'il frotta simplement sur le paillasson et se dirigea vers le salon. Son regard convergea aussitôt vers le sofa où Tony était installé, sirotant une tasse de… café ! Il lui sourit tendrement, s'avança vers lui et se pencha pour échanger un baiser avide.

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Les deux hommes se séparèrent, haletants et souriants. La main de Jet vint caresser la joue de Tony avant de passer sur les lèvres gonflées par leur baiser. Leurs yeux s'accrochèrent et chacun laissa voir à l'autre l'amour qu'il ressentait.

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« Le café est prêt » annonça Tony en se levant pour aller lui en servir une tasse.

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Jet l'arrêta d'un geste et l'invita à se rasseoir.

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« Je vais me servir » indiqua-t-il. « Tu as été occupé semble-t-il durant mon absence » poursuivit-il en montrant la pièce rangée et en humant l'air.

« Juste un brin de ménage et la préparation du déjeuner » avoua Tony en haussant les épaules.

« Je vois ça et je sens également un arôme alléchant » souligna Jet. « Je suppose que tu as tout prévu, de l'entrée au dessert ? »

« Bien sûr » s'indigna légèrement l'italien. « Quel intérêt d'inviter quelqu'un si tu ne leur fait pas l'honneur de confectionner le menu ! »

« Bien des hôtes se contentent d'acheter tout prêt ou de se faire livrer, tu sais » souligna Jet en lui souriant.

« Ce n'est pas ma conception d'une invitation si j'ai le temps et les moyens de faire autrement » affirma l'homme sans rancœur.

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Jet secoua la tête et s'en fut se servir un café fort comme il l'aimait. Tony avait toujours su le surprendre en lui faisant découvrir des cafés différents et il appréciait le geste à sa juste valeur. Il avait ainsi appris à apprécier diverses variétés qu'il ne se procurait que rarement au vu du prix du paquet.

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Les goûts de luxe étaient l'apanage de Tony mais il sentait que d'ici peu, il serait contraint de se forcer et d'accepter que son homme soit suffisamment bien nanti pour ne pas se limiter dans ses choix. Il allait faire l'apprentissage d'une vie nouvelle et aisée, lui l'homme aux goûts simples et il espérait qu'il ne décevrait pas Tony dans ce domaine.

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Il lui restait le plus dur à faire, accepter de laisser des étrangers entrés dans le domaine privé qu'était sa vie de famille passée. Il savait qu'il lui fallait de l'aide pour franchir le pas et qu'il avait le soutien inconditionnel de Tony. Restait à savoir si le futur jeune couple serait d'une quelconque utilité.

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Au menu du chapitre suivant, la révélation du 'secret' entre Jimmy et Tony.

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Normalement, encore deux ou trois chapitres et je passerai à autre chose. Ce sera sans doute un cross-over qui me démange de vous offrir. Cela fait plusieurs mois que je me tâte et je me suis lancée dans ce projet depuis peu.

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Comme j'ai plusieurs projets de cross en vue, n'hésitez pas à me faire savoir avec quelle série vous pensez que sera croisée ma prochaine histoire.

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L'écriture se fait en parallèle de « Ardue conquête » dont la publication sera terminée avant celle du cross-over.

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A bientôt.

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Chtimi