Bilbo marchait devant Fili et Kili. Le Firebeard gardait une main sur l'épaule du nain attaché et bâillonné tout en le poussant le long du chemin. Après avoir partiellement fondu au soleil, la neige s'était ensuite rendurcît et craquait maintenant sous les pieds. Plusieurs nains étaient dehors, découpant les carcasses qui pendaient à l'extérieur de leur maison et s'occupant du bétail. Certains étaient entrain d'abattre une vache et Bilbo se détourna alors que les nains rigolaient de l'agonie de l'animal.

Ils continuèrent leur chemin jusqu'à la forge du forgeron sans voir aucun autre esclave. Bilbo serra son sac de cuir remplit avec les miches de pain et fronça les sourcils tout en jetant un œil en arrière à Fili et Kili. Le brun regardait ses pieds, gardant sa tête et ses yeux vers le sol. Avec ses bras maintenu le long de son corps, il luttait pour garder l'équilibre. Bilbo fut content qu'il eu la tête baissée il n'avait pas besoin d'énerver d'autres nain ce jour là. Il considéra un instant que Fili puisse avoir raison. Aussi cruel que cela semblait, Kili serait sauf de cette manière. Le blond surveillait les alentours alors qu'ils marchaient, son visage ne laissant transparaitre aucune émotion. Le forgeron ouvrit sa porte en grand et accueillit Fili en le tirant dans une étreinte. Bilbo garda précautionneusement son regard loin du visage du Firebeard.

- Bilbo, Raven. Venez, dit Fili en avançant sous la porte de la forge.

Le charbon brillait et la barbe du Firebeard avait été tressée vers l'arrière, loin de son torse nu. Il était couvert de crasse et de transpiration et attrapa un tissu pour essuyer la saleté. Il indiqua une salle sur le côté et s'y dirigea pour s'asseoir sur un fauteuil confortable puis offrit à Fili celui à l'opposé.

Fili jeta un coup d'œil en arrière à Bilbo et Kili. Ils avaient tout les deux leurs têtes vers le bas, et le blond ressentit à la fois de la reconnaissance et de la culpabilité face à l'obéissance de Kili.

- Ah, est-ce que tu souhaites attacher tes esclaves ? Demanda le forgeron en se relevant. Tu vas être content ! Ranek a commandé quelques crochets dans sa maison l'esclave qu'il a prit du raid du début d'été était très désobéissant. On a installé un morceau de métal dans le sol et il y a attaché son esclave jour et nuit. Le nain ne peu plus ni courir ni se battre, sourit-il, plus que fier de lui même. J'en ai ajouté un ici dans l'atelier, comme ça, mes clients peuvent laisser leurs esclaves sans aucune préoccupation pendant qu'ils s'occupent de leurs affaires.

Le front de Fili se plissa.

- Je ne pense pas que ce soit nécessaire, Rignor.

- Sottises. Laisse moi te montrer. Cependant je n'ai qu'un seul crochet, alors je ne peux pas les enchainer tout les deux.

Le nain se dirigea prêt de l'esclave le plus proche, Kili, et agrippa son poignet. La chaine s'ébranla et le forgeron fit une pause pour regarder au sol. Il attrapa ensuite le menton de Kili pour le relever et regarder la lourde chaine et le bâillon. Les yeux du brun se précipitèrent sur le mur.

- Alors celui-ci a été désobéissant ? Ce n'est pas ton genre d'enchainer un esclave, Fili.

Le blond se releva pour se rapprocher de Kili mais hésita à interrompre le forgeron. Trop de gentillesse envers les esclaves causerait aux autres de lui en vouloir encore plus et ils n'hésiteraient pas à utiliser cela contre le guerrier ou ses esclaves. Il baissa alors les bras et hocha la tête.

- Il est insolent, se débat et crache, répondit-il. Je corrige son comportement.

Le forgeron arbora un large sourire.

- Je suis content d'entendre ça. Peut-être que tu n'es pas aussi si doux que nous le croyons.

Fili baissa la tête pour cacher son froncement de sourcils.

- Bilbo se comporte bien, ça n'avait jamais été nécessaire avant. Le nouveau me teste.

- Alors viens. Peut-être que tu as besoin d'un crochet chez toi pour attacher ton nain, rigola le Firebeard en tirant Kili par sa chaine pour l'amener dans un coin près de la porte d'entrée.

- À terre, grogna le forgeron mais Kili resta debout la tête basse, ne comprenant pas et ne réalisant même pas qu'on s'adressait à lui.

- À terre ! Cria-t-il encore une fois en poussant le brun sur ses genoux.

Kili hurla derrière son bâillon alors que ses genoux heurtaient le sol dur. Bilbo lui jeta un coup d'œil inquiet, ses yeux se déplaçant ensuite sur Fili qui semblait également frustré mais qui retenait néanmoins sa langue.

- Tu vois, nous avons posé un crochet dans la pierre avec du mortier.

Rignor s'agenouilla, tira la chaine tendue, forçant la tête de Kili vers le sol. Il glissa un anneau à travers la chaine, le resserra et se releva. La tête de Kili frotta contre la chaine alors qu'il tentait de trouver une position confortable sur ses genoux.

- Oui, c'est pas mal, dit neutralement Fili.

À l'intérieur sa colère commençait de gronder ; mais il fut plus avisé que de laisser son tempérament se dévoiler ici.

- Pour toi Fili, un si bon client, je pourrais t'en poser un gratuitement, dit fièrement le forgeron. Ensuite tu pourras entrainer ton esclave plus facilement.

Rignor poussa Kili avec son pied et récolta un gémissement du nain.

Fili tressaillît légèrement.

- Je te tiendrais au courant.

- C'est très bon pour eux. Ils apprennent à se courber correctement et à garder leurs yeux au sol.

- Peut-on revenir à nos affaires, Rignor ? Je suis venu pour les nouvelles entraves de Kili, dit impatiemment Fili.

- Bien sur. Viens, assied toi à nouveau, je vais apporter un peu de bière.

- Rapidement alors.

Fili n'avait aucun désir de laisser Kili au sol plus longtemps.

Le forgeron se força à sourire et quitta Fili et les deux esclaves. Le blond se tourna alors vers Bilbo :

- Dis lui que je suis désolé pour ça et que nous allons bientôt partir. Fais vite.

Bilbo hocha la tête et se déplaça auprès de Kili pour poser une main douce sur le dos du nain mais celui-ci sursauta et essaya de se dégager.

- C'est Bilbo, Kili, murmura-t-il, Fili te dit qu'il est désolé pour ce que le forgeron t'a fait. Nous allons essayer de partir rapidement. S'il te plait, reste assis silencieusement.

Quelque part en dessous, la forme courbée émit une triste plainte. Bilbo sentit son cœur se comprimer et passa doucement ses doigts à travers les cheveux du jeune nain.

- Bilbo ! Siffla Fili et le hobbit se releva rapidement pour retourner à côté de lui en baissant la tête alors que le Firebeard approchait.

Rignor revint dans la pièce et passa un mug à Fili, le collier et les menottes dans son autre main.

- Les voilà. Je ne suis pas certain de pourquoi tu en as besoin. S'il se comporte mal alors tu vas surement le punir avec ceux qu'il porte maintenant.

Fili pris un instant pour sourire tout en prenant les entraves de ses mains.

- Bien sur. Mais quand il se comportera mieux, il portera les plus légères. Ainsi les plus lourdes s'applique seulement comme une punition, tu comprends ? Ca aide à renforcer un comportement positif.

Rignor inclina la tête sur le côté.

- Je suppose que ca marche aussi. Ou bien tu gardes les lourdes tout le temps et les attaches au sol quand ils sont mauvais, ou quand ils t'ennuis.

Les Firebeard rigola, fier de lui même. Bilbo prit une profonde respiration et jeta un œil à Kili qui était maintenant visiblement entrain de trembler. Il essaya de donner discrètement un petit coup de coude à Fili mais il aperçut le Firebeard leur faisant face et arrêta.

- Ma méthode est très efficace, rétorqua Fili, Bilbo n'est-il pas l'esclave qui se comporte le mieux de tout le village ?

Le blond prit ensuite une grande gorgée de bière.

Rignor hocha la tête.

- C'est vrai. Et ses plats sont excellents. Que dirais-tu que j'installe deux crochets en échange de dix des pâtisseries de Bilbo ? C'est un fantastique deal pour toi mon ami.

Bilbo grogna presque et fut certain que Fili ressentait la même chose que lui.

- Je te laisserais savoir, répondit Fili encore une fois en donnant le nouveau collier et les menottes à Bilbo qui les glissa dans le sac de cuir. Maintenant si tu pouvais libérer mon autre esclave, nous avons encore d'autres affaires à régler aujourd'hui.

Rignor se releva et avança pour s'agenouiller et défaire la boucle retenant Kili au sol. Il agrippa la chaine et tira durement le jeune nain sur ses pieds.

- Est-ce que tu as pensé à couper ses cheveux et raser cette petite barbe ? Ca les garde plus froid et plus coopérant.

Il souleva ensuite la fourrure attachée autour du torse de Kili.

- C'est un peu excessif pour un esclave, non ?

- Tu es une véritable source de conseils Rignor, répondit Fili neutralement. Je garderais aussi ça à l'esprit. Merci beaucoup pour tes idées.

Fili prit la chaine des mains de Rignor et tira Kili devant lui pour réarranger la fourrure de manière à ce qu'elle couvre les bras du brun. Kili regarda brièvement en l'air, croisa ses yeux puis regarda à nouveau ailleurs. Fili fronça les sourcils et ouvrit la porte, poussant doucement Bilbo et Kili devant lui.

- Merci, on se revoit la prochaine fois que j'aurais besoin de tes services.

- Bientôt j'espère ! Le Firebeard fit joyeusement signe de devant sa porte.

- Idiot, grommela Fili en gardant une main sur l'épaule de Kili, désirant l'emmener lui et Bilbo loin du forgeron. Le brun trembla et Fili s'arrêta. La dernière fois que Kili avait été à l'extérieur, il était tombé inconscient après avoir tremblé. Il l'observa avec inquiétude, tendant la main pour relever la tête du nain en direction de la sienne. Il plongea ses yeux dans les grands bruns.

- Bientôt, Raven. Nous allons bientôt rentrer à la maison et ta punition sera levée.

L'esclave détourna le regard et Fili le libéra avec un soupir en se rappelant qu'il ne pouvait pas encore comprendre son langage.

Le Firebeard savait qu'il devrait maintenant mettre fin à la punition, mais les commentaires de Rignor étaient restés coincés dans sa tête. Ils pensaient que Fili était trop doux. Il essayait de cacher son réel ressenti à propos de l'esclavage dans le village, mais cela devenait difficile quand il ne pouvait se résigner à blesser les innocents qui étaient trainés ici. Les autres proclamaient que les esclaves le méritaient à cause de leurs faiblesses et de leur infériorité face au clan Firebeard. Fili savait que la plupart aimaient simplement la sensation de pouvoir sur un autre. Il devait admettre que plus jeune il avait trouvé cela attirant. Néanmoins, son état d'esprit changea rapidement quand il prit Bilbo avec lui après la mort de son père. Il regrettait maintenant la manière dont il avait traité Bilbo dans ses jeunes années pas aussi cruellement que certains mais pas aussi gentiment qu'il aurait dû. Il releva la tête et se refocalisa sur sa tache, guidant Kili avec attention.

Plus loin le long de la clôture, ils atteignirent la maison du tailleur. Nurek fit rentrer le groupe et Bilbo se dirigea dans la petite pièce sur le côté dans laquelle Nurek l'autorisait toujours à aller s'asseoir avec Gildin. La naine lourdement enceinte était assise recroquevillée sur une chaise avec une couverture sur son corps. Aujourd'hui, elle fixait le mur.

- Qu'est-ce que c'est que ça, Fili ?

Nurek regarda Kili de haut en bas quand il remarqua la chaine.

- C'est très inhabituel de ta part. Pourquoi a-t-il eu besoin de la chaine ?

- Il est devenu très en colère ce matin. J'essaye de le calmer et de l'empêcher de se blesser lui ou Bilbo.

Fili attrapa le coude de Kili pour l'emmener dans la pièce sur le côté et l'asseoir à côté de Bilbo. Le blond remarqua alors avec soulagement que les tremblements avaient cessé.

- Ah, je comprends, expliqua Nurek, Gildin faisait des crises quand elle est arrivée. Elle avait l'habitude de me mordre et me combattre. Imagine si elle avait fait une crise pendant que ton oncle ou quelqu'un d'autre était ici ? J'ai fait ce que j'avais à faire. Ca lui a prit quelques mois pour devenir plus agréable. Maintenant elle est acceptable.

Fili jeta un œil à la naine sans vie en fronçant les sourcils.

- Acceptable, marmonna-t-il. Qu'as-tu as fait pour la calmer sans la blesser ?

- J'ai appris quelques tours, ceux que le vieux Selsiv m'a montré. Des techniques similaires à celles qui marchent sur les animaux. Ce n'est pas comme si les esclaves étaient bien plus intelligents que le bétail, alors ces tours marchent très bien.

Fili hocha la tête, n'agréant pas avec tous les commentaires, mais sachant que Nurek n'était pas non plus excessivement cruel.

- Quels tours ?

- Chaleur et pression. Selsiv dit que si tu coinces un taureau dans un petit espace, surtout si tu peux pousser quelque chose dessus, comme une porte, il va devenir immobile. Et ajoute la chaleur. Une créature qui a plus chaud ralentie. Alors j'ai commencé d'enrouler Gildin dans des fourrures et j'ai utilisé des lanières de cuir pour les attacher fermement autour d'elle. Une fois immobile, elle perdait rapidement son esprit de combativité. Je la déplaçais alors près du feu et elle se réchauffait pour finalement s'endormir.

Fili hocha la tête. Ce n'était pas cruel l'esclave se calmerais et ne serait pas blessé.

- Ca semble raisonnable.

- Et les bandeaux. Si tu bandes les yeux d'un animal sauvage, il se soumettra rapidement. J'attachais Gildin dans une chaise et lui bandait les yeux. Elle arrêtait alors de parler et s'immobilisait. Ca ne prenait seulement quelques minutes avant que je puisse la relâcher.

Fili continua de secouer la tête avec intérêt. Si ces techniques pouvaient aider à dompter Kili, alors il les essaierait. Il était content de savoir qu'elle ne causerait aucun dommage permanent sur le jeune nain.

- Ces techniques semblent être plutôt sûr, dit-il.

Nurek se releva.

- Laisse moi t'apporter ta commande. Je ne peux pas rester longtemps. Gildin va bientôt arriver à terme et je dois la laisser aujourd'hui au soin de la sage-femme.

Fili hocha la tête.

- Merci, Nurek. La prochaine fois, j'espère pouvoir entendre les cris d'un bébé ici.

Le tailleur de releva et se déplaça de la pièce de travail vers un placard

- Fili, est-ce que Bilbo a du pain aujourd'hui ? Gildin mange toujours ce qu'il lui laisse.

Fili sourit. Nurek était le seul nain qui était au courant de l'habitude qu'ils avaient de nourrir les autres. Il avait accepter de garder le secret et était heureux qu'ils lui apporte de la nourriture pour elle même s'il elle était déjà bien nourrit.

- Il en a. Bilbo, peut-tu laisser à Gilgin deux miches, s'il te plait ? Appela-t-il en direction de la pièce sur le côté.

- Oui, Maitre Fili.

Nurek sourit chaudement et sortit la pile de vêtements.

- Merci, Fili. Avec l'arrivée du bébé si proche, ça me fait plaisir de la voir manger. Il se déplaça vers une étagère et en sortit autre chose. Tient. La commande pour l'esclave d'Erebor et les lanières que j'utilisais avec Gildin. Il montra les lanières à boucles posées sur le dessus. Elles sont douces mais solide et ne le blesseront pas.

- Merci encore, mon ami. Je ferais cuisiner à Bilbo quelques chose de spécial une fois que le bébé sera là, dit-il en se relevant et en glissant les vêtement et sangles dans le sac de Bilbo. Venez, Bilbo, Raven appela-t-il, en regardant le hobbit se relever et tapoter l'épaule de Gildin comme il le faisait souvent, puis prit le coude de Kili pour le guider à l'extérieur.

Le soleil était bas quand ils sortirent il était tôt dans l'hiver et celui-ci ne restait donc pas longtemps dans le ciel. Fili marcha devant, laissant Bilbo guider Kili alors qu'ils se déplaçaient le long des chemins du villages en direction de leur foyer dans la montagne. Fili avançait aussi vite qu'ils le pouvaient à travers le village ; les petits pas de Kili l'obligeant cependant de ralentir et attendre que les deux esclaves le rattrapent. Il s'était une nouvelle fois arrêté, regardant Bilbo mais le hobbit gardait ses yeux uniquement sur Kili, murmurant au nain dans la langue courante Fili n'était pas sûr de ce qu'il disait, mais son instinct lui disait que Bilbo essayait de réconforter le nain. A son plus grand soulagement, il n'entendit pas son nom être prononcé.

- Fili ! L'appela une voix rauque pas loin et le blond tourna la tête pour regarder pas dessus son épaule.

Un des autres leaders de patrouille du village, Darek, marchait vers lui. Les petit os tressés dans sa barbe étaient secoués alors qu'il marchait. Fili jeta un œil en arrière pour s'assurer que Kili et Bilbo était tout les deux derrière lui. Il se redressa et effleura de sa main le pommeau du couteau dans sa ceinture.

- Darek.

- Alors l'esclave d'Erebor est toujours en vie, il regarda au dessus de l'épaule de Fili. Je pensais que tu aurais pris ton plaisir avec lui puis l'aurais emmener dehors pour être chassé. J'attendais ton invitation avec hâte. Essayes-tu de le rendre plus fort pour nous donner un meilleur sport ?

Bilbo jeta un œil à Kili qui gardait sa tête basse, ses cheveux tombant devant son visage. Le hobbit se tourna et essaya de regarder le Firebeard du coin de ses yeux. Darek était un nain connu pour sa cruauté c'était d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle il était devenu leader de patrouille si jeune dans sa vie et l'était resté depuis ce jour. Il était rare qu'il rapporte des esclaves en vie. Habituellement ils étaient torturés et tués pour l'amusement de la patrouille lors du voyage. Kili avait dû avoir l'un des autre veillant sur lui pour avoir survécu au voyage en étant une partie du pillage de Darek.

Darek réclamais occasionnellement des esclaves. L'année dernière il avait prit une jeune naine d'un village voisin et l'avait trainé toute nue à travers le village pour ensuite l'emporter chez lui ou ses cris avaient pu être entendu pendant des jours. Fili avait ardemment protesté auprès du Chef de la tribu, arguant qu'un esclave se comportant bien ne devrait pas être sujet à tant de cruauté. Le Chef de la tribu avait alors finalement dit à Darek que les cris gardaient le village éveillé et l'esclave fut emportée hors du village, attachée entièrement nue et ensanglantée à un poteau comme appât pour les loups. Darek et ses nains étaient rentrez chez eux avec beaucoup de loups tués cette nuit là et la jeune naine ne fut jamais ré aperçue. Bilbo grimaça et essaya une nouvelle fois d'oublier. Ce qu'il ne pourrait jamais.

- Dis moi, Fili, Darek tendit son cou derrière le blond pour chercher le nouvel esclave des yeux, est-ce qu'il est bien ? Est-ce qu'il réchauffe ton lit ?

- Il le réchauffe, répondit Fili en essayant de paraître le plus honnête possible, bien qu'il n'ait jamais touché le brun de manière inappropriée.

- Et le hobbit s'occupe t-il toujours bien de ton foyer ?

- Qu'est-ce que tu veux, Darek ? Fili baissa son menton et serra sa mâchoire.

- Rien, je souhaite seulement voir comment le foyer de notre plus illustre leader de patrouille se débrouille. Beaucoup d'entre nous se demande pourquoi quelqu'un a besoin de deux esclaves, Fili. C'est plutôt inhabituel. Si tu l'avais prit pour une chasse, alors je comprendrais. Mais ça va faire presque un mois et il vit encore.

- Il a sa place. Je le garderais autant de temps que je le désire.

La lèvre de Darek se retroussa et Fili garda ses yeux fixés sur le leader de patrouille rival. Il n'entendit pas le second de Darek, un jeune nain appelé Coran, se glisser derrière Bilbo et Kili. Coran glissa un bras autour du cou de Kili, trouva la chaine et le tira d'un coup sec en arrière. Bilbo se retourna pour voir les yeux du brun s'écarquiller et un petit cri de surprise sortir de sa bouche alors qu'il se faisait tirer en arrière contre un large torse.

- Fili, cria Bilbo alors que Kili perdait son équilibre mais était maintenu debout par le nain tenant la chaine. Il trébucha et suffoqua alors que le collier s'enfonçait dans son coup mais réussi finalement à repositionner ses pied correctement en dessous de lui.

Le blond se retourna et découvrit Kili entrain de le fixer le brun était clairement effrayé avec aucun moyen pour se défendre. Fili attrapa Bilbo, le tira contre sa hanche alors que les deux autres nains étaient autour d'eux.

- Libère le nain d'Erebor, siffla Fili.

- Oh allons, nous voulons juste jouer nous aussi un peu avec lui.

Coran arbora un large sourire et entremêla ses doigts dans les cheveux noirs pour tirer la tête de Kili en l'air.

- Oh, qu'a-t-il fait, Fili? Bâillonné et enchainé ? Tu ne l'as pas encore brisé ? Allons, nous l'avons ramené presque entièrement brisé, comment n'as tu encore pas pu terminer le travail ? C'est une honte.

Darek rigola et contourna Fili en un large cercle pour venir se tenir à côté de Coran. Il glissa ses doigts entre le collier de fer et la gorge de Kili et les replia pour augmenter la pression. Kili suffoqua alors que Darek et Coran rigolaient, poussant et malmenant le plus mince nain.

Fili tira son couteau et se déplaça rapidement auprès de Coran. Il plaça son couteau à côté de l'oreille de l'autre nain et murmura :

- Je suis tout à fait en droit de te trancher ceci pour avoir touché à mon esclave qui n'a rien fait.

- Il m'a regardé, trembla la voix de Coran.

- Tu mens. Laisse le partir et pousses le en direction du hobbit.

Darek se recula avec un rictus sur le visage alors que Coran poussait violement le brun. Kili trébucha en se prenant les pieds dans les pierres du sentier avant de tomber dans la neige, incapable d'amortir sa propre chute à cause de ses mains attachées. Il grogna quand il s'écrasa au sol, sa tête rebondissant sur le sol. Bilbo s'accroupit et glissa ses mains sous la tête du jeune prince.

- Oh, Kili, murmura-t-il, regarde moi, s'il te plait. Regarde moi.

Deux yeux bruns au bord des larmes se focalisèrent sur Bilbo. Il les referma à nouveau et se tourna vers le sol pour se recroqueviller sur lui même. Le hobbit releva la tête et observa Fili déverser des mots furieux sur les deux autres nains. Fili sentit alors le regard des nains habitant les maison à proximité qui observaient de derrière leur fenêtres et portes. Il voulait porter Kili jusqu'à la maison mais il ne pouvait pas avec tout le monde les observant.

- Remet le sur ses pieds, dit Fili à Bilbo en croisant les bras.

- Il a besoin de ton aide, Fili ! Répondit Bilbo en écartant les cheveux de Kili hors de son visage pour découvrir les yeux du nain toujours fermés.

- Je sais, mais je ne peux pas lui donner maintenant. S'il te plait, Bilbo. Les autres nous regarde. Je ne peux pas. Je dois être strict aujourd'hui.

La tête de Bilbo tomba vers le sol et ses épaules s'affaissèrent.

Fili sentit son cœur se déchirer en morceaux. Il était fâché d'avoir eu a punir le nain d'Erebor, même si ce n'était pas de sa propre faute fâché d'avoir eu a écouter les pensées de Rignor sur comment s'occuper des esclaves fâché de peut-être devoir dans le futur utiliser les techniques de Nurek ; furieux que Darek et Coran ait blessé Kili et maintenant désormais très fâché que Bilbo soit malheureux.

- S'il te plait, Bilbo. S'il te plait.

Le hobbit se redressa et se pencha en avant pour murmurer contre l'oreille de Kili avant de se relever. Il aida le brun à en faire autant puis regarda Fili, attendant. Kili lui garda la tête basse.

- Et maintenant, Maitre ? Demanda-t-il laconiquement.

Fili tressaillît. Bilbo ne l'appelait jamais uniquement Maitre. Cela dérangea Fili et il réalisa à quel point le hobbit était fâché contre lui. Peut être qu'il le méritait il avait échoué à protéger Kili.

- Fais le avancer devant moi, dit-il.

Bilbo murmura et Kili commença de marcher vers la maison, trébuchant à plusieurs reprises dans la neige. Seul la présence stable de Bilbo le gardait sur ses pieds. La journée avait été bien plus longue que Fili avait voulu qu'elle ne le soit et ses yeux se levèrent vers le ciel noircissant à nouveau. Ce n'était pas la manière dont il s'était imaginé les choses quand il avait supplié son oncle de l'autoriser à prendre le nain aux cheveux noir. Il pensait qu'il aurait emporté le nain reconnaissant, l'aurait gardé heureux et sauf chez lui et qu'ils se seraient assis autour du feu pour partager des histoires au sujet d'Erebor et d'autres endroits que Fili n'avait jamais vu. Ils auraient été heureux et reconnaissant de la présence de l'autre. Mais pas cela.

Bilbo relâcha Kili et sortie sa clé Fili se plaça alors derrière lui et plaça un main sur l'épaule du nain plus fin que lui. Le brun sursauta mais resta en place. Bilbo entra finalement dans leur maison, lâcha son sac et alla attiser et allumer les feux dans toutes les pièces avant de revenir pour retirer ses entraves. Fili garda une main sur Kili tout en le dirigeant en direction du banc. Le jeune prince de laissa rapidement tomber dessus, toujours en gardant la tête basse.

Fili le tourna pour lui faire face puis écarta ses long cheveux hors de ses yeux. Le brun se pencha vers l'avant pour les ramener devant son visage. Fili secoua la tête et alla vers l'étagère pour prendre un vieux fermoir. Il se plaça derrière Kili et fit passer ses doigts dans les cheveux noirs. Le bâillon était sur le chemin et le Firebeard commença de doucement défaire le nœud dans le tissu puis le retira et le jeta sur le côté. Kili toussa.

- Est-ce que tu pourrais nous apporter un peu d'eau, Bilbo ? L'appela Fili en continuant de faire courir ses doigts à travers les cheveux noirs pour les démêler. Il pris le fermoir et tira les cheveux de Kili en arrière, derrière ses oreilles, pour les attacher hors de son visage. Il s'assit ensuite à côté de lui, satisfait que le brun ne puisse plus se cacher derrière un rideau de cheveux.

Bilbo arriva en tenant un verre Fili le prit et le hobbit repartit sans un mots mais sa posture et ses pas lourd en indiquèrent long au blond sur comment l'autre se sentait.

- Bois, Raven.

Il pressa le verre contre les lèvres de Kili et le nain commença d'avaler l'eau jusqu'à ce qu'il tousse et qu'un peu du liquide coule le long de son menton. Il baissa à nouveau sa tête mais Fili releva son menton, apportant le verre à ses lèvres. Kili but un peu plus et s'écarta.

Maintenant qu'il avait eu un peu d'eau, Fili se sentait plus soulagé. Il releva la tête vers Bilbo qui lui tendait la clé de Kili.

- J'ai mit un peu de reste de pains dans la boite à pain. Je vais me coucher. C'a été une journée difficile.

- D'accord. Fili prit la clé et se retourna vers Kili. Merci Bilbo, je suis désolé –

La porte de Bilbo claqua. Fili la fixa il n'avait jamais fâché le hobbit auparavant. Il était à court de mots.

Fili se retourna vers Kili dont les yeux étaient fixés sur le feu. Il défit alors la chaine et retira le lourd fer. Il les posa au bout du banc et retourna près de Kili pour inspecter son cou. Le jeune nain ne luta pas ou ne remarqua même pas sa présence alors qu'il travaillait. Fili trouva une ligne rouge en haut autour de son cou et une autre plus bas sous ses cheveux ; il devina qu'elle devait provenir du moment où Coran avait tiré le collier. Le coin des lèvres de Kili était rose là où le bâillon avait frotté durant les dernières heures et Fili leva son pouce pour le presser doucement sur les joues du brun, comme si les marques allaient disparaitre.

- Je suis désolé, Raven. Je n'ai jamais souhaité tout ce qui est arrivé aujourd'hui. S'il te plait, je ne veux pas te faire de mal.

Il tendit les mains, attrapa une de Kili dans les siennes et en caressa doucement le dos.

- J'aimerais connaitre le mot en langue courante pour « désolé ».

Il continua de lui parler, bien que conscient qu'il ne comprendrait rien et frotta son dos. Les yeux de Kili semblaient vident et l'esprit de Fili lui envoya un flash de Gildin. Il descendit alors du banc pour s'agenouiller devant lui et le regarda jusqu'à ce que les yeux bruns trouvent finalement les siens et qu'il puisse y aperçoit un flash de conscience.

Fili plaça sa main sur la joue de Kili alors qu'ils se regardaient quand soudainement une larme roula des yeux bruns. Kili se laissa alors tomber en avant contre Fili. L'épuisement, la douleur et la peur du jeune prince avaient finalement brisé les murs qu'il avait érigés autour de son esprit aujourd'hui. Le blond le tint contre lui alors qu'il sanglotait, ses doigts agrippant la tunique de Fili et s'y accrochant désespérément. Fili se demanda si Kili se souviendrait de cela le lendemain matin, mais il en doutait.

Il ne fut pas sur de combien de temps ils restèrent ainsi. Après quelques temps, Kili se pencha en arrière et essuya ses yeux avec sa manche. Il se releva sur des jambes incertaines pour se rendre aux toilettes et Fili flâna tout près en attendant. Kili alla ensuite à l'évier, frotta son visage et ses yeux avant de regarder en direction de la chambre. Fili hocha la tête et prit sa main pour l'emmener à l'intérieur. Il borda le nain en dessous des couvertures, l'enroulant étroitement comme il le faisait souvent et Kili roula au loin pour faire face au mur. Fili s'assit du côté opposé du lit, le regardant jusqu'à ce qu'il remarque la respiration stable et profonde puis retourna dans la pièce principale.

Il tomba en arrière dans son fauteuil en relâchant une longue respiration puis jeta un œil au sac de cuir de Bilbo laissé sur le sol, puis aux menottes et collier de Kili sur le banc. Avec les deux esclaves ailleurs et endormis, il s'autorisa finalement à laisser sa tête tomber en avant alors que les larmes s'écoulaient de ses yeux.


Merci pour vos reviews/encouragements :) Et je rappelle que je ne suis que la traductrice et que vous devez cette super fanfiction à FuryNZ! :) (liens sur mon profil)

Prochain chapitre en 2015 ; bonne année et meilleurs voeux à toutes et à tous ! :)