This is it ! (Mickael Jackson, sors de ce corps ! ... Okay je sors (moi, pas Mickael) Si quelqu'un a compris quelque chose à cette blague pourrie, chapeau). Bref, voici le chapitre 10 ; chapitre d'une longueur raisonnable, assez descriptif dans sa première partie mais très important car il explique pourquoi Malefoy s'intéresse soudain à la vie d'Hermione (et non ce n'est pas, comme on a parfois pu le voir, parce qu'elle s'est mise à porter des mini-jupes et parce que sa poitrine a triplé de volume durant les deux mois d'été). Sur ces paroles pleines de sagesse, bonne lecture !
Rosa : Merci d'avoir reviewé ! Oui, j'aime que les choses se fassent en douceur et rassure toi, Ron ne sera pas éradiqué de l'histoire et ne sera pas non plus le vilain petit canard : il est et restera un bon ami, quoi qu'il se passe (et il se passera des choses, bien sûr). Pour ce qui est de la suite, j'apprécie que tu l'attende avec autant d'impatience et si tu ne l'a pas trouvée ailleurs c'est parce qu'elle n'est pas vraiment sur un site spécialisé dans les fanfictions ; et d'ailleurs, il vaut mieux que tu lises les chapitres ici car je corrige quelques petits détails avant de les publier (certaines expressions, des points, des virgules) et je les préfère comme ça. Bonne lecture pour la suite ! Besos !
Chapitre 10 : Ultimatum et Veritaserum
Point de vue de Drago Malefoy
Cela faisait des mois que Drago Malefoy ne dormait plus d'un sommeil paisible. Chaque nuit, il revivait la mort atroce du professeur Burbage, encore et encore. Il se réveillait très souvent couvert de sueur et désorienté et cette nuit ne fut pas une exception.
Lorsqu'il se réveilla ce matin-là, le visage de serpent de Lord Voldemort resta gravé sur sa rétine et il mit quelques secondes à évacuer les images qui l'avaient hanté une bonne partie de la nuit.
A moitié essoufflé, il se redressa dans son lit et prit le verre d'eau qui était posé sur sa table de chevet. La pièce était encore plongée dans l'obscurité et Granger semblait dormir profondément.
Il porta le verre à ses lèvres. Ces cauchemars incessants lui pourrissaient la vie. En plus de le terrifier la nuit, ils le transformaient en zombie le jour à force de perturber son sommeil. Après la chute du Seigneur des Ténèbres, ils lui avaient accordé un peu de répit, mais, depuis ce soir maudit du 31 août, les cauchemars étaient revenus, aussi effrayants et récurrents qu'auparavant.
Ce soir-là, il s'était senti replongé dans l'ambiance de complots qui avait entouré sa sixième année et qu'il avait pensé ne jamais revivre après la mort de son ancien maitre.
Flashback
Dans le grand salon du manoir Malefoy, Drago était installé dans un fauteuil faisant face à la cheminée. Le feu qui crépitait dans l'âtre réchauffait considérablement le grand salon qui demeurait le seul endroit un tant soit peu chaleureux du manoir. Désormais, il détestait cette demeure sinistre et froide. Ce n'était plus sa maison, c'était le cimetière des horreurs et il n'acceptait d'y rester que parce que sa mère y restait attachée, malgré tout.
Drago replia la Gazette du sorcier qu'il avait ouverte à la page des annonces d'arrestation et s'étira. Il était exténué et bien qu'il fût sûr qu'il allait rester immobile, les yeux ouverts en direction du plafond pendant une heure avant de s'endormir, il décida d'aller se coucher.
Son père ne leva même pas les yeux de son propre journal. Il n'était plus que l'ombre de lui-même depuis trop longtemps maintenant et, même s'il essayait de se racheter une bonne conduite auprès du Ministère, la situation restait inextricable. Lucius Malefoy était un criminel repenti pour la communauté sorcière, ce qui n'avait rien de resplendissant, et était considéré comme un traître par les anciens adeptes de Voldemort ; alors, la seule chose qu'il avait trouvé à faire était de rester cloitrer dans son manoir, en espérant échapper aux griffes de ses anciens compagnons encore en liberté.
Drago se dirigea vers sa mère pour lui souhaiter bonne nuit et déposa un rapide baiser sur sa joue osseuse. Comme son fils, elle paraissait fatiguée et les cernes qui s'étalaient sous ses yeux en étaient le témoignage.
Alors qu'il se dirigeait vers les grands escaliers menant aux étages, sa mère se leva de son propre fauteuil et se dirigea vers la fenêtre pour fermer les rideaux.
_ Lucius !
Narcissa Malefoy regarda son mari avec une panique non dissimulée en pointant frénétiquement la fenêtre du doigt.
_ C'est eux !
Lucius Malefoy se leva d'un bond de son fauteuil et s'approcha de sa femme pour vérifier ses dires. Drago, qui était resté figé dans l'embrasure de la porte, interrogea son père du regard. Oui, ils étaient là pour eux. Ils allaient les tuer pour leur traitrise.
_ Drago, transplane ! le supplia sa mère en le saisissant par les épaules.
Elle semblait en proie à une véritable crise de tremblements.
_ Non, Narcissa. Ça ne sert à rien, trancha Lucius Malefoy avec un tressaillement dans la voix. S'il fuit, ils le chercheront et quand ils le retrouveront ils ne le laisseront pas indemne.
_ Et tu crois qu'ils vont le laisser indemne ce soir ?! hurla-t-elle, les yeux exorbités par la peur.
Mais ce n'était pas le moment de songer à se sauver. Drago entendait déjà les bruits de pas des Mangemorts s'approcher et il eut juste le temps de s'éloigner de la porte avant qu'ils ne pénètrent dans la pièce.
_ Et bien, bonsoir…
Rodolphus Lestrange, avec sa chevelure sombre et sale, se tenait dans l'encadrement de la porte, accompagné de Goyle père, d'Amycus Carrow et de trois autres hommes inconnus de Drago. L'un d'entre eux avait les cheveux coiffés en cardigan et aurait pu sembler parfaitement respectable si on faisait abstraction de la Marque des ténèbres tatouée sur son avant-bras. Lestrange paraissait se réjouir de la peur qu'il suscitait et il eut un rictus malfaisant en voyant Lucius Malefoy reculer vers le fond de la pièce.
_ Tu devrais mieux protéger ta famille, Lucius, dit-il en détachant chaque syllabe avec délectation. Je dois dire que je m'attendais à mieux de ta part… Tu te doutais bien que l'on te rendrait une petite visite, n'est-ce-pas ?
Drago tourna la tête vers son père. Ses yeux regardaient frénétiquement à droite et à gauche, comme s'il cherchait une échappatoire.
_ Si tu refuse de parler, Lucius, je vais devoir me servir de ma baguette pour te faire du mal et, crois-moi, je n'utiliserais cet argument qu'en dernier recours, dit Lestrange avec un sourire mauvais.
L'homme au cardigan leva sa baguette et la pointa sur Narcissa.
_ Peut-être que si on torture un peu la femme, le mari sera prêt à coopérer…
_ Non, attends ! ordonna Rodolphus Lestrange en abaissant le bras de l'homme.
Drago vit son père s'avancer avec prudence vers ses anciens compagnons et sentit le souffle effrayé de sa mère redoubler d'intensité.
_ Non, Lucius… supplia-t-elle dans un souffle en essayant de le retenir.
_ Coopérer ? demanda ce dernier en ignorant les gémissements de sa femme.
Un large sourire fendit le visage d'Amycus Carrow, qui était resté en retrait jusqu'à présent.
_ Nous avons une petite mission à te proposer, commença celui-ci. Enfin, plutôt à ton fils, à vrai dire.
Drago sentit son estomac descendre de deux étages, tandis que le visage de son père avait soudainement perdu toute coloration.
_ Ne mêlez pas Drago à nos histoires, ce n'est qu'un adolescent… balbutia Lucius Malefoy en essayant de garder une contenance.
_ Je crois que toi et ton fils avez oublié que vous portiez toujours la Marque des Ténèbres. Ce n'est pas parce que tu as retourné ta veste au dernier moment que tout s'efface. Bien au contraire. Et si ton fils refuse on reviendra vous faire une petite visite, dit Amycus Carrow avec un sourire un brin pervers. Et pas pour discuter cette fois.
_ Tu croyais peut-être t'en tirer à bon compte, hein ? cracha Goyle père, ses petits yeux sombres fixés sur son ancien mentor.
Lucius Malefoy le détailla du regard, puis se tourna à nouveau vers Lestrange.
_ Faites-moi faire ce que vous voulez, mais laissez Drago en dehors de tout ça.
_ Impossible, trancha Lestrange d'une voix dure. C'est ton fils qui devra s'en charger car c'est le seul qui puisse le faire sans trop éveiller les soupçons.
_ Et ça consiste en quoi au juste ? intervint Drago en se détachant des bras de sa mère pour s'avancer aux côtés de son père.
Il sentit le regard des cinq hommes se poser sur lui.
_ Tu vois, même ton fils a plus de fierté que toi, Lucius ! s'exclama Lestrange en provoquant quelques ricanements chez les autres Mangemorts.
Drago sentit son père bouger à coté de lui mais il ne détourna pas son regard du visage de celui qui était à la fois son oncle et bourreau.
_ Il faut que je t'explique tout depuis le début, Drago, alors écoute bien ce que je m'apprête à te révéler, poursuivit Lestrange sur le ton de la conversation. Le Seigneur des Ténèbres, comme ton père a du l'apprendre, était en possession de la Baguette de la Destinée avant de mourir.
_ La Bag… ?
_ Ne m'interromps pas ! rugit Lestrange, avant de poursuivre avec sur un ton beaucoup plus mielleux. Il était donc en possession de cette baguette, la baguette de Sureau, si tu préfères. Le maitre croyait que la baguette ne se transmettait que si l'on tuait son dernier propriétaire, mais toi, tu l'as eu en ta possession quand tu as désarmé Dumbledore. Puis, Potter t'a désarmé et c'est lui qui est le dernier à l'avoir eu en sa possession.
_ Donc, vous voulez que je la prenne à Potter, c'est ça ? conclut Drago en se disant que cela serait un jeu d'enfant de jeter un petit « Expelliarmus » puis de récupérer la baguette.
_ Je-t'ai-dit-de-ne-pas-m'interrompre ! rugit Lestrange, les mâchoires serrées. Si c'était si simple, tu penses bien que je m'en serais déjà chargé. Non, d'après cet imbécile de Mondingus Fletcher, la baguette actuelle de Potter est sa baguette habituelle. Donc, ton but est de découvrir ce que ce petit vaurien a fait de la Baguette de Sureau ; et de préférence en restant discret.
Un silence bref suivi son annonce. Drago essayait d'assimiler ce qu'il venait d'entendre.
_ Donc…si j'ai bien compris… vous voulez que je fasse ami-ami avec Potter pour qu'il me révèle ce qu'il a fait de la baguette ? Ça ne marchera jamais, on se déteste mutuellement.
_ Débrouille-toi comme tu veux mais trouve la baguette ! ordonna Amycus Carrow avec un regard menaçant.
Il se tourna vers son père et le regarda d'un air entendu qui voulait clairement dire que c'était presque mission impossible.
_ Tu as presque failli empoisonner Albus Dumbledore il y a deux ans et, là, tu nous dis que tu es incapable de soutirer une information à Potter ? demanda Goyle père avec son agressivité habituelle.
_ Drago le fera, répondit Lucius Malefoy comme pour couper court à toute discussion.
Le principal concerné regarda immédiatement sa mère et se senti blêmir : encore une mission suicide qu'il n'arriverait pas à accomplir. Il était aussi loin de devenir ami avec Potter que de retrouver cette fichue baguette et, pourtant, il devrait le faire pour que sa famille reste indemne.
_ Et…même si j'arrive à retrouver cette baguette… à quoi est-ce qu'elle va vous servir ? demanda Malefoy en interrogeant Lestrange du regard.
_ Ça ne te regarde pas. Mais... je vais quand même te le dire pour te donner une motivation supplémentaire de réussir, lui répondit le Mangemort avec un rictus méprisant sur le visage. Comme tu le sais, la plupart d'entre nous ont été arrêtés. Mais, nous, nous sommes toujours libres de nos mouvements et on compte bien s'emparer du Ministère à nouveau et libérer les nôtres.
_ Et, vous avez besoin de la baguette pour ça…
_ Tout juste. Et tu devras t'atteler sérieusement à cette mission. Si j'estimais que tu ne mettais pas assez de…cœur à l'ouvrage, disons, je me verrais dans l'obligation de supprimer tes parents l'un après l'autre, conclut Lestrange avec un regard qui voulait clairement dire qu'il mettrait ses menaces à exécution sans hésitation.
Lucius Malefoy semblait avoir perdu plusieurs centimètres d'un coup et Narcissa, malgré sa volonté apparente de rester digne, tremblait de tous ses membres.
_ Autre chose, Drago, ajouta Lestrange. Un centaure, un certain Bane nous a également appris que Potter avait en sa possession une autre relique… Il l'a vu la tourner dans sa main dans la Forêt Interdite.
Les autres Mangemorts présents ne semblaient pas tous au courant de cette information car deux des hommes que Malefoy ne connaissait pas tournèrent la tête vers leur comparse qui semblait être à la tête des opérations.
_ C'est une sorte de pierre, qui…ramènerait les morts à la vie.
Devant une confession aussi ridicule, Malefoy ne put empêcher un début de sourire de naitre sur son visage, ce qui n'échappa pas à Carrow.
_ Ça te fait rire ?! cracha-t-il avec un regard haineux. Tu sais ce que ça veut dire ?! On pourrait ramener notre maitre à la vie !
_ Vous êtes fous… lâcha Drago dans un souffle.
_ Non, non, ce n'est pas ce qu'il veut dire ! s'empressa d'ajouter Lucius Malefoy en voyant Amycus Carrow lever sa baguette. C'est juste que… vous savez autant que moi que le Seigneur des Ténèbres est fini, on ne peut plus rien sinon vous savez très bien que je ferais tout mon possible pour le ramener au pouvoir.
_ Tu ne l'as pas fait la première fois, Lucius, tu ne le ferais pas plus aujourd'hui ! lui lança Goyle père avec colère en levant également sa baguette.
Drago sentait que la situation commençait à échapper à leur contrôle ; enfin, si on pouvait appeler ça un contrôle. Lestrange dut penser la même chose car il leva la main à la verticale pour inciter ses compagnons au calme.
_ Tu connais donc ton rôle, Drago, conclut-il avec un sourire qui était clairement forcé et qui ne devait pas être une expression du visage qu'il employait beaucoup. Découvre ce que sont devenues ces reliques et dès que c'est fait, préviens-nous en touchant ta Marque. Et si tu ne le fais pas…tu sais ce qui se passera.
Fin du flashback
Cette soirée avait marqué le début d'un compte à rebours avec, à l'issue du décompte, la mort. Malheureusement, son père avait déjà fait les frais de son échec et il s'en voulait terriblement. Même s'il avait tout fait pour ne pas le montrer, Blaise et Pansy avaient remarqué que quelque chose n'allait pas et l'attaque de Goyle n'avait fait que confirmer leurs soupçons.
Cet abruti congénital avait agit à la demande de son père, pour lui « rafraichir la mémoire ».
Il n'avait même pas essayé d'approcher Potter. Non, il avait eu une autre idée, une idée lumineuse. Elle lui été apparue le soir où Granger était sortie de la salle de bains des préfets à moitié dévêtue.
Sympathiser avec Potter, c'était inenvisageable mais, avec Granger… Elle était peut-être intelligente mais était pourtant assez naïve pour croire qu'il voulait changer et peut-être assez idiote pour accepter de devenir son amie.
Il avait donc tenté d'être amical, de compatir à ses ridicules problèmes de cœur avec Weasley, d'engager la conversation à plusieurs reprises. Mais, ils avaient un lourd passif et sept années de haine mutuelle ne s'effaçaient pas en deux mois comme il en avait fait l'expérience.
Il pouvait, certes, se vanter d'avoir obtenu quelques progrès, mais Granger restait néanmoins aussi inaccessible qu'un hippogriffe mal luné.
Et il y avait eu hier soir. Elle l'avait tellement énervé qu'il était même allé jusqu'à en oublier sa mission. La seule chose qui comptait alors était de lui faire fermer son clapet. Et l'entendre débiter des inepties sur ses parents l'avait fait entrer dans une rage folle que seul un bon secouage pouvait apaiser. Elle, avec sa petite vie d'élève parfaite, de sauveuse de l'humanité, qu'est-ce qu'elle pouvait bien comprendre à sa vie à lui ?
Cette sale Sang-de-Bourbe n'avait aucune idée de ce qu'il avait traversé pendant ces deux dernières années où il avait vécu dans la peur constante de voir ses parents mourir ou de se faire tuer. Alors, il lui avait sauté à la gorge pour la faire taire.
Puis, il l'avait sentie contre lui et, là, il n'avait plus répondu de rien. C'était comme si quelque chose s'était grippé dans les rouages de son cerveau. Il ne saurait dire ce qui lui était passé par la tête mais, une chose était sûre, il se détestait pour ce qu'il avait osé songer à propos d'elle. Son parfum, son regard pénétrant et ses lèvres.
Il ne se serait jamais cru capable de telles pensées concernant Granger. D'ailleurs, elle non plus, visiblement, puisque l'incompréhension s'était lue dans ses yeux.
C'était la dernière fois qu'il se laissait aller comme cela ; déjà parce qu'elle était la plus exaspérante des filles qui lui eut été donnée de rencontrer, mais aussi parce qu'il en allait de la réussite de sa mission. Il ne savait pas exactement comment il allait régler le problème mais il fallait qu'il agisse au plus vite. Il ne pouvait pas risquer la vie de ses parents éternellement et, bien que son père se trouve à Ste Mangouste en cet instant, ça ne le rendait pas intouchable pour autant.
Mais comment faire ? Potter, ce n'était même pas la peine d'y penser. Granger était la solution mais, s'il devait agir, c'était dans les jours qui arrivaient. Mme Pomfresh lui avait annoncé que son séjour à l'infirmerie touchait à sa fin et, une fois sa cohabitation forcée avec Granger terminée, il serait beaucoup moins facile de gagner sa confiance.
Conscient que le tic tac du compte à rebours commençait à s'accélérer, il arriva à la conclusion que, devant la probabilité infinitésimale qu'il devienne le meilleur ami de Granger en l'espace de deux jours, sa seule chance de réussite restait l'utilisation de la force. Tant pis, il serait dénoncé par elle et renvoyé de l'école, mais il resterait en vie et ses parents aussi.
Le Veritaserum semblait tout indiqué et il devait réussir à s'en procurer coûte que coûte.
Point de vue d'Hermione Granger :
_ Ernie, tu aurais déjà dû régler ça il y a une semaine !
_ Je sais, merci ! Mais j'ai du m'occuper de contacter les Bizarr'Sisters et crois-moi ils sont aussi difficilement joignables que le Ministre de la Magie !
Hermione regarda Ernie MacMillan faire tomber une liasse de brochures de son sac. Il se baissa pour les ramasser en poussant un juron.
_ Et puis, ça aurait été plus simple si tu n'étais pas clouée ici…
_ Crois-moi, je m'en serais bien passée !
Ernie était venu la voir dès son réveil pour discuter des préparatifs de la soirée de Noël, si bien qu'elle n'avait même pas eu le temps de prendre son petit-déjeuner. Il paraissait extrêmement stressé par toute cette organisation et elle ne pouvait pas le lui reprocher puisqu'elle ne lui était pas d'une grande aide.
Hermione saisit une brochure qu'Ernie venait de déposer sur l'édredon. En se réveillant, ce matin, elle avait eu l'excellente surprise de constater qu'elle avait récupérer l'usage de son bras droit et elle ne se privait pas de s'en servir, bien au contraire.
Ils discutèrent pendant presque une heure et lorsque Ernie quitta l'infirmerie, tous les points à aborder avaient été réglés, de la décoration jusqu'aux boissons, en passant par la nourriture et le design des affiches annonçant la soirée.
Pour couronner le tout, Hermione avait entendu Mme Pomfresh annoncer à Malefoy qu'il pourrait quitter l'infirmerie dès le lendemain matin, et après ce qu'il avait essayé de faire la veille, la nouvelle était loin de l'attrister. Elle sentait que son comportement cachait quelque chose et sa présence la rendait de plus en plus mal à l'aise.
Depuis qu'elle était réveillée, il n'avait presque pas levé la tête de son journal et son visage paraissait très fermé. Le plus étonnant avait été que l'annonce de sa sortie de l'infirmerie n'avait pas eu l'air de le réjouir plus que ça.
A l'approche de midi, Mme Pomfresh leur fit savoir qu'elle descendait prendre son repas dans la Grande Salle et Ginny choisit ce moment là pour venir rendre visite à Hermione.
_ Harry et Ron ne sont pas avec toi ?
_ Non, ils ont seulement une heure pour déjeuner, lui répondit Ginny avec un sourire. Ils viendront te voir ce soir, après le diner.
Elle avait l'air de quelqu'un qui cachait quelque chose et son petit sourire espiègle ne présageait rien de bon.
_ Prépare-toi à connaitre le nom de ton partenaire de soirée ! dit-elle en imitant le bruit d'un roulement de tambour avec ses mains sur le rebord de la table de chevet.
_ Ginny, je t'avais dit que je ne voulais pas que tu t'en occupes, soupira Hermione, résignée.
_ Je sais, mais c'était insupportable de savoir que tu n'avais encore personne alors que c'est en ce moment que tout le monde lance les invitations, alors… j'ai pris les devants ! expliqua-t-elle.
_ Alors, dis-moi, qui est ce mystérieux partenaire ?
_ Déjà, il faut que tu saches qu'il a accepté sans réfléchir et qu'il avait l'air ravi quand je l'ai quitté, lui expliqua son amie avec un sourire jusqu'aux oreilles.
C'était officiel, Hermione Granger allait à la soirée de Noël accompagnée d'un troll.
_ Et, en plus, il est assez séduisant, ce qui ne gâche rien, ajouta Ginny avec clin d'œil appuyé pendant qu'Hermione lui lançait un regard du style « Tu vas me le dire, oui ou non ? ». C'est… Anthony Goldstein !
Elle s'était attendue à largement pire et fut soulagée d'apprendre que, tout d'abord, elle connaissait son partenaire puisqu'il faisait anciennement partie de l'AD. C'était un garçon intelligent qui était capable de tenir une conversation pendant plus de trois minutes, ce qui était toujours appréciable lors d'une soirée.
Puis, comme l'avait si bien exprimé Ginny, il avait un visage sympathique et attrayant qui donnait envie de le connaitre davantage.
_ Je savais qu'il te plairait ! s'exclama Ginny en levant le poing en l'air en signe de victoire lorsqu'elle vit le visage d'Hermione se détendre à l'annonce de l'identité du partenaire en question.
Cette dernière ne put s'empêcher de rire devant une telle implication. Elle savait que son amie se sentait un peu responsable de savoir que c'était son frère qui lui avait fait de la peine et Hermione était convaincue qu'elle était prête à tout pour lui redonner le sourire. Malheureusement, il lui faudrait plus qu'un partenaire de soirée pour lui faire oublier tout ses soucis.
En parlant de soucis, l'un d'entre eux leur avait faussé compagnie. Le lit de Malefoy était vide et elle ne s'était pas du tout aperçue qu'il s'était levé. Ginny suivi son regard et sembla, elle aussi, surprise.
_ Où est-ce qu'il est passé celui-là ? s'étonna-t-elle en le cherchant des yeux dans l'infirmerie.
_ Aucune idée… Je ne l'ai même pas vu quitter la pièce.
Ce n'était rien, mais Hermione ne pu s'empêcher de trouver ça louche. Malefoy n'avait aucune autorisation pour quitter l'infirmerie quand bon lui semblait et, le fait de profiter de l'absence de Mme Pomfresh pour le faire témoignait à coup sûr d'une volonté de réaliser quelque chose d'illégal en toute discrétion.
_ Il est peut-être allé à la douche… proposa Ginny, sans grande conviction.
_ Non, Mme Pomfresh l'y a conduit hier soir, lui répondit Hermione en repensant à l'épisode gênant de la veille durant lequel Malefoy avait failli l'embrasser.
Elle raconta rapidement à Ginny ce qui s'était passé, en baissant la voix pour que, s'il prenait à Malefoy l'envie de revenir, ce dernier ne sache pas de quoi elle parlait.
_ Tu ne trouve pas ça étrange, toi ? l'interrogea Hermione, en quête d'un appui.
_ Si, très. Ça ne lui ressemble pas beaucoup, confirma Ginny d'un air pensif. Tu veux que j'en parle à Harry et Ron ?
_ Non, surtout pas !
_ Ce n'est pas une honte, Hermione, lui assura son amie. C'est juste que s'il a quelque chose derrière la tête, il ne faudrait pas que ça t'attire des ennuis, tu comprends ? Et ce n'est pas pour te faire de la peine mais… tu n'es pas vraiment en état de faire le poids contre lui en ce moment.
_ Je sais… Mais je n'ai aucune preuve de quoi que ce soit et puis, il ne peut rien faire tant qu'il est à l'infirmerie. Admettons qu'il me jette un sort, tout le monde saurait que c'est lui…
_ Peut-être que, justement, il n'a plus rien à perdre, marmonna Ginny en fronçant les sourcils.
_ Écoute, j'en parlerais à Harry et Ron ce soir, si ça peut te rassurer. Mais je pense que, même s'il prépare vraiment quelque chose, ce n'est pas aussi grave que tu le penses, la rassura-t-elle en essayant de se convaincre elle-même de ses propres paroles. Je ne vois pas pourquoi il s'attaquerait à moi, au contraire, on dirait qu'il essaye de sympathiser en quelque sorte.
Ginny afficha une moue dégoutée et fit mine de vomir dans le récipient prévu à cet effet posé à côté du lit d'Hermione. Malefoy choisit ce moment-là pour passer la porte de l'infirmerie, les bras chargés de chemises de nuit propres et alla les déposer dans les appartements de Mme Pomfresh sous les regards des deux filles. Il revint dans la pièce deux minutes plus tard et se remit au lit, comme si rien n'était plus naturel que ce qu'il venait de faire.
_ Je peux savoir où tu étais ? lui demanda Hermione en le regardant droit dans les yeux, sans ciller.
_ Ça te regarde ? Euh, non, en fait ça ne te regarde pas du tout, lui répondit-il avec son air arrogant.
_ Tu n'as pas le droit de te lever de ton lit et encore moins de quitter l'infirmerie.
_ Tu as vu ce que j'ai rapporté Granger. J'ai eu l'autorisation de Mme Pomfresh de me rendre à la Grande Salle pour manger et en revenant j'ai croisé un elfe qui venait de la blanchisserie et il m'a donné ça.
_ C'est bizarre, je ne t'ai pas entendu demander quoi que ce soit à Mme Pomfresh, rétorqua Hermione, de plus en plus suspicieuse.
_ Tu devais sûrement dormir ou, tout simplement, tu n'as pas entendu, lui répondit Malefoy avec un petit sourire en coin.
Ginny lança un regard à Hermione qui voulait clairement dire qu'elle non plus n'était pas dupe.
_ On ne sait pas à quoi tu joues, mais tu ferais bien d'arrêter tout de suite ce que tu es en train de faire, le prévint-elle.
Le principal intéressé fit semblant de ne pas l'entendre et se plongea dans la lecture de son livre de Sortilèges.
Ginny, dont le cours d'Etudes des moldus n'allait pas tarder à commencer, quitta l'infirmerie à regrets. Avant de disparaitre de son champ de vision, elle regarda Hermione avec inquiétude et mima le mot « ce soir » avec ses lèvres, ce qui voulait dire que si elle ne prévenait pas Harry et Ron le soir même, c'est elle qui le ferait.
Quand Mme Pomfresh revint de la Grande Salle, elle ne mentionna aucunement la petite balade de Malefoy, ce qui renforça encore les soupçons d'Hermione. Cette dernière attendit que l'infirmière soit dans son bureau pour interpeller Malefoy.
_ Qu'est-ce que tu dirais si je parlais de ta petite promenade à Mme Pomfresh ? chuchota-t-elle assez fort pour quoi son voisin de lit l'entende. Je sais que tu n'as pas eu d'autorisation de te lever.
Le visage de ce dernier resta impassible pendant quelques secondes puis, il adopta un air suffisant pour lui répondre :
_ Si tu veux, je pourrais te raconter pourquoi j'ai filé en douce pour rejoindre Pansy mais je crois que ça ne t'intéresserais pas.
Alors, c'était donc ça ? Il était allé voir Parkinson ? Même si cela avait plus de sens que le mensonge qu'il lui avait servi précédemment, Hermione restait toujours sceptique. Mais, plus elle y songea, plus sa méfiance commença à s'estomper.
Après tout, Harry, Ron et elle ne s'étaient-ils pas promener de nombreuses fois sans autorisation dans le château, et la nuit qui plus est ?
Puis, rien dans son comportement n'indiquait un quelconque danger. D'accord, il était très bizarre depuis le début de l'année mais il ne lui jetait pas de l'acide au visage et n'essayait pas de mettre du poison dans son jus de citrouille ; il était juste étrangement aimable, trop pour être honnête avec le recul. Mais pourquoi un tel changement d'attitude ?
Il était plus sage de parler de tout ça à Harry et Ron le soir-même et Hermione préféra se plonger dans l'étude et la traduction de l'ouvrage de runes anciennes que les garçons lui avaient apportés la veille.
L'après-midi s'écoula, lentement. Très lentement. A la fin de la journée, quand vint l'heure du repas, Hermione n'avait plus envie de déchiffrer une seule rune de sa vie. Elle avait presque traduit la moitié du livre, qui était pourtant d'une épaisseur assez conséquente.
Malefoy, lui, avait eu l'air de beaucoup s'ennuyer et avait passé la moitié de la demi-journée à observer le parc depuis la fenêtre située à côté de son lit.
Avant de descendre dans la Grande Salle pour prendre son diner, Mme Pomfresh apporta leur repas à ses deux patients et Hermione eut la grande joie de réaliser que c'était la première fois qu'elle pourrait se resservir d'une fourchette depuis son accident avec la Tentacula vénéneuse. L'infirmière lui apporta également ses deux potions quotidiennes, la rouge et la verte, puis quitta la pièce en leur souhaitant un bon appétit. Hermione regarda son assiette : du rôti accompagné de pommes de terre et une mousse au chocolat pour le dessert.
Malefoy, lui, n'avait pas l'air de vouloir toucher à son plateau repas. Cela ne devait pas être assez raffiné pour lui, se dit fois qu'elle eut avalé ses deux potions, qui lui brûlèrent d'ailleurs la gorge, elle commença à manger sa viande.
Mais, sans prévenir, Malefoy se leva de son lit, attrapa sa baguette et la pointa sur Hermione avant que celle-ci n'ait eu le temps d'amorcer le moindre mouvement avec son bras valide pour saisir sa propre baguette posée sur sa table de chevet. Le jeune homme suivit son regard et s'empara lui-même de la baguette de la Gryffondor.
_ Alors, maintenant, Granger, tu vas répondre à mes questions.
Elle ne s'était pas attendue à devoir subir une attaque pendant son diner et elle se maudit intérieurement de ne pas avoir gardé sa baguette sur elle alors même qu'elle doutait des bonnes intentions de Malefoy.
_ Je te préviens, si tu essayes de crier je te ferais taire, la prévint-elle en tenant toujours fermement sa baguette pointée dans sa direction, le visage fermé.
_ Qu'est-ce que tu cherches à faire ? l'interrogea Hermione en jetant des coups d'œil frénétiques vers la porte, priant pour que Harry et Ron se dépêchent de venir lui rendre visite.
_ C'est moi qui pose les questions et tu vas me dire la vérité, Granger.
_ Je ne sais pas à quoi tu joues mais, quoi que tu veuilles, tu te trompe lourdement si tu crois que je vais me laisser faire !
_ Oh, tu n'auras rien à faire, dit Malefoy avec un léger tressaillement dans la voix, ses yeux fixés sur elle comme deux projecteurs. Le Veritaserum va le faire pour toi.
