Hola chicos y chicas ! Oui, c'est de l'espagnol, et c'est à peu près les seuls mots que je connais avec "Bueno" et "pelo" (= cheveux) : après 3 ans d'espagnol, c'est assez navrant... BREF, on n'est pas là pour discuter de ma vie mais du nouveau chapitre hihi ! Celui-ci est assez court, comme le chapitre 2, mais ils seront beaucoup plus long plus tard, vous verrez. Buena lectura ! =D - ScarletSixtine
Chapitre 3 : Mélancolie à Pré-au-Lard
Le mois de septembre s'était écoulé paisiblement, bien qu'Hermione ai eu du mal à s'adapter à son emploi du temps. Elle ne pouvait pas passer autant de temps qu'elle le souhaitait avec Harry, Ron et Ginny, si bien que la perspective du premier weekend à Pré-au-Lard, le premier samedi d'octobre, lui remontait considérablement le moral.
Ce matin là, elle se leva tôt, prit son temps pour se préparer et alla attendre Harry, Ron et Ginny dans la salle commune de Gryffondor. La jeune fille fut la première à la rejoindre. Le temps que Harry et Ron se décident à descendre de leur dortoir, elles eurent le temps de saluer Dean Thomas et Seamus Finnigan qui descendaient eux-mêmes prendre leur petit déjeuner. Elles virent également Parvati Patil, qui s'était joliment habillée en prévision de la sortie à Pré-au-Lard.
Il était étrange de la voir sans Lavande Brown. Les deux amies avaient été inséparables pendant sept ans et Hermione fut envahie, en la saluant, d'un puissant sentiment de compassion.
Lorsque Harry et Ron firent enfin leur apparition, les quatre amis prirent la direction de la Grande Salle, bien décidés à profiter de cette première journée de liberté.
Le vent glacial qui soufflait dans les rues de Pré-au-Lard et la chaleur du pub des Trois Balais offraient un contraste saisissant. Les joues rosies par le froid, les quatre amis s'engouffrèrent dans la vaste taverne et prirent place prêt d'une fenêtre.
_ Hé mais, c'est pas Neville là-bas ? Avec Hanna Abbott ?! s'exclama Ron en montrant du doigt une table isolée devant laquelle Neville Londubat et Hanna Abbott étaient étroitement enlacés.
_ Si, tu ne savais pas ? répondit sereinement Ginny. Depuis la bataille de Poudlard…
Etant donné le regard effaré que lança Ron, il semblait évident qu'il n'en avait aucune idée.
_ Oh non, c'est McLaggen ! s'écria Hermione en voyant ce dernier franchir la porte des Trois Balais et jeter un regard alentour comme s'il cherchait quelqu'un.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Hermione plongea sous la table, en priant le ciel que McLaggen ne l'ai pas aperçue.
_ Salut, Hermione n'est pas avec vous ? l'entendit-elle demander, avec sa voix de faux séducteur complètement ringard.
_ Euh… non, elle est restée au château… Elle a pris une Pastille de Gerbe par erreur, pas de chance…
Hermione remercia intérieurement Ginny pour sa capacité exceptionnelle à inventer des mensonges en un quart de seconde. D'ailleurs, ce n'était pas mal trouvé car, la gerbe, elle allait bientôt l'avoir s'il ne déguerpissait pas vite fait bien fait. Voyant les pieds de McLaggen disparaitre de devant leur table et s'éloigner vers la porte des Trois Balais, Hermione sortit de sa cachette, quelque peu échevelée.
Elle ne put s'empêcher de remarquer que l'intervention de McLaggen n'avait eu aucun effet sur Ron, ce qui la plongea dans un état quasi-dépressif. Elle se demanda si elle ne ferait pas mieux de rentrer dans sa chambre de préfète, mettre la tête sous sa couette jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais elle trouva cela légèrement excessif.
Harry termina de l'achever lorsqu'il lui confia que Ginny et lui avaient prévus de passer la fin de l'après-midi tous les deux, tout seuls, à Pré n'imaginait pas du tout pouvoir rester seule avec Ron, à se regarder dans le blanc des yeux. Elle se sentait désormais incapable de tenir une conversation pertinente avec celui qu'elle avait longtemps considéré comme l'un de ses meilleurs amis.
Lorsque Harry et Ginny les saluèrent, Hermione, qui s'était préparée à entamer un début de conversation avec Ron, eut la surprise de le voir se lever à son tour.
_ Euh…désolé Hermione, j'ai promis à Peakes et Coote que je viendrais m'entrainer avec eux… Tu sais, le premier match de Quidditch est dans une semaine et…
_ Très bien, pas de problème ! s'exclama Hermione d'un ton faussement détaché.
_ Ah euh... Bon, alors… à plus tard hein ! lui lança maladroitement Ron avec un sourire gêné.
Elle le regarda s'éloigner, la gorge serrée. Elle s'était rarement sentit aussi seule qu'à cet instant précis et jamais aussi pathétique. Sa vie sentimentale prenait un tournant ridiculement tragique et elle était la seule à s'en rendre compte, pour le moment du moins.
Elle ne pouvait pas le reprocher à Harry et Ginny de vouloir passer du temps ensemble, seuls. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à Ron de l'avoir abandonnée d'autant plus qu'elle savait très bien que le soi-disant entrainement de Quidditch n'était qu'un prétexte et qu'il l'avait prise pour la première des gourdes. Elle avait sottement pensé qu'il resterait aussi proche d'elle que lorsqu'ils n'étaient que de simples amis, mais, apparemment, elle s'était lourdement trompé. Elle sentit sa gorge se nouer en pensant que, peut-être, elle ne retrouverait jamais la complicité qu'elle avait avant avec Ron.
Jugeant qu'elle était restée assez longtemps assise toute seule comme une potiche au milieu des Trois Balais, Hermione sortit dans le froid saisissant d'octobre, son écharpe nouée jusqu'au menton.
Elle n'avait aucune envie de rentrer au château. Pas encore. Elle prit la direction de la Cabane Hurlante, sans vraiment savoir pourquoi. Pour la première fois depuis son arrivée à Poudlard, elle sentait qu'une vague de tristesse s'apprêtait à la submerger. La cerise sur le gâteau : elle n'avait pas de mouchoirs à porter de main. Puis, elle se rappela qu'elle était une sorcière et qu'elle disposait d'une baguette, ce qui pouvait constituer une consolation.
Une fois qu'elle eut dépassé la bâtisse en ruine, qui lui rappela cruellement Sirius et Lupin, elle ne put contenir ses pleurs et éclata en sanglots.
Elle était totalement perdue et ne se reconnaissait plus, tant dans ses réactions que dans son appréhension de l'avenir. Elle avait toujours imaginée sa vie entourée de ses amis et, depuis plus récemment, en compagnie de Ron et maintenant que celui-ci lui filait entre les doigts, tout devenait flou.
Elle se voyait déjà faire tapisserie au mariage de Harry et Ginny, montrée du doigt par les invités comme étant « la célibataire endurcie, et bibliothécaire avec ça ». Puis, plus tard, elle s'imaginait supporter le mariage de Ron avec une illustre inconnue qui lui mettrait son alliance sous le nez avec un air de dire « tu vois, mocheté, c'est moi qui l'ai eu ».
Après cet instant d'auto-dévalorisation mentale, se disant que cela suffisait pour la journée, voir pour la semaine, Hermione essuya les larmes qui maculaient ses joues et entreprit de faire demi-tour.
Elle se retourna pour reprendre le chemin en sens inverse et, soudain, tomba ENCORE nez à nez avec Malefoy (ça devient du harcèlement à ce point-là) qui était appuyé à une barrière en bois faisant face à la Cabane Hurlante. Il semblait attendre quelqu'un.
_ Granger sans Weasmoche et le binoclard… Ils se sont enfin rendus compte à quel point tu étais inintéressante ? lui lança Malefoy avec un sourire moqueur.
Il avait surement dit cela sans réfléchir, comme à son habitude, mais cette fois il avait touché un point sensible et Hermione sentit sa gorge se serrer une nouvelle fois.
_ Fiche-moi la paix, Malefoy.
_ On dirait que j'ai visé là où ça fait mal…, ajouta Malefoy avec délectation.
_ Si tu ne veux pas que je vise à un endroit où, toi, tu auras vraiment très mal, je te conseille de la fermer, lui répondit Hermione en lui jetant un regard furieux.
_ Tu vas encore retirer des points à Serpentard ?
_ Non, je vais plutôt t'en coller une ! Je l'ai déjà fait, je peux le refaire, répliqua Hermione du tac au tac.
_ Tu seras toujours la même Granger, une abjecte Miss-Je-Sais-Tout avec des dents de castor !
_ Pourquoi tu me détestes autant ? lui demanda Hermione, un air de profonde résignation sur le visage.
Le regard de Malefoy sembla se radoucir du moins, dans la mesure du possible. Ce n'était pas le genre de questions qu'il avait l'habitude d'entendre de la part d'Hermione Granger.
_ Je te déteste parce que je t'ai toujours détesté, lui répondit-il, le plus sincèrement du monde.
_ Ce n'est pas une raison suffisante pour s'acharner sur quelqu'un comme ça, lui rétorqua Hermione d'un air autoritaire. Tu n'as aucune raison de me sauter à la gorge à chaque fois que tu me croises dans un couloir ou dans un lieu public. Ca t'amuse peut-être mais moi j'en ai assez. Je pensais qu'après ce qui s'est passé l'année dernière, pendant la bataille, tu serais un peu plus vivable mais je vois que j'étais ridiculement optimiste.
Elle avait dit tout cela d'une traite, sans reprendre sa respiration. En plus d'avoir les yeux gonflés d'avoir pleuré, elle tremblait maintenant d'indignation. Malefoy semblait avoir rangé sa hargne au placard et regardait Hermione avec méfiance.
_ Je vous suis reconnaissant… à toi… et à Potter. Mais ça ne veut pas dire qu'on va devenir les meilleurs amis du monde si c'est à ça que tu penses ! lui rétorqua Malefoy, à nouveau agressif.
_ Non, loin de moi cette idée. Je te demande juste de me laisser tranquille, c'est tout ce que je veux.
_ Ouai… Et bien… J'essayerai, mais je te promets rien…
A ce moment-là, Hermione tourna la tête et vit, au loin, Pansy Parkinson marcher dans leur direction. Elle comprit alors ce que Malefoy faisait à attendre tout seul dans ce coin isolé de Pré-au-Lard. Il devait avoir rendez-vous avec elle, ce qui étonna un peu Hermione car elle pensait qu'il n'était pas sincèrement intéressé par sa personne, du moins d'après les rumeurs et l'expression de son visage dès lors qu'elle s'adressait à lui. Mais après tout, qu'est-ce que qu'elle en savait des états d'âme de Malefoy ? Et puis, d'abord et avant tout, elle s'en fichait royalement.
En se disant que, de toute manière, cet exaspérant personnage resterait égal à lui-même, Hermione se détourna de lui et s'engagea sur le chemin menant à l'école.
_ Hé Granger ! la rappela-t-il.
Hermione se retourna, s'attendant presque à encaisser une nouvelle insulte.
_ Oublis Weasmoche, c'est un idiot ce type.
Il lui fit un sourire un peu crispé, mais qui ressemblait tout de même à un sourire un tant soit peu sympathique. C'était la première fois qu'Hermione le voyait sourire sincèrement et elle en fut passablement troublée. Tout d'abord parce qu'elle pensait que cela ne se produirait jamais, puis, parce qu'il était plutôt beau quand il ne faisait pas la moue dégoutée qu'il affichait en temps normal et qui lui donnait l'air de quelqu'un qui a un kilo de crotte sous le nez de manière constante. Chassant vite cette pensée ô combien étrange étant donné qu'il était question de Drago Malefoy, Hermione, quelque peu hésitante, lui rendit un sourire un peu tremblotant et poursuivit son chemin, le cœur un peu plus léger qu'à l'aller.
Elle en voulait tellement à Ron de l'avoir laissée tomber qu'elle n'avait même pas penser à riposter lorsque Malefoy l'avait traité d'idiot. D'ailleurs, elle était étonnée de voir qu'il avait eu vent de sa relation avec Ron. Mais ce qui l'avait surprise au-delà de tout le reste, c'était cette dernière parole prononcée comme une sorte de conseil, d'élan de sympathie, qui ne ressemblait pas du tout, mais alors pas du tout, à la petite fouine insolente qu'était Malefoy en temps normal.
En rentrant au château, elle se dit, avec une lueur d'espoir dans un coin de sa tête, que le Serpentard allait peut-être passer du statut d'ordure à celui de simple crétin.
