Petit chapitre que le chapitre 8, mais NO STRESS, les prochains seront plus longs, surtout à partir du 11.

gruvioler : Hahaha j'ai tellement ri en lisant ta review ^^ Alors, déjà, contente que tout ça t'ai plu. Ensuite, pour ce qui est des Serpentards : c'est vrai que quand on y réfléchit bien, on pourrait croire que Pansy se lève en plein milieu de la nuit pour prier, mais personnellement j'en doute :D. Et je crois que Goyle a pété un cable en réalisant que Malefoy lui avait piqué sa bible...
Haha pour ce qui est de ta réplique, superbe, mais censurée par McGo =D
Enfin, les gants sont sensés protéger les mains et les bras à mi hauteur, mais si tu relis bien, tu verras qu'Hermione n'avait plus son gant à ce moment là ; elle l'avait enlevé pour un remettre un non-troué ;) Et non, dans mon histoire, McGo se fiche complètement des histoires persos des élèves, enfin, du moins, elle n'est pas du genre à s'en mêler (et honnêtement, je crois qu'elle est trop occupé à parler chiffons avec le portrait de Dumby dans son bureau pour y prêter attention). Bonne lecture du chapitre 8 !

Chapitre 8 : Voisins de lits


_ Une chance que Chourave ait eu un antidote sur elle… Tu imagines si…
_ Arrête ! Je préfère ne pas y penser…
_ Tu crois qu'elle va se réveiller quand ?
_ Jamais.
_ La ferme, Malefoy.

Elle ne sentait plus rien. Elle avait l'impression que tout son corps avait disparu. Que s'était-il passé ? Où était-elle ?
En un claquement de doigt, tout lui revint en mémoire et elle paniqua totalement. Hermione ouvrit les yeux et essaya vainement de se redresser. Ses membres ne semblaient plus répondre aux ordres émanant de son cerveau et le mieux qu'elle parvint à faire fut de bouger légèrement ses doigts.

_ Hermione ! Mme Pomfresh !

Ainsi donc, elle était à l'infirmerie. Ginny, Harry et Ron étaient assis près d'elle et avaient tous trois un visage blême. Hermione vit Mme Pomfresh se pencher au dessus d'elle. Elle sentait très bon.

_ Miss Granger, vous pouvez me parler ?
_ J..je ne sens plus rien…

Elle avait peur. Elle savait ce qu'une piqûre de Tentacula pouvait provoquer, et, comme une idiote, elle avait enlevé son gant de protection. Même une première année n'aurait pas commis cette erreur grossière.

_ Enfin... je crois que je sens un peu mes mains…

Elle se concentra fortement sur le bout de ses doigts et parvint à les remuer légèrement.

_ Bon, c'est encourageant. Ne vous inquiétez pas, dit-elle en voyant les yeux d'Hermione s'embuer. Vous avez été piquée par une Tentacula, c'est normal que vous n'arriviez plus à bouger, son venin paralyse les membres.
_ Elle… elle va rester comme ça combien de temps ? demanda Ginny qui semblait très agitée sur sa chaise.
_ Je ne sais pas, deux semaines, trois maximum.
_ Quoi ?!
_ Non, non, non, non, non… Hors de question que je me la coltine pendant deux semaines ! s'exclama Malefoy qui occupait le lit d'en face.

Elle l'avait complètement oublié celui-là. Mais, pour le moment, il était le cadet de ses soucis.

_ Je ne peux pas rester ici pendant trois semaines ! s'écria Hermione en essayant vainement de bouger. Je suis préfète-en-chef... et...et les cours !
_ Miss Granger, à moins de vous faire transporter sur une civière dans toutes vos salles de classe, je n'ai aucune solution à vous proposer, dit Mme Pomfresh d'une voix douce mais ferme.

Si Hermione avait pu se servir de ses mains, elle se serait volontiers arraché les cheveux par poignées. Ce lundi avait si bien commencé et BAM ! Il avait fallu que tout se déglingue, et en beauté s'il vous plait.

_ Je vous laisse dix minutes supplémentaires, mais après vous devrez partir, dit Mme Pomfresh à l'adresse d'Harry, Ron et Ginny tout en se dirigeant vers son bureau.

Ginny prit la main d'Hermione, qui, avec un grand soulagement, sentit le contact de la main de son amie sur la sienne. Elle était fraiche et tremblante.

_ Ce coup-ci, tu as vraiment fait très fort, lui dit Ginny en souriant.

Hermione ne savait même pas quoi répondre. Elle était partagée entre l'envie de pleurer toutes les larmes de son corps et l'envie de dormir. Si elle ratait ses ASPIC à cause de cette fichue piqure de plante, elle se jurait d'éradiquer toute forme de vie végétale de la serre n°4.

_ Chourave a compris dès qu'elle t'a vu tomber et elle t'a tout de suite donné un antidote, lui expliqua Harry. Ensuite, elle t'a transporté jusqu'à l'infirm…
_ Harry, il faut absolument que tu apprennes à prendre des notes dans le cours de Binns ! le coupa Hermione d'une voix suppliante, ses pensées exclusivement centrées sur la montagne de travail qu'elle allait devoir rattraper lorsqu'elle ne serait plus léthargique.
_ Tu ne peux plus bouger d'un centimètre et toi la seule chose à laquelle tu penses… c'est les cours ?! s'étrangla Ron.

Hermione lui lança un regard qui voulait clairement dire qu'il ne fallait pas qu'il aille sur ce terrain là et il sembla estimer préférable de ne pas la contrarier.
Lorsque les dix minutes les plus courtes de sa vie furent écoulées, Hermione, la mort dans l'âme, regarda ses amis quitter l'infirmerie. Avant de refermer la porte, Ginny lui lança un regard qui voulait clairement dire « Courage, tu vas passer des jours et des jours sans bouger, enfermée dans une pièce close, à devoir avaler des potions infâmes avec pour seule compagnie Mme Pomfresh et la fouine ».

Lorsqu'elle se retrouva seule face à ce qui allait être son quotidien pendant plus de temps qu'il ne le faillait pour devenir complètement chèvre, Hermione ferma les yeux. Elle sentait que ses paupières étaient brulantes et qu'elle avait profondément besoin de sommeil.
Alors qu'elle commençait à somnoler, l'infirmière vint près d'elle, un verre rempli d'un liquide rouge vif dans une main et un autre rempli d'un liquide vert étrange dans l'autre.

_ Tenez, buvez ça, lui dit Mme Pomfresh en lui portant aux lèvres le verre contenant le liquide rouge.
_ Qu'est-ce que c'est ?
_ C'est pour que les muscles ne s'atrophient pas à force de rester dans la même position, lui répondit Mme Pomfresh en lui faisant boire l'autre verre.
_ Et cette potion, c'est pour quoi ? l'interrogea Hermione en regardant le liquide verdâtre avec méfiance.
_ Pour que n'ayez pas besoin d'aller aux toilettes pendant que vous serez dans cet état, lui répondit Mme Pomfresh avec un sourire.
_ Charmant… ricana Malefoy, caché derrière son exemplaire de la Gazette du Sorcier.

Hermione avala le liquide d'une traite, choisissant de ne pas répondre aux remarques de son voisin de lit. Elle était tellement épuisée qu'elle avait l'impression que son cerveau était entouré par un épais brouillard, comme si elle se réveillait d'une anesthésie générale fortement dosée. Pourtant, la journée avait si bien commencé…Peut-être trop bien, d'ailleurs, et le karma s'était occupé de rétablir l'ordre des choses. Elle sentait que le sommeil commençait à l'emporter et elle le laissa faire.

Elle était assise dans une sorte de pièce vide et sombre. Rien ne bougeait. Soudain, Goyle apparu, le visage rempli de pustules et tenait entre les mains une Tentacula vénéneuse coiffée d'un chapeau. Il avançait vers elle et Hermione essayait de reculer de toutes ses forces sans pour autant bouger d'un millimètre. Il se rapprochait, se rapprochait, se rapprochait. Soudain, les yeux de Goyle devinrent rouge sang et il jeta la plante, prête à tuer, sur Hermione.

Elle se réveilla en sueur, le cœur battant la chamade dans sa poitrine. Quel cauchemar horrible…et étrange. Ce devait être le petit matin car la lumière du jour ne perçait que faiblement à travers les rideaux. Hermione jeta un coup d'œil à Malefoy. Il dormait encore, son bras mutilé serré sur sa poitrine.
Et elle attendit, attendit, attendit encore. Le temps défilait extrêmement lentement lorsque l'on était incapable de bouger ses bras et ses jambes. L'exemplaire de la Gazette du Sorcier posé sur la table de chevet de Malefoy lui faisait de l'œil et elle aurait tout donné pour pouvoir faire un peu de lecture.
Finalement, à force de rester si passive, Hermione finit par se rendormir.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la pièce était baignée de soleil et Mme Pomfresh s'affairait autour de Malefoy.

_ Aïe ! Vous ne pourriez pas faire attention ?!
_ Mr Malefoy, si je ne change pas votre bandage je vais finir par devoir vous couper le bras ! Laissez-vous faire ! le réprimanda Mme Pomfresh. Ah Miss Granger !

L'infirmière se dirigea le lit d'Hermione et la redressa en position assise, le dos calé contre son oreiller.

_ Je vous devoir vous faire prendre votre petit-déjeuner, lui expliqua Mme Pomfresh en lui plaçant un toast devant la bouche afin qu'elle croque dedans.

S'il existait une situation encore plus humiliante que celle-ci, elle aurait adoré savoir ce que c'était. D'ailleur, Malefoy souriait comme s'il venait de recevoir un cadeau particulièrement magnifique. Voir Hermione dans un tel état de soumission devait représenter, pour son esprit tordu, la plus grande des satisfactions.

_ Mr Potter et Mr Weasley sont passés vous voir tout à l'heure mais vous dormiez alors je leur ai dis de repasser vous voir ce soir, l'informa Mme Pomfresh tout en lui faisant boire son jus de citrouille.

Au moins, ses amis étaient là pour elle, ce qui constituait un réconfort certain.
Une fois qu'elle eut terminé son petit-déjeuner et ses potions quotidiennes, Hermione demanda à Mme Pomfresh de lui étaler son propre exemplaire du jour de la Gazette du Sorcier sur le lit. Elle parcouru la première page des yeux. Rien de grave ne semblait s'être produit.

_ Granger, tu peux pousser un peu le rideau ? demanda Malefoy avec son habituel air moqueur. J'ai le soleil dans les yeux…
_ Tu te crois drôle ?
_ Assez, oui, admit Malefoy en ouvrant son livre d'Histoire de la magie. Admets que c'est plutôt hilarant de voir quelqu'un qui ne peut bouger que sa tête. Dommage que tu ne sois pas paralysée du cerveau, aussi.
_ Et toi, dommage que tu en sois totalement dépourvu, fulmina Hermione.

Ces trois semaines allaient être très longues. Très, très longues.

Le premier après-midi qu'Hermione passa à l'infirmerie fut le plus interminable de toute sa vie. Ne pouvant pas bouger, elle était obligée d'attendre que Mme Pomfresh tourne les pages de son livre d'Arithmancie lorsqu'elle passait devant son lit, c'est-à-dire tous les quarts d'heure, ce qui ne rendait pas la lecture particulièrement agréable.
Malefoy et elle ne s'adressaient presque pas la parole. Le seul moment où Hermione lui parla fut lorsqu'elle lui demanda de faire moins de bruit en tournant les pages de son manuel.
Elle était sûre qu'il avait très mal pris ce qu'elle lui avait dit le soir où elle était venue demander de ses nouvelles à l'infirmerie. Mais, elle n'avait pas envie de faire d'efforts. Après tout, c'était à lui de se faire pardonner son comportement des sept dernières années.

Vers six heures du soir, Harry et Ron vinrent la voir, croulant sous la pile de livres qu'Hermione leur avait réclamés pour qu'elle puisse faire ses devoirs.

_ Au moins, tu ne t'ennuieras pas ! lui fit remarquer Ron en déposant les livres sur la table de chevet.
_ Oui, encore faudrait-il que je récupère l'usage de mon bras… se lamenta Hermione.

Ils discutèrent longuement. Harry jetait, de temps à autre, des coups d'œil méfiants en direction de Malefoy qui faisait semblant de lire mais qui, Hermione en était persuadée, écoutait attentivement toute la conversation.
Les deux garçons, rejoints bientôt par Ginny, décidèrent de prendre leur repas en compagnie d'Hermione. Mme Pomfresh, ravie de voir qu'on divertissait sa petite malade, leur apporta tout ce qui leur fallait.
Ce soir-là, Hermione eut tout le loisir de se divertir. Ginny était au meilleur de sa forme et racontait bêtise sur bêtise, ce qui les fit beaucoup rire.

_ Au fait… commença Ginny avec un sourire navré, alors qu'elle lui faisait manger son pudding. Je suis vraiment désolée Hermione mais j'ai… accidentellement révélé à McLaggen que tu étais à l'infirmerie pendant deux semaines…

Hermione manqua de s'étouffer avec un grain de raisin sec.

_ Tu me fais une blague ?! lui demanda-t-elle, les yeux ronds comme des billes.
_ Non, je suis vraiment désolée. Je racontais toute l'histoire à Luna, il était à côté et il a tout entendu. Il m'a dit qu'il passerait te voir… balbutia Ginny en esquissant un petit sourire gêné.
_ Achevez-moi, par pitié… implora Hermione avec une tête déconfite qui suffit à déclencher l'hilarité de ses amis.

Une fois leur repas terminé, Harry et Ron lui promirent de repasser le lendemain matin et Ginny, qui commençait sa journée plus tôt, lui annonça qu'elle lui rendrait visite le soir.
Lorsque la porte se referma derrière eux, Hermione garda sur son visage le sourire qu'elle y avait affiché depuis leur arrivée. Ils ne pouvaient pas savoir à quel point elle leur était reconnaissante de ce qu'ils faisaient pour elle.

Elle leva les yeux vers Malefoy. Il lisait toujours. Personne n'était venu lui rendre visite. Le sentiment de pitié qu'elle avait déjà ressenti à son égard refit surface. Elle n'aimait pas du tout ce personnage froid, prétentieux et lâche, mais elle devait reconnaitre qu'elle n'aimait pas non plus la solitude à laquelle il était réduit.

_ Qu'est-ce que tu lis ? lui demanda-t-elle inutilement, puisqu'elle savait que c'était un manuel de sortilèges qu'elle avait déjà lu elle-même.
_ Tu tiens vraiment à me faire la conversation ? lui demanda Malefoy sans lever les yeux de son livre. Tu n'as pas assez parlé avec tes bouffons d'amis ?
_ Ne les appelle pas comme ça ! lui ordonna Hermione en se disant qu'elle avait été idiote de prendre pitié. J'essaye d'être aimable, rien de plus.
_ Ne te force surtout pas. Quelqu'un comme toi ne parle pas aux lâches comme moi, n'est-ce-pas ?
_ On est obligés de cohabiter pendant minimum deux semaines toi et moi, donc je crois qu'il y a prescription… marmonna Hermione en prenant toute la mesure de ce qu'elle était en train de dire.
_ Mouais.

Oui, ces deux semaines allaient être très longues.