Voila le chapitre 13 ! Après celui-ci, la publication se fera environ toutes les semaines et demie (ça peut varier mais je ne mets jamais longtemps à publier). En attendant, je vous invite à partager vos impressions avec moi, cela aide beaucoup l'auteure (moi) à écrire et à se sentir encouragée ;) A bientôt ! (et bon courage à ceux qui passent des contrôles ou qui bossent leurs partiels de décembre)

gruvioler : Mille fois merci pour toutes ces reviews hihi ! Alors déjà l'avatar : il n'est pas de moi mais je l'ai trouvé très joli ; malheureusement je ne connais pas son auteur.
Ensuite, Malefoy est parti de Poudlard parce qu'il a voulu suivre sa mère dans le Devon, tu auras peut-être un peu plus de réponses dans ce chapitre et aussi dans la suite de ma fic. Et puis, tu verras qu'un Malefoy n'a pas besoin de finir ses études pour s'en sortir dans la vie ^^
Haha, pour ce qui est du passage des robes rouge et bleue, je n'avais pas du tout pensé aux 3 fées dans la Belle au bois dormant mais c'est vrai qu'on peut trouver une certaine ressemblance ^^ Je te souhaite une très bonne lecture et je te remercie (encore et encore) de partager ton avis avec moi ;)

DEUXIEME PARTIE : Quand Hermione se met dans de beaux draps (4 ans plus tard)

Chapitre 13 : De retour


Arrivée à l'angle de la rue, Hermione pressa le pas. Cela faisait un an qu'elle n'était pas revenue à Londres et elle avait oublié à quel point les trottoirs étaient bondés à huit heures du matin.
Après avoir acheté un bon café fumant (qui n'avait rien à voir avec le jus infâme que sa cafetière datant de l'ère tertiaire recrachait chaque matin), elle se dirigea rapidement dans la petite impasse sur le côté de la boutique afin de pouvoir transplaner directement au Ministère de la Magie.

A sa sortie de Poudlard, Hermione avait été engagée au département de la Coopération magique internationale en tant que collaboratrice du haut-responsable, Mr Boulard, qu'elle avait sympathiquement renommé Tête-de-lard (dans l'intimité bien sûr).
Après deux ans de bons et loyaux services, elle avait reçue une proposition qu'elle n'avait pas pu refuser : un poste très haut placé à Washington, au sein de l'ambassade britannique. Bien que cette année lui ai apportée énormément au niveau de sa carrière, elle ne pouvait plus supporter d'être loin de son Angleterre natale et avait décidé de rentrer.
Elle avait littéralement fait des pieds et des mains pour récupérer son premier poste et Mr Boulard, après de longues négociations et un travail de culpabilisation acharné, avait fini par accepter de la reprendre.

_ Salut Bradley ! s'exclama-t-elle en passant devant le bureau de la sécurité situé au fond de l'Atrium.

Bradley était l'un des vigiles qui contrôlait les baguettes des visiteurs et, bien que présentant un physique impressionnant, c'était un gros nounours.

_ Oh Hermione, ça fait un bail ! s'écria le vigile en lui rendant son salut. Comment c'était Washington ?
_ Passionnant, lui répondit-elle avec un sourire enthousiaste tout en poursuivant son chemin.

Si elle n'accélérait pas le pas, elle serait officiellement en retard et elle ne voulait pas donner une excuse à Tête-de-Lard pour la reléguer au statut de préposée aux photocopies.
Pendant ces quatre ans, Hermione avait consacré sa vie entière à sa carrière et cela avait plutôt bien fonctionné. Son travail était apprécié et elle était quelqu'un de reconnue pour son sérieux et sa capacité à conduire des négociations. Le point noir, dans toutes ces choses positives, était que sa vie privée était aussi palpitante que celle d'un bulot.

En pénétrant dans le service, elle vit que rien n'avait changé. La grande pièce circulaire servant à accueillir les visiteurs était décorée de la même manière qu'avant son départ. Même l'assistante qui était en train de remettre de l'ordre sur son bureau était toujours là, avec sa chevelure blonde et ses ongles multicolores.

_ Hermione ! cria la jeune fille en question en bondissant littéralement de son siège.

Céleste Sharpteen avait été son assistante pendant près de deux ans avant qu'elle ne parte pour les Etats-Unis, et était accessoirement devenue une très bonne amie.
Elle dépassait Hermione d'une tête et était très différente d'elle. Blonde, les cheveux au carré, elle s'habillait toujours avec des couleurs plutôt vives, ce qui contrastait beaucoup avec Hermione qui portait souvent des vêtements noirs en raison de son travail (négocier un accord magique international vêtue d'un pantalon rouge et d'un haut vert à fleurs relevait de l'impossible).
Céleste était une jolie fille qui avait conscience de son succès auprès des hommes, sans pour autant être une peste. Au contraire, elle en rigolait beaucoup autrefois et s'amusait à taquiner Hermione qui, elle, mettait toujours un point d'honneur à mettre le plus de distance possible entre sa personne et la gente masculine.
A côté de ça, elle était d'une gentillesse sans faille. Pour preuve, elle avait même accepté de garder Pattenrond lors d'un déplacement d'Hermione alors qu'il était victime d'une crise de diarrhée aigue.
Une fois remise de ses émotions, Céleste recula pour observer Hermione.

_ Une vraie femme d'affaires, déclara-t-elle avec un grand sourire en montrant d'un signe de tête son tailleur-jupe et ses talons hauts.
_ Oui, là-bas, c'est la règle. Le premier jour, tout le monde a cru que j'étais la femme de ménage, alors il a bien fallu que je me fonde dans le moule…
_ Ça te va très bien en tout cas ! ajouta Céleste avant de poursuivre d'une voix surexcitée. Il s'est passé plein de choses depuis que tu es partie ! Oh, si tu savais !
_ Ah bon ? Mr Boulard s'est trouvé une femme qui veuille bien de lui et de sa moumoute ?

Oui, il était de notoriété publique que Mr Boulard portait un implant capillaire. Ce n'était pas le secret le mieux gardé du Ministère puisqu'il avait la fâcheuse manie d'aplatir ses faux cheveux avec le plat de sa main toutes les cinq minutes.

_ Non, non rien de tout ça, lui répondit Céleste en riant. Mais je t'expliquerais tout autour d'un bon déjeuner tout à l'heure, c'est moi qui invite !
_ Si Tête-de-lard te laisse prendre ta p…
_ Miss Granger ! Je vous cherchais justement ! s'exclama l'homme en question en entrant dans la pièce circulaire, la moumoute au vent.

Lodrick Boulard était un petit homme bedonnant, toujours tiré à quatre épingles, dont la moustache finement taillée lui donnait l'air d'un vieux mousquetaire. Bien qu'étant un haut personnage du Ministère, respecté pour sa hargne légendaire quand il s'agissait de diriger ses troupes, il était néanmoins l'une des personnes les plus exécrables qu'Hermione avait eu la malchance de rencontrer.

_ Oh, bonjour Mr Boulard, dit Hermione en priant pour que son patron n'ai pas entendu ses dernières paroles.
_ J'ai à vous parler, Granger, lui dit-il tout en lui faisant signe de le suivre dans son bureau.

Avant même qu'il n'ait ouvert la bouche, Hermione sut qu'elle n'aimerait pas la tournure que prendrait la conversation. Une simple intuition.

_ Tout d'abord, je voulais vous dire que si je vous accueille de nouveau parmi nous, c'est parce que vous étiez un bon élément de notre service, j'aimerais donc que vous soyez consciente de la chance exceptionnelle dont je vous fais bénéficier.

Chance exceptionnelle, il ne fallait quand même pas exagérer. Le premier récompensé dans toute cette histoire, c'était bien lui. Personne, à part elle, ne s'était autant investie dans ce service : elle ne prenait presque pas de congés, avait fait des tonnes d'heures supplémentaires et venait même parfois le weekend pour finir des dossiers.

_ Néanmoins, comme vous le savez, nous avons du vous remplacer. Je sais que vous étiez débordée de travail et c'est pourquoi j'ai décidé de partager le travail entre vous et votre remplaçant, qui sera dorénavant mon deuxième collaborateur, dit-il d'un air faussement détaché tout en lui jetant des petits coups d'œil pour guetter sa réaction.
_ Un autre collaborateur ? Oh, et bien, j'imagine que ce n'est pas une si mauvaise idée, déclara Hermione en essayant de retenir un sourire devant l'air déçu de son patron.

Lui et son sadisme, toute une histoire. Il avait surement espéré que, devant l'existence d'une hypothétique concurrence avec un autre collaborateur, elle fonde en larmes et, de désarroi, se roule sur le tapis en hurlant des obscénités. C'était plutôt mal la connaitre.
Non, en fait, c'était plutôt une bonne nouvelle. Elle aurait plus de temps pour elle et ne passerait plus ses journées à courir à droite et à gauche.

_ Bien, je vois que vous prenez bien la nouvelle. J'avais peur de vous froisser.

A d'autres.

_ Je vous fais confiance pour approfondir avec lui les ficelles du métier bien qu'il soit assez doué en matière de négociation, je dois le reconnaitre, déclara Mr Boulard avec un sourire attendri, presque paternel, avant de poursuivre. Je vous le présenterais cet après-midi, il ne vient jamais travailler le lundi matin.

En quittant le bureau de son patron, Hermione eut la désagréable sensation que l'on essayerai, tôt ou tard, de l'évincer. Tête-de-lard ne l'avait jamais vraiment appréciée et la manière dont il avait parlé de ce soi-disant jeune prodige ne présageait rien de bon.

Lorsqu'elle pénétra dans ce qui était autrefois son bureau, elle eut d'ailleurs la mauvaise surprise de constater que deux postes de travail occupaient la pièce. Visiblement, son remplaçant et nouveau collègue avait pris la liberté de refaire la décoration puisque ses affiches représentant des paysages de Cornouaille avaient été remplacées par des posters sur lesquels on pouvait lire des slogans vantant les mérites de l'esprit d'entreprise et du monde du business. Bonjour le remplaçant : sûrement un petit chef en puissance.
Une fois assise dans son fauteuil, elle attrapa une plume et un parchemin sur lequel elle gribouilla un mot pour Harry et Ginny afin de les informer qu'elle passerait les voir chez eux le soir même. Elle ne les avait pas vus depuis un an, pas plus que Ron, et avait donc hâte de les retrouver.
Lorsqu'elle eut terminé, elle confia sa lettre à Céleste afin qu'elle la fasse partir à la volière avec le reste du courrier puisque son propre hibou professionnel avait visiblement été déjà utilisé par son collègue.

Le reste de la matinée s'écoula lentement. Très lentement. Qui plus est, Hermione devait reprendre ses marques dans le service et les slogans ridicules placardés sur les murs ne l'aidaient pas à se concentrer.
Quand il fut enfin l'heure du repas, Céleste l'emmena manger dans un petit restaurant qu'elle ne connaissait pas, non loin du Ministère. L'ambiance cosy et romantique n'était pas sans vaguement rappeler le salon de thé de Mme Pieddodu à Pré-au-Lard, les fanfreluches en moins. A la vue des tableaux représentants des couples main dans la main au bord de la mer, sur une péniche ou encore lovés l'un contre l'autre sur un banc, elle ne put s'empêcher de penser que c'était un drôle d'endroit pour un déjeuner professionnel. Lorsqu'elle prit place sur la banquette rouge archi rembourrée, Hermione se sentit s'enfoncer de plusieurs centimètres.

_ Tu aimes ? lui demanda Céleste avec un regard brillant. J'y suis souvent allée avec ton remplaçant.
_ Avec mon remplaçant ? Et vous prenez le menu « Embrasse-moi » ou le menu « Fais-moi les yeux doux ? » demanda Hermione en levant un sourcil derrière la carte que venait d'apporter le serveur.

Son amie se mit à rougir violemment, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Céleste était habituellement tellement exubérante et à l'aise dans toute sorte de situations que cette gêne devait cacher quelque chose.

_ En fait, je sors avec ton remplaçant, lui avoua-t-elle, les joues toujours roses.
_ Oh, c'est tout ? Enfin, je veux dire, c'est super ! Je suis vraiment contente pour toi, lui assura Hermione avec un sourire.
_ Merci, lui dit Céleste en lui rendant un sourire radieux.
_ Je trouve ça génial et tout et tout, mais vu la manière dont tu te préparais à me l'annoncer, on aurait dit que tu allais me dire quelque chose d'énorme ! Tu ne prends pas autant de pincettes pour m'annoncer ces trucs là d'habitude, ajouta-t-elle en repensant au nombre incalculable d'hommes avec lesquels son amie était sortie et qu'elle avait jeté deux jours après.
_ Cette fois, c'est différent, Hermione… Je crois que je suis vraiment tombée amoureuse. Il est vraiment parfait.

Alors là, c'était le choc. On avait tout vu. C'était comme si Luna Lovegood venait lui annoncer qu'elle abandonnait ses recherches sur le Ronflak Cornu pour créer sa propre ligne de haute couture.
Mais qui était donc cet homme providentiel qui avait métamorphosé son amie en amoureuse transie et son patron en gentil petit agneau ?

_ Et, vous êtes ensemble depuis combien de temps ? demanda Hermione, légèrement déstabilisée par la révélation de son assistante.
_ Ça a fait six mois hier, et regarde ce qu'il m'a offert ! s'exclama-t-elle en sautillant presque sur son siège.

Elle tendit le bras en direction d'Hermione qui pu admirer le très beau bracelet, visiblement orné de diamants, qui pendait devant son nez.

_ Tu… Il est très beau, fut-elle obligée de reconnaitre même si ce style de bijoux clinquants n'était pas trop son genre.
_ Tu n'as pas l'air d'être contente pour moi, je me trompe ? lui demanda Céleste avec un sourire en demi-teinte.
_ Si, si ! C'est juste que je suis un peu surprise, tu vois ; avant de partir tu étais libre comme l'air et quand je reviens, tu es en couple et folle amoureuse, donc, ça fait un choc…
_ Oh… alors je crois que ce que je vais te dire ensuite va encore moins te plaire, j'ai préféré le garder pour la fin…

Céleste eut soudain l'air embarrassée. Merlin, qu'est-ce qu'elle allait encore lui annoncer ?

_ Si tu me dis que tu vas te marier, je…
_ Non, non, rassure-toi ! la coupa son amie avec un petit rire.
_ Bon, alors dis-moi ! insista Hermione qui commençait à perdre patience.
_ En fait… Ne te fâche pas, hein ! la prévint Céleste avec une grimace d'appréhension. Il faut que tu saches que c'est quelqu'un que tu n'aimais pas du tout quand tu étais à Poudlard…
_ C'est Malefoy ? demanda automatiquement Hermione.
_ Et je te jure que je ne le savais pas du tout quand j'ai commencé à le voir… s'empressa-t-elle d'ajouter à toute vitesse.
_ Oh mon Dieu, c'est Malefoy…
_ Je suis désolée de t'imposer ça mais il a vraiment changé, tu sais... Il est très attentionné, vraiment…
_ Oh, je t'en prie, je le connais un minimum pour savoir qu'il est tout sauf quelqu'un d'attentionné.

Céleste sembla profondément peinée par sa réaction. Mais, à quoi s'était-elle attendue ? A ce qu'elle porte un toast en leur honneur tout en leur souhaitant un amour éternel ?
L'assiette d'Hermione venait d'arriver devant elle : ça avait l'air délicieux. Elle pouvait au moins accorder une chose à Malefoy : il savait bien choisir les filles ET les restaurants.
Soudain, elle prit conscience d'un détail auquel elle n'avait pas du tout pensé à l'annonce de l'identité du fameux prétendant.

_ Mais attends… Tu m'as dit que ton petit-ami était le remplaçant…

Céleste lui adressa un petit sourire confus. Hermione se prit la tête entre les mains, mesurant toute l'horreur de ce qu'elle venait de comprendre et manqua de plonger le coude dans son consommé de champignons.
Autant elle pouvait passablement encaisser le fait que Céleste ait trouvé l'homme de sa vie en la personne de Drago Malefoy (même si cela lui donnait envie de régurgiter son entrée entre la salière et le poivrier), autant accepter le fait que son nouveau collègue était cette personne détestable qu'elle avait espéré ne plus jamais revoir était tout bonnement inimaginable.

_ Je ne peux pas travailler avec lui, c'est hors de question ! s'exclama-t-elle, totalement désorientée. A tous les deux, on va faire couler le service tout entier ! Si, je t'assure, on ne pouvait pas se tenir dans la même pièce sans se balancer des horreurs ou se menacer avec nos baguettes !

Visiblement, Céleste semblait soulagée que la conversation ne tourne plus autour du choix de son petit-ami, mais plutôt autour du boulot, car elle parut beaucoup plus détendue durant le reste du repas.

Après que les deux jeunes femmes eurent quitté l'établissement, elles marchèrent quelques minutes pour regarder les vitrines des magasins jouxtant le restaurant. Hermione était consciente d'être totalement ailleurs et ne réagit que très vaguement aux paroles de Céleste lorsque celle-ci lui proposa de se rapprocher du Ministère.
Comment se passerait ce premier après-midi de travail ? Comment survivrait-elle à tous les autres jours qui suivraient ? Elle songea brièvement à son bureau agréable de Washington et essaya de se persuader qu'elle n'avait pas commis une erreur en revenant à Londres. Elle chassa vite cette pensée de son esprit, qui fut immédiatement remplacée par une autre.
Comment une fille si bien que Céleste pouvait tomber dans les bras d'un individu pareil ? Ne savait-elle pas qu'il avait été plus ou moins un Mangemort ? Ignorait-elle qu'il détestait les Sang-de-Bourbe et les moldus ? Apparemment, le statut de sang-mêlé de Céleste ne l'avait pas dérangé outre mesure…
Ou alors…c'était elle, Hermione, qui se méprenait sur ce que Drago Malefoy était devenu. Peut-être qu'il avait réellement changé, comme l'avait affirmé son amie. Après tout, ni elle, ni Harry, ni Ron n'avaient plus entendus parler de lui depuis Poudlard, ou alors très vaguement. Depuis la mort de son père, en fait.

D'après les dires de Céleste (qui sembla ravie d'apprendre plus de détails à Hermione sur son « prince charmant »), Malefoy avait été très affecté par la mort de son père et avait donc suivi sa mère dans le Devon pour essayer de tourner la page. Il s'était repris en main un an plus tard et avait fait fortune dans les affaires en créant sa propre entreprise de création de balais volants, dont son modèle phare, la Flèche d'Argent, avait battu tous les records de vente. Hermione pensa immédiatement à Harry, Ron et Ginny qui feraient sûrement une syncope quand elle leur ferait part de cette information (ils n'avaient fait que vanter les mérites de ce balai depuis que l'équipe d'Irlande en avait fait l'acquisition pour ses joueurs).
Céleste lui avait également appris qu'il avait éprouvé l'envie soudaine de revenir à Londres et qu'il avait vendu son entreprise pour un prix exorbitant. Il était ensuite venu demander un poste au Ministère un mois après le départ d'Hermione et avait été accueilli à bras ouvert dans le service par Mr Boulard dont le grand-père avait été un intime de celui de Malefoy.

« C'est fou ce qu'un simple nom de famille peut faire » pensa-t-elle avec amertume. Non mais c'est vrai quoi ? Un ancien Mangemort, qui n'a même pas passé ses ASPIC, et il obtient un poste haut placé dans un service de premier ordre dans un claquement de doigt ? Contrairement à lui, elle avait trimé et gagné sa place de collaboratrice à la seule sueur de son front, pas parce qu'elle était riche ou qu'elle avait un patronyme qui sonnait bien. Le plus moche dans tout ça, c'est que le nom de Malefoy aurait du être profondément entaché par les années de collaboration de la famille avec Lord Voldemort. Ce n'était visiblement pas le cas.
C'était tellement révoltant qu'elle ne fit pas attention où elle mettait les pieds et coinça son talon dans les interstices d'une plaque d'égout.

_ Hey !

Hermione leva la tête vers son amie et pâlit subitement en apercevant la personne qu'elle venait de héler ainsi.

_ Tu ne devais pas venir travailler plus tard ? s'étonna Céleste en embrassant l'homme sur la bouche devant le regard horrifié de son amie qui ne s'était pas préparée à assister à de telles familiarités.
_ Si mais Boulard m'a envoyé un hibou pour me demander de venir plus tôt. Salut Granger, besoin d'aide ?

Drago Malefoy se tenait là, devant elle, dans son costume (probablement fait sur mesure). Il venait visiblement de s'apercevoir de sa présence et son sourire hypocrite se transforma en un rictus moqueur lorsqu'il vit qu'elle était prise au piège par la bouche d'égout. Il décrivit un mouvement discret avec sa baguette et Hermione sentit sa chaussure retrouver sa liberté.

_ Ça j'aurais pu le faire moi-même, merci bien, lâcha-t-elle avec mauvaise humeur. La rue est pleine de moldus, le code du secret magique ça te dit quelque chose ?
_ Toujours aussi aimable à ce que je vois…

Hermione préféra ne pas répondre. Elle voyait très bien à l'expression mal à l'aise de Céleste que cette dernière avait espéré une meilleure entrée en matière.
Pourtant, c'était tout ce à quoi elle assisterait, pas plus, pas moins. Le fait que la jeune assistante ai passé toute son adolescence en France et qu'elle ait donc fréquenté l'école de magie de Beaux-Bâtons plutôt que Poudlard n'était pas d'une grande aide dans son appréhension de la situation. Elle imaginait sûrement qu'Hermione et Malefoy n'étaient pas en très bons termes et qu'ils s'étaient contentés de s'ignorer dans les couloirs. Si elle savait… Mais peut-être qu'elle était déjà au courant, peut-être que l'homme qui irradiait de perfection par tous ses orifices lui avait avoué qu'il avait été un indécrottable ver de terre avant de la rencontrer.

Contrairement à ce qu'elle avait pu imaginer, l'après-midi se déroula plutôt bien. Non, elle ne s'était pas découvert une soudaine complicité avec Mr. Costume-trois-pièces, et n'avait pas parlé du bon vieux temps autour d'une petite tasse de thé en grignotant des gâteaux secs. En réalité, dès qu'elle était entrée dans le service après la pause-déjeuner, Mr Boulard lui avait littéralement bondi dessus pour lui demander de se rendre au bureau de Détournement de l'artisanat moldu pour récolter des informations sur certaines importations d'objets douteux.
Le département de Coopération magique internationale était le service qui collaborait avec tous les autres dès lors qu'ils devaient engager des relations avec un pays étranger, quelles qu'elles soient. Ainsi, chaque jour était différent du précédent, et c'est ce qui plaisait à Hermione. Elle avait donc couru de service en service tout au long de l'après-midi, ce qui lui avit donné une parfaite excuse pour s'éviter la compagnie de Malefoy.

Le soir venu, lorsqu'elle quitta le bureau des Aurors après avoir vainement cherché Harry, elle retourna dans son département. A cette heure avancée, tous les employés avaient déjà du rentrer chez eux. C'est seulement lorsque Hermione poussa la porte de son bureau qu'elle eut la preuve exacte du contraire.
Malefoy était installé à son propre bureau, devant un dossier d'une épaisseur honorable, la tête entre les mains et la cravate légèrement desserrée. Visiblement, le petit génie avait autant de mal que les autres à finir son travail à temps.
Il avait furtivement levé son regard vers elle lorsqu'elle était entrée avant de reporter son attention sur ses papiers. Hermione s'avança et se saisit d'une pile de parchemins qu'elle devait potasser pour le lendemain puis se dirigea à nouveau vers la sortie, avant de se raviser.

_ N'oublie pas de vérifier que tu as bien fermé la porte du bureau avant de partir, dit-elle d'une voix glaciale avant de passer le seuil de la porte.

Elle n'avait pas attendu sa réponse. D'ailleurs, il n'y avait rien à répondre.
Les couloirs étaient sombres à cette heure-là. La plupart des employés étaient déjà rentrés chez eux et Hermione était très souvent dans les dernières personnes à quitter le bâtiment. Le bruit mat de ses talons sur le sol résonnait en un écho lugubre. Elle s'était parfois surprise à se faire peur toute seule dans ce dédale de couloirs déserts.
Alors qu'elle arrivait au bout de la longue allée menant à l'ascenseur, son cœur rata un battement lorsqu'elle entendit des pas rapides se rapprocher derrière son dos.

_ Granger !

Cela ne lui suffisait pas de s'accaparer son amie et son bureau ? Il fallait en plus qu'il la fasse arriver en retard chez Harry et Ginny. Hermione se retourna tout en claquant sa langue contre son palais en signe d'impatience jusqu'à ce qu'il arrive à sa hauteur.

_ Tu as un problème avec ton dossier ? ne put-elle s'empêcher de lui demander très ironiquement, avec un léger rictus.
_ C'est justement de ça dont je voulais te parler, dit-il en désignant Hermione.
_ De quoi ?
_ Ça ! répéta-t-il en réitérant son geste avant de poursuivre avec agacement. Tu crois qu'on est de retour à Poudlard ? C'est fini tout ça. Alors, toi et tes manies de vieille fille, faites l'effort de rester courtoises.
_ Je ne vois pas à quel moment j'ai été discourtoise, rétorqua-t-elle en fuyant le regard de Malefoy qui la fixait droit dans les yeux.
_ Oh, ne fais pas semblant. Je vois bien que tu es froide comme un glaçon, ajouta-il. On va devoir travailler ensemble et je ne veux pas me faire virer parce qu'une Miss parfaite comme toi refuse de collaborer.
_ J'imagine que si quelqu'un doit partir, ça ne sera pas toi. Une petite poignée d'or de la main à la main et le poste est tout à toi, n'est-ce pas ? répliqua Hermione d'une voix sèche.

C'était à son tour de fixer Malefoy. Elle devait avoir touché un point sensible car une lueur menaçante était apparue dans ses yeux.

_ Tu crois que j'ai obtenu le poste parce que j'ai de l'argent ?
_ Oui, c'est ce que je crois, en effet.

Elle s'était attendue à le voir s'énerver, à encaisser une insulte, mais pas à le voir sourire.

_ Si ça peut te rassurer de penser ça, Granger, et bien je ne peux que t'approuver…

Elle le regarda, sans rien dire. C'est vrai qu'il avait l'air d'avoir changé. Pas forcément en bien ou en mal, mais quelque chose avait changé, c'était indéniable. Il lui tourna le dos et commença à s'éloigner, puis s'arrêta pour lui faire face à nouveau.

_ Si tu ne le fais pas pour le travail, fais-le au moins pour Céleste.

Son regard gris la transperça comme une lame et elle en fut totalement déstabilisée. Il était donc sincèrement attaché à son amie.
Il fit à nouveau volte face et s'éloigna le long du couloir, sans un mot, en la laissant plantée devant l'ascenseur comme deux ronds de flan. Hermione appuya sur le bouton d'appel et pénétra dans l'espace confiné. Lorsque la double porte se referma, elle eut le temps de voir Malefoy tourner à l'angle du couloir.

Elle se sentit soudain coupable envers Céleste. Elle ne lui avait même pas laissé le bénéfice du doute et l'avait jugée sans même savoir ce qu'elle avait réellement vécu pendant son absence. Tout en essayant d'oublier que Malefoy venait de lui donner une leçon de morale, elle traversa l'atrium à grands pas et se pressa vers une cheminée. Après s'être saisie d'une poignée de poudre de cheminette, elle pénétra dans l'âtre, se laissant envahir par la douce chaleur que procuraient les flammes magiques.

_ 123 Queen's Gate, Kensington à Londres.

Heureusement, la sensation désagréable d'oppression qu'impliquait le transport par cheminée ne dura pas longtemps car l'appartement d'Harry et Ginny n'était pas très éloigné du Ministère. Hermione fermait toujours les yeux lorsqu'elle se déplaçait de cette manière car les les images des autres foyers défilant à toute vitesse lui donnaient toujours la nausée.
Lorsqu'elle sentit ses pieds toucher le sol, elle ouvrit les yeux sur la vue familière que lui offrait le salon de ses amis.
Elle aimait beaucoup leur appartement victorien et, d'ailleurs, elle possédait quasiment le même à une rue de là. Du moins, posséder était un bien grand mot. Avant de partir à Washington, elle occupait déjà cet appartement et avait du se résoudre à l'abandonner lors de son départ. Un mois avant son retour, Ginny lui avait envoyé un hibou pour lui annoncer qu'il était à nouveau inoccupé et, bien sûr, elle avait sauté sur l'occasion.

Alors qu'elle sortait de la cheminée, elle vit une chevelure rousse se ruer sur elle et sentie des bras l'étreindre avec force. Ginny se recula, un grand sourire aux lèvres et la détailla des pieds à la tête avant d'appeler Harry et Ron à grands cris.
Les deux autres personnes qu'Hermione avait le plus envie de revoir pénétrèrent dans le salon et la serrèrent contre eux à leur tour. Aucun d'eux n'avait changé. Ils avaient simplement l'air très heureux de la voir.

_ Alors, comment va l'américaine ? demanda Ron en lui posant la main sur l'épaule.
_ Beaucoup mieux depuis deux minutes, répondit-elle avec un sourire ému.

Après des années de quasi vie commune avec ces personnes qu'elle considérait presque comme sa famille, ces trois cent soixante six jours d'éloignement avaient été un vrai déchirement. Les revoir était presque irréel, si bien qu'elle avait beaucoup de mal à contenir son émotion.
Ginny les invita à tous prendre place sur le canapé faisant face à la cheminée. La table basse croulait sous plusieurs bouteilles de Bièraubeurre et de nombreux petits fours.

_ Euh, vous attendez quelqu'un d'autre ? s'étonna Hermione devant la quantité de nourriture.
_ Non, non, il n'y a que nous pourquoi ? demanda Ginny tout en lui tendant un verre de Bièreaubeurre.
_ Tu connais Ginny, elle fait toujours les repas comme si on était cinquante à passer à table, lui répondit Harry en jetant un coup d'œil amusé à son amie.

La soirée contrastait énormément avec la journée étrange qu'elle avait passée. Au bout d'une demi-heure, elle avait déjà oublié ses mésaventures du bureau et elle rit tellement à une anecdote que raconta Ron qu'elle manqua de s'étouffer avec un petit four au saumon.

Celui-ci avait décidé de devenir l'associé de Georges au magasin de farces et attrapes et, d'après ce qu'elle avait pu lire dans les lettres qu'il lui avait écrites tout au long de l'année, c'était la meilleure décision qu'il avait prise depuis le début de sa vie d'adulte. Il était célibataire depuis trois ans maintenant et ne semblait pas malheureux de sa condition.
Ginny, elle, était poursuiveuse dans l'équipe des Harpies de Holyhead et, la saison de Quidditch ne durant que six mois, elle disposait de beaucoup de temps libre.
Harry, quant à lui, était auror et partait quelques fois en missions, laissant sa petite amie derrière lui. Avant qu'Hermione ne parte à Washington, Ginny venait régulièrement habiter chez elle pendant le temps que durait les déplacements d'Harry et elle avait développé une fâcheuse tendance à transformer son appartement en capharnaüm.

Après avoir parlé de leurs anecdotes de travail, il fallait bien que cela en arrive à elle et le souvenir de la journée qu'elle venait de passer s'insinua à nouveau dans son esprit. Elle leur raconta son déjeuner avec Céleste ainsi que les paroles qu'avait prononcé Malefoy alors qu'elle quittait le Ministère et elle ne fut pas surprise de voir qu'aucun de ses trois amis ne semblait étonné. Évidemment, Harry, qui travaillait au Bureau des Aurors, devait être au courant de la situation depuis longtemps et avait sûrement tout raconté aux autres.

_ Pourquoi tu ne m'as rien dit ? demanda-t-elle à son ami avec un regard lourd de reproches.
_ C'est moi qui n'ai pas voulu qu'il t'en parle, lui assura Ginny avec une voix pleine de courage. J'avais peur que tu ne reviennes pas lorsque tu apprendrais tout ça…

C'était infiniment adorable, mais aussi diablement égoïste. Hermione ne put, cependant, empêcher un sourire de prendre naissance aux coins de ses lèvres lorsqu'elle la vit lui lancer un regard confus.

_ Je serais quand même revenue. Ce n'est pas cette petite fouine qui va me gâcher la vie, dit-elle d'une voix décidée. J'espère juste que Céleste sait ce qu'elle fait.
_ Tu sais, je les ai vu tous les deux et ils avaient vraiment l'air de tenir l'un à l'autre, lui confia Ginny en attrapant un petit four avant de le fourrer dans sa bouche.
_ Si c'est le cas, tant mieux. Mais si Malefoy la fait souffrir, je m'arrangerais pour réduire sa vie en miettes.
_ Tu fais peur, des fois, lui dit Ron en lui donnant un léger coup de coude amical.
_ Tant qu'elle lui fait peur à lui et pas à nous, moi ça me va, conclut Harry avec un sourire avant de boire une gorgée de Bièreaubeurre.

La suite de la soirée apporta la confirmation à Hermione que jamais plus elle ne partirai aussi longtemps loin de ses amis. Elle avait l'impression d'avoir raté plusieurs épisodes à la fois et elle essayait de rattraper son retard en leur posant toutes les questions qui lui passaient par la tête.
Après être passés à table et avoir dégusté un savoureux plat en sauce, Ginny s'éclipsa dans la cuisine pour aller chercher le dessert. Dès que la jeune fille eut passé la porte, Harry se pencha vers Hermione, une grimace embarrassée sur le visage.

_ Pardon pour ça, Hermione, mais c'est Ginny qui a voulu attendre à tout prix…
_ Attendre quoi ? demanda-t-elle avec un air de totale incompréhension.
_ Tu vas voir, elle… commença-t-il avant de se taire précipitamment en entendant des pas revenir de la cuisine.

Hermione jeta un regard interrogateur à Ron qui se contenta de sourire mystérieusement. La seconde suivante, Ginny entrait dans la pièce, portant un magnifique gâteau à étages, décoré de pâte à sucre et d'un glaçage blanc qui semblait délicieux.

_ Euh… tu es sûre que tu n'attends personne d'autre Ginny ? lui demanda-t-elle en riant. Tu as un peu surestimé la taille de mon estomac, je crois. Et, même si Ron…

Elle s'était stoppée d'elle-même à la vue du regard avide de son amie. Elle avait lu dans ses yeux quelque chose qu'elle n'osait comprendre.

_ Attends, ce gâteau… C'est… Vous…
_ On va se marier ! s'écria Ginny en tendant sa main devant elle.

C'était la deuxième fois depuis le début de la journée que l'une de ses amies lui exhibait un bijou sous le nez. Mais, contrairement au bracelet de Céleste, cette bague de fiançailles était pour elle un motif de réjouissance incommensurable.
Mieux que des mots, elle se leva et pris Ginny dans ses bras. Elle s'approcha ensuite d'Harry et l'étreignit si fort qu'elle n'aurait pas été étonnée de le voir suffoquer.
Lorsqu'elle se recula, elle sentit les larmes menacer de poindre au coin de ses yeux et vit aux joues humides de Ginny que celle-ci n'avait pas réussi à lutter contre l'émotion. Une fois remise de l'annonce, elle gouta au gâteau qui s'avérait être la pièce montée qui serait servie au mariage.

_ Vous vous êtes déjà occupés de tous les préparatifs ? demanda Hermione en léchant sa cuillère.
_ Ou..oui, oui, lui répondit Ginny tout en laissant ses yeux résolument fixés sur son assiette.
_ Mais, le mariage est prévu pour quand ?
_ Pour dans un mois… lui répondit Harry.
_ Un mois ?! Et vous me le dites seulement maintenant ? Vous l'avez décidé quand ? s'indigna-t-elle en regardant alternativement ses deux amis qui n'en menaient pas large.
_ Désolée Hermione, je voulais absolument te l'annoncer en personne et pas par hibou, lui avoua Ginny d'une petite voix. Ça fait deux mois qu'on a pris la décision, je suis désolée…

Le sentiment d'avoir été mise de côté pour de nombreuses choses s'insinua à nouveau en elle. D'abord Céleste, qui avait attendu six mois pour lui annoncer qu'elle était en couple avec l'une des personnes qu'elle exécrait le plus à Poudlard, puis ses amis qui, déjà au courant depuis longtemps, n'avaient pas jugé bon de lui dire et qui, pour couronner le tout, lui avaient cacher leur mariage prochain : c'était beaucoup trop pour une seule journée.

Son malaise dura jusqu'à ce qu'elle parte de chez Harry et Ginny et, même lorsqu'elle arriva dans son propre appartement, ce sentiment d'étrangeté était toujours présent dans son esprit. Elle avait été naïve de croire qu'elle retrouverait tout à l'identique. Bien sûr, le mariage était une excellente nouvelle, mais elle se sentait un peu trahie d'avoir été mise de côté d'une grande partie des préparatifs alors que tout le monde était déjà au courant de l'évènement. Mais ce n'était qu'un détail qu'elle oublierait bien vite.
En revanche, elle avait du mal à croire que la présence de Malefoy lui ait été dissimulée de cette manière. C'était ce qu'elle avait véritablement du mal à avaler. Aujourd'hui, elle avait vu sa vie d'avant, sa vie à Poudlard, se mêler à sa nouvelle existence, et n'avait pu que rester impuissante face à cela.
Hermione continua à maugréer à voix haute pendant une bonne quinzaine de minutes, seule au milieu de ses bagages, tout en s'activant à ranger toutes ses affaires à grands coups de baguette magique. Lorsqu'elle était arrivée, le matin, elle avait tout laissé en plan et était parti directement au travail, après avoir libéré Pattenrond de sa cage de transport. Il n'avait visiblement pas beaucoup apprécié l'avion car il avait déposé un joli cadeau nauséabond dans l'évier de la cuisine.

Une fois qu'elle eut terminé son rangement, elle troqua ses escarpins et son tailleur contre ses pantoufles moelleuses et son pyjama et se laissa tomber dans le canapé. Son appartement était à peu de choses près le même qu'Harry et Ginny. Elle n'avait pas énormément de décoration puisqu'elle rentrait seulement des Etats-Unis mais le peu qu'elle avait la faisait se sentir chez elle. Le feu qui crépitait dans l'âtre répandait une douce chaleur qui la fit doucement glisser dans un état de somnolence. Avant de s'endormir, elle eut le temps de voir Pattenrond sauter sur le canapé et se lover dans le creux de ses jambes. Au moins, lui n'avait pas de secret pour elle.