Ce premier soir là, le trio ne vérifia pas le bétail ou du moins, pas avec Kili qui se releva seulement tard dans la soirée. Ils partagèrent ensuite le souper et le brun fut une nouvelle fois au lit. Toute une semaine il lutta pour se tenir debout et marcher sur de plus longues durées; il se fatiguait rapidement mais Fili le surveillait attentivement. Le jeune prince n'avait qu'à commencer de cligner des paupières ou à trébucher pour rapidement se retrouver emporté dans la chambre en dépit de ses protestations. Le Firebeard était strict et quand Kili commença de résister physiquement pour ne pas être emporté au lit, Bilbo du concocter un thé aux herbes que Fili le forçait à boire et qui relâchait alors ses muscles jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se contrôler. Il s'affalait mollement devant la cheminée de la pièce principale et Fili le portait ensuite jusqu'à la chambre où il fixait la porte jusqu'à ce qu'il tombe dans un sommeil dénué de rêves. Kili commença de ressentir les compétences du hobbit avec les herbes quand il se réveilla tout groggy après un de ses sommeils provoqués par le thé. Il ne blâma pas Bilbo. Non, la faute était celle de Fili. Sa vie n'était plus la sienne et la présence constante du Firebeard le surveillant, le forçant à boire le thé et le rapportant dans la chambre lui rappelait quotidiennement.
Lors de la première semaine, ses journées étaient courtes et ennuyeuses. Quand il était réveillé, il restait dans la cuisine avec Bilbo presque toute la journée alors que Fili était souvent assit dans le salon entrain de faire de la maroquinerie, les épiant tout les deux attentivement. Dans la soirée, ils se réunissaient dans la pièce commune où Bilbo et Fili discutaient en Firebeard, alors que l'esprit de Kili dérivait jusqu'à chez lui tout en observant le feu crépiter.
Le jeune nain se réveilla sur un matin particulièrement froid et se débattit pour écarter les fourrures de son corps. Fili faisait toujours en sorte qu'elles soient étroitement enroulées et bordées autour de lui. Finalement il réussi à les repousser sur le côté et s'assit sur le lit. Il se sentait mieux qu'il ne s'était sentit en des semaines, ses membres étaient bien plus forts. Il se leva, puis s'étira. Des pointes de douleurs picotèrent alors ses muscles et il tressaillit, arrêta de s'étirer puis sortit de la chambre. Fili était assit sur une chaise, Bilbo à ses côtés. Ils bavardaient tout les deux, le blond rigolant occasionnellement. Dans sa gaieté son nez se plissa et Kili se retrouva presque à sourire ; le Firebeard était magnifique quand il était heureux. Mais les rires des Firebeards lors du trajet ressurgirent dans son esprit et il décida qu'il ne se permettrait pas de voir Fili de cette façon. Il se détourna.
Bilbo le remarqua et après avoir vu les yeux du hobbit se lever, Fili se retourna. Ils échangèrent ensuite quelques mots avant que Bilbo ne se relève pour aller dans la cuisine. Le Firebeard frôla Kili quand il passa à côté de lui, le laissant tout seul dans la pièce. Les yeux du jeune nain furent alors attirés par la petite table à côté de la chaise de Fili où étaient posés des outils en métal et en cuir. Ses yeux se plissèrent sur un petit outil métallique tranchant. Il leva la tête. Fili était devant lui, tenant ses bottes et le scrutant attentivement. Le Firebeard lui tendit et Kili s'assit sur le banc pour les enfiler avant de le sentir s'asseoir à coté de lui avec quelques objets dans les mains. Le brun se crispa et regarda Bilbo circuler. À sa plus grande surprise celui-ci ne fut pas intrigué sur les intentions du Firebeard. Fili lui prit alors le poignet et enroula une petite bande de cuir souple tout autour avant de coudre les deux extrémités ensemble. Les bandes de cuir apparurent comme étant ornementales et de haute qualité. Une fois qu'il eut finit avec un poignet, il saisit le deuxième et commença d'y appliquer le même traitement.
Bilbo sortit de la cuisine en portant un grand sac sur ses épaules qu'il posa à terre avant de se diriger vers une étagère où il y prit des menottes en métal et un collier. Bouche bé, Kili le regarda mettre les menottes autour de ses poignets et sortir une petite clé pour les verrouiller. Il ramassa ensuite le collier et le referma autour de sa gorge, le verrouillant lui aussi en place avant d'enfiler son manteau de fourrure et de ramasser le sac.
Kili sursauta quand Fili enroula soudainement une autre bande de cuir autour de sa gorge et commença de la coudre. C'était tolérable autour des poignets, mais l'idée d'en avoir une autour de la gorge l'effraya. Il se recula et leva les mains pour maintenir Fili au loin.
- Qu'est-ce qu'il fait ? Demanda-t-il en regardant Bilbo.
Fili gronda et attrapa le bras de Kili pour le tirer à nouveau vers lui mais le jeune prince tomba du banc quand il se tortilla pour lui échapper. Le blond se tourna alors lui aussi vers Bilbo en quête d'aide.
- Ah. Laisse-le faire, dit celui-ci en aidant Kili à se relever.
Il fit glisser ses menottes sur le côté pour montrer au nain les bandes de cuire autour de ses propres poignets.
- C'est pour protéger ta peau du métal, expliqua-t-il, j'en ai aussi. Laisse-le faire.
Kili se rassit à côté de Fili, inclinant la tête sur le côté et évitant ses yeux. D'une certaine manière le Firebeard l'effrayait toujours un peu, son tempérament vif et facilement irritable resurgissant de temps à autre.
- Pourquoi devons nous porter ces entraves de métal ? Demanda Kili en essayant de ne pas bouger alors que Fili cousait le cuir autour de son cou.
- Si tu n'es pas de la tribu, alors tu peux être réclamé comme esclave par n'importe qui, expliqua-t-il, à moins que tu aies déjà été réclamé, ce que les autres peuvent voir si tu portes le collier et les menottes. Je les enfile quand je quitte la maison et les enlève quand je rentre. Fili m'a donné la clé. Ce n'est pas lourd mais fin et d'un alliage léger. Je suis sûr qu'il en fera fabriquer d'aussi légères pour toi dès qu'il le pourra.
- Je ne compte pas rester ici suffisamment longtemps pour avoir mon propre collier fait sur mesure, dit Kili. Je ne serais pas un esclave.
Bilbo l'ignora et se leva pour apporter à Fili les entraves qu'ils avaient donné au brun lors de son arrivé. Le Firebeard les tint devant Kili tout en lui donnant un long regard significatif afin de lui exprimer son mécontentement d'avoir à lui remettre. Kili détourna le regard. Il était toujours un captif et le cuir et le métal ne faisaient que le lui rappeler.
Une fois que le cuir doux fut en place, Fili leva le collier de fer et le referma autour du cou de Kili. Il plaça une main sur son épaule et attrapa son menton afin de capturer ses yeux et lui donner un nouveau regard éloquent pour lui dire qu'il était désolé. Le jeune nain hocha doucement la tête, toujours inconfortable d'être rappelé de sa condition puis tendit les poignets pour que Fili puisse lui passer les menottes. Assit sur le banc, le brun fixa le métal froid. Erebor, son oncle, Dwalin et tout ceux qu'il connaissait était désormais bien loin de l'autre côté du passage dans la montagne. Il n'avait plus que lui même et devrait survivre jusqu'à ce que la neige fonde et que le passage soit à nouveau praticable. La peur et la solitude déferlèrent en lui et il abaissa la tête en direction de ses mains.
- Rah-ven.
La voix de Fili était inquiète et un bras s'enroula autour de ses épaules pour le tirer en arrière.
- Rah-ven ?
Kili leva les yeux sur lui, des larmes agglomérées dans les yeux. Il se sentit presque mal de l'inquiéter mais après tout, il était celui qui le retenait prisonnier et loin de sa famille. Celui que Kili devait appeler Urku. Maitre. Fili prononça quelques mots dans sa langue et le jeune prince entendit plusieurs fois le surnom que lui avait donné son oncle.
- Il veut savoir si tu es malade ou si tu viens toujours avec nous pour s'occuper du bétail et du jardin, dit alors doucement Bilbo.
- Je ne suis pas malade, murmura Kili, honteux d'avoir montré ses émotions. Je vais venir, je ne veux pas rester ici. Je veux voir où…où je dois vivre jusqu'à ce que l'on vienne à mon secours ou que je ne m'échappe.
Le Firebeard se tourna vers Bilbo pour avoir la traduction et celui-ci lui répondit bien que Kili se douta qu'il n'avait pas tout traduit.
- J'ai dit à Fili que tu souhaitais venir avec nous mais que tu étais toujours fatigué et désorienté. Tu ne dois pas penser à un sauvetage ou une évasion, Kili. Personne n'a été secourue ou n'a pu s'échapper. Je pense que tu découvriras que tu peux correctement survivre ici si tu t'autorises à t'adapter à cet endroit.
Kili secoua négativement la tête. Fili revint ensuite avec un grand manteau de fourrure et aida le jeune nain à glisser ses bras à l'intérieur puis le contourna pour refermer les liens, s'assurant que le collier était clairement visible. Il les conduisit à l'extérieur puis se retourna pour fermer la porte et la verrouiller. Il marcha en avant, ses deux esclaves derrière lui. Kili remarqua alors avec surprise que Bilbo ne portait toujours pas de chaussure et que ses pieds étaient directement dans la neige.
- Tu n'as pas froid aux pieds, Bilbo ?
Le hobbit secoua la tête :
- Nous les hobbits, avons les pieds les plus robustes de toute la Terre du Milieu. Nous pouvons résister à toutes sortes de températures et environnements. Alors oui, ils sont froids, mais je peux le supporter, sourit-il en déplaçant le sac sur son épaule.
Ils traversèrent le village et atteignirent une place près du centre, juste devant les portes massives dans la montagne. Un obélisque de pierre était au milieu avec des anneaux de fer suspendus au sommet et des visages de nains taillés dans la pierre. Kili s'arrêta et le regarda curieusement. Quelles histoires racontaient ces images ? Est-ce que les Firebeard avait une histoire en dehors de leur tueries et pillages ?
- Grati.
Une des mains de Fili se posa dans son dos pour le pousser le long d'un chemin entre les maisons de bois et de pierres. Des poules et des cochons étaient parqués près des portes des habitations et des peaux, de la viande séchée et des fourrures étaient accroché à l'extérieur. Des Firebeards circulaient, s'occupant de leurs propres affaires. Il vit aussi des épouses, s'occupant du bétail et des enfants entrain de jouer. Alors que certains ne lui prêtèrent pas attention, d'autres au contraire le fixèrent. Un petit nain, pas plus âgé de dix ans accourut auprès de Fili et bloqua son chemin. Il posa une question tout en fixant et montrant Kili du doigt.
Celui-ci jeta un coup d'œil à Bilbo qui avait un petit sourire sur le visage.
- Le petit garçon a demandé à Urku Fili si tes cheveux étaient réels. Les Firebeards n'ont pas l'habitude de voir des nains avec les cheveux noirs. Ca fait longtemps maintenant qu'un esclave aux cheveux noirs n'a pas vécu ici. Il veut savoir s'il peut les toucher.
Kili observa l'enfant qui se tenait debout avec ses bras croisé dans le dos en le fixant. Il se tourna finalement vers Fili et hocha doucement la tête, incertain de ce qu'il devait faire. Le blond attrapa le petit garçon et le souleva dans ses bras tout en lui parlant alors que celui-ci tendait une main pour saisir une poignée des cheveux de Kili et tirer doucement dessus. Fili parla à nouveau à l'enfant.
- Urku Fili lui a dit de ne pas tirer. Il lui dit que tu viens du sud, là où les gens ont les cheveux noirs et aussi que tu es quelqu'un de bien qui va rester dans le village avec nous et qu'on doit donc te traiter gentiment.
Fili reposa le petit garçon au sol qui courut au loin en rigolant. Kili jeta un nouveau coup d'œil au Firebeard qui semblait satisfait de la réaction de l'enfant.
Le trio progressa à travers le village et arriva finalement sur son rebord, près d'un maison. Fili frappa à la porte et un Firebeard avec une énorme et orange, rouge barbe bouclée ouvrit la porte. Il salua bruyamment Fili et le fit rentrer lui ainsi que ses deux esclaves à l'intérieur. La première pièce était remplie de métal et une enclume trônait en son centre alors que divers instruments étaient accrochés dans la salle. Kili réalisa qu'ils étaient dans une forge. Le forgeron continua de bavarder avec Fili et Kili le regarda, observant les petites boucles métalliques qui ornaient sa barbe, ses oreilles et son nez. Elles étaient toutes d'un design complexe et unique. Le nain avait le haut du crane chauve mais sa barbe compensait le reste. Le brun réalisa soudainement que le nain était entrain de le regarder et celui-ci le gifla alors au visage, des mots de colère jaillissant de sa bouche. Il trébucha en arrière contre la porte, levant une main choquée pour toucher son visage.
Fili se précipita rapidement entre lui et le forgeron, plaçant un bras contre celui-ci pour le retenir.
- Rin fa nen a tu Rah-ven !
Il se retourna et le poussa sur l'épaule en direction de Bilbo qui murmura à son oreille alors qu'il l'aidait à se tenir debout :
- Garde les yeux et la tête au sol jusqu'à ce que tu aies la permission de le regarder. Ne parle pas à moins qu'on te pose une question. Les esclaves ont une étiquette à suivre.
- Une étiquette ? La main de Kili parcouru sa joue douloureuse. Quel genre d'étiquette était-ce que cela ?
- Silence, murmura Bilbo, les yeux au sol, le visage au sol et ne dis rien. Je t'expliquerais plus tard.
Kili se redressa et regarda le sol pour éviter d'être battu une nouvelle fois. Il maintint ses yeux sur les bottes de Fili, regardant celui reposer son poids d'un pied à l'autre. Les deux Firebeards parlèrent encore quelques minutes puis la main de Fili fut une nouvelle fois sous son menton pour lever sa tête. Effrayé, Kili dirigea son regard sur le côté pour éviter d'avoir à regarder en face de lui le forgeron ou son maitre. Le blond montra le collier du jeune nain puis leva ses poignets pour ensuite faire doucement tourner les menottes. Les deux nains se déplacèrent ensuite près de Bilbo pour regarder ses entraves.
Kili retourna à son observation des bottes de Fili et après de nouvelles minutes de discussion ils ressortirent dans l'air froid de cette fin d'automne.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-il une fois qu'ils furent loin des oreilles indiscrètes des autres Firebeards.
- Fili vient juste de t'acheter un nouveau collier et de nouvelles menottes, répondit Bilbo. Dès qui ne sont pas de fer mais bien plus légères. Maintenant nous allons chez le tailleur. Tu es bien plus mince qu'un Firebeard et il veut trouver des vêtements qui te conviendront.
Le brun regarda Fili avec étonnement mais était cependant reconnaissant qu'il prenne le temps de lui trouver des vêtements confortables. Le blond aperçut son regard et Kili se surprit à sourire pendant un instant avant de détourner les yeux vers le sol. Il n'aperçut pas l'étincelle qui traversa les yeux du Firebeard.
Ils continuèrent de traverser le village et Kili remarqua soudainement un frêle et mince nain derrière une maison entrain de s'occuper des cochons. Evidemment, Fili et Bilbo le remarquèrent aussi. Le blond poussa le hobbit en avant de son coude alors que lui même restait sur le chemin, une main sur l'épaule de Kili pour le garder en place tout en regardant ailleurs. Montant la garde. Bilbo s'avança vers le nain et chuchota à son oreille alors que celui-ci se retournait pour regarder Fili. Le nain sourit avant d'incliner la tête et c'est seulement que Kili aperçut un collier de métal autour du coup du vieillard. Il n'avait aucune fourrure sur lui, seulement des vêtements en cuire et le jeune nain remarqua alors comme il tremblait dans le froid. Le hobbit plongea la main dans le sac de cuire qu'il portait et en sortit un petit pain et des tranches de viande. Il les donna à l'esclave qui fourra la viande dans sa tunique et dévora rapidement le pain. Fili sourit et Bilbo retourna à ses côtés avant que le trio ne reprenne son chemin.
La maison qu'ils cherchaient était bien aménagée avec un tissu brodé sur la fenêtre ainsi qu'un nouveau toit. Encore une fois, Fili toqua et garda ses esclaves l'un à côté de l'autre, juste derrière lui. Bilbo baisa la tête et Kili en fit autant. La porte s'ouvrit et le Firebeard salua bruyamment Fili comme semblait en être la coutume. Le blond fit un pas en arrière et cette fois-ci poussa ses esclaves devant lui. Le tailleur avait une petite barbe avec des tresses complexes sur les côtés qui formaient une boucle dans ses cheveux jusque derrière son crane. Kili réalisa soudainement qu'il avait les yeux levés et redirigea son regard vers le sol. Il détestait cela. Il savait qu'il n'était pas un esclave et devrait normalement tenir sa tête haute.
Cependant, la douleur sur sa joue et le fer lourd appuyant sa situation lui disaient de garder la tête courbée. Les mains de Fili se posèrent sur ses épaules pour lui retirer la fourrure et il lui jeta alors un curieux coup d'œil. Son expression lui indiqua que tout allait bien alors il releva la tête et aperçut Bilbo entrain de déposer son sac et retirer sa fourrure. Le tailleur approcha Kili, souleva ses bras et le mesura avec une petite corde à nœuds puis fit de même sur le reste de son corps. Ses mains étaient rêches et rapide mais pas cruelles. Quand il eut finit, il ébouriffa les cheveux du brun et rigola alors qu'il continuait de discuter avec Fili. Kili regarda Bilbo, remarquant que celui-ci avait la tête levée et regardait calmement autour de lui. Il fit de même et aperçut le tailleur déjà entrain de s'occuper de cuir et de fourrures tout en utilisant sa corde à nœuds et un couteau pour commencer de couper des formes dans les matériaux.
Fili parla à Bilbo puis s'assit à la table à côté du tailleur tout en continuant de lui parler. Le hobbit sortit un nouveau petit pain et de la viande de son sac puis saisit le bras de Kili pour le tirer dans une pièce sur le côté. À l'intérieur se trouvait une jeune naine, enceinte jusqu'au cou. Elle avait des bandelettes de cuir autour de sa gorge et de ses poignets et Kili réalisa qu'elle aussi était une esclave. Bilbo lui parla mais elle resta simplement assise, fixant le mur d'un regard vide. Il déposa doucement le pain et la viande à côté de sa chaise puis s'assit en face d'elle. Kili se soulagea lui aussi de son poids sur une chaise à ses côtés.
- Qui est-elle ?
- Elle a été capturée l'été dernier, expliqua Bilbo, le tailleur, Nurek, l'a pris comme esclave sexuel. Elle porte son enfant. Cependant elle ne supporte pas très bien sa captivité. Esprit ailleurs, divagation et maintenant ça. Toujours silencieuse et qui ne répond plus. Nurek a peur qu'elle ne meurt et emporte le bébé avec elle avant qu'il ne soit né.
- Pourquoi ne pas la laisser partir ? Demanda Kili. Pour la sauver.
- Nurek est plus gentil que la plupart, mais il reste un Firebeard. De plus, il veut le bébé qui est dans son ventre. Il veut qu'elle élève cet enfant et il la gardera jusqu'à sa mort. Les Firebeard ne laissent pas partir les esclaves.
Bilbo s'approcha et plaça une main sur la joue de la naine. Sa tête bougea contre le contact mais ses yeux eux, ne bougèrent pas.
- Gildin, murmura-t-il, tu dois manger. Pour le bébé.
Elle ne répondit pas et Bilbo se rassit.
Kili baya et laissa sa tête se reposer contre la chaise. Il faisait chaud et la maison de ce tailleur était confortable. Il se sentait à l'aise. Cependant, la vue du vieillard dans le froid l'inquiétait et maintenant, ici était une jeune mère qui avait perdu tout espoir. Et pourtant, Bilbo était lui fort, confiant et en bonne santé.
- Bilbo, demanda-t-il silencieusement, pourquoi est-ce que tu nourris les autres esclaves ?
Le hobbit sourit tristement.
- Parce que la plupart du temps leurs maitres ne leur donne pas assez. Par chance, le vieillard dans le jardin est proche de la mort. Il a souffert suffisamment longtemps entre les mains de ses maitres. Il est sous alimenté et à moitié gelé. Il accueillera volontiers les bras de la mort. Mais Gildin… elle est mieux traitée que certain, bien qu'il ne lui montre pas d'amour. Il lui fait preuve de gentillesse mais elle aspire à de l'amour. Le nain qui a été abattu quand elle a été capturée lui manque.
Kili observa la jeune naine ; une larme coulait le long de sa joue. Mais elle n'avait toujours pas bougé.
- Fili n'approuve pas la manière dont les autres esclaves sont traités ainsi qu'une grande partie des pratiques associées à l'esclavage. C'est pour cela qu'il insiste pour que je cuisine et apporte du pain et de la viande à chaque fois que nous sortons. Il veut nourrir les autres esclaves, leur apporter un peu de réconfort.
- Il n'approuve pas l'esclavage ?
La voix de Kili gagna une octave et Bilbo secoua la tête avant de lui faire signe de baisser de volume.
- Comment peut-il ne pas approuver ? Il nous garde bien tout les deux !
- Je pense que tu te rendras compte qu'il est plutôt entrain de nous protéger, répliqua Bilbo. Bien qu'il doive respecter les coutumes de la tribu, Fili fera ce qu'il peut pour te protéger. Tu as de la chance qu'il t'aies choisit. Je suis plutôt surpris, ces nains ne prennent habituellement qu'un seul esclave à la fois. C'est la première fois que l'un d'eux en possède deux.
- Je me demande bien pourquoi il m'a choisit. Il ne l'a pas fait au début, Bilbo. Il est passé devant moi et a prit quelques cochons. Mais un autre nain allait m'emporter… un avec le visage brûlé. Il était brusque, m'a touché et m'a jeter à terre. Et puis Fili est revenu… et il a échangé tout ce qu'il avait prit… pour moi.
- Alors c'est pour ça qu'il est revenu à la maison avec seulement un nain sous alimenté, réfléchit Bilbo. J'ai entendu qu'il avait essayé de prendre un second esclave l'année dernière, mais les autres l'ont ridiculisé. Son oncle, le chef de la tribu, ne le permet pas. Je me demande pourquoi ils ont changé d'avis.
Kili secoua la tête.
- Je me demande seulement pourquoi il me voulait.
Par la porte il pouvait apercevoir Fili, assit entrain de boire dans un mug de bois et de discuter avec le tailleur pendant que celui-ci travaillait.
Le blond se tourna, rencontra les yeux de Kili et lui sourit. Le brun se détourna et se concentra une nouvelle fois sur Bilbo.
- Je commence à avoir faim et être fatigué, soupira-t-il, où est-ce qu'on doit aller encore ?
- Voir le bétail, mais nous pouvons être bref. Je ferais savoir à Fili comment tu te sens. Il a été très inquiet au sujet de ta santé.
Bilbo se releva de sa chaise, dépassa la naine enceinte et lui tapota amicalement l'épaule. Kili l'observa, prenant la résolution qu'il trouverait un chemin vers la liberté avant de finir dans un état similaire. Une fourrure chaude glissa sur ses épaules et il jeta un œil derrière lui pour y découvrir Fili. Il enfouit ses bras à l'intérieur pendant que Bilbo trouvait sa propre fourrure et attrapait son sac. Le tailleur leur fit signe de la main alors qu'ils repartaient et cette fois ci Bilbo prit le devant, se dirigeant vers les portes où Kili avait vu le bétail réunit dans plusieurs enclos. La fatigue le submergea rapidement et il dut lutter pour garder l'équilibre sur la neige glissante. La main de Fili se referma sur son bras, le tenant fermement mais doucement pour le tenir debout et il hocha alors la tête en direction du barbare. Les yeux de Fili brillèrent, se remplissant de joie et les coins de ses lèvres se soulevèrent, mais les yeux de Kili étant baissés, il ne le remarqua pas.
Les enclos logeaient différentes variétés d'animaux, mais ils étaient petits et n'avaient pas assez d'espace pour leur permettre de paître. De plus, Kili fut certain que n'étaient pas là tous les animaux. Quand ils arrivèrent, Fili lâcha son bras et trouva une caisse remplie de foin. Il la retourna pour nourrir un enclos de chevaux puis retourna chercher Kili afin qu'il puisse s'asseoir dessus. Pendant ce temps là, Bilbo prit un petit seau en métal et commença de traire une vache. Avec des yeux fatigués, Kili les regarda travailler et nourrir les animaux de l'enclos. Apparemment tous n'étaient pas ceux de Fili.
Le soleil était entrain de disparaître derrière la montagne et le vent froid du nord mordit les joues de Kili. Il glissa plus bas sur sa caisse, se balançant dangereusement. Sa vision s'assombrit et le sol sembla bouger d'un côté à l'autre. Le jeune nain essaya d'appeler Bilbo mais seul un gémissement s'échappa de ses lèvres tremblantes
- Rah-ven !
Fili avait rapidement traversé, atteignant Kili alors qu'il tombait de sa caisse dans la neige. Les bras de Fili attrapèrent ses épaules et sa tête, l'empêchant de heurter le sol. Le Firebeard collecta le mince nain dans ses bras et se releva, l'attirant contre son torse.
- Bilbo ! Mak ven !
Bilbo tourna la tête vers lui, la hocha et prit son seau et son sac de cuir à la hâte. Le Firebeard avait déjà commencé de partir en direction de la maison et les plus petites jambe de Bilbo durent courir pour se maintenir à sa hauteur. Fili baissa les yeux avec inquiétude. Ceux de l'esclave aux cheveux noirs papillonnaient et il marmonnait comme s'il était coincé dans un cauchemar.
- Rah-ven, chuchota-t-il en essayant de le réveiller, Rah-ven !
Mais le jeune prince ne répondit pas.
Pardonnez moi du retard, j'ai été occupée tout le week-end à Lyon pour la fête des Lumières ! Bon cinéma à celles et ceux qui vont aller voir La bataille des cinq armées ce soir ! :D
