Bonsoir Potterheads et autres lecteurs assoiffés ! Ça y est, ce soir, je commence un marathon de publication ! Attention, trois, deux, un TOP ! Voilà les chapitres 6 et 7 que j'ai regroupé en un ! Et je pense que les 6 autres vont suivre dans la foulée, j'espère donc que tout ça vous plaira. Je tiens à rappeler que vous êtes autorisés à reviewer, merci à ceux qui l'ont fait, à ceux qui m'ont ajouté en favori et à ceux qui suivent mon histoire :) J'ai eu beaucoup de vues, mais peu de reviews...

gruvioler : Merci pour ta review ;) Et, pour répondre à ta question, non Ginny n'était pas vraiment au courant ; enfin si, mais elle avait seulement des doutes et aucune preuve. Sinon, ne t'en fais pas, je pense que je vais publier tous les chapitres que j'ai écrit ce weekend, dont un bon nombre ce soir hihi ;) (voir même tous si j'y arrive).

BlancheDamnation : Merci pour ton encouragement ! J'espère que la suite te plaira !

Chapitres 6 & 7 : Mea culpa et Tentacula


Cela faisait un peu plus de deux semaines qu'Hermione avait retrouvé son lit à baldaquins dans le dortoir des filles. Un peu plus de deux semaines qu'elle supportait les pleurnicheries de Parvati Patil et qu'elle endurait ses monologues à propos de tout un tas de choses totalement inintéressantes.
Fait inhabituel, elle avait aussi énormément négligé ses devoirs ces derniers temps, ce qui ne lui ressemblait pas du tout.
La raison de ce relâchement résidait dans le fait qu'elle passait une bonne partie de son temps libre à observer la carte du Maraudeur avec Harry pour s'assurer que le point désignant Goyle restait à bonne distance de celui représentant Malefoy en dehors des heures de cours. D'ailleurs, durant ces périodes, le petit point de ce dernier demeurait presque constamment dans la chambre qu'il occupait désormais, rejoint parfois, à des heures peu catholiques, par celui de Pansy Parkinson. Il faisait une utilisation de la pièce privée très différente d'elle, visiblement.

Le samedi après-midi, exactement une semaine avant le début des vacances de Noël, Hermione trouva enfin une heure de libre pour se rendre à la bibliothèque avant de retrouver Harry et Ginny pour leur surveillance quotidienne. Elle décida de s'installer à une table près de la fenêtre. Elle adorait observer la pluie ruisseler sur les carreaux et, aujourd'hui, elle était servie car il faisait un temps abominable.
Plume, rouleaux de parchemin, livre de Métamorphose. Elle avait une heure pour commencer son devoir pour le professeur McGonagall et elle comptait bien ne pas se rouler les pouces.

« Les premiers Métamorphomages sont apparus au IVème siècle. Le premier d'entre eux, Georgias le Fantassin, pouvait changer d'aspect à volonté et usa de son don pour courtiser les… »

Un rire suraigu provenant de l'autre côté du rayonnage situé juste dans son dos sorti Hermione de sa lecture. Elle se retourna dans le but de jeter un regard noir à la personne qui avait osé violé le calme de la bibliothèque, mais un gros volume intitulé "Blorg, le gobelin qui valait son pesant d'or" situé en plein dans son champ de vision l'empêcha de voir qui que ce soit.

« … plus hautes noblesses du royaume d'Angleterre. Les Métamorphomages le sont dès leur naissance, c'est pourquoi l'origine du don de Georgias le Fantassin reste un… »

Un rire encore plus audible que le précédent surgit du même endroit, suivi de petites exclamations étouffées.

« …mystère. »

Là, s'en était trop. Impossible de se concentrer avec tout ce vacarme. Il était d'ailleurs étonnant que Mme Pince n'ai pas réagi, elle qui, d'habitude, était montée sur ressorts.
Après tout, en tant que préfète-en-chef, il était du rôle d'Hermione de rétablir le calme. Sur cette constatation, elle contourna le rayonnage, bien décidée à dire à ces personnes très peu civilisées de se taire sous peine de subir son courroux.

_ Excusez-moi, est-ce que vous pouvez…

Ron, appuyé contre l'étagère en bois massif, était visiblement en plein milieu d'une conversation très drôle avec Padma Patil.

_ … baisser d'un ton ?

Padma sembla soudain très intéressée par l'observation des ongles de sa main droite. Ron, quant à lui, devint aussi écarlate que ses cheveux.

_ Oh. Pardon, je ne voulais pas vous couper dans votre discussion si enrichissante… dit Hermione en levant les yeux au ciel.
_ C'est quoi ton problème ? s'insurgea Ron d'une voix où la colère menaçait de percer à tout instant.
_ Tu veux vraiment savoir quel est mon problème, Ronald ? s'écria Hermione en sentant une boule se fermer dans sa gorge. Tu n'as même pas une petite idée ? Comme, par exemple, le fait que tu m'aie jetée en prétextant que tu ne voulais personne et que deux mois après tu bécotes Padma Patil dans les couloirs ?
_ Euh… je suis là vous savez… balbutia Padma avec une petite voix.
_ Quand on aura besoin de se souvenir de ta présence, on te préviendra ! lâcha Hermione d'une voix cassante qu'elle ne se connaissait pas.

La conversation commençait à prendre une tournure inquiétante et, si elle avait été raisonnable, elle y aurait coupé court immédiatement. Mais un point de non-retour venait d'être atteint et elle avait l'impression d'être la personnification d'une bouilloire sous pression.

_ Je fais ce que je veux Hermione, si tu étais vraiment mon amie, tu serais heureuse pour moi ! Et tu ne parles pas à Padma sur ce ton !
_ Tu oses me parler d'amitié ? s'indigna-t-elle en sentant l'émotion lui nouer la trachée. Tu ne m'adresse plus la parole depuis des semaines, tu nous évites, Harry et moi, et tu passes tout ton temps avec elle ! Ce n'est pas ce que j'appelle un comportement très amical !
_ Je suis désolé ! D'accord ?

Elle ne s'était pas du tout attendue à cette réaction. Cela devait peut être se voir car Ron sembla se calmer. Sans qu'elle s'y attende un seul instant, il lui prit le bras et l'entraina à l'écart en laissant Padma en plan.

_ Ecoute Hermione, chuchota-t-il d'une voix embarrassée, je sais que je me suis comporté comme le dernier des crétins. Je ne voulais pas... te faire de mal, je m'excuse… Sincèrement…

C'était plein de vérité. C'était gentil. C'était d'ailleurs tellement gentil qu'elle aurait préféré qu'il ne prononce pas ces mots. Il était bien plus facile de détester Ron que de l'aimer maintenant qu'il était avec une autre.

_ Je ne veux pas de tes excuses Ronald. Et puis, si tu crois que tu m'as fait du mal, tu te trompes lourdement.

Le visage de Ron se figea et ses oreilles prirent la teinte d'un coquelicot.

_ Oui, d'après ce que j'ai vu, tu n'as pas mis trop de temps à t'en remettre. Malefoy ? Vraiment ? Ça me dégoute !

Hermione hésita entre lui mettre une gifle et lui lancer un petit « Stupéfix » bien placé mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir trop longtemps car elle venait d'apercevoir Harry entrer dans la bibliothèque et courir vers elle, visiblement essoufflé, un air grave sur le visage.

_ Que… ? Qu'est-ce qui se passe ?
_ Pas ici, lui répondit-il en la prenant par le bras et en l'emmenant hors de la bibliothèque, sous le regard de Ron qui affichait un air de profonde incompréhension.

Une fois dans le couloir, Harry accéléra le pas, si bien qu'Hermione dut presque courir pour se maintenir à sa hauteur.

_ Bon, explique-moi ce qui se passe maintenant ! Tu me fiche la trouille !
_ J'étais en train d'observer la carte, comme d'habitude et là j'ai vu que Goyle et Malefoy étaient ensemble, dans une salle de classe inutilisée au 3ème étage, alors j'ai décidé d'y aller mais McGonagall était déjà là.
_ Qu..quoi ? Et qu'est-ce qui s'est passé ?
_ Quand je suis parti te prévenir, elle emmenait Malefoy à l'infirmerie et a demandé à Rusard d'amener Goyle dans son bureau et de ne pas le lâcher d'une semelle jusqu'à ce qu'elle arrive.
_ Oh non, j'étais sensée surveiller Goyle ! J'ai passé ma semaine à le suivre comme son ombre et là, le seul moment où…
_ C'est pas de ta faute, Hermione, la coupa Harry tout en continuant à marcher à vive allure. Même McGonagall a dit que si elle n'avait pas été prévenue par un portrait, qui sait ce que Goyle aurait fait.
_ Et pourquoi es-tu venu me chercher pour aller à l'infirmerie ? l'interrogea Hermione, incrédule.
_ Parce que McGonagall me l'a demandé. Elle a fait appeler Ernie aussi.

Ils étaient à deux pas de l'infirmerie lorsqu'elle commença à avoir un léger point de côté à force de courir. Harry décida d'attendre à l'extérieur, estimant que sa mission se terminait là.
En entrant dans la pièce, Hermione aperçue d'abord le professeur McGonagall qui semblait en grande conversation avec Mme Pomfresh et Ernie MacMillan. Puis, elle vit que Pansy Parkinson et Blaise Zabini étaient assis près du lit de Malefoy.

_ Ah ! Miss Granger ! Je vous remercie d'être venue si vite ! s'exclama McGonagall.

Elle paraissait contrariée ce qui, à la vue des évènements, ne semblait pas tellement disproportionné.

_ Je disais à Mr MacMillan que, dorénavant, toutes les salles de classe inutilisées seront verrouillées en dehors des heures de classe. Je voulais également vous demander de bien vouloir m'avertir si l'un de vous observe des comportements suspects, liés à des pratiques de magie noire, cela va s'en dire…
_ Bien sûr professeur, je m'attacherais à accomplir cette mission avec grand plaisir ! assura Ernie.

Hermione n'aurait presque pas été étonnée de le voir se mettre au garde à vous.

_ Avec grand plaisir je ne sais pas, MacMillan, mais je vous remercie pour votre enthousiasme, répondit le professeur McGonagall d'une voix dans laquelle Hermione sembla reconnaitre une pointe d'ironie.

Pendant ce temps, Mme Pomfresh s'affairait auprès de Malefoy et Hermione l'entendit ordonner à Pansy et Zabini de partir.

_ Comme vous pouvez le voir, Mr Malefoy a été quelque peu amoché et j'ai donc pris la décision de renvoyer immédiatement Mr Goyle chez lui. J'ai également prévenu le Ministre de la Magie afin qu'il décide s'il convient d'envoyer ce garçon à Azkaban ou non, les informa le professeur McGonagall.

Hermione se tourna vers le lit du blessé et fut d'abord choquée par la pâleur extrême du visage du jeune homme. Puis, son regard descendit vers le bras droit de Malefoy…

_ Wow !

Elle eut un violent mouvement de recul lorsqu'elle vit l'horrible blessure sur laquelle Mme Pomfresh appliquait de l'essence de dictame en quantité. On aurait dit que Goyle avait voulu faire de la viande hachée. C'était parfaitement répugnant. Il avait essayé, vraisemblablement, de faire totalement disparaitre la Marque des Ténèbres de l'avant-bras de Malefoy.

_ Qu'est-ce qu'il lui a fait… ? parvint à articuler Hermione malgré le fait que sa bouche soit devenue sèche comme du carton pâte.
_ C'est évident, non ? Il lui a charcuté le bras… lui répondit Ernie avec le ton suffisant de ceux qui savent tout mieux que tout le monde.
_ Oui ça j'ai vu, merci. Mais ce n'est pas sa blessure au bras qui l'a rendu inconscient, j'imagine.
_ En effet, répondit le professeur McGonagall. Goyle lui a lancé un sort en plein milieu du dos.
_ J'imagine que ce n'était pas un petit sortilège sympathique… marmonna Hermione.

Le professeur McGonagall acquiesça d'un petit mouvement de tête.

_ Pourquoi n'a t-il pas été envoyé à Ste Mangouste ? Est-ce qu'il va s'en remettre ? demanda Hermione.
_ Oh oui il va très bien s'en remettre mais il devra rester au moins deux semaines à l'infirmerie le temps que sa blessure cicatrise et le temps qu'il se remette du choc du sortilège, lui assura Mme Pomfresh qui était en train d'apposer un bandage sur l'avant-bras du Serpentard.
_ Et j'ai préféré le garder à Poudlard, ajouta le professeur McGonagall, car il y est toujours plus en sécurité qu'à Londres. Maintenant, je pense que Mme Pomfresh souhaite que nous la laissions s'occuper de son patient.

La directrice leur fit signe de sortir et, avant de quitter l'infirmerie, Hermione regarda le visage de Malefoy. Il avait l'air profondément marqué. Si elle n'avait pas su qu'il était juste inconscient, elle aurait pensé qu'il était mort.
Certains diraient sûrement qu'il n'avait que ce qu'il méritait. Hermione pensa qu'elle ne souhaitait à personne, même pas à son pire ennemi, ce qu'il était en train de vivre en ce moment.


Le lendemain était un dimanche. Et il pleuvait. Harry et Ginny étaient partis à leur entrainement de Quidditch et Hermione se retrouvait donc seule devant la cheminée de la salle commune de Gryffondor, en tête à tête avec son devoir de métamorphoses. Seule. Comme la plupart du temps le weekend.

La salle commune était bondée en raison du mauvais temps et la plupart des conversations tournaient autour de l'agression de Malefoy qui avait eu lieu la veille. Le déroulement réel des faits avaient été tellement enjolivé qu'Hermione avait même entendu une fille de deuxième année raconter que Mme Pomfresh avait du lui amputer le bras.
Une fois son devoir terminé, Hermione décida de se changer les idées en rejoignant Harry et Ginny sur le terrain de Quidditch. Elle rangea tous ses livres dans son sac et monta les escaliers menant au dortoir pour récupérer sa cape. Pourtant, avant de pousser la porte, elle stoppa net son mouvement. Parvati Patil était dans le dortoir et elle n'y était pas seule car elle entendait distinctement la voix de Padma.

_ Il m'a dit qu'il voulait me parler, alors j'ai eu peur, tu vois ! Mais en fait, il m'attendait avec un paquet cadeau et regarde !

Hermione ne pouvait pas voir ce que Padma montrait à sa sœur mais elle ne put manquer l'exclamation de ravissement que poussa Parvati.

_ Oh ! Il est magnifique ! Mais… je croyais qu'il n'avait pas beaucoup de sous…
_ Justement ! s'exclama Padma avec une voix surexcitée. Ce n'est pas lui qui l'a acheté, c'est le pendentif que sa grand-mère portait à son mariage !
_ Oh mon Dieu, c'est tellement romantique ! Je ne le pensais pas aussi...attentionné.

Elle en avait assez entendu. C'était à vomir. Surtout après avoir entendu les excuses si sincères de Ron la veille car, depuis, elle n'arrivait même plus à lui en vouloir. Pire encore, elle voulait que ça soit elle à la place de Padma. Ça aurait du être elle.
Elle redescendit les escaliers et sortit machinalement de la salle commune. Une fois dans le couloir, elle resta immobile. Elle n'avait plus aucune envie de rejoindre ses amis sur le terrain de Quidditch, surtout avec ce temps désastreux qui persistait depuis la veille. Et puis, subir les œillades compatissantes de Ginny : non merci.
Elle commença à marcher au hasard des couloirs. Pourquoi ne pas aller à la bibliothèque ? De toute façon, elle n'avait rien de mieux à faire. Elle croisa quelques élèves dans un couloir mais, globalement, ils devaient tous se trouver dans leur salle commune respective. Elle s'attira d'ailleurs quelques coups d'œil curieux. Cette satanée rumeur allait lui coller aux basques pendant une décennie, à coup sûr.

Puis, son esprit vogua à nouveau vers Ron. Il y a encore quelques mois, son avenir était tout tracé : après cette année elle se serait installée avec Ron, elle aurait peut-être commencé une formation d'Auror avec Harry et, qui sait, elle se serait peut-être révélée être très douée pour cela.
Maintenant, elle se retrouvait seule et n'était même plus sûre de vouloir faire tout ça.
Elle tourna à l'angle d'un mur et passa devant la porte de l'infirmerie. Soudain, l'image de Malefoy, le visage blanc comme un linge, s'insinua dans son esprit. Elle s'arrêta devant la porte. Elle avait tellement compatit à sa souffrance, la veille, qu'elle était tentée d'aller demander de ses nouvelles à Mme Pomfresh. Qui plus est, en tant que préfète-en-chef, il faisait partie de son devoir de veiller sur les élèves. D'un autre côté, si quelqu'un apprenait qu'elle était allée lui rendre visite, ça n'arrangerais rien côté cancans. Pire encore, si Malefoy lui-même venait à apprendre qu'elle était venue à son chevet, sa fierté en prendrait un sacré coup.
Estimant que, de toute manière, sa fierté n'était plus qu'un petit tas de déchets rabougri et qu'elle n'avait rien de plus passionnant à faire, elle poussa la porte de l'infirmerie.

Celle-ci était plongée dans la pénombre. Seule une bougie était allumée sur la table de chevet située à côté du lit de Malefoy. Il était là, étendu dans son lit, les yeux clos.
Hermione chercha Mme Pomfresh du regard, mais ne la vit pas. Elle s'approcha alors de son bureau pour voir si elle était à l'intérieur, mais le bruissement d'un drap attira son attention.

_ Tu viens me voir sur mon lit de souffrance, Granger ?

Malefoy s'était redressé dans son lit et la regardait avec un sourire narquois. Malefoy : 1. Fierté : - 10 000.

_ J'aurais préféré voir quelqu'un d'autre, mais tu feras l'affaire… ajouta-t-il en arrangeant son oreiller.
_ Qui te dis que j'ai envie de m'asseoir à ton chevet ? rétorqua Hermione en se demandant pourquoi, fichtre, elle avait eu l'idée de venir.
_ Et bien, il se trouve que tu es ici et que je suis la seule personne allongée dans cette pièce.

A cette seconde précise, elle regretta profondément que la blessure se soit limitée au bras et que son cerveau n'ai pas été endommagé lors de l'agression.

_ Je suis préfète-en-chef, c'est mon rôle de me tenir informée. Je voulais que Mme Pomfresh me tienne au courant de ton état mais elle n'est pas là, visiblement. Alors ? J'écoute.
_ Quoi ? lui demanda Malefoy en la regardant comme si elle était folle à lier.
_ Et bien, comment vont tes blessures ? l'interrogea Hermione avec brusquerie.
_ C'est demandé si gentiment, lui répondit Malefoy avec ironie. J'ai mal au niveau du ventre mais Mme Pomfresh m'a dit que ça allait s'estomper dans quelques jours. Puis, j'ai une livre de steak haché à la place du bras, donc ça c'est plutôt sympathique…

Il bougea légèrement son bras et esquissa une grimace de douleur.

_ J'étais sensée surveiller Goyle, pour ne pas qu'il t'approche.
_ Je sais. McGonagall m'a tout raconté ce matin. Par contre, je vais garder la chambre, pour me garder en sécurité tu comprends…
_ Tu peux la garder. Pour rien au monde je ne voudrais dormir dans un lit où tu as fait je ne sais quoi avec je ne sais qui, répliqua Hermione.

Malefoy la regarda alors longuement, sans rien dire, avant de reprendre la parole de sa voix trainante :

_ T'en a pas marre d'être comme ça ?
_ D'être comment ?
_ Si coincée et Miss Parfaite dans tout.
_ Et il faudrait que je sois comment, d'après toi ? Comme ta copine Parkinson ? répliqua Hermione qui commençait à avoir envie de l'étouffer avec son oreiller.
_ C'est pas ma copine. D'ailleurs, tu n'as pas été très sympa avec elle.
_ Elle non plus n'a pas été des plus aimables. Bon, si ça ne t'ennuie pas je vais te laisser.

Hermione commença à faire volte-face en se demandant ce qui lui avait pris de venir le voir. Il avait suffisamment d'amis pour prendre pitié de lui, après tout.

_ Tu as réglé tes comptes avec Weasmoche ?
_ Malefoy, tu veux vraiment qu'on parle de notre vie sentimentale ? Je ne sais pas à quoi tu joues mais tu agis vraiment bizarrement depuis le début de l'année.
_ Tu préfères que je te traites de Sang-de-Bourbe ? Tu vois où ça m'a mené ! lui dit-il avec agacement en lui montrant son bras droit mutilé.

Hermione se sentit très embarrassée, tout à coup. Elle ne se sentait pas à sa place dans cette infirmerie, face à Malefoy avec qui elle n'avait jamais eu aucune affinité, aucun point commun d'aucune sorte.

_ Bon, bah merci quand même d'être passée, marmonna Malefoy en se tournant sur le côté et en remontant la couverture sur lui.
_ Tu croyais vraiment qu'après tout ce que tu nous as fait à Harry, Ron et moi, j'allais faire comme si de rien n'était ? lui demanda Hermione. Tu ne t'es pas repenti par courage mais parce que tu n'avais pas le choix. Tu t'es conduit comme un lâche, du début jusqu'à la fin.
_ Tu as de la chance que je sois cloué au lit, sinon je t'aurais fait une jolie blessure assortie à la mienne, dit-il d'une voix calme mais pourtant menaçante. Maintenant, dégage de là, Granger.

Avant qu'elle ne s'apprête à quitter la pièce, la porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée, révélant la deuxième personne qu'elle avait le moins envie de croiser.

_ Qu'est-ce que tu fiches ici, toi ? cracha Pansy Parkinson.
_ Je venais voir Mme Pomfresh, j'ai le droit, que je sache, répliqua Hermione en se dirigeant vers la porte.
_ La décoration de ta chambre t'a plu ?
_ Tais-toi et laisse moi passer ! s'écria-t-elle alors que Pansy lui barrait ostensiblement le passage.
_ Laisse-la sortir, dit Malefoy de sa voix trainante. Elle ne supporte pas de rester plus de cinq minutes dans la même pièce que des lâches tels que nous.

Pansy lui libéra le passage et Hermione se rua hors de la pièce. Si elle avait suivi à la lettre les préceptes de Dumbledore, elle aurait du passer l'éponge sur tous les coups bas de Malefoy. Mais c'était trop facile. Combien de fois l'avait-il poussé à bout ? Combien de fois l'avait-il humilié publiquement ? D'ailleurs, il l'avait refait le soir où il lui avait mis la main sur la taille pour énerver Ron. Tout ça n'était qu'un jeu pour lui. Un jeu pour oublier sa vie pitoyable, se dit-elle.
Alors peut-être qu'un jour, elle pourra faire comme si elle ne savait pas qu'elle avait quelqu'un de lamentable en face d'elle, mais pas maintenant.

Elle repensa encore à Ron. Il avait passé une période difficile et au lieu de chercher à savoir ce qui n'allait pas, elle l'avait laissé dans son coin. En plus de ça, elle avait été infecte avec lui alors qu'il avait essayé de s'excuser. Comme chacun sait, l'amour ne se commande pas et s'il était heureux avec Padma, elle devait l'accepter, même si c'était au détriment de son propre bonheur. Elle irait lui présenter ses excuses le soir même, c'était décidé.


Après le dimanche pluvieux vint le lundi ensoleillé.
Lorsque Hermione ouvrit les yeux et qu'elle posa lourdement un pied par terre, elle repensa à sa conversation de la veille avec Ron. Elle l'avait intercepté avant qu'il ne monte se coucher, profitant donc que Padma soit absente. Elle s'était excusée d'avoir été si désagréable à la bibliothèque et, sans aller jusqu'à lui donner sa bénédiction, elle lui avait promis qu'elle serait là pour lui s'il avait besoin de discuter. Elle avait vu une immense reconnaissance poindre dans ses yeux et elle était certaine qu'il allait à nouveau passer du temps avec eux, comme avant.

Une fois habillée et coiffée, du moins dans la mesure du possible, Hermione descendit prendre son petit-déjeuner. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas bu son chocolat chaud entourée de ses amis au grand complet. Ron était de bien meilleure humeur et riait aux blagues de sa sœur à gorge déployée.
La journée avait tellement bien commencé que s'en était déconcertant. Il ne manquait plus que Padma Patil décide de déménager aux antipodes et le paradis sur Terre ne serait plus un mythe.

Quatre heures plus tard, Hermione, debout entre Harry et Ron dans la serre n°4, écoutait avec attention le professeur Chourave.

_ La Tentacula vénéneuse, comme son nom l'indique, est très toxique. Une simple morsure peut vous tuer si l'on n'intervient pas très rapidement. C'est pourquoi, je vous prierais de bien vouloir mettre vos gants de protection avant de prélever ses feuilles.

Après avoir enfilé leurs gants, les trois amis commencèrent à prélever les feuilles de leur Tentacula tout en bavardant ; le cours de botanique étant le seul cours où ils pouvaient parler de tout et n'importe quoi sans se faire réprimander. Hermione avait retrouvé une vraie complicité avec Ron et elle se félicita intérieurement d'avoir eu le courage d'aller lui parler.

_ Au fait, cette histoire avec Malefoy ? C'est vrai ? lui demanda-t-il avec un air faussement dégagé.
_ Non, c'est totalement faux, voyons ! s'écria Hermione tout en regardant son gant droit qui semblait être troué entre l'index et le majeur. J'espère que tu n'y a pas cru une seconde… Tu m'imagine avec Malefoy ?
_ Non, pas du tout, lui répondit Ron, visiblement soulagé.
_ Au fait, vous saviez que Goyle a été emmené à Azkaban ? chuchota Harry en se penchant vers eux. J'ai entendu McGonagall en discuter avec Chourave juste avant que le cours commence.
_ Tant mieux. C'est un fou ce type, vous imaginez s'il avait tué Malefoy… leur fit remarquer Ron en regardant Hermione enlever son gant troué. Enfin, c'est pas que ça m'aurait déplu, mais bon…
_ N'exagère pas, Ron, dit Hermione avec un air sévère tandis qu'elle tendait le bras pour attraper un gant neuf. C'est un crétin, mais il ne mérite quand même pas de mourir, surtout pas de la main de son ancien ami. Il doit traverser des moments difficiles en ce moment, j'imagine…
_ Arrête, on pourrait presque croire que tu te fais du souci pour lui !
_ Aïe !

Elle regarda son bras tendu et vit une goutte de sang perler d'un petit trou presque microscopique. En un quart de seconde, elle eut le temps de comprendre que la Tentacula l'avait sournoisement piquée tandis qu'elle essayait d'attraper un nouveau gant.
Sa vue se brouilla immédiatement, ses oreilles se mirent à bourdonner et la peur eut le temps de la saisir avant qu'elle ne sombre et ne s'écroule lourdement sur le sol.