Une autre semaine s'écoula. Le deux premiers jours, Bilbo resta dans son coin s'occupant en vidant le garde manger, nettoyant toutes les étagères présentes ainsi que les murs puis en le réorganisant. Fili et Kili essayèrent tout les deux d'aider, mais le hobbit refusa et les renvoya au loin. Le blond retournait alors travailler sur du cuir ou affuter ses armes. Le brun s'asseyait lui sur le banc de la salle à manger pour regarder Bilbo ou alors il retournait dans la chambre pour s'y asseoir ou même dormir. Il restait aussi loin de Fili qu'il le pouvait. La tension dans la maison était palpable. Le blond serait probablement sortit pour chasser et s'échapper si un souffle d'air glacé ne gardait pas tout le monde à l'intérieur. Il était trop dangereux d'être à l'extérieur pour une durée de temps trop élevée. Les réserves de viande diminuaient et quand la température augmenterait, les guerriers du clan devraient alors partir chasser des loups, des sanglier, wapiti et élan.

Les premiers jours après leur excursion à l'extérieur, Kili semblait effrayé sa peau était pale et ses yeux renfoncés. A la fin de la semaine, une lueur de cette défiance entêtée revint ainsi qu'une fierté dans sa démarche. Finalement, ils se réunirent à nouveau tous dans la pièce principale où Fili et Bilbo continuèrent leurs discussions et reprirent leurs jeux de cartes. Kili lui, s'asseyait dans un coin en fixant le feu. Le Firebeard avait demandé à Bilbo de réduire les portions des repas du brun pour garder son niveau d'énergie bas et réduire ainsi son agitation. Le hobbit approuva et leur technique passa inaperçu. Le brun se réveillait tard le matin, s'asseyait ensuite dans la cuisine, regardait Bilbo pendant quelque heures avant de se rediriger vers le lit. Il ne parlait pas et ne faisait pas de contact visuel mais Bilbo pouvait voir qu'il bouillait silencieusement de l'intérieur. Le hobbit était inquiet. Un soir alors qu'ils étaient tous réunis autour de la chaleur du feu, Bilbo décida d'essayer de remonter son humeur. Il ne voulait pas que le nain d'Erebor dérive plus loin et devienne comme Gildin.

- Fili, dit-il précautionneusement en parlant dans le dialecte Firebeard que Kili ignorait toujours, il faut qu'on lui trouve quelque chose à faire de son temps.

Fili releva la tête de l'avant bras en cuir qu'il était entrain de réaliser et jeta un œil au brun. Celui-ci était assit sur un petit tabouret près du feu, toujours aussi loin du blond qu'il le pouvait. Les yeux noirs fixaient le feu, sa lumière se reflétant à l'intérieur.

- Il va bien, Bilbo. Il est silencieux et sauf. Les bleus ont tous disparus. Il devrait être heureux.

- Serais-tu heureux si tu était piégé dans la maison de quelqu'un d'autre, tout les jours assis à écouter les autres parler dans un langage inconnu et à n'avoir rien a faire ou à attendre ?

Fili eu un moment de pause.

- Il n'est pas piégé.

- Alors il est libre de partir ?

Bilbo regarda Fili de manière expectative.

Celui-ci grommela et avança vers Kili pour se placer devant lui et le regarder. Le brun leva momentanément les yeux avant de les rediriger sur le sol. Fili jeta un œil à Bilbo et hausa les épaules.

- Tu vas seulement l'effrayer à nouveau en faisant ca. Mets toi à sa hauteur.

Le blond s'accroupît alors et posa une mais sur le genou de l'autre nain.

- Aller, Raven. Laisse moi t'apprendre ca.

Kili ne répondit pas alors Fili regarda Bilbo.

- Tu devrais m'aider à lui apprendre la langue, dit-il, il se débrouillera beaucoup mieux une fois qu'il me comprendra. Peux-tu lui dire de venir à côté de moi et de regarder mes mains ?

Bilbo acquiesça et traduisit à Kili. Il ne lui avait pas parlé depuis un certain temps, réalisa-t-il quand une vague de culpabilité le traversa. Il l'avait seulement renvoyé au loin quand il avait essayé de l'aider dans le garde manger.

- Assieds-toi à côté de lui, Raven. Il veut te montrer ce qu'il est entrain de faire.

Le visage toujours sombre et sans émotion, Kili hocha la tête puis alla s'asseoir auprès de Fili sur le banc. Le blond étendit l'avant bras sur lequel il travaillait et commença de percer les bords avec son aiguille de métal puis à coudre avec vigueur. Il finit un côté puis posa l'outils pointu et le cuir sur les genoux de Kili. Le brun prit précautionneusement l'outil et le cuir avant de regarder Fili. Il comprenait mais ne pensais pas que le Firebeard voulait qu'il fasse pareil.

- Essaye, Raven, dit Fili en poussant ses mains vers le cuir.

Le brun sursauta au toucher mais resta où il était. Le Firebeard regarda alors Bilbo en fronçant les sourcils avec frustration.

- Il ne comprend pas.

Bilbo parla à nouveau en langue courante.

- Il veut que tu essayes de coudre le cuir, Raven. Est-ce que tu comprends ?

- Il m'a donné un outil tranchant.

Kili le retourna dans ses mains, les bouts de ses doigts effleurant le métal froid jusqu'à ce que Fili pose ses mains sur les siennes.

- Fili espérait que tu t'essaierais au travail du cuir.

Bilbo ne voulait pas discuter de l'humeur de Kili directement avec lui. Le blond avait besoin de faire plus d'efforts pour améliorer la qualité de vie de celui-ci.

- Est-ce que je peux avoir un bout de bois ? Demanda soudainement le brun. Juste un petit bout.

Le hobbit se tourna vers Fili et repassa en Firebeard.

- Je pense qu'il comprend mais il a demandé un bout de bois. Je ne suis pas sûr de savoir à quoi il pense, Fili. Je suis un peu inquiet sur la manière dont il tient cet outil.

- Je garde attentivement un œil sur lui. Dis lui qu'il peut choisir un bout de bois du panier.

Fili l'observait. Le jeune nain avait regardé le petit objet bien trop longtemps avec beaucoup trop d'intérêt. Le guerrier blond était prêt à sauter sur ses pieds pour lui retirer en un instant.

Bilbo rapporta les mots de Fili en langue courante et le brun se leva, l'outil toujours fermement dans sa main avant d'avancer vers le bois coupé près de la cheminée. Il trouva une petite branche, pas plus large que son poignet et environs de la taille de son avant bras. Il s'assit à nouveau près de Fili à la grande surprise de celui ci. Puis il leva l'outil et commença de gratter les rebords du bois, les bouts coupés tombant sur ses genoux.

- Bilbo, apporte lui une serviette pour ramasser les bouts, s'il te plait.

Le hobbit sauta sur ses pieds et rapporta un tissu. Il l'étendit sur les genoux de Kili et ramassa les petits bouts sur ses jambes pour les déposer dessus. Le brun releva la tête et la hocha.

- Merci

Sa tête se baissa alors qu'il travaillait sur le bout de bois, retirant l'écorce et ponçant les nœuds. Kili prit précautionneusement le bout de l'outil et commença de couper dans la branche, gravant un motif. Bilbo et Fili le regardèrent silencieusement et le brun fut rapidement absorbé par son travail. Les doigts agiles dansèrent sur l'objet, poussant et pointant dans les rainures, ses yeux noirs fixés sur son travaille. Il utilisa le côté pointu de l'outil pour créer des sillons dans le bois, puis le tourna du coté plat pour retirer les morceaux. Un heure plus tard, avec Bilbo et Fili le regardant avec une fascination absolue, il avait gravé dans le bois un magnifique motif de fleurs, vignes et feuilles enroulées les unes autour des autres. Il le tint en l'air, pour l'admirer à la lumière tout en souriant.

Souriant d'un long et véritable sourire lumineux pour la première fois depuis son arrivée. Cela ne passa pas inaperçu auprès de Fili.

Le blond cru que son cœur allait bondir hors de sa poitrine en voyant ces lèvres à nouveau tournées vers le haut. Il regarda Kili tourner et retourner l'objet, effrayé d'interrompre son instant de bonheur et le propre plaisir qu'il ressentait en observant la joie du brun. Sa curiosité augmenta et il craqua :

- Bilbo. Demande lui ce que c'est.

Le hobbit traduisit le Firebeard en langue courante.

Kili secoua la tête et cligna des yeux. Le blond remarqua alors la tristesse prendre à nouveau place dans ses iris.

- Rien du tout, dit le brun, juste un rapide motif. Ce n'est pas le bon bois pour pouvoir faire une flute ou un sifflet, ou encore même une pipe ou quelque chose de bien.

Bilbo relaya ses mots à Fili.

Une lueur d'espoir traversa le visage du Firebeard. C'était une bonne nouvelle.

- Dit lui que le prochain jour de beau temps et de chaleur nous sortirons hors du village pour aller chercher un bois plus approprié.

La mâchoire de Bilbo se décrocha avec surprise.

- Tu veux l'emmener dehors pour chercher du bois ?

- Oui. Dis le lui. S'il veut sculpter des choses alors nous sortirons.

Le blond se tourna vers Kili, attendant sa réaction alors que Bilbo rebasculait en langue commune.

- Raven, Fili dit que si tu souhaites sculpter, il t'emmènera en dehors du village pour chercher le bois qu'il faut.

Les yeux du brun s'illuminèrent.

- Il le fera ? Puis son visage s'assombrit à nouveau. Mais est-ce que ce sera sans danger ? Les autres nains, ne vont-ils pas –

- A l'extérieur des murs du village. Nous voyagerons seuls et il est peu probable que nous trouverons quelqu'un d'autre à l'extérieur des murs. Nous devrons juste faire attention dans le village et à proximité. Mais il a promit de te trouver du meilleur bois pour sculpter.

Kili baissa la tête mais son sourire ne diminua pas.

- Dis lui merci.

- Dis lui toi même, Raven. Dis lui "chokto" Fili.

Le jeune nain leva les yeux sur le Firebeard qui était déjà entrain de le regarder avec des yeux grands ouverts.

- Chokto Fili ? Dit-il, sa prononciation hésitante sonnant comme une question.

Ses propres yeux bruns étaient plus lumineux que d'habitude et il se tenait plus droit.

Fili se balança d'avant en arrière avec un sourire satisfait.

- De rien, Raven. Merci Bilbo.


Quelques jours plus tard, alors que le temps était doux et ensoleillé, Fili réveilla Kili au lieu de lui permettre de dormir tard comme il le faisait souvent. Il tenait la gravure du brun à la main et pointait la porte.

- Nous allons aller dehors aujourd'hui, Raven, dit-il, habille toi chaudement.

Le brun ne comprit pas un mot des paroles mais aperçut son bout de bois sculpté et comprit. Il fut hors du lit en un instant et prit un rapide bain. Il s'habilla avec les nouveaux vêtements d'extérieur que Nurek lui avait fait, découvrant alors qu'ils étaient parfaitement ajustés à sa taille. Ils étaient aussi recouvert d'une fine et claire fourrure qui chatouillait contre sa peau. Un moment plus tard et les cheveux ruisselant, il se hâta dans la salle à manger pour rejoindre Fili et Bilbo à table.

- Raven.

Bilbo se releva et attrapa une serviette posée sur le banc.

- Tu ruisselles de partout sur le sol. Quelqu'un va glisser.

- Désolé.

Il renvoya un sourire à Bilbo et dévora le premier bout de bacon présent dans son assiette. Le hobbit se plaça alors derrière lui, enroula la serviette autour de sa tête et entreprit de sécher ses cheveux pour lui. Fili regarda avec amusement avant de dire au hobbit de s'asseoir et de terminer son repas. Il prit sa place derrière Kili et continua de lui sécher les cheveux. Le brun se tendit quand le Firebeard vint se placer derrière lui mais celui-ci étant doux, le jeune prince trouva finalement cela apaisant et s'inclina en arrière contre les jambes du blond. Il était excité et laissa sa garde retomber bien plus tôt qu'il ne le faisait normalement. Fili était debout derrière lui, continuant de masser le bout des mèches noirs, content avec sa tache.

Le blond s'assit à nouveau et le trio termina son repas. Il n'y avait pas de mots échangés mais aucun n'était nécessaire pour traduire l'excitation présente dans la pièce. Les doigts de Fili pianotaient le long de ses couverts et les genoux de Kili rebondissaient sous la table. Comme ils allaient être à l'extérieur et marcher une grande partie de la journée, Bilbo avait préparé un grand petit déjeuner. Il vida son sac de cuir et plaça un petit sac contenant des outres et de la viande séchée à l'intérieur. Le hobbit s'habilla ensuite dans ses vêtements les plus chauds et glissa ses entraves autour de lui. Il apporta à Kili sa paire et le jeune nain les enfila sans se plaindre au plus grand soulagement de Bilbo.

Fili alla dans sa chambre, déverrouilla le coffre au bout du lit et en extirpa son épée, plusieurs couteaux, bolas et une lance. Il attacha toutes les armes sur lui, excepté la lance qu'il prit à la main. Il émergea dans la pièce et hocha la tête à l'intention des deux esclaves. Bilbo ouvrit la porte et la verrouilla derrière eux. Ils passèrent ensuite en dessous des grandes portes de bois pour sortir dans l'air froid au-delà des murs du village.


Kili sautillait devant Fili et Bilbo comme un enfant chargé de trop de sucreries. Il regardait parfois derrière lui pour voir à quelle distance ils étaient, souriait et pointait du doigt en direction d'un massif d'arbres. Fili jeta un œil à Bilbo avec un sourire satisfait.

- Je pense qu'il est heureux, Bilbo. C'est bien, n'est-ce pas ?

- Très bien, Fili. Merci de faire ça.

- C'est ce que je veux. Le garder heureux. Le garder sauf.

Le blond leva les yeux et vit Kili courir en direction des arbres.

- Il va loin. Comment sais-tu qu'il ne va pas s'enfuir ? Demanda Bilbo avec hésitation.

C'était un sujet peu plaisant mais il devait lui demander. Il n'aimait pas l'idée de Kili allant à l'encontre de plus de danger. Il en avait déjà assez vu comme ça. Ce nain attirait les ennuis.

Fili tapota le bolas pendant à sa ceinture.

- S'il le fait, je peux l'attraper. Mais je ne pense pas qu'il le fera aujourd'hui, Bilbo.

- Il en parle tu sais. De s'échapper.

- Tous les esclaves ne parlent-ils pas de s'enfuir quand ils arrivent, Bilbo ?

- Probablement. Je pense.

Il réajusta le sac sur son épaule.

- Je suis juste inquiet qu'il en soit plus capable que la plupart de ceux qui prévoit ce plan.

- N'est-ce pas pour cela que nous faisons ça ? Pour le garder heureux. S'il essaye de s'échapper, il mourra, incapable d'atteindre le passage ou alors sera trouvé et tué. Tu sais cela.

Bilbo hocha la tête et ils redevinrent silencieux jusqu'à ce qu'ils rejoignent l'autre nain près des arbres. Fili retira alors une petite scie du sac que portait le hobbit pour la donner au brun avant de le laisser couper les branches qu'il jugeait en valoir la peine. Une fois que Kili en eu pleins les bras et qu'il menaçait de tout faire tomber, Fili prit le sac des épaules de Bilbo pour en réarranger le contenu. Il sortit le sac du déjeuner et mit le bois coupé à la place puis tendit le sac de cuir à Kili alors qu'il donnait l'autre à Bilbo.

- Dis lui que c'est mieux s'il porte le bois lourd. Mais ne lui dit pas que ça va le ralentir et l'épuiser, ajouta-t-il avec un clin d'œil à Bilbo.

Le hobbit sourit, traduisit et Kili passa le sac à dos de cuir sur son épaule. Le trio continua son chemin à travers les plaines couvertes de neiges puis atteignit un petit groupe d'arbres ou le brun continua d'ajouter plus au sac. Quand ils atteignirent un abri rocheux, Fili fit entrer Bilbo et Kili à l'intérieur et ils mangèrent ensuite leur repas. Le soleil brillait au dessus d'eux et le Firebeard fit tourner le petit groupe en direction d'une arrête rocheuse où les animaux avaient l'habitude de se réfugier pendant l'hiver. Une bonne proie les nourrirait pour plusieurs semaines.

Fili finit par remarquer que Kili ployait sous le poids du sac et l'arrêta. Il retira quelque unes des plus lourdes branches et les lâcha dans la neige. Il regarda alors Kili les reprendre de manière obstinée tout en grommelant quelque chose en langue courante puis les remettre dans le sac et continuer d'avancer. Il tenait la petite scie le long de son corps et continuait de chercher plus d'arbres. Fili sourit en dépit du caractère têtu et de la désobéissance de Kili mais ne poussa pas le problème plus loin. Il serra la lance dans sa main, cherchant un animal à traquer.

- Fili… de quoi te souviens-tu de ton enfance ? Bilbo inclina sa tête sur le coté pour regarder curieusement le blond.

Le nain jeta un œil au hobbit avec un haussement d'épaule.

- En quoi est-ce important ? C'est du passé.

- Tu n'es pas un peu curieux de savoir pourquoi son vrai prénom est similaire au tien ?

Bilbo scruta Fili qui était toujours entrain de scanner le rocher à la recherche d'une proie.

- Coïncidence. Ca doit être commun à Erebor.

Il passa sa lance d'une main à l'autre.

- A Erebor les membres d'une même famille ont souvent des prénoms similaires, Fili.

- Ne parle pas de ça, Bilbo.

Le bond accéléra et le hobbit dû se dépêcher pour rester à sa hauteur.

- Dis moi ce que tu te rappelles de ton enfance. S'il te plait, Fili.

Le Firebeard soupira et s'arrêta pour regarder le hobbit.

- Je parlerais de ça une seule et une fois. Ce n'est pas très agréable.

Bilbo laissa un petit sourire traverser ses lèvres.

- Merci. Quel est ton premier souvenir ?

- Ma mère entrain de me porter. Elle avait les cheveux noirs, comme Raven. Et les yeux bleus, comme les miens. Elle était magnifique, mais très triste. Père avait l'habitude de la battre.

- Pourquoi ?

- Parce qu'elle me parlait en langue courante. Il lui a dit d'arrêter. Elle essayait quand même lorsqu'il n'écoutait pas mais la battait quand il la découvrait. Elle essayait de m'apprendre, Bilbo. Mais après quelques temps, elle m'a dit de ne jamais parler cette langue et de tout oublier. Oublier ses histoires d'Erebor pour ne pas qu'il ne me frappe moi aussi. C'est difficile de ne pas re visualiser son visage sans bleus.

- Est-ce que tu te souviens de l'avoir parlé ? Tu te souviens d'Erebor ?

- Un peu. Je peux visualiser Erebor grâce aux histoires de ma mère. Et je me souviens avoir essayé de parler la langue mais j'ai oublié tous les mots maintenant. J'ai essayé de m'en rappeler quelques temps après que ma mère soit partie mais mon père m'a dit d'oublier ou bien il me bâterait. Alors c'est ce que j'ai fait et je n'ai plus jamais prononcé un autre mot. Mon père était très…physique, Bilbo. La désobéissance était sévèrement punit. J'ai toujours les cicatrices pour le prouver. Il me disait qu'Erebor me rendrait faible et il m'a battu jusqu'à ce que je lui dise que je ne me souvenais de plus rien de tout ce que ma mère m'avait raconté. Et je ne me souvenais plus. Je ne me souviens plus, Bilbo. J'ai tout repoussé parce que je ne voulais plus que père me batte. Et ma mère a donné sa vie pour sa désobéissance. Elle essayait de me protéger quand j'ai voulu parler à mon père du lac près de la montagne. Mais il a fait ça parce qu'il se souciait de moi. Il voulait me rendre fort. Il voulait faire de moi un guerrier, un leader qui serait finalement Chef de Tribu comme lui l'était.

Bilbo hocha la tête, comprenant ce que Fili avait enduré mais détestant entendre l'aspect violent que celui-ci croyait être normal. Le hobbit était au courant de tout cela et même plus, mais maintenant n'était pas le moment de le dire à Fili. Il voulait connaître l'étendue de ses propres connaissances au sujet de son éducation.

- Tu te souviens de quelque chose de ta vie avant cela ?

- Je ne pense pas.

Fili s'accroupit dans la neige, cherchant des traces et scannant les arbres.

- Il y a un sanglier tout près, Bilbo. Garde la voix basse.

Ce dernier hocha la tête, peu perturbé par le sanglier et plus intéressé par le passé de Fili.

- De quoi te souviens-tu d'Erebor ?

- J'imagine cela comme une énorme montagne, avec des piliers allant du sol au plafond, gravés avec d'anciennes runes. Il y avait un lac et une forêt tout près. Beaucoup d'or, et de pêche, et de chasse. C'était magnifique.

Il continua d'avancer en suivant les traces.

- Alors tu t'en souviens ?

- Bien sur que non. Je n'ai jamais été là-bas. C'est ce que j'imagine à partir des histoires de ma mère.

- Tu es sûr que tu n'as jamais été là bas ?

Fili se tourna, exaspéré par toutes ces questions.

- Je n'ai jamais été là bas, Bilbo. Je suis né ici, fils de mon père l'ancien Chef de la Tribu et de ma mère, esclave sexuel d'Erebor. J'ai voyagé en direction d'Erebor lors des raids d'été mais jamais assez près pour apercevoir autre chose que le pic. Pourquoi veux tu savoir tout ça ?

- Fili, ton père m'a dit des choses il y a cinq ans, alors qu'il était sur son lit de mort. Je ne –

- Shh, l'interrompit soudain le blond en s'accroupissant et en se tendant. Le sanglier est tout proche.

Il signala à Kili de s'arrêter et remarqua en même temps que le nain semblait épuisé après avoir porté le sac. Ses épaules étaient courbées et ses yeux dérivaient au loin. Son plan originel était de faire porter le sanglier à Kili jusqu'à la maison, mais il aurait à le faire lui même. Fili se faufila entre les arbres et souleva sa lance à hauteur de l'épaule.

Bilbo fit lui demi tour pour venir se placer aux côtés du brun. Il plaça ensuite sa main sur son bras et lui offrit un sourire. Le nain lui retourna et trembla légèrement alors le hobbit l'invita à s'asseoir et prendre un peu d'eau.

- Est-ce que tu es fatigué ? Demanda Bilbo, bien qu'il connaissait la réponse.

- Non, je vais bien, mentit Kili, j'aime ça, dit-il en mentionnant leur entourage.

Le hobbit sourit.

- Il a pensé que tu serais heureux de sortir. Il a fait ça pour toi.

Kili pencha sa tête sur le côté, pour essayer de regarder à travers les arbres où Fili avait disparu.

- Il n'est pas aussi mauvais que les autres, n'est-ce pas ?

Bilbo souleva son menton.

- Fili à bon cœur, Kili. Tu peux lui faire confiance. Les autres… Ne crois pas les autres. C'est plus sûr d'assumer que n'importe lequel d'entre eux ne se chargerait d'aucune excuse pour poser la main sur toi ou te blesser. Tu dois toujours garder la tête basse et être obéissant. Fili fera tout ce qu'il peut pour te garder sauf mais tu dois lui faire confiance et faire un effort de ton côté.

Kili hocha la tête, regardant le sol.

- Je ne pourrais pas m'échapper avant le printemps, n'est-ce pas ? Je pense que j'essayerai, dit-il. J'essayerai de survivre jusque là, même si je dois jouer le rôle de l'esclave. Ce n'est pas honteux d'essayer de me garder en vie de cette manière jusqu'à ce que je m'échappe, si ? Et j'essayerai de faire confiance à Fili.

Il releva la tête pour à nouveau observer les arbres où le blond avait disparu.

Bilbo fronça les sourcils à l'idée de la fuite, mais était content d'entendre que Kili ferait un effort pour accepter sa situation sur ce court terme.

- Fili fera tout ce qu'il peux pour te garder sauf et heureux tu dois juste demander.

Kili pencha pensivement la tête.

- J'aime ses mains.

- Quoi ? Demanda Bilbo surpris.

- Ses mains. Elles me rappellent celles de mon oncle. La manière dont il me borde dans le lit… quand il me guide en direction de la chambre le soir … la manière dont il a séché mes cheveux aujourd'hui. J'aime ses mains.

Une pointe de rouge apparut sur les joues de Kili et il se détourna de Bilbo.

- S'il te plait, ne lui répète pas ça.

Il y eu un bruit dans les arbres et Bilbo chercha à regarder à l'intérieur en écoutant. Il n'avait jamais été dehors avec Fili pendant qu'il chassait et de ce faite, il n'était pas trop sûr de à quoi s'attendre bien qu'il faisait confiance au blond pour rester sauf. Quelques minutes plus tard Fili émergea des buisson, un sourire triomphant sur le visage et trainant un sanglier derrière lui, le bout de sa lance pleine de sang.

- Bilbo, sort moi la corde du sac, lui demanda-t-il.

Le hobbit plongea dans le sac de cuir, sous les branches de Kili et trouva finalement la corde. Fili ligota le sanglier, l'attachant jusqu'à ce qu'il soit capable de mettre la corde sur son épaule et le porter sur son dos. Il garda sa lance dans la main et se retourna vers Bilbo et Kili.

- Il est temps de rentrer à la maison. Vous êtes prêt ?

Bilbo hocha la tête et tendit une main vers le brun. Kili ramassa le sac de cuir tout en clignant doucement des yeux.

- Nous ferions mieux de vite le ramener à la maison, Fili, dit le hobbit. Il a porté tout ce bois pendant des heures. Il est épuisé mais il ne l'admettra pas.

Le blond sourit.

- Ca ira. C'est qu'il est têtu, n'est-ce pas ? Garde juste un œil sur lui. Je pense qu'il va se débrouiller. Il a été de bonne humeur aujourd'hui.

Le groupe atteignit le village avec une heure de jour restante. Fili mena Bilbo et Kili sous les portes, tournant ensuite dans le premier chemin en direction de leur foyer.

- Fili.

Il se crispa, sa main sur sa lance, et regarda sur le côté. Son oncle, le Chef de la Tribu, Bronin, apparut au coin d'une habitation.

- Félicitation pour ta proie.

Les vieux nain regarda le sanglier puis Bilbo et Kili. Le hobbit garda la tête baissée. Les yeux de Kili regardèrent eux en l'air, faisant contact visuel. Il reconnu le nain comme étant le leader lors de sa première nuit dans le large hall, quand Fili l'avait réclamé. Le nain plus âgé se redressa bien droit, les mains redressant son manteau, ses sourcils froncé en travers de son visage. Un frisson de peur traversa la forme du jeune nain alors que le regard froid se posait sur lui.

- Fili. Ton nouvel esclave est à la fois entrain de porter une scie et à la fois entrain de me regarder. Pourquoi a t-il une arme ?

Fili tressaillit. Il avait complètement oublié la scie. Il aurait dû la reprendre à Kili des heures auparavant et la ranger dans le sac. Il prit une profonde respiration et parla calmement.

- C'est juste une lame émoussée. Je lui ai fait couper du bois avec pour le feu, mon oncle, et il l'a ensuite porté sur le chemin du retour.

- Les esclaves ne devraient pas porter d'arme, même si elles sont émoussées. Et il continue de me regarder. Si c'est une mule, ne devrait-il pas aussi porter le sanglier ?

Bilbo qui écoutait chaque mot avec ses yeux baissé donna un coup de coude dans les côtes de Kili.

- Regard baissé, Raven, murmura-t-il.

Ses doigts s'enfoncèrent dans le manteau de Kili, espérant que le nain serait épargné de punition.

Fili regarda derrière lui et aperçut Bilbo entrain de dire au nain d'Erebor de regarder au sol. Le brun obéit et le blond fit alors demis tour pour prendre la scie des ses mains.

- C'est ma faute, mon oncle. C'était seulement pour qu'il coupe du bois et ensuite j'ai oublié. Et je ne pensais pas en couper autant. Il ne peut pas tout porter.

- Alors il est faible et n'essaye pas assez. Je pense qu'il devrait recevoir une raclée pour être rappelé de sa faiblesse et son échec à remplir nos attentes. Et pour toi Fili – il y a des règles. Si tu n'arrives pas à faire en sorte que tes esclaves leur obéissent, alors je trouverais quelqu'un qui les lui fera respecter, ou bien alors il sera expulsé du village. Cela donne un mauvais exemple aux autres. Particulièrement en provenance de celui qui est censé bientôt devenir le Chef de la Tribu.

- Ce n'est pas nécessaire, mon oncle. Il obéira et servira. Je m'occuperais de lui trouver une punition pour avoir été incapable de remplir sa tache.

- Tu ferais mieux. Je t'ai à l'œil mon neveu.

Finalement le vieux Firebeard partit et Fili souffla, soulagé de voir maintenant le dos de son oncle. Il était content que Bronin ne lui ait rien fait à lui ou à ses deux esclaves. Mais il doutait qu'il laisserait passer cela une deuxième fois.

- Vite Bilbo. Rentrons.

Fili pressa le groupe chez eux, ses mains agrippant fermement sa lance et l'autre restant sur l'épaule de Kili pour le garder proche. Le brun s'inclina contre lui quand Bilbo déverrouilla la porte. Fili déposa sa proie dehors sur le sol dans la neige où il pourrait s'en occuper au matin. A l'intérieur le hobbit s'occupa rapidement de sa tache habituelle consistant à ranimer les cheminées puis se dépêcha de préparer un rapide diner. Le blond se tourna vers Kili et fit attention en prenant le lourd sac chargé de ses branches puis le posa sur le côté. Il fut surprit pas le poids que Kili avait porté et se tourna de nouveau vers lui pour tirer sa tunique sur le côté et examiner son épaule. Il y avait des marques rouges crées par les lanières du sac.

- Tu n'aurais pas du porter le sac toute la journée, Raven.

Il massa doucement son épaule tout en gardant néanmoins son toucher léger. Il laissa finalement remonter la tunique et regarda Kili qui l'observait avec un petit sourire. Fili ne put s'empêcher de sourire en retour puis saisit les clés pour le collier et les menottes. Le brun s'installa sur le banc en bayant. Alors que le blond approchait, le jeune nain souleva le menton pour lui permettre de retirer ses entraves; puis il tendit ses poignets. Le blond posa le métal sur le côté et se retourna pour masser doucement les poignets de Kili. Le brun bailla encore une fois, semblant néanmoins heureux et autorisant le Firebeard à caresser ses membres.

Curieux de voir s'il pouvait faire preuve de plus d'affection sans être rejeté, Fili se leva doucement puis se déplaça pour s'asseoir derrière le jeune prince. Il posa les mains sur ses épaules pour continuer de le masser en doux cercles du bout des doigts. Kili laissa échapper un léger soupir et s'inclina en arrière vers Fili. Le blond continua, heureux de voir le jeune nain satisfait et heureux. Une chaleur augmenta dans son estomac et il désira alors tirer Kili plus près de lui mais se retint. Il ne voulait pas l'effrayer.

Et même ci c'était ce que Fili désirait; Bilbo était dans la cuisine entrain de siffler alors qu'il préparait le repas du soir. Kili était relaxé, montrant au Firebeard des signes de gratitudes et de bonheur. Son esprit erra alors à travers les évènements de la journée. Il se sourit à lui même quand il se remémora le brun, remplis d'énergie et de vie entrain de courir vers les arbres. Puis ses pensées tournèrent à nouveau au noir quand il se rappela de sa rencontre avec son oncle et de ses avertissement sur comment traiter correctement ses esclaves.

Le sourire de Fili se transforma en froncement de sourcils. Son oncle n'hésiterait pas à agir sur ses dires s'il pensait qu'il était trop gentil avec les esclaves. Emmener à nouveau Kili dehors pour du bois serrait difficile si pas impossible. La crainte s'installa dans son estomac avec le rappel qu'il ne pouvait pas laisser son désir de rendre Kili heureux compromettre leur sécurité à tous les trois.


J'ai un petit message de la part de FuryNZ qui voudrait vous remercier pour toutes vos gentilles reviews et aussi vous dire qu'elle est contente de voir d'autres personne lire et apprécier Barbare (Barbarian) :)