La lumière naturelle qui pénétrait dans la pièce réveilla Kili. Il roula sur son dos, regardant curieusement autour de lui. Une douce lueur provenait d'un petit tunnel creusé dans le plafond de la chambre. Le feu était presque éteint, des braises laissées dans son sillage et le brun se pelotonna alors dans les fourrures chaudes et confortables. Il était mieux qu'il ne l'avait été en des semaines mais réalisa qu'il était toujours le prisonnier de ces nains et qu'il n'avait aucune idée de ce qu'ils voulaient de lui.

Avec cette douloureuse pensée, il écarta les fourrures et se leva. Il avait sur lui les mêmes vêtements qu'il portait depuis un mois, incrustés de saletés et sentant terriblement mauvais. Il était curieux cependant sur le faite d'avoir été laissé seul et non attaché. Il marcha silencieusement vers la porte partiellement fermée, ses jambes le trainant au mieux après des semaines d'inactivité et il devint alors rapidement frustré par ses mouvements lents. Il n'y avait aucun bruit et personne n'était visible à travers l'entrebâillement de la porte. L'odeur merveilleuse de bacon flotta jusqu'à son nez et son estomac gargouilla. Il marcha maladroitement dans la pièce en regardant tout autour de lui. Cheveux Blonds apparut de la salle à manger, marcha vers lui et Kili recula pour s'éloigner du Firebeard, se heurtant alors au mur, ses muscles se contractant contre leur mauvais traitement. Il chercha une arme avec ses yeux mais ne trouva rien et fut pris au piège par le nain.

Cheveux Blonds renifla l'air et fronça les sourcils avant d'attraper Kili par l'épaule pour le diriger vers l'une des autres portes fermées. Le cœur du brun s'accéléra et il essaya de se libérer mais la main le tenait fermement, bien que pas trop fort. La porte fut ouverte ; à l'intérieur était des toilettes et un bassin remplis d'eau. Le Firebeard laissa alors Kili seul pour qu'il puisse se soulager.

Une fois fini, il sortit et Cheveux Blonds le prit une nouvelle fois par le bras pour le diriger vers une autre pièce. Celle ci contenait une grande baignoire en pierre lisse et de l'eau coulait le long du mur de pierre jusque dans un trou plus bas. Cheveux Blonds plaça un bâton de bois creusé dans le canal pour rediriger l'écoulement de l'eau dans la baignoire. Kili avança curieusement et glissa un doigt dans l'eau ; elle était merveilleusement chaude. Comme à Erebor, des sources chaudes s'écoulaient à travers la montagne et une simple déviation d'eau pouvait signifier un bain chaud. Erebor était remplis de bains publics et pourtant, même Kili n'avait pas son propre bain. Seul son oncle, le Roi, avait cet honneur. Kili sentit qu'on lui soulevait sa tunique et s'écarta sur le côté, loin de Cheveux Blonds, tirant à nouveau le tissu sur lui. Il fixa le nain, rencontrant des yeux bleus lumineux qui le regardèrent avec frustration et préoccupation. Le Firebeard fit un pas en arrière en levant les mains devant lui puis sortit de la pièce. Kili regarda à nouveau la baignoire qui se remplissait doucement puis se déshabilla. Il glissa dans l'eau chaude et agréable, s'assit et fermi les yeux. L'eau roula contre sa peau et il respira profondément. Il eut l'impression qu'il pourrait à nouveau s'endormir même s'il était debout depuis seulement vingt minutes.

Cheveux Blonds revint avec une brosse et un savon qu'il plaça sur le rebord. Ses yeux se fixèrent sur Kili qui ne se préoccupa pas de lui, confortablement installé dans ce chaud bonheur aquatique. Il ramassa les vêtements souillés du jeune nain et sortit à nouveau de la pièce.

- Attends ! L'appela Kili en réalisant qu'il était laissé sans aucun vêtement pour se couvrir.

Son inquiétude dériva au loin quand l'eau finit de le couvrir totalement, les vêtements oubliés pour le moment.

Il retira le bâton quand la baignoire eut finit de se remplir. Le bain relaxa son corps endommagé et il glissa vers le fond, fermant une nouvelle fois les yeux. Ses muscles étaient endoloris par les semaines de confinement dans la cage aux cochons et d'inactivité et il se languissait de pouvoir à nouveau prendre son arc pour chasser. Il devait s'échapper, le lit moelleux et le bain chaud ne rattraperait pas un mois de cruautés. Il savait que ses chances étaient désormais peu probables. Le passage dans la montagne devait être bloqué et son oncle ne serait pas capable d'aller plus au nord avant le printemps. Et même ici, il devrait retrouver Kili dans cette étendue sauvage remplie de nombreux villages Firebeards. Le brun ouvrit ses yeux, déterminé à retrouver ses forces et s'échapper pour entreprendre son propre chemin du retour vers le sud. Le passage dans la montagne était en pente plus au sud et, en raquettes, il pourrait éventuellement traverser seul.

La porte s'ouvrit, faisant sursauter Kili. Cheveux Blonds rentra en portant plusieurs vêtements et le jeune nain l'observa attentivement. Il était habillé de fourrures taillées à sa taille, le brun naturel coloré d'une douce teinte rouge. Ses cheveux de couleur or étaient tressés en quatre tresse autour de ses oreilles et ses yeux étaient d'une nuance de bleu frappante. Au dessus de l'un d'eux était le tatouage du cercle rouge enflammé. Il rencontra les yeux de Kili et pointa la porte, prononçant quelques mots dénués de sens dans son propre langage avant de ressortir. Kili termina de se laver, observant l'eau devenir brun boueux puis se releva et se sécha. Il s'assit et commença de s'occuper des vêtements ; ils étaient bien plus chauds que ceux auxquels il était habitué mais étaient parfaitement adaptés au climat du nord. Il glissa dans le pantalon de cuir qui était trop large et trop long. Une ceinture était posée dans la pile et il la passa au dessus du vêtement, la sanglant en espérant qu'elle tiendrait son pantalon. Une longue tunique suivait, bien trop grande et glissant de ses épaules. Les Firebeards étaient un peuple de fortes et larges carrures et le corps de Kili était lui considéré mince pour un nain Longbeard. Il y avait aussi des bottes dédoublées et il glissa à l'intérieur ; elles lui allait bien mieux que les autres habits et feraient l'affaire. Il se releva, se sentant comme un enfant dans le costume d'un adulte.

Habillé des vêtements du Firebeard, Kili pénétra dans la pièce principale. Cheveux Blonds était assit à la table entrain de manger un repas composé d'œufs, de bacon et de pain. En face de lui était posé une autre assiette. Il leva les yeux puis fit signe à Kili de s'asseoir et manger. Prudent, Kili avança doucement puis s'assit pour manger son repas avec soulagement. Alors qu'il terminait, il entendit du bruit dans la cuisine et leva les yeux mais ne vit rien. Cheveux Blonds avait lui aussi finit son repas et était assit, fixant Kili. Intimidé, celui ci regarda à la place son assiette vide. Ses épaules s'affaissèrent et il se demanda qu'est-ce que le Firebeard attendait de lui. La peur tordit son estomac, menaçant de lui faire rendre son petit déjeuner.

- Kinra su sha ?

Kili leva les yeux. C'était définitivement une question. Il regarda nerveusement sur le côté et son estomac se tordit alors que son anxiété déferlait à l'intérieur de lui même.

- Kinra su sha ?

- Je ne comprend pas, répondit Kili se sentant presque malade. Je suis désolé, je ne sais pas ce que tu veux.

Une voix agréable se fit alors entendre de la porte de la cuisine :

- Il veut savoir quel est ton nom, traduisit-elle.

Les yeux de Kili se relevèrent précipitamment ; les paroles étaient les premières dans le langage courant qu'il entendait depuis que Dwalin lui avait dit de courir. Ce n'était pas un nain ; celui qui venait de parler était plus petit que Kili, avec des cheveux bouclés et de larges pieds nus. Un hobbit. Le jeune nain le fixa avec surprise, une vingtaine de question à l'esprit mais incapable d'en prononcer une.

- Ce serait malpoli de ne pas répondre à ton hôte, souligna le hobbit, appuyé contre l'embrasure de la porte et croisant les bras.

Kili se retourna vers Cheveux Blonds.

- Euh, Kili. Mon nom est Kili.

Cheveux Blonds le fixa avec choc et envoya soudainement le banc en arrière quand il se releva pour regarder Kili de haut.

- Gravya kinra met su sha ! Krin ven ack lon ! Dror !

Kili se recroquevilla sous le nain indéniablement en colère et leva les mains pour se protéger.

- Qu'est-ce que j'ai fais ? Demanda-t-il confus en se tournant vers le hobbit tout en gardant un œil sur le Firebeard fâché.

Le hobbit quitta sa place pour venir poser doucement une main sur le bras de Cheveux Blonds et lui parler dans le langage des Firebeards. Cheveux Blonds répondit de son intonation toujours furieuse. Kili entendit son prénom être mentionné deux fois et le hobbit secoua la tête en regagnant l'entrebâillement de la porte.

- Il dit qu'il ne peut pas t'appeler Kili. Quels autres noms as-tu ?

- Kili est mon nom, répondit-il confus, se tournant vers Cheveux Blonds qui lui lançait un regard noir, ses mains refermées le long de son corps dans des poings furieux.

Pourquoi ne voulait-il pas entendre son nom ?

- Alors je te suggère de choisir quelque chose d'autre qu'il ne te dérange pas d'entendre.

Le ton du hobbit était léger, dénué de peur.

- Euh…Raven ? Mon oncle avait l'habitude de m'appeler son petit Raven.

Cheveux Blonds se tourna vers le hobbit pour une traduction et celui ci s'exécuta avant de retourner dans la cuisine.

- Rah-ven, dit Cheveux Blonds, regardant Kili et testant le nom.

- Ray-ven

- Rah-ven

- Ca fera l'affaire.

Kili se releva de la table et Cheveux Blonds le regarda faire sans interférer. Kili était bien plus intéressé par le hobbit et bien plus que soulagé d'avoir quelqu'un avec qui il puisse parler. Il alla dans la cuisine, jetant un œil au large espace. L'espace de la cuisine comportait une cheminée, des casseroles, des couteaux et un grand garde-manger ouvert remplit de nourriture. Le brun regarda la nourriture avec ébahissement ; il ne s'était pas attendu à une telle variété dans cette ville de barbare. Il semblait faire bien trop froid pour faire pousser la plupart des légumes et des fruits placés dans ces boites. Il se tourna, regardant le hobbit peler et couper des pommes de terres pour les jeter ensuite dans une marmite pleine d'eau.

Kili le rejoignit et s'appuya contre le comptoir, ses jambes étant toujours peu stables.

- Comment est-ce que je peux t'appeler et comment t'es tu retrouvé à vivre dans un village de Firebeard ?

- Mon nom est Bilbo, répondit-il, et je suis arrivée ici de la même manière que toi, comme un esclave, capturé lors d'un raid.

- Nous sommes des esclaves ?

- Qu'est-ce que tu pensais que nous pouvions bien être ?

Bilbo était amusé.

- Je – Je ne sais pas. Je n'y ai pas vraiment réfléchit, j'imagine. Qu'est-ce qu'il attend de moi ?

- Je n'en ai aucune idée, Raven.

- Tu pourrais m'appeler Kili ? Je préfèrerais.

Bilbo arrêta ce qu'il faisait avec la nourriture et se tourna en direction de Kili. Le jeune nain aux cheveux noirs était pale, avait des grands yeux et était probablement désemparé. Bilbo soupira et se rappela de ses premières semaines en captivité il y a si longtemps.

- Très bien, Kili. Mais seulement quand il n'est pas entrain d'écouter.

- Qui est-il ?

Bilbo arrêta de peler sa pomme de terre et la posa ainsi que le couteau pour marcher vers l'entrebâillement de la porte et scruter à l'extérieur. Kili le suivit pour observer le Firebeard un peu plus loin. Cheveux Blonds était sur une chaise près du feu, une bande de cuire dans les mains qu'il était entrain de coudre, la tête basse et ses tresses d'or chutant en avant alors qu'il travaillait.

- Ça, Kili, c'est notre maitre. Son nom est Fili.

Le nain se recula et fixa Bilbo, sa voix à peine plus haute qu'un murmure quand il inspira :

- Fili ? Comment est-ce que c'est possible ?

- Je ne sais pas, j'ai des suspicions mais c'est un sujet pour un autre jour. Je suppose que c'est la raison pour laquelle il ne souhaite pas t'appeler Kili. Tu peux l'appeler Fili quand tu es à la maison ou loin des oreilles des autres. Mais devant les autres nains tu dois l'appeler Urku Fili ou simplement Urku.

- Qu'est-ce que ca veut dire ?

Kili se retourna, faisant inconsciemment courir ses doigts le long de son bras.

- Maitre.

La prochaine question de Kili resta bloquée dans sa gorge et il fixa le sol, se serrant maintenant entre ses bras. L'idée même d'appartenir à quelqu'un le rendait furieux. Seuls ceux qui étaient cruels avaient des esclaves. Il voulait désespérément partir, mais où irait-il ? Il avala sa salive et retrouva sa voix.

- Depuis combien de temps est-il ton maitre ?

- Seulement depuis cinq ans maintenant, répondit Bilbo alors qu'il retournait son attention sur ses pommes de terres. Avant lui, son père a été mon maitre pendant presque trente ans.

- Tu es ici depuis trente-cinq ans ?

- Oui, Kili.

Le hobbit jeta une nouvelle pomme de terre dans la marmite.

Kili le regarda avec incrédulité. Il n'avait pas beaucoup plus de 70 ans et ne pouvait pas imaginer la moitié de sa vie en captivité. Le hobbit était détendu, s'occupant de son travail et parlant de tout cela nonchalamment. Il était habitué à cette vie et Kili se promit alors qu'il ne s'autoriserait jamais de s'en satisfaire. Il retournerait à Erebor.

- Pourquoi est-ce que tu ne t'es pas échappé ? Pourquoi s'autoriser à demeurer esclave dans cet endroit pendant si longtemps ?

Bilbo claqua violemment le couteau sur le comptoir, surprenant Kili.

- M'autoriser ? Tu penses que je ne rentrerais pas chez moi si je le pouvais ? Mais dis moi Kili, comment irais-je jusque là ? Je ne suis pas un guerrier. Je suis juste un satané bon jardinier et cuisinier et j'aurais plutôt tendance à me faire reprendre par un autre Firebeard si j'essayais de m'échapper. D'autres esclaves du village arrivent et repartent mais pour la pluparts, ils repartent. Les esclaves qui s'échappent et sont capturés ne survivent habituellement, et heureusement pour eux, pas à leur punition. Je n'ai jamais vu un autre survivre plus d'un an ici !

La voix de Bilbo s'éleva dans un cri et Kili réalisa qu'il avait offensé et irrité le hobbit. Bilbo retourna à ses pommes de terre, ses mouvements rapides et énervés, tranchant et grommelant en même temps qu'il travaillait.

Kili traversa la pièce pour se tenir à côté de Bilbo et se saisir d'un couteau pour ensuite attraper une pomme de terre et commencer de la peler, espérant que son aide silencieuse serait appréciée.

- Je suis désolé, dit-il. Je suis juste… Je ne suis juste pas encore certain de comprendre ce qui est entrain de m'arriver et j'ai besoin d'apprendre tout ce que je peux. Je ne vais pas –

Deux bras passèrent autour de Kili et des mains fermes attrapèrent ses poignets. Celle sur son poignet droit, celle qui tenait le couteau, dirigea sa main vers la planche à découper et la secoua jusqu'à ce qu'il le lâche. Fili l'entraina ensuite vers l'arrière de la cuisine avant de le relâcher. Il se tint devant Kili et lui prit la pomme de terre des mains.

- Rin fa ne shinshosa mat vu.

- Il a dit que tu ne devais pas toucher aux couteaux, traduisit nonchalamment Bilbo.

- Rin fa Bilbo ken min va !

Le visage de Bilbo fondit avec un sourire doux.

- Et que tu ne dois pas m'embêter.

Kili regarda nerveusement Fili et Bilbo tour à tour, levant ses mains en signe de défense.

- Je suis désolé, dit-il, je ne voulais pas te contrarier. Je voulais seulement aider. Et je suis juste curieux.

Effrayé aurait été plus approprié. Il avait peur mais ne voulait pas l'admettre.

Bilbo murmura quelque chose à Fili qui se dirigea dans une autre pièce tout en lançant un regard perçant au brun en passant près de lui.

- Pourquoi sommes nous là Bilbo ?

Kili s'éloigna au plus loin des couteaux et s'assit sur un tabouret.

- Je suis ici pour cuisiner, jardiner et m'occuper du bétail de Fili. Et je suis très bon à ça, répondit le hobbit avec une pointe de fierté alors qu'il collectait les pelures de pommes de terre pour les jeter dans un seau de bois. Et c'est pourquoi les autres Firebeards me traitent mieux que la plupart des esclaves ; Fili échange de la nourriture supplémentaire en échange d'objets pour notre foyer. Je suis assez précieux pour la tribu grâce à mon habilité à pouvoir jardiner et cuisiner quelque chose de décent dans ce climat. Ils sont toujours désagréables avec moi… mais je pense qu'aucun d'eux ne chercheraient à me faire du mal de façon permanente maintenant.

Kili hoqueta.

- De façon permanente ? Ils te font toujours du mal ?

- Ils adorent vanter leur statut et rang devant les autres. Les plus âgés du village persécutent les leaders de patrouille les leaders de patrouille persécutent leur subordonnés et les subordonnés persécutent ceux qui reste dans le village. Les enfants persécutent les autres enfants, les femmes les autres femmes… Et tous persécutent les esclaves. Ils te pousseront à bout, t'insulteront et te menaceront. Certains iront même jusqu'à te faire du mal, de petites coupures ou des doigts brisés. Mais cependant, aussi longtemps que tu appartiendras à Fili, ils ne devraient pas te faire trop de mal. Il n'est pas très apprécié dernièrement, mais il est respecté. Et c'est un excellent guerrier.

Kili hocha la tête tout en jouant avec un fil lâche de sa tunique surdimensionnée. Elle glissa de son épaule et il la repositionna en place.

- Qu'est-ce qu'il attend que je fasse ?

Bilbo se saisit de la planche pour faire glisser plus de pomme de terre dans la grosse marmite.

- Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu avais l'habitude de faire avant de te retrouver ici ?

- Je me suis entrainé pour devenir un guerrier et je m'occupais de patrouilles autour de chez nous.

Kili tendit le cou pour regarder à l'intérieur de la marmite mais n'aperçut rien et ne voulut pas prendre le risque d'effrayer une nouvelle fois le hobbit. Bilbo serait une source d'information inestimable quand il serait assez fort pour organiser son évasion.

- Eh bien. Ils n'attendent certainement pas d'un esclave qu'il soit un guerrier, déclara Bilbo tout en glissant une louche dans la marmite. Tu vas devoir lui demander.

- Mais il ne parle pas la langue courante, répondit le nain. Est-ce que tu peux lui demander pour moi ? S'il te plait ?

- Bon. J'ai finis ici, je vais aller lui parler. Il va bientôt falloir aller s'assurer que tout vas bien avec le bétail, ajouta Bilbo. Il voudra probablement t'emmener avec nous.

Kili s'appuya contre le mur et bailla, regardant autour de lui dans la cuisine bien ordonnée.

- Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour aider ?

- Tu as l'air épuisé, Kili. Tu devrais te reposer. C'est seulement ton premier jour ici et je sais par expérience que le voyage n'a probablement pas été plaisant.

Bilbo reposa son couteau.

- Viens.

Il se saisit du bras de Kili et le tira à travers la salle à manger, parlant à Fili dans la langue des Firebeards.

Le blond posa son travail sur le côté, hocha la tête et s'empara doucement du bras de Kili pour le guider en direction de la chambre avec le grand lit couvert de fourrure. Le brun ne voulait pas dormir. Il voulait apprendre mais son corps le trahit et il trébucha alors qu'ils marchaient. Fili amena Kili du côté du lit opposé à la porte, tirant les fourrures jusqu'à ce qu'il se soit assit et ait retiré ses bottes. Le brun remarqua que les fourrures de la nuit précédente n'étaient plus là, probablement salies par ses anciens vêtements. Il s'allongea sur le lit et le guerrier Firebeard se pencha au dessus de lui pour le border comme il l'aurait fait avec un jeune enfant. Kili le regarda curieusement alors qu'il s'assurait que les fourrures étaient bien bordées tout autour du jeune prince avant d'en poser une nouvelle au dessus de lui. La chaleur enveloppa le jeune nain et ses yeux s'alourdirent une fois de plus.

- Rah-ven krin riana ben tuatu, prononça Fili en le regardant.

Il tendit alors une main et écarta doucement les cheveux de Kili hors de son visage.

- Rah-ven.

Kili glissa dans le sommeil, se sentant étrangement réconforté par la présence de ce Firebeard qui le retenait captif.


Notes : Encore une fois, j'ai décidé de ne pas traduire un nom anglais en français. Le surnom de Kili, raven, signifie corbeau. Non seulement je n'aime en général pas traduire les noms, prénoms etc… mais en plus, je trouvais que c'était mieux de laisser Raven (phonétique Rayven, donc) plutôt que Corbeau.

Merci pour vos reviews ! Encore une fois, je suis contente de voir votre enthousiasme et de savoir que l'histoire vous plait autant qu'elle m'a plu !