Recroquevillé en boule sur le rebord du lit et aussi loin qu'il le pouvait de n'importe qui, Kili s'endormit à nouveau. Fili le laissa dans le lit et rejoignit Bilbo dans la salle principale. Le hobbit était assit silencieusement sur le banc entrain de siroter son thé chaud. Le Firebeard tomba dans son fauteuil et étira ses jambes devant lui. C'était presque l'après midi.
- Comment va-t-il ? La voix du hobbit était claire et neutre et ses yeux fixés sur le feu qui repoussait le froid provenant de l'extérieur.
- A nouveau endormit. Je pense – j'espère, que physiquement… il ira bien. Mais tu devrais lui parler quand il sera réveillé. Je veux savoir ce qu'il pense. Je suis inquiet pour lui.
- Je lui parlerais. Et toi, comment tu vas ?
Fili fit pianoter ses doigts contre le bras de son fauteuil.
- Je me sens affreux, Bilbo. Je n'aurais pas dû faire ça… mais qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ?
- Je ne sais pas.
Le silence entre les mots fut long et appuyé. Finalement, Fili se releva pour aller errer dans la cuisine en soupirant. Bilbo le suivit.
- Tu veux que je te fasse quelque chose ?
- Non, va te reposer dans le salon Bilbo. Je veux que tu sois là pour Kili quand il se réveillera.
- Alors c'est Kili à la place de Raven, maintenant ?
Fili prit un peu de pain et de beurre et hochât la tête.
- Kili. Mais ne laisse personne d'autre savoir ça.
Le hobbit retourna dans la pièce commune. Il poussa la porte de la chambre du Firebeard ouverte et aperçu Kili allongé sous une couverture entrain de le regarder. Il déglutit, effrayé pour le brun.
- Fili a dit que tu t'étais rendormi. Je ne pensais pas que tu serais réveillé. Je peux entrer ?
- Oui, s'il te plait, lui répondit une voix douce mais rauque.
- Comment tu te sens ?
- Endoloris.
Bilbo fronça les sourcils. Il savait que le jeune nain serait endolorit mais il voulait en savoir plus sur son était mental.
- Rien d'autre ?
Kili ne répondit rien mais une larme perla au coin de ses yeux.
Bilbo s'assit sur le bord du lit à côté des genoux du brun.
- Est-ce que tu te souviens quand je t'ai traduis les explications de Fili l'autre nuit ? Sur pourquoi il a fait ca ?
Kili hocha faiblement la tête.
- Il est vraiment fâché, Kili. Il ne voulait pas le faire. Mais tu sais qu'il l'a fait parce qu'autrement ils t'auraient tué. Est-ce que tu comprends ?
- Je sais, bégaya-t-il, ses doigts s'enfonçant dans la couverture tout en se rappelant des mots que Bilbo lui avait dit avant l'acte. J'espérais juste qu'il trouverait un autre moyen. Qu'il comprendrait que je ne voulais pas qu'il le fasse. Pas comme ça.
Il y eu une autre longue pause.
- Je ne suis pas fâché que ce soit Fili qui l'ait fait, dit-il finalement et Bilbo entendit à peine le murmure.
Le regard de Kili s'égara dans la pièce avant de retourner sur le hobbit.
- Je voulais que ce soit Fili. Mais je ne voulais pas que ça ce passe comme ca. J'espérerais que si nous le faisions… quand nous le ferions… que notre première fois serait heureuse. Je n'étais pas prêt.
Il s'étendit à nouveau en arrière et fixa le plafond.
- Est-ce que ca va aller ? Demanda Bilbo inquiet. Fili a besoin de savoir.
- Je sais pourquoi il l'a fait, murmura le brun, son esprit toujours fixé sur le commentaire précédent du hobbit.
Ses doigts s'entortillèrent dans le rebord de l'oreiller et il enfouit sa tête dedans.
- Je n'ai pas aimé, mais je comprends pourquoi il l'a fait. Vraiment. Ca fait mal, Bilbo. J'étais effrayé et je ne pouvais pas me détendre. J'ai essayé de me débattre. Je l'ai frappé. Je ne voulais pas, j'ai juste… ca m'a vraiment fait mal et le guérisseur m'a fait encore plus mal. Mais cette partie de moi guérira.
Bilbo grimaça au choix des mots du jeune nain.
- Quelle partie de toi ne guérira pas ?
- Je voulais lui faire confiance.
Le brun fit une pause puis roula vers le hobbit, sa voix de nouveau un bas murmure lourd de peine.
- J'aimais ses douces caresses. La manière dont il touchait mes cheveux. C'était…agréable, Bilbo. Je commençais de désirer ce toucher. Et je le voulais près de moi. A la fête… j'ai vu comment il a essayer de me protéger. Comment il a essayé de se mettre entre moi et le Chef. Il a fait ce qu'il a pu pour me protéger. Et ensuite, il m'a porté à la maison pour que je n'aie pas à marcher.
Il s'assit et regarda Bilbo dans les yeux.
- Je pense que je l'aimais. Je ne sais pas si je le peux désormais. Ca fait plus mal que les mots ne peuvent le décrire.
Il enfonça sa tête entre ses genoux.
- Oh Bilbo, je ne sais pas quoi faire. Je le veux proche de moi… mais pourtant c'est plus sur si je suis loin de lui.
- Tu devrais lui parler. Vous êtes tout les deux affligés, tout les deux du même coté du ravin. Aucun de vous ne voulait ça.
- Oui. Mais l'un d'entre nous avait le pouvoir de tout arrêter.
Kili prit une profonde respiration et resta assit silencieusement. Il était consterné. Il se souciait parfois pour Fili plus qu'il ne le désirait. Il y avait certains moments où il se rappelait qu'il était celui qui le détenait et qu'il était l'esclave, peu importe à quel point le Firebeard était gentil avec lui. Et il avait essayé de réprimer ses sentiments pour Fili, mais en dépit de ses tentatives, ils finissaient toujours par ressortirent. Le pire était qu'il comprenait pourquoi le blond avait fait cela et il comprenait aussi sa situation délicate. Il ignorait les mots qui l'avaient forcé à le faire mais pourtant il continuait de croire qu'il n'avait eut que très peu de choix en dépit des actions qui en avait découlées. Kili commençait de se détester lui même, découvrant que son cœur utilisait déjà la logique pour pardonner le blond quand sa tête avait besoin de lui en vouloir pendant encore un peu plus de temps. Il bougea, déclenchant en même temps un pique de douleur en provenance de l'intérieur qui alimenta son argumentation. Il laissa alors échapper un grognement involontaire.
Bilbo le regarda de manière alarmée.
- Kili ? Je peux t'aider ? Est-ce que ce sont tes pieds ou –
- Ce ne sont pas mes pieds.
Il bougea inconfortablement pour essayer de trouver une meilleure position.
- Fili sera content s'il peut te chercher n'importe quoi dont tu pourrais avoir besoin et qui t'aiderais.
Le brun secoua la tête.
- Je sais qu'il le ferait.
- Est-ce que tu vas lui parler ? Il est aussi affligé que tu l'es.
Confus et blessé, Kili releva ses genoux contre son torse et prix quelques minutes pour se calmer alors que des émotions et pensées conflictuelles tiraillaient son esprit.
- Mais tu dois avoir raison. Il ne le voulait pas non plus. Tu peux lui demander de venir ici ? Je ne veux pas me lever pour l'instant. Et est-ce que tu peux revenir et rester avec moi ? Je ne veux pas être seul avec lui.
Bilbo ne perdit aucune seconde pour aller dans la cuisine chercher le Firebeard qui entra alors avec hésitation. De la honte était lisible sur son visage. Le hobbit traduisit et Fili glissa sur le lit à côté de Kili sans le toucher.
Le brun prit une profonde inspiration pour rassembler son courage. Il regarda les yeux tristes du blond, ses mouvements hésitants et ses bras tendus. Puis ses mains tremblantes, les mains dont il était tombé amoureux. Et il se rappela pourquoi Fili l'avait prit et essaya de manière hésitante de montrer au guerrier qu'il comprenait. Il tendit une main vers lui puis la retira, enfouissant son visage entre ses bras.
- Je suis désolé, Bilbo. Je ne peux pas. Pas encore. Je suis désolé. Ce n'était pas de ta faute Fili. Je comprends pourquoi tu as fait ça. Je n'ai pas aimé mais je comprends. Je suis désolé de m'être débattu et de t'avoir frappé.
Le hobbit traduisit et les yeux de Fili s'élargirent sous le choc.
- Non, Bilbo ! Dis-lui qu'il ne doit pas s'excuser ! Tout est de ma faute ! Je ne voulais pas… Je n'avais pas l'intention de l'attacher mais je devais le faire parce que je devais… Oh, Bilbo. Dis-lui que je suis désolé, tellement désolé.
Le hobbit traduisit à nouveau et ils continuèrent de s'excuser pendant quelques temps avant de s'assoir en silence, chacun à un bout du lit. Fili tendit une main. Kili la remarqua mais détourna le regard.
Le blond se tourna alors avant que quelqu'un ne puisse apercevoir son expression et glissa hors de la chambre.
En dépit de la compréhension de Kili et des excuses de Fili, le brun choisit de garder ses distances et de dormir dans la salle commune. A la requête de Fili, Bilbo ravivait le feu à chaque fois avant d'aller se coucher. Le Firebeard avait apporté des fourrures à Kili et les avaient laissé devant la cheminée. Aucun mot n'avait besoin d'être prononcé. Fili était attristé que Kili ressente le besoin de faire cela mais il savait que c'était ses propres actions qui avaient tout déclenché. Il fit de son mieux pour s'excuser à travers des gestes il le réveillait doucement le matin en lui apportant le petit déjeuner et en s'asseyant à côté de lui pendant qu'il mangeait, tout en maintenant à chaque fois assez de distance entre eux pour ne pas l'effrayer. Le brun commença de se placer dos au mur et de garder ses yeux fixés sur le Firebeard à chaque fois que celui était proche. Bilbo lui, regardait tristement. Fili était clairement peiné par ces actions mais Kili était toujours blessé et avait besoin de temps pour lui pardonner.
Fili chercha à en faire encore plus, apportant les plus douces fourrures de son propre lit pour améliorer l'espace qu'avait choisit Kili pour dormir. Il lui demandait aussi ce qu'il voulait pour diner et essayait même d'aider Bilbo à cuisiner jusqu'à ce que celui-ci le chasse hors de la cuisine. Il affuta aussi les outils utilisé par le brun pour sculpter le bois.
Plusieurs semaines passèrent sans aucun signe d'amélioration entre les deux nains. Un jour de grand froid, Fili se réveilla tôt et se dirigea dans la pièce principale où Kili dormait en silence. Bien que le hobbit était souvent le premier réveillé, il était aujourd'hui lui aussi encore entrain de dormir. Il y eu un marmonnement en provenance du sol et Kili remua, continuant de marmotter dans son sommeil. Fili entendit son propre nom et réalisa que le brun était entrain de supplier dans son cauchemar. Le blond contourna la forme endormit, voulant désespérément se baisser et le tirer dans ses bras pour caresser ses cheveux, embrasser son cou et ses lèvres jusqu'à ce qu'il sorte de son sommeil noir. Mais trop effrayé de traumatiser d'avantage le jeune nain, il se retint, ses ongles s'enfonçant alors dans ses paumes. Il s'assit sur le banc placé à côté et commença de murmurer.
- Kili…Kili, réveille toi.
La forme continua de se débattre sous les fourrures alors il s'approcha un peu plus en continuant de murmurer
- Kili.
- Non, gémit encore et encore la petite voix en langue courante et les yeux fermés.
Le brun ne se réveillait pas et Fili ne pouvait pas le toucher.
Le Firebeard fut surprit lui même quand il ressentit une sensation humide et non voulue sur sa joue. Il essuya rapidement la larme. Il gagna ensuite rapidement la cheminée et ajouta quelques bûches pour garder la pièce chaude et ainsi, Kili à l'aise. Il s'habilla ensuite avec des fourrures chaudes et sortit de chez lui, laissant les deux esclaves dormir, incapable de faire face à sa peine en leur présence.
Il traversa le village sans vraiment avoir de but, bien qu'il savait qu'il resterait dehors et loin de son oncle. Il s'occupa en se consacrant au bétail et à traire les vaches, déposant ensuite sans un mot le seau de lait à Bilbo avant de repartir. Il entendit le hobbit l'appeler mais vérifia que la porte était fermée, gardant les deux esclaves en sécurité à l'intérieur puis se dirigea vers la maison de Nurek. Il frappa à la porte, surprit quand Nisor, le cousin de Nurek ouvrit la porte.
- Désolé. Je cherchais Nurek, dit-il au guerrier avec le tatouage bleu.
- Il est partit, répondit le robuste Firebeard, de la tristesse dans la voix.
- Partit ? Fili le dépassa pour rentrer dans la maison et regarder de manière alarmée aux alentours.
- Quoi ? Qu'es-ce qu'il s'est passé ?
- Il est allé enterrer son enfant et Gildin.
Fili eut la chair de poule alors qu'il se tournait vers l'autre nain.
- Que s'est-il passé ?
Nisor secoua la tête.
- Cette stupide esclave a étouffé l'enfant avec un oreiller, répondit-il. Quand Nurek est rentré chez lui, elle était dans le lit et l'enfant ne respirait plus. Elle a ensuite sortit un outil coupant et s'est tranché les poignets.
Fili secoua la tête à son tour.
- Je ne comprend pas pourquoi –
- Nurek a dit qu'elle rigolait tout en lui disant qu'elle avait sauvé l'enfant et qu'elle allait maintenant se sauver elle même. Stupide esclave, rajouta le nain au tatouage bleu. C'est pourquoi nous les gardons loin des couteaux.
- Elle s'est tuée, songea Fili à haute voix. Elle et son propre enfant. C'est à quel point elle avait besoin de s'échapper.
- Oh non, elle ne s'est pas tué, le Firebeard se laissa lourdement tomber sur la chaise de son cousin. Nurek l'a terminé avant qu'elle ne se vide de son sang. Il était furieux d'avoir perdu son fils.
Le visage du blond se tordit avec douleur.
- Il l'a tué ?
- Poignardé dans le cœur, plusieurs fois à la suite. Tu n'as pas entendu les cris ce matin ?
- Je – non.
Les deux nains restèrent assis en silence pendant quelques minutes jusqu'à ce que Fili retrouve enfin sa voix.
- Nisor, le nain au cheveux noirs d'Erebor que tu as ramené comme esclave, celui que j'ai récupéré, dis moi comment il s'est retrouvé ici.
Nisor sembla pensif.
- Nous avons trouvé un groupe de nain d'Erebor, expliqua-t-il. Moi et Tirnok. Puis il y a eu une bataille. Ils avaient de très bonnes armes mais étaient jeunes et inexpérimentés. Nous avons pensé que nous pourrions facilement les surpasser mais il y en avait un autre, une grand, et il se battait bien. Comme l'a fait le petit aux cheveux noirs.
Fili hocha la tête. Il n'était pas surpris d'entendre que Kili était un bon combattant le jeune nain avait eu sa propre bataille, juste avant qu'il n'arrive lors du raid de l'autre village.
Les mains de Nisor parcoururent les outils de Nurek.
- Le grand m'a assommé et ils m'ont gardé comme prisonnier. Mais ton esclave… il était différent. Il m'a apporté de la nourriture et de l'eau. Il m'a gardé en vie. Quand le reste de la patrouille est arrivé, je lui ai retourné la faveur. Je l'ai gardé en vie sur le chemin du retour jusqu'au village.
- Alors c'est pour ça ? Tu l'a sauvé parce qu'il t'avais montré de la gentillesse ?
- Je lui devait la vie alors j'ai sauvé la sienne. Je ne lui dois plus rien maintenant. Ce n'était pas de la gentillesse. C'était une dette.
Fili s'inclina contre le mur.
- Je vois.
Le raisonnement du nain au tatouage bleu était influé par les principes des Firebeards. Il n'admettrait pas de la gentillesse envers un esclave. Et pourtant il y avait une pointe d'émotion dans sa déclaration. Fili fut encore plus surpris par sa question suivante.
- Est-ce qu'il va bien ?
- Il est en vie.
Nisor regarda pensivement vers le bas.
- C'est bien. J'espère qu'il fera mieux que Gildin.
Fili regarda Nisor puis fit une pause avant de hocher la tête.
- Je devrais y aller. S'il te plait, dis à Nurek que je suis passé et qu'il à tout mon soutient pour la perte de son fils.
- Je le ferais.
Il quitta la maison du tailleur, pensif sur les mots de Nisor et repensant à Kili immergé de cauchemar sur le sol de la pièce principale. Il avança rapidement à travers le village jusqu'à chez lui et déverrouilla la porte. Il retira sa première fourrure et ferma la porte avant de remarquer que Kili n'était plus là et que la porte de Bilbo était ouverte.
- Kili ? Bilbo ? Appela-t-il en avançant dans la cuisine.
Il fut soulagé de les trouver tout les deux ici, le hobbit roulant de la pate et le nain assit du côté opposé avec ses outils. Il entra à l'intérieur, bottes raisonnant sur le sol de pierre. Bilbo se retourna nonchalamment mais Kili se pressa un peu plus contre le mur, ses yeux fixés sur le blond. Fili avança jusqu'au hobbit et se pencha vers lui pour l'étreindre .
- Fili ? Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il confus. Qu'est-ce qui ne vas pas ?
- Bilbo, Fili s'écarta, ses mains toujours sur les épaules du hobbit. Tu me le dirais s'il y avait n'importe quoi que je puisse faire pour rendre ta vie plus supportable, n'est-ce pas ?
- Je… je ne sais pas, bégaya Bilbo. Je suis dans ce village depuis longtemps. Ce que je veux n'a pas d'importance et je me suis fait à cette idée.
- Peut-être avec mon père, répondit Fili, mais avec moi non, tu dois me dire ce dont tu as besoin pour être heureux.
Il s'écarta du hobbit pour se tourner vers Kili qui se recroquevilla d'avantage sur ses outils. Il fit un pas en avant et le jeune nain glissa sur le côté pour garder ses distances.
- Pas encore, Fili, supplia Bilbo. Kili n'est pas prêt. Pourquoi est-ce que tu dis tout ca ?
Le Firebeard hocha tristement la tête.
- S'il te plait dis lui la même chose que ce que je viens de te dire.
Bilbo se tourna vers le brun, debout dans l'entrebâillement de la porte, et traduisit le souhait du Firebeard de lui faire part de leurs besoins. Il se retourna ensuite à nouveau vers le blond.
- Qu'est-ce qui a provoqué cela ?
- Gildin et son fils sont mort.
L'esprit de Bilbo passa de la confusion à la tristesse.
- Oh.
Il sentit des vertiges l'assaillirent et se dirigea vers le tabouret laissé vacant par Kili pour s'y asseoir.
- Oh.
Il fermi les yeux alors que ceux ci se remplissaient de larmes.
Fili et Kili avancèrent tous les deux vers lui mais le jeune nain se décala pour éviter une collision avec le blond qui s'approchait lui aussi.
Bilbo rouvrit les yeux.
- Ca va aller, dit-il à Fili. Ce n'est pas le premier esclave que j'ai eu le droit de connaître et qui meurt ici. Mais ça ne rend pas les choses plus faciles.
Le Firebeard plissa les yeux à cette déclaration. Il n'avait jamais réalisé le genre de souffrance qu'avait dû endurer Bilbo. Le silence fut brisé quand Kili posa une question en langue courante. Le blond entendit Bilbo prononcer le nom de Gildin dans sa réponse et réalisa que le brun n'avait pas pu comprendre pourquoi le hobbit n'allait pas bien. Il autorisa au deux un moment de discussion en langue courante avant de retourner près de Bilbo pour l'étreindre une nouvelle fois.
- Je suis désolé Bilbo. Je sais que tu essayais de l'aider.
Kili s'assit sur le banc, la tête penchée alors qu'il regardait Fili étreindre Bilbo.
Plus tard dans la soirée ils se réunirent dans la pièce commune et Fili et Bilbo jouèrent au cartes alors que Kili était assit sur son tabouret près du feu, ses outils pour travailler le bois étalés à côté de la cheminée près du panier de bois. Il était penché au dessus de son bout de bois, fronçant des sourcils alors qu'il enfonçait le bout dans le bord et commençait de buriner.
Bilbo releva la tête quand Kili grommela une nouvelle fois puis se redressa et maudit son travail avant de se repencher dessus.
- Il est très agité ce soir, soupira le hobbit.
Fili jeta un œil au brun et hocha la tête.
- C'est vrai. On devrait lui faire un thé, pour le rela –
- Tu sais bien qu'il ne boira plus jamais un de ces thés à moins que tu le tiennes et ne le force dans sa gorge.
Fili grimaça.
- S'il te plait ne dis pas ça. Je n'ai aucun désir de lui faire ça.
Bilbo déposa ses cartes.
- Je sais mais –
Sa phrase fut interrompue par un cri de Kili. Bilbo et Fili se retournèrent vers lui ; il tenait un couteau et avait une coupure ensanglantée sur le poignet, juste à coté de la bande de cuire destinée à protéger sa peau des menottes. Le commentaire de Nisor à propos de Gildin raisonna soudainement dans l'esprit de Fili ensuite elle a sortit un outil tranchant et s'est tranché les poignets.
- Kili !
Fili bondit sur ses pieds pour se précipiter sur lui et attraper son poignet blessé.
- Bilbo, un bout de tissu, vite !
Le hobbit se dépêcha d'aller en chercher un.
Kili essaya de se libérer en suppliant mais le blond ne fit que le tenir plus fermement d'un bras, l'autre main autour de son poignet pour arrêter le flot de sang. Il s'assit derrière le nain et le tira sur ses genoux pour le maintenir immobile. Il pouvait sentir les battements de son cœur sous ses doigts pressés contre le poignet plus mince.
Bilbo fut de retour avec le tissu en un instant et Fili essuya le sang alors que Kili s'adressait au hobbit. Le blond retira le tissu et trouva une coupure peu profonde sur la peau. Le brun avait échoué à se couper trop profondément. Il hoqueta et leva le bras, serrant et berçant Kili d'avant en arrière tout en essayant de contrôler ses propres tremblement.
- Fili, dit Bilbo en attrapant son épaule. Tout vas bien. Il dit qu'il a glissé. Il était frustré par la qualité du bois restant alors il a appuyé trop fort, coupé dans la mauvaise direction et glissé. Il dit qu'il va bien.
Le cœur de Fili ralentit alors que le soulagement le parcourait et il se pencha sans y penser pour embrasser l'épaule du brun.
- Je suis désolé, murmura-t-il. Je pensais que tu… tu sais que je ferais n'importe quoi pour toi ? N'importe quoi Kili.
Le jeune nain regarda Bilbo avec des yeux larges et confus alors que la prise de Fili autours de ses bras l'immobilisant restait ferme.
- Bilbo… Je vais bien. S'il te plait, dis lui de me lâcher.
- Fili veut que tu saches qu'il ferait n'importe quoi pour toi.
Kili resta assit momentanément subjugué.
- Oui. Je suis désolé de lui avoir fais peur. Tu peux lui demander de me laisser partir ? Il me sert trop fort.
Bilbo rapporta les mots à Fili qui se détacha doucement de l'autre nain avant de s'agenouiller devant lui, là ou Kili pourrait le voir. Il pointa le tissu et son poignet.
Le brun le regarda avec hésitation puis hocha la tête. Il avait été terriblement effrayé par la réaction qu'il aurait la prochaine fois que Fili le toucherait mais cette soudaine embrasse n'avait pas été aussi mauvaise qu'il ne l'avait pensé. Il sentit son cœur accélérer, mais cela était plutôt dû à sa réaction sereine plutôt qu'au contact directe avec Fili. Il jeta un œil aux yeux bleus qui attendait patiemment une réponse et hocha de nouveau la tête. Les mains de Fili étaient douces, comme elles l'étaient souvent, excepté cette terrible nuit. Le Firebeard saisit le tissu et l'enroula. Une image déplaisante de lui pliant un bandeau traversa l'esprit de Kili et il avala sa salive pour supprimer le souvenir. Sa main tremblait alors qu'il la tendait mais Fili la stabilisa avant d'enrouler la petite serviette puis de l'attacher autour de la coupure.
Le blond souleva le poignet de Kili pour venir presser un baiser dans sa paume tout en regardant profondément dans ses yeux, maintenant son regard dans le sien pendant quelques instants.
- Kili, dit-il doucement en lui souriant.
Le brun sentit un frémissement dans sa poitrine et lui rendit le sourire. Sa peur se dissipa et il réalisa à quel point les touchers aimant de Fili lui avaient manqué.
Le point de changement pour les deux nains arriva réellement le lendemain, presque six semaines après la fête et l'incident. Fili était partit chercher plus de bûches et de bois pour le travail de Kili après l'avoir entendu se plaindre que celles qui restaient n'allait pas. A son retour, il prit l'outil pour travailler le bois qu'il avait acheté à Kili et prit précautionneusement la petite pointe, la poussant dans une partie du bois pour commencer de graver une forme. Les larges mains pressèrent doucement dans le bout de bois, creusant dedans avec attention et il se concentra alors que Bilbo travaillait dans la cuisine et que Kili lui tenait compagnie.
Il travailla silencieusement et attentif à de ne pas attirer l'attention sur lui tout en imitant les techniques de Kili. Quand Bilbo passa dans le salon suivit du jeune nain, il fourra l'outil et le bout de bois sur le coté puis sourit amicalement jusqu'à ce qu'ils retournent dans la cuisine. Il était un peu frustré, c'était bien plus difficile que ce que les compétences de Kili ne laissaient paraître. Mais son désir de finir son objet surpassa son irritation et il continua toute l'après midi, demandant finalement au hobbit de l'aider en gardant Kili occupé dans la cuisine jusqu'au diner.
Après le repas du soir il se rassemblèrent dans la pièces communes, chacun reprenant sa place habituel : Bilbo et Fili partageant le long banc et Kili sur un petit tabouret à côté. Les yeux du blond glissèrent sur le brun qui était sur un nouveau travail, humant pour lui même.
- Bilbo, dit-il alors, demande à Kili s'il veut bien venir s'asseoir à côté de moi. J'ai quelque chose à lui montrer.
Curieux lui aussi, Bilbo relaya les informations en langue courante à Kili qui hésita un instant avant de venir s'asseoir avec Fili. Le blond tendit alors la main derrière le banc et en tira une petite figurine gravée dans le bois. Elle était biscornue et ressemblait vaguement à un nain. Il la tendit à Kili.
- Pour toi.
Kili la prit avec précaution alors que Bilbo traduisait les deux mots mais ce n'était pas utile, il avait comprit. Il la tourna et retourna, un petit sourire grandissant sur le visage avant de rigoler de délectation face au premier essai de travail sur bois de Fili. Il le tint fermement avant de serrer le blond dans ses bras. Le Firebeard trembla de surprise à l'étreinte de Kili ; il ne l'avait pas ressentit en plus d'un mois. Il tira le jeune nain plus près de lui, ravi quand celui-ci resta sur ses genoux en se reposant contre son torse. Il leva la main et caressa ses cheveux. Le geste avait toujours eut don de relaxer à la fois Kili et lui. Il fut surpris quand il l'entendit dormir quelques minutes plus tard, serrant toujours la figurine dans sa main. Fili enroula alors un bras autour de lui, assit et heureux pendant que Kili dormait paisiblement sur lui l'espace d'une heure.
Après qu'il se soit réveillé, ils restèrent près du feu, chacun heureux avec sa propre occupation. Bilbo s'excusa tôt pour partir dans sa propre chambre et Kili continua de jeter des coups d'œil au blond qui était entrain de travailler sur une nouvelle ceinture. Le Firebeard finit finalement par remarquer ses regard et comprit qu'il souhaitait dormir. Il se leva alors pour aller ranimer le feu qui garderait le brun au chaud pour la nuit mais celui-ci l'arrêta. Le jeune prince plaça sa main sur le bras du blond, secoua la tête puis se tourna pour se diriger vers la chambre.
Le cœur de Fili se gonfla quand il observa Kili disparaître dans la chambre. Il rangea rapidement son travail pour le suivre. Kili était debout près de la cheminée de la chambre, regardant sa petite figurine qu'il avait placé sur le coin. Il sourit chaleureusement à Fili et plaça quelques bûches dans le feu. Il enfila ensuite sa tunique de nuit avant de glisser dans le grand lit puis regarda Fili. Le Firebeard retira alors rapidement tout son attirail pour le rejoindre. Le brun se retourna ensuite pour poser sa tête sur son bras et se presser contre son torse. Fili sentit que les actes de Kili étaient le signe qu'il lui pardonnait finalement la peine qu'il lui avait infligé et il fut content de pouvoir mettre le méprisable souvenir derrière eux. Fili tint Kili tout près de lui, accueillant sa chaleur qui lui avait terriblement manqué. Cette nuit là, les deux nains s'enfoncèrent dans un sommeil paisible.
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