Note de l'auteure : Rappel - Fili ne parle que la langue des Firebeards et Kili ne parle que la langue courante. Bilbo parle les deux. Dans ce chapitre, nous passons de la langue courante au Firebeard, comme mentionné dans la première phrase du dialogue. Quand Kili parlera, ce sera en langue courante.


Bilbo rattrapa les deux nains et les dépassa en courant pour atteindre la porte de leur maison dans la montagne. De la neige recouvrait la façade de pierre et les fenêtres en accumulaient désormais une mince couche. L'inquiétude pouvait se lire dans les mouvements de Fili qui regardait le jeune et inconscient nain dans ses bras. Il n'aurait pas du l'emporter à l'extérieur. Aussi résistant qu'il apparaissait être… il avait souffert pendant un mois dans les mains de la patrouille. Le cœur de Fili se serra et il se maudit intérieurement. Bilbo plongea la main dans sa poche, y trouva la clé et la sortit rapidement pour ouvrir la porte. Il jeta un œil à Fili et Kili. Son maitre portait le jeune prince dans ses bras et le regardait avec impatiente.

- Désolé, bredouilla Bilbo en Firebeard et Fili hocha la tête, l'implorant d'être plus rapide.

Il ouvrit finalement la porte en grand et se précipita à l'intérieur en se saisissant d'une boite d'allumette pour allumer le feu. Kili toujours précautionneusement tenu dans ses bras, Fili pénétra à l'intérieur et fit signe à Bilbo de placer une fourrure directement devant la cheminée. Le blond allongea Kili sur la fourrure de loup grise, le tourna en direction du feu et s'installa contre son dos. Il glissa un bras sous sa tête en guise d'oreiller et enroula son autre bras autour de son ventre pour le tenir près de lui de manière à pouvoir le réchauffer. Bilbo gagna l'étagère près de la porte pour enlever ses menottes de fer avec ses clés et ensuite les déposer dans un des rayons.

- S'il te plait Bilbo, une soupe ce soir. Ce sera plus facile pour qu'il puisse manger. Je n'aurais pas du l'emmener dehors aujourd'hui. Il aurait dû se reposer.

- Oui, je vais faire de la soupe. Il avait l'air d'aller plutôt bien ce matin, tu ne devrais pas te tenir responsable, répondit Bilbo en allant dans la cuisine, ses pieds furtif sur le sol de pierre. Je pensais que l'air frais lui aurait fait du bien, ajouta-t-il par dessus son épaule.

- Rah-ven, marmonna Fili en déplaçant sa main du torse du nain pour venir caresser les mèches noirs qu'il trouvait si ensorcelantes. Ca va aller. S'il te plait, il faut que tu ailles mieux à nouveaux.

Il regarda la joue de Kili la plupart des bleus de son arrivé étaient passé au jaune vert, mais il pouvait voir le coup du forgeron en former un nouveau. Il soupira. Il aurait du demander à Bilbo de lui expliquer ce qui était attendu de lui avant qu'ils ne quittent la maison. Il embrassa doucement la tête du brun. Kili était encore entrain de trembler dans son état d'inconscience alors Fili le tint étroitement contre lui pour arrêter ses tremblements. Finalement ses convulsions se stoppèrent et il glissa dans un sommeil profond. Fili l'écarta et se saisit des clés pour retirer ses entraves de fer. Il le couvrit d'une autre fourrure et le laissa devant le feu, gagnant ensuite la cuisine pour retrouver Bilbo.

Le hobbit se tenait devant le feu, remuant le contenu d'une grosse marmite. Une agréable odeur remplissait la cuisine et la salle à manger.

- Comment va-t-il ?

- Il dort maintenant, répondit Fili en inspirant profondément. J'ai été stupide Bilbo.

Fili se retourna pour regarder le brun, immobile et enroulé dans les fourrures. Il l'observa un instant jusqu'à ce qu'il voit son torse se soulever doucement puis redescendre.

- N'importe quoi. Il était d'accord pour venir.

- Je suis responsable de lui. J'aurais dû lui interdire. Et j'aurais dû lui dire de garder la tête baissée.

- Calme toi, Fili. Tu ne pouvais pas le prévoir. Ce qui est fait est fait.

- Est-ce que tu as parlé avec lui chez Nurek ?

- Oui, on a parlé. Il a demandé pourquoi tu l'avais pris. Je dois admettre que moi aussi je suis curieux.

Le feu crépita et le ragoût commença de bouillir en faisant des bulles sur les côtés. Bilbo attrapa des herbes pour les saupoudrer dans le ragoût.

- Personne d'autre ne possède deux esclaves. Est-ce que tu savais qu'il était un guerrier parmi les siens ? Il m'a dit ça le premier jour. Sinon il pose plutôt des questions sur le village.

- Un guerrier ?

Fili s'assit à la grande table, se positionnant de manière à pouvoir apercevoir et Bilbo et Kili. Il avait besoin de voir qu'ils étaient tout les deux en sécurité et sauf.

- C'est ce qu'il m'a dit. Je lui ai répondu qu'il ne pourrait pas l'être ici.

Bilbo gagna le garde manger pour en rapporter un pot de sauce chutney et une miche de pain qu'il posa à côté du feu pour les réchauffer.

Fili sortit un couteau et entreprit de retirer la boue en dessous de ses ongles.

Bilbo se retourna, aperçut ce qu'il faisait et gifla légèrement la main du Firebeard.

- Pas à table, Fili, le réprimanda-t-il en attrapant un bout de tissu pour essuyer la table.

Le blond observa Bilbo avec un petit sourire aux lèvres.

- Bon, maintenant pourquoi l'a tu réclamé ? Il va continuer de me le demander jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse.

- Je l'ai prit parce qu'il avait besoin d'aide, répondit Fili, Grenik l'aurait violé puis tué pour le sport.

- Je pense qu'il y a plus que ça. Tu en as vu d'autres en prendre comme esclaves sexuel ou pour le sport. Pourquoi celui là ?

Bilbo sirota la soupe de la marmite.

- Ne pousse pas trop loin, l'avertit Fili, sa mâchoire se contractant.

- Ca va Fili, on se connaît depuis trop longtemps pour ça. Alors s'il reste, qu'est-ce que tu attends de lui qu'il fasse ?

Fili fit tourner quelques fois son couteau avant de le planter dans la table.

- Il n'a pas besoin de faire quelque chose.

Le hobbit soupira puis posa la cuillère avant d'aller s'asseoir en face du Firebeard.

- Quelque chose te préoccupe. Parle-moi, Fili. Dis-moi pourquoi tu as choisi de ramener Ki – Raven ici.

- Je suis surpris que mon oncle m'ait permit de le garder. Au début il m'a dit de le laisser, mais après que j'ai eu protesté contre le traitement de Grenik sur Raven puis négocié avec lui, il a changé d'avis.

Fili se retourna vers la pièce principale ou Kili était toujours allongé sur le sol entrain de dormir.

- Ça peut ne pas avoir d'importance s'il ne regagne pas ses forces.

- Fili, s'il te plait, Bilbo tendit la main pour la poser par dessus de celle du guerrier Firebeard. Pourquoi lui ?

- Il est d'Erebor, Bilbo. Erebor ! Y a-t-il eu quelqu'un d'autre d'Erebor depuis que ma mère a été capturée ? Il est comme un parent pour moi s'il est d'Erebor. Je veux tout entendre à propos de l'endroit d'où était ma mère et lui pourrait me le dire. Toutes les histoires qu'il pourrait partager avec nous la nuit autour du feu. Et regarde-le, il avait l'air si effrayé, si terrifié quand la patrouille de Darek l'a rapporté. Mince, blessé, à peine capable de tenir debout il aurait été mort en quelques jours dans la misère. Je voulais le ramener ici, le protéger. Et il y a… il y a quelque chose d'autre à propos de lui, Bilbo. Ses cheveux, ses yeux. J'ai été attiré par lui.

- Donc tu ressens comme s'il était de la famille parce qu'il est d'Erebor.

- Oui. Il appartient au peuple de ma mère.

- Et tu as été attiré par lui.

Les joues de Fili rougirent.

- Oui, je suppose.

- Qu'est-ce qu'il va faire ?

- Rien. Je n'attends rien de lui. Je veux juste le garder sauf. Tu sais, je rapporterais tous les esclaves ici pour les mettre en sécurité si je le pouvais. La plupart ne mérite pas la mort. Beaucoup servent bien leur maître et devrait donc être bien traités.

Bilbo soupira Fili était un Firebeard beaucoup plus attentionné que la plupart des autres, mais parfois il glissait à nouveau dans les idéaux de l'esclavage inculqués par son défunt père, sa famille et le reste du village. Le hobbit se leva et retourna à son ragoût, le retirant du feu et le posant sur le comptoir en céramique. Il valait mieux éviter ce sujet.

- C'est très bien tout ça, mais je crains que celui-là ne finisse par périr s'il n'a rien à faire. Comme Gildin. Elle respire toujours mais elle n'est plus en vie, Fili. Raven était un guerrier. Il ne va pas accepter l'inactivité.

- Il peut t'aider en cuisine.

- Fili, j'ai bien peur que tu n'aies pas pensé à tout. Un guerrier n'acceptera pas d'être, ni un esclave ni loin de chez lui.

- Alors aide moi à le garder heureux, Bilbo. À le garder sauf. Il finira par accepter sa situation ici. Je préfèrerais ne pas avoir à le forcer mais je le ferais pour le sauver.

- Je vais essayer Fili. Je ferais de mon mieux.

Il saisit la miche de pain et trancha deux bouts puis les déposa dans une assiette près du blond, suivit d'un petit bol d'une de ses meilleurs sauces chutney. Il attrapa ensuite un bol en bois et prit des cuillères du ragout pour en verser dedans avant de le tendre à Fili.

- Tu as bien plus de pouvoir que j'en aie pour le rendre heureux. Mais j'essaierais.

Fili sourit.

- Merci, Bilbo. Tu es un ami.

Bilbo reporta son attention sur le ragoût, acceptant le meilleur compliment qu'il pouvait recevoir en temps qu'esclave. Il se servit de la soupe et les deux mangèrent silencieusement avant de retourner dans la pièce principale pour jouer aux cartes ainsi qu'à d'autres jeux, Kili toujours à leurs pieds. Le feu crépitait, projetant lumières et ombres à travers la pièce alors qu'ils jouaient. Fili rigolait mais jamais sans inquiétude et jetait souvent des coups d'œil au jeune nain devant le feu. Finalement, Bilbo abaissa ses cartes, et observa le Firebeard. Il était distrait et jouait terriblement mal ce soir. Et il fixait désormais uniquement la pile devant le feu.

- Fili ?

Bilbo posa ses cartes.

- Fili, s'il te plait.

Le blond tressaillit et se retourna vers Bilbo en soulevant à nouveau ses cartes.

- Oui ? À mon tour ?

- J'ai besoin de dormir, Fili. Le ragoût est toujours chaud. Je l'ai mit à côté du feu. Tu devrais le faire manger un peu quand il se réveillera. Il doit se nourrir pour aller mieux.

Fili hocha la tête.

- Merci Bilbo. Je vais attendre jusqu'à ce qu'il se réveille. Bonne nuit.

Bilbo pénétra alors dans la petite pièce qu'il pouvait appeler sienne et ferma la porte. Fili gagna le sol et fit courir ses doigts à travers les beaux cheveux noirs reposant sur la fourrure grise. La peau du nain d'Erebor était froide et humide alors il écarta la fourrure et le prit dans ses bras, le gardant une nouvelle fois étroitement contre lui. Fasciné, il observa les cheveux noirs et essaya de se rappeler l'apparence de sa mère. Il se souvenait qu'elle aussi avait les cheveux noirs il lui arrivait de jouer avec les tresses sur le côté de son visage. Ses cheveux étaient seulement légèrement plus foncés que les ecchymoses qu'elle avait eu l'habitude d'avoir sur ses joues. Elle lui disait que ça allait, que ça ne lui faisait pratiquement pas mal que c'était de sa faute parce qu'elle avait désobéit à son père et que Fili devait obéir à son père.

Le blond grimaça au souvenir. Il embrassa le front de Kili et le sentit devenir rigide. Il se recula pour découvrir deux grands yeux bruns élargis par la peur le fixant. Fili l'étendit doucement et il put voir le corps du nain svelte se relaxer.

- Rah-ven, tu devrais manger, dit Fili en regardant les yeux noirs du nain se cligner en réponse, ne comprenant pas ses mots.

Il sourit et se releva pour aller dans la cuisine. Il remplit un bol de la soupe chaude de Bilbo. Le brun observa le Firebeard et regarda autour de lui avec confusion la dernière chose dont il devait probablement se souvenir devait d'être dehors, dans l'enclos, après avoir rendu visite au forgeron et au tailleur. Kili s'assit et rapporta ses genoux contre son torse en fixant le feu.

- Mange.

Fili s'assit à côté de lui sur la fourrure et poussa le bol entre ses mains. Kili secoua la tête alors il reprit le bol puis prit une cuillerée qu'il apporta à ses lèvres. Le nain mangerait et Fili espérait qu'il le ferait de lui même. L'odeur de la viande, des légumes et des herbes remplie la pièce et Kili se pencha pour regarder à l'intérieur du bol. Après une longue pause, il prit la cuillère et avala le bouillon avant de replonger sa cuillère pour en prendre plus. Fili sourit tout en tenant le bol devant lui.

- Mange, Rah-ven, répéta-t-il et semblant comprendre, le jeune nain en prit une nouvelle bouchée.

- Ray-ven, dit Kili. Ray-ven. Raven. Mon oncle m'appelait son petit raven.

Il prit une nouvelle gorgée.

- Ray-ven. C'est un oiseau.

Il s'affala en avant, les paupières une nouvelle fois à moitié clause à cause de l'épuisement et sans se soucier que Fili ne comprendrait pas son explication en langage courant.

Le Firebeard le regarda les sourcils froncés, l'écoutant répéter son nom puis fit de même :

- Ray-ven. Ray-ven ?

Il aida Kili à se rasseoir.

- Oui.

Le brun prit quelques bouchées de plus avant de reposer la cuillère quand ses paupières se fermèrent.

- Raven.

- Raven.

Fili prit la cuillère et la déposa dans le bol de soupe à moitié finit. Il tendit les bras et secoua doucement Kili pour le réveiller et le mener au petit coin avant de l'aider à retourner dans la chambre. Comme à l'accoutumée, Bilbo avait allumé le feu dans sa chambre et il se consumait maintenant agréablement. Il dirigea Kili du côté du lit opposé à la porte, le plaça sous les fourrures et attisa le feu. Il s'assit ensuite au bord du lit en attendant que les respirations profondes signifiant le sommeil de l'autre nain arrivent. À sa plus grande surprise, la main du brun émergea de dessous les couvertures et s'empara de la sienne. Est-ce que Kili avait vraiment voulu lui tenir la main ou son esprit était-il ailleurs à cause de l'épuisement ? Il ne retira pas sa main et continua d'écouter sa respiration. Il tendit son autre main, faisant doucement courir ses doigts le long de la joue du brun puis à travers ses cheveux. Une fois que sa respiration lui indiqua qu'il était profondément endormi, le blond s'autorisa enfin à le quitter. Fili se déshabilla et se dirigea en direction du bain, laissant le nain dormir profondément dans son propre lit.


Je rappelle (on ne sait jamais) que Ray-ven est la prononciation anglaise. Apparemment, Fili a le même accent que nous puisqu'il prononce Rah-ven ;)

Merci pour vos review, je suis contente et rassurée que ma traduction soit satisfaisante :)