Karma-sutra

Auteur : Angelscythe

Couple : Koro-senseiXKarma ! (j'assume tout !)

Genre : Romance essentiellement, humour j'espère mais je préviens qu'il y aura des sujets sensibles !

Disclaimers : Tous les personnages, hormis les clients et les employés du bar, appartiennent à Yūsei Matsui


Chapitre 12 : Séquence le tout pour le tout

Nagisa reposa le téléphone. Ritsu avait dit qu'il ne restait plus qu'un court moment. Il pouvait déjà entendre la porte s'ouvrir.

Mais où était Karma ? Comment le demander ? Ils allaient devoir fouiller partout ?

- Merci, Monsieur Riku…

- De rien, mon petit ch… Je ne t'ai jamais donné mon nom…

Le petit bleu se tendit. Quel idiot !

- C'était écrit sur la boîte aux lettres. Je… Je l'ai vu.

- Mon nom n'est pas sur la boîte aux lettres.

- Vous êtes sûrs ? Je… Je connais votre…

L'homme lui essuya le visage.

- Où as-tu été blessé, au juste ?

- Je…

- Que je te blesse pour de vrai. Ricana-t-il.

Fujitaka Riku serra ses mains autour du cou de Nagisa.

- Qui es-tu, petit chaton ?

Le garçon lui donna un coup de genou qui fut évité.

- Pas de chance. Je suis un assassin. Je ne sais pas ce que tu viens faire ici mais tu vas goûter à la mort.

Il serra plus fort, le regard fou. Les yeux de l'adolescent s'écarquillèrent mais il fut soudainement relâché. Il tomba sur le sol et regarda l'homme hurler en arrachant un couteau à son épaule.

- Nagisa !

Le petit bleu tourna la tête et vit Sugino. Il se redressa et courut le rejoindre. Son ami se plaça devant lui alors que Terasaka avait toujours le poing enrobé de papier collant et tenait un couteau. Et derrière eux…

Un Koro-sensei noir.

- Vous utilisez des enfants pour entrer ici ! Espèce de monstre !

Il se jeta vers le divan et roula sur le sol. Il attrapa un airsoft et commença à tirer.

Koro-sensei évita les balles alors que Nagisa se protégeait le visage. Terasaka s'était caché derrière une armoire et Sugino s'était jeté au sol. Les balles ricochaient mais avaient moins de force si elles atteignaient sa peau.

- Professeur… Souffla le petit bleu.

- Dis-moi si le lieu est sûr, Nagisa.

- Probablement.

- Ne touchez pas le fauteuil. Murmura Sugino.

- Pas besoin.

Koro-sensei disparut et la salve de balle se stoppa dans les même temps. Un couinement leur parvint. Un bruit étrange. Comme si une personne manquait tout à coup de souffle.

Nagisa releva la tête et vit l'airsoft au sol et des tentacules serrer le cou de Fujitaka. Il se redressa et courut, s'abaissant pour attraper l'arme. L'assassin lui lança un regard reconnaissant, ses lèvres s'étirant.

- Professeur ! Je vous en prie ! Fujitaka Riku, dites-nous où est Karma.

Les tentacules se desserrèrent, mais à peine. Le corps était toujours pendu dans le vide.

L'assassin attrapa un couteau et trancha dans le professeur. Les bras tombèrent sur le sol et gigotèrent alors que Koro-sensei se reculait subitement pour éviter une nouvelle attaque. La colère trompait vraiment ses sens.

Terasaka sortit de derrière son armoire, l'ouvrant au passage. Elle recelait d'armes en tout genre. Il attrapa deux revolvers et en jeta un à Sugino.

- Nagisa !

L'intéressé arma son airsoft et tira. Bien sûr, ça ne ferait rien s'il la tirait comme ça. Mais il visait son œil… Dans les yeux c'était dangereux.

Deux autres détonations surgirent en même temps. L'une se ficha dans le mur, la seconde dans l'épaule de l'homme. Toutefois, il se jeta sur Nagisa, l'écrasant sous son poids, et lui arracha le fusil d'un coup de crosse. Il se tourna vers Koro-sensei et tira. La bille effleura à peine la joue du poulpe qui n'avait pas bougé.

- Votre épaule est lésée. Vous ne tirez plus pareillement. Asséna-t-il d'une voix froide.

Il l'attrapa par l'arrière du crâne et le propulsa dans le sol. Les doigts de l'homme remuèrent alors que Sugino et Terasaka se rapprochaient pour le tenir en joue.

- Ne le tuez pas.

- On vous en laisse l'honneur ? Questionna Sugino, gêné.

- Oui. Mais d'abord… Où est Karma ?

- Je ne dirais rien. Ricana l'assassin.

- KARMA ! Cria Nagisa.

L'assassin se redressa et attrapa le petit bleu par les jambes pour le faire tomber. Son visage retrouva le chemin du sol alors qu'un tentacule rattrapait le garçon.

- Ah… Merci.

Terasaka s'approcha, une tenture anti-professeur dans les mains. De quelques mouvements, il attacha l'assassin.

- KARMA ! Appela à nouveau le petit bleu.

µµµ

Karma tendit la main et effleura la paroi, haletant. La cuve se remplissait effroyablement vite. Et ses jambes qui commençaient à être douloureuse. Entre les douleurs, les effets des diverses drogues, le froid et maintenant l'effort…

Il accrocha ses doigts dans le trou où était passé le tuyau qui rejetait les billes liquides. L'air se minimisa mais il pouvait toujours en aspirer des goulées alors qu'il réussissait à se maintenir un petit peu. Il tendit la main pour repousser le tuyau mais ne le fit que remuer légèrement. L'arrivée était enfoncée dans la cavité. Il pressa sa tête contre la surface froide, retira ses doigts et inspira le plus d'air possible avant de s'accrocher au tuyau et de plonger.

Il tenta de nager dans cette mélasse. C'était effroyable, surtout qu'il ne voyait absolument pas où il se dirigeait. Il ne pouvait que deviner qu'il se dirigeait vers le fond alors qu'il descendait le long du cordage. Si c'était tout ce qu'il pouvait faire, il le ferait. Il avait une assez bonne condition physique pour ça.

Il n'arriva pas à sentir le dessous du tuyau mais commença à étouffer. Il devait remonter ! Tirant sur cette corde de fortune, il se retourna et remonta. Il ne pouvait qu'espérer qu'il réussissait à faire remonter un peu de centimètre dans cette mélasse. Il nageait de plus en plus fort dans l'espoir qu'il surviendrait en haut à temps.

Sa tête lui tournait.

Il entrouvrit la bouche et avala du liquide.

- Merde

Il émergea de la mélasse et cracha en toussant. Il s'accrocha au tuyau et reprit son air comme il pouvait.

- … ma !

- Nagisa ? Souffla-t-il surpris.

Sa voix lui parvenait de façon étouffée à cause de tout ce bruit et peut-être de la distance.

Que faisait-il ici ?

Était-il seul ?

Il n'avait pas le temps d'y penser !

S'il avait pu se débrouiller seul…

- NAGISA ! Hurla-t-il.

Il regarda le liquide se déverser. Il arrivait maintenant aisément à toucher le dessus de la cuve. Ce n'était plus qu'une question de minutes. Deux ? Peut-être trois.

Et puis…

- NAGISA !

µµµ

- … a.

- Karma ! Fit Koro-sensei.

- … sa.

Un tentacule se déploya et désigna une pièce.

- Ouais. Fit Terasaka en voyant l'expression de l'assassin.

Sugino se redressa et courut jusqu'à la pièce attenante. Il ouvrit la porte et découvrit immédiatement tout le mécanisme qui écoulait l'infâme mélasse depuis une gigantesque citerne.

- Karma !

- Sugino…

Il se précipita vers la surface de verre.

- Mince !

Le garçon tapa la vitre.

- Eyh !

Un vent important apparut.

- Karma !

Le rouquin sentit ses lèvres se retrousser légèrement en voyant le gigantesque poulpe. Il déchanta pourtant lorsqu'un tentacule s'approcha du trou.

- Ce sont des billes anti-vous fondue !

Ses membres fatiguaient mais il ne les écoutait plus.

Koro-sensei analysa rapidement la pièce et trouva immédiatement la valve. Il la tourna à la vitesse de la lumière, permettant au niveau de se stabiliser alors que la soupape se détachait et tombait sur le sol. Nagisa et Sugino en profitèrent pour tirer le tuyau hors de la cuve afin de permettre une plus grande arrivée d'air.

- Karma !

Le petit bleu confia la longue corde de caoutchouc à son ami et s'approcha de la vitre. Il tendit la main pour essayer d'attraper la sienne. Mais elle ne rentrait pas dans la cavité. Karma secoua la tête.

- Il y a un truc, par là. Dit-il en désignant le bord de la cuve.

Il se stabilisa ensuite comme il pouvait.

Le poulpe toucha à tout le pourtour de la cuve jusqu'à ce que la vitre coulisse enfin. Karma se hissa légèrement sur le bord de la cuve et appuya sa tête contre le carrelage, reposant ses jambes et ses bras qui s'endolorissaient.

- Karma !

Koro-sensei se hâta vers lui, le visage clairement soulagé.

- Ne me touchez pas !

Le visage du poulpe vira au bleu clair et il recula.

- Terasaka, file-moi un essuie et tourne-toi. Ordonna le rouquin.

Nagisa se précipita vers son ami et lui tendit les mains.

- Pourquoi tu es couvert de sang ? Questionna Karma.

- C'est du faux. Il n'est pas à moi… C'était pour rentrer.

Le petit bleu rougit subitement et détourna la tête en remarquant que son ami était nu. Il se hâta de retirer son gilet et le lui tendit.

- Merci. Fit-il en enfilant l'habit.

Il réitéra ses remerciements lorsque Terasaka lui tendit une serviette, son regard coulant légèrement.

- Te gêne pas, hein.

La petite frappe détourna le regard en maugréant.

- Vous pouvez aussi sortir, tous. Sauf si vous prévoyez de vous rincer l'œil ?

- Ça ira, Karma ? S'assura Nagisa.

- Oui. Ce n'est pas un microbe comme lui qui peut me faire du mal.

Le rouquin soupira en essorant ses cheveux.

- Qu'est-ce que ce n'est pas chiant. Soupira-t-il. Où il est d'ailleurs ?

- Là-bas. Répondit Terasaka en désignant la porte.

- Plus pour longtemps. Dit Kor-sensei en s'éloignant vers le salon.

- Vous allez le tuer, professeur ?

- Ce genre de personne ne devrait pas rester en vie. Il t'avait à peine fait du mal qu'il en aurait fait à Nagisa. Inutile de le livrer à la justice.

Le poulpe sortit de la pièce, bientôt suivit par Sugino.

- Karma.

- Vas-y, Terasaka. Sauf si tu veux que je me défoule sur toi. Se moqua-t-il.

- La prochaine fois, j'éviterais de te sauver. T'es chiant.

Karma lui sourit alors que l'adolescent sortait.

- J'y vais aussi… Ça ira ?

- Oui.

Nagisa s'obligea à sourire et sortit de la pièce. Le rouquin observa son corps encore couvert de substance rose. La douleur se rappelait à lui mais aussi le froid. Il ne comptait pas rester ici longtemps. Juste être un peu plus présentable avant de rentrer chez lui. Il était épuisé.

Éreinté.

Demain… Grasse matinée.

µµµ

Nagisa regardait le sol. Même si Koro-sensei avait fait son meurtre loin de lui, il se sentait mal. Il redressa la tête pour porter un coup d'œil à son téléphone. Déjà presque cinq heures du matin.

Il entendit la porte s'ouvrir et se leva. Karma sortit tranquillement de la pièce et leur offrit son sourire habituel.

- Voilà.

- Je vais vous ramener chez vous alors. Dit Koro-sensei. Merci à tous.

Ses tentacules s'enroulèrent autour de tous les corps et il disparut à la vitesse de l'éclair.

Il posa d'abord Sugino puis Terasaka avant de ramener Nagisa chez lui. Il voulait terminer par Karma. Essentiellement parce qu'il était inquiet.

Il se posa sur le bord de la fenêtre qu'il ouvrit d'un tentacule expert.

- Nous y voilà. Karma…

- Merci.

Le rouquin sortit de son emprise et se dirigea vers son lit où il se laissa tomber. Il ferma les yeux lorsqu'il sentit la douleur dans son postérieur.

- Repose-toi bien. Lui dit le poulpe.

- Restez. S'il vous plaît…

- Restez ? Tu m'as demandé de m'éloigner de toi.

- Je vous rappelle que j'étais couvert de matière anti-vous. Je…

Karma soupira.

- Je n'espère pas que vous mourriez. Plus maintenant… C'est stupide.

Il se passa la main dans les cheveux.

- Si vous êtes en vie, la planète est condamnée.

Le poulpe s'assit à côté de lui et passa un tentacule autour de lui pour le serrer contre son corps.

- Merci d'être venu. Je suis déçu de ne pas avoir pu tuer Fujitaka moi-même, cela dit. Soupira-t-il.

Il tourna la tête vers lui.

- Ce n'est pas ce genre de relation qu'on devrait avoir. Je devrais en profiter pour vous tuer…

- Et je devrai détruire la terre. Mais il est déjà trop tard…

Un tentacule se glissa sur sa joue. Le garçon ne put s'empêcher de sourire. C'était stupide… Mais c'était comme ça.

- Vous restez alors ?

Il se redressa et posa un baiser sur ses lèvres.

- Aussi longtemps que tu en auras besoin, Karma.

Le garçon se défit des tentacules et se glissa sous les couvertures. Le poulpe les rajusta sur lui et posa un regard inquiet sur lui. Il savait pertinemment que cet homme lui avait fait du mal. Les odeurs ne le détrompaient pas. Mais il s'inquiétait de ne pas voir Karma réagir. N'avait-il aucune conscience de son propre corps ?

À ce point-là.

Il ne voulait pas le laisser seul. Tant parce qu'il éprouvait pour lui des sentiments forts que parce qu'il espérait lui offrir le mieux.

Il caressa sa joue d'un tentacule frétillant et le surveilla.

La première nuit, quand Karma était « malade », il avait remarqué qu'il s'agitait parfois, qu'il faisait des cauchemars… Alors il devait rester à ses côtés. Si c'était tout ce qu'il pouvait faire…

Pour un garçon qui avait été tout de même capable de se suicider.

Il aurait dû comprendre plus tôt…