Allez, je suis lancée, je publie le 3ème chapitre (je rappelle que les 13 premiers sont déjà écrits et publiés sur un autre site de fanfics). N'hésitez pas à me donner votre avis, il sera bienvenu (je ne vous vénèrerais pas au point de vous vouer un culte mais presque).

gruvioler : Merci pour ta review, youhooou tu es la première ! Déjà, je suis fière d'avoir réussi à ne pas trop tomber dans le cliché ; ensuite, ne t'inquiète pas je vais essayer de publier les 13 chapitres dans la semaine (je l'ai publié sur l'autre site sous un pseudo différent, mais le titre est le même). Merci, merci, merci encore et je suis ravie de t'avoir captivée ;) (oui, je suis en pleine rédaction du chapitre 14 hihi)


Chapitre 4 : Coup de pouce

Le lendemain, pendant le petit-déjeuner, Hermione fit le récit de son entrevue avec Malefoy à ses trois amis, en omettant volontairement de mentionner que celui-ci avait traité Ron d'idiot. Elle n'avait pas vu ses amis depuis la sortie de la veille à Pré-au-Lard car elle avait préféré rejoindre directement ses appartements privés en rentrant au château, trop contrariée par le comportement de Ron pour supporter d'être attablée en face de lui. D'ailleurs, elle ne s'était pas adressée directement à lui lorsqu'elle avait raconté son échange avec Malefoy.

_ Il t'a dit qu'il était reconnaissant ?! s'écria Ginny, en s'étouffant à moitié avec son jus de citrouille.
_ Oui, ça m'a vraiment étonnée… lui répondit Hermione alors qu'elle se saisissait de la Gazette du Sorcier qu'un hibou moyen-duc venait de lui apporter.
_ C'est sûrement une ruse, ajouta catégoriquement Ron. Ce petit fumier…il ne changera jamais. Il faut voir comme il nous regarde pour savoir qu'il n'a envie que d'une chose : nous tordre le cou pendant notre sommeil.
_ Je ne l'aime pas beaucoup, ne vous méprenez pas, mais je le plains pour une seule chose : il parait qu'il sort avec Pansy Parkinson ! leur confia Ginny, comme si elle venait d'annoncer que Hagrid avait été nommé Ministre de la Magie.
_ Je crois que je préfèrerai embrasser un Scroutt à pétards plutôt que sa face de pékinois ! s'exclama Harry.

Ron pouffa, la tête dans son bol de chocolat, pendant que Ginny s'étrangla à moitié avec son toast de marmelade en s'exclamant un « heureusement ! ».
Hermione, quant à elle, était trop absorbée par la lecture de son journal pour porter attention à cette nouvelle de premier ordre. Arrivée à la deuxième page, parmi les gros titres, un article retint son attention.

_ En tout cas, je ne pense pas que Pansy Parkinson soit son souci principal aujourd'hui, regardez ! leur dit-elle en montrant l'article du doigt, le visage blême.

L'article avait pour titre « La Marque des Ténèbres au manoir Malefoy », et montrait une photo de la maison avec, au dessus, la marque en forme de tête de mort.

« Pas plus tard que ce matin, la brigade d'intervention des Aurors a été appelée à intervenir en urgence au manoir de la famille Malefoy. La maitresse des lieux, Narcissa Malefoy, a été retrouvée dans un état de grande détresse et a tout de suite informé les agents du Ministère de la torture, suivie de l'enlèvement de son mari, Lucius Malefoy, par un groupe d'anciens Mangemorts qui auraient pénétré dans leur habitation au beau milieu de la nuit. Cette dernière, fortement choquée, a été immédiatement transportée à l'hôpital Ste Mangouste.
Les raisons exactes ayant motivées de tels agissements ne sont pas encore connues, mais un règlement de compte serait à l'origine du crime. Pour l'heure, les Aurors en charge de cette affaire n'ont pas localisé Mr Malefoy mais s'efforcent de faire leur possible pour le retrouver rapidement. »

_ Il fallait s'y attendre… fit remarquer Ginny, d'un air résigné.
_ Lucius Malefoy n'a pas été entièrement loyal envers Voldemort, et certains ont sûrement voulu le punir pour ça, ajouta Harry.

Il semblait préoccupé. Voldemort était fini, mais il restait beaucoup d'anciens Mangemorts assez fous pour croire que leur maître allait réapparaitre un jour, sauf qu'ils n'avaient rien compris.
Hermione jeta un regard à la table des Serpentards, Malefoy n'y était pas. Même s'il était une ordure de la pire espèce, elle ne put s'empêcher de se mettre à sa place et de compatir.

_ Je ne comprend pas que le Ministère ne leur ai pas fourni une protection… dit Hermione.
_ Ouai, enfin faut pas rêver quand même ! s'exclama Ginny. Ils ont quand même été du côté de Voldy pendant des années avant de revenir pleurnicher.

Ron, quant à lui, n'avait pas dit un mot. Il semblait perdu dans ses pensées et n'avait pas l'air de se sentir concerné par la conversation. C'est lorsqu'il prétexta avoir un devoir à finir pour le cours d'Histoire de la Magie et qu'il s'éclipsa, qu'Hermione se pencha vers Harry pour lui chuchoter :

_ Qu'est-ce qu'il a Ron ? Il est bizarre…
_ Je sais pas… Mais il est comme ça depuis hier soir… Vous vous êtes disputés hier après-midi à Pré-au-Lard ? lui demanda-t-il. Au fait, j'y pense, tu nous as dit que tu avais vu Malefoy à Pré-au-Lard, mais Ron… il n'était pas avec toi ?

Hermione sentit son cœur s'accélérer. Ron ne leur avait pas dit qu'il lui avait fait faux bon la veille.

_ Euh…non, répondit-elle d'un air embarrassé. En fait, dès que vous êtes partis, il a prétexté un entrainement de Quidditch et il est rentré au château…
_ Ah.

Harry eut un regard interloqué, tandis que Ginny sembla, tout à coup, très contrariée.

_ Pourquoi ? Il y a quelque chose que je dois savoir ? demanda Hermione, qui sentait son cœur s'accélérer.
_ Non, rien du tout, lui répondit Ginny, d'une voix rassurante mais qui sonnait faux aux oreilles d'Hermione.

Elle sentait que la jeune fille leur cachait quelque chose, à elle et à Harry, mais elle n'insista pas. Après tout, moins elle en savait, mieux cela valait.
Durant la semaine qui suivie, Ron continua à agir de manière étrange. Il disparaissait subitement à des moments où, en temps normal, il aurait adoré flâner et plaisanter avec Harry.
Le vendredi soir, veille d'un weekend bien mérité, alors qu'Hermione s'apprêtait à franchir le portrait de la grosse dame afin de rejoindre Ginny dans la salle commune pour l'aider à rédiger son devoir d'Histoire de la Magie, elle fut presque bousculée par Ron qui en sortait. Il avait l'air furieux.
Pourtant, lorsqu'il réalisa qu'il faisait face à Hermione, sa colère sembla disparaitre de son visage pour laisser place à une expression d'effroi.

_ Ron ? Qu'est-ce que… ?

Il avait continué son chemin sans dire un mot et avait déjà disparu dans les escaliers. Même si elle n'arrivait pas à oublier qu'il l'avait laissé tomber le jour de la sortie à Pré-au-Lard, Hermione était tout de même soucieuse de l'état dans lequel se trouvait son ami.
Lorsqu'elle arriva dans la salle commune, Ginny se trouvait devant la cheminée, les poings serrés, et avait l'air de quelqu'un qui s'apprête à commettre un meurtre. Son visage avait viré au pourpre et Hermione crut voir, l'espace d'une seconde, le sosie de Mrs Weasley.

_ Quelqu'un aurait-il la gentillesse de me dire ce qui se passe ici ? dit-elle d'une voix froide.
_ Oh Hermione…

Ginny ne l'avait pas vu entrer et visiblement, elle avait complètement oublier son devoir d'Histoire de la Magie.

_ C'est rien, c'est juste Ron qui m'agace en ce moment c'est tout.
_ Désolée de te le dire, mais tu as l'air légèrement plus qu'agacée…En fait, on dirait qu'il vient de te mettre une claque dans la figure, lui fit remarquer Hermione.
_ Je lui demandais juste ce qui lui prenait par la tête en ce moment. Mais tu le connais, on ne peut pas discuter avec lui sans qu'il sorte de ses gonds…
_ Et donc ? Qu'est-ce qu'il a le petit Ron-Ron ?
_ Oh, tu crois qu'il allait me le dire ? Bien sur que non ! Mais en attendant, Monsieur a complètement oublié l'anniversaire de maman et ça fait deux fois qu'il rate l'entrainement de Quidditch. Harry est son meilleur ami mais s'il ne vient pas au prochain, il sera obligé de le virer de l'équipe ! s'exclama-t-elle, excédée.

Hermione comprenait bien la réaction de Ginny puisqu'elle la partageait. Pourquoi Ron ne se confiait pas à eux, ses amis ?

_ Et tu sais ce qu'il a osé me répondre quand je lui ai dis qu'il pouvait nous parler de ses problèmes ? Ce crétin m'a dit qu'il en avait assez de tenir la chandelle quand il était avec Harry et moi ! Alors qu'il sait très bien qu'on n'est pas du genre à se bécoter en public ! Monsieur a dit qu'il était « mal à l'aise » avec nous ! Pauvre idiot…
_ Mal à l'aise ? Même avec moi ? la questionna Hermione, abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre.
_ Surtout avec toi… Je suis désolée Hermione, s'empressa-t-elle de rajouter en voyant le visage de son amie se décomposer. Il est vraiment bête des fois, même si c'est mon frère.

Ginny lui posa la main sur l'épaule avec un regard d'excuse. Elle se doutait sûrement qu'elle venait de lui faire de la peine et elle en eut probablement la confirmation lorsque Hermione prétexta devoir commencer sa ronde de nuit alors qu'elle ne débutait qu'une heure plus tard. Elle avait besoin de sortir de cette pièce, de s'isoler, de se détendre. Elle savait où aller et elle savait qu'elle y serait tranquille. Elle parcourut les couloirs sans prêter attention aux regards qui se tournaient vers elle. Et elle la vit enfin : l'entrée de la salle de bain des préfets.

_ « Senteur boisée »

Rien ne produisit et la porte de la salle de bains demeura résolument close. Cela voulait dire que quelqu'un était déjà à l'intérieur et Hermione, dont les nerfs étaient déjà à vif après les révélations de Ginny, se laissa glisser le long du mur et pleura silencieusement dans le couloir obscur.
Ce qui était certain, c'est qu'elle n'avait jamais éprouvé une rancœur aussi vive envers Ron. S'il s'était trouvé en face d'elle à cet instant précis, elle se serait fait une joie de lui refaire le portrait.
Alors qu'elle se mouchait, elle entendit un cliquetis signifiant que la personne présente dans la salle de bain venait de déverrouiller la porte et s'apprêter à sortir. En voyant une silhouette surmontée d'une chevelure blonde dans l'entrebâillure de la porte, Hermione songea que, s'il y avait une puissance supérieure cachée quelque part dans l'Univers, une sorte de Dieu des rencontres inopinées, celui-ci devait vraiment lui vouloir du mal.
Malefoy, qui n'avait pas vu qu'Hermione était accroupie à deux pas de lui, fit un puissant bond en arrière lorsqu'il aperçu la masse sombre que formait le corps d'Hermione à côté de lui.

_ Wow !

Hermione ne pu s'empêcher de sourire devant l'expression de stupeur qui était apparue sur le visage de Malefoy.

_ Je te fais si peur que ça ?
_ Plus que ça même... Avec ta tignasse, dans le noir, même le Baron Sanglant serait pétrifié.

Il affichait son habituel air moqueur et arrogant mais, pourtant, il ne semblait pas être au meilleur de sa forme. Hermione vit son regard s'attarder sur ses yeux rougis et gonflés, et se sentit soudain très mal à l'aise.

_ A ce que je vois, tu as découvert par toi-même que Weasley est un sombre crétin. Bravo.
_ Ça ne te regarde pas, que je sache… répondit Hermione d'une voix calme.

Elle était tellement furieuse contre Ron qu'elle se fichait complètement de ce que Malefoy pouvait bien dire sur lui. Elle s'étonna même à éprouver une certaine satisfaction à l'entendre parler de lui ainsi.

_ Et puis, pourquoi tu ne fais que répéter que c'est un crétin ? lui demanda-t-elle, vaguement intéressée.
_ Déjà, parce que s'en est un, et puis parce que j'ai cru comprendre qu'il t'avait jeté et qu'il vous faussait compagnie ces derniers temps…
_ Oui, il m'a jeté comme tu dis, mais ce n'est pas ça qui fait de lui un crétin pour autant… lui répondit-elle, toujours assise contre le mur.

Tandis qu'elle se relevait pour, enfin, rentrer dans cette fichue salle de bain, ils entendirent des bruits de pas s'approcher et de petits rires étouffés.

_ Alors, c'est peut-être ça qui fait de lui un crétin, tu ne crois pas ? lui dit Malefoy avec un sourire moqueur en regardant alternativement Ron et Padma Patil qui venaient de tourner à l'angle du couloir, main dans la main.

Visiblement, ces deux-là ne s'attendaient pas à croiser quelqu'un dans les couloirs à cette heure tardive et surtout pas dans cette partie du château car l'expression de terreur qui s'afficha sur leur visage était à marquer dans les annales. Bien sûr, ils s'étaient lâchés la main dès que leur regard avait croisé celui d'Hermione.
A présent, tout s'éclairait dans l'esprit de la Gryffondor : les absences répétées de Ron, son changement de comportement envers elle depuis une semaine et les allusions de Malefoy selon lesquelles Ron était un idiot.
Dire qu'à cet instant elle était furieuse aurait été un euphémisme. Non, là c'était plutôt l'explosion atomique d'Hiroshima dans son cerveau.
Elle n'avait pas envie de pleurer, oh non. Ca c'était pour la gentille Hermione. La Hermione qui venait d'être prise pour idiote pendant plus d'une semaine, elle, avait envie de faire un double homicide à la Kill Bill, sabres et hémoglobine compris.

_ Hermione… commença maladroitement Ron dont le visage avait pris la teinte d'un vieux chewing-gum mâchouillé.

Mais avant qu'Hermione n'ait le temps de répondre quoi que ce soit, elle sentit une main se poser sur sa taille. Pétrifiée, elle venait de réaliser que c'était la main de Malefoy. Oui la main de Malefoy, sur sa taille. Il se tenait maintenant à ses côtés, faisant face à Ron qui avait désormais la tête de quelqu'un qui a reçu un très très grand coup dans l'estomac, ou ailleurs.
Pourquoi ne lui avait-elle pas retourné une gifle monumentale pour avoir osé poser la main sur elle de cette manière ? Elle ne savait pas. En fait si, elle le savait très bien. En cet instant, garder bonne figure face à Ron était bien plus important que de garder sa fierté intacte vis-à-vis de Malefoy. Et, oh mon Dieu, elle avait tout ce dont elle avait rêvé. Ron, dont le visage avait prit une teinte rouge brique, avait la bouche grande ouverte mais aucun son ne semblait pouvoir en sortir. Elle se fichait de Malefoy, de Padma Patil, elle ne voyait que Ron et ce qu'elle désirait plus que tout en cet instant c'est qu'il ai mal comme elle avait mal.

_ Viens Ron… lui chuchota Padma Patil en le tirant par le bras. On s'en va…

Les deux amants reculèrent jusqu'à l'angle du couloir, Ron fixant toujours alternativement Hermione et la main de Malefoy posée sur elle. Puis, enfin, seuls les bruits de leurs pas s'éloignant furent encore audibles.
La Gryffondor avait l'impression que son cerveau était entouré par un brouillard épais et c'est lorsqu'elle sentie la main de Malefoy quitter sa taille qu'elle revint à la réalité.

_ Mais enfin qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ? s'écria Hermione à l'adresse de Malefoy qui affichait un sourire goguenard, appuyé contre le mur.
_ Tu sais un simple « merci » aurait suffit, lui répondit-il avec, sur le visage, l'expression de quelqu'un qui a l'air de beaucoup s'amuser.
_ Je crois que tu ne saisis pas très bien l'impact de ton geste ! Demain, tout Poudlard croira que l'on se voit en douce !
_ Weasmoche ne racontera jamais ce qu'il a vu et si Patil le fait, personne ne la croira. Tout le monde sait que je ne m'abaisserai jamais à poser la main sur un rat de bibliothèque tel que toi, dit-il sous le regard noir d'Hermione. Puis, ceux qui sont assez bêtes pour le croire se diront que, finalement, tu n'es pas aussi barbante que tu l'es en réalité. C'est tout bénéfice pour toi.
_ Et qu'est-ce que le grand Drago Malefoy gagne dans tout ça ? l'interrogea Hermione, au comble de l'exaspération.
_ La satisfaction de voir la tête que ferait Weasmoche quand il me verrait collé à son ex-copine… lui répondit Malefoy avec un petit sourire satisfait.

Hermione leva les yeux au ciel en soupirant.

_ Ne crois pas que je m'intéresse à ta vie, Granger. Je fais juste quelques efforts pour être plus aimable.

Un silence gêné suivi ses paroles. Hermione avait tellement détesté Malefoy que le simple fait d'échanger quelques mots avec lui qui ne soient pas des insultes était, pour elle, un exploit phénoménal.

_ J'apprécie le fait que tu ne me jette plus tout un tas d'insultes à la figure.
_ Je fais ça surtout parce que je peux pas voir Weasley en peinture. Et aussi, parce que ça me fait rire. Tous les Serpentard ou presque étaient au courant qu'il voyait la jumelle Patil. D'ailleurs, la première fois qu'ils se sont vus, c'est le jour de la sortie à Pré-au-Lard. Tu te souviens, je t'ai dit que c'était un idiot, je venais de le croiser avec elle.
_ Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ? demanda Hermione, totalement déconcertée.

Malefoy se renfrogna quelque peu.

_ J'en sais rien, peut-être que ça me plait de te voir pleurer et que j'ai envie que tu recommences.
_ Je n'ai plus aucune envie de pleurer après ce que j'ai vu ce soir.

Soudain, elle repensa à l'article de la Gazette du Sorcier. Maintenant qu'elle s'était un peu remise de ses émotions, elle remarqua que Malefoy paraissait fatigué et plus pâle que d'habitude, si c'était encore possible. Elle n'avait même pas fait le rapprochement avec la disparition de son père tellement ses petites histoires de cœur l'avaient obnubilée durant toute la semaine.

_ J'ai appris pour… ton père. Je suis désolée, dit sincèrement Hermione.

Le sourire de Malefoy se figea et disparu instantanément de son visage.

_ J'en veux pas de ta pitié, Granger, marmonna Malefoy qui semblait s'être refermé comme une huitre.
_ Ils l'ont… retrouvé ?
_ Non, si ça avait été le cas tu l'aurais lu dans le journal.
_ Oui, c'est vrai, je n'y avais pas pensé…

Il paraissait vraiment abattu, tout à coup, et apparemment peu désireux de s'étendre sur le sujet. Il n'avait visiblement aucune envie de parler de son père et Hermione le remarqua.

_ Je vais euh… la salle de bain… balbutia Hermione en guise d'explication en montrant la porte en bois de chêne à sa droite.
_ Ouais, fais attention la sirène est réveillée. Et essaye de ne pas sortir dans les couloirs toute nue comme la dernière fois ! dit Malefoy avec un petit sourire en coin.
_ Je n'étais pas toute nue ! Malefoy ! l'appela-t-elle alors qu'il tournait déjà à l'angle du couloir. Je n'étais pas toute nue !

Avant qu'elle ne referme la porte de la salle de bain, elle esquissa un sourire très léger. Ce soir-là, elle avait perdu un ami très cher et elle se dit même que, peut-être, elle avait également perdu un ennemi. Mais ce qui était sûr, c'est qu'elle avait gardé sa dignité face à Ron. Et elle fut forcée de constater, avec une petite pointe d'agacement, que Malefoy n'y était pas pour rien.