Deux jours plus tard, Bilbo se réveilla pour trouver Kili entrain de fredonner dans la salle commune alors que Fili était déjà dehors. Le brun étant avec le sac en cuir du hobbit, celui-ci jeta un œil à l'intérieur. Il y trouva des vêtements, du pain et de la viande séchée. Ses yeux s'écarquillèrent.

- Kili qu'est-ce que tu es entrain de faire ? Demanda-t-il les yeux remplis d'inquiétude mais connaissant néanmoins la réponse.

- Je pars, Bilbo. Le soleil a été haut et chaud ces dernier temps ; si je peux atteindre le passage dans la montagne, je devrais être capable de passer à travers pour ensuite me diriger vers le sud. Je peux être à Erebor d'ici là le milieu du printemps.

Avec un aussi beau matin, la plupart des guerriers du village étaient partis chasser. Kili savait que c'était sa meilleure chance de s'échapper du village. Il devrait éviter les chasseurs dans la plaine, mais grâce aux histoires de Fili, il avait une idée de leurs terrains de chasse favoris. Son cœur battait avec trépidation. Il s'habilla rapidement avec plusieurs couches puis regarda dans le coffre d'armes de Fili. Il prit l'épée qui lui rappelait le plus celle qu'il avait eu l'habitude d'avoir puis plaça plusieurs petits couteaux à lancer dans son équipement.

- Tu ne peux pas faire ça ! Bilbo s'interposa devant lui et attrapa son bras pour le retenir. Les autres vont t'attraper !

- Non. Fili s'est réveillé tôt et je les ai observé à travers la fenêtre alors qu'ils sortaient tous. Si je reste à distance de leur périmètre de chasse, je ne craindrais rien. Avec un temps propice, je peux rapidement atteindre le passage.

- S'ils t'attrapent… Oh Kili, tu ne peux pas ! Aucun esclave fuyard n'a survécu très longtemps après avoir été re capturé. Ca arrive tous les ans, Kili. Les esclaves essayent de s'échapper et ensuite ils se servent d'eux comme exemples. Et Bronin sera cruel avec toi, tu le sais. Je ne supporte pas d'imaginer ce qu'il te ferait. C'est une irrationnelle et terrible décision ! Tu devrais d'abord en parler avec Fili, je suis sur qu'on peut trouver un autre solution.

Kili contourna le hobbit et continua de préparer ses affaires.

- Non. Je suis un bon chasseur et je sais comment bien me cacher. Je me sens suffisamment fort. Je peux me défendre contre un occasionnel Firebeard, dit-il tout en glissant une autre épée dans ses affaires. Je peux me sortir d'ici. Je sais ce qu'ils sont entrain de faire, Bilbo. Me battre dans le hall. Le forcer à me violer. Me frapper dans notre propre foyer. Désormais ils ne m'utiliseront plus pour faire du mal à Fili. Il ne mérite pas ça. Il sera sauf, tout comme tu le seras.

- Non. C'est trop dangereux ! Tu ne pourras pas traverser, il est encore trop tôt pour que la neige ait fondue. Tu seras coincé.

Bilbo secoua la tête et croisa ses bras mais le nain continua.

- Kili, ne fait pas ça. Tes côtes ne sont pas encore guéries !

Quand le brun ne montra aucun signe qu'il allait s'arrêter, Bilbo avança vers lui et l'enferma dans une étreinte pour l'immobiliser. Kili siffla de douleur et le hobbit fut certain qu'il avait placé ses poings autour de son côté blessé alors il se détacha doucement de lui.

- S'il te plait, Kili. Fili a fait tellement d'efforts pour te garder en vie, il sera tellement affligé –

- Je sais, répondit-il doucement en ralentissant un instant. Et je ne veux pas le quitter. C'est la partie la plus difficile, vraiment. Mais je suis quand même un handicap pour lui. Et ma place n'est pas ici. Je veux rentrer chez moi. Je dois partir, Bilbo. Je ne peux pas vivre ainsi !

Il se mordit la lèvre et leva les bras au ciel.

- Incapable de me défendre pour moi même. Devoir vivre avec l'oncle de Fili toujours entrain de m'intimider. Fili ne peux rien faire alors je le ferais moi même.

Il ajusta le sac sur son épaule et se tourna vers Bilbo, sa voix à nouveau plus douce.

- Merci pour tout. Si je peux je reviendrais pour toi un jour. Pour vous deux, quand Fili sera le Chef. Merci.

Il étreint le hobbit et celui-ci le serra doucement en retour.

- S'il te plait… dis à Fili que je l'aime et que je fais ça pour lui.

Il ramassa son sac, son épée et se glissa dehors.

Bilbo s'appuya contre la porte et le regarda tristement partir, surprit de trouver son propre cœur battre si vite.

- S'il te plait Fili, reviens vite. Kili a besoin de toi.


Kili fut capable de passer le premier obstacle majeur avec facilité ; il évolua le long du mur, comme s'il allait en direction du bétail pour ensuite simplement continuer sous la porte et dans le plateau se trouvant après celle-ci. Quelque unes des femmes des guerriers le regardèrent avec surprise, tout comme quelques esclaves, mais aucun n'essayèrent de l'arrêter. Tous les guerriers étaient à l'extérieur entrain de chasser, ceux devant surveiller Fili inclus. Bronin ne s'était pas attendu à ce qu'un des esclaves essaye de s'échapper tout seul. Kili commença de trotter à travers la plaine, essayant d'atteindre la sécurité d'un petit groupe d'arbres en direction du sud. Alors qu'il s'approchait, il se sentit de plus en joyeux. Il avançait aussi vite qu'il le pouvait, mais fut cependant consterné de sentir le dessous des ses pieds picoter au niveau des zébrures qu'il avait reçu il y avait maintenant longtemps. Il n'avait depuis pas infligé au dessous de ses pieds une telle pression. Son côté aussi lui faisait mal et il rajusta son sac. Il serra les dents, se jurant que la douleur ne le ralentirait pas.

La journée se passa sans incident et Kili n'aperçut à son plus grand soulagement aucun Firebeard. La nuit tomba et il égorgea un lapin pour son diner. Le pauvre animal fut dépecé et le jeune nain construit ensuite un petit feu pour le cuisiner et avoir de la chaleur pour la nuit. Il avait sélectionné un petit affleurement de roches et avait précautionneusement construit son feu en direction du sud, loin du village Firebeard. Avec son dos contre les rochers, il fit cuire son diner puis commença de manger. Ce n'était pas aussi bon que les plats cuisinés par Bilbo, mais c'était un repas qu'il avait chassé avec ses propres compétences et cela le ravi. Il n'avait pas réalisé à quel point chasser dehors, à l'air libre, lui avait manqué. Il était content d'avoir tenu sur ses pieds toute la journée. Les Firebeards avançant doucement, il sentit qu'il serait hors de leur portée d'ici là un jour ou deux. Les petites proies qu'il trouverait dans la plaine et les collines lui serviraient de diner quand il approcherait le passage dans la montagne. Une fois le passage traversé, il survivrait avec la viande séchée. Kili déroula ses fourrures et les positionna devant le feu. Il souhaita que Fili puisse être là pour le réchauffer mais mit cette pensée de coté pour rapidement tomber dans le sommeil, épuisé par sa journée de voyage.


La nuit passa rapidement. Malheureusement, dans son épuisement, Kili était tombé dans un sommeil profond et ne s'était pas réveillé avec les premières lueurs de l'aube. Le soleil était déjà haut dans le ciel quand il se releva avec panique en entendant des bruyants rires de nains non loin de lui. Le feu s'étant éteint, il réunit ses armes avant de se baisser contre la roche, tirant ses fourrures avec lui et le cœur battant la chamade. L'avaient-ils vu ? Pourquoi étaient-ils arrivés si tôt et si loin vers le sud ? Il ne pouvait pas les laisser le retrouver ; pas après son premier jour de liberté.

- Shinsu ven boren, entendit-il une voix profonde et familière prononcer suivit d'un rire.

Il entendit le mots Firebeard pour 'chasser' et pressa ses lèvres l'une contre l'autre.

Le cœur de Kili battait plus vite qu'il n'avait jamais battu et il essaya de retenir sa respiration, craignant qu'ils ne l'entendent. Il leva son épée, prêt à les voir déboucher au coin du rocher et le découvrir. Ce à quoi il ne s'attendit pas en revanche, fut la main qui arriva par derrière et se referma sur sa gorge en serrant. Il hoqueta et tira désespérément dessus avec sa main gauche, ne voulant pas lâcher l'épée présente dans sa main droite. Les doigts ne firent que serrer plus fort et sa vision commença de baisser alors qu'il luttait pour continuer de respirer. Il essaya finalement de donner un coup d'épée en arrière. Il la sentit toucher quelque chose et un petit grognement suivit son coup.

Un nouveau nain apparut dans son champ de vision, sa hache traçant une ligne sur le bras de Kili qui échappa son épée face à la douleur qui émana soudainement de son bras. Le nain maintenant son cou le lâcha finalement et il s'effondra au sol, hoquetant et tenant son bras contre son torse. La hache avait coupé à travers ses fourrures et sa tunique de cuire, tranchant sa peau jusqu'au muscle. Du sang s'échappait désormais librement de sa blessure.

- Slanu Erebor, entendit-il la voix familière dire.

Les yeux de Kili quittèrent doucement la sécurité du sol pour se relever. Il aperçut alors le Firebeard avec le Visage Brûlé, un sourire satisfait tordant ses lèvres.

Celui-ci rigola joyeusement avant de faire signe à un des autres qui l'accompagnait. Un nain plus jeune avec une lance avança et lâcha son sac et ses armes. Il prit une corde et Kili le repoussa avec ses jambes, les larmes dans les yeux. Il ne retournerait pas là-bas. Il s'était promit qu'il trouverait un moyen de rentrer chez lui et il n'allait pas les laisser le reprendre.

- Non, murmura-t-il, mais se retrouva à faire marche arrière contre les jambes de Visage Brûlé. Lâchez-moi !

Son cœur battait incroyablement vite alors qu'il roulait sur le coté, hurlant quand son bras coupé passa sous son poids. Il se releva, fit demi tour et commença de courir. Il était relativement rapide, même dans son état blessé. Mais alors que les Firebeard étaient plus lents, il rattrapait leur lacune dans cette compétence avec des armes de jets et des lances. Et un instant plus tard, Kili découvrit à quel point ils étaient fort dans ce domaine quand une douleur aveuglante cingla son épaule gauche.

Un hurlement étranglé traversa ses lèvres alors qu'il tombait tête la première dans la neige, grognant et se sentant soudainement étourdit et fatigué. Il essaya de se redresser sur ses bras mais le moindre petit mouvement lui déclenchait une douleur qui se propageait jusque dans son omoplate alors il tomba dans la neige avec un grognement. Le rire rauque des Firebeards annonça leur approche et il regarda en arrière, apercevant la pointe d'une lance enfoncée dans son épaule, la hampe de bois bougeant avec le moindre mouvement. C'était de l'agonie à l'état pure. Un des nains attrapa la lance, pressa son pied contre le dos de Kili et la retira d'un coup de son épaule. Le brun hurla avant de perdre immédiatement conscience.


Fili accéléra en dépit des contestations et plaintes des ses deux compagnons. Il avait de la chance qu'ils aient accepté de venir avec lui ils étaient dans sa patrouille et faisaient partis de ceux du village qu'il pouvait croire. Ils avaient accepté de l'aider à réclamer son esclave fuyard sans en faire toute une histoire et sans prévenir son oncle. Fili était certain que Kili s'était dirigé directement vers le sud, loin du village et en direction du passage dans la montagne.

Il était arrivé chez lui le jour précédent et avait trouvé Bilbo debout devant la porte, tenant des provisions fraiches.

- Kili est en train d'essayer de s'échapper, avait immédiatement déclaré le hobbit.

Fili n'avait pas eu besoin d'en entendre plus. Il avait prit les provisions et était partit. Lui et les autres s'étaient seulement arrêté pendant six heures pour la nuit et il pensait qu'il ne fallait désormais pas qu'il perde plus de temps pour pouvoir rattraper Kili.

Il se maudit lui même pour avoir été si lent à réagir ; il avait retarder la réponse qu'il devait donner à son oncle aussi longtemps que possible pour laisser le temps à la neige de fondre. Il aurait du se douter que Kili avait lui aussi un plan pour se sauver de Bronin. Pourquoi ne lui avait-il pas expliqué son plan consistant à le garder caché à l'extérieur du village jusqu'à ce que la neige soit entièrement fondue ? Pour apaiser ses peurs et inquiétudes, pour lui donner de l'espoir ? Il se maudit pour sa propre stupidité. Peut être qu'il n'avait pas voulu faire grandir l'espoir de Kili jusqu'à ce qu'il soit certain que la grotte qu'il avait trouvée serait assez sûre pour l'espace de deux mois. Il voulait désespérément sauver Kili mais ses options étaient limitées jusqu'à ce que la neige soit fondue. Fili secoua la tête, essayant par là de repousser ses pensées négatives à propos de ce qui aurait put se passer et se refocalisa à la place sur sa tache : retrouver Kili. La neige crissa alors qu'il avançait, ses doigts blancs sur sa lance, cherchant des traces ou autre signes de vie du brun qu'il avait fini par aimer passionnément.

Il espéra qu'il pourrait le rattraper avant qu'aucun mal ne lui soit fait, que cela soit par la nature ou les autres nains. Il entendit un grognement et se retourna. Les deux autres Firebeard n'arrivaient pas à garder son rythme et il les attendit une nouvelle fois. La frustration commençait de bouillir à l'intérieur de lui même quand il fut interrompu par un cri lointain. Il sprinta.


Kili se réveilla pour ressentir d'avantage de virulente douleur ; une intense chaleur était entrain de bruler son dos à vif. Il essaya d'atteindre la source de sa douleur mais remarqua que ses bras étaient attachés l'un à l'autre et qu'une autre corde était autour de son cou. Le jeune nain se débattit avec ses jambes pour essayer de s'éloigner de la chaleur mais les Firebeards le tenaient fermement, des doigts s'enfonçant à l'intérieur de sa peau avec une force le blessant. Il essaya de regarder son dos, sa peau le brulant toujours quand finalement un des nains écarta une dague rendue rouge vif par la chaleur. Ils avaient cautérisé la plaie de son épaule. Kili fut remonté sur ses pieds par la corde autour de son cou avant d'être tiré vers le nord, en direction du village.

- Non, hurla-t-il. Laissez-moi partir !

Ils ne firent que continuer de tirer sur la corde, le faisant trébucher vers l'avant. Il attrapa alors la corde et la tira en arrière mais se sentit étourdis. Le noir infiltra sa vision et il chuta en avant dans la neige avant qu'ils n'aient put faire un pas de plus. Dans un dernier instant de conscience, il lui sembla apercevoir un nain au cheveux blond courir vers lui.


- Eloignez vous de lui ! Hurla Fili en s'élançant au milieu du trio.

Il y avait un petit feu, le sac de Bilbo, une de ses propres épées et un sac de couchage tout près des nains. Mais ce qui l'effraya le plus fut la quantité de sang contrastant avec la neige blanche. Le sang entourait Kili, qui était toujours le visage dans la neige. Fili s'agenouilla pour le retourner et le redresser légèrement. Il sortit sa dague et libéra ses mains avant de caresser doucement sa joue.

Le nain au visage brûlé, Grenik, rigola.

- On dirait que celui là t'a échappé, Fili. On l'a trouvé alors qu'on était dehors pour une nuit de chasse à l'élan. Heureusement que nous n'étions pas loin, hein ? Je pensais que tu avais dis qu'il se comportait bien. Un bon sprinter qu'il est. Même blessé. Mais pas meilleur que ma lance.

- Bronin notre Chef l'a effrayé. Il s'est enfuit à cause de lui. Il se comporte bien chez moi.

Il ne ressentit pas le besoin de mentir à Grenik. Il se pencha en avant et chercha un pouls. Il était lent mais stable et cette constatation apporta un peu de soulagement à Fili. Il regarda par dessus son épaule et aperçu ses deux compagnons qui approchaient, l'ayant finalement rattraper. Le blond tendit son arme et son sac à l'un d'eux et essaya de doucement soulever Kili.

- Ton oncle a effrayé ce petit nain ? Que c'est mignon, rigola Grenik.

- Je le ramène chez moi. Il a été stupide de s'enfuir.

Grenik posa une mains du le bras de Fili pour l'arrêter.

- D'après la loi, il est à moi. Je l'ai trouvé sans collier.

Un des nains avec lui avança pour se saisir du corps mou sans conscience de Kili.

- Un simple incident. Je suis sur que l'on peut trouver un terrain d'entente pour que je puisse garder ma propriété.

Fili le regarda droit dans les yeux. Il trouverait un moyen pour garder Kili face à Grenik. Heureusement l'autre leader de patrouille était facilement influençable face à des richesses matérielles.

- Je ne suis pas opposé à ça, dit Grenik. Je suis toujours déçu que tu me l'aies prit cette première nuit, mais pour tout ce que tu avais, ça en valait la peine.

Il sourit de toutes ses dents.

- J'ai été suffisamment généreux pour refermer la blessure dans son dos et mettre un bandage sur son bras. Surement cela comptera pour quelque chose.

Fili fronça les sourcils et jeta un œil au bras qui était déjà entrain de saigner à travers le bandage.

- Je dois le ramener chez moi. Est-ce qu'on peut en discuter là bas ?

Grenik haussa les épaules.

- Bien. Tu peux le porter sur le chemin du retour, ca m'éviteras le dérangement.

- Tu viens directement chez moi, entendu ? Je ne veux pas impliquer mon oncle.

- On verra, répondit Grenik en ramassant ses armes pour continuer sa chasse.

Fili se retourna vers ses compagnons, hocha la tête puis souleva Kili dans ses bras. Ils avaient plusieurs heures de voyage devant eux pour retourner au village.


La chance ne fut ni du côté de Fili ou de celui de Kili. Malgré qu'il ait envoyé ses amis en éclaireurs pour repérer son oncle et qu'il soit arrivé dans noir de la nuit, le vieux Firebeard fut quand même capable de l'intercepter entrain de porter le nain au cheveux noir dans le village. Fili était terriblement endolorit. Il avait autorisé ses compagnons à porter Kili pendant une heure chacun mais il sentait que c'était de son devoir de le faire et l'avait donc porter sur son épaule la plupart de la journée. Leur voyage avait été lent pour faire attention à ne pas blesser Kili d'avantage. Le brun ne s'était pas encore réveillé et Fili devenait de plus en plus inquiet. Il voulait désespérément l'emporter chez lui, l'envelopper dans le lit et le tenir dans ses bras jusqu'à ce qu'il se réveille à nouveau.

Mais son oncle, debout dans le chemin, envola ses espoirs au loin. Le vieux Firebeard avait les mains sur les hanches et un sourire vicieux alors que Fili progressait dans le village. Tout près, le blond put apercevoir la partie de chasse de Grenik entrain d'attacher un élan à un râtelier ; ils auraient gagné du temps en le trainant dans la neige.

- J'ai entendu dire par la patrouille de chasse de Grenik que ton esclave avait fuit, sourit Bronin, quel dommage pour toi et lui, Fili.

Fili le fixa en se mordant la lange avant de se tourner en direction de chez lui.

- Nous parlerons de ça demain.

- Non. Nous avons des règles concernant les esclaves qui tentent de s'enfuir, Fili. Et il y a maintenant aussi la question de à qui appartient l'esclave d'Erebor. Grenik l'a trouvé sans collier.

Bronin s'approcha et Fili recula.

- Alors laisse Grenik et moi décider de son propriétaire. Personne d'autre n'a besoin de s'en mêler.

- Il y a toujours le problème de sa punition. Viens. Apporte le dans le hall. Il reste un prisonnier du village jusqu'à ce que son destin soit décidé. Nous nous réunirons demain pour discuter de son propriétaire et de sa punition.

- S'il te plait mon oncle. Laisse moi le ramener chez moi pour m'occuper de ses blessures cette nuit. Je pourrais le rapporter demain.

- Non. Tu connais les règles, Fili. Oserais-tu les défier une nouvelle fois ? Je peux convier les autres anciens. Tu pourrais te retrouver aux côtés de ton esclave, suppliant pour un peu de miséricorde.

Fili courba la tête et suivit son oncle dans le grand hall. Ce n'était pas le moment d'être désobéissant. Mais il savait que bientôt, le temps viendrait. Il ne pourrait pas aider Kili si lui aussi était enfermé.

- Ici, l'appela son oncle en se tenant près d'une cage. Il restera là pour la nuit.

Fili regarda son oncle avec dédain mais avança pour allonger doucement Kili. Les règles pour un esclave en fuite avaient été établies depuis des années et il n'avait pas le pouvoir de les contester pour l'instant. Dans le passé il avait lui même insisté pour qu'ils adhèrent à ces directives. Le blond retira le manteau de fourrure de Kili et le roula en boule pour le placer en dessous de sa tête. Remarquant une petite bosse en dessous du rebord de la tunique du brun, il tapota doucement le long de la poche. A l'intérieur était la petite figurine de bois qu'il avait sculpté pour lui. Les larmes lui montèrent aux yeux quand il observa la figurine. Kili avait choisit de l'emporter avec lui. Il la glissa dans ses vêtements pour la garder en sécurité puis retira son propre manteau pour le poser sur Kili et ainsi le border autour de lui.

- Plus vite, demanda Bronin avec impatience.

Fili s'agenouilla à côté de Kili et fit courir ses doigts sur sa joue et son menton. Il était allongé en boule, prenant de petites et difficiles respirations. Sa peau était pale et de la transpiration commençais de couvrir son front. Fili se pencha sur lui pour murmurer.

- Kili… j'allais te sauver. J'avais seulement besoins de quelques jours de plus. S'il te plait, tiens bon pour moi.

Puis il se releva et sortit en frôlant son oncle.

Bronin ferma la cage avec un cadenas et mit la clé dans sa poche.

- Je vais mettre deux gardes. Tu ne lui rendras pas visite pendant la nuit.

- Je requière que tu en choisisses deux de ma patrouille, déclara Fili avant de s'arrêter. Non. Un de ma patrouille et Nisor de la patrouille de Darek qui l'a ramené dans le nord.

Fili espéra que Nisor serait toujours concerné par le bien être de Kili comme il l'avait été auparavant. Il pourrait même s'occuper de quelques unes de ses blessures s'il s'en préoccupait suffisamment.

Bronin sourit.

- Très bien. J'accepte. Après tout, pour sauver la vie de te ton petit nain d'Erebor, demain est le jour et tu vas déclarer que je resterais le Chef de cette tribu aussi longtemps que je le voudrais.

Fili ignora son oncle et prit un dernier et long moment pour regarder Kili. Il ne pouvait dorénavant plus essayer d'utiliser sa diplomatie et ses tactiques pour raisonner son oncle. Il ne se préoccupait cependant plus de ce qui pouvait arriver à la tribu ou à son droit de naissance ; seul Kili et Bilbo comptaient. De la rage et culpabilité menacèrent de le submerger ; il avait échoué et n'avait pas agit assez rapidement. Maintenant ses options étaient encore plus limitées qu'avant. Il sortit du hall, son esprit cogitant sur ce qui allait se passer le lendemain.