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Voici le chapitre suivant qui aurait dû être posté plus tôt mais Pâques et ses festivités sont passés par là et la réunion de famille a nécessité un voyage.

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On s'achemine vers la fin de cette histoire, encore 2 chapitres et un épilogue pour la clôturer avant de songer à écrire une suite.

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Bonne lecture et j'attends comme toujours vos commentaires. Ce serait un plaisir de pouvoir en lire plus que 3 sachant que plus d'une centaine de personnes lisent chaque chapitre.

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Chapitre 48 : Réception

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Comme promis, Jet avait l'intention de respecter la parole donnée à son ami Balboa de le retrouver, lui et quelques autres agents, pour fêter son départ. Même s'il était contre ce genre de festivités – du mois si ça le concernait directement – il était plus qu'heureux d'y participer cette fois car il serait accompagné de Tony.

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Il savait que des agents qui avaient travaillé avec son second avaient été choqué d'apprendre son départ et surtout, de n'avoir pu lui exprimer leur gratitude. Certains avaient apprécié sa collaboration sur des enquêtes, d'autres lui étaient reconnaissants parce qu'il avait accepté – et ce sans jamais rechigné – d'assurer la permanence durant les fêtes en leur lieu et place.

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Il était bien dommage que McGee ne soit pas de la fête, il aurait pu noter de visu comment Tony était considéré par bon nombre d'agents. Jethro était certain que Balboa rameuterait plus que quelques collègues. Sans fausse modestie, il pouvait dire que DiNozzo et lui avaient été apprécié, même si dans son cas, leur admiration pour ses qualités d'enquêteur se disputait la place avec une certaine jalousie.

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Il était de notoriété publique à l'agence que Gibbs avait découragé tous les chefs d'équipe de lui voler DiNozzo lorsqu'ils avaient ouï dire que le jeune détective fraîchement débarqué de Baltimore et recruté par l'ancien Marine avait un cerveau et qu'il savait s'en servir. Cela ne les avait pas empêchés de l'emprunter régulièrement pour les aider à résoudre une enquête qui leur posait problème.

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Dans la mesure où ces emprunts ne gênaient pas ses propres affaires, Gibbs n'avait rien dit mais il savait et ce, même si personne ne le lui avait dit. Lui-même n'avait jamais indiqué qu'il était au courant mais il était particulièrement fier de savoir que son second était aussi demandé. Aucun de ceux qui avaient été ses agents, Todd, McGee ou David n'avaient pris conscience de sa valeur, le dénigrant quand ils le pouvaient.

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Il avait choqué de constater que Todd, qui se targuait d'être profileuse, n'avait jamais vu au-delà de ce que Tony leur laissait voir à tous. Même David, qui ne cessait de lui jeter à la figure son entraînement exceptionnel au Mossad, s'était elle aussi laissée bernée par l'italien et n'avait jamais vraiment voulu reconnaître que son jugement était erroné. Ses fameux dossiers ne comportaient pas tout ce qu'il fallait savoir sur Tony.

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La plus flagrante preuve en était son appartenance à cette équipe de Seals dont personne n'avait entendu parler. Rien ne figurait dans son dossier 'officiel' et il était certain que même McGee n'aurait pu trouver quoi que ce soit. A l'époque, l'informatique n'était pas omniprésent et certains documents secrets enregistrés sur microfiches n'avaient jamais fait l'objet d'un transfert informatique récent. Son secret était bien gardé, profondément enfoui dans un endroit qui ne devait pas voir souvent âme qui vive.

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Jethro ricana puis secoua la tête. Pour des enquêteurs appartenant à la meilleure équipe de l'agence, ces trois-là étaient certainement moins compétents que certains autres qui n'avaient fait que défilés avant de disparaître. Comment avait-il d'ailleurs réussi à résoudre autant d'enquêtes avec des agents qui ne savaient pas réfléchir et proposer des théories hors normes.

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La dramatique baisse de leur ratio de réussite et la durée rallongée pour résoudre leurs affaires étaient la conséquence directe du départ de Tony montrant que l'italien concourrait pour beaucoup dans leur succès. Mais bien sûr, autant la directrice que David et McGee n'avaient voulu reconnaître la corrélation entre ces faits. Gibbs l'avait faite sans même se poser de question.

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Pour ce soir, il était heureux que ceux qui célèbreraient son départ seraient des agents qui les appréciaient tous deux pour d'autres raisons que professionnelles. Tony avait aidé quelques agents soit en leur prêtant main forte lors d'un déménagement par exemple, soit en les mettant en contact avec ses innombrables relations pour une aide quelconque. Jamais Tony n'avait laissé tomber l'un d'eux s'il pouvait l'aider d'une manière ou d'une autre.

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Et c'était aussi ce qui avait fait son succès auprès du personnel de l'agence, il ne limitait pas ses faveurs qu'aux agents de terrain, il ne dédaignait pas d'aider quiconque avait besoin sous prétexte qu'il ne faisait pas partie d'une certaine catégorie d'employés. Pour lui, l'employé de maintenance valait autant que l'agent de terrain et il connaissait presque tout le personnel qu'il pouvait nommer par son nom.

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Il finit par se secouer et décida que musarder dans son sous-sol n'allait le mener nulle part. Il était temps qu'il remonte se préparer et informe Tony de leur sortie. Il ignorait ce que son homme avait fait lorsqu'il avait demandé à rester un moment seul et qu'il était descendu dans son sanctuaire. La pause avait été bénéfique car, outre ses dernières réflexions, il avait compris que son existence solitaire prenait fin et qu'il en était heureux.

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Ces derniers lui avaient amplement prouvé qu'il ne voulait plus se séparer de Tony, l'avoir à ses côtés, dormir avec lui, le serrer dans ses bras étaient autant de gestes dont il ne pourrait plus se passer, même pour quelques jours. Sa décision de le suivre au Texas n'était, en aucun cas, une épreuve ou un sacrifice. Sa vie ici était révolue et l'était sans doute depuis le jour où Tony avait fui à l'autre bout du pays. Il ne s'en était simplement pas rendu compte sur l'instant mais les mois suivants le lui avaient prouvé.

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Il rangea dans la boite les outils qu'il tenait en mains, il était censé être descendu pour trier et empaqueter ce qu'il voulait emporter. Il jeta un regard autour de lui et constata qu'il n'avait pas vraiment progressé. Tant pis, ce serait pour plus tard. De toute façon, il n'était plus à un jour près pour déménager, il avait désormais tout le temps qu'il souhaitait.

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Il monta les marches deux à deux comme souvent et lorsqu'il poussa la porte du sous-sol, il fut accueilli par l'odeur du café frais. Tony avait pensé à refaire une cafetière et il en était reconnaissant. Il se versa une grande tasse qu'il trouva posée juste à côté du pot et muni de son breuvage, il déambula dans les diverses pièces sans trouver trace de son homme.

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Il fronça les sourcils avant de monter silencieusement à l'étage, il ne restait pas beaucoup d'endroit où trouver le rancher. Il se dirigea vers leur chambre et poussa lentement la porte et soupira de soulagement avant de sourire. Tony s'était endormi, il était allongé sur le lit mais dans la largeur et non la longueur, les jambes repliées contre son torse, presque en position fœtale.

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Jethro s'approcha et s'assit le plus doucement possible près de l'italien et le contempla. Il avança la main et caressa les mèches brunes si soyeuses avant de laisser ses doigts dériver vers la joue légèrement râpeuse. Il aimait pouvoir ainsi dessiner les traits de son homme, découvrir les plats et les bosses, toutes les bosses, de ce corps qu'il avait appris à aimer depuis peu. Il aimait en redessiner la cartographie complète le plus souvent possible.

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Jamais il n'aurait pensé que les rapports avec un homme puissent être aussi exaltants, sinon plus, que ceux qu'il avait connus avec ses femmes et ses conquêtes. Et pourtant, il devait reconnaître que faire l'amour avec Tony était toujours excitant parce que l'italien en faisait un voyage des sens sensuel et aussi érotique que possible. Et il savait que lorsqu'il aurait accepté l'idée de pimenter leurs rapports, il connaitrait une plénitude jusqu'alors inconnue.

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Les français étaient réputés pour être de bons amants, les italiens de grands charmeurs et les anglais des êtres froids. L'homme dont il avait capturé le cœur avait beau être le savant mélange entre l'Italie et l'Angleterre, il avait pourtant le charme italien et la sensualité française mais la froideur anglaise ne le caractérisait pas. Le feu italien avait sans doute pris le pas sur la glace britannique.

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Sans s'en rendre compte, il avait continué ses caresses et il sentit soudain une main agrippée la sienne et la porter à des lèvres douces. Un baiser fut déposé sur sa paume avant de glisser vers le poignet, là où la peau était fine et sensible. Il frissonna lorsque la langue de Tony lécha l'exact endroit qui était une de ses zones érogènes. Jamais il n'aurait pu penser que ce petit carré de peau puisse lui procurer de telles sensations.

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Il faut dire que Tony avait passé les premiers jours de leur relation à étudier son corps avec un soin méticuleux, presque obsessionnel. Ses mains, sa bouche et sa langue avaient tour à tour caressé, baisé et léché chaque centimètre de sa peau, il l'avait fait vibré comme le violoniste le faisait avec son archer sur les cordes de son instrument.

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« Ca va ? » lui demanda Tony en le scrutant.

« Oui, ça va bien » admit-il. « Je vais très bien même et c'est surprenant » avoua-t-il tout étonné.

« Alors, c'est le principal » nota son compagnon. « Je ne pensais pas m'endormir, je suis désolé. »

« Aucune raison pour ça, Tone » le coupa Jet. « Mais j'aimerais que nous soyons prêts dans… une heure environ » dit-il après avoir consulté sa montre.

« Tu as prévu quelque chose ? »

« A vrai dire, Balboa m'a un peu forcé la main ce matin lorsque je l'ai informé de mon départ » expliqua-t-il. « Lui et quelques agents nous attendent chez Marty vers 19.00. Je leur ai promis une surprise et je voudrais leur faire penser que j'ai menti. »

« Une surprise ! » s'étonna Tony en se redressant. « Quel genre de surprise ? »

« Pas quoi mais plutôt qui » clarifia Jet.

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Tony le regarda quelques secondes avant que son regard ne s'éclaire et qu'un sourire n'étire ses lèvres.

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« Oh ! Tu veux que je sois présent mais personne ne sait que je suis là, c'est ça » déduisit triomphalement Tony. « Mon passage à l'agence ne s'est pas ébruité alors. »

« Sans doute pas, personne ne semblait savoir que tu es ici, en tout cas, personne n'a mentionné ton nom. »

« J'imagine bien que Vance a dû donner des instructions dans ce sens » spécula l'italien. « On ne peut nier ce qui n'est pas de notoriété publique, n'est-ce pas ? »

« Tu as sans aucun doute raison » remarqua Gibbs. « Bon, je vais me doucher. Tu m'accompagnes ? »

« Comme si tu avais besoin de demander » le taquina Tony.

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Jethro se leva et lui tendit la main, le jeune homme la prit, il tira pour le mettre debout et de l'autre bras, il le pressa contre sa poitrine. Il leva ensuite la tête pour combler la petite différence de taille et être en mesure d'embrasser son homme. Le baiser dura juste ce qu'il fallut avant que tous deux ne manquent d'air. Puis chacun s'affaira à déshabiller l'autre avant qu'ils ne se dirigent vers la salle de bains. Tony fit couler l'eau et régla la température avant de revenir auprès de son homme. Ses mains caressèrent et taquinèrent avant qu'il ne tire son compagnon sous l'eau chaude.

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La douche prit plus de temps que nécessaire, chacun s'employant à procurer à l'autre un orgasme intense avant de passer à l'étape de la douche proprement dite. Chacun d'eux massa et lava l'autre en évitant de trainer sur les zones sensibles avant de procéder au shampooing. Encore une chose que Jethro avait appris à apprécier pleinement, Tony lui lavant et massant le cuir chevelu, un moment de totale relaxation qui mettait à égalité avec le massage de son corps.

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Ce fut lui qui prit l'initiative de s'emparer d'une serviette pour sécher le corps ruisselant de Tony, un geste qu'il aimait faire parce qu'il lui permettait de déposer de tendres baisers là où il en avait envie, que ce soit sur les cuisses, sur le ventre, sur le torse ou… ailleurs. Ce petit rituel menait bien souvent à une prise en bouche d'un membre bien spécifique.

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Cette fois pourtant, il évita la tentation en tendant une serviette moelleuse à Tony et en le laissant se frictionner. Tony leva les sourcils et lui adressa une petite grimace ironique avant de se sécher et enfin de la nouer à la taille. L'italien se dirigea ensuite vers la chambre pour s'habiller mais au passage, il déposa un baiser sur l'épaule de Gibbs signifiant qu'il n'était pas offensé de louper son 'massage douceur' comme il l'avait baptisé.

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Tony laissa tomber la serviette une fois planté devant l'armoire, il choisit une tenue décontractée, après tout, il n'avait pas grand choix. Il savait également qu'il n'avait aucun besoin d'être sur son 31 pour apprécier une soirée entre amis.

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Jethro fut amusé par l'attitude de son homme, il sourit lorsqu'il le vit parader dans le plus simple appareil tandis qu'il sélectionnait ses vêtements. Il approuva lorsqu'il le vit prendre un jean qui le moulait comme une seconde peau et une chemise d'un vert feuillage qui mettait en valeur son bronzage et surtout faisait ressortir ses prunelles vertes.

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Il sourit également lorsque Tony attrapa sa ceinture à double boucle dont l'une était en fait la poignée du couteau caché à cet endroit. Les bonnes vieilles habitudes avaient du bon parfois et pouvaient toujours servir. Et comme il était hors de question qu'il soit armé sans y être autorisé, il valait mieux prévoir un autre moyen de défense. Encore qu'avec son entrainement de Seal, ses mains nues pouvaient être comparées à des armes redoutables.

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« Je suis fin prêt, je crois » déclara soudain Tony en le dévisageant.

« Hum, très… appétissant, si appétissant que je me demande si je vais sortir ce soir » le taquina Jet.

« Je crois que je vais t'attendre en bas » nota l'italien avant de sortir précipitamment de la chambre en riant.

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Jethro secoua la tête en souriant, il était sans cesse étonné des airs d'enfantillage du jeune homme avant de se rappeler que son enfance et son adolescence avaient été hors norme. Normal que parfois, il se conduise encore comme le gamin qu'il n'avait pas pu être. Et il était reconnaissant à celui qui lui avait permis de conserver cette âme joueuse et enfantine.

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Kate avait appelé cette attitude son côté 'Peter Pan' sans en connaître la véritable raison, d'autres le qualifiaient de puéril mais à la lumière des révélations de Tony, l'ancien Marine avait tendance à considérer que c'était aussi un mécanisme de défense ou une manière de vivre ce qu'il avait manqué plus jeune. Voir le visage de Tony s'éclairer comme celui d'un enfant le jour de Noël quand il recevait un cadeau était émouvant mais aussi irritant parce qu'il ne devrait pas être étonné d'être destinataire d'un présent.

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Il se souvenait parfaitement de ces petits paquets qui étaient déposés sur le bureau de ses collègues et du sien le jour de leur anniversaire mais il n'arrivait pas à se souvenir en avoir vu sur celui de Tony. Mais les présents avaient cessé leur apparition l'année de son départ et c'est ainsi que Jethro comprit que les cadeaux provenaient de Tony. Et personne, pas même Abby, n'avait fait le rapprochement entre les deux faits !

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Il sélectionna rapidement sa tenue, calquée sur celle de Tony et l'enfila rapidement puis passa dans la salle de bains pour se coiffer et se brosser les dents avant de descendre. Il retrouva l'italien dans la cuisine où il inspectait le réfrigérateur. Il profita de la position courbée pour délivrer une tape sonore sur son postérieur, ce qui fit sursauter et grogner Tony.

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« Bon sang, Jet » gronda-t-il. « J'ai failli me cogner la tête… encore une fois. »

« Tu n'aurais pas dû me tenter de cette manière » nota Jet en haussant les épaules.

« Ouais, sûr » ricana Tony. « Prêt, il sera presque l'heure lorsque nous arriverons» annonça-t-il avant d'enfiler un blouson de cuir.

« Prêt. On peut y aller » confirma-t-il en prenant un blazer. « Tiens, attrape » lui dit-il.

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Et pour le plus grand plaisir de Tony, il lui lança les clefs de la Challenger avant de s'emparer de celles de la maison. Pour la première fois depuis bien longtemps, il ferma la porte à clef derrière eux. Tony avait ouvert la portière passager de la voiture et attendait sagement à côté et la referma galamment une fois Jet installé.

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Il fit le tour du véhicule, hésita avant de prendre place derrière le volant comme s'il s'attendait à se voir finalement interdire de la conduire. Il mit le moteur en marche, le laissa tourner une minute avant de passer la vitesse et d'engager la voiture dans la faible circulation de la fin de journée. Sa conduite était souple et fluide, sans à-coups et le passage des vitesses se faisait en douceur, signe évident qu'il avait l'habitude d'une boite manuelle.

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Jet apprécia le trajet, la main posée sur la cuisse de Tony. Il avait hésité avant de le faire pensant gêner le changement de vitesse mais Tony avait inversé leur position pour avoir sa propre main au-dessus de la sienne. La soirée était douce et promettait d'être un agréable moment à passer entre amis, il était triste de savoir que ce serait sans doute la dernière de ce style mais il n'avait aucun regret de suivre Tony.

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La voiture ralentit et Tony s'engagea sur le parking du pub puis se gara sur une place libre avant de couper le contact. Il s'adossa un instant au siège avant de se tourner vers Jethro et de se pencher pour l'embrasser doucement. Jet le laissa faire et suivit son exemple, ouvrit la bouche pour compléter le baiser qui ne dura pas à son grand regret.

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« Juste pour me permettre de tenir jusqu'à notre retour » expliqua Tony en se redressant. « Et je ne voudrais pas que quelqu'un se rende compte que nous avons été embrassé. »

« Tu ne souhaites pas dévoiler notre relation ? » lui demanda son compagnon.

« A vrai dire, je n'y ai pas songé » avoua Tony. « Tout dépendra des circonstances, je pense. »

« D'accord, laissons voir comment la soirée évolue avant de faire une déclaration » approuva l'ancien Marine.

« Ok » dit simplement Tony avant de lui serrer la main puis de sortir du véhicule.

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Il en fit rapidement le tour pour ouvrir la portière passager et Jethro esquissa un léger sourire. La galanterie de l'italien était adorable mais il n'était pas sûr de vouloir en être le bénéficiaire. La porte se referma derrière lui et la clé tourna dans la serrure. Puis les deux hommes se dirigèrent vers la porte du bar où l'ambiance avait l'air de bon aloi.

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Jet poussa la porte et pénétra le premier, retint le battant pour permettre à Tony de franchir le seuil avant de le laisser se fermer. Ils repérèrent facilement leurs compagnons de soirée et s'acheminèrent vers les tables qui avaient été réunies pour accueillir le groupe. Au total, près d'une douzaine d'agents était déjà installée devant des consommations variées.

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Mark s'aperçut de leur présence et poussa une exclamation qui alerta le reste du groupe.

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« Bonté divine, un revenant » s'exclama-t-il avant de se lever précipitamment.

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Il vint pratiquement se jeter dans les bras de l'italien qui l'accueillit en lui souriant largement. Les deux baisers sonores déposés sur ses joues n'étaient pas inattendus pour Tony mais ils firent froncer les sourcils de Jet.

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« Mec, c'est un plaisir de te voir après tout ce temps et… le reste » termina-t-il sans détailler.

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Aucune raison de remuer le couteau dans la plaie et de mécontenter Gibbs. L'homme avait pratiquement forcé Tony à quitter l'équipe et s'il était avec lui ce soir, il était certain qu'ils avaient aplani le malentendu. Dans le cas contraire, ces deux-là ne seraient pas venus ensemble.

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« Merci, Mark » dit simplement Tony en lui tapotant l'épaule. « Salut, les gars » lança-t-il aux autres convives.

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Les agents se levèrent un par un pour venir… lui donner une accolade à l'étonnement de Gibbs qui faillit lui faire grincer des dents et gronder. Il parvint à se retenir mais se rapprocha sensiblement de l'italien. Puis une toux se fit entendre dans leur dos et les deux hommes se retournèrent pour trouver l'agent Jameson qui les regardait.

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« Eh, heureux de vous revoir, Agent Jameson » dit Tony en lui tendant la main.

« Moi de même, Monsieur » renvoya l'agent en acceptant la poignée de mains. « Agent Gibbs » ajouta-t-il en se tournant vers Gibbs.

« Jameson » répondit courtoisement Jet. « Appelez-moi Gibbs, je ne suis plus ni un agent, ni votre patron et cet idiot, c'est Tony » poursuivit-il en désignant l'italien.

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« Installons-nous et commandez ce que vous voulez » indiqua Mark. « Tony, Jethro, nous avons prévu un petit buffet, histoire de prolonger un peu la soirée. J'espère que ça vous convient ? »

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Les deux hommes se consultèrent du regard sans dire un mot avant de donner leur accord d'un signe de tête.

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A compter de cet instant, la soirée fut animée de rires et d'histoires racontées au bénéfice de Jameson qui écoutait avec fascination. Il savait que les deux hommes avaient travaillé plusieurs années ensemble mais les récits des agents étaient incroyables. Combien de fédéraux pouvaient revendiquer avoir vécu autant d'affaires et de situations aussi… il n'avait pas de mot pour définir ce qu'il entendait.

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Depuis l'enquête sur Air Force One en passant par celle d'être enchainé à un tueur en série, la contamination avec la peste, la traque et la mort d'un terroriste, le décès d'un agent et l'arrivée d'un agent de liaison, la nomination d'un nouveau directeur, ce furent les quelques enquêtes qui firent frémir le jeune agent. Tony se rendit compte de son malaise et tenta de le rassurer.

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« Eh, toutes les équipes ne sont pas aussi chanceuses que la nôtre » lui déclara-t-il après lui avoir tapoter l'épaule. « Nous avions simplement le tort d'être ou d'avoir été la meilleure équipe et les cas difficiles étaient pour nous. Ça ne se passe pas de cette façon pour toutes, demandez donc à Mark, il a souvent déploré devoir traiter les miettes que nous lui laissions. »

« Sûr que nos enquêtes sont moins périlleuses » confirma ledit agent. « Eh, Gibbs, penses-tu que nous pourrions recruter ta 'bleusaille' parce que s'il a réussi à te supporter jusqu'à maintenant sans s'enfuir, il fera une recrue de choix. »

« A lui de voir s'il veut continuer à travailler pour l'agence » dit Gibbs en haussant les épaules. « Pour moi, il deviendra un très bon agent pour peu qu'il soit bien guidé. Ton équipe est la seconde après la nôtre et elle vaut le coup. »

« Passez me voir dès que possible, Jameson et on discutera » proposa Mark.

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La serveuse arriva fort à propos avec les quelques plats que Balboa avait commandé et chacun s'employa à rediriger la conversation sur d'autres sujets. Des questions fusèrent sur la nouvelle vie de Tony auxquelles il répondit avec humour et sincérité. Il ne cacha qu'une seule chose et c'était sa relation avec Jet.

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Gibbs écoutait et participa avec animation pour décrire la vie au ranch surtout après la tempête. La joie qui se dégageait de l'ancien Marine fit plaisir à son ami et les regards que les deux anciens collègues se lançaient de temps en temps ne lui échappèrent pas non plus. Il en tira une conclusion qui demandait confirmation et qu'il entendait pas avoir avant leur départ.

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Trois heures s'écoulèrent sans que le groupe en voit le temps passer. Finalement, ce fut le jeune agent qui donna le signal du départ en indiquant devoir les quitter. Le reste du groupe approuva et chacun laissa le montant de sa participation avant de saluer leurs deux anciens collègues tout en espérant les revoir un jour.

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« Alors, Jethro, que vas-tu faire de ta retraite ? » demanda Mark après le départ des autres. « Tu restes ici ou tu t'exiles ? »

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Gibbs le regarda un instant avant de comprendre que son ami avait deviné. Il choisit donc de lui dire la vérité.

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« Je quitte DC et je vais m'installer avec Tony » déclara-t-il sans détour.

« Bien, quelque chose de bon qui sort enfin de tout ce merdier »

« Tu… » commença Jet sans savoir comment terminer.

« Si je savais… non mais je suspectais » expliqua-t-il. « Votre entente était trop parfaite pour n'être que respect et amitié. Et cette communication silencieuse que vous seuls avez et que personne ne comprend doit bien avoir un fondement plus profond, non ? »

« Peut-être, nous ne nous sommes jamais penchés sur la question. »

« D'autres l'ont fait et n'ont pas trouvé d'explication, Jethro. Mais personne n'a jamais songé à ce développement, à vrai dire. »

« Encore heureux » s'indigna l'ancien Marine. « J'ai une sainte horreur de faire l'objet des rumeurs de l'agence. »

« Ah, tu ne peux empêcher les gens de jaser à ton sujet ou celui de Tony, vous êtes nos vedettes » rit Mark. « Mais je vais te laisser rejoindre ton homme. »

« Merci, Mark pour la soirée et pour ton soutien. »

« Pas de quoi, je suis heureux pour vous deux et je vous souhaite le plus de bonheur possible, vous le méritez. »

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Sur ce, il donna une accolade à Gibbs et partit rejoindre l'autre groupe. Chacun fit ses adieux et Gibbs et Tony regagnèrent la voiture. Voyant l'air pensif de son compagnon, Tony faillit le questionner mais se retint.

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« Mark sait » finit par dire Jet. « Il a deviné. »

« Et… c'est bien ou non ? » demanda Tony curieux.

« Il approuve et nous souhaite plein de bonheur. »

« Un gars bien » approuva Tony avant de se mettre au volant.

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Le trajet de retour fut silencieux mais chargé d'émotion.

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Une réception un peu brève mais chacun sait que Gibbs n'aime pas les cérémonies et autres festivités.

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A bientôt pour le prochain chapitre, un autre moment d'émotion en perspective.