Le soleil était déjà bien haut quand trois adolescents étaient en train de labourer dans les champs. Il faisait très chaud. A cause des Accords, les machines agricoles avaient étés supprimés pour les utiliser dans des usines. Les enfants devaient donc se débrouiller avec les moyens du bord et de Soldat, un puissant cheval de traie, blanc. Au-dessus des champs, il y avait une route et d'ailleurs, une limousine roulait avant de s'arrêter.
Deux wraiths en descendirent : un avec un tatouage en forme d'étoile autour de l'œil gauche avec un bouc et l'autre n'avait rien. Ils observèrent un moment les enfants. Il y avait deux males et une femelle : l'un avait la peau mate, des cheveux bruns clairs avec des mèches bleus, des yeux marron. Il portait un T-shirt beige avec un bermuda et des baskets. L'autre avait la peau beige, des yeux bleus avec les cheveux bruns clairs avec des mèches vertes, rasés sur les côtés, portant un débardeur blanc avec une tête de loup imprimés, un jean un peu déchiré et des baskets également. La femelle avait de longs cheveux bruns foncés qui bouclaient à la fin avec des mèches rouges, des yeux verts et elle était vêtue d'un débardeur noir avec un dragon imprimé, un short en jean et des bottines à lacets. Ils travaillaient activement et n'avaient pas encore remarqués la présence des deux wraiths qui se dirigèrent vers eux. Ce fut le garçon à la peau mate qui les vit arriver. Il appela les autres qui le rejoignirent. Le wraith avec l'étoile s'approcha d'eux.
« Bonjour, dit-il, nous cherchons la direction de Hautville. Pouvez-vous…
-Continuez tout droit puis tournez à gauche, y a des panneaux pour indiquer le chemin, coupa la femelle. »
Le deuxième wraith allait dire quelque chose mais le regard de son supérieur le fit taire.
« Je sais que c'est dur pour vous mais nous vous voulons aucun mal. Nous voulons tout simplement vous aider.
-On a du travail, dit le garçon à la peau mate.
-Oh bien sûr. Je comprends parfaitement. »
Les adolescents retournèrent à leurs occupations tandis que les deux wraiths remontèrent dans la limousine.
« Angela ! Viens, j'ai quelque chose à te dire !
-J'arrive papa ! »
La jeune adolescente descendit les escaliers. C'était la même que dans les champs, elle s'était simplement changé. Maintenant elle portait une robe noire simple et pas de chaussures. Son père était le maire de Hautville, c'était un homme aux cheveux gris et aux yeux fatigués, il avait cinquante ans. Angela remarqua qu'il portait un costard et lui remarqua la tenue pas assez officielle de sa fille.
« Enfile autre chose que ça, on va accueillir les wraiths à l'hôtel de ville, grommela-t-il en mettant sa veste.
-Quoi ?! Mais pourquoi ?! s'écria indignée Angela.
-Tu viens avec moi un point c'est tout !
-Ce n'est pas juste ! Pourquoi je dois venir ? Ce ne sont pas mes affaires !
-Ecoute Angela, je le sais bien mais en tant que fille de maire, tu dois montrer que tu t'intéresses à la vie de notre ville. Tu représentes la future génération et je sais que tous les autres enfants t'obéissent. Alors tu viens ! »
Elle grogna avant de remonter dans sa chambre. Elle attrapa une robe gothique courte noire avec quelques volants ainsi qu'un pendentif en forme de dragon et des bottines à lacets. Elle redescendit et attrapa sa veste en cuir. Son père soupira et ferma la porte à clé. Dehors, il n'y avait personne à cause du couvre-feu. Il regarda un instant sa fille qui marchait à quelques mètres de lui. Sur le chemin, il s'approcha d'elle :
« Ecoute chérie, je sais que ça va être dur mais essaye de faire bonne figure. Je regrette de devoir te mêler à ça, ma puce, mais je n'ai pas vraiment le choix. Le Commandant que nous allons accueillir a lourdement insisté pour rencontrer ma famille. Et d'après ce que j'ai entendu, il est très friand de la culture humaine et surtout de la nôtre. »
Elle hocha la tête en entendant ses explications. Ils arrivèrent en avance à l'hôtel de vie et ils se mirent côte à côte. La jeune fille se mit sur la pointe des pieds et lui fit un bisou sur la joue.
« Je ferais de mon mieux, je te le promets. »
Une limousine noire apparut devant eux. Quatre soldats en sortirent puis la porte arrière s'ouvrit et deux wraiths sortirent sous le regard incrédule d'Angela.
« Bonsoir, messieurs, dames… et mademoiselle. »
Ethan était assis sur sa chaise de bureau et devant son ordinateur, recherchant des affiches de propagandes de la Première Guerre Mondiale. C'était un travail pour le collège, plus précisément pour le cours d'histoire qu'Ethan détestait plus que tout ! Surtout avec le professeur Ratomi, qui s'acharnait sur lui et sur Ahmeur. Certes, parfois ils discutaient mais ils le faisaient en chuchotant, ce n'était pas une raison pour se prendre un rapport ! Le jeune homme s'effondra sur son lit, en attendant que l'imprimante imprime les images sélectionnés et son travail. Il regarda le plafond. Ce wraith avec l'étoile allait venir ici… Mais pourquoi ? Pourquoi les politiciens avaient autorisés ces fils de chiens à rester ? Pourquoi n'avaient-ils pas choisis de continuer la guerre ? Soudain, son portable sonna et il vit la photo d'Ahmeur. Il décrocha et se redressa.
« Salut Am's, ça va ?
-Ouais normal. Angel m'a appelée, elle est à la cérémonie d'accueil pour les wraiths.
-Sérieux ? s'exclama Ethan.
-Oui. Et devine qui est le mystérieux Commandant qui va loger au château ?
-Nan ! Tu déconnes j'espère ?!
-Eh ouais. Le wraith qui est venu nous demander des infos sur la direction de la ville. C'est trop, hein ?
-Tu parles ! Et au fait, t'as terminé le devoir d'histoire ?
-T'es pas au courant ? demanda surpris Ahmeur. Avec tout ce remue-ménage, le collège a fermé. Comme tous les instituts scolaires.
-Mais pourquoi ? questionna Ethan.
-Garde ça pour toi mais mon père m'a dit que c'était pour nous empêcher d'apprendre des valeurs, à cause des wraiths, c'est eux qui ont voulus ça.
-Mais ça ne se fait pas !
-Ecoute, on en parlera demain avec Angela, elle doit avoir pleins de trucs à nous dire !
-D'accord, à demain et bonne nuit.
-Bonne nuit ! »
Il raccrocha et s'allongea dans son lit. Il serra ses poings. Alors comme ça, les wraiths voulaient les empêcher d'étudier ? Ethan ricana, un plan se formant tout doucement dans son esprit.
« Je ne m'attendais pas à voir votre fille, monsieur Richard, débuta le wraith en fixant Angela.
-Vous m'avez demandé dans votre communiquer d'amener les membres de ma famille, Commandant, répliqua doucement Paul.
-Effectivement. Et où est votre femme ? »
Angela remit une de ses mèches de cheveux en arrière alors que son père pâlit soudainement.
« Elle est morte d'un cancer il y a six mois, dit-il lentement.
-Regrettable, excusez cette question.
-Pardonnez-moi mais j'ai un coup de fil important à passer. »
La jeune fille regarda son père, paniquée.
Oh non papa ne me laisse pas seule avec ce psychopathe !
Le wraith la fixa une seconde fois. Mais pourquoi est-ce qu'il regardait ? Ça devenait énervant !
« Je ne pensais pas vous revoir de sitôt, mademoiselle Richard, sourit-il. Et je vous préfère habiller comme cela.
-Pourquoi ai-je légère impression que vous vous moquez de moi ? demanda en grognant Angela.
-Parce que je le fais. Êtes-vous vexée ?
-Un peu.
-Pourquoi votre père est-il partit ?
-Il… Il n'aime pas parler de ma mère et surtout de sa mort, dit-elle.
-Je suis désolé d'avoir abordé ce sujet.
-Ce n'est pas grave, murmura-t-elle. »
Soudain, le wraith leva la tête. Son second s'approcha et fit une espèce de salut. Ses talons se claquèrent et il mit ses mains derrière son dos.
« On a trouvé des résistants, mon Commandant. Que faisons-nous ?
-Emmenez dans les cellules, ordonna le wraith, je m'occuperais de leurs cas demain.
-A vos ordres, mon Commandant ! »
Il tourna les talons et s'en alla. Angela regarda le wraith.
« Vous… Vous comptez les tuer ?
-Non. Je vais les interroger et ensuite… je verrai s'ils sont dignes de vivre. »
La jeune fille resta sans voix avant de se lever et de plaquer ses mains sur la table du restaurant.
« Vous n'avez aucun droit sur leurs vies ! On a des lois ici et il faut que vous les respectiez, accords ou non !
-Angela ! s'écria son père en arrivant.
-Non, laissez-la, grogna le wraith.
-On ne se laissera pas faire ! siffla-t-elle. Oh croyez-moi, beaucoup de gens rêvent de vous tuer, et ils sont prêts à tout pour ça !
-Cela suffit, humaine ! De quel droit osez-vous me parler ? demanda-t-il en se levant.
-On a des libertés ici et si vous essayez de les faire taire, toute la population se soulèvera contre vous ! fulmina Angela, ignorant l'ordre. On a vécu suffisamment d'horreurs comme ça !
-Cela suffit, répéta le wraith en s'approchant d'elle.
-Vous savez quoi, je pense que vous portez bien le surnom que certains ont donné à votre race. Vous êtes les nouveaux nazis ! Les Bâtards du Ciel !»
La main du wraith gifla la joue d'Angela et elle sentit que quelque chose l'attrapait par le cou. Le wraith se força à la mettre à genoux devant lui, sous le regard choqué de son père, qui n'osa rien faire. Ensuite, l'alien appuya avec son pied la cuisse de la jeune fille et l'attrapa une nouvelle fois par les cheveux. Malgré la douleur, Angela défia le regard du wraith.
« Saleté d'humaine, tu as beaucoup de chances, chuchota-t-il. Je suis fatigué mais crois-moi, la prochaine que tu me parles ainsi, je te ferrais une belle marque, je te prendrais quelque chose auquel ton père semble tenir éperdument. »
Elle comprit rapidement et baissa la tête. Le wraith la lâcha et se tourna vers Paul.
« Au revoir, monsieur Richard. »
L'homme murmura un bonsoir et regarda le Commandant partir. Il se précipita sur sa fille.
« Angela, est-ce que ça va ? Tu n'as rien ? »
La jeune fille pleura contre la poitrine de son père.
« Je suis désoler papa, je ne voulais pas…
-Ne t'excuses ma chérie, moi aussi je trouve ces manières ignobles. Essaye de te contrôler. Si tout le monde met un peu du sien, les wraiths ne seront plus un souci pour nous. »
Elle hocha la tête. Avec l'aide de son père, ils sortirent du restaurant. Angela eut le temps d'apercevoir des hommes et des femmes qui dessinaient et taguaient sur les affiches de propagande wraith. Son père se pencha et lui murmura à l'oreille :
« La résistance et la conquête de la liberté commencent maintenant, ma chérie. »
